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	<title>La Lettre du Lundi</title>
	<link>http://lalettredulundi.fr</link>
	<description>Chaque lundi, un billet politique à commenter toute la semaine</description>
	<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 17:39:08 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
			<item>
		<title>Après le 6 mai</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/04/22/apres-le-6-mai/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 17:39:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Le 6 mai 2012, selon toute vraisemblance, François Hollande sera élu Président de la République. Les médias commenteront alors à l&#8217;envie la composition du gouvernement, la préparation des législatives, les « chantiers du Président »… Détails au fond sans importance, brouillard d’informations disparates, de rumeurs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" allowtransparency="true" style="overflow-x: hidden; overflow-y: hidden; width: 450px; height: 21px; border-width: medium; border-style: none" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Le 6<code> </code>mai 2012, selon toute vraisemblance, François Hollande sera élu Président de la République. Les médias commenteront alors à l&#8217;envie la composition du gouvernement, la préparation des législatives, les «<code> </code>chantiers du Président<code> </code>»… Détails au fond sans importance, brouillard d’informations disparates, de rumeurs, de calculs et de jeu de chaises musicales qui perturbent la compréhension des enjeux plus qu’ils ne l’éclairent.<br />
<span>   </span><br />
Essayons donc de prendre un peu de recul pour essayer de disposer de quelques clés de lecture pour les prochains mois et les prochaines années. Dans cette optique, quels sont les éléments à prendre en compte<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Hors du sérail<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
ENA promotion Voltaire, une carrière effectuée uniquement dans le milieu politique, un entourage très majoritairement constitué de hauts fonctionnaires, en poste notamment à Bercy<code> </code>: <strong>Hollande est un homme du sérail «<code> </code>rose<code> </code>» de la haute administration française</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Tout – culturellement, sociologiquement, relationnellement – va donc le pousser à <strong>prendre des décisions «<code> </code>raisonnables<code> </code>», «<code> </code>dans le cadre<code> </code>» préparé par ses pairs</strong>. Il ne n&#8217;agit pas ici de mettre en doute par avance ses capacités de négociation, son intelligence ou son sens de la tactique politique mais de bien comprendre les limites dans lesquelles son passé et sa culture l&#8217;enserrent.<br />
<span>   </span><br />
Fasciné par François Mitterrand, il n&#8217;aura de cesse d&#8217;imiter son maître, de chercher – comme lui – à résoudre les conflits par l&#8217;intrigue ou le compromis, plutôt que par la force ou la rupture, le tout dans les limites fixées et selon les scénarios déterminés par le sérail.<br />
<span>   </span><br />
C&#8217;est forcément là que le bât va blesser<code> </code>: <strong>les intérêts du sérail ne sont pas ceux de la France</strong>. L&#8217;époque lointaine où les intérêts et le comportement de la haute administration correspondaient peu ou prou à ceux du pays est totalement révolue. Le laminage de la classe moyenne, le principe quasi-héréditaire de transmission des apanages qui est désormais la règle au sommet de l&#8217;État et des grandes entreprises, ont totalement isolé la classe dirigeante du reste du pays.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Hollande sera-t-il capable de sortir du sérail, de penser hors du sérail et d’agir contrairement aux intérêts du sérail<code> </code>?</strong> Ce sera le premier élément-clé à considérer lors de ses prises de décision<code> </code>: en définitive, saura-t-il agir en opposition avec les intérêts de la «<code> </code>caste<code> </code>» dont il est issu<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Loin du peuple<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Peu avant le premier tour, l&#8217;IFOP a procédé à une étude par voie de sondage pour le compte du mouvement Colibris sur le thème «<code> </code><a href="http://www.colibris-lemouvement.org/sites/default/files/etude_ifop_colibris.pdf" target="_blank">Tests de propositions sur les grands thèmes de société</a><code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dans cette étude, ce sont moins les réponses aux propositions qui nous semblent intéressantes (qui refuserait d&#8217;être mieux logé, dans un environnement plus écologique, par exemple<code> </code>?) que celles ayant trait aux constats.<br />
<span>   </span><br />
Le constat majeur, c&#8217;est que <strong>56<code> </code>% les Français ont «<code> </code>le sentiment que notre démocratie ne fonctionne plus réellement car désormais ce sont les intérêts économiques et financiers qui priment<code> </code>»</strong>. Pour enfoncer le clou du sentiment de défiance vis-à-vis de la démocratie telle qu&#8217;elle existe aujourd&#8217;hui, 75<code> </code>% des Français estiment que, lors d&#8217;une élection, les bulletins blancs devraient être pris en compte dans les suffrages exprimés.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Autant de signes d&#8217;un profond désespoir</strong>, d&#8217;un «<code> </code>je n&#8217;y crois plus<code> </code>» en ce qui concerne le fonctionnement du «<code> </code>système<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
N&#8217;étant guère suspects de pro-sarkozysme, nous pouvons écrire que, la dernière fois que les Français y ont – encore – «<code> </code>cru<code> </code>», c&#8217;est en 2007 avec l&#8217;élection de Sarkozy. Ses rodomontades, ses affirmations agressives et péremptoires ont pu donner l&#8217;illusion que la promesse politique pouvait être tenue, que le «<code> </code>politique<code> </code>» avait des marges de manœuvre, des capacités d’action, et pouvait modifier le sort de chacun.<br />
<span>   </span><br />
La déception a bien sûr été à la hauteur de l&#8217;espoir mais, ce faisant, <strong>c’est toute la crédibilité du «<code> </code>politique<code> </code>» qui s’est trouvée atteinte</strong>. Les «<code> </code>dommages collatéraux<code> </code>» ne se situent pas que dans le camp des sympathisants de l’UMP, très loin de là<code> </code>: schématiquement, sous Sarkozy, les Français sont passés de l’espoir au rejet, au dépit ou au dégoût en ce qui concerne le «<code> </code>politique<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Hollande ne suscite donc aucun espoir, aucune espérance. En forçant le trait, on pourrait dire qu&#8217;<strong>il va être élu par défaut par des Français blasés, voire désespérés, en tout cas sans illusions</strong>, qui pensent que «<code> </code>Sarkozy a été tellement nul qu’avec Hollande ça ne peut pas être pire<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Mais le ver est dans le fruit et il n&#8217;a cessé de grossir depuis 5<code> </code>ans. Les excellents scores réalisés au premier tour par Le<code> </code>Pen et Mélenchon montrent qu&#8217;<strong>un nombre croissant de Français sont à la recherche de solutions plus radicales</strong>, espérant que soit un retour à «<code> </code>l’ordre ancien<code> </code>», soit un bouleversement complet des règles du jeu économique, sera susceptible d&#8217;améliorer leur condition.<br />
<span>   </span><br />
Un des éléments frappants de ce sondage, c&#8217;est que <strong>les femmes – plus que les hommes – estiment que la démocratie «<code> </code>ne fonctionne plus réellement<code> </code>»</strong>. Le résultat peut sembler surprenant de la part d’un électorat traditionnellement considéré comme conservateur. Mais, à y regarder de plus près, il se pourrait que les femmes, moins intéressées ou moins engagées que les hommes dans la «<code> </code>politique politicienne<code> </code>», portent un regard plus distancé et sans doute plus lucide sur les évolutions en cours, s&#8217;attachant moins aux mille détails sans importance qu&#8217;à la direction générale qui est empruntée.<br />
<span>   </span><br />
Autre élément notable<code> </code>: <strong>50<code> </code>% des Bac<code> </code>+<code> </code>5 sont du même avis</strong>. Leur proportion est certes de 6<code> </code>points inférieure à celle de la moyenne nationale mais elle reste extrêmement élevée. Quand la moitié des «<code> </code>mieux éduqués<code> </code>» d&#8217;un pays estime que le système ne fonctionne plus et que le veau d&#8217;or règne en maître, les traditionnels «<code> </code>relais<code> </code>» du pouvoir et de l’opposition parlementaire ne jouent plus leur rôle de soutien ou de critique en vue d&#8217;une alternance parlementaire «<code> </code>classique<code> </code>»<code> </code>: <strong>la porte des ruptures est alors ouverte</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Que conclure de ce tour d&#8217;horizon<code> </code>? Que le principal risque externe qui pèse sur Hollande président, ce n&#8217;est pas l&#8217;UMP (qui va d&#8217;ailleurs s&#8217;entredéchirer pour la succession de Sarkozy) mais l’<strong>état de désespérance de la France et des Français à l’égard du politique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À cet égard, la gestion de la crise de la dette publique française, qui ne manquera pas de se déclencher lors du quinquennat Hollande (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/page/4/" target="_blank">τραγῳδία… tragôidía… tragédie</a></em>) va constituer un «<code> </code>stress test<code> </code>» particulièrement révélateur.<br />
<span>   </span><br />
Les Français, tous âges, toutes catégories sociales et tous niveaux d&#8217;étude confondus, sont déjà majoritairement convaincus que la démocratie ne fonctionne plus, que les véritables maîtres du jeu - pas toujours clairement identifiés d’ailleurs - sont les «<code> </code>intérêts financiers<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Toute décision qui conforterait cette opinion mettra donc le feu à la paille - ou à la poudre. L&#8217;alternance «<code> </code>classique<code> </code>» au pouvoir, de type UMP, n&#8217;étant absolument plus perçue comme une alternative crédible, <strong>c&#8217;est dans la rue que s&#8217;exprimera la révolte</strong>&#8230; pour le plus grand bonheur de l&#8217;extrême-droite, parfaitement «<code> </code>positionnée<code> </code>» pour tirer les marrons du feu.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© 2012 <em>La Lettre du Lundi</em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial, sans-serif"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding-top: 1pt; padding-right: 4pt; padding-bottom: 1pt; padding-left: 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile, sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Mille viae ducunt homines Romam</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/04/09/mille-viae-ducunt-homines-romam/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 08:13:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Mes premiers contacts avec François Roddier datent du printemps 2010. Il avait visité le blog de La Lettre du Lundi, s&#8217;était montré intéressé par notre approche et m&#8217;avait alors signalé son propre blog, http://www.francois-roddier.fr/. J&#8217;y avais découvert un point de vue extrêmement original et novateur : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" allowtransparency="true" style="overflow: hidden; width: 450px; height: 21px; border-width: medium; border-style: none" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<span>   </span></p>
<p>Mes premiers contacts avec François Roddier datent du printemps<code> </code>2010. Il avait visité le blog de <em>La Lettre du Lundi</em>, s&#8217;était montré intéressé par notre approche et m&#8217;avait alors signalé son propre blog, <a href="http://www.francois-roddier.fr/" target="_blank">http://www.francois-roddier.fr/</a>. J&#8217;y avais découvert un point de vue extrêmement original et novateur<code> </code>: François s&#8217;appuyait sur la thermodynamique des systèmes ouverts pour expliquer l&#8217;évolution des êtres vivants, des écosystèmes et, finalement, des sociétés humaines.<br />
<span>   </span><br />
De notre côté, après avoir publié nombre d&#8217;articles plutôt orientés vers la «<code> </code>politique politicienne<code> </code>», nous avions entamé une réflexion à plus long terme sur l&#8217;évolution de nos sociétés et l&#8217;existence - ou non - de possibles alternatives, à travers des billets comme <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/" target="_blank"><em>2009<code> </code>: à l&#8217;heure du bilan</em></a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/page/5/" target="_blank"><em>2010<code> </code>: le temps des perspectives</em></a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/2/" target="_blank"><em>Fourches caudines ou tango argentin<code> </code>?</em></a> ou <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/page/2/" target="_blank"><em>Welcome to the Machine</em></a>.<br />
<span>   </span><br />
Sur la base de deux analyses ou théories totalement différentes - thermodynamique des systèmes ouverts pour François Roddier, évolutions politiques, économiques et sociétales en ce qui nous concerne - nous arrivions à un constat identique<code> </code>: notre civilisation présente tous les symptômes d&#8217;une «<code> </code>fin de parcours<code> </code>» et l&#8217;aggravation de ces symptômes laisse présager de l&#8217;ampleur de la chute.<br />
<span>   </span><br />
François Roddier a alors accepté de rédiger une série de billets pour <em>La Lettre du Lundi</em> (<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/" target="_blank"><em>Bientôt la fin de l&#8217;espèce humaine<code> </code>?</em></a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/3/" target="_blank"><em>Les lois implacables de la thermodynamique</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/2/" target="_blank"><em>La fin des espèces et des civilisations</em></a>) dans lesquels il a présenté les grandes lignes de sa théorie.<br />
<span>  </span><br />
Un des aspects les plus «<code> </code>dérangeants<code> </code>» de l&#8217;approche de François Roddier réside dans le caractère inéluctable de l&#8217;évolution thermodynamique<code> </code>: s&#8217;agissant d&#8217;un processus scientifique, la volonté humaine n’a aucun impact sur son évolution. Le parcours est tracé d&#8217;avance.<br />
<span>   </span><br />
Il y a là quelque chose de désespérant<code> </code>: quoiqu&#8217;on fasse, la pièce est écrite, il ne reste qu’à la jouer en n’apportant que des nuances de détail à un schéma déjà fixé. Cette prédétermination ne s&#8217;applique évidemment pas aux destins individuels mais uniquement à celui d&#8217;une société dans son ensemble, <em>a fortiori</em> à celui de l&#8217;humanité<code> </code>: plus nombreux sont les individus qui composent le groupe, plus «<code> </code>parfaitement<code> </code>» s&#8217;appliqueront les lois de la thermodynamique des systèmes ouverts.<br />
<span>   </span><br />
François et moi n&#8217;avons cessé de correspondre après la parution de cette série de billets durant l&#8217;été<code> </code>2010. Depuis cette date, il a complété, enrichi, peaufiné sa théorie, envisageant - toujours du point de vue de la thermodynamique - «<code> </code>l&#8217;après-effondrement<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Il vient de publier un ouvrage - <a href="http://www.editions-parole.net/?wpsc-product=thermodynamique-de-levolution-un-essai-de-thermo-bio-sociologie" target="_blank"><em>Thermodynamique de l&#8217;évolution - Un essai de thermo-bio-sociologie</em></a> - extrêmement clair et didactique qui présente sa théorie. Préfacé par Roger-Maurice Bonnet, directeur de l&#8217;International Space Science Institute, il a reçu le soutien de la Fondation<code> </code>2019.<br />
<span>   </span><br />
Au croisement de la physique, de la biologie et de la sociologie, l&#8217;approche de François Roddier est extrêmement complémentaire de la nôtre<code> </code>: elle permet d&#8217;arriver, sinon exactement au même point, du moins dans la même «<code> </code>zone de consensus<code> </code>» en empruntant un chemin totalement différent. <em>Mille viae ducunt homines Romam</em>, tous les chemins mènent à Rome. C&#8217;est le chemin suivi par François Roddier que nous vous proposons de découvrir.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012<br />
PS<code> </code>: vous pouvez vous procurer l’ouvrage de François Roddier <a href="http://www.editions-parole.net/?wpsc-product=thermodynamique-de-levolution-un-essai-de-thermo-bio-sociologie" target="_blank"><em>Thermodynamique de l&#8217;évolution - Un essai de thermo-bio-sociologie</em></a><em> </em>directement sur le site de l’éditeur en cliquant <a href="http://www.editions-parole.net/?wpsc-product=thermodynamique-de-levolution-un-essai-de-thermo-bio-sociologie" target="_blank">ici</a>. Bonne lecture<code> </code>!</p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Campagne présidentielle : cinq enseignements</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/04/01/campagne-presidentielle-cinq-enseignements/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 Apr 2012 00:14:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Comme la claque qui essaie, avec plus ou moins de succès, de chauffer le public, les médias presse et télé ne cessent de nous bombarder d&#8217;informations en tous genres sur le déroulement de la campagne présidentielle, les petites phrases, les promesses, les stratégies supposées [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span></p>
<p>Comme la claque qui essaie, avec plus ou moins de succès, de chauffer le public, les médias presse et télé ne cessent de nous bombarder d&#8217;informations en tous genres sur le déroulement de la campagne présidentielle, les petites phrases, les promesses, les stratégies supposées ou les pseudo-états d&#8217;âme des candidats. Mais, si l’on essaie de s’affranchir de ce piaillement incessant, quels enseignements tirer de ce début de campagne électorale<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Premier enseignement<code> </code>: comparé à<code> </code>2007, ce scrutin n&#8217;intéresse que fort peu les Français.</strong> En<code> </code>2007, nous nous trouvions dans une situation «<code> </code>projet contre projet<code> </code>» qui avait (res)suscité l&#8217;intérêt pour la politique d&#8217;une majorité d&#8217;électeurs. Rien de tel aujourd&#8217;hui. Les deux principaux candidats, ou supposés tels par les médias, ne sont l’objet que d’une attention lointaine.<br />
<span>   </span><br />
Sarkozy, usé par le pouvoir, <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/page/4/" target="_blank">caméléon schizophrène</a>, super-Narcisse hyperactif, s&#8217;efforce de sortir chaque jour un nouveau lapin du chapeau. Comme nous l&#8217;avions annoncé, il a décliné les propositions de la droite populaire (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/5/" target="_blank">Les 12 péchés capitaux 1</a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/4/" target="_blank">2</a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/3/" target="_blank">3</a></em>) afin d&#8217;essayer, avec un certain succès, d&#8217;arracher des électeurs à Le<code> </code>Pen. Bon tacticien, il a réussi à étouffer dans l&#8217;œuf les velléités des Villepin, Boutin, Borloo et autres Morin de se lancer dans la course, évitant ainsi un éparpillement des voix de son électorat potentiel.<br />
<span>   </span><br />
Mais tours de passe-passe et arrangements d&#8217;antichambres ne suffiront pas à créer une dynamique qui se heurte immanquablement à l&#8217;objection<code> </code>: pourquoi n&#8217;as-tu pas accompli hier ce que tu nous promets aujourd&#8217;hui<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Quant à Hollande, il se démène pour se débarrasser de son image de «<code> </code>Flanby<code> </code>», de mollasson, qui lui collait encore à la peau il y a trois mois. Excellent stratège, bon comédien, il multiplie les «<code> </code>gestes<code> </code>» et les «<code> </code>attitudes<code> </code>» qui conviennent selon le public, le thème choisi, les circonstances. Aujourd’hui bien placé pour gagner, il s&#8217;efforce avant tout de se prémunir contre tout dérapage, comme un promeneur en forêt prend soin d&#8217;éviter toute racine traîtresse qui pourrait le faire chuter.<br />
<span>   </span><br />
Au final, un «<code> </code>match au sommet<code> </code>» à peu près aussi palpitant qu&#8217;une partie de curling, les Français ayant également compris que les politiques – y compris le Président – ont chaque jour un peu moins de pouvoir pour influencer la marche des affaires du pays.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Deuxième enseignement<code> </code>: l&#8217;extrémité gauche du tore ouvert</strong> (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em>) <strong>s’est très nettement renforcée depuis deux ou trois mois</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ce renforcement est le fruit de deux évolutions<code> </code>:</p>
<p style="margin-top: 7.5pt; margin-right: 0cm; margin-left: 35.4pt; margin-bottom: 0.0001pt; text-indent: -7.05pt"> ● le déplacement vers la gauche du «<code> </code>positionnement<code> </code>» d&#8217;Hollande. Excellent stratège, répétons-le, il a parfaitement compris le piège que constituait un positionnement trop centriste alors que le corps électoral se structurait autour d’un tore ouvert renflé aux extrémités. Il a donc progressivement décalé son discours et ses propositions «<code> </code>vers la gauche<code> </code>» afin de bénéficier de la marée montante à l&#8217;extrémité gauche du tore ouvert, laissant Bayrou admirer la mer d&#8217;Aral centriste<code> </code>;</p>
<p style="margin-top: 7.5pt; margin-right: 0cm; margin-left: 35.4pt; margin-bottom: 0.0001pt; text-indent: -7.05pt"> ● l&#8217;irruption de Mélenchon dans la campagne. Excellent tribun, propositions radicalement différentes, vraie rupture avec la «<code> </code>pensée unique<code> </code>», Mélenchon a su redynamiser cette extrémité gauche du tore ouvert, allant «<code> </code>piquer<code> </code>» des voix à Le<code> </code>Pen et séduisant jusqu&#8217;aux CSP<code> </code>+ qui se disent, qu&#8217;après tout, ce n&#8217;est pas avec des demi-mesures et les mêmes propositions de réformes qui n&#8217;ont donné aucun résultat effectif depuis 40<code> </code>ans que l&#8217;on pourra «<code> </code>s&#8217;en sortir<code> </code>» ou imaginer «<code> </code>autre chose<code> </code>». Alors, pourquoi pas Mélenchon<code> </code>?</p>
<p style="margin-top: 7.5pt; margin-right: 0cm; margin-left: 0cm; margin-bottom: 0.0001pt">Ce renforcement de l&#8217;extrémité gauche du tore ouvert nous semble être un élément déterminant de cette campagne et, surtout, de l’après-campagne.</p>
<p>En effet, dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/" target="_blank">De Nuremberg à Neuilly</a></em>, nous avions effectué un parallèle entre notre situation actuelle et celle de la république de Weimar dans les années<code> </code>1930. Le parallèle nous semble toujours d&#8217;actualité mais, par rapport à la situation qui prévalait en Allemagne il y a 80<code> </code>ans, le camp spartakiste s&#8217;est singulièrement renforcé depuis quelques mois.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Troisième enseignement<code> </code>: la «<code> </code>radicalisation<code> </code>» croissante de l&#8217;électorat jeune.</strong><br />
<span>   </span><br />
Cette tendance se conforte au fur et à mesure des enquêtes d&#8217;opinion.<br />
<span>   </span><br />
Il y a plus de jeunes de moins de 30<code> </code>ans qui votent Le<code> </code>Pen ou Mélenchon que la moyenne des Français. C&#8217;est un élément important pour comprendre et décoder les événements post-électoraux<code> </code>: face à des «<code> </code>vieux<code> </code>» centrisés, à la recherche d&#8217;un compromis, vont s’opposer – dans les urnes et surtout dans la rue – des jeunes à la recherche de solutions beaucoup plus tranchées.<br />
<span>   </span><br />
Une fois de plus, nous trouvons là un parallèle supplémentaire entre notre situation actuelle  et celle des années<code> </code>1930, quand les ligues de l&#8217;Action française et consorts s&#8217;opposaient aux «<code> </code>bolcheviks<code> </code>» du Parti communiste. Nous ne rejouerons évidemment pas le 6<code> </code>février 1934 ou le Front populaire mais, compte tenu de cette évolution, des alternances très contrastées, voire violentes, ne sont pas à exclure.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Quatrième enseignement<code> </code>: un paradoxe de taille</strong><br />
<span>   </span><br />
Alors que les deux extrémités du tore ouvert sont hypertrophiées et se renforcent, ce sont – très paradoxalement – les 5 à 6<code> </code>% d&#8217;électeurs «<code> </code>centrisés<code> </code>» indécis qui détiennent la clé de l&#8217;élection.<br />
<span>   </span><br />
On aboutit donc à une situation où, pour gagner, il faut d&#8217;une part rallier massivement à soi une des deux extrémités du tore ouvert, en ne laissant filer de la nasse aucun poisson, d&#8217;autre part ne pas effrayer les 5 ou 6<code> </code>% d&#8217;électeurs qui «<code> </code>feront l&#8217;élection<code> </code>» et qui estiment n&#8217;avoir pratiquement pas de point commun avec la majorité des électeurs du candidat…<br />
<span>   </span><br />
Formidable grand écart<code> </code>! À ce jeu-là, Sarkozy peut être meilleur qu’Hollande car il est plus naturellement schizophrène et n&#8217;a pas à forcer son «<code> </code>talent<code> </code>» pour tenir, à une heure d&#8217;intervalle, deux discours radicalement opposés. Une partie des électeurs ne sera pas dupe de ce tour de passe-passe mais, sur ce point, l&#8217;avantage est clairement à Sarkozy.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Cinquième enseignement<code> </code>: un déséquilibre post-électoral<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Compte tenu de l&#8217;évolution du corps électoral, comment le candidat élu se situera-t-il par rapport à son électorat<code> </code>? En d&#8217;autres termes, sera-t-il au centre de sa «<code> </code>bulle électorale<code> </code>», ou décalé, décentré par rapport à cette même bulle<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<em>A priori</em> pas de problème pour Sarkozy qui, naturellement très à droite, ne devrait pas éprouver de difficulté majeure – c&#8217;est un euphémisme – pour choisir comme centre de gravité un point situé quelque part entre la droite populaire et le Front national.<br />
<span>   </span><br />
La situation est beaucoup plus critique pour Hollande qui, s’il est élu, le sera par des électeurs en majorité «<code> </code>plus à gauche<code> </code>» que lui.<br />
<span>   </span><br />
Ceux-ci ne manqueront pas de le critiquer chaque fois qu&#8217;il prendra une position «<code> </code>social-démocrate<code> </code>», que ce soit au niveau national ou, plus probablement, au niveau européen. Hollande risque donc fort de se retrouver dans une situation inconfortable<code> </code>: attaqué à droite évidemment, mais également sur sa gauche par des électeurs de plus en plus radicaux.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Le dernier élément d&#8217;analyse porte sur les <strong>conditions susceptibles de faire basculer le scrutin</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Sarkozy n&#8217;a qu&#8217;un souhait<code> </code>: qu&#8217;un «<code> </code>événement<code> </code>» national ou international le remette en selle. L&#8217;affaire Merah n&#8217;a pas suffi<code> </code>: il a absolument besoin, notamment pour convaincre les 5 à 6<code> </code>% d&#8217;indécis dont nous parlions plus haut, de se repositionner en tant que «<code> </code>Président ayant de la stature<code> </code>», posture dont un événement grave pourrait lui fournir l’opportunité.<br />
<span>   </span><br />
À l&#8217;inverse, Hollande ne rêve que d&#8217;une chose<code> </code>: que rien ne bouge, que la campagne continue de se dérouler dans un environnement aussi apaisé, aussi «<code> </code>cotonneux<code> </code>» que possible, afin que les sondages et intentions de vote se stabilisent à son avantage. Pour lui, comme aux Marquises, il faut que «<code> </code>le temps s&#8217;immobilise<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Nietzsche écrivait que «<code> </code>nul vainqueur ne croit au hasard<code> </code>». Mais, dans cette campagne, le hasard, provoqué ou non, des événements pourrait cependant bien déterminer le nom du vainqueur.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012</p>
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		<title>Faites vos jeux</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/03/18/faites-vos-jeux/</link>
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		<pubDate>Sun, 18 Mar 2012 13:29:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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15 milliards d&#8217;euros d&#8217;investissements, 260 000 emplois directs et indirects créés : tel est le deal  que fait miroiter aux régions de Barcelone et de Madrid Sheldon Adelson, 16e fortune mondiale avec un patrimoine estimé à plus de 21 milliards de dollars et par ailleurs président et actionnaire principal de [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
15<code> </code>milliards d&#8217;euros d&#8217;investissements, 260<code> </code>000<code> </code>emplois directs et indirects créés<code> </code>: tel est le <em>deal</em><span>  </span>que fait miroiter aux régions de Barcelone et de Madrid Sheldon Adelson, 16<sup>e</sup><code> </code>fortune mondiale avec un patrimoine estimé à plus de 21<code> </code>milliards de dollars et par ailleurs président et actionnaire principal de la société Las Vegas Sands, «<code> </code>l&#8217;empire du jeu<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Son projet<code> </code>? <strong>Créer en Espagne une «<code> </code>zone de jeu<code> </code>»</strong> identique à celles qu&#8217;il a déjà implantées au Nevada, à Singapour et à Macao<code> </code>: <strong>6<code> </code>casinos, 18<code> </code>000<code> </code>machines à sous, 3<code> </code>terrains de golf, des théâtres et des cinémas, une douzaine d&#8217;hôtels, des centres commerciaux</strong>&#8230; bref, toute l&#8217;apparence d&#8217;un «<code> </code>paradis<code> </code>» dans un pays où le chômage atteint des records (plus de 20<code> </code>% de la population active), où la récession frappera dur en<code> </code>2012 et<code> </code>2013, où la crise immobilière, née d&#8217;une spéculation sur le prix des biens et de conditions de prêts immobiliers délirantes (emprunts jusqu&#8217;à 50<code> </code>ans), paupérise à vitesse grand<code> </code>V les classes moyennes qui ont eu la mauvaise idée d&#8217;acheter pour se loger.<br />
<span>   </span><br />
Comme au football, <strong>Madrid et Barcelone</strong>, rivales traditionnelles, <strong>se disputent les faveurs du groupe Las Vegas Sands</strong> pour que ce complexe de jeu s&#8217;installe sur leur territoire. Et, comme au football où le Real et le Barça sont prêts à payer des sommes extravagantes pour attirer les meilleurs joueurs du monde, <strong>les deux villes sont prêtes à toutes les concessions pour convaincre Las Vegas Sands de les favoriser de son choix</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Toutes les concessions<code> </code>? Jugez-en plutôt. Réparties en 5<code> </code>thèmes par le journal espagnol <em>El Pais</em> qui a eu accès aux documents de travail des négociations en cours, cette longue liste donne une idée du rapport de forces qui s&#8217;est désormais établi entre puissance privée et (im)puissance publique<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">1. <strong>Droit du travail</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Modification du Code du travail afin d’assouplir «<code> </code>la rigidité des conventions collectives<code> </code>», notamment dans les secteurs présents dans le complexe de casinos (hôtellerie, restauration, jeu, commerces&#8230;)<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Réduction du temps nécessaire pour admettre des travailleurs étrangers (hors UE) en Espagne, via la création d&#8217;un régime spécial qui accélèrera la délivrance d&#8217;un permis de travail<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Exemption totale pendant deux ans des cotisations de Sécurité sociale, puis 50<code> </code>% de remise les trois années suivantes. À compter de la 5<sup>e</sup><code> </code>année, les travailleurs non espagnols pourront être rattachés au régime social de leur pays d&#8217;origine<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Création d&#8217;un MBA spécialisé dans l&#8217;industrie du jeu<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Appui du gouvernement à une demande de subvention d’aide à l’emploi de plus de 25<code> </code>millions d&#8217;euros auprès de la Banque européenne d&#8217;investissement<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Financement par les autorités publiques de 60<code> </code>% des frais de formation des employés recrutés par Las Vegas Sands<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Perception par Las Vegas Sands de subventions pour l&#8217;emploi, tant en ce qui concerne les emplois directs qu&#8217;indirects créés durant la construction du complexe.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">2. <strong>Infrastructures</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Prise en charge par les autorités espagnoles de la construction d&#8217;une nouvelle station de métro, d&#8217;une interconnexion avec le TGV, de nouvelles lignes d&#8217;autobus, de nouvelles routes et autoroutes&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Autorisation des vols en hélicoptère entre l&#8217;aéroport et le complexe de jeux, construction d&#8217;un ou plusieurs héliports dans le complexe<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Suppression ou enfouissement des infrastructures de gaz, d&#8217;eau et d&#8217;électricité, renforcement des services d&#8217;urgence (pompiers, ambulances, etc.) dans le complexe…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">3. <strong>Urbanisme</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Cession gratuite, à Las Vegas Sands, de toutes les terres que les autorités publiques possèdent dans la zone<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Expropriation des terres privées de la zone afin que Las Vegas Sands en prenne rapidement possession<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Suppression des règles d&#8217;urbanisme, y compris des critères de construction, afin que Las Vegas Sands ait toute latitude pour construire.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">4. <strong>Réglementation</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Vote d&#8217;une loi spécifique, ne pouvant être modifiée pendant au moins 30<code> </code>ans, déclarant le projet d&#8217;intérêt général, créant un régime dérogatoire en ce qui concerne le jeu et le commerce, supprimant les limites aux investissements étrangers dans les casinos ainsi que la nécessité d&#8217;une autorisation préalable si plus de 5<code> </code>% du capital social change de mains<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Autorisation d&#8217;accès aux casinos pour les mineurs, les majeurs incapables et les interdits de jeu<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Modification de la loi sur le blanchiment d&#8217;argent avec, notamment, autorisation de transférer les fonds sans limites<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Autorisation, pour les casinos, d&#8217;accorder des prêts aux joueurs, suppression des interdictions publicitaires concernant le jeu, modification de la législation sur les dettes de jeu qui réserve actuellement l&#8217;exécution des sanctions à la seule justice civile, légalisation du système d&#8217;intermédiaires et de «<code> </code>rabatteurs<code> </code>» incitant les joueurs potentiels à se rendre au complexe<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Homologation automatique des jeux déjà autorisés dans d&#8217;autres pays de l&#8217;Union européenne ou aux États-Unis, autorisation donnée à Las Vegas Sands pour approuver de nouveaux jeux et traiter des questions administratives afférentes<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Création d&#8217;une commission des jeux, formée de membres du gouvernement régional et d&#8217;«<code> </code>experts indépendants<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.05pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Autorisation de fumer dans les espaces clos à l&#8217;intérieur du complexe, liberté totale des horaires dans tous les commerces.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">5. <strong>Fiscalité</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Remboursement de la TVA aux entreprises du complexe, statut de «<code> </code>zone franche<code> </code>» (donc, pas de paiement de TVA ni de taxes) pour les joueurs extra-communautaires<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Suppression des taxes et simplification des procédures pour tous les produits importés qui rentrent dans le complexe<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Modification des règles fiscales d&#8217;amortissement, de déduction du résultat fiscal, d&#8217;imposition des non-résidents et des impatriés<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Exemption pendant 10<code> </code>ans de la taxe sur les jeux<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Réduction de 95<code> </code>% de l&#8217;impôt sur les transmissions patrimoniales, ainsi que des impôts fonciers<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Réduction de 50<code> </code>% de l&#8217;impôt sur les activités économiques<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 2cm; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> Négociation préalable et obligatoire avec Las Vegas Sands avant toute entrée en vigueur de nouvelles taxes.</p>
<p class="MsoNormal">Pour effarantes qu’elles paraissent, <strong>les prétentions de Las Vegas Sands n’en sont pas moins, dans leur globalité, accueillies avec bienveillance tant à Madrid qu’à Barcelone</strong>. Les représentants d’Adelson n’ont d’ailleurs pas caché qu’ils donneraient la préférence à la ville qui leur ferait le plus de concessions, d’où la déclaration de la présidente de la région de Madrid<code> </code>: «<code> </code>s’il faut effectuer des modifications légales qui sont en accord avec mes principes, elles se feront.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Cet accord en voie de conclusion entre une TGE (très grande entreprise) et les responsables politiques d’une région et d’un État illustre parfaitement le transfert de pouvoirs et compétences des autorités publiques vers les TGE que nous avons analysé dans plusieurs billets. On y retrouve en effet la plupart des <strong>caractéristiques de la décadence des États-nations</strong><code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>remplacement de la loi par le contrat</strong>, lequel acquiert ainsi une force supra-législative, au mépris absolu de la pyramide des normes juridiques qui, de la Constitution au simple arrêté municipal, sert de fondement à tout notre système juridique<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>«<code> </code>liquéfaction<code> </code>» complète des individus, coupés de leurs racines culturelles et nationales</strong><code> </code>: Las Vegas Sands ne dissimule même pas son intention d’aller chercher des employés dans des pays à très bas salaires et sans protection sociale et de les transposer «<code> </code>tels quels<code> </code>» en plein milieu de l’Europe, des pions que l’on déplace sur un échiquier planétaire, et que l’on remplacera dès que les signes d’usure apparaîtront<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>création d’une zone</strong> de «<code> </code>non-droit<code> </code>», ou plutôt d’une zone <strong>placée sous la quasi-juridiction d’une TGE</strong>. Nous y voyons là l’indicateur d’une évolution dont nous avons tracé les contours dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/page/3/" target="_blank">Après le capitalisme<code> </code>: la primauté de la force</a><code> </code></em>: des entreprises privées prennent <em>de facto</em> le contrôle par la force d’une zone géographique. Nous n’en sommes plus très loin<code> </code>: la présence de la milice privée qui assurera demain l’ordre dans la zone des casinos sera la confirmation, s’il en était besoin, de la confiscation des prérogatives publiques qui est en train de s’opérer en Espagne.</p>
<p><span>   </span><br />
Il est de surcroît significatif que <strong>ce «<code> </code>déshabillage<code> </code>» de l’État-nation s’opère au profit d’une activité – le jeu – qui n’apporte aucune valeur ajoutée à la collectivité</strong>. Nous retrouvons ici – pardonnez les références multiples à cette période – une caractéristique de la chute de l’Empire romain<code> </code>: quand le système s’effondre, il faut bien occuper la plèbe et détourner son attention de la gravité de la situation, que ce soit en multipliant les jeux du cirque ou les bandits manchots.<br />
<span>   </span><br />
On aurait pu à la rigueur comprendre que des avantages du type de ceux exigés par Las Vegas Sands soient accordés pour bâtir une Silicon Valley européenne qui aurait eu pour objectif d’attirer chercheurs et entreprises <em>high tech</em> du monde entier. Mais il ne s’agit ici que de recréer un ersatz de <em>Circus maximus</em>, un monde d’illusions et d’oubli de la réalité.<br />
<span>   </span><br />
Le précédent espagnol pourrait bien faire des émules<code> </code>: selon nous, le jour n’est pas très éloigné où, sur le territoire d’un État membre de l’Union européenne, on installera une «<code> </code>zone franche<code> </code>» où des entreprises de type Foxconn (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/" target="_blank">Mourir pour un iPhone</a></em>) implanteront leurs usines dans le cadre d’un contrat qui se résumera à<code> </code>: «<code> </code>nous ne payons pas d’impôts, nous faisons la loi et nous maintenons l’ordre selon nos critères à l’intérieur de la zone, remerciez-nous de proposer un peu de travail à vos nationaux, mais à nos conditions<code> </code>»… celles du contrat de servage du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2012</p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		<title>Apocalypse now ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/03/04/apocalypse-now/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Mar 2012 13:29:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Le titre peut sembler racoleur. Pourtant, il ne fait que refléter et traduire les conclusions auxquelles ont abouti plusieurs sociologues, philosophes ou scientifiques quant à l&#8217;évolution de notre société. Afin de mieux comprendre les raisons d’un tel catastrophisme, nous allons, lors d’une première étape, nous efforcer [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Le titre peut sembler racoleur. Pourtant, il ne fait que refléter et traduire les conclusions auxquelles ont abouti plusieurs sociologues, philosophes ou scientifiques quant à l&#8217;évolution de notre société. Afin de mieux comprendre les raisons d’un tel catastrophisme, nous allons, lors d’une première étape, nous efforcer de synthétiser des analyses provenant d&#8217;horizons très différents<code> </code>:</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> en premier lieu, celle de François Roddier, astrophysicien, exposée dans une série de billets parue durant l&#8217;été<code> </code>2010 dans <em>La Lettre du Lundi</em> (voir liste en fin d’article)<code> </code>;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> puis celle du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa, développée dans son ouvrage <em><a href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Acceleration-9782707154828.html" target="_blank">Accélération</a></em> paru en<code> </code>2005<code> </code>;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> enfin celle de Jean-Pierre Dupuy, professeur à Polytechnique puis à Stanford, qu’il présente dans son livre <em><a href="http://www.carnetsnord.fr/titre/la-marque-du-sacre" target="_blank">La marque du sacré</a></em> paru en<code> </code>2009.</p>
<p>Dans une seconde étape, nous confronterons ces différentes approches avec notre propre analyse, exposée par étapes dans plusieurs billets (voir liste en fin d’article), selon laquelle nous entrons dans un «<code> </code>nouveau Moyen-Âge<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>François Roddier, ou la thermodynamique des systèmes ouverts</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour François Roddier, les sociétés humaines sont des systèmes thermodynamiques ouverts qui s&#8217;auto-organisent pour dissiper un maximum d&#8217;énergie<code> </code>: c&#8217;est ce que l&#8217;on appelle la <strong>loi de «<code> </code>production maximale d&#8217;entropie<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Mais plus une société dissipe d&#8217;énergie, plus vite elle modifie son environnement, plus vite elle doit évoluer<code> </code>: «<code> </code>l&#8217;effet de la reine rouge<code> </code>», du nom d’un personnage de l’écrivain Lewis Caroll, la fait alors entrer dans une spirale infernale.<br />
<span>   </span><br />
En effet, il arrive un moment où <strong>la société n&#8217;arrive plus à s&#8217;adapter de façon suffisamment rapide à un environnement qu&#8217;elle modifie toujours plus profondément<code> </code>: l’effondrement survient</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ce qui nous attend, selon François Roddier, c&#8217;est une <strong>extinction massive d&#8217;espèces culturelles</strong>, entraînée par la chute de ce qu&#8217;on appelle les civilisations avancées.<br />
<span>   </span><br />
En d&#8217;autres termes - mais je traduis ici la pensée de François Roddier - l&#8217;effondrement de l&#8217;Empire américain aura un «<code> </code>effet domino<code> </code>» sur les sociétés fonctionnant peu ou prou selon le modèle américain.<br />
<span>   </span><br />
Quid de l&#8217;après<code> </code>? Il n&#8217;y a pas ici d&#8217;«<code> </code>apocalypse<code> </code>» mais un <strong>redémarrage progressif</strong>, une nouvelle construction de sociétés qui, à leur tour, s&#8217;effondreront un jour en avalanches.<br />
<span>   </span><br />
Dans tous les cas, plus l&#8217;avalanche est rare, plus elle est puissante. Plus elle a été retardée par une adaptation de plus en plus rapide à l&#8217;environnement, plus on peut s&#8217;attendre à ce qu&#8217;elle soit dévastatrice.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Hartmut Rosa, ou l’accélération fulgurante</u></strong><br />
<span>  </span><br />
Dans son ouvrage, Hartmut Rosa explore et décrit avec force détails l&#8217;ensemble des composantes de l&#8217;accélération qui caractérisent nos sociétés<code> </code>: accélération technique, accélération du rythme de vie, accélération de la vitesse des transformations sociales et culturelles, débouchant sur une véritable «<code> </code>crise du temps<code> </code>», laquelle remet en cause les formes et les possibilités d&#8217;organisation individuelles et politiques.<br />
<span>   </span><br />
Nous ne développerons pas ici les multiples facettes de l&#8217;analyse de Rosa pour nous concentrer sur un élément-clé<code> </code>: où va nous mener cette accélération continue<code> </code>?<br />
<span>  </span><br />
Pour répondre à cette question, Rosa envisage <strong>quatre scénarios</strong><code> </code>:</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> «<code> </code>une nouvelle forme de contrôle et de stabilisation institutionnels du processus d&#8217;accélération qui permettrait d&#8217;atteindre un nouvel équilibre à un niveau de vitesse supérieur<code> </code>». Il réfute lui-même cette première option, dans la mesure où il lui semble impossible de «<code> </code>résoudre le problème de la désynchronisation entre la politique démocratique et l&#8217;évolution économique et technique<code> </code>».<br />
En d’autres termes, <strong>les institutions – étatiques notamment – n’arriveront pas à stabiliser la vitesse, laquelle va continuer à augmenter</strong><code> </code>;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> «<code> </code>l&#8217;abandon définitif du projet de la modernité<code> </code>». Le concept est, selon nous, un peu vague, mais Rosa conclut que, dans ce cas, «<code> </code>la fin de l&#8217;histoire de l&#8217;accélération ne serait absolument pas en vue<code> </code>». Dont acte<code> </code>;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> le «<code> </code>recours à un &#8220;freinage d&#8217;urgence&#8221; destiné à empêcher que le rythme social ne franchisse un seuil qui rendrait impossible son contrôle politique et individuel<code> </code>». Scénario quasiment impossible, selon Rosa, le recours au freinage d&#8217;urgence ne pouvant se concevoir que comme une «<code> </code>révolution contre le progrès, et donc finalement comme un saut salvateur hors de la modernité elle-même<code> </code>».<br />
Autrement dit, pour forcer le trait, la solution qui consisterait à transformer notre société en une vaste communauté Amish ne tient pas debout<code> </code>;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> ne reste alors que le quatrième scénario, celui d&#8217;une <strong>«<code> </code>course effrénée à l&#8217;abîme<code> </code>»</strong> qui se traduira vraisemblablement par une «<code> </code>catastrophe finale de l&#8217;écosystème<code> </code>» ou «<code> </code>l&#8217;effondrement total des hiérarchies sociales<code> </code>».</p>
<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Jean-Pierre Dupuy<code> </code>: au plus près de l&#8217;apocalypse</u></strong><br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>J&#8217;ai l&#8217;intime conviction que notre monde va droit à la catastrophe. Le chemin sur lequel s&#8217;avance l&#8217;humanité est suicidaire.<code> </code>» Le ton est donné. Mais quelle forme que peut, selon Dupuy, prendre cette catastrophe<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, des <strong>évolutions climatiques</strong> qui, une fois franchis certains seuils, dénommés «<code> </code>points de basculement<code> </code>», dégénéreront en «<code> </code><strong>phénomènes catastrophiques</strong>, lesquels amplifieront une dynamique auto-renforcée qui ressemblera à une <strong>chute dans l&#8217;abîme</strong><code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, la <strong>menace nucléaire</strong>. Selon Dupuy, «<code> </code>nous sommes entrés dans un deuxième âge nucléaire, marqué par la prolifération et le terrorisme. Le tabou sur l&#8217;usage de la bombe qui prévalait après Hiroshima et Nagasaki est en train de perdre de sa force, le temps et l&#8217;oubli faisant leur œuvre<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Sa conclusion<code> </code>? «<code> </code>Il nous faut vivre désormais les yeux fixés sur cet événement impensable, l&#8217;<strong>auto-destruction de l&#8217;humanité</strong>&#8230; Nous sommes entrés dans l&#8217;ère du sursis.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’abîme<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Le terme d’«<code> </code>abîme<code> </code>», utilisé par Rosa et Dupuy, mais que nous refusons de reprendre à notre compte et que Roddier n’emploie pas, nous semble particulièrement significatif de l’<strong>état de désarroi</strong> qui a saisi nombre d’«<code> </code>intellectuels<code> </code>» face aux évolutions de notre société. Rien d’étonnant à cela<code> </code>: dans beaucoup de civilisations, <strong>la fin de «<code> </code>ce qui est<code> </code>» s’assimile à la «<code> </code>fin du monde<code> </code>»</strong>, à une destruction globale.<br />
<span>   </span><br />
Une évolution climatique qui augmenterait de 2, 5, voire 8°<code> </code>C la température moyenne de notre planète ne nous semble pas constituer un «<code> </code>abîme<code> </code>» climatique. Un tel changement générerait assurément des catastrophes difficilement imaginables aujourd’hui, mais un gouffre dans lequel plongerait l’humanité tout entière ne s’ouvrirait pas pour autant sous nos pieds.<br />
<span>   </span><br />
Sur le plan climatique, le retour à un âge glaciaire – inéluctable, celui-là – nous paraît, en comparaison, infiniment plus préoccupant<code> </code>; pour mémoire, lors de la dernière période glaciaire, dite de Würm, la calotte polaire atteignait Londres et recouvrait la Belgique…<br />
<span>   </span><br />
La menace nucléaire est infiniment plus préoccupante. Nous sommes sensibles à l’affirmation de Dupuy, selon laquelle «<code> </code>L’apocalypse est inscrite comme un destin dans notre avenir, et ce que nous pouvons faire de mieux, c’est de retarder infiniment l’échéance<code> </code>». Ajoutons que <strong>la menace du nucléaire civil est, à terme, tout aussi létale que celle d’une confrontation nucléaire généralisée</strong>. Les arguments avancés dans <em>Quatre priorités pour 2012</em> (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/" target="_blank">ici</a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/page/4/" target="_blank">ici</a>) renforcent la crainte exprimée par Dupuy<code> </code>: <strong>si abîme il y a, il sera nucléaire</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La violence</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le thème d’une augmentation incontrôlée et généralisée de la violence est présent chez la quasi-totalité des auteurs que nous venons de citer.<br />
<span>   </span><br />
Pour Rosa, la transition de l’accélération finale à l’«<code> </code>abîme<code> </code>» pourrait se traduire par «<code> </code>l’<strong>éruption d’une violence incontrôlable</strong>… particulièrement là où les masses exclues des processus de croissance et d’accélération entrent en résistance contre la société de l’accélération<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dupuy va plus loin encore lorsqu’il estime que «<code> </code>la panique qui s’emparerait des peuples de la Terre s’ils découvraient trop tard que leur existence est en jeu risquerait de <strong>faire sauter tous les verrous qui empêchent la civilisation de tomber dans la barbarie</strong>. Les forces de l’esprit et les valeurs de justice seraient balayées. Il existe donc une double menace, qu’il faut analyser simultanément<code> </code>: la <em>menace sur la survie</em> et la <em>menace sur les valeurs</em>. On doit empêcher que la seconde se nourrisse de la lutte contre la première<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
En comparaison, l’analyse que nous avons effectuée dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/page/3/" target="_blank">Après le capitalisme<code> </code>: la primauté de la force</a></em> apparaît très nuancée. Qu’une «<code> </code>violence incontrôlable<code> </code>» se déchaîne à un moment donné dans certaines zones géographiques, c’est malheureusement fort probable. Que la barbarie devienne universelle, généralisée à l’ensemble de la planète, non, nous ne le pensons pas.<br />
<span>   </span><br />
Pour quelle raison<code> </code>? Parce que <strong>deux autres «<code> </code>primautés<code> </code>»</strong>, celle de la religion et, à un degré infiniment moindre, celle de l’Homme, <strong>vont contrebalancer le déchaînement de violence</strong>. Dupuy le reconnaît d’ailleurs lorsqu’il écrit, en écho de la pensée de René Girard, que «<code> </code>le sacré est la mise en extériorité de la violence des hommes par rapport à elle-même<code> </code>» et que, à travers la crise sacrificielle, il «<code> </code>fait barrage à la violence par la violence<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Nous n’analyserons pas ici plus en détail l’approche «<code> </code>girardienne<code> </code>» des rapports entre sacré et violence car tel n’est pas le thème de ce billet. Concluons simplement en soulignant que <strong>la désintégration de notre civilisation</strong> – le passage dans un «<code> </code>nouveau Moyen-Âge<code> </code>» – <strong>va quasi-inéluctablement entraîner une recrudescence de la violence et de l’usage de la force</strong>. La démocratie, le droit, la justice<code> </code>? À ce stade, ce ne sont plus que des souvenirs.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les dirigeants</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Face à cette apocalypse annoncée, quel rôle devraient tenir, <strong>quelle attitude devraient adopter nos dirigeants<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Rosa n’aborde pas véritablement la question, se contentant de noter que «<code> </code>la contrainte de l’accélération condamne… les gouvernements à une <em>situativité réactive</em>, au lieu d’une <em>conduite organisatrice</em> de la vie individuelle et collective<code> </code>». En d’autres termes, on fait ce qu’on peut, on bricole à la petite semaine, on se contente de réagir à l’événement en faisant mousser la communication… autant de tares que nous avons décrites dans nombre de billets.<br />
<span>   </span><br />
Dupuy est plus précis. Selon lui, «<code> </code><strong>l’action politique doit aujourd’hui se penser dans la perspective</strong>, non plus de la révolution à accomplir, mais <strong>de la catastrophe à repousser</strong>, s’il en est encore temps<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Sur ce plan, nous divergeons avec Dupuy. Selon nous, les dirigeants doivent avoir une <strong>double priorité</strong><code> </code>:</p>
<p style="margin: 8.05pt 0cm 0.0001pt 21.3pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> en premier lieu, <strong>préparer «<code> </code>l’après<code> </code>»</strong>. Vouloir repousser la catastrophe, et y consacrer tous ses efforts, ne fait que retarder l’inéluctable tout en augmentant la violence de l’avalanche qui va tout emporter. Replâtrer un mur pourri, le repeindre afin de faire croire qu’il est encore en bon état, le surélever encore et encore alors que les fondations s’effritent, ne peut aboutir qu’à aggraver la violence et les conséquences de la chute.<br />
Il nous semble infiniment plus sage et utile de se consacrer à «<code> </code>l’après<code> </code>», c’est-à-dire de <strong>créer les conditions d’un redémarrage qui abrègera autant que faire se peut les <em>Dark Ages</em></strong>, pour employer une expression anglo-saxonne. En ce sens, nous avons toujours plaidé – et continuons à le faire – pour que priorité soit donnée à la transmission, à la préservation et à l’enrichissement de la culture littéraire et philosophique, car là est le substrat de toute civilisation</p>
<p style="margin: 8.05pt 0cm 0.0001pt 21.3pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> en second lieu, celle de <strong>déclencher la catastrophe, d’une manière aussi contrôlée que possible</strong>. Oui, vous avez bien lu, la déclencher. Pourquoi<code> </code>?<br />
Reprenons l’analogie de l’avalanche, utilisée par François Roddier. Plus nous prolongeons la situation actuelle, plus nous ajoutons de la neige sur un sommet que nous élevons toujours plus haut, plus l’avalanche sera puissante, meurtrière, dévastatrice.<br />
Dans ce cas, pourquoi ne pas la déclencher prématurément, en essayant – tant que faire se peut – de contrôler des «<code> </code>coulées<code> </code>» de taille raisonnable<code> </code>? De planifier, par exemple, un effondrement à peu près contrôlé du «<code> </code>système dollar<code> </code>» avant que sa chute brutale ne nous explose en pleine figure<code> </code>? Idem en ce qui concerne une sortie du nucléaire civil, avant que nos enfants et petits-enfants ne vivent à côté de centrales mal entretenues, âgées de 60 ou 80<code> </code>ans, véritables grenades nucléaires dégoupillées<code> </code>?</p>
<p>Nous ne nions cependant pas la <strong>double difficulté de l’exercice, tant sur un plan technique que politique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
C’est, au fond, le cœur de notre sujet<code> </code>: <strong>une fois constaté le caractère quasiment inéluctable de la chute, quelle réponse politique y apporter<code> </code>?</strong> Les systèmes de gouvernance actuels peuvent-ils répondre autrement que «<code> </code>durer, le plus longtemps possible, sans rien modifier d’essentiel<code> </code>» car cette option sert directement l’intérêt de «<code> </code>ceux qui nous gouvernent<code> </code>», au détriment d’une masse plébéisée et atomisée<code> </code>? De plus, si la réponse politique doit être «<code> </code>faisons s’effondrer le système, de manière aussi contrôlée que possible<code> </code>», une telle option est-elle envisageable dans un cadre démocratique<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Nous voyons bien que <strong>nous touchons là aux limites du possible</strong><code> </code>: pour un Gorbatchev qui a accepté de gérer l’implosion de l’URSS au détriment de son avenir politique, combien auront le courage – l’inconscience diraient certains – de proposer puis d’accepter de piloter une telle alternative<code> </code>? Jaurès affirmait que «<code> </code>le courage, c&#8217;est de chercher la vérité et de la dire<code> </code>». Y a-t-il un Jaurès dans la salle<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012</p>
<p><u>Billets de François Roddier<code> </code>:</u><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/" target="_blank">Bientôt la fin de l’espèce humaine<code> </code>?</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/3/" target="_blank">Les lois implacables de la thermodynamique</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/2/" target="_blank">La fin des espèces et des civilisations</a></em></p>
<p><u>Billets traitant du «<code> </code>nouveau Moyen-Âge<code> </code>»<code> </code>:</u><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/page/2/" target="_blank">Le monde selon Picsou</a><br />
</em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/" target="_blank">Sic Transit</a><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a><br />
</em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/" target="_blank">No Future<code> </code>?</a><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/page/3/" target="_blank">Après le capitalisme<code> </code>: la primauté de la force</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/page/2/" target="_blank">Après le capitalisme<code> </code>: la primauté de la religion</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/" target="_blank">Après le capitalisme<code> </code>: la primauté de l’Homme</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2012/01/page/2/" target="_blank">Bilan 2011, perspectives 2012</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2012/02/page/3/" target="_blank">TGE<code> </code>: le revers de la médaille</a></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>D’Hiroshima à Ispahan</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/02/25/d%e2%80%99hiroshima-a-ispahan/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/02/25/d%e2%80%99hiroshima-a-ispahan/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 25 Feb 2012 13:22:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Le 6 août 1945, Little Boy descend dans le ciel bleu d&#8217;Hiroshima : 100 000 morts, 150 ou 200 000 sans doute, si l&#8217;on inclut les effets à long terme des radiations. Trois jours plus tard, bis repetita à Nagasaki : 60 000 morts, après les centaines de milliers de morts causés par les bombardements [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Le 6<code> </code>août 1945, <em>Little Boy</em> descend dans le ciel bleu d&#8217;Hiroshima<code> </code>: 100<code> </code>000<code> </code>morts, 150 ou 200<code> </code>000 sans doute, si l&#8217;on inclut les effets à long terme des radiations. Trois jours plus tard, <em>bis repetita</em> à Nagasaki<code> </code>: 60<code> </code>000<code> </code>morts, après les centaines de milliers de morts causés par les bombardements incendiaires sur Tokyo et d’autres villes japonaises.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi<code> </code>? Selon l&#8217;historiographie officielle, l&#8217;objectif était de contraindre le Japon à capituler. Sans la bombe atomique, il aurait fallu des mois, voire des années, pour amener l&#8217;état-major japonais devant une table de négociations. «<code> </code>Un mal nécessaire, c&#8217;eût été pire s&#8217;il avait fallu conquérir le Japon par des moyens classiques<code> </code>»<code> </code>: tel est, en substance, le message que le gouvernement américain fit passer à la postérité pour justifier sa décision d&#8217;employer l&#8217;arme nucléaire.<br />
<span>   </span><br />
Comme souvent en pareille circonstance, <strong>la véritable raison était tout autre. Truman savait parfaitement que le Japon était à genoux. Son unique et véritable objectif était d&#8217;impressionner Staline</strong>, de lui montrer ce qu&#8217;il lui en coûterait s&#8217;il ne respectait pas les accords de Yalta et de Potsdam.<br />
<span>   </span><br />
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’extrait du film <em>Fog of War</em> que vous trouverez ci-dessous. Robert McNamara, secrétaire à la Défense de 1961 à 1968 sous les présidences Kennedy et Johnson, y expose la situation du Japon en 1945 et reconnaît avoir agi comme un véritable criminel de guerre&#8230; (vous trouverez <a href="http://lalettredulundi.fr/?page_id=353" target="_blank">ici</a> la transcription en français des propos de Mc<span>Namara)</span><br />
<span>   </span><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xp1dl0" width="480" height="255" frameborder="0"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xp1dl0_the-fog-of-war-eleven-lessons-from-the-life-of-robert-s-mcnamara_news" target="_blank"></a><br />
<span>   </span><br />
Soixante-cinq ans plus tard, <strong>nous nous trouvons dans une situation politique identique en Iran</strong>. Pour des raisons avant tout liées à la propagande interne du régime, <strong>les dirigeants iraniens cherchent à se doter de l&#8217;arme atomique</strong>. Il ne s&#8217;agit pas ici de nier la menace mais de l&#8217;analyser, de la relativiser<code> </code>: l&#8217;Iran – la Perse – veut apparaître aux yeux du monde – et notamment de ses voisins arabes – comme une puissance régionale crédible et respectée. D&#8217;où la volonté de vouloir inscrire l&#8217;arme atomique dans sa panoplie de moyens militaires.<br />
<span>   </span><br />
Et puis, en jouant sur la fierté nationale et l&#8217;anti-occidentalisme, on contrôle d&#8217;autant mieux un peuple rendu schizophrène par la dictature des mollahs, où les références à l&#8217;«<code> </code>interdit<code> </code>» ou au «<code> </code>permis<code> </code>» sont à géométrie ultra-variable en fonction de la position sociale de chacun ou des luttes de clans au sein du pouvoir.<br />
<span>   </span><br />
Pourtant, <strong>depuis plusieurs mois, les gouvernements des États-Unis et d&#8217;Israël préparent leurs opinions publiques respectives à l&#8217;idée</strong> qu&#8217;il va falloir «<code> </code>faire quelque chose<code> </code>» vis-à-vis de l&#8217;Iran, que la menace est «<code> </code>insupportable<code> </code>» et <strong>qu&#8217;une frappe préventive</strong>, <em>a priori</em> classique (mais l’option des <em>mini-nukes</em> a certainement été étudiée), <strong>doit être sérieusement envisagée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Comme en 1945, les véritables raisons sont tout autres<code> </code>: il s&#8217;agit aujourd’hui d&#8217;impressionner</strong> non plus le camarade Staline mais <strong>les membres du bureau politique du parti communiste chinois</strong>, de conforter des zones d&#8217;influence occidentale en Eurasie.<br />
<span>   </span><br />
Depuis des années, les dirigeants chinois ont en effet adopté le dicton américain <em>Go West, young man, go West</em> comme élément central de leur politique expansionniste<code> </code>: Afghanistan (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/02/page/2/" target="_blank">Afghanistan : les véritables enjeux</a></em>), Iran ou, plus prosaïquement, Chine de l&#8217;ouest&#8230; <strong>Pékin cherche vers l’occident sa Constantinople</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette concurrence à l’ouest est, comme on peut s’en douter, insupportable pour les Américains qui considèrent le <strong>triangle Karachi-Tachkent-Tbilissi comme un verrou qu’il s&#8217;agit de défendre à tout prix</strong> car il bloque l’entrée d’une part vers les champs pétrolifères de la péninsule arabique, d’autre part vers la Turquie puis l’Occident. La «<code> </code>théorie des dominos<code> </code>», chère à McNamara, trouve ici un autre terrain où s&#8217;exprimer (voir carte).<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2012/02/carte_proche_orient2.gif" alt="carte_proche_orient2.gif" /><span>   </span><br />
Mais nous ne sommes plus en 1945, à l&#8217;aube d&#8217;un monde bipolaire, synonyme de simplicité<code> </code>: les États-Unis sont une puissance déclinante qui essaie de faire encore illusion (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/" target="_blank">Sic Transit</a></em>), Israël mène le géant américain par le bout du nez, comme le cornac guide l&#8217;éléphant, et l&#8217;amène à prendre des décisions radicalement contraires à ses intérêts (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/" target="_blank">L’an prochain à Ramallah</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>La situation s&#8217;avère donc extrêmement délicate pour les États-Unis</strong> qui risquent de se retrouver confrontés à des choix perdant-perdant<code> </code>:</p>
<p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0.0001pt; margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> <strong>soit ils n&#8217;interviennent pas et</strong>, ce faisant, <strong>laissent Pékin étendre graduellement son influence à l&#8217;ouest</strong> de ses frontières. Bons joueurs de go, les dirigeants chinois vont adopter la stratégie de l&#8217;encerclement, de l&#8217;étouffement, pour arriver à leurs fins<code> </code>;</p>
<p style="margin-top: 0cm; margin-right: 0cm; margin-bottom: 0.0001pt; margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> <strong>soit ils interviennent ou soutiennent une intervention israélienne. Dans les deux cas, échec garanti</strong><code> </code>: d’une part, sur le plan militaire, le succès est loin d&#8217;être assuré. D’autre part, sur le plan diplomatique et stratégique, pas la peine d&#8217;épiloguer<code> </code>: les États-Unis n&#8217;ont plus le pouvoir d&#8217;imposer une solution politique à 10<code> </code>000<code> </code>km de leur capitale et, dans cette hypothèse, Israël serait plus un boulet qu&#8217;un atout.</p>
<p>La « bonne » solution, s&#8217;il en existe une<code> </code>? <strong>Laisser Israël intervenir puis s&#8217;en désolidariser.</strong> Cynique<code> </code>? Certes. De la <em>Realpolitik</em> à la Bismarck<code> </code>? Sans doute. <strong>Inenvisageable pour un Président ou futur Président américain</strong>, compte tenu du poids du lobby pro-israélien (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/" target="_blank">L’an prochain à Ramallah</a></em>), de surcroît en période électorale<code> </code>? Assurément. Mais très certainement <strong>conforme aux intérêts européens</strong>, dont les représentants pourraient alors espérer s&#8217;asseoir autour d&#8217;une table de négociations, à l’occasion d&#8217;un Congrès de Vienne où se réglerait le sort du triangle Karachi-Tachkent-Tbilissi.<br />
<span>   </span><br />
Dans le cas contraire, on peut craindre que, <em>de facto</em>, l&#8217;Europe ne finisse par se résigner, grignotée progressivement par l’est, à n&#8217;être plus que la partie occidentale du continent asiatique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012</p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial, sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding-top: 1pt; padding-right: 4pt; padding-bottom: 1pt; padding-left: 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile, sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		<title>Le clivage français</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/02/18/le-clivage-francais/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 19:07:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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François Bayrou dénonce le clivage français depuis longtemps ; il en montre fort bien la stupidité et les dangers. Il s’imagine que cela devrait suffire à « arrêter ça ». Cette démarche est aussi efficace que celle qui dirait à un schizophrène : « Mais enfin ! C’est stupide de délirer comme ça ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" allowtransparency="true" style="overflow: hidden; width: 450px; height: 21px; border-width: medium; border-style: none" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p>François Bayrou dénonce le clivage français depuis longtemps<code> </code>; il en montre fort bien la stupidité et les dangers. Il s’imagine que cela devrait suffire à «<code> </code>arrêter ça<code> </code>». Cette démarche est aussi efficace que celle qui dirait à un schizophrène<code> </code>: «<code> </code>Mais enfin<code> </code>! C’est stupide de délirer comme ça<code> </code>! Arrêtez<code> </code>!<code> </code>» Car le clivage n’est pas une simple erreur de jugement.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Ce qu’est le clivage, en quoi il consiste</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour un individu, le clivage est un mécanisme qui consiste à <strong>placer certains contenus psychiques à l’extérieur de soi</strong>. Ils ne sont pas vraiment hors de portée de la conscience, mais ils ne lui appartiennent plus<code> </code>: il peut les penser mais comme <strong>pensées étrangères</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Prenons une image<code> </code>: vous avez dans le jardin une grande cabane à outils<code> </code>; vous y placez les choses qui vous encombrent dans la maison. Mais vous savez où elles sont<code> </code>: en cas de besoin, vous allez les chercher dans la cabane. Ce n’est pas du clivage, c’est juste une mise à l’écart.<br />
<span>   </span><br />
Remplaçons la cabane par un grenier. Un escalier y mène. Plein de choses y sont mises à l’écart. Mais vous savez lesquelles et, en cas de besoin, vous savez les y trouver.<br />
<span>   </span><br />
Remplaçons l’escalier par une échelle amovible. C’est un peu plus compliqué, vous n’y montez pas pour un oui pour un non, mais ça reste accessible. Le clivage, c’est quand vous perdez l’échelle et oubliez que votre maison comporte un grenier. Les choses qui y sont<code> </code>? Quelles choses<code> </code>? Ceci et cela n’a jamais été à vous. Aux voisins peut-être, mais à vous jamais<code> </code>!<br />
<span> </span><br />
Ces choses, ce sont <strong>des pensées, des opinions, des jugements, des valeurs, des façons de voir le monde, des sentiments</strong>. Par exemple la haine ou l’agressivité<code> </code>: pas de haine en moi, c’est l’autre qui me hait et m’agresse.<br />
<span>   </span><br />
Dans un collectif dont les individus ne pratiquent pas le clivage, le phénomène s’opère par <em>répartition des représentations conflictuelles</em>. Du temps que j’animais des «<code> </code>dynamiques de groupe<code> </code>», j’ai vu souvent se mettre en place un clivage dans le groupe. Une idée conflictuelle apparaît, ni ronde ni carrée mais complexe. Certains la voient plutôt ronde, d’autres plutôt carrée. Au fur et à mesure des échanges, les uns ne voient plus que le rond et les autres que le carré. Si on laisse le phénomène s’installer, il se verrouille. Les uns disent<code> </code>: «<code> </code>nous sommes bien obligés de proclamer le rond puisque vous ne voulez pas le reconnaître<code> </code>» et les autres répliquent<code> </code>: «<code> </code>si vous reconnaissiez un peu le carré, nous pourrions envisager le rond, mais avec vous impossible<code> </code>!<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Imaginez que vous habitiez un village où tout le monde se connaît. Voler ses concitoyens n’est pas prudent. Mais si vous êtes de passage, arrivé hier, parti demain, voler est évidemment plus facile et moins risqué. Autrement dit, la vie nomade favorise le vol. Cela ne signifie pas que tout nomade est voleur, mais que la probabilité de vol est plus élevée chez les nomades. C’est une réalité instable et conflictuelle.<br />
<span>   </span><br />
Le clivage consiste soit à dire que «<code> </code>les nomades sont des voleurs<code> </code>» (et à placer au grenier oublié l’idée qu’ils ne le sont pas tous, que ce n’est qu’une légère augmentation de probabilité), soit à affirmer que «<code> </code>les nomades sont des gens comme les autres, c’est du racisme que de les soupçonner avant les autres<code> </code>», et à placer au grenier oublié l’idée qu’objectivement il est plus facile et moins risqué de voler quand on est nomade que lorsqu’on reste sur place.<br />
<span>   </span><br />
Voici quelques exemples de réalités complexes et conflictuelles qui sont fréquemment traitées par répartition et clivage :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> Les hommes sont égaux mais il y a entre eux d’énormes différences de toutes sortes<code> </code>: force, beauté, intelligence, bonté, générosité, etc. L’égalité est un principe éthique, une Valeur, mais les élites sont une réalité concrète.<br />
Ceux qui croient qu&#8217;appartenir à l’élite leur donne des droits sur ceux qui n’en font pas partie, placent la valeur égalité dans leur grenier sans échelle et fustigent l’imbécillité des «<code> </code>égalitaristes<code> </code>».<br />
Ceux qui refusent d’admettre toute supériorité des membres de l’élite et placent cette réalité dans leur grenier oublié, accusent les «<code> </code>élitistes<code> </code>» de fascisme.<br />
Après clivage, les uns disent (par exemple) «<code> </code>tous les élèves doivent recevoir le même enseignement<code> </code>», et les autres (par exemple) «<code> </code>si les riches sont riches, c’est parce qu’ils sont plus intelligents que les pauvres<code> </code>».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> La propriété des moyens de production favorise l’exploitation des employés par l’employeur<code> </code>; mais la sécurité de l’emploi (statut ou syndicat ou les deux) favorise l’exploitation de l’employeur par les employés. Certes, il n’y a pas de commune mesure entre l’une et l’autre exploitation, mais les salariés qui ne travaillent pas ou presque pas, ou qui abusent de leurs droits à congés divers, ça existe.<br />
Après répartition et clivage, il reste des convictions simples<code> </code>: «<code> </code>les patrons sont des exploiteurs et les salariés des victimes. Il est indigne de prétendre qu’un salarié puisse abuser de sa position et exploiter son employeur.<code> </code>» Ou bien, à l’inverse<code> </code>: «<code> </code>les syndicalistes sont retors et malhonnêtes, il est impossible de leur faire confiance.<code> </code>»</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> Le développement de l’individualité humaine est vécu comme un progrès. Mais la solidarité au sein d’un collectif augmente considérablement sa puissance et ses capacités. Il s’agit d’une polarité<code> </code>: augmenter l’un diminue l’autre. <strong>Plus on va vers l’individualisme, moins on est solidaire. Il y a clivage lorsque l’un des deux termes est occulté.</strong> Ceux qui ne veulent pas entendre parler de solidarité parlent de «<code> </code>collectivisme<code> </code>» dès qu’il est question de limiter les droits de l’individu. Quant au refus de l’individu, on sait ce qu’il donne en régime communiste.</p>
<p>Ces exemples et les dizaines d’autres que l’on pourrait ajouter montrent que <strong>le clivage porte sur des réalités complexes et conflictuelles</strong>. Jean d’Ormesson a prononcé un jour une sottise qui exprime parfaitement le mouvement du clivage<code> </code>: «<code> </code>La politique<code> </code>? C’est très facile<code> </code>! Il suffit de savoir dans quel camp on est.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Ce qui nous amène à la fonction du clivage.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>À quoi sert le mécanisme répartition/clivage<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Le clivage permet d’éviter toute pensée conflictuelle. Pas de conflit intérieur, pas de complexité, pas de doute.</strong> Les choses sont soit rondes soit carrées. On sait à quoi s’en tenir, c’est tellement plus sûr et confortable. Foin de ces opinions qui ménagent la chèvre et le chou, toujours prêtes à faire des concessions à l’adversaire. Au diable ces pensées brouillonnes, incapables de décider si une chose est ronde ou carrée. Avec ça on finit toujours par avoir tort<code> </code>! Et si on leur lâche le petit doigt ils vous bouffent le bras.<br />
<span>   </span><br />
Dans ses premiers ouvrages (années<code> </code>70), Gérard Mendel espérait voir advenir le Conflit comme Valeur, dans une société où on aurait considéré qu’il est normal et bon d’être en conflit car seul le traitement (honnête et intelligent) du conflit peut dégager une vérité et une direction à la fois juste et réaliste, prenant en compte tous les intérêts en jeu. Valeur signifierait simplement que le conflit est positif et l’absence de conflit plutôt suspecte<code> </code>: quelque chose a été simplifié et faussé. Depuis cette époque notre société a continué à occulter les conflits ou à les réduire à des jeux gagnant/perdant.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les inconvénients du clivage/répartition</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Disons le tout net<code> </code>: <strong>le clivage rend c…</strong> Pardon<code> </code>! Le clivage rend bête.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le clivage entrave le jeu de l’intelligence.</strong> Avec le clivage, une grande quantité d’idées qui relèvent du problème étudié et de pensées qui devraient venir à l’esprit au cours de la réflexion sont interdites à l’homme qui réfléchit.<br />
<span>   </span><br />
Comment réfléchir à des programmes scolaires réalistes et efficaces si l’on s’interdit de penser que certaines catégories d’élèves ne pourront pas suivre le même programme que les autres<code> </code>? Ou, au contraire, si l’on nie que <em>tous les élèves peuvent apprendre</em> à lire vite, compter vite et écrire sans fautes de français.<br />
<span>   </span><br />
Comment réfléchir à un statut des fonctionnaires (ou des salariés en général) si l’on s’interdit de penser que plus la sécurité augmente, plus la malhonnêteté est facile et tentante<code> </code>? Ou, inversement, que plus la sécurité des salariés diminue, plus les excès d’exploitation seront féroces<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Étudier un problème c’est décrire toutes les différences entre une situation actuelle et une situation que l’on souhaite voir exister.</strong> C’est imaginer les actes qui pourraient modifier la situation actuelle de manière qu’elle ressemble davantage à la situation souhaitée… <strong>Une telle démarche exige la prise en compte de la totalité de la situation, dans toute sa complexité. Le clivage annule cette complexité</strong>, l’homme croit penser sur la réalité mais il travaille, sans s’en rendre compte, sur une réalité tronquée, amputée, mutilée. Aucun problème ne peut être <em>bien</em> étudié dans ces conditions et aucun ne peut trouver une <em>bonne</em> solution.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pourquoi la France se complaît-elle dans le clivage<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Étudier cette question exigerait la collaboration de psychosociologues et d’historiens. <strong>La culture française n’est certainement pas la seule à cultiver le clivage, mais il me semble que les phénomènes de répartition/clivage se présentent différemment dans d’autres pays européens.</strong><br />
<span>   </span><br />
Il me semble surtout que le clivage français n’est pas une nouveauté<code> </code>: les guerres de religion en sont une forte manifestation. L’absolutisme royal est un bel exemple d’occultation des conflits<code> </code>: le pouvoir est réparti en tout et rien, pas de conflit possible. La Révolution passe par la Terreur et débouche sur l’Empire<code> </code>: on est toujours dans le <strong>tout ou rien simplificateur</strong>. La Commune, l’affaire Dreyfus… <strong>il semble bien que la société française ait toujours choisi de traiter les difficultés par la répartition/clivage</strong> qui permet une vie tellement plus tranquille<code> </code>: on s’entretue, certes, mais c’est la faute aux méchants<code> </code>; <em>nous, on est les bons.</em><br />
<span>   </span><br />
Pauvre François Bayrou<code> </code>! Et pauvres 20<code> </code>% de Français qui seraient capables de fonctionner sans clivage…<code> </code>! C’est dur, pour eux, d’être environnés de… connerie.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Patrice Ranjard<br />
© Patrice Ranjard 2012 pour <em>La Lettre du Lundi</em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>TGE : le revers de la médaille</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/02/12/tge-le-revers-de-la-medaille/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/02/12/tge-le-revers-de-la-medaille/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 23:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Toujours plus riche, toujours plus gros (voir TGE : vers The World Company ?). À première vue, les TGE s’apparentent à des « rouleaux compresseurs » que rien ne peut arrêter. Quel est donc le grain de sable qui pourrait perturber et, le cas échéant, faire dérailler des mécaniques apparemment sans [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Toujours plus riche, toujours plus gros (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2012/02/05/tge-vers-the-world-company/" target="_blank">TGE<code> </code>: vers The World Company<code> </code>?</a></em>). À première vue, les TGE s’apparentent à des «<code> </code>rouleaux compresseurs<code> </code>» que rien ne peut arrêter. Quel est donc le grain de sable qui pourrait perturber et, le cas échéant, faire dérailler des mécaniques apparemment sans faille<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Comme souvent en pareil cas, la principale menace ne vient pas de l&#8217;extérieur mais est intrinsèque à l&#8217;organisation.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Toujours plus complexe</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Vous vous souvenez de l&#8217;histoire de Sébastien, exposée dans le premier billet de cette série, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2012/01/28/tge-les-maitres-du-jeu/" target="_blank">TGE<code> </code>: les maîtres du jeu<code> </code>?</a></em> De cette situation kafkaïenne, on peut tirer un enseignement<code> </code>: <strong>les TGE vont devoir affronter des situations et des problématiques de plus en plus complexes</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette augmentation de la complexité est <strong>directement liée à leur taille et à la variété des situations auxquelles elles vont se trouver confrontées</strong>. Nous avons vu dans le précédant billet que l&#8217;effondrement des États-nations va mécaniquement entraîner un accroissement de la taille des TGE. Conséquence de cette inflation, la complexité à laquelle elles vont se trouver confrontées va augmenter corrélativement, ou plutôt exponentiellement.<br />
<span>   </span><br />
En effet, doubler de taille, ce n&#8217;est pas multiplier par 2 mais plutôt par 3 ou 4 le niveau de complexité que rencontre l&#8217;organisation, que ce soit dans la gestion des priorités, la définition et la mise à jour des process internes, la coordination des collaborateurs&#8230; <strong>plus la «<code> </code>machine<code> </code>» grossit, plus la complexité augmente, plus cette «<code> </code>machine<code> </code>» devient inefficace</strong> car elle consomme de plus en plus d&#8217;énergie - en l&#8217;occurrence de temps-homme - à régler des problématiques d&#8217;organisation interne, <strong>plus elle est en décalage avec les besoins et la réalité du monde extérieur</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette constatation, vraie pour les États-nations, l&#8217;est également pour les TGE<code> </code>: <strong>leur taille sans cesse croissante est pour elles un piège fatal</strong>. Toujours plus gros implique nécessairement toujours plus complexe, lequel, à son tour, génère du «<code> </code>toujours plus inefficace<code> </code>», jusqu&#8217;à ce que le système s&#8217;effondre son propre poids.<br />
<span>   </span><br />
La solution, ce serait de contrôler la croissance, d’essayer de ralentir la machine. Mais ce type d’option va aussitôt soulever deux objections majeures dans les conseils d&#8217;administration.<br />
<span>   </span><br />
La première, c&#8217;est que ralentir la croissance a pour conséquence de laisser le champ libre à des concurrents toujours à l&#8217;affût de nouvelles parts de marché, de nouvelles opportunités, avec le risque de se retrouver «<code> </code>à la traîne<code> </code>», décroché, marginalisé. La peur de rater «<code> </code>une bonne opportunité<code> </code>» et le moutonisme qui prévalent dans la plupart des décisions d’entreprise seront, dans la majorité des cas, plus fortes que la sagesse «<code> </code>de ne pas y aller<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
La seconde, c&#8217;est l&#8217;avidité, la recherche et l&#8217;obsession du «<code> </code>toujours plus<code> </code>»&#8230; d’argent, de dividendes, de pouvoir. La cupidité et l&#8217;orgueil font alors bon ménage pour s&#8217;opposer à la raison.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ne pas grossir constitue donc un challenge quasi-inatteignable pour une TGE.</strong> Une autre raison s&#8217;y oppose<code> </code>: comment employer le cash<code> </code>? On peut bien sûr augmenter les dividendes mais les actionnaires vont pousser à l&#8217;investissement, au réemploi du cash dans des affaires qu&#8217;ils estiment profitables, à la diversification&#8230;. bref, tout concourt à augmenter la complexité de l&#8217;organisation.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Toujours plus visible</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Autre conséquence de ces augmentations de taille et de richesse<code> </code>: les TGE, déjà très visibles, vont le devenir de plus en plus. Elles vont devoir consacrer toujours plus d&#8217;argent et de temps pour contrôler et soigner leur image et leur communication. <strong>Cette mise en lumière</strong> de leurs activités, de leurs pratiques et de leurs mœurs <strong>ne fera qu&#8217;accroître les risques auxquels elles auront à faire face</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Malgré leurs efforts pour contrôler «<code> </code>ce qu&#8217;on dit d&#8217;elles<code> </code>», les TGE vont rencontrer des difficultés croissantes pour combler le «<code> </code>grand écart<code> </code>» entre l&#8217;image qu&#8217;elles souhaitent donner d&#8217;elles et la réalité de leurs pratiques.<br />
<span>   </span><br />
Par exemple, Apple, avec ses 100<code> </code>milliards de dollars de trésorerie et son usage de pratiques quasi-esclavagistes dans les usines Foxconn en Chine (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/29/mourir-pour-un-iphone/" target="_blank">Mourir pour un iPhone</a></em>), devra consacrer des efforts (lisez<code> </code>: argent et temps) toujours plus importants pour continuer de se positionner comme une «<code> </code>gentille marque à la pomme<code> </code>» qui crée «<code> </code>des produits sympa, cool et branchés<code> </code>». Un jour, on est rattrapé par la réalité…<br />
<span>   </span><br />
Toujours plus visible, donc toujours plus risqué. En se substituant aux États-nations dans leurs activités les plus rentables (pour prolonger l&#8217;exemple ci-dessus, il est intéressant de noter qu&#8217;Apple s&#8217;est lancé sur le marché des manuels scolaires via l&#8217;iPad et commence à se positionner comme une «<code> </code>multinationale de l&#8217;éducation<code> </code>»), <strong>les TGE se trouveront confrontées à des problèmes de nature politique, à des revendications citoyennes, à des menaces de boycott ou de consommation alternative</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Toujours plus concentré</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Last but not least</em>, <strong>la concentration croissante des richesses au niveau mondial va conduire – à terme – les TGE dans une impasse</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En effet, celles-ci ont bâti leur fortune et leur croissance sur l&#8217;<strong>existence d&#8217;une classe moyenne capable d&#8217;acheter massivement les produits et services qu&#8217;elles produisent</strong><code> </code>: une société de consommation en expansion perpétuelle est pour elles une condition <em>sine qua non</em> de survie.<br />
<span>   </span><br />
Ces TGE se trouvent actuellement dans une phase où elles pressurent tout ce qu&#8217;il est encore possible de pressurer d&#8217;un «<code> </code>consommateur<code> </code>» occidental – et notamment américain – surendetté et en voie de paupérisation tout en «<code> </code>mettant le paquet<code> </code>» sur la classe moyenne asiatique naissante qui représente, à ses yeux, un nouvel Eldorado.<br />
<span>   </span><br />
Mais tout ceci n&#8217;aura qu&#8217;un temps. La vitesse à laquelle les inégalités croissent en Chine (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/13/le-second-empire/" target="_blank">Le Second Empire</a></em>) entraînera inéluctablement, sans doute plus vite qu&#8217;on ne l&#8217;imagine, le déclin et la paupérisation de cette classe moyenne mort-née.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La concentration des richesses des individus, qui tarira les sources de revenus des TGE, pourrait entraîner, à son tour, une phase ultime de concentration de ces dernières.</strong> Un <em>Big Brother</em>, une <em>World Company</em> pourrait-il alors voir le jour<code> </code>? L&#8217;annoncer aujourd&#8217;hui relèverait du fantasme de politique-fiction. Au fond, il est fort probable que ce «<code> </code>système TGE<code> </code>» aura explosé en vol avant d&#8217;atteindre ce stade.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi<code> </code>? Tout simplement parce que <strong>richesse et taille sans cesse croissantes ne suffiront pas à contrebalancer les problèmes liés à une complexité constamment accrue et à une visibilité toujours plus forte, génératrice de conflits et de revendications</strong>. En devenant État-Providence, l&#8217;État-nation a probablement déclenché le processus qui le mènerait à son déclin<code> </code>; en devenant TGE, l&#8217;entreprise a certainement fait de même.<br />
<span>   </span><br />
Dans les deux cas, tout est question de temps et de vitesse d&#8217;accélération. Plus la transformation a été, est ou sera rapide, plus la croissance a été, est ou sera forte, plus le risque d&#8217;effondrement lié à la gestion de la complexité et de la visibilité a été, est ou sera élevé.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Après avoir connu l’apogée, les TGE connaîtront donc à leur tour le déclin</strong><code> </code>: inefficacité croissante, critiques externes et internes, baisse des bénéfices, contestation de leur rôle et de leur utilité, revendications en tout genre…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les deux phases du «<code> </code>nouveau Moyen-Âge<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Que conclure de cette série de billets<code> </code>? Que nous pourrions sans doute assister à un «<code> </code>nouveau Moyen-Âge<code> </code>» qui se déroulerait en deux phases<code> </code>:</p>
<ul>
<li> <strong>première phase, le haut nouveau Moyen-Âge, qui verra le déclin des États-nations et la prospérité des TGE.</strong> Pour elles, ce sera alors «<code> </code>toujours plus riche, toujours plus gros<code> </code>»<code> </code>;</li>
</ul>
<ul>
<li> <strong>seconde phase, le bas nouveau Moyen-Âge</strong>. Les «<code> </code>toujours plus complexe, toujours plus visible, toujours plus concentré<code> </code>» prendront alors le dessus, avec pour conséquence que <strong>les TGE entameront à la fois une période de concentration et de déclin</strong>.</li>
</ul>
<p><strong>Les signaux annonçant l’entrée dans cette première phase sont d’ores et déjà visibles</strong><code> </code>: nous assistons actuellement à des «<code> </code>écroulements<code> </code>» successifs de structures publiques surendettées et devenues incapables de gérer leur taille ainsi que la complexité des situations auxquelles elles sont confrontées.<br />
<span>   </span><br />
Quant à la seconde phase, elle ne peut aujourd’hui qu’être déduite de la première, même si des signaux (très) discrets d’une «<code> </code>autre vision de la société<code> </code>» se font jour en ordre très dispersé mais sans constituer, et de très loin, une pensée structurée et cohérente.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait objecter que cette représentation du futur s’apparente trop à un «<code> </code>copier-coller<code> </code>» de ce que nous avons connu entre la chute de Rome et l’an<code> </code>1500. Permettez-moi alors, à titre certes assez inhabituel, de conclure par une citation de l’Ecclésiaste<code> </code>: «<code> </code>ce qui sera dans l&#8217;avenir a été antérieurement.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012</p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>TGE : vers The World Company ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/02/05/tge-vers-the-world-company/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/02/05/tge-vers-the-world-company/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 17:26:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Dans le billet de la semaine dernière, TGE : les maîtres du jeu, nous nous sommes efforcés d&#8217;identifier les trois « maîtres » qui régissent le fonctionnement interne des TGE (très grandes entreprises). Ils ont pour nom Cronos, Darwin et Crésus. Cronos, comme le dieu de la mythologie qui dévorait [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Dans le billet de la semaine dernière, <a href="http://lalettredulundi.fr/2012/01/28/tge-les-maitres-du-jeu/" target="_blank"><em>TGE<code> </code>: les maîtres du jeu</em></a>, nous nous sommes efforcés d&#8217;identifier les trois «<code> </code>maîtres<code> </code>» qui régissent le fonctionnement interne des TGE (très grandes entreprises). Ils ont pour nom Cronos, Darwin et Crésus. Cronos, comme le dieu de la mythologie qui dévorait ses enfants<code> </code>; Darwin, symbole du processus de sélection que les entreprises ont mis en place pour être constamment et toujours compétitives<code> </code>; enfin Crésus, ou le règne du veau d&#8217;or au sein des conseils d&#8217;administration.<br />
<span>   </span><br />
L&#8217;objectif du présent billet est de poursuivre cette analyse en <strong>étudiant les conséquences que va entraîner, pour les TGE, le transfert d&#8217;activités dont elles vont bénéficier de la part du secteur public</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Première conséquence<code> </code>: la manne financière</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Les entreprises qui se portent bien, qui se sont adaptées à l’accélération de l&#8217;évolution, notamment sur le plan technologique, disposent aujourd&#8217;hui de <strong>ressources financières considérables</strong><code> </code>: par exemple, la trésorerie d&#8217;Apple est aujourd&#8217;hui de 100<code> </code>milliards de dollars, soit nettement plus que le budget annuel de l’Éducation nationale en France<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Quand on dispose d&#8217;un tel matelas à la banque, la seule question qui se pose est de savoir comment l&#8217;employer<code> </code>: croissance interne via le lancement de nouvelles activités, croissance externe via le rachat d&#8217;entreprises existantes&#8230; à chacun sa stratégie. Dans tous les cas, une chose est certaine<code> </code>: <strong>ce tas de cash va permettre aux TGE existantes de grossir encore plus</strong>, de disposer de capacités d’influence et de lobbying encore plus étendues.<br />
<span>   </span><br />
Parallèlement, <strong>ce cash devrait accroître toujours plus l&#8217;écart entre équipe dirigeante et salariés de base</strong> que nous mentionnions dans le précédent billet. Il devrait également permettre des fusions-acquisitions toujours plus importantes. Un fantasme de <em>World Company</em> ? Non, plutôt une réalité de méga-entreprises qui, dans certains secteurs ou dans plusieurs secteurs, vont acquérir une <strong>position dominante, quasi-monopolistique, au plan mondial</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Lorsque les États vont «<code> </code>laisser tomber<code> </code>» des pans entiers de leurs fonctions actuelles, les TGE qui disposent de la force de frappe financière la plus importante vont évidemment se ruer sur les «<code> </code>morceaux<code> </code>» les plus rentables, que ce soit dans le domaine de l&#8217;éducation, de la santé, de la sécurité, etc. Ces TGE vont alors employer leurs montagnes de cash pour acquérir ces beaux «<code> </code>morceaux<code> </code>» qui, à leur tour, vont générer des profits considérables.<br />
<span>   </span><br />
Pour désigner une activité extrêmement rentable, les Américains disposent d&#8217;une expression imagée qui résume parfaitement la situation que nous décrivons<code> </code>: <em>it’s a license to print money</em> - c&#8217;est l&#8217;autorisation, la possibilité d’imprimer des billets de banque.<br />
<span>   </span><br />
Eh bien, c&#8217;est exactement ce qui va se produire pour <strong>certaines TGE</strong><code> </code>: en sus de leurs activités actuelles extrêmement rentables, elles <strong>vont acquérir <em>a license to print money</em> en récupérant les meilleurs morceaux de l&#8217;activité étatique</strong>, c&#8217;est-à-dire de notre bien, du bien commun. L&#8217;écart entre richesse privée et pauvreté publique, que nous soulignions déjà, il y a près de trois ans, dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/" target="_blank">Les illusions perdues</a></em>, alors que l’on s’illusionnait sur le «<code> </code>retour de l’État<code> </code>» suite à la crise financière de 2008, sera alors abyssal.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Deuxième conséquence<code> </code>: <em>big, bigger, the biggest</em></strong></u><br />
<span>   </span><br />
<strong>Toujours plus gros</strong>, telle sera la deuxième conséquence - au demeurant fort logique - de ce transfert d&#8217;activités du public vers le privé. Que ce soit en nombre d&#8217;employés, en terme de chiffres d&#8217;affaires ou de bénéfices, <strong>les TGE vont - dans une première étape - enfler comme la grenouille dans la fable de La Fontaine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Les premières bénéficiaires de cette inflation pourraient être les TGE du <strong>secteur de la bancassurance</strong>. Dans un monde où l&#8217;État-Providence aura disparu, les individus qui disposeront de moyens financiers suffisants se retourneront vers les compagnies de bancassurance pour se prémunir contre à peu près tout<code> </code>: la maladie, la dépendance liée à la vieillesse, la perte ou la baisse de revenus ou d’emploi, les agressions de toutes sortes&#8230; on épargnera aussi pour permettre à ses enfants de suivre des études, pour garantir sa santé, etc.<br />
<span>   </span><br />
En un mot, <strong>ceux qui en auront les capacités financières chercheront</strong>, compte tenu de la dégénérescence étatique, <strong>à sécuriser leur existence par le recours à l’assurance individuelle tous azimuts</strong>. Faute de protection publique, c&#8217;est vers la protection privée que l&#8217;on se retournera. Cette protection sera alors assurée non sur une base à peu près égalitaire comme nous avons pu le connaître, mais sur un fondement intrinsèquement inégalitaire, directement lié à la richesse de l’assuré.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Deuxième secteur qui pourrait «<code> </code>enfler<code> </code>» considérablement<code> </code>: celui de l&#8217;éducation.</strong> La raison en est fort simple<code> </code>: compte tenu de la masse d’élèves et de professeurs dans le secteur éducatif public, la chute du mammouth va projeter vers le privé des milliers de personnes. On pourrait alors voir se former des réseaux d&#8217;écoles, plus ou moins structurés, plus ou moins intégrés, qui «<code> </code>ciblent<code> </code>» telle ou telle catégorie de la population en fonction d’un mix-marketing qualité-prix.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ces «<code> </code>multinationales de l&#8217;éducation<code> </code>» se disputeraient les parts de marché comme dans n&#8217;importe quel secteur concurrentiel</strong><code> </code>: elles comprendraient des acteurs «<code> </code>haut de gamme<code> </code>» qui proposent un enseignement de qualité mais à un prix élevé, avec garantie d&#8217;un suivi personnalisé de l&#8217;élève par un «<code> </code>coach-éducateur<code> </code>», mais aussi des opérateurs <em>low cost</em>, avec suivi minimum et enseignement à distance. Dans ce dernier cas, les économies d&#8217;échelle liées à la taille de l&#8217;entreprise sont déterminantes, ce qui poussera nécessairement à la concentration et à l&#8217;internationalisation des acteurs du secteur, d&#8217;où <strong>course au gigantisme pour une rentabilité maximum</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Troisième activité qui pourrait également voir s&#8217;instaurer une course au gigantisme, celle de la sécurité.</strong> Nous avons déjà abordé cette question dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a></em> mais il y a fort à parier que ce que nous observons aujourd&#8217;hui dans le domaine de la sous-traitance de la guerre ne sont que les prémices d&#8217;une «<code> </code>explosion<code> </code>» de la prise en charge par le secteur privé des questions de sécurité dans tous les domaines.<br />
<span>   </span><br />
Mercenariat international pour sécuriser les zones stratégiques (puits de pétrole, exploitations minières, etc.), forces de sécurité privées pour assurer l’ordre dans les zones «<code> </code>économiquement rentables<code> </code>» des territoires nationaux, sans oublier la protection physique de la «<code> </code>nouvelle aristocratie<code> </code>», celle des données informatiques des entreprises… <strong>tout va pousser à la course au gigantisme afin d’offrir une palette complète de «<code> </code>services<code> </code>» dans le domaine de la sécurité</strong>, du «<code> </code>clés en mains<code> </code>» quel que soit le problème de sécurité à résoudre.<br />
<span>   </span><br />
Toujours plus riche, toujours plus gros… nous aborderons la semaine prochaine les deux autres «<code> </code>toujours plus<code> </code>» qui vont constituer la grille de lecture de l’évolution des TGE dans les prochaines années avant d’essayer d’envisager les conséquences d’une telle évolution.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012</p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>TGE : les maîtres du jeu</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/01/28/tge-les-maitres-du-jeu/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/01/28/tge-les-maitres-du-jeu/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 28 Jan 2012 21:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Sébastien est un collaborateur débordé. Rattaché à la branche « banque » du n° 3 mondial de la bancassurance, il est en charge du projet « dépendance 2020 » dont l’objectif est de créer une gamme de produits destinée aux plus de 60 ans qui souhaitent s’assurer contre la « perte de dépendance », pour reprendre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" scrolling="no" frameborder="0" allowtransparency="true" style="border-color: initial; border-image: initial; overflow-x: hidden; overflow-y: hidden; width: 450px; height: 21px; border-width: medium; border-style: none"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p>Sébastien est un collaborateur débordé. Rattaché à la branche «<code> </code>banque<code> </code>» du n°<code> </code>3 mondial de la bancassurance, il est en charge du projet «<code> </code>dépendance<code> </code>2020<code> </code>» dont l’objectif est de créer une gamme de produits destinée aux plus de 60<code> </code>ans qui souhaitent s’assurer contre la «<code> </code>perte de dépendance<code> </code>», pour reprendre le jargon en usage qui définit ainsi différentes formes de sénilité.<br />
<span>   </span><br />
Afin de faire aboutir ce projet, Sébastien doit coordonner et faire travailler ensemble, sur un mode non hiérarchique, des services ou départements aussi divers que l’actuariat, la direction des services informatiques, la direction commerciale, sans oublier le marketing, les RH, la formation… bref, un véritable casse-tête<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Las<code> </code>! À moins de deux mois du lancement de la gamme des produits dont il a la charge, Sébastien apprend incidemment que la branche «<code> </code>assurances<code> </code>» de son groupe prépare un projet similaire, devant être lancé au même moment. D’où réunions, conflits internes, problèmes d’ego et de préséance dus au fait que la branche «<code> </code>banque<code> </code>», rachetée il y a 5<code> </code>ans, a toujours été considérée comme le parent pauvre du groupe… en résumé, des milliers d’heures de travail effectuées en pure perte pour arriver à la conclusion que le système d’information, pourtant refait à neuf, ne permet pas de visualiser et de coordonner effectivement les projets du groupe. D’où demande de modification du système, etc.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait développer cet exemple <em>ad nauseam</em>. Il semble sans doute familier à ceux qui travaillent dans une TGE (très grande entreprise), où les dysfonctionnements de ce type sont légion. Quels enseignements en tirer<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Cronos</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Les structures comportant plusieurs dizaines de milliers, voire plusieurs centaines de milliers de collaborateurs ne datent pas d’aujourd’hui.  Mais, jusqu’à une date récente, elles comportaient une caractéristique commune<code> </code>: <strong>elles émanaient quasiment toutes de l’État</strong>. À ce titre, elles ne s’étaient pas construites en un jour mais, strate après strate, à l’issue d’un processus qui s’était déroulé sur plusieurs dizaines d’années, voire plusieurs siècles.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet échafaudage lent</strong>, cette sédimentation par étapes, générait certes des lourdeurs, <strong>«<code> </code>n’optimisait pas la productivité<code> </code>»</strong>, pour employer une expression contemporaine, <strong>mais garantissait une pérennité</strong>, une efficacité minimale <strong>qui permettait</strong>, à travers l’établissement de routines, <strong>d’assurer stabilité et continuité</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Rien de tel avec les TGE.</strong> Ce n’est d’ailleurs par leur rôle. Fruits du capitalisme financier, <strong>elles grandissent</strong> à coups de fusions-acquisitions-regroupements <strong>à une vitesse sans cesse croissante</strong>. À l’exception de la tête – nous y reviendrons plus loin – <strong>leur structure est constamment en phase de réorganisation-restructuration</strong>. En un mot, <strong>leur vitesse de croissance, d’évolution et de transformation est</strong>, dans la plupart des cas, <strong>supérieure aux capacités d’adaptation de la plupart des individus qui la composent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pas étonnant, dans ces conditions, <strong>que ces mêmes individus soient stressés et démotivés</strong>, et ce quelle que soit leur fonction<code> </code>: employés, cadres intermédiaires ou cadres supérieurs (nous laissons de côté, pour l’instant, la question des dirigeants). Ils ne savent plus à quel saint se vouer, de quoi sera fait le lendemain, <strong>doivent constamment améliorer leur performance et contribuer à générer plus de cash</strong> à «<code> </code>iso-personnel<code> </code>», pour employer un terme de novlangue fort en usage, tout en suppléant l’absentéisme de leurs collègues ou collaborateurs qui craquent sous la pression.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait allonger cette liste sur plusieurs paragraphes. En résumé, <strong>sur le plan humain, le système est constamment au bord de la rupture et tient en combinant pressurage de l’encadrement intermédiaire, pompage dans le réservoir inépuisable de stagiaires</strong> qui pallient les absences ou le sous-effectif structurel des employés, <strong>recours aux «<code> </code>auto-entrepreneurs<code> </code>»</strong> qui sont, le plus souvent, d’anciens collaborateurs chassés de l’entreprise pour y être réintégrés fort temporairement et au coup par coup, en fonction des projets en cours, <strong>enfin acceptation d’un turn-over élevé</strong>, ce qui ne pose pas de problème particulier vu la masse de chômeurs qui se pressent à la porte.<br />
<span>   </span><br />
Présenté ainsi, le système semble particulièrement inefficace. Sur le plan humain, il n&#8217;aboutit qu&#8217;à <strong>broyer les individus</strong>, «<code> </code>dévorés<code> </code>» l&#8217;un après l&#8217;autre par l&#8217;entreprise, comme Cronos-Saturne dévorait ses enfants. Plus l&#8217;entreprise veut être «<code> </code>performante<code> </code>», plus elle veut s&#8217;adapter rapidement à son environnement, plus elle va demander aux individus d’évoluer rapidement. <strong>S&#8217;adapter ou périr</strong>, telle pourrait être, sous une formulation un peu grandiloquente, la ligne de conduite que doivent adopter ceux qui veulent «<code> </code>survivre<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Darwin</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Ce système destructeur sur le plan humain est-il pour autant efficace sur le plan organisationnel<code> </code>? À première vue, on est tenté de répondre par la négative<code> </code>: comment une organisation pourrait-elle être efficace alors qu&#8217;elle «<code> </code>flingue<code> </code>» autant les individus ?<br />
<span>   </span><br />
La réponse ne laisse pourtant aucun doute<code> </code>: <strong>c&#8217;est parce qu&#8217;elle «<code> </code>flingue<code> </code>» les individus que l&#8217;organisation est terriblement efficace</strong>. À travers ce processus de destruction-restructuration, elle a mis en place, en son propre sein, une <strong>méthode de sélection naturelle particulièrement efficiente</strong> qui lui permet, en se délestant rapidement de tous ceux qui ne sont pas suffisamment «<code> </code>évolutifs<code> </code>», malléables et adaptables, de maximiser sa performance, son adaptation à l&#8217;environnement&#8230; et sa rentabilité.<br />
<span>   </span><br />
Dans l&#8217;exemple ci-dessus, le fait que Sébastien et son équipe de projet aient effectué en pure perte des milliers d&#8217;heures de travail n&#8217;a, en définitive, pas une grande importance. Le principal, c&#8217;est de «<code> </code>sortir<code> </code>» le plus vite possible le produit le plus performant et le plus rentable, pas de récompenser, fidéliser ou conforter des collaborateurs. Si deux équipes se sont battues en interne pour réaliser le même projet, eh bien que le meilleur gagne<code> </code>! Quant à l&#8217;autre, <em>vae victis</em>&#8230;<br />
<span>   </span><br />
Mais alors, <strong><em>quid</em> de l&#8217;expérience<code> </code>?</strong> Le système ne risque-t-il pas d&#8217;«<code> </code>éjecter<code> </code>» hors de l&#8217;entreprise les collaborateurs les plus expérimentés<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Aucune importance, ou plutôt de moins en moins d’importance. <strong>L&#8217;expérience</strong>, qui constitue un atout dans un monde stable ou à évolution lente, car elle permet de répéter des processus ou des «<code> </code>tactiques<code> </code>» qui ont fait leurs preuves, <strong>devient un «<code> </code>boulet<code> </code>» au fur et à mesure que la vitesse d&#8217;évolution s&#8217;accélère</strong>. Ce que souhaite l&#8217;entreprise, ce n&#8217;est pas conserver des «<code> </code>anciens combattants<code> </code>», ceux qui ont gagné les guerres économiques d&#8217;hier (même si cet «<code> </code>hier<code> </code>» a, tout au plus, une dizaine d’années), c&#8217;est de disposer des combattants pour gagner les guerres de demain, dans un environnement qui a totalement changé.<br />
<span>   </span><br />
À ce moment-là, l&#8217;expérience n&#8217;est plus un atout. Ce qui compte, c&#8217;est l&#8217;adaptabilité et la compréhension de la nouvelle situation, non la référence à des repères qui ont disparu. <em>Exit</em> donc les anciens combattants quadra - et a fortiori quinqua – génaires<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
<strong>Un autre élément milite en faveur d&#8217;une «<code> </code>éjection<code> </code>» rapide des «<code> </code>anciens combattants<code> </code>»<code> </code>: leur coût.</strong> Il était justifié par l&#8217;expérience. Celle-ci ayant de moins en moins de valeur, il est alors préférable d&#8217;embaucher «<code> </code>deux soldats de 25<code> </code>ans pour le prix d&#8217;un de 50<code> </code>ans<code> </code>», pour caricaturer à peine. La justification financière rejoint ici la nécessité organisationnelle.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Crésus</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La finance, parlons-en justement. Nous avons souligné dans de nombreux billets (et nous ne sommes aujourd&#8217;hui pas les seuls, c&#8217;est pratiquement devenu un lien commun) la financiarisation excessive des entreprises, devenues des «<code> </code>machines à générer du profit<code> </code>» dont ne bénéficient que les actionnaires et une poignée de cadres dirigeants.<br />
<span>   </span><br />
C&#8217;est en effet, vu de l&#8217;intérieur de l&#8217;entreprise, un symptôme de plus en plus marqué<code> </code>: <strong>la coupure absolue</strong> – tant en termes de rémunération que de centres d&#8217;intérêt, de priorités, de culture, etc. – <strong>entre une équipe dirigeante, isolée non seulement du monde mais aussi de la réalité de l&#8217;entreprise, et le «<code> </code>reste<code> </code>»…</strong><br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte, l&#8217;espoir des cadres supérieurs, c&#8217;est d&#8217;accéder au «<code> </code>Saint des Saints<code> </code>», à une position de cadre dirigeant qui leur permettra de «<code> </code>passer à la caisse<code> </code>» et d&#8217;en «<code> </code>récolter un max<code> </code>» le plus vite possible, au cas où, au cas où la fête s&#8217;arrêterait, au cas où ils seraient éjectés de l’assiette au beurre. L&#8217;espoir des autres, de ceux qui ne pourront jamais accéder à ce type de poste, c&#8217;est de conserver leur job, de ne pas être remerciés lors de la prochaine restructuration.<br />
<span>   </span><br />
Ce détachement de la «<code> </code>tête<code> </code>» du reste du «<code> </code>corps<code> </code>», son insensibilité à son corps, lui permet de prendre des décisions d&#8217;amputation sans ciller, sans souffrir. On est évidemment très loin du «<code> </code>patron paternaliste<code> </code>» qui considérait ses employés comme ses «<code> </code>enfants<code> </code>» et qui, à condition que ceux-ci soient sages et obéissants, acceptait de les «<code> </code>protéger<code> </code>» en échange de leur soumission.<br />
<span>   </span><br />
Il ne s&#8217;agit pas ici de regretter un quelconque «<code> </code>bon vieux temps<code> </code>» idéalisé mais de souligner le <strong>changement radical qui s&#8217;est opéré dans la nature des rapports sociaux, conséquence logique d&#8217;une évolution vers</strong> la financiarisation, <strong>la «<code> </code>boursiarisation<code> </code>» des entreprises</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Cronos, Darwin, Crésus</strong><code> </code>: avec de tels «<code> </code>maîtres du jeu<code> </code>», <strong>le «<code> </code>système TGE<code> </code>» est d&#8217;une efficacité redoutable</strong>. Face à lui, les structures des États-nations ressemblent à des dinosaures, à des bizarretés d&#8217;une autre époque qui n&#8217;attendent qu&#8217;une pichenette pour s&#8217;écrouler.<br />
<span>   </span><br />
C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui va se passer. Nous ne reviendrons pas ici sur la liste des symptômes avant-coureurs de cette dégringolade des États-nations et vous renvoyons à la liste des billets en bas de cet article. Nous allons, dès la semaine prochaine, nous concentrer sur un autre aspect de la question<code> </code>: <strong>quelles conséquences cette chute des États-nations va-t-elle avoir pour les TGE<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2012<br />
<span>   </span><br />
<u>Sur la dégringolade des États-nations :<br />
</u><em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/" target="_blank">Les illusions perdues</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/page/3/" target="_blank">Avec nos enfants, à bord du Titanic</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/08/" target="_blank">« Communication sécuritaire » et évolution du rôle de l’État</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre : Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050 : l’odyssée du servage</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/3/" target="_blank">Le Second Empire</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/" target="_blank">Le « mal américain »</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/page/4/" target="_blank">τραγῳδία… tragôidía… tragédie</a></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial, sans-serif"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding-top: 1pt; padding-right: 4pt; padding-bottom: 1pt; padding-left: 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile, sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding-top: 1pt; padding-right: 4pt; padding-bottom: 1pt; padding-left: 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/127353" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Bilan 2011, perspectives 2012</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/01/14/bilan-2011-perspectives-2012/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/01/14/bilan-2011-perspectives-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 23:03:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Depuis le lancement de La Lettre du Lundi en janvier 2009, nous avons pris l’habitude de publier en fin d’année un billet intitulé À l’heure du bilan qui dresse un état des lieux de l’année écoulée et confronte à la réalité les prévisions effectuées 12 mois auparavant. Ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
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<p>Depuis le lancement de <em>La Lettre du Lundi</em> en janvier<code> </code>2009, nous avons pris l’habitude de publier en fin d’année un billet intitulé <em>À l’heure du bilan</em> qui dresse un état des lieux de l’année écoulée et confronte à la réalité les prévisions effectuées 12<code> </code>mois auparavant. Ce billet est suivi d’un autre, <em>Le temps des perspectives</em>, qui trace ce que nous imaginons être les grandes lignes de l’année à venir (voir liste de ces billets en fin d’article).<br />
<span>   </span><br />
Compte tenu de la publication de la série <em>Après le capitalisme</em> en décembre<code> </code>2011 puis de <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2012/01/07/%C2%AB-coup-de-gueule-%C2%BB/" target="_blank">« Coup de gueule »</a></em> la semaine dernière, nous allons aujourd’hui faire d’une pierre deux coups, en traitant à la fois du bilan<code> </code>2011 et des perspectives<code> </code>2012.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2011<code> </code>: à l’heure du bilan</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Lorsque nous écrivions, en janvier<code> </code>2011, «<code> </code>on pourrait s’attendre à ce que les marchés perdent confiance dans la &#8220;signature&#8221; du gouvernement des États-Unis… ou d’autres États occidentaux<code> </code>», nous mettions alors (pardonnez la vanité d’auteur) en plein dans le mille<code> </code>: <strong>le 6<code> </code>août, les États-Unis ont perdu leur triple<code> </code>A</strong>, déclenchant une réaction en chaîne et des conséquences que nous avons analysées le même jour dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank"><span><em>Les marches d’Odessa</em></span></a>.<br />
<span>   </span><br />
Deuxième perspective que nous envisagions<code> </code>: <strong>la poussée d’un sentiment anti-occidental dans le monde. Il est moins net que nous ne l’avions prévu.</strong> Bien sûr, les tensions entre les USA (et certains de leurs alliés) et l’Iran demeurent très fortes, du moins en apparence. Bien sûr, le refus américain d’admettre la Palestine comme État membre des Nations-Unies puis son retrait <em>de facto</em> de l’Unesco, lorsque cette organisation a invité cette même Palestine à rejoindre ses rangs, n’ont guère amélioré – c’est une litote – les relations entre les pays arabes et les États-Unis. Mais, au fond, rien de bien neuf de ce côté-là<code> </code>: le lobby pro-israélien continue d’orienter la politique étrangère des États-Unis sans que l’attitude des pays et des peuples arabes ait évolué de façon significative depuis plusieurs années.<br />
<span>   </span><br />
Ce sentiment anti-occidental, il faudrait plutôt le chercher en Asie, notamment du côté de la Chine. Nous en traiterons plus loin.<br />
<span>    </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2012<code> </code>: le temps des perspectives</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous n&#8217;évoquerons pas ici les élections présidentielles française puis américaine qui ne sont pas véritablement des «<code> </code>perspectives<code> </code>» mais plutôt des événements, évidemment prévisibles, dont vont se délecter les éditorialistes et médias de tous ordres. Pour tracer des perspectives plus pérennes, aux conséquences plus marquées, nous préférons souligner <strong>quatre facteurs-clés</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le premier, qui peut servir de «<code> </code>grille de lecture<code> </code>» pour essayer de comprendre et d’anticiper quelque peu les événements, c’est l’<strong>accélération croissante de la vitesse d’évolution des sociétés, des rapports de force, des mentalités</strong>, etc. Nous avons déjà mentionné ce phénomène d’accélération dans plusieurs billets mais sans l’analyser véritablement<code> </code>; nous y reviendrons donc probablement dans un article qui lui sera spécifiquement consacré, car il s’agit là d’un élément-clé de compréhension de l’évolution de notre civilisation.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette accélération a été particulièrement visible en<code> </code>2011</strong><code> </code>: perte du triple<code> </code>A des États-Unis, mise sous tutelle financière et économique de la Grèce, menaces d’éclatement de la zone euro, voire mort de l’euro… autant d’événements que la quasi-totalité des médias auraient jugé, il y a un an, loufoque et irréaliste d’envisager.<br />
<span>   </span><br />
En sera-t-il de même en 2012<code> </code>? En d’autres termes, verrons-nous encore plus nettement en<code> </code>2012 se mettre en place le processus de «<code> </code>déconstruction<code> </code>» des États-nations que nous avons décrit et analysé dans plusieurs billets<code> </code>? (voir liste en fin d’article)<br />
<span>   </span><br />
Sur ce point, nous ne prétendons pas jouer les Pythie à court terme. Autant nous n’avons – hélas – guère de doute sur la direction prise, autant en prévoir les étapes mois par mois relève de la divination.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
2012 pourrait donc voir aussi bien une pause qu’une accélération du processus. Cependant, après une année de secousses en Europe, <strong>les troubles pourraient se déplacer de l’autre côté de l’Atlantique, ce qui constituerait, à notre avis, le deuxième «<code> </code>facteur-clé<code> </code>»</strong><code> </code>: le déficit public américain continue de se creuser, ne manque qu’une étincelle pour faire sauter le rafiot<code> </code>! Le compteur ci-dessous montre que, à l’heure où nous publions cet article, ce déficit a dépassé les 15<code> </code>000<code> </code>milliards de dollars et continue d&#8217;augmenter, alors qu’il n’était «<code> </code>que<code> </code>» de 10<code> </code>800<code> </code>milliards lorsque nous avons publié <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/" target="_blank"><span><em>Le jour où le dollar s’effondrera</em></span></a> en mars<code> </code>2009…</p>
<p align="center"><!-- start zFacts Debt Clock --></p>
<p align="center">&nbsp;</p>
<table id="zDebtBox" style="border-color: #2f307f" border="0" align="center">
<tr>
<td style="background-color: #2f307f" align="center"><a href="http://zfacts.com/p/461.html" id="zF05" style="color: white; font-size: 13px">Dette publique des États-Unis (État fédéral seulement)</a></td>
</tr>
<tr>
<td style="background-color: #eff0ff"><script type="text/javascript"> var zFontColor = "#CF1919"; // Debt Value Color var zFontSize = 14;// Debt Font Size </script><br />
<script src="http://www.zfacts.com/giz/G05/debt.js" type="text/javascript"></script></td>
</tr>
</table>
<p align="center">&nbsp;</p>
<p align="center"><!-- end gizmo --></p>
<p>Afin d&#8217;avoir une idée du volume de cette dette qui correspond, pour employer la dénomination américaine, à plus de 15<code> </code>trillions de dollars, cliquez <a href="http://www.pagetutor.com/trillion/index.html" target="_blank">ici</a> pour «<code> </code>voir<code> </code>» un trillion de dollars, puis multipliez ensuite par<code> </code>15. Le lien est en anglais mais les images ne nécessitent pas de traduction&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<strong>La planche à billets américaine tourne donc à plein régime et nous continuons à valider le scénario d’un effondrement du dollar</strong> tel que nous l’avions annoncé dans le billet cité ci-dessus. À cet égard, il est particulièrement significatif de noter que, durant une année de crise grave où son existence a été remise en cause, l’euro n’ait perdu que 12 ou 13<code> </code>% de sa valeur face au dollar<code> </code>: cette relative stabilité souligne, selon nous, plus la faiblesse intrinsèque du dollar que celle de l’euro.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Cette possible «<code> </code>crise du dollar<code> </code>» pourrait se doubler d’une <strong>«<code> </code>crise chinoise<code> </code>» qui constitue notre troisième facteur-clé</strong><code> </code>: écarts de développement et de niveau de vie de plus en plus spectaculaires entre la Chine urbanisée et proche des côtes d’une part, la Chine paysanne «<code> </code>de l’intérieur<code> </code>» d’autre part, poussée des inégalités, corruption croissante… Tous ces phénomènes que nous avons analysés dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/4/" target="_blank">Quand la Chine tremblera</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/3/" target="_blank">Le Second Empire</a></em>, peuvent-ils déboucher sur des jacqueries de grande ampleur<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Pour le moment, le système «<code> </code>tient<code> </code>» en combinant trois paramètres<code> </code>: forte croissance économique liée aux exportations, répression de toute forme de contestation politique et culture d’un nationalisme revanchard anti-occidental.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet équilibre précaire est donc basé sur la fuite en avant et un rapport schizophrénique au monde occidental<code> </code></strong>: le mépris culturel vis-à-vis de l’Occident se mêle à la crainte de voir le consommateur <em>yankee</em> ou européen arrêter d’acheter les produits <em>made in China</em>. Si cette crainte se révèle fondée, comment canaliser alors le ressentiment de deux classes sociales, d’un côté les laissés-pour-compte, ceux qui triment pour un salaire de misère (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/" target="_blank">Mourir pour un iPhone</a></em>), de l’autre la classe moyenne qui s’est constituée à l’occasion du boom économique<code> </code>? Cette rancœur débouchera-t-elle sur des révoltes internes ou le pouvoir chinois choisira-t-il l’option de la guerre pour sauver sa tête et ses privilèges<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Un autre phénomène devrait s’accélérer en<code> </code>2012 et constitue notre <strong>quatrième facteur-clé</strong><code> </code>: prenant prétexte des plans de rigueur qu’ils ne manqueront pas de mettre en œuvre, <strong>les États vont continuer de se dépouiller de leurs attributs et missions</strong> – les plus «<code> </code>rentables<code> </code>» évidemment – <strong>au profit des TGE </strong>(très grandes entreprises). Celles-ci vont alors se trouver confrontées à des tendances contradictoires<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span><span style="color: black"> un afflux de ressources financières, parfois considérables, par exemple lorsque certains États vont leur transférer des pans entiers de la protection sociale (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050<code> </code>: l’odyssée du servage</a></em>)<code> </code>;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span><span> une forte augmentation de la complexité qu’elles auront à gérer, conséquence directe de ce déferlement de cash<code> </code>;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span><span> un pouvoir augmenté et une visibilité accrue. Certaines TGE vont être propulsées sur le devant de la scène et devoir affronter des problématiques de communication et de relations publiques assez inédites pour elles.</span></p>
<p>Nous analyserons ces évolutions dans un prochain billet. <strong>La transition vers un nouveau Moyen Âge que nous sommes en train de vivre pourrait en effet comporter plusieurs phases. C&#8217;est cette complexité que nous allons nous efforcer de décrypter</strong>, en soulignant déjà que <strong>les évolutions ne sont pas linéaires<code> </code>: les phénomènes d&#8217;accélération - décélération - rupture devraient se multiplier durant cette période de transition</strong>, brouillant d&#8217;autant la lecture des événements.<br />
<span>   </span><br />
En effet, notre système socio-économique déclinant ou en cours d&#8217;effondrement va générer des contre-courants qui rendront plus malaisée la détection d’une tendance de fond. Il nous faudra alors éviter de nous retrouver dans la situation bien connue, évoquée par le dicton chinois, «<code> </code>quand le sage montre la lune avec son doigt, l&#8217;idiot ne regarde pas la lune, il regarde le doigt du sage<code> </code>»<code> </code><sup>(1)</sup>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© 2012 <em>La Lettre du Lundi</em><br />
<span>   </span><br />
<sup>(1)</sup> 智者用手指指月亮，傻子不看月亮看智者的手指 (zhizhě yòng shǒuzhǐ zhǐ yuèliàng, shǎzi bù kàn yuèliàng kàn zhìzhě de shǒuzhǐ)<br />
<span>   </span><br />
<span style="font-size: 11pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'"><u>Billets de fin et début d’année</u> :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/" target="_blank">2009 : à l’heure du bilan</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/page/5/" target="_blank">2010 : le temps des perspectives</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/" target="_blank">2010 : à l’heure du bilan</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/4/" target="_blank">2011 : le temps des perspectives</a></em></span><em><br />
</em><span style="font-size: 11pt; line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'"><br />
<u>Sur le processus de « déconstruction » des États-nations :<br />
</u><em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/" target="_blank">Les illusions perdues</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/page/3/" target="_blank">Avec nos enfants, à bord du Titanic</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/08/" target="_blank">« Communication sécuritaire » et évolution du rôle de l’État</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre : Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050 : l’odyssée du servage</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/3/" target="_blank">Le Second Empire</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/" target="_blank">Le « mal américain »</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/page/4/" target="_blank">τραγῳδία… tragôidía… tragédie</a></em></span></p>
<p class="MsoNormal"><em><span> </span></em></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/122501" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>« Coup de gueule »</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2012/01/07/%c2%ab-coup-de-gueule-%c2%bb/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2012/01/07/%c2%ab-coup-de-gueule-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 13:39:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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Le texte ci-après n&#8217;est pas rédigé dans le ton habituel de La Lettre du Lundi. Il nous a été adressé par un lecteur et nous avons choisi de le publier « tel quel ».
Véritable « coup de gueule », il mêle indignation, cynisme, voire outrance dans un ton sans fard [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Le texte ci-après n&#8217;est pas rédigé dans le ton habituel de </span><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"></span></em>La Lettre du Lundi<em>.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> Il nous a été adressé par un lecteur et nous avons choisi de le publier «<code> </code>tel quel<code> </code>».<br />
Véritable «<code> </code>coup de gueule<code> </code>», il mêle indignation, cynisme, voire outrance dans un ton sans fard et «<code> </code>politiquement incorrect<code> </code>». C&#8217;est ce qui fait, à notre sens, toute sa force et son intérêt. À vous de juger.</span></em></p>
<p class="MsoNormal"><em><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'" align="center" lang="EN-GB"><span style="font-size: 11pt"><br />
<span>   </span><br />
<strong>Suite à nos échanges sur le thème du pessimisme, j&#8217;ai retrouvé dans mon ordinateur un texte de septembre<code> </code>2007 que j&#8217;avais écrit pour moi tout seul, ou plutôt pour mes contemporains mais sans aucun projet de publication, ce qui revient au même. C&#8217;est pourquoi il se termine de façon abrupte, mais il ne me semble pas pertinent de le modifier quatre ans plus tard.<br />
<span>   </span><br />
Vincent Trédec</strong></span></span></em><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal">Je voudrais faire partager ma vision du monde, où tout est inter-relié<code> </code>: l’idéologie néo-libérale qui n’est qu’un totalitarisme capitalistique déguisé en théorie économique<code> </code>; les statistiques de la délinquance et de la drogue<code> </code>; certaines pratiques de cette délinquance (l’enlèvement contre rançon, la vente d’enfants entiers ou par morceaux)<code> </code>; les intégrismes religieux et leur inévitable corollaire, le terrorisme<code> </code>; la déconnexion de la sexualité et de la reproduction<code> </code>; la culture, je préférerais dire la <em>cultivation</em> systématique d’un individualisme déglingué (écoles pour devenir célèbre et autres télé-réalités)<code> </code>; le garrotage non moins systématique des comportements de citoyenneté, avec la réduction de la démocratie au suffrage universel (mais pas question de séparer les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire<code> </code>; pas question d’une vraie liberté de la presse<code> </code>; pas question que l’institution judiciaire ait les moyens de faire respecter la Justice…). Je terminerai provisoirement cette liste avec le refus des pays développés de réduire assez vite leurs pratiques polluantes et destructrices de la biosphère.<br />
<span>   </span><br />
Pour moi tous ces phénomènes sont reliés les uns aux autres d’une façon si évidente que je reste pantois que tout le monde ne le voie pas<code> </code>: comment font-ils pour ne pas le voir<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
C’est aussi que, pour moi, tous les liens entre ces phénomènes aboutissent au même carrefour, et que ce point d’origine c’est… la prolifération de l’espèce humaine.<br />
<span>   </span><br />
J’ai tout dit en disant cela, mais je suis constamment sidéré par l’aveuglement de mes contemporains sur cette prolifération et ses conséquences. Je finis par croire qu’ils ne veulent pas le voir parce que ça les contraindrait à voir que l’idéologie néo-libérale a intégré cette prolifération dans ses fondements cachés et se développe sur l’hypothèse implicite que la moitié au moins des humains doivent crever puisque inutiles.<br />
<span>   </span><br />
Vous me croyez fou<code> </code>? N’avez-vous pas lu que les théoriciens du totalitarisme libéral croient que les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont nuls<code> </code>? Que n’importe qui peut (a le droit de) devenir riche et que donc ceux qui restent pauvres l’ont bien cherché. Que les riches sont riches parce qu’ils sont intrinsèquement supérieurs aux pauvres (sur toutes sortes de critères). Que ces supériorités étant héréditaires, il est normal que les hommes nés dans la richesse restent riches tandis que peu d’hommes nés parmi les pauvres ont les qualités pour devenir riches. Que l’État-Providence et toutes les protections sociales ont le tort de contrarier la nature et d’empêcher le jeu harmonieux de la <em>sélection naturelle</em>…<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Oh<code> </code>! Pardon<code> </code>! Jusqu’ici je n’avais écrit que des choses déjà écrites par des théoriciens de la prétendue <em>science économique</em>, mais avec les mots <em>sélection naturelle</em>, je déborde<code> </code>: en général ils évitent ces gros mots. Ils évitent de dire que leur vision de l’inégalité des hommes conduit logiquement à l’élimination des pauvres, de tous les pauvres, fussent-ils des milliards.<br />
<span>   </span><br />
J’entends votre objection<code> </code>: c’est stupide, dites-vous, ils ont besoin de consommateurs. Bien sûr<code> </code>! Mais dans combien de temps<code> </code>? Asseyez-vous sur la lune et regardez la terre<code> </code>: c’est plein de pauvres en Amérique et plein de pauvres en Asie. Plein de pauvres aussi en Afrique. Mettez-vous à la place des penseurs du totalitarisme libéral… ou plutôt, permettez-moi de dire tout haut ce que je crois qu’ils pensent tout bas.<br />
<span>   </span><br />
<em>«<code> </code>Les Africains<code> </code>: ce sont des primitifs, leur état de civilisation les rend incapables de s’adapter à la nôtre. Même comme consommateurs, on n’a rien à attendre d’eux. Laissons faire le sida, les guerres civiles et les sécheresses, l’Afrique va se vider et on pourra s’y installer de façon utile.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Les sud-américains<code> </code>: d’origine chrétienne, ils font partie de nous. L’économie fera son travail d’élimination des plus faibles, et laissera une population réduite de vrais consommateurs.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Les Asiatiques<code> </code>: la plupart d’entre eux, civilisés par le taoïsme et le bouddhisme, puis par l’islam, sont bons à mettre au travail. Dans un premier temps ils feront des produits qui seront consommés chez nous, en Occident, puis, à mesure que se développera chez eux une classe moyenne, ils deviendront eux aussi consommateurs. Il reste ça et là quelques peuplades archaïques qui occupent inutilement des forêts très utiles, elles disparaîtront tout naturellement.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Restent les nord-américains et les Européens. En Amérique du nord, on est encombrés par les noirs. Heureusement, ils sont nuls, donc pauvres<code> </code>; et, rien qu’en cessant de les maintenir artificiellement par des stupides lois sociales, on résoudra déjà en grande partie le problème. Et puis la recherche génétique, si généreusement financée par la charité publique émotionnellement sollicitée (téléthon), finira bien par nous trouver un truc qui s’accroche au gène de la négritude et stérilise les gonades…<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Pour les Européens, c’est plus compliqué. Les nouveaux Européens, ceux des pays pauvres de l’Est, peuvent être comparés aux Asiatiques<code> </code>: en travaillant, en produisant des produits consommés dans les pays riches, ils peuvent s’enrichir suffisamment pour devenir à leur tour consommateurs. Mais les anciens Européens posent problème.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Les habitants des pays qui ont créé la civilisation occidentale ont été pervertis par les Lumières et le marxisme, qui les ont amenés à l’État-Providence. Ils ont pris l’habitude de vivre aux crochets de la collectivité et trouvent normal d’être payés à ne rien faire. On peut espérer que ceux qui sortent actuellement de l‘école seront récupérables, mais ceux qui sont nés il y a trente ou quarante ans ne le sont pas. Et il n’est pas sûr qu’on puisse se contenter d’attendre leur disparition.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>De ce point de vue, les progrès de la médecine sont extrêmement dangereux s’ils doivent être appliqués à tout le monde. Une société ne peut pas rester dynamique avec un énorme pourcentage de vieillards en bonne santé. La médecine, comme le travail, l’éducation et tout ce que les vieux Européens appellent <em>services publics</em>, doivent être mis sur le marché. C’est le seul moyen de ne pas maintenir artificiellement en vie des gens inutiles et coûteux.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Si l’accès à l’éducation, l’accès au logement, l’accès à la médecine, l’accès au travail, relèvent du marché, et si on supprime cette détestable habitude de payer les gens à ne rien faire, alors la population s’assainira d’elle-même par l’élimination naturelle des plus inaptes.<code> </code>»</em><br />
<span>   </span><br />
En somme, le refus de mes contemporains de se poser clairement le problème de la prolifération de l’espèce, conduit à laisser-faire le totalitarisme libéral. Il s’en occupe activement et les solutions qu’il met en œuvre seront efficaces.<br />
<span>   </span><br />
Évidemment, ils ne le crient pas sur les toits<code> </code>! Ils ne tiennent pas à réveiller le chat qui dort<code> </code>! Au contraire, on a de grandes organisations dont tout le travail est de le maintenir endormi<code> </code>: les télés d’abord, mais aussi les partis politiques dont c’est devenu la fonction principale, «<code> </code>à l’insu de leur plein gré<code> </code>». C’est ainsi que, depuis la chute du mur de Berlin, partis de droite et partis de gauche font la même politique et qu’ils sont tous aujourd’hui pour le OUI à une Constitution européenne qui vise à rendre le totalitarisme libéral obligatoire.<br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"><em><strong><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'" align="center" lang="EN-GB"><span style="font-size: 11pt"><br />
<span>   </span><br />
Ainsi se terminait ce «<code> </code>coup de gueule<code> </code>» de 2007.  Aujourd’hui, j’aimerais juste revenir sur cette idée folle que les «<code> </code>lois<code> </code>» de l’économie seraient des lois «<code> </code>naturelles<code> </code>»…</span></span></strong></em></p>
<p class="MsoNormal">Ils se sont donné beaucoup de mal pour donner à leur économie un statut de science<code> </code>: des chaires universitaires, des bibliothèques et même un ersatz de prix Nobel. En y introduisant de la mathématique, ils ont même essayé de la faire passer pour une science <em>dure</em>, une science de la nature. Et tous ceux que ça arrangeait y ont cru. En effet, si l’économie est une affaire «<code> </code>naturelle<code> </code>», alors les rapports de force y sont inévitables et les lois de la sélection naturelle doivent s’y appliquer<a href="#_ftn1" title="_ftnref1" name="_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="EN-GB"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 11pt; font-family: 'Arial','sans-serif'" lang="EN-GB">[1]</span></span></span></span></span></a>. Comme disait la bien nommée Dame de Fer<code> </code>: TINA<code> </code>! <em>There Is No Alternative</em>.<br />
<span>   </span><br />
Or c’est tout à fait stupide<code> </code>: il n’y a pas d’économie dans la nature, il n’y a d’économie que parmi les hommes et le propre de cette espèce est d’être capable de surmonter, dépasser, détourner les lois naturelles. Toutes les lois «<code> </code>naturelles<code> </code>» mises en évidence par les sciences «<code> </code>dures<code> </code>» régissent <strong>des rapports de forces</strong>. Du noyau de l’atome au métabolisme des êtres vivants, tous les phénomènes naturels mettent en présence <strong>des forces</strong> qui interagissent et produisent les transformations de la réalité. Toutes les espèces animales sont plongées dans cet univers de forces et y luttent pour leur survie. L’espèce humaine aussi, mais…<br />
<span>   </span><br />
MAIS… l’espèce humaine est capable d’empêcher les forces naturelles de s’exercer. Empêcher un objet de tomber. Empêcher la pourriture de détruire la nourriture. Empêcher un fort d’abuser d’un faible. Garder en vie un vieillard en le nourrissant alors qu&#8217;il a cessé d’être utile. Prétendre que l’espèce humaine doit rester totalement soumise aux rapports de forces, c’est nier sa spécificité et la ramener vers son animalité.<br />
<span>   </span><br />
C’est la position des puissants de notre monde, qui ont banni toute éthique et nient l’humanité de l’homme. Même si, de toute évidence, l’humanité d’aujourd’hui n’est pas capable de s’organiser pour cesser de proliférer, cesser de polluer et détruire la biosphère, l’Homme en tant qu’espèce en est capable. Et le prouvera après que des catastrophes majeures l’auront presque fait disparaître.<br />
<span>   </span><br />
S’il en est ainsi, direz-vous, les puissants n’ont-ils pas raison d’activer une sélection des «<code> </code>plus aptes<code> </code>» et la disparition des faibles<code> </code>? Peut-être… Peut-être est-ce inévitable… Mais alors qu’ils assument et soient cyniques. Qu’ils cessent de se dissimuler derrière des «<code> </code>lois économiques<code> </code>», de dire «<code> </code>on n’y peut rien, c’est la loi naturelle, les pauvres le sont parce qu’ils sont nuls et les riches le sont parce qu’ils sont supérieurs. Il faut laisser faire la nature<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Qu’ils disent la vérité<code> </code>: «<code> </code>nous sommes les plus forts, vous êtes trop nombreux, on va vous faire crever pour faire de la place. Après, entre nous, on s’organisera.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Et qu’ils cessent de se prendre pour de bons chrétiens.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Vincent Trédec<br />
© Vincent Trédec pour <em>La Lettre du Lundi</em><br />
<span>   </span></p>
<p id="ftn1">&nbsp;</p>
<p class="MsoFootnoteText"><a href="#_ftnref1" title="_ftn1" name="_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">[1]</span></span></span></span></span></a><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> La seule définition de l’économie comme discipline universitaire<span>  </span>serait celle-ci : étude des diverses manières qu’ont inventées les hommes dans l’espace et le temps pour produire et échanger des biens et services. Les rapports de forces ne sont évidemment pas absents de ces activités, mais ils n’en sont pas les seuls facteurs.<span>  </span></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Après le capitalisme : la primauté de l&#8217;Homme</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/30/apres-le-capitalisme-la-primaute-de-lhomme/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 22:38:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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« Les dieux n’étant plus et le Christ n’étant pas encore,
il y a eu, de Cicéron à Marc-Aurèle,
un moment unique où l’homme seul a été »

Gustave Flaubert
Lettre à Edma Roger des Genettes
« De Cicéron à Marc-Aurèle » : 250 ans environ, correspondant à « l’âge d’or » de l’Empire romain. L’étude de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right">&nbsp;</p>
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<p align="left"> <span>   </span><br />
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<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><strong><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"><br />
</span></strong><strong><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">« </span></strong><span class="citation"><em><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Les dieux n’étant plus et le Christ n’étant pas encore,<br />
il y a eu, de Cicéron à Marc-Aurèle,<br />
un moment unique où l’homme seul a été</span></em></span><span class="citation"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> »<br />
</span></span><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"><br />
Gustave Flaubert<br />
<em>Lettre à Edma Roger des Genettes</em></span></p>
<p class="MsoNormal">«<code> </code>De Cicéron à Marc-Aurèle<code> </code>»<code> </code>: 250<code> </code>ans environ, correspondant à «<code> </code>l’âge d’or<code> </code>» de l’Empire romain. L’étude de la littérature et de la philosophie étaient alors à leur apogée et ces disciplines influençaient nettement (notamment sous Hadrien, Antonin, Marc-Aurèle) la politique impériale et la façon d’exercer le pouvoir. Aller à Athènes pour y étudier la philosophe et les arts était alors le <em>nec plus ultra</em>, l’équivalent contemporain d’un cursus à Harvard pour l’<em>upper class</em> américaine.<br />
<span>   </span><br />
L’ambition alors caressée par une partie de l’<em>intelligentsia</em> – un monde où le droit, la littérature, la philosophie et les arts constitueraient l’épine dorsale de la civilisation – ne durera guère<code> </code>: <strong>la «<code> </code>primauté de l’Homme<code> </code>»</strong>, pour reprendre en partie les termes de Flaubert, restera embryonnaire et <strong>cèdera bien vite le pas à la «<code> </code>primauté de la force<code> </code>» et à la «<code> </code>primauté de la religion<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Que subsiste-t-il aujourd’hui de cette «<code> </code>primauté de l’Homme<code> </code>»<code> </code>? Aurions-nous déjà vécu un «<code> </code>âge d’or<code> </code>» moderne, trop fugacement peut-être pour en avoir perçu pleinement l’existence<code> </code>? À l’inverse, cette primauté est-elle encore en gestation<code> </code>? Cette primauté de l’Homme pourrait-elle constituer un contrepoids sérieux aux primautés de la force et de la religion qui s’annoncent<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’âge d’or<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Il est particulièrement difficile de juger et d’analyser avec recul et détachement la période de l’histoire dont on est contemporain. Le jugement est sans cesse brouillé par des détails, des épiphénomènes, des préjugés ou des <em>a priori</em> qui, deux siècles plus tard, ne sont plus que des broutilles.<br />
<span>   </span><br />
Un monde où l’Homme prévaudrait est, paradoxalement, à la fois celui du possible et de l’utopie. Un monde où il serait possible de tout (ré)imaginer, de tout (ré)inventer, de tout (re)penser, où la politique se soucierait de bonheur collectif et d’harmonie universelle.<br />
<span>   </span><br />
Aborder aujourd’hui un tel sujet, en de tels termes, semble, à la quasi-totalité de nos contemporains, ridicule, déplacé et inutile. <strong>Il est aujourd’hui socialement indécent d’aborder le sujet du bonheur de l’Homme.</strong> Alors qu’il est de bon ton de détailler et de commenter les pratiques sexuelles d’un DSK, <strong>traiter de questions «<code> </code>philosophiques<code> </code>» ou portant sur le sens de l’existence ne suscite que gêne et silences pesants</strong>, témoignant du déplacement de la notion d’«<code> </code>obscénité<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Le plus souvent, pour éviter de «<code> </code>creuser<code> </code>» de telles questions, on se défausse soit sur la religion (on dispose ainsi d’une solution déjà «<code> </code>packagée<code> </code>»), soit sur un «<code> </code>nécessaire retour aux réalités<code> </code>». Celles-ci ont pour nom chômage, dette, insécurité, crise… bref le prêchi-prêcha habituel que nous présente sur un plateau un système socio-économique basé sur la primauté de l’argent.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le contraste est totalement saisissant avec la situation qui prévalait il y a une quarantaine d’années, pendant et peu après mai<code> </code>68.</strong> Le «<code> </code>tout économique<code> </code>» – la primauté de l’argent – n’était alors pas encore une obsession estudiantine et, plus globalement, sociétale. Derrière les utopies anarchistes, marxistes ou maoïstes, il existait – quelque maladroite et désordonnée qu’elle fût – la volonté de construire un monde meilleur, totalement affranchi des cadres existants. La France gaulliste était alors considérée comme une société d’Ancien Régime qu’il fallait révolutionner.<br />
<span>   </span><br />
Il ne s’agit pas d’enjoliver à l’excès cette période qui eut à la fois son lot de formules stupides et outrancières («<code> </code>CRS SS<code> </code>»), déconcertantes («<code> </code>il est interdit d’interdire<code> </code>») ou véritablement révolutionnaires («<code> </code>sous les pavés, la plage<code> </code>») mais de s’interroger sur ce que fut cette période, sur les raisons profondes qui poussèrent une génération à adopter comme slogan «<code> </code>soyons réalistes, demandons l’impossible<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On a coutume de dire qu’une des particularités des étudiants de mai<code> </code>68 était d’avoir un livre dans la poche. <strong>Point n’était en effet besoin de se référer à la «<code> </code>pensée Máo Zédōng<code> </code>» pour vouloir changer le monde. Il suffisait</strong>, par exemple, <strong>d’avoir lu Flaubert</strong>, cité en tête de ce billet. Pardonnez-nous quelques citations un peu longues de cet auteur, tirées de sa correspondance, mais elles éclairent les développements qui suivront<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● «<code> </code><em>J&#8217;ai demain à déjeuner un jeune homme que Bouilhet m&#8217;a amené dimanche. Je l&#8217;avais connu enfant, lorsqu&#8217;il avait sept à dix ans. Son père, magistrat inepte, en faisait un perroquet et le poussait aux bonnes études. Mais malgré tous ses soins, il n&#8217;est point devenu crétin (ce qui désole le père) et il a pris en goût sérieux la littérature. Il est hugotique, rouge, etc. De là désolation de la famille, blâme de tous les concitoyens, mépris du bourgeois</em><code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● ou encore «<code> </code><em>Soyons féroces, au contraire<code> </code>! Versons de l&#8217;eau-de-vie sur ce siècle d&#8217;eau sucrée. Noyons le bourgeois dans un grog à mille degrés et que la gueule lui en brûle, qu&#8217;il en rugisse de douleur<code> </code>! C&#8217;est peut-être un moyen de l&#8217;émoustiller<code> </code>? On ne gagne rien à faire des concessions, à s&#8217;émonder, à se dulcifier, à vouloir plaire en un mot</em><code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● avant de conclure «<code> </code><em>Où se tourner pour trouver quelque chose de propre<code> </code>? De quelque côté qu&#8217;on pose les pieds on marche sur la merde. Nous allons encore descendre longtemps dans cette latrine. On deviendra si bête d&#8217;ici à quelques années que, dans vingt ans, je suppose, les bourgeois du temps de Louis-Philippe sembleront élégants et talons rouges.</em><code> </code>»</p>
<p>Flaubert était souvent déchaîné dans ses lettres, surtout si on replace ses propos dans le contexte du Second Empire. En comparaison, Arlette Laguiller, l’ex-égérie de Lutte ouvrière, c’est Mamie Nova<code> </code>! De plus, ce qu’écrit Flaubert, on pourrait le retrouver, sous des formulations diverses comportant plus ou moins de sous-entendus, chez nombre d’auteurs du répertoire dit «<code> </code>classique<code> </code>». <strong>La littérature et la philosophie sont à la fois de véritables «<code> </code>bombes<code> </code>» pour remettre en question l’ordre établi et une fantastique «<code> </code>boîte à outils<code> </code>» pour imaginer et construire le présent et le futur.</strong><br />
<span>   </span><br />
Lors de la Révolution française, les références des révolutionnaires aux auteurs antiques étaient d’ailleurs constantes et servaient de fondement à leur argumentation. Cette vision de l’Antiquité était parfois idéalisée mais n’en servait pas moins de dénominateur commun, de référence partagée par tous les protagonistes, qu’ils soient royalistes ou révolutionnaires.<br />
<span>  </span><br />
<strong>On comprend mieux pourquoi, depuis les années<code> </code>1970, les ministres successifs de l’Éducation nationale, à de rares exceptions près, ont tout fait pour «<code> </code>flinguer les lettres<code> </code>»</strong><code> </code>: leur étude est trop subversive, trop peu conforme aux canons d’une société tournée vers l’utilitaire et la primauté de l’argent (pour une analyse du système éducatif français, voir le billet de Jean-Pierre Brighelli, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état mais fort potentiel</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Sarkozy symbolise parfaitement cette tendance<code> </code>: inculte, totalement dénué de convictions profondes, terre-à-terre et court-termiste, sa détestation de la culture, de mai<code> </code>68 et de tout ce que cette période a représenté, est particulièrement révélatrice de sa nature profonde. Lorsque candidat, il déclarait «<code> </code>Je veux tourner la page de mai<code> </code>68<code> </code>», l’accusant d’avoir généré «<code> </code>l&#8217;assistanat, l&#8217;égalitarisme, le nivellement, les 35<code> </code>heures<code> </code>», <strong>c’est aussi et surtout la page</strong> d’une réflexion sur ce que doit être la société politique – et <strong>de la réflexion tout court</strong> – <strong>qu’il entendait tourner</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet «<code> </code>âge d’or moderne<code> </code>» où</strong> , pour paraphraser Flaubert, <strong>le Christ n’était plus et l’argent n’était pas encore, nous l’avons donc peut-être déjà vécu, entre 1968 et 1980 ou 1985</strong>, quand la prospérité économique coexistait avec la liberté de penser, ou plutôt la possibilité de penser.<br />
<span>   </span><br />
Nulle censure dans ce domaine en effet. D’Aristote à Zola, tous les ouvrages de ces auteurs sont en vente libre et aucun ne circule sous le manteau. La réalité est plus terre-à-terre<code> </code>: quand, à 18 ou 20<code> </code>ans, pour de multiples raisons que nous ne détaillerons pas ici, on songe avant tout à acquérir le dernier iChose et à «<code> </code>se caser dans un job peinard<code> </code>» plutôt que de «<code> </code>refaire le monde<code> </code>» en s’inspirant – fut-ce maladroitement – d’écrits d’auteurs que l’on maîtrise à peu près, le pouvoir politique en place – quel qu’il soit – peut dormir tranquille. <strong>C’est le «<code> </code>triomphe du bourgeois<code> </code>»</strong>, comme l’eut dit Flaubert<code> </code>: la primauté de l’argent, de la force ou de la religion l’ont définitivement emporté sur la primauté de l’Homme.<br />
<span>   </span><br />
Alors, cette primauté de l’Homme, c’est foutu<code> </code>? À court terme, très probablement si l’on observe les grandes tendances de l’évolution «<code> </code>culturelle<code> </code>» depuis 20 ou 30<code> </code>ans<code> </code>: recul croissant et régulier de la lecture, passage d’une société de l’écrit à une société de l’image (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/03/page/2/" target="_blank">Le monde des images – 1</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/03/" target="_blank">Le monde des images – 2</a></em>), naissance d’«<code> </code>individus-crêpes<code> </code>» (<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/page/2/" target="_blank">Welcome to the Machine</a></em>), montée de l’irrationnel… on pourrait allonger la liste <em>ad nauseam</em>.<br />
<span>   </span><br />
À moyen et long terme, il peut évidemment en être autrement. Sans remonter aux auteurs antiques, <strong>les locuteurs de langue française disposent</strong>, à travers les auteurs du XV<sup>e</sup> au XX<sup>e</sup><code> </code>siècle, <strong>d’un «<code> </code>arsenal<code> </code>» impressionnant sur lequel bâtir une réflexion plus que solide</strong>. Plus déchristianisée que la plupart des autres zones géographiques (voir le <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/24/apres-le-capitalisme-2/" target="_blank">billet précédent</a>), donc <em>a priori</em> moins encline que d’autres nations à verser dans une religiosité exacerbée qui stériliserait toute pensée humaniste, la France possède de surcroît un fonds culturel remarquable pour «<code> </code>penser l’Homme<code> </code>», ainsi qu’une tradition de soutien aux lettres et aux arts.<br />
<span>   </span><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xncbki" hspace="10" vspace="10" frameborder="0" height="240" width="320" align="right"></iframe></p>
<p align="left"> On trouve un des plus beaux hommages à cette richesse littéraire dans le roman de Vercors, <em>Le silence de la mer</em>, adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville dès<code> </code>1947, dont nous reproduisons un extrait ci-contre.</p>
<p> <span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le tryptique</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous allons donc, sans doute plus rapidement que nous ne l’imaginons, nous retrouver dans un monde où primauté de la force, primauté de la religion et primauté de l’Homme constitueront les principales forces en présence. <strong>Dans ce tryptique, la primauté de l’Homme ne devrait avoir qu’une part résiduelle</strong>, un peu comme l’alouette dans le pâté du même nom.<br />
<span>   </span><br />
Voilà pour l’analyse. Si on la quitte pour entrer dans le champ de l’action et des préférences personnelles, chacun peut alors s’interroger pour savoir s’il souhaite peser en faveur de tel ou tel élément du triptyque.<br />
<span>   </span><br />
Je n’ai jamais fait mystère de mes préférences, notamment dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a></em>, puis dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/2/" target="_blank">Quatre priorités pour 2012</a></em>, en faisant de l’éducation et de la diffusion de la culture la priorité n°<code> </code>1 pour la France. Je le répète donc une fois de plus<code> </code>: <strong>ce qui, à mes yeux, doit être sauvé, préservé, sanctuarisé dans ce nouveau Moyen Âge qui s’annonce, ce sont l’éducation et la culture, prioritairement la culture littéraire et philosophique</strong> car elle constitue la base de notre civilisation, le ferment de cette primauté de l’Homme évoquée plus haut.<br />
<span>   </span><br />
J’avoue m’interroger sur ce que pourraient être les «<code> </code>monastères<code> </code>» de ce nouveau Moyen Âge, chargés de transmettre, préserver et, peut-être, enrichir cette culture à transmettre aux générations futures. Je n’apporte pas de réponse à cette interrogation. Des initiatives comme celle de Michel Onfray à travers l’Université populaire de Caen, visant à populariser la philosophie, vont évidemment dans le bon sens. Il y en a d’autres… toute action dont l’objectif est de promouvoir la connaissance et la réflexion est bonne à prendre, tant qu’elle n’est pas téléguidée ou manipulée par des ambitions partisanes ou sectaires.<br />
<span>   </span><br />
Vouloir faire ré-émerger la primauté de l’Homme est et sera un sacerdoce. Mais en définitive, comme l’écrit Marguerite Yourcenar dans <em>Feux, </em>«<code> </code>la seule horreur, c’est de ne pas servir<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/118595" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Après le capitalisme : la primauté de la religion</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/24/apres-le-capitalisme-2/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/12/24/apres-le-capitalisme-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Dec 2011 18:50:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Dans les deux précédents billets (voir De la nature intime du capitalisme et Après le capitalisme : la primauté de la force), nous nous sommes efforcés de répondre aux questions suivantes :
● un « capitalisme à visage humain » est-il possible ? Réponse : probablement pas, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que [...]]]></description>
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<p>Dans les deux précédents billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/" target="_blank"><em>De la nature intime du capitalisme</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/17/apres-le-capitalisme-1/" target="_blank"><em>Après le capitalisme<code> </code>: la primauté de la force</em></a>), nous nous sommes efforcés de répondre aux questions suivantes<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» est-il possible<code> </code>? Réponse<code> </code>: probablement pas, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que supposerait une telle évolution<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● dans ce cas, quelles options pour «<code> </code>l&#8217;après-capitalisme<code> </code>»<code> </code>? Sur quoi cette évolution peut-elle déboucher<code> </code>? Parmi les scénarios possibles, nous avons analysé celui de la «<code> </code>primauté de la force<code> </code>», laquelle se substituerait à la «<code> </code>primauté de l&#8217;argent<code> </code>».</p>
<p>Pour une remise en perspective des développements qui vont suivre, nous vous proposons de relire ces deux billets ainsi que leurs commentaires avant de démarrer la lecture de celui-ci. Un autre point mérite une précision<code> </code>: plusieurs lecteurs nous ont fait part de leur déception à la lecture de ces billets, sur le thème «<code> </code>N&#8217;avez-vous rien de mieux à nous proposer comme alternative au capitalisme<code> </code>?<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Soulignons donc que l&#8217;objectif de cette série de billets (les deux précédents, celui-ci et le suivant) n&#8217;est ni de proposer une recette-miracle, ni d&#8217;exposer un point de vue personnel, mais d&#8217;<strong>anticiper raisonnablement, à partir d&#8217;éléments existants, le chemin qui se dessine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette démarche suppose<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● de faire abstraction, autant que faire se peut, de ses préférences personnelles pour privilégier une analyse aussi «<code> </code>froide<code> </code>» et «<code> </code>distanciée<code> </code>» que possible des événements. Dans le cas contraire, on prend ses désirs pour des réalités<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● de ne pas tomber dans le piège du «<code> </code>si on veut, on peut<code> </code>». Il mène à surestimer ses capacités - ou celles que l&#8217;on prête à ses contemporains - au détriment de l&#8217;analyse. On risque alors fort de tomber dans le <em>wishful thinking</em>, «<code> </code>ça va arriver parce que j&#8217;ai envie que ça arrive<code> </code>» ou dans le plaidoyer militant<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● d&#8217;éviter que l&#8217;arbre ne cache la forêt. C&#8217;est le plus délicat car, comment savoir si un événement n&#8217;est qu&#8217;un épiphénomène ou l&#8217;élément précurseur d&#8217;une tendance de fond<code> </code>? La réponse pourrait être<code> </code>: «<code> </code>si d&#8217;autres éléments du même type se multiplient, c&#8217;est probablement une tendance de fond.<code> </code>» Attention cependant d&#8217;une part à ne pas confondre les derniers soubresauts d&#8217;un système qui s&#8217;effondre avec les premiers signes de vie d&#8217;un système qui naît, d&#8217;autre part à ne pas attendre que l&#8217;évidence saute aux yeux pour crier «<code> </code>Euréka<code> </code>». Dans ce cas, le journal télévisé de TF1 est amplement suffisant<code> </code>!</p>
<p>Nous nous efforçons donc de suivre ces règles lors de la rédaction des articles d&#8217;analyse, que nous essayons de différencier nettement des billets où nous avançons des idées ou propositions, par exemple dans les séries <em>De la réforme constitutionnelle</em> (avril<code> </code>2010) ou <em>Quatre priorités pour 2012</em> (juin-juillet<code> </code>2011).<br />
<span>   </span><br />
Ces précisions de méthode apportées, reprenons le cours de notre sujet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Scénario n°<code> </code>2<code> </code>: primauté de la religion<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Plus qu&#8217;aucun autre <em>homo</em>, <strong><em>homo economicus</em> a été - et est encore - un individu a-religieux</strong>. Le «<code> </code>tout-économique<code> </code>» a «<code> </code>aspiré<code> </code>» la majorité des autres valeurs sociétales, que l&#8217;on aborde la question sous l&#8217;angle «<code> </code>libéralo-capitaliste<code> </code>» ou marxiste.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait objecter qu&#8217;il n&#8217;en est rien, que le retour du religieux s&#8217;affirme un peu plus chaque jour, etc. Nous y reviendrons un peu plus loin. Il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;<strong>au fur et à mesure de l’évolution de la civilisation dite occidentale, la place centrale qu&#8217;occupait le religieux</strong> (par exemple sous l&#8217;Ancien Régime) <strong>- la primauté du religieux - a totalement cédé le pas à l&#8217;économique - la primauté de l&#8217;argent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Il y a quatre ou cinq siècles, l&#8217;athéisme était totalement inimaginable, au sens étymologique du terme, et regardé comme une abomination qui menait droit au bûcher<code> </code>; la société occidentale était alors fracturée très nettement entre catholiques et protestants.<br />
<span>   </span><br />
Il y a deux siècles, en France, la consécration du pouvoir politique par l&#8217;Église, sous la forme du sacre, était encore considérée comme indispensable aux yeux de la quasi-totalité des Français.<br />
<span>   </span><br />
Plus près de nous, <strong>il y a un siècle</strong>, le débat plus que vif et passionné qui eut lieu lors de la séparation de l&#8217;Église et de l&#8217;État montre bien qu’<strong>un clivage de nature religieuse structurait encore nettement la société française</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ce clivage est aujourd&#8217;hui résiduel</strong>. Depuis la «<code> </code>mort<code> </code>» du marxisme liée à la disparition de l&#8217;URSS et l&#8217;avènement concomitant d&#8217;<em>homo economicus</em>, gavé de crédits à la consommation et grand amateur de «<code> </code>technologies jetables<code> </code>» (la durée de vie moyenne d’un micro-ordinateur ou d’un téléphone portable est inférieure à 18<code> </code>mois), la donne a complètement changé.<br />
<span>   </span><br />
Pour caricaturer et forcer le trait, la religion d’<em>homo economicus</em>, c’est l’<em>Apple believing</em> où, lorsqu&#8217;il était encore de ce monde, Steve Jobs – le Christ de la Silicon Valley – multipliait les «<code> </code>miracles<code> </code>» technologiques (iPod, iPad, iChose…) comme Jésus les pains et les poissons au bord du lac de Tibériade. Ses <em>believers</em> passent la nuit en semi-transe devant l’église (pardon, l’<em>Apple store</em>) pour pouvoir acheter, dès potron minet, le dernier iTruc, et démontrer ainsi la constance de leur foi…<br />
<span>   </span><br />
Quand cet excès de marchandisation, notamment virtuelle, va entraîner l&#8217;explosion du système socio-économique existant, s&#8217;accompagnant d&#8217;un chaos engendré par la primauté de la force, <strong>les individus «<code> </code>atomisés<code> </code>» et «<code> </code>liquéfiés<code> </code>»</strong> lors de la phase ultime du capitalisme (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/3/" target="_blank"><em>Rêve de HAL</em></a>) <strong>vont chercher</strong>, dans l&#8217;urgence, à se regrouper, <strong>à se fédérer autour de valeurs communes</strong>. La religion - <strong>les religions</strong> – <strong>vont alors constituer un réceptacle idéal pour répondre à ce besoin</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi<code> </code>? Parce qu&#8217;<strong>elles proposent</strong> (<em>grosso modo</em>, notre objectif n&#8217;est pas de caricaturer mais de souligner de grandes tendances) <strong>une solution «<code> </code>clés en mains<code> </code>»</strong>, à la fois spirituelle et matérielle.<br />
<span>   </span><br />
Sur le plan spirituel, elles vont disposer d&#8217;un argument-choc<code> </code>: «<code> </code>C&#8217;est parce que l&#8217;homme a oublié Dieu et s&#8217;est trop attaché aux valeurs matérielles que tous ces malheurs sont arrivés.<code> </code>» Sur le plan matériel, les différentes religions disposent de structures et d&#8217;une hiérarchie, plus ou moins formelle selon les cas, d&#8217;un système d&#8217;entraide entre fidèles qui permet, si l&#8217;on intègre la «<code> </code>communauté<code> </code>», de bénéficier d&#8217;une protection plus ou moins élaborée contre les dangers du monde extérieur.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Les prémices de cette évolution vers la primauté du religieux sont déjà visibles</strong> dans la plupart des zones géographiques<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>dans le monde anglo-saxon</strong>, États-Unis notamment, la <strong>chrétienté intégriste</strong>, du type <em>Born again</em>, est en plein essor depuis plusieurs années. Elle s’est d’ailleurs étendue en <strong>Amérique du sud</strong> et en <strong>Afrique</strong>, principalement dans la zone équatoriale, où elle gagne des «<code> </code>parts de marché<code> </code>» sur le catholicisme «<code> </code>classique<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>dans le monde musulman, la «<code> </code>poussée islamique<code> </code>»</strong>, qu’elle soit «<code> </code>radicale<code> </code>» ou «<code> </code>modérée<code> </code>», <strong>se confirme tant dans la rue que dans les urnes</strong>. Face à des pouvoirs civils perçus comme corrompus et/ou pro-occidentaux, l’islam apparaît comme une solution privilégiée, le «<code> </code>socialisme arabe<code> </code>» ayant été relégué aux oubliettes.</p>
<p><span>   </span><br />
Dans cette approche, notre but n’est pas de dénoncer ou de critiquer un quelconque extrémisme religieux. Il est de souligner que, <strong>pressentant un écroulement prochain et quasi-inéluctable du «<code> </code>matériel<code> </code>», les hommes vont se retourner vers, ou retournent déjà au spirituel, quelle que soit sa forme</strong><code> </code>: pratique «<code> </code>traditionnelle<code> </code>», «<code> </code>modérée<code> </code>» ou «<code> </code>extrémiste<code> </code>» de la religion, attrait pour les sectes et les mouvements post-apocalyptiques en tous genres, recherche d’un «<code> </code>au-delà du monde matériel<code> </code>», d’un sens de l’existence…<br />
<span>   </span><br />
Deux zones semblent cependant moins touchées par cette poussée religieuse<code> </code>: l’Europe d’une part, la Chine et, plus globalement, le monde asiatique d’autre part. Nous y reviendrons plus loin dans cette série de billets.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le sabre et le goupillon</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le sabre et le goupillon, version troisième millénaire<code> </code>: pour reprendre une expression qui fit florès à la fin du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, telle semble être – ou pourrait être – la <strong>direction qu’une majorité de l’humanité prendra</strong> lorsque le système socio-économique dénommé «<code> </code>capitalisme<code> </code>» va péricliter.<br />
<span>   </span><br />
Cette évolution peut sembler peu réjouissante en apparence mais elle est, en réalité, fort logique<code> </code>: l’histoire nous repasse des plats quasiment semblables, selon un ordonnancement presque identique.<br />
<span>   </span><br />
Le constat auquel nous sommes arrivés depuis que nous avons commencé à publier <em>La Lettre du Lundi</em>, en janvier<code> </code>2009, et ce quel que soit l’angle d’approche, c’est que notre civilisation occidentale est en fin de parcours et se dirige vers un nouveau Moyen-Âge. Ce que nous venons de vous décrire dans les trois premiers billets de cette série, c’est <strong>comment nous pourrions basculer dans ce nouveau Moyen-Âge qui devrait mêler, très majoritairement, primauté de la force et primauté de la religion</strong>, suivant des «<code> </code>dosages<code> </code>» qui varieront suivant les lieux et les périodes.<br />
<span>   </span><br />
Très majoritairement mais pas uniquement. C’est ce que nous verrons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Après le capitalisme : la primauté de la force</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/17/apres-le-capitalisme-1/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/12/17/apres-le-capitalisme-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 Dec 2011 18:05:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Dans le billet du 11 décembre, De la nature intime du capitalisme, nous avons tenté de répondre à la question « Un capitalisme à visage humain est-il possible ? » avant de conclure par la négative, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que suppose une telle évolution.
   
Alors, quelle autre « solution », [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Dans le billet du 11<code> </code>décembre, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/" target="_blank">De la nature intime du capitalisme</a>, </em>nous avons tenté de répondre à la question «<code> </code>Un capitalisme à visage humain est-il possible<code> </code>?<code> </code>» avant de conclure par la négative, compte tenu des exigences quasi-insurmontables que suppose une telle évolution.<br />
<span>   </span><br />
Alors, quelle autre «<code> </code>solution<code> </code>», s’il en existe une<code> </code>? Tenter d’y répondre suppose de prendre un peu de recul.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><em><u>Homo economicus</u></em></strong><br />
<span>   </span><br />
Dans le précédent billet, nous avions noté que le système économico-social dénommé «<code> </code>capitalisme<code> </code>», qui a véritablement décollé lors de la révolution industrielle, se caractérise par une primauté essentiellement basée sur l’argent, par opposition à l’Ancien Régime, où la primauté était essentiellement basée sur la naissance.<br />
<span>   </span><br />
Cette <strong>primauté de l’argent a sous-tendu la quasi-totalité des idéologies et mouvements de pensée des deux derniers siècles</strong>. Libéralisme économique <em>vs</em> socialisme ou marxisme a été le combat dominant de la fin du XIX<sup>e</sup> à la fin du XX<sup>e</sup><code> </code>siècle<code> </code>: dans les deux cas, <strong>tout tourne autour de la distribution de la richesse matérielle dans la société</strong> et de l’opportunité de réguler ou non cette distribution.<br />
<span>   </span><br />
Certains ne manquent d’ailleurs pas de souligner que cette place centrale qu’occupe la répartition de la richesse a fait de l’homme moderne un <strong><em>homo economicus</em></strong>. Il est non seulement devenu une «<code> </code>machine à consommer<code> </code>» (plus ou moins, en fonction de ses moyens financiers), mais aussi et surtout <strong>la quasi-totalité de la réflexion «<code> </code>sociétale<code> </code>» tourne autour de modèles économiques, fussent-ils «<code> </code>alternatifs<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
La «<code> </code>quête du bonheur<code> </code>» d’<em>homo economicus</em> se résume en la <strong>quête d’un «<code> </code>Graal économique<code> </code>»</strong>, la recherche d’une société économique parfaite où la félicité de tous serait assurée. Partant de ce postulat, <strong>toutes les questions de l’existence sont examinées sous un prisme essentiellement, voire exclusivement, économique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette tendance devrait se poursuivre jusqu’à l’absurde et à la marchandisation totale d’<em>homo economicus</em>, d’une part en tant que force de travail «<code> </code>atomisée<code> </code>» (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/3/" target="_blank"><em>Rêve de HAL</em></a>), d’autre part en tant qu’être vivant, d’où notre hostilité à toute forme d’euthanasie, laquelle constituerait un élément déclencheur de cette évolution (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/" target="_blank"><em>La boîte de Pandore</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
Lorsqu&#8217;il aura atteint un niveau de concentration des richesses insupportable mais surtout intenable, c&#8217;est-à-dire <strong>lorsqu&#8217;une majorité d&#8217;hommes ne reconnaîtront plus la détention de biens immatériels comme source de «<code> </code>richesse<code> </code>»</strong> (en d&#8217;autres termes, je détiens une entreprise parce que j&#8217;en suis le principal actionnaire. Mais, le jour où la majorité des individus considère les actions comme un bout de papier sans valeur, un peu comme de l&#8217;emprunt russe, alors tout bascule), <strong>le système économico-social basé sur la primauté de l&#8217;argent</strong> – le capitalisme – <strong>s&#8217;effondrera</strong>. Mais pour être remplacé par quoi<code> </code>? Quelle «<code> </code>primauté<code> </code>» s&#8217;imposera alors<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un autre paradigme<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Répondre aujourd&#8217;hui à cette question est non seulement difficile mais assurément hasardeux. Nous allons essayer de le faire mais en privilégiant l&#8217;étude de <strong>plusieurs scénarios ou tendances</strong> et en estimant leur probabilité de réalisation.<br />
<span>   </span><br />
Trois points importants cependant<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>la future «<code> </code>primauté<code> </code>» est certainement déjà en germe dans nos sociétés</strong>, que ce soit au sein de la société dite «<code> </code>occidentale<code> </code>» ou dans d&#8217;autres sociétés, un peu comme le christianisme était déjà en germe – avec beaucoup d&#8217;autres «<code> </code>mouvements<code> </code>» concurrents – dans l&#8217;Empire romain décadent<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>les scénarios que nous allons évoquer ne sont pas exclusifs l&#8217;un de l&#8217;autre</strong>. Ils peuvent cohabiter dans des zones géographiques différentes, voire à l&#8217;intérieur d&#8217;une même zone. Cette juxtaposition pourrait d&#8217;ailleurs renforcer l&#8217;impression de chaos qui ne manquera pas d&#8217;accompagner l&#8217;écroulement du système existant<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>le «<code> </code>c&#8217;est impossible, ça n&#8217;arrivera jamais<code> </code>» n&#8217;existe pas en histoire</strong>. Que le catholicisme devienne un jour religion d&#8217;État des territoires conquis par Rome aurait semblé totalement absurde à un Romain du I<sup>er</sup><code> </code>siècle<code> </code>; que la tête d&#8217;un roi de France puisse tomber dans un panier était inimaginable pour un Français de<code> </code>1750<code> </code>; plus près de nous, qu&#8217;un noir devienne Président des États-Unis était impensable pour l&#8217;Américain moyen des années<code> </code>1950.</p>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>Scénario n°<code> </code>1<code> </code>: la primauté de la force</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>La primauté de la force</strong> se taille la part du lion dans l’histoire, symbolisée très tôt par la fable d’Ésope, <em>Le loup et l’agneau</em>. Elle <strong>pourrait, sans doute plus rapidement qu’on ne l’imagine, se substituer à la primauté de l’argent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Comment ce transfert pourrait-il s’opérer<code> </code>? Forçons un peu le trait pour imaginer un scénario-type.<br />
<span>   </span><br />
M. A… possède une fortune de plusieurs milliards d’euros. Il passe sa vie «<code> </code>entre New York et Singapour<code> </code>», comme le dit la chanson, achetant et vendant toutes sortes de biens, essentiellement immatériels<code> </code>: actions d’entreprises, obligations d’États, contrats à terme, etc. Il est entouré de banquiers, d’avocats d’affaires et d’un staff à dominante juridico-économique. Il a bien deux ou trois gardes du corps, mais pas plus. Il tire son pouvoir – sa primauté – de la détention d’un argent essentiellement virtuel.<br />
<span>   </span><br />
Dans un contexte de concentration du capital et de baisse du rendement de l’argent lié à la «<code> </code>finitude<code> </code>» des ressources terrestres et à l’appauvrissement de la quasi-totalité de la population, <strong>la détention d’un énorme capital virtuel va avoir de moins en moins de «<code> </code>sens<code> </code>»</strong>. Pour que tous ces actifs immatériels aient de la valeur, il faut qu’il existe à la surface du globe une «<code> </code>masse critique<code> </code>» d’individus qui leur accordent de la valeur, aux yeux desquels ces actifs soient désirables. Pour raisonner par l’absurde, si un homme seul détient la totalité des actifs immatériels de la planète, ceux-ci ont une valeur infinie… ou pas de valeur du tout.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’en arriverons évidemment pas à cette situation extrême mais plutôt à une <strong>phase où les «<code> </code>capitalistes<code> </code>», réalisant la fragilité et perdant confiance en la solidité de leurs actifs immatériels, vont chercher à les transformer en biens tangibles détenus et protégés par la force</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Comment<code> </code>? Par exemple, en achetant ou <strong>en s’emparant</strong> (le premier, car les retardataires ne seront pas servis<code> </code>!) <strong>d’une zone géographique ou d’un territoire que l’on fait alors contrôler par une armée privée</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a></em>). Ce faisant, <strong>la primauté de l’argent se trouve remplacée par la primauté de la force</strong>. La principale menace qui pèse alors sur notre «<code> </code>ex-capitaliste<code> </code>» n’est plus l’autre capitaliste qui pouvait le battre au Monopoly boursier mais le «<code> </code>seigneur<code> </code>» du territoire voisin qui convoite ses terres ou ses usines, voire le commandant de son armée privée qui se verrait bien «<code> </code>calife à la place du calife<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
En d’autres termes, <strong>nous passerions d’un rapport dominant/dominé</strong> (ou maître/esclave) <strong>basé sur l’argent à un rapport identique basé sur la force, dans une société «<code> </code>re-primitivisée<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ce fut en partie – en partie seulement – la primauté qui s’établit à la fin de l’Empire romain. Débris de l’armée romaine et tribus barbares dominaient alors par la force, remplaçant l’ancienne primauté basée sur le droit, la philosophie, l’argent ou la religion qui caractérisait la société romaine traditionnelle.<br />
<span>   </span><br />
On trouve aujourd’hui les <strong>prémices de ce scénario «<code> </code>primauté de la force<code> </code>»</strong> dans plusieurs types de situations et/ou de zones géographiques<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>les «<code> </code>non-États<code> </code>»</strong>, par exemple ceux situés dans la corne de l’Afrique, où la kalachnikov fait la loi<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>les «<code> </code>démocraties sous contrôle<code> </code>», type Russie</strong>, où primauté de la force et primauté de l’argent s’interpénètrent ou se concurrencent, selon les circonstances<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">● <strong>certaines zones dites «<code> </code>de non-droit<code> </code>»</strong>, situées au cœur des nations occidentales<code> </code>: ghettos nord-américains, favelas sud-américaines ou certaines banlieues européennes. La dégénérescence des États-nations qui va accompagner la phase ultime du capitalisme pourrait bien accélérer ce scénario<code> </code>: des caïds locaux, lointains héritiers des chefs barbares des IV<sup>e</sup> et V<sup>e</sup><code> </code>siècles, s’assurent par la force d’une emprise plus ou moins grande sur un territoire géographique donné.</p>
<p><strong>Ce scénario d’une «<code> </code>primauté de la force<code> </code>» nous semble être le plus probable lors d’une première étape, celle de la dégringolade des États-nations puis du système capitaliste lui-même.</strong> Pourquoi<code> </code>? Parce qu’il est un grand «<code> </code>classique<code> </code>» de l’effondrement des civilisations<code> </code>: «<code> </code>l’explosion<code> </code>» du capitalisme laissera <em>homo economicus</em> nu et, dans la plupart des cas, dépourvu de repères et d’alternatives. Le recours à la force – la primauté de la force – apparaîtra alors comme la solution la plus «<code> </code>évidente<code> </code>» dans un contexte de désagrégation des normes sociales.<br />
<span>   </span><br />
Mais ce ne sera pas la seule. Il existe d’autres alternatives, que nous aborderons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <a href="http://lalettredulundi.fr" target="_blank"><em>La Lettre du Lundi</em></a> 2011</p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>De la nature intime du capitalisme</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/12/11/de-la-nature-intime-du-capitalisme/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 20:50:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Dans son numéro du 12 au 18 novembre. l&#8217;hebdomadaire Marianne a publié un dossier complet sur le thème « Oui, un capitalisme à visage humain, c&#8217;est possible ! » Qu&#8217;en est-il exactement ? Quelle serait la fameuse recette de ce « capitalisme à visage humain » ?
   
Marianne liste notamment 15 idées - ou mesures [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p>Dans son numéro du 12 au 18<code> </code>novembre. l&#8217;hebdomadaire <em>Marianne</em> a publié un dossier complet sur le thème «<code> </code>Oui, un capitalisme à visage humain, c&#8217;est possible<code> </code>!<code> </code>» Qu&#8217;en est-il exactement<code> </code>? <strong>Quelle serait la fameuse recette de ce «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>»<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Marianne</em> liste notamment <strong>15<code> </code>idées - ou mesures - pour «<code> </code>changer le capitalisme<code> </code>»</strong><code> </code>: mettre en place un protectionnisme européen vertueux<code> </code>; favoriser l&#8217;investissement industriel<code> </code>; rétablir la mention d&#8217;origine des produits<code> </code>; fixer un prix unique sortie d&#8217;usine<code> </code>; nationaliser la dette publique<code> </code>; en finir avec l&#8217;évasion fiscale des multinationales<code> </code>; interdire les ventes à terme<code> </code>; imaginer un capitalisme coopératif<code> </code>; instaurer un profit maximal<code> </code>; séparer banques de dépôt et banques d&#8217;affaires<code> </code>; acheter moins et louer plus<code> </code>; créer un impôt vert européen<code> </code>; lancer un <em>New Deal</em> vert<code> </code>; lancer une protection sociale universelle<code> </code>; accroître la souveraineté alimentaire.<br />
<span>   </span><br />
On ne peut que souscrire à ces propositions, ou en tout cas à la majorité d&#8217;entre elles. Elles sont frappées au coin du bon sens et, sans rentrer dans le détail de l&#8217;énumération - qui pourrait d&#8217;ailleurs être complétée - nous avons avancé ou soutenu certaines d&#8217;entre elles dans de précédents billets.<br />
<span>   </span><br />
À ce stade de l&#8217;analyse se posent alors deux questions concernant ces «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>»<code> </code>: <strong>est-ce faisable<code> </code>? Est-ce suffisant si l&#8217;on souhaite que le capitalisme retrouve un «<code> </code>visage humain<code> </code>»<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’âge d’or du capitalisme<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Avant de tenter de répondre à ces deux questions, une rapide mise en perspective<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> ce que nous dénommons «<code> </code>capitalisme<code> </code>», au sens actuel du terme, définit le système économique et social qui s&#8217;est graduellement imposé comme modèle dominant à compter de la révolution industrielle. C&#8217;est le moment dans l&#8217;histoire, le point de basculement, où, <strong>d&#8217;une primauté basée essentiellement sur la naissance, nous sommes passés à une primauté essentiellement basée sur l&#8217;argent</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> le «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» a existé dans la plupart des pays occidentaux durant les Trente Glorieuses, de<code> </code>1945 à 1975 environ. C’est la période de l’histoire où les gains générés par l’activité économique – les profits, si l’on préfère – ont été répartis le plus équitablement possible entre tous ceux qui concourraient à leur création.</p>
<p class="MsoNormal">C’est d’ailleurs les <strong>conditions de cet «<code> </code>âge d’or<code> </code>»</strong> que, par le biais des «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>», le dossier de <em>Marianne</em> essaie de ressusciter. Le leitmotiv qui apparaît en filigrane tout au long de la lecture de ce dossier pourrait se résumer par «<code> </code>Ça marchait tellement bien il y a 40 ou 50<code> </code>ans. Pourquoi ne pas recréer les conditions de cette période heureuse<code> </code>? Pourquoi ne pas recommencer comme avant<code> </code>?<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Retour aux réalités</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Las<code> </code>! L’histoire se répète sans doute mais elle ne connaît pas la marche arrière. Pour retrouver un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>», il faudrait<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> <strong>que les «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» soient toutes mises en œuvre en même temps</strong>, éventuellement complétées par quelques autres<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span>●</span> <strong>que ces «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» soient appliquées sur toute la surface du globe</strong>, pratiquement sans exception.</p>
<p class="MsoNormal"><strong>Pourquoi cette double exigence<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Exigence n°<code> </code>1<code> </code>: toutes les propositions en même temps</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le capitalisme n’est pas une idéologie. C’est plutôt, pour reprendre les termes utilisés par François Roddier (voir son billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/2/" target="_blank">La fin des espèces et des civilisations</a></em>), <strong>le système économico-social actuellement le plus efficace pour dissiper un maximum d’énergie</strong>. Plus concrètement, son unique but est de faire prospérer, le plus possible et le plus rapidement possible, le capital de ceux qui en détiennent. En d’autres termes, <strong>gagner le plus rapidement possible le maximum d’argent avec de l’argent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette quête d’une maximisation du rendement de l’argent, <strong>toutes les règles sociales, juridiques, religieuses, culturelles… constituent des «<code> </code>gênes<code> </code>»</strong> car, d’une manière ou d’une autre, elles s’opposent plus ou moins directement à cette recherche d’une maximisation du profit.<br />
<span>   </span><br />
Ayant abattu nombre de règles de ce type depuis deux siècles, <strong>le «<code> </code>système capitaliste<code> </code>»</strong>, qui chaque jour se débarrasse d’une nouvelle entrave dans sa marche vers la «<code> </code>perfection<code> </code>», <strong>ne peut considérer les «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» que comme une régression majeure</strong>, un retour à des conditions beaucoup moins favorables pour maximiser ce profit.<br />
<span>   </span><br />
Pour que cette «<code> </code>régression majeure<code> </code>» puisse s’accomplir, permettez-nous une analogie avec un match de boxe. Si l&#8217;on souhaite «<code> </code>sonner<code> </code>» un adversaire chaque seconde plus puissant sur le ring, <strong>il faut taper très fort et très vite</strong>. Très fort, cela veut dire mettre en œuvre l’intégralité des «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» - et sans doute d’autres – pour obtenir la puissance nécessaire. Très vite, cela veut dire mettre en œuvre ces mesures quasi-simultanément, sinon leur impact va se diluer dans le temps et s’amoindrira d’autant.<br />
<span>   </span><br />
Mais cela ne suffit pas. Nous allons maintenant quitter l’analogie avec un match de boxe pour nous appuyer sur l’argumentation développée par François Roddier dans le billet cité ci-dessus.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Exigence n°<code> </code>2<code> </code>: toutes les propositions partout</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Globalement, <strong>le «<code> </code>système capitaliste<code> </code>» est en train de devenir de plus en plus performant, de plus en plus «<code> </code>parfait<code> </code>»</strong>, c’est-à-dire qu’il permet de mieux en mieux à ceux qui détiennent le plus de capitaux d’en posséder «<code> </code>toujours plus, toujours plus vite<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dans cette rivalité entre capitalistes – en d’autres termes, entre détenteurs de capitaux – celui qui peut le mieux s’affranchir des règles sociales, religieuses, juridiques ou culturelles que nous mentionnions plus haut, détient un avantage déterminant pour emporter la partie. Pour reprendre les termes de François Roddier, «<code> </code>chacun sait que s’il court moins vite, il se fait dépasser par les autres. Il est vite éliminé par la sélection naturelle<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Conséquence<code> </code>: si les «<code> </code>15<code> </code>propositions<code> </code>» ne sont pas appliquées sur toute la surface du globe, <strong>les zones géographiques et/ou les individus et/ou les entreprises qui s’en affranchiront bénéficieront d’un avantage déterminant pour gagner la partie de Monopoly</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>D’autres solutions<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le retour à un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» se heurte donc à des obstacles qui semblent, à première vue, quasiment infranchissables. Le moyen d’essayer de les contourner serait d’instaurer, au niveau d’un État ou d’une zone géographique, une <strong>politique quasi-autarcique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette politique permettrait, du moins en théorie, d’isoler complètement la zone qui ne souhaite plus participer à cette «<code> </code>partie de Monopoly<code> </code>». <strong>C’est ce qu’a fait – ou tente de faire – l’Islande depuis quelques années</strong>, après avoir été ruinée par la crise financière de<code> </code>2008. <em>Marianne</em> cite d’ailleurs ce pays en «<code> </code>exemple<code> </code>» de ce qui pourrait être entrepris. Mais une telle révolution suppose un corps social extrêmement soudé, uni, responsable et éduqué… objectif infiniment plus facile à atteindre dans une île de 320<code> </code>000<code> </code>habitants isolée au milieu de l’Atlantique qu’avec 65<code> </code>millions d’habitants au cœur du continent européen.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/12/dupond-t.png" title="dupond-t.png" alt="dupond-t.png" height="236" hspace="10" vspace="10" width="212" align="right" />Notons au passage que <strong>le comportement de Merkel et Sarkozy</strong> qui, semaine après semaine, se rencontrent pour un n<sup>ième</sup><code> </code>«<code> </code>sommet-de-la-dernière-chance-pour-sauver-l’euro<code> </code>» <strong>va totalement à l’encontre de cette nécessité autarcique</strong> qui semble être un des seuls moyens pour retrouver un semblant de «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>». Tels Dupont et Dupond s’accrochant désespérément l’un à l’autre afin de prévenir le choc (voir <em>On a marché sur la lune</em>), ils accélèrent <em>de facto</em> la performance capitalistique et son corollaire, l’atrophie de leurs États-nations respectifs.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/12/fouche-talleyrand.jpg" title="fouche-talleyrand.jpg" alt="fouche-talleyrand.jpg" height="169" hspace="10" vspace="10" width="178" align="left" />Si l’on voulait porter un jugement sévère sur cette désastreuse union, on pourrait paraphraser Chateaubriand décrivant Fouché et Talleyrand<code> </code>: <strong>l’arrogance appuyée sur le narcissisme ne fait qu’accélérer la survenue d’un capitalisme encore plus performant</strong>.<br />
<span>   </span><br />
L’alternative économique que constituerait un «<code> </code>capitalisme à visage humain<code> </code>» semble donc hautement improbable. <strong>Existe-t-il d’autres alternatives, peut-être de nature non économique<code> </code>?</strong> C’est ce que nous examinerons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/113451" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De Nuremberg à Neuilly</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/11/26/de-nuremberg-a-neuilly/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/11/26/de-nuremberg-a-neuilly/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 26 Nov 2011 14:40:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Allemagne, années 1930…
   
Mai 1928 : les élections législatives sont un véritable triomphe pour le SPD, le Parti social-démocrate allemand. Avec près de 30 % des voix, le centre gauche devance nettement les conservateurs du Parti national du peuple allemand (20 % des suffrages) et les centristes du Zentrum [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p><strong><u>Allemagne, années 1930…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Mai 1928</strong><code> </code>: les élections législatives sont un véritable triomphe pour le SPD, le Parti social-démocrate allemand. Avec près de 30<code> </code>% des voix, le centre gauche devance nettement les conservateurs du Parti national du peuple allemand (20<code> </code>% des suffrages) et les centristes du <em>Zentrum</em> (12<code> </code>%). <strong>Les formations traditionnelles dépassent très largement la barre des 60<code> </code>% des suffrages</strong>, si l’on inclut les électeurs des petits partis de droite et de gauche. Les «<code> </code>extrémistes<code> </code>», communistes d’une part, nazis d’autre part, ne recueillent respectivement que 11 et 3<code> </code>% des votes.<br />
<span>   </span><br />
Deux ans plus tard, <strong>en<code> </code>1930, la donne a totalement changé</strong>, crise de<code> </code>1929 oblige. Le SPD ne réalise plus que 24<code> </code>% des voix, le Parti national du peuple allemand s’est effondré avec 7<code> </code>% des voix, seul le <em>Zentrum</em> a maintenu son score. <strong>Les grands gagnants sont les communistes</strong> avec 13<code> </code>% des suffrages <strong>et surtout les nazis</strong> qui recueillent plus de 18<code> </code>%.<br />
<span>   </span><br />
<strong>En juillet<code> </code>1932, tout bascule<code> </code>: les nazis emportent l’élection avec plus de 37<code> </code>% des voix</strong>, suivis par le SPD à 22<code> </code>% et les communistes à 14<code> </code>%. En quatre ans, la forme de la cellule politique allemande est passée d’une «<code> </code>cellule arrondie<code> </code>» à un «<code> </code>tore ouvert<code> </code>» hypertrophié aux extrémités, notamment à l’extrême-droite (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>France, 80<code> </code>ans plus tard…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
22<code> </code>avril 2012, 20h00<code> </code>: Le<code> </code>Pen arrive en tête du premier tour de l’élection présidentielle, avec près de 25<code> </code>% des suffrages. Sarkozy et Hollande sont au coude-à-coude loin derrière, recueillant chacun 18 à 19<code> </code>% des voix. Mélenchon flirte avec la barre des 15<code> </code>%. Les commentateurs parlent de «<code> </code>séisme<code> </code>», «<code> </code>raz-de-marée<code> </code>», «<code> </code>tremblement de terre<code> </code>»… bref toute la phraséologie habituelle de la panique et de la tension. On suppute déjà, en fonction du nom du challenger de Le<code> </code>Pen, sur les différents scénarios du second tour.<br />
<span>   </span><br />
48<code> </code>heures plus tard, l’étude détaillée des résultats montre que, comme en Allemagne en<code> </code>1932, <strong>ce sont les classes moyennes</strong> – ou ce qu’il en reste – <strong>qui ont majoritairement voté en faveur de Le<code> </code>Pen</strong>. Pourquoi<code> </code>? Par peur, crainte, angoisse que la perte du triple<code> </code>A de la France, les plans d’austérité à répétition, le chômage croissant (malgré tous les artifices pour le dissimuler derrière des radiations massives ou des statuts du type auto-entrepreneur) ne les paupérise encore plus, leur faisant dégringoler toujours plus vite l’échelle sociale.<br />
<span>   </span><br />
Comme en Allemagne en<code> </code>1932, des enfants apeurés se sont agglutinés autour de celui ou celle qui présente toutes les apparences ou caractéristiques d’un chef rassurant, susceptible de redonner espoir et dignité. <strong>La raison a cédé le pas à l’instinct, l’intelligence à la trouille.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>France, fin<code> </code>2011…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Scénario catastrophe, délire de Cassandre<code> </code>? Depuis trois ans, nous n’avons cessé de vous alerter sur l’évolution tragique de notre société, d’en détailler et analyser les maux, de comparer cette dégringolade à celle de la chute de l’Empire romain. Aujourd’hui, nous y sommes. Il serait donc bien naïf de croire que cet effondrement va s’effectuer dans la douceur et la félicité ou qu’il est évitable par des moyens «<code> </code>classiques<code> </code>», du type de ceux qui ont été mis en œuvre – avec le succès que l’on sait - depuis près de quarante ans. Bien naïf également d’espérer pouvoir y échapper…<br />
<span>   </span><br />
C’est pourtant ce que chacun, à titre individuel, va tenter de faire, précipitant d’autant la chute collective. <strong>Dans une société narcissique où le sauve-qui-peut et le chacun-pour-soi vont devenir les «<code> </code>valeurs<code> </code>» dominantes</strong>, confrontés à cette dégringolade du landau que nous évoquions dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank">Les marches d’Odessa</a></em>, <strong>les Français hésitent entre deux réactions</strong><code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>le besoin d’ordre et de sécurité, la recherche de l’homme – ou de la femme – providentiel</strong> qui, par un coup de baguette magique, permettrait d’éviter le pire. <strong>Cette réaction infantile</strong> annihile toute capacité d’analyse et <strong>favorise le développement d’une solution «<code> </code>extrême<code> </code>» type Le<code> </code>Pen ou Sarkozy totalement «<code> </code>Poutinisé<code> </code>»</strong>. C’est notre scénario «<code> </code>favori<code> </code>», non qu’il nous semble souhaitable mais c’est celui qui nous semble – de loin – le plus probable. Pourquoi<code> </code>? Parce qu’en ce qui concerne l’analyse et la perspective historiques, la remarque de Thucydide, «<code> </code>l’histoire est un perpétuel recommencement<code> </code>», n’a pas pris une ride en 2<code> </code>500<code> </code>ans<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>le besoin de justice</strong>. Même si la majorité des Français n’a pas véritablement compris que <strong>la «<code> </code>sublimation<code> </code>»</strong> (au sens physique du terme) <strong>du capitalisme industriel</strong> – basé sur des biens physiques «<code> </code>solides<code> </code>» - <strong>en capitalisme financier</strong> (devenu totalement «<code> </code>gazeux<code> </code>» car reposant sur de la monnaie virtuelle) <strong>a généré l’explosion à laquelle nous assistons</strong>, la revendication d’une meilleure répartition des richesses est de plus en plus forte.<br />
<span>   </span><br />
En toute logique, cette revendication devrait être favorable à un candidat ouvertement et pleinement «<code> </code>de gauche<code> </code>», type Mélenchon, qui fonde son argumentation et sa démarche sur la nécessité d’une nouvelle «<code> </code>lutte des classes<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Mais, au sein d’une société française narcissisée et parcellisée, le ressentiment entre mini-corps de métiers et micro-catégories sociales est aujourd’hui tel (aidé en cela par l’huile que n’a cessé de jeter sur le feu, depuis quatre ans, l’équipe Sarkozy), que <strong>chacun estime que c’est «<code> </code>l’autre proche<code> </code>», le voisin, qui profite du système, même si, à d’infimes nuances près, il fait pourtant partie de la même classe sociale</strong><code> </code>: c’est à lui qu’il faut «<code> </code>rogner des privilèges<code> </code>» et demander de passer à la caisse, <strong>non à une «<code> </code>nouvelle aristocratie<code> </code>» invisible</strong>, qui maîtrise parfaitement son «<code> </code>positionnement caché<code> </code>».</p>
<p>D’où, une fois encore, <strong>une situation plus favorable à l’extrémité droite qu’à l’extrémité gauche du tore ouvert</strong><code> </code>: nous ne sommes pas dans une situation type France<code> </code>1789 ou Russie<code> </code>1910, où la petite bourgeoisie et la classe moyenne cherchaient, en s’appuyant sur les «<code> </code>classes populaires<code> </code>», à conquérir le pouvoir face à l’aristocratie et à la grande bourgeoisie.<br />
<span>   </span><br />
Au contraire, <strong>notre situation actuelle s’apparente</strong>, selon nous, <strong>à celle de la république de Weimar où la classe moyenne prend brutalement conscience de son déclassement et de sa chute et cherche avant tout à s’en protéger</strong>. Nous disons bien «<code> </code>avant tout<code> </code>», c’est-à-dire avant de demander des comptes à ceux qui l’ont précipité dans cette situation.<br />
<span>   </span><br />
À ce moment-là, <strong>prévalent la recherche de la survie individuelle et la quintessence du court-termisme</strong>, totalement opposées à la recherche du bien commun et incompatibles avec des solutions à long terme. Même si tous pressentent que la «<code> </code>maxi-dose<code> </code>» de Le<code> </code>Pen/Sarkozy est létale, chacun accepte de l’avaler car il en espère ou en attend un soulagement à court terme.<br />
<span>   </span><br />
L’élément déclencheur pourrait bien être une <strong>nouvelle flambée de violence dans les banlieues</strong>, laquelle accélèrerait le déplacement des électeurs vers l’extrémité droite du tore ouvert. Sarkozy hésite peut-être à appuyer sur le bouton, craignant que les conséquences de l’incendie ne profitent plus à Le<code> </code>Pen qu’à lui. Mais il sait aussi que sa réélection sera facilitée s’il se trouve face à elle au second tour…<br />
<span>   </span><br />
Ne soyez donc pas surpris si, entre janvier et avril<code> </code>2011, un dérapage policier ou tout autre événement de ce type, survenu «<code> </code>par hasard<code> </code>», dégénère en une nouvelle «<code> </code>guerre des banlieues<code> </code>», abondamment relayée par <em>Paris Match</em> et TF1. À chacun sa manière pour incendier le Reichstag…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le duumvirat</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/11/19/le-duumvirat/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/11/19/le-duumvirat/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 22:59:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Jacques
   
Jacques est le maire socialiste d’une commune de taille moyenne. Il a emporté la mairie en 1995, après des dizaines d’années de mandatures UMP (ou équivalent) dans sa ville. En 2004, il a été élu au Sénat, succédant à un sénateur âgé qui ne se représentait pas.
   [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><strong><u>Jacques</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Jacques est le maire socialiste d’une commune de taille moyenne. Il a emporté la mairie en<code> </code>1995, après des dizaines d’années de mandatures UMP (ou équivalent) dans sa ville. En<code> </code>2004, il a été élu au Sénat, succédant à un sénateur âgé qui ne se représentait pas.<br />
<span>   </span><br />
Il sait qu’il ne sera jamais ministre, ni même secrétaire d’État. Son ambition est locale<code> </code>: il souhaite être réélu au Sénat en<code> </code>2013 et conserver la mairie en<code> </code>2014. Pour ce fils d’agriculteur, venu sur le tard en politique, c’est déjà une consécration.<br />
<span>   </span><br />
Jacques sait que, la première fois qu’il a emporté la mairie, c’est grâce à l’augmentation du nombre de chômeurs dans sa ville, dont les gouvernements Balladur puis Juppé avaient été tenus responsables. S’il a été réélu en<code> </code>2001, c’est de justesse alors que Jospin était Premier ministre. Par contre, en<code> </code>2007, sa réélection s’est effectuée «<code> </code>dans un fauteuil<code> </code>», tant grâce à son bilan de bon gestionnaire que par rejet d’un «<code> </code>Sarkozy bling-bling<code> </code>» qui choquait les habitants.<br />
<span>   </span><br />
Il ne le dit pas ouvertement mais, au fond de lui, il craint qu’Hollande ne décroche l’Élysée en<code> </code>2012. Vu la situation économique et les plans de rigueur qui ne manqueront pas de se succéder, il risque de faire les frais, au plan local, d’une politique nationale qui pourrait se traduire par une «<code> </code>vague bleue<code> </code>» aux municipales.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>et Odette…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Comme Jacques, Odette est maire socialiste d’une commune de taille moyenne. Le principal employeur de la commune est la centrale nucléaire, qui se trouve dans une ville voisine, à 10<code> </code>kilomètres de là. À l’aide des subventions de la centrale, Odette a pu faire construire un gymnase dans sa ville et, toujours grâce à la même source, les anciens de la commune effectuent des voyages touristiques à des prix défiant toute concurrence.<br />
<span>   </span><br />
Imaginons un instant qu’un accord PS/Verts décide de «<code> </code>sortir du nucléaire<code> </code>» le plus vite possible. Tollé dans la ville dont Odette est maire<code> </code>! Celle-ci se trouve alors confrontée à un choix, sinon cornélien, du moins perdant/perdant<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> par respect de la discipline du parti, et parce qu’elle vise une place de député ou sénateur qui implique une investiture nationale, elle soutient l’accord passé. Dans ce cas, elle risque fort de perdre la mairie aux prochaines municipales<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> elle s’oppose à cet accord, et alors adieu Sénat ou Assemblée nationale, avec le risque supplémentaire de ne pas bénéficier de l’investiture socialiste aux prochaines municipales.</p>
<p class="MsoNormal">Odette n’a donc aucun intérêt à ce que ce type d’accord voit le jour. Elle s’accommode fort bien de vivre à l’ombre du «<code> </code>lobby nucléaire<code> </code>» qu’elle soutient <em>de facto</em>, même si elle ne se considère pas comme une égérie pro-nucléaire. Mais nécessité fait loi…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… incapables de «<code> </code>penser autrement<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Ne voyez pas dans ces deux exemples la volonté de «<code> </code>tirer à boulets rouges<code> </code>» sur le PS et/ou la candidature de François Hollande. Notre intention est de souligner que, dans la configuration politique actuelle (rapports de force entre pouvoirs locaux et pouvoir national, calendrier des élections, etc.)<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> mis à part une petite cinquantaine de «<code> </code>ténors<code> </code>» qui se voient déjà ministre ou secrétaire d’État, <strong>l’immense majorité des élus locaux du PS n’a objectivement pas intérêt à ce que l’un des leurs accède à la Présidence de la République</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> compte tenu de sa très forte implantation locale, <strong>le PS est, au niveau local, tout aussi dépendant de nombreux lobbies</strong> (agroalimentaire, automobile, défense, nucléaire, pharmacie…) <strong>que les parlementaires UMP au niveau national</strong>.</p>
<p class="MsoNormal">Cette double caractéristique explique en grande partie l’<strong>incapacité du PS à «<code> </code>penser autrement<code> </code>»</strong>, son refus de prendre le pouvoir au niveau national pour mettre en œuvre des solutions radicalement différentes de celles de l’UMP. Ajoutez à cela que les responsables nationaux du PS sont en majorité issus de la même «<code> </code>école de pensée<code> </code>» (Sciences Po / ENA) que ceux du «<code> </code>camp d’en face<code> </code>» et l’on comprend mieux pourquoi <strong>le PS est devenu un parti «<code> </code>centrisé<code> </code>»</strong> (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em>) <strong>dont les positions idéologiques n’ont cessé d’évoluer vers la droite au fil des années</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le récent pataquès entre le PS et les Verts au sujet de l’EPR de Flamanville et du combustible nucléaire MOX est une conséquence logique de ce que nous venons d’exposer<code> </code>: d’un côté un PS à très forte implantation locale, tout aussi dépendant des lobbies que son adversaire UMP et tout aussi peu désireux de changer les règles du jeu, de l’autre les Verts, parti beaucoup plus jeune et «<code> </code>spontané<code> </code>» qui s’oppose frontalement à un lobby en place et envisage un autre type de société. La divergence porte sur le fond, les alliances ne pourront être que de circonstance.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pas étonnant…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/lepoint2044-sarko-ii-lincroyable-retour2.jpg" title="lepoint2044-sarko-ii-lincroyable-retour2.jpg" alt="lepoint2044-sarko-ii-lincroyable-retour2.jpg" height="173" hspace="10" vspace="10" width="138" align="left" />Pas étonnant, dans ces circonstances, que <strong>Sarkozy soit le grand gagnant de cette confrontation Verts/PS</strong>. Se posant en «<code> </code><a href="http://www.latribune.fr/actualites/politique/20111109trib000662924/winston-churchill-heros-de-la-campagne-electorale.html" target="_blank">Churchill français</a><code> </code>», comme nous l’avions annoncé dès septembre dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/page/2/" target="_blank">Timeo Danaos</a></em>, son ambition est relayée par des médias <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/sarkozy-le-rebond.jpeg" title="sarkozy-le-rebond.jpeg" alt="sarkozy-le-rebond.jpeg" height="194" hspace="10" vspace="10" width="142" align="right" />qui ressemblent de plus en plus à ceux dont Brejnev disposait du temps de la grandeur de l’URSS. La Une du <em>Point</em> paru le 17<code> </code>novembre, reproduite à des milliers d’exemplaires sur les kiosques à journaux de France, en est un parfait exemple<code> </code>: elle constitue autant d’affiches électorales pour le non-candidat Prince-Président.<br />
<span>   </span><br />
Pas étonnant, dans ces circonstances, que <strong>la résignation soit aujourd’hui le sentiment qui prévaut en France</strong>. Le duumvirat de fait – à toi le pouvoir au niveau local, à moi le pouvoir au niveau national – annihile actuellement toute possibilité d’une «<code> </code>autre solution<code> </code>» face à une paupérisation croissante liée à une succession de «<code> </code>crises<code> </code>» (des subprimes, de la dette, de l’euro, des finances publiques, de la Sécurité sociale…) qui ne manquent ou ne manqueront pas de se succéder.<br />
<span>   </span><br />
Pas étonnant si, dans ces circonstances, <strong>le soir du 22<code> </code>avril 2012 pourrait bien nous réserver des surprises</strong>. Car, à vouloir tuer l’espoir d’un peuple, cette «<code> </code>vertu d’esclaves<code> </code>» comme l’écrivait Cioran, celui-ci pourrait bien envoyer balader l’<em>establishment</em> et la «<code> </code>pensée convenue<code> </code>», comme il le fit un certain 29<code> </code>mai 2005.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Novembre 2018 : guerre ou paix ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/11/12/novembre-2018-guerre-ou-paix/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/11/12/novembre-2018-guerre-ou-paix/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 12 Nov 2011 21:32:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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 Compte tenu du sujet traité, de notre souhait de détailler l’analyse et d’éviter une vision trop superficielle des événements et situations, ce billet est d’une longueur supérieure à celle de nos articles habituels. Prévoyez donc du temps pour le lire…
   
Il inclut également plusieurs renvois [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
Il inclut également plusieurs renvois vers des billets déjà publiés qui sous-tendent ou renforcent le raisonnement. Ces renvois, qui peuvent parfois donner l’impression de hacher la lecture, permettent d’approfondir tel ou tel argument que nous avançons. N’hésitez donc pas à les consulter.<br />
<span>   </span><br />
À tous nos lecteurs, plus nombreux à chaque parution, merci pour votre soutien et vos encouragements.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<a href="mailto:%20lundi@lalettredulundi.fr" target="_blank">Lundi</a><br />
</span></p>
<p class="MsoNormal">Dominic Sandbrook est un Britannique historien. Dans cet ordre là<code> </code>: Britannique d’abord, historien ensuite. Le 31<code> </code>octobre dernier, il a publié un long article de politique-fiction dans le journal conservateur (c’est-à-dire anti-Européen et anti-Français) <em>Daily Mail</em>.<br />
<span>   </span><br />
Cet article (texte intégral <a href="http://www.dailymail.co.uk/news/article-2054913/Europe-war-2018-As-Angela-Merkel-says-euro-meltdown-spark-battle.html" target="_blank">ici</a>) que nous résumons ci-dessous est plutôt «<code> </code>tiré par les cheveux<code> </code>». Il reflète plus la francophobie (le terme est encore fort mesuré…) de nos voisins britanniques qu’il ne relève d’une véritable analyse historico-politique. Il a cependant le <strong>mérite de soulever plusieurs questions</strong> que nous aborderons dans la seconde partie de ce billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le futur selon Sandbrook</u></strong><br />
<span>   </span><br />
En 2012, les Athéniens en colère contre les mesures d’austérité envahissent le Parlement<code> </code>: le chaos s’installe en Grèce. La France et l’Allemagne envoient alors 5<code> </code>000<code> </code>soldats pour restaurer l’ordre.<br />
<span>   </span><br />
La situation dégénère bien vite dans toute l’Europe continentale<code> </code>: manifestations, attentats à la bombe contre les banques, quasi guerre civile en Italie où le gouvernement demande à la France d’intervenir. Sarkozy répond en expédiant 15<code> </code>000<code> </code>soldats occuper le nord de l’Italie.<br />
<span> </span><span>  </span><br />
En Lettonie, également gagnée par les troubles, Poutine décide de faire intervenir l’armée russe. En<code> </code>2016, celle-ci occupe également la Lituanie, la Biélorussie et la Moldavie.<br />
<span>    </span><br />
Fin 2016, Sarkozy, qui a fait modifier la Constitution afin de pouvoir briguer un troisième mandat, désigne les Anglais comme boucs émissaires des malheurs de l’Europe.<br />
<span>   </span><br />
Quelques mois plus tard, des heurts très graves opposent à Bruxelles Flamands et Wallons<code> </code>: Sarkozy décide d’y envoyer les troupes françaises.<br />
<span>   </span><br />
Les Britanniques décident à leur tour d’intervenir militairement pour «<code> </code>préserver l’indépendance de la Belgique<code> </code>». Leurs troupes sont battues par l’armée française soutenue par «<code> </code>des supplétifs espagnols et italiens, l’argent allemand et avec la bénédiction de la Russie impérialiste<code> </code>». Sarkozy se vante alors d’avoir «<code> </code>effacé la tâche de Waterloo<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Trois questions</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Arrêtons-là les frais. Il y aurait beaucoup à dire – et à écrire – sur l’obsession anti-française des Britanniques, leur insularité qui confine à l’autisme ou leur propension à se donner constamment le beau rôle de champion de la démocratie et des libertés… La lecture de deux billets les concernant, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/03/page/3/" target="_blank">Albion<code> </code>: l’oligarchie triomphante</a></em> par François Farbeau et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050<code> </code>: l’odyssée du servage</a></em>, nuance singulièrement le tableau.<br />
<span>   </span><br />
Si on laisse de côté ces aspects, l’article de Sandbrook soulève au moins trois questions<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>les «<code> </code>plans de rigueur<code> </code>» successifs peuvent-ils</strong>, de grèves en manifestations, <strong>déboucher sur des situations de type révolutionnaire, avec transfert du pouvoir par la force<code> </code>?</strong> En d’autres termes, <strong>un «<code> </code>printemps européen<code> </code>» peut-il succéder au «<code> </code>printemps arabe<code> </code>»<code> </code>?</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>Sarkozy réélu en 2012<code> </code>? Quasi Président à vie ensuite<code> </code>?</strong> Est-ce possible<code> </code>? Est-ce crédible<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>Quel jeu vont jouer les Russes</strong> dans un contexte de crise économique grave en Europe et de repli de la puissance américaine<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal">Vu l’importance de ces questions et la longueur des développements nécessaires pour répondre à chacune d’entre elles, <strong>nous n’adresserons que la première dans ce billet</strong>, réservant à de futurs articles le soin de traiter les autres points.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Éléments de scénarios</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Face aux plans de rigueur qui vont maintenant se succéder en Europe et qui ne sont, selon nous, qu’une étape vers le démantèlement des États-nations, comment vont réagir les peuples<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
De façon schématique, nous pourrions assister à deux types de comportements :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>la soumission et la résignation</strong>, sur le thème «<code> </code>on l’a bien cherché, on a vécu au-dessus de nos moyens, maintenant il faut payer<code> </code>», accompagnées, le cas échéant, d’un sentiment de honte, d’une dépression collective larvée. En résumé, l’acceptation passive des événements et de «<code> </code>ce qu’il convient de faire<code> </code>» tels que le présentent les gouvernants et les médias<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>l’indignation, le refus, la révolte</strong>. Contre qui<code> </code>? C’est là que des divergences vont se faire jour<code> </code>: <em>grosso modo</em>, ce ressentiment, cette quasi-haine, pourraient se tourner <strong>soit vers les dirigeants (politiques, banquiers…), soit vers des boucs émissaires</strong>. Ceux-ci pourraient à leur tour être de deux types<code> </code>: <strong>internes</strong>, mais minoritaires dans le pays concerné (juifs, musulmans, noirs, roms…) ou <strong>étrangers</strong> («<code> </code>c’est la faute<code> </code>» aux Grecs, Italiens, Anglais…).</p>
<p class="MsoNormal"><strong>Le scénario Sandbrook comprend des peuples soumis</strong> (Français, Russes) <strong>et des peuples révoltés</strong> (Grecs, Espagnols), les Anglais étant <em>of course</em> au-dessus de la mêlée. Les peuples soumis ont cependant la «<code> </code>possibilité<code> </code>», sur suggestion de leurs dirigeants, de tourner leur ressentiment vers des boucs émissaires externes (Anglais, Moldaves…) alors que celui des peuples révoltés est dirigé vers les dirigeants politiques de leur pays et le lobby bancaire.<br />
<span>  </span><br />
Bien évidemment, <strong>les dirigeants en place veulent disposer de peuples soumis auxquels on désigne des boucs émissaires internes ou externes</strong>. L’article de Sandbrook en est un parfait exemple car, <strong>pour expliquer les malheurs de la Grande-Bretagne, il n’a qu’une seule explication<code> </code>: le vilain Français</strong> (il faut dire que la médiocrité et l’orgueil de Sarkozy en font un «<code> </code>méchant Français<code> </code>» idéal), alors que la responsabilité du lobby bancaire dans la crise actuelle est totalement passée sous silence.<br />
<span>   </span><br />
Dans le même sens, <strong>le journal <em>Bild</em></strong>, dont nous reproduisions une accroche d’article dans le billet de la semaine dernière (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/11/05/%CF%84%CF%81%CE%B1%CE%B3%E1%BF%B3%CE%B4%CE%AF%CE%B1%E2%80%A6-tragoidia-tragedie/" target="_blank">τραγῳδία… tragôidía… tragédie</a>), <strong>désigne clairement aux Allemands les Grecs comme boucs émissaires. Qu’en sera-t-il des autres peuples, et notamment des Français<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Trois éléments peuvent nous aider à répondre à cette question<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>la structure d’âge de la population ainsi que son niveau d’éducation</strong>. Schématiquement, <strong>plus la population d’un pays est jeune et éduquée, plus il devrait être enclin à adopter une attitude «<code> </code>révolutionnaire<code> </code>»</strong> et à se révolter contre les dirigeants en place et les lobbies qui les soutiennent. À l’inverse, une population âgée et/ou peu éduquée adoptera plus volontiers une attitude de soumission et dirigera son ressentiment vers un bouc émissaire interne ou externe que ses gouvernants lui désignent.<br />
<span>   </span><br />
Quelle est aujourd’hui la proportion des 15/30<code> </code>ans dans les principaux pays européens<code> </code>? 15<code> </code>% en Italie, 17<code> </code>% en Espagne, 18<code> </code>% en Allemagne et en France, 19<code> </code>% en Grèce, 20<code> </code>% au Royaume-Uni<code> </code>: à quelques nuances près, <strong>des structures de population très comparables et un nombre de jeunes qui</strong>, à la différence de l’Égypte ou de la Lybie (28<code> </code>% à 29<code> </code>% de 15/30<code> </code>ans), <strong>n’atteint pas le seuil de 25<code> </code>% nécessaire</strong>, selon certains théoriciens (nous vous faisons grâce des polémiques sur le sujet…), <strong>pour que s’enclenchent les révolutions</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> le<strong> «<code> </code>fonds culturel<code> </code>»</strong>. Est-il, dans une perspective historique, plutôt <strong>tourné vers l’égalitarisme et la «<code> </code>lutte des classes<code> </code>»</strong> (Espagne, France) <strong>ou vers une acceptation des inégalités sociales</strong> (Royaume-Uni)<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>la structure actuelle de la «<code> </code>cellule politique<code> </code>»</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em>). Est-elle en forme de cellule arrondie ou, plus probablement, de tore ouvert<code> </code>? Dans ce cas, une extrémité du tore est-elle hypertrophiée et, dans l’affirmative, laquelle<code> </code>? Si c’est l’extrémité gauche, la probabilité d’une révolte contre les dirigeants et les banques s’accroît alors que, si l’extrémité droite est plus importante, c’est la recherche d’un bouc émissaire interne ou externe qui sera privilégiée.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<strong><u>Le cas de la France</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Un élément milite en faveur d’une révolte des Français</strong> contre le lobby bancaire et les dirigeants qui veulent leur imposer des plans de rigueur<code> </code>: <strong>un fonds culturel égalitaire et un historique de lutte des classes</strong> auquel sont liés des symboles forts comme la Commune, le Front populaire ou, à un moindre degré, mai<code> </code>68.<br />
<span>   </span><br />
Par contre, <strong>la structure d’âge de la population et la forme actuelle de notre «<code> </code>cellule politique<code> </code>»</strong> - un tore ouvert dont l’extrémité droite est nettement hypertrophiée - <strong>font pencher la balance dans le camp «<code> </code>résignation avec recherche d’un bouc émissaire interne ou externe<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À cette première approche, s’ajoutent deux autres éléments d’analyse<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> le premier a été détaillé dans notre billet de septembre<code> </code>2010, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/page/3/" target="_blank">Révolution ou jacqueries<code> </code>?</a></em> Si l’on accepte l’hypothèse que notre civilisation est en fin de parcours, dans une situation peu ou prou comparable à celle de l’Empire romain au III<sup>e</sup> ou au IV<sup>e</sup><code> </code>siècle, et que, depuis la mort du marxisme, il n’existe aucune solution idéologique «<code> </code>de rechange<code> </code>» au capitalisme financier actuellement dominant, <strong>nous pourrions assister à quelques «<code> </code>jacqueries<code> </code>» vite matées mais en aucun cas au déclenchement d’une «<code> </code>révolution<code> </code>»</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> le second concerne la <strong>société narcissique</strong> dans laquelle nous vivons (voir le billet de Patrice Ranjard, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em>). Ce type de société <strong>est incompatible avec une «<code> </code>conscience de classe<code> </code>» et ne peut se mobiliser pour une «<code> </code>lutte des classes<code> </code>»</strong>. Une société narcissique peut, tout au plus, amener des individus isolés à se regrouper temporairement lorsqu’ils se sentent menacés, mais leur nature narcissique empêche de transformer cette action en un véritable mouvement collectif qui transcende les intérêts particuliers et fasse émerger une «<code> </code>conscience de classe<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Pour caricaturer un peu, les intérêts d’un professeur d’EPS exerçant en collège en zone urbaine pourraient un temps rejoindre ceux d’un sapeur-pompier à temps partiel qui travaille dans une ville de moins de 50<code> </code>000<code> </code>habitants mais la catégorisation / narcissisation des individus a tellement segmenté le corps social que celui-ci est, selon nous, aujourd’hui incapable de se «<code> </code>penser<code> </code>» comme tel.</p>
<p>Tout concourt donc à une évolution «<code> </code>poutinienne<code> </code>» de la France, au sens où nous l’avons décrit dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/page/2/" target="_blank">Une autre vision de la politique</a></em><code> </code>: <strong>une démocratie «<code> </code>sous contrôle<code> </code>» à forte orientation ploutocratique, secouée de temps à autre par des jacqueries</strong>. Comme le dit avec justesse Victor Hugo dans <em>Les misérables</em>, «<code> </code>Révolution est précisément le contraire de révolte<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/104464" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>τραγῳδία… tragôidía&#8230; tragédie</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Nov 2011 17:36:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Les récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont participé.
   
D’un côté Angela Merkel et la presse allemande – le journal populaire Bild notamment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" scrolling="no" frameborder="0"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p><script src="http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#pubid=xa-4de9459277857609" type="text/javascript"></script>Les récents épisodes de la tragédie grecque ont eu pour principal effet de mettre en lumière, de révéler la nature profonde, les craintes et ambitions des différents protagonistes qui y ont participé.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/bild2.jpg" title="bild2.jpg" alt="bild2.jpg" align="left" height="163" hspace="10" vspace="10" width="285" />D’un côté <strong>Angela Merkel et la presse allemande</strong> – le journal populaire <em>Bild</em> notamment (voir ci-contre une accroche d’article de ce journal que l’on pourrait traduire par «<code> </code>Vendez vos îles, Grecs ruinés, et l’Acropole par la même occasion<code> </code>!<code> </code>») – qui <strong>traitent Papandréou et les Grecs avec tout le mépris, le dédain et la condescendance dont ils sont capables</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/obama-and-sarkozy2.jpg" title="obama-and-sarkozy2.jpg" alt="obama-and-sarkozy2.jpg" align="right" hspace="10" vspace="10" />Au centre, se voulant le plus visible possible, <strong>le Prince-Président</strong>, soufflé d’orgueil et bouffi de suffisance, <strong>qui s’auto-congratule</strong> et se considère comme un des dirigeants les plus importants de la planète. Convoquant Papandréou pour le morigéner comme on le fait d’un laquais désobéissant, il roucoule comme une colombe dès qu’Obama lui manifeste la moindre attention.<br />
<span>  </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/11/dallara-and-barroso2.jpg" title="dallara-and-barroso2.jpg" alt="dallara-and-barroso2.jpg" align="left" hspace="10" vspace="10" />Dans la coulisse, <strong>le lobby bancaire</strong>, mené par Charles Dallara, directeur général de l’<em>Institute of International Finance</em>, qui <strong>s’affaire pour que les décisions politiques cadrent avec ses intérêts</strong>…<br />
<span>   </span><br />
Sans oublier tous ceux qui exhortent les Grecs à sortir de l’Union européenne et à abandonner l’euro, rêvant – pour des raisons parfois peu avouables – de précipiter la chute de la monnaie unique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Quelques rappels</u></strong><br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, ne soyons pas trop étonnés par ce qui se déroule aujourd’hui. Ce scénario, nous l’avions envisagé et décrit dès cet été dans deux billets, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank"><em>Les marches d’Odessa</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/page/2/" target="_blank"><em>Timeo Danaos</em></a>. Nous vous proposons de les relire car, rédigés «<code> </code>à froid<code> </code>» avant le déclenchement de la crise grecque, ils sont vierges de l’influence de la pression du quotidien, qui perturbe bien plus souvent l’analyse qu’elle ne l’éclaire.<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, rappelons <strong>le <em>deal</em> proposé à la Grèce le 27<code> </code>octobre par le trio Merkel-Sarkozy-Dallara</strong> :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt; text-indent: -7.1pt"><span>•</span> les banques renoncent, sur la base du volontariat, à la moitié de leurs créances sur la dette publique grecque<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt; text-indent: -7.1pt"><span>•</span> un nouveau prêt de 100<code> </code>milliards d’euros est accordé, sous conditions, à la Grèce d’ici<code> </code>2014. Les conditions<code> </code>? Plan d’austérité draconien, privatisations en série et contrôle permanent de la politique budgétaire grecque par une «<code> </code>troïka<code> </code>» composée de représentants de l’Union européenne, de la BCE et du FMI. En clair, une <strong>mise sous tutelle économique de la Grèce</strong> par des institutions chargées de pérenniser la structure du système financier actuel.</p>
<p class="MsoNormal">Ceci posé, quels enseignements tirer des événements de ces derniers jours<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un recul démocratique majeur</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Papandréou, qui voulait faire ratifier par référendum l’accord ci-dessus mentionné, a du bien vite faire machine arrière devant la réaction et les menaces du lobby bancaire et du couple Merkel-Sarkozy (comme le dit servilement <a href="http://www.parismatch.com/Actu-Match/Economie/Actu/Papandreou-renonce-au-referendum-350127/" target="_blank"><em>Paris Match</em></a><em>, «<code> </code>il s’était attiré les foudres des Dieux européens, le président de la République française Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel<code> </code>»)</em>. On ne peut dire aujourd’hui si cet accord aurait été ou non ratifié par <strong>le peuple</strong>, celui-ci <strong>n’ayant plus son mot à dire sur des décisions qui vont changer complètement le sort et l’avenir du pays</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une première victoire du lobby bancaire et financier…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
À l’inverse, on peut affirmer qu’<strong>une bataille importante a été gagnée par le lobby bancaire dans sa volonté de soumettre le politique à ses intérêts</strong>. Le meilleur indicateur a été l’évolution en Bourse des actions des banques<code> </code>: à la hausse lorsque l’accord du 27<code> </code>octobre a été conclu, elles ont plongé à l’annonce du référendum avant de remonter quand Papandréou a jeté l’éponge.<br />
<span>   </span><br />
De façon très révélatrice, très significative, <strong>la plupart des commentateurs ont présenté cet abandon du référendum comme une bonne nouvelle</strong>, un «<code> </code>soulagement<code> </code>», se faisant l’écho d’un Christian Estrosi qui avait jugé le recours au peuple «<code> </code><a href="http://www.lepoint.fr/economie/referendum-en-grece-christian-estrosi-je-deplore-cette-decision-qui-me-parait-totalement-irresponsable-de-la-part-du-premier-ministre-grec-01-11-2011-1391345_28.php" target="_blank">totalement irresponsable</a><code> </code>». <strong>Ces réactions montrent à quelle vitesse nous sommes en train de sortir du modèle républicain</strong> que nous avons connu pour entrer dans une «<code> </code>démocratie sous contrôle<code> </code>», à la russe ou à la chinoise.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… en attendant la prochaine<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Nous en verrons une nouvelle preuve lors des <strong>prochaines «<code> </code>crises<code> </code>» qui ne manqueront pas de toucher l’Italie, l’Irlande ou le Portugal… en attendant la France</strong>. Dans tous les cas, le discours adressé aux citoyens sera le même que celui qui a été tenu aux Grecs<code> </code>: «<code> </code>tenez-vous à carreau, acceptez ce que nous vous proposons et dîtes merci, sinon ce sera pire encore.<code> </code>»</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center">*<span>        </span>*<br />
*</p>
<p class="MsoNormal">Lorsque nous avons commencé la rédaction des premiers billets de <em>La Lettre du Lundi</em> il y a près de trois ans, nous nous étions alors définis comme «<code> </code>extrêmement préoccupés par l’évolution que prennent nos institutions, l’économie, les relations sociales et désireux d’offrir aux lecteurs de <em>La Lettre</em> un point de vue et une analyse que l’on ne retrouve pas souvent dans les médias grand public<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Au fil de nos billets, nous n’avons cessé de vous alerter sur ce qui était en train de se préparer<code> </code>: importance croissante des lobbies et, plus particulièrement, du lobby financier<code> </code>; faillite, mise sous tutelle, voire quasi-disparition des États-nations<code> </code>; transfert des compétences régaliennes aux TGE (très grandes entreprises)<code> </code>; accélération du développement des inégalités<code> </code>; naissance d’une nouvelle aristocratie tirant sa puissance d’une incroyable concentration des richesses<code> </code>; marchandisation de l’ensemble des activités humaines et de l’homme lui-même<code> </code>; régressions démocratiques majeures dans les pays occidentaux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ce qui se préparait est maintenant une réalité. Ce qui arrive aujourd’hui aux Grecs nous arrivera demain, se généralisera demain</strong><code> </code>: ce n’est que la première étape d’un processus qui ne s’arrêtera pas. Pardonnez-nous de nous «<code> </code>auto-citer<code> </code>» une fois de plus mais, pour reprendre l’image utilisée dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank"><em>Les marches d’Odessa</em></a>, <strong>le landau a commencé sa descente</strong>. Pour l’arrêter, il n’y aurait qu’une solution dont la probabilité d’occurrence est quasi-nulle<code> </code>: <strong>dynamiter l’escalier</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>  </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt; border-width: 1.5pt; border-color: red; border-style: solid"><strong><strong> <span style="font-family: Eurostile,sans-serif">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="padding: 1pt 4pt; border-width: 1pt; border-color: windowtext; border-style: solid"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/102256" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les biens du clergé</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/30/les-biens-du-clerge/</link>
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		<pubDate>Sun, 30 Oct 2011 12:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[      {lang: \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'fr\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\'} 
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   1789
   
1789 : les impôts ne rentrent plus, les épargnants (le « marché financier » de l’époque) refusent de prêter de l’argent à l’État. La faillite menace le royaume de France.
   
Pour trouver une solution à cette « crise financière », Louis XVI réunit les États Généraux [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
1789<code> </code>: les impôts ne rentrent plus, les épargnants (le «<code> </code>marché financier<code> </code>» de l’époque) refusent de prêter de l’argent à l’État. La faillite menace le royaume de France.<br />
<span>   </span><br />
Pour trouver une solution à cette «<code> </code>crise financière<code> </code>», Louis<code> </code>XVI réunit les États Généraux au mois de mai, avec en tête un seul objectif<code> </code>: trouver de l’argent.<br />
<span>   </span><br />
Passons sur les événements et péripéties qui jalonnent les premiers mois des États et arrivons-en au cœur de notre sujet<code> </code>: la résolution de la crise financière.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/talleyrand.jpg" alt="talleyrand.jpg" title="talleyrand.jpg" vspace="10" width="225" align="left" height="231" hspace="10" />Au mois d’octobre, un jeune ambitieux de 35<code> </code>ans, Talleyrand, évêque d’Autun, propose une solution radicale<code> </code>: <strong>nationaliser les biens du clergé</strong>, dont la valeur représente environ dix fois le montant du budget annuel de la France.<br />
<span>   </span><br />
Âprement discuté, le <strong>principal argument</strong> pour soutenir cette proposition est le suivant<code> </code>: <strong>l’immense fortune du clergé s’est constituée à l’aide des dons</strong> de l’ensemble des fidèles, c’est-à-dire <strong>de toute la Nation</strong>. Les biens du clergé doivent donc, en toute logique, revenir à la Nation.<br />
<span>   </span><br />
En moins d’un mois, l’affaire est pliée et, le 2<code> </code>novembre 1789, les biens de l’Église deviennent propriété de l’État.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2011</u></strong><br />
<span>   </span><br />
2011<code> </code>: la croissance économique s’est arrêtée, le chômage progresse, la République croule sous les dettes – plus de 1<code> </code>800<code> </code>milliards d’euros – et dépense chaque année une centaine de milliards d’euros de plus qu’elle n’engrange en recettes.<br />
<span>   </span><br />
Nicolas Sarkozy, auquel l’Histoire décernera sans doute le titre de plus mauvais Président de la Cinquième République, a multiplié les cadeaux fiscaux à ses amis et obligés depuis le début de son mandat, réduisant d&#8217;autant les recettes de l&#8217;État. Soudainement paniqué et atteint dans son orgueil de Narcisse à l’idée que la France perde son «<code> </code>triple<code> </code>A<code> </code>» qui rassure ses créanciers, il multiplie les effets de manche et, d&#8217;un hebdomadaire «<code> </code>sommet de la dernière chance<code> </code>» aux conciliabules journaliers, il s’agite aussi inutilement que dangereusement.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Comme en 1789, la question reste la même<code> </code>: où trouver de l’argent<code> </code>?</strong> À part augmenter la TVA, raboter quelques niches fiscales et dégrader encore un peu plus le service public, le Président du Fouquet’s ne sait trop que faire. Comme un enfant qui a cassé son jouet, il jure que «<code> </code>c’est pas de sa faute, c’est la faute à la crise<code> </code>».<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2012</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Comme en 1789, il faut désormais envisager des mesures radicales. Mais <strong>quels sont, aujourd’hui, les biens du clergé à nationaliser<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Avant de poursuivre la lecture de ce billet, nous vous invitons au préalable à lire ou relire celui consacré à <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/page/3/" target="_blank">notre «<code> </code>troisième proposition pour<code> </code>2012<code> </code>»<code> </code>: la répartition des richesses</a>.<br />
<span>   </span><br />
Dans ce billet, nous avancions deux mesures pour parvenir à une meilleure répartition des richesses dans notre pays. La première consistait à taxer très lourdement, 90<code> </code>% par exemple, tous les revenus supérieurs à 330<code> </code>000<code> </code>€ par an. La seconde concernait le capital<code> </code>: dans le cadre d’un impôt imposant toute fortune supérieure à un million d’euros, nous proposions de taxer très fortement tout patrimoine supérieur à 100<code> </code>millions d’euros.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, nous allons plus loin<code> </code>: <strong>imposons à 90<code> </code>% toute fortune supérieure à 100 millions d’euros</strong>, réalisant <em>de facto</em> une nouvelle nationalisation des biens du clergé, version XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Quelques chiffres</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Selon le magazine <em>Challenges</em>, en<code> </code>2010, en France, <strong>377<code> </code>personnes ou groupes familiaux détenaient un patrimoine égal ou supérieur à 100<code> </code>millions d’euros</strong>, depuis Bernard Arnault jusqu’au propriétaire de Pixmania ou des vins Chapoutier (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/fortunes-de-france-en-2010/" target="_blank">liste intégrale ici</a>).<br />
<span>   </span><br />
Le total de ces 377<code> </code>fortunes<code> </code>? <strong>Un peu plus de 270<code> </code>milliards d’euros, soit, à une quinzaine de milliards près, le montant total des dépenses de l’État français en<code> </code>2011</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’aborderons pas ici la question du «<code> </code>comment employer cet argent<code> </code>», dont la ou plutôt les réponses pourraient remplir plusieurs volumes d’une bibliothèque et susciter des polémiques sans fin. Notre objectif est plus simple<code> </code>: souligner les écarts de richesses ahurissants qui existent dans notre pays et montrer pourquoi, si nous voulons «<code> </code>sauver la République<code> </code>», nous devons réduire ces écarts de façon spectaculaire.<br />
<span>   </span><br />
Compte tenu de la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier ces dernières années, le patrimoine de l’ensemble des Français est aujourd’hui estimé à 10<code> </code>000<code> </code>milliards d’euros. Quand au patrimoine médian, il est de moins de <strong>100<code> </code>000<code> </code>€</strong>, ce qui signifie que <strong>50<code> </code>% des Français ont un patrimoine inférieur à ce chiffre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À l’inverse, 377<code> </code>personnes ou groupes familiaux, qui doivent représenter un total d’environ 1<code> </code>200<code> </code>individus, se partagent 270<code> </code>milliards, soit environ 716<code> </code>millions par «<code> </code>personne ou groupe familial<code> </code>» ou 225<code> </code>millions par individu<code> </code>: selon le mode de calcul choisi, <strong>un écart de 1 à 7<code> </code>160 ou de 1 à 2<code> </code>250 par rapport au patrimoine d’un «<code> </code>Français moyen<code> </code>»</strong>…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Imposer une taxation à 90<code> </code>% au-delà de 100<code> </code>millions d’euros reviendrait à ramener de 1 à 1<code> </code>000 l’écart de fortune entre les plus riches et le «<code> </code>Français moyen<code> </code>».</strong> La proposition est donc infiniment plus modérée qu’il n’y paraît de prime abord<code> </code>: nous restons à des années-lumière d’une «<code> </code>société égalitaire<code> </code>». Et pourtant…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>«<code> </code>Vous êtes dingue<code> </code>!<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Taxer à 90<code> </code>% la fraction du patrimoine supérieure à 100<code> </code>millions d’euros<code> </code>? Vous êtes dingue<code> </code>! C’est une blague<code> </code>? C’est du collectivisme, tout cet argent est le fruit d’une vie de travail. Pourquoi spolier ces (pauvres) gens<code> </code>?<code> </code>»<br />
<span> </span><br />
Voilà peu ou prou le type d’objection que l’on entendrait si cette proposition était avancée par un homme – ou une femme – politique d’envergure, un(e) candidat(e) à la présidentielle, par exemple. Pour y répondre, prenons un peu de hauteur.<br />
<span>   </span><br />
Nous ne citerons pas ici les nombreux billets qui, sous une forme ou sous une autre, ont abordé et analysé depuis trois ans cette question centrale<code> </code>: <strong>la concentration des richesses nous mène droit à la fin de la démocratie</strong>.<br />
<span>   </span><br />
D’une part, <strong>le véritable pouvoir est déjà entre les mains d’un «<code> </code>réseau<code> </code>» d’environ 2<code> </code>000<code> </code>personnes, dont les «<code> </code>377<code> </code>» font partie, faisant de notre République une oligarchie, ou plutôt une <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/" target="_blank">ploutocratie</a></strong>.<br />
<span>   </span><br />
D’autre part, face à des inégalités de plus en plus criantes, il n’y a déjà plus qu’une solution, ou plutôt trois, <strong>pour maintenir l’ordre social<code> </code>: «<code> </code>bourrer les crânes<code> </code>» en abêtissant la populace </strong>(laissons crever l’école publique) <strong>et en contrôlant la communication</strong> (TV, presse…)<code> </code>; <strong>réprimer</strong> (la presse encore indépendante, les syndicats, les juges… tous les contre-pouvoirs qui «<code> </code>osent l’ouvrir<code> </code>»)<code> </code>; <strong>diviser, dresser les individus les uns contre les autres</strong> (salariés du privé contre «<code> </code>fainéants de fonctionnaires<code> </code>», parents d’élèves contre professeurs, blancs contre noirs et arabes, etc.).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Réduire violemment et irrémédiablement</strong> (une fois que l’argent est pris, on ne le rend pas<code> </code>!) <strong>le gouffre social et financier qui s’est creusé en France est, en définitive, indispensable si l’on veut sauver la démocratie</strong> et éviter de poursuivre le chemin déjà entamé vers une république impériale, oligarchique et ploutocratique (pardonnez la pédanterie et la longueur de l’expression). <strong>Cette nécessité</strong> n’est ni de droite ni de gauche, elle <strong>est tout simplement républicaine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span> </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: Arial,sans-serif"> </span></p>
<p style="margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Une autre vision de la politique</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/22/une-autre-vision-de-la-politique/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/10/22/une-autre-vision-de-la-politique/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Oct 2011 19:22:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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On a coutume de dire qu&#8217;en France, la séparation entre droite et gauche date de la Révolution française, quand ceux qui allaient devenir Montagnards, Girondins ou membres du Marais s&#8217;installèrent dans l&#8217;hémicycle. Cette vision d&#8217;un paysage politique réparti entre « droite », « gauche » et « centre » [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><span>   </span><br />
On a coutume de dire qu&#8217;en France, la séparation entre droite et gauche date de la Révolution française, quand ceux qui allaient devenir Montagnards, Girondins ou membres du Marais s&#8217;installèrent dans l&#8217;hémicycle. Cette vision d&#8217;un paysage politique réparti entre «<code> </code>droite<code> </code>», «<code> </code>gauche<code> </code>» et «<code> </code>centre<code> </code>» date de cette période<code> </code>: on imagine un demi-cercle où le «<code> </code>bleu<code> </code>» et le «<code> </code>rose<code> </code>» se disputent la plus large part du gâteau avec, suivant les périodes et les modes de scrutin, des franges «<code> </code>rouge<code> </code>» et «<code> </code>verte<code> </code>» sur le flanc gauche, et une frange «<code> </code>brune<code> </code>» du côté droit.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette représentation «<code> </code>en demi-camembert<code> </code>» ne rend cependant qu&#8217;imparfaitement compte des rapports de force politiques</strong> et des «<code> </code>passerelles<code> </code>» entre les différentes sensibilités, et ce pour trois raisons principales<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• plutôt qu&#8217;un demi-camembert ressemblant à un demi-cercle parfait, <strong>un demi-camembert «<code> </code>déformé<code> </code>»</strong>, avec des «<code> </code>boursouflures<code> </code>» à gauche, à droite ou au centre, selon les périodes, <strong>rendrait mieux compte de la réalité. Une représentation tridimensionnelle serait en fait l&#8217;idéal</strong>. Nous y reviendrons plus loin<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la vision d&#8217;un hémicycle comptant tant de représentants de chaque tendance traduit fort mal l&#8217;état de la situation politique dans le «<code> </code>pays réel<code> </code>». Non seulement le scrutin majoritaire amplifie les tendances mais, à l&#8217;intérieur de chaque tendance principale, les différences d&#8217;opinion se fondent dans une couleur uniforme (qu’y a-t-il de commun, au PS, entre Valls et Montebourg<code> </code>? Ou, à l’UMP, entre Mariani et Pinte<code> </code>?) ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><strong>• cette même vision d&#8217;un demi-camembert donne l&#8217;impression que la gauche et la droite ne peuvent communiquer que via le centre. Rien n&#8217;est évidemment plus faux</strong><code> </code>: par exemple, lors du référendum de 2005, on a vu des «<code> </code>souverainistes<code> </code>» (de droite, voire d&#8217;extrême-droite) et des altermondialistes ou «<code> </code>chevènementistes<code> </code>» (donc de gauche ou d&#8217;extrême-gauche, selon la classification habituelle en vigueur) se rejoindre pour rejeter le traité sur l&#8217;Union européenne alors que les centristes - ou définis tels - y étaient majoritairement favorables.</p>
<p class="MsoNormal">Un des types de représentation les plus précis pourrait être celui conçu par <a href="http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/visuel/2011/07/04/la-cartographie-de-la-blogosphere-politique_1544714_1471069.html" target="_blank">Politicosphère</a> afin de cartographier la blogosphère politique française. Cette représentation, de forme cellulaire, permet de juger de l’importance et des rapports entre les forces en présence. Il lui manque cependant une troisième dimension qui permettrait, d&#8217;un simple coup d&#8217;œil, d’une part de juger de l&#8217;«<code> </code>épaisseur<code> </code>» - ou de la minceur - de telle ou telle tendance politique, d’autre part de visualiser d’éventuels «<code> </code>replis<code> </code>» de la cellule qui peuvent rapprocher des tendances <em>a priori</em> antipodiques.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Une représentation tridimensionnelle de type «<code> </code>cellulaire<code> </code>» est, en définitive, celle qui permettrait d&#8217;approcher au mieux la réalité. </strong>Nous verrons plus loin que, selon les périodes, cette cellule tridimensionnelle peut prendre des formes très diverses, notamment liées aux conditions économiques et à la répartition de la richesse dans la société.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi un exposé préliminaire aussi long avant d&#8217;aborder le cœur de notre sujet<code> </code>? Parce que, dans la perspective de l&#8217;élection présidentielle, nous allons nous efforcer, dans ce billet et dans d&#8217;autres, d&#8217;aller plus avant dans l&#8217;analyse de la situation et des rapports de force politiques. Et qu&#8217;effectuer cette analyse en ayant en tête le «<code> </code>demi-camembert<code> </code>» évoqué ci-dessus est infiniment réducteur et simplificateur<code> </code>: les sociétés humaines sont des organismes vivants et ceux-ci n&#8217;ont pas la forme de demi-camemberts&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Cellules «<code> </code>toriques<code> </code>» et cellules «<code> </code>arrondies<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Un coup d&#8217;œil dans le rétroviseur nous permet de voir que, <strong>durant les périodes de récession ou de crise économique, on </strong><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/tore-ouvert3.jpg" title="tore-ouvert3.jpg" alt="tore-ouvert3.jpg" align="left" height="276" hspace="10" vspace="10" width="238" /><strong>assiste généralement à </strong>une «<code> </code>radicalisation<code> </code>» des positions politiques qui se traduit par <strong>un étirement de la cellule, laquelle peut alors</strong> se replier sur elle-même et <strong>prendre la forme d’un tore ouvert</strong> (s’apparentant à celle d’un fer à cheval).<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, la crise de 1929 a engendré, à deux ans de distance, d&#8217;une part le 6<code> </code>février 1934, où les ligues d&#8217;extrême-droite ont tenté de renverser la République, d&#8217;autre part le Front populaire en<code> </code>1936<code> </code>: deux conceptions, deux visions diamétralement opposées de la réponse à apporter aux problèmes de l&#8217;heure, mais un basculement rapide d&#8217;une «<code> </code>solution<code> </code>» vers l&#8217;autre. Le centre, étiré et écrasé, n&#8217;a pu résister à cet effet d&#8217;élongation et s&#8217;évanouit en 1940.<br />
<span>   </span><br />
À l&#8217;inverse,<strong> les périodes de prospérité économique ont pour effet de «<code> </code>centriser<code> </code>», </strong><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/cellule-arrondie3.jpg" title="cellule-arrondie3.jpg" alt="cellule-arrondie3.jpg" align="left" hspace="10" vspace="10" /><strong>d&#8217;arrondir la cellule</strong>, traduisant ainsi le gonflement de la classe moyenne. Les Trente Glorieuses en sont un parfait exemple<code> </code>: dès le début des années<code> </code>60, l&#8217;«<code> </code>étirement<code> </code>» communiste n&#8217;est plus que de pure forme (personne ne pense sérieusement que les communistes vont prendre le pouvoir) et tout tourne autour d&#8217;un centre qu&#8217;il faut conquérir. Cette «<code> </code>centrisation<code> </code>» de la vie politique atteindra son apogée sous Giscard d&#8217;Estaing, qui souhaitait rassembler au centre «<code> </code>deux Français sur trois<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et aujourd’hui<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Depuis une trentaine d&#8217;années, nous avons été témoins de la <strong>croissance continue d&#8217;une «<code> </code>société inégalitaire<code> </code>»</strong>. Nous avons abordé et analysé ce phénomène dans de nombreux billets (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/" target="_blank">2009<code> </code>: à l’heure du bilan</a></em> ou <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/" target="_blank">Prends l’oseille et tire-toi</a></em>) et nous n&#8217;en traiterons ici que sous un seul angle<code> </code>: <strong>sa traduction politique et son influence sur la forme de la «<code> </code>cellule<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Dans le cadre de ce que l&#8217;on pourrait appeler l&#8217;effondrement progressif de la classe moyenne, nous avons assisté à <strong>deux évolutions principales</strong> et quasi-parallèles<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>l&#8217;écroulement de la gauche communiste</strong>, miroir de la dégringolade, puis de la disparition, de l&#8217;URSS.<br />
À première vue, cet écroulement peut sembler paradoxal<code> </code>: alors que les inégalités croissaient, on aurait dû assister à une poussée sur le flanc gauche de la cellule. Tel n&#8217;a pas été le cas, mais uniquement en apparence<code> </code>: d&#8217;une part on a vu surgir d&#8217;importantes excroissances à l&#8217;extrême-gauche dans les années<code> </code>80 (Action directe par exemple), mais qui n’ont eu aucune traduction électorale, d&#8217;autre part&#8230; voir ci-dessous ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le gonflement de l&#8217;extrême-droite qui a absorbé la poussée que l&#8217;on aurait dû observer à gauche</strong>. Dans les années<code> </code>80 et 90, cette extrême-droite lepéniste a prospéré sur une idée simple, voire simpliste<code> </code>: «<code> </code>si tout va mal, c&#8217;est de la faute aux immigrés, aux Noirs et aux Arabes.<code> </code>»<br />
Le Pen a ainsi permis de faire diversion, en canalisant contre les immigrés le ressentiment qui aurait dû s&#8217;exercer contre la «<code> </code>nouvelle aristocratie<code> </code>» qui se constituait aux dépens de la classe moyenne. <strong>La cellule a donc enflé à l&#8217;extrême-droite de<code> </code>1980 à 2000 </strong>(environ),<strong> sans grossir significativement du côté opposé.</strong> Point d&#8217;orgue de cette évolution<code> </code>: en avril<code> </code>2002, Le Pen accède au second tour de l&#8217;élection présidentielle.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>À droite toute<code> </code>!</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour les dirigeants de la droite traditionnelle, plus ou moins gaullistes, type Chirac, pas question d&#8217;aller s&#8217;accoquiner avec ou d&#8217;employer la rhétorique utilisée par les héritiers du pétainisme et de l&#8217;OAS. <strong>Sarkozy n&#8217;a pas eu de tels scrupules<code> </code>: voyant la cellule prendre une forme torique avec une hypertrophie prononcée à la droite de la droite, il a axé sa campagne de<code> </code>2007 sur des «<code> </code>valeurs<code> </code>» de type sécurité, anti-immigration et travail.</strong><br />
<span>   </span><br />
L&#8217;inégalité ayant continué de croître dans la société française durant sa présidence, nul doute que cette composante «<code> </code>extrême-droite<code> </code>» du tore a continué de gonfler depuis<code> </code>2007.<br />
<span>   </span><br />
Il y a donc fort à parier qu’en<code> </code>2012, la campagne de Nicolas Sarkozy sera positionnée encore plus à droite, calquée sur les thèmes de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» que nous avons analysés dans les trois précédents billets (voir <em>Les 12<code> </code>péchés capitaux <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/" target="_blank">1<sup>re</sup></a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/09/les-12-peches-capitaux-2e-partie/" target="_blank">2<sup>e</sup></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/15/les-12-peches-capitaux-3e-partie/" target="_blank">3<sup>e</sup></a> parties</em>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et la gauche<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Depuis le milieu des années 80, la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» n’a cessé</strong>, au nom d’un principe de «<code> </code>réalité<code> </code>»,<strong> de déplacer vers la droite son centre de gravité idéologique</strong>. Ce faisant, elle s’est retrouvée dans une zone de plus en plus mince de la cellule.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Centrisé<code> </code>», Jospin n’accède pas au second tour de l’élection présidentielle de<code> </code>2002. En<code> </code>2007, Ségolène Royal échoue largement devant Sarkozy après s’être fait sérieusement tailler des croupières par Bayrou au premier tour. Pourquoi<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
En acceptant les fondements et les dogmes du capitalisme libéral («<code> </code>c’est le seul moyen de créer de la richesse<code> </code>», «<code> </code>il n’y a pas d’autre solution sur le plan économique<code> </code>»…) et en ne proposant que des «<code> </code>aménagements<code> </code>» à ce système, du type «<code> </code>atténuation des effets les plus dommageables<code> </code>»,<strong> la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» s’est progressivement vidée de sa substance</strong> et n’apparaît plus que comme l’aile gauche d’un vaste conglomérat libéral (au sens français du terme, c’est-à-dire conservateur) où elle porterait un message de <em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Compassionate_conservatism" target="_blank">compassionate conservatism</a></em>, pour reprendre la terminologie américaine. Son message implicite<code> </code>: «<code> </code>il n’y a pas d’avenir à la gauche de la cellule, dans la partie gauche du tore. Les élections se gagnent au centre, et notamment au centre-droit.<code> </code>» Manuel Valls est le porte-parole le plus emblématique de cette tendance.<br />
<span>   </span><br />
Plus généralement, <strong>la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» a encore une vision «<code> </code>demi-camembert<code> </code>» de la société politique française et des rapports de force existants</strong>. Elle se bat pour «<code> </code>gagner au centre<code> </code>» alors que, comme nous allons le voir, la cellule a définitivement pris la forme d’un tore ouvert, gonflé aux extrémités et rétréci au centre.<br />
<span>   </span><br />
Depuis 5 ou 10<code> </code>ans, en marge de la gauche «<code> </code>classique<code> </code>» ou parlementaire, <strong>la partie gauche du tore s’est progressivement renforcée et peuplée</strong><code> </code>: écologistes, partisans de la démondialisation, anti-G7 ou anti-G10 et, plus récemment, «<code> </code>indignés<code> </code>», militants anti-banques, sans oublier le Front de gauche qui s’est constitué sur les ruines du parti communiste.<br />
<span>   </span><br />
On observe également – phénomène assez récent – un <strong>très fort repli du «<code> </code>tore ouvert<code> </code>» qui peut aller, dans certains cas, jusqu’à mettre en contact les extrémités gauche et droite de ce tore</strong><code> </code>: sur la page d’accueil du site Internet du Front national, la propagande anti-immigré se fait très discrète alors que les «<code> </code>ravages de l’ultra-libéralisme<code> </code>» sont dénoncés. Le discours antimondialisation, anti-banques, anti-européen… y est omniprésent, thèmes que l’on retrouve chez les indignés ou au Front de gauche. La rupture sémantique entre «<code> </code>Jean-Marie<code> </code>» et «<code> </code>Marine<code> </code>» est une réalité, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur le parti d’extrême-droite.<br />
<span>   </span><br />
N’en déduisez surtout pas hâtivement que ces deux extrêmes se sont rejoints dans un même combat. Si le diagnostic peut être identique sur certains sujets, <strong>la méthode pour résoudre les problèmes de l’heure est radicalement opposée</strong><code> </code>: pour l’extrême-droite, la méthode autoritaire (un «<code> </code>bon chef<code> </code>», auquel on donne beaucoup – si ce n’est tous – de pouvoirs) est privilégiée, alors que les «<code> </code>indignés<code> </code>» réclament à l’inverse plus de démocratie et de pouvoir direct au peuple.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Stratégies pour 2012</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Sur la base de cette analyse, quelles stratégies pour 2012<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Nous avons exposé plus haut ce que devrait être celle de <strong>Nicolas Sarkozy</strong>. Elle comporte une faille, dont on ne peut dire aujourd’hui si elle est de taille<code> </code>: les «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» visent à séduire l’électorat traditionnel du FN, mais sont en rupture avec le nouveau positionnement de Marine Le Pen.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon</strong>, tous deux aux extrémités du tore ouvert, <strong>vont chercher</strong> – bien qu’ils s’en défendent – <strong>à «<code> </code>aspirer<code> </code>» la partie du tore ouvert qui leur est opposée</strong>. Le phénomène sera-t-il marginal ou assistera-t-on à un véritable transfert des intentions de vote et des suffrages, dans un sens impossible à déterminer aujourd’hui<code> </code>? À suivre…<br />
<span>   </span><br />
<strong>François Hollande se trouve, selon nous, dans une position bien plus délicate que ce qu’annoncent les sondages</strong>. «<code> </code>Centrisé<code> </code>», taxé de «<code> </code>représentant de la gauche molle<code> </code>», il a multiplié les déclarations mi-chèvre mi-chou (sur le nucléaire, par exemple) qui n’ont fait que renforcer cette impression.<br />
<span>   </span><br />
<strong>S’il persiste dans cette voie médiane, il va voir ses intentions de vote fondre comme neige au soleil</strong>, au profit de Mélenchon… et de tous les autres. Au risque de lasser, répétons-le une fois de plus<code> </code>: <strong>il y a de moins en moins d’électeurs au centre</strong> et, tant qu’à voter pour un centriste, les électeurs qui se trouvent encore à cet endroit du tore ouvert préféreront voter pour un centriste «<code> </code>estampillé<code> </code>», type Bayrou ou Morin.<br />
<span>   </span><br />
En conclusion – très provisoire – <strong>les jeux sont sans doute beaucoup plus ouverts que ce que nous annoncent aujourd’hui les médias</strong>. Selon nous, <strong>ce sont les candidats qui seront perçus comme proches de chaque extrémité du tore ouvert qui devraient bien tirer leur épingle du jeu</strong>… voire créer la surprise.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et après<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Limitons-nous aujourd’hui aux <strong>deux hypothèses</strong>, actuellement (nous insistons sur le mot «<code> </code>actuellement<code> </code>») privilégiées par les médias.<br />
<span>   </span><br />
Réélu, Sarkozy devrait continuer et accélérer sur la voie qu’il poursuit depuis cinq ans, celle d’une <strong>démocratie autoritaire, «<code> </code>à la Poutine<code> </code>»</strong>. Résolument placé à l’extrémité droite du tore ouvert, il proposera probablement des <strong>postes de ministres à des frontistes «<code> </code>fréquentables<code> </code>»</strong>, afin de s’efforcer de contrôler un allié devenu (trop<code> </code>?) puissant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Élu, Hollande devrait se trouver dans une situation plus difficile, à moins qu’il ne se soit déplacé vers l’extrémité gauche du tore ouvert</strong> durant la campagne présidentielle et s’y maintienne ensuite, en ouvrant largement son gouvernement au Front de gauche, écologistes et consorts, et en mettant effectivement en œuvre une politique conforme aux vœux de cet électorat.<br />
<span>   </span><br />
Dans le cas contraire, il se trouvera pris en sandwich entre les deux extrémités du tore ouvert et «<code> </code>explosera en vol<code> </code>», probablement sous la pression de la rue, laquelle sera à la recherche de solutions beaucoup plus tranchées.<br />
<span>   </span><br />
Dans un récent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/11/pauvre-france/" target="_blank">Pauvre France</a></em>), nous avions effectué un parallèle entre la situation actuelle de la France et celle de la république de Weimar. Démocratie «<code> </code>à la Poutine<code> </code>» d’un côté, république de Weimar de l’autre si le candidat de gauche élu à la Présidence adopte une politique «<code> </code>centriste<code> </code>», <strong>la voie est en tout cas extrêmement étroite si l’on souhaite éviter le futur – statistiquement – le plus probable<code> </code>: une régression démocratique majeure</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les 12 péchés capitaux (3e partie)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/15/les-12-peches-capitaux-3e-partie/</link>
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		<pubDate>Sat, 15 Oct 2011 19:48:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Troisième et dernier volet de notre série d’articles consacrée aux « 12 propositions pour 2012 », préparées par la « droite populaire » à l’intention de Nicolas Sarkozy dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle.
   
Comme dans le billet précédent, rappelons que ces « 12 propositions » doivent être [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p><span>   </span><br />
Troisième et dernier volet de notre série d’articles consacrée aux «<code> </code>12<code> </code>propositions pour 2012<code> </code>», préparées par la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» à l’intention de Nicolas Sarkozy dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle.<br />
<span>   </span><br />
Comme dans le billet précédent, rappelons que <strong>ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» doivent être lues «<code> </code>en creux<code> </code>»<code> </code>: tout ce que Sarkozy va promettre, c’est tout ce sur quoi il a échoué ou tout ce qu’il est allé chercher dans le programme du Front national</strong> afin d’essayer d’être réélu.<br />
<span>   </span><br />
Analysons donc les quatre dernières propositions, afin de compléter les billets des semaines précédentes (voir ceux du <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/" target="_blank">2<code> </code>octobre</a> et du <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/09/les-12-peches-capitaux-2e-partie/" target="_blank">9<code> </code>octobre</a>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>9 – Renforcer les contrôles face à l’immigration et promouvoir le co-développement avec les pays du Sud</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Taper sur l’Arabe et cogner sur le Noir, ça marche toujours quand il s’agit d’aller chercher des voix du côté du Front national… Sur un mode mi-polémique mi-humoristique, on pourrait se demander ce que f… le gouvernement depuis cinq ans en matière de «<code> </code>contrôle face à l’immigration<code> </code>» (notez bien l’emploi du terme «<code> </code>face à<code> </code>» au lieu de «<code> </code>de<code> </code>»<code> </code>: rien n’est laissé au hasard dans la rhétorique sarkozyste).<br />
<span>   </span><br />
Une conclusion s’impose<code> </code>: depuis<code> </code>2009, le ministère de l’Intérieur est sous l’influence de deux altermondialistes, Brice Hortefeux et Claude Guéant, qui supportent en sous-main les immigrés clandestins. Et, avant<code> </code>2007, qui occupait le poste place Beauvau<code> </code>? De<code> </code>2002 à<code> </code>2004 puis de<code> </code>2005 à<code> </code>2007, un certain Nicolas Sarkozy. Six ans d’un «<code> </code>trio de choc<code> </code>» et il faut encore «<code> </code>renforcer les contrôles face à l’immigration<code> </code>»<code> </code>! Ces gens-là sont des incapables… ou plutôt <strong>des démagogues qui n’hésitent pas à jouer constamment sur la peur de l’autre pour aller à la chasse aux voix</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>10 – Promouvoir la laïcité et la république et lutter contre les communautarismes</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Rappelez-vous<code> </code>: le 20<code> </code>décembre 2007, rendant visite au Pape à Rome, Sarkozy avait déclaré que «<code> </code>Dans la transmission des valeurs et dans l&#8217;apprentissage de la différence entre le Bien et le Mal, <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2007/allocution-de-m-le-president-de-la-republique.7012.html" target="_blank">l&#8217;instituteur ne pourra jamais remplacer le curé</a>…<code> </code>». Belle déclaration de promotion de la laïcité et de la république. Grande finesse politique aussi, qui consiste à <strong>déterrer une hache de guerre vieille d’un siècle pour aller chercher des voix auprès de l’extrême-droite catholique</strong>, tendance Opus Dei ou Fraternité sacerdotale Saint Pie<code> </code>X.<br />
<span>   </span><br />
Quant au communautarisme et aux communautés, le Prince-Président se mélange allègrement les pinceaux lorsqu’il s’agit de définir une position, comme lors du discours qu’il a prononcé cette année, le 9<code> </code>février, lors du <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/diner-annuel-du-crif-retrouvez-le-discours-du.10628.html?search=communaut%C3%A9s&amp;xtmc=communaute&amp;xcr=8" target="_blank">dîner annuel du CRIF</a> (Conseil représentatif des institutions juives de France)<code> </code>:</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">il commence par déclarer que «<code> </code>devant l&#8217;Histoire de notre pays, il n&#8217;existe pas de communautés…<code> </code>». Suit une liste de références historiques (Saint Hilaire de<code> </code>Poitiers, Salomon de Troyes…) dont le non-lecteur de <em>La Princesse de Clèves</em> ignore probablement tout. Heureusement, il y a encore quelques Normaliens pour rédiger des discours présidentiels (pour      mémoire, en des temps aujourd’hui révolus, ces Normaliens étaient Présidents, évitant ainsi que l’inculture ne frappe l’État à la tête. Passons…)<code> </code>;</li>
<li class="MsoNormal">il ajoute ensuite que «<code> </code>la communauté juive française est la communauté juive la plus importante d&#8217;Europe<code> </code>» et qu’il a «<code> </code>engagé un programme de sécurisation de bâtiments appartenant à la communauté juive<code> </code>». Encore un pas et il va évoquer les «<code> </code>biens juifs<code> </code>» et les «<code> </code>terres juives<code> </code>»…</li>
</ul>
<p class="MsoNormal">Un mois auparavant, le 9<code> </code>janvier, à l’occasion de la présentation des <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/le-discours-des-voeux-du-president-a-la-france.10396.html?search=communaut%C3%A9&amp;xtmc=communaute&amp;xcr=5" target="_blank">vœux à la France d’Outre-mer</a>, Sarkozy rappelait qu’il avait «<code> </code>tenu à nommer auprès du représentant de l&#8217;État un sous-préfet issu de la communauté kanak<code> </code>». Deux jours plus tôt, dans ses <a href="http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/les-voeux-du-president-aux-autorites-religieuses.10366.html?search=communaut%C3%A9&amp;xtmc=communaute&amp;xcr=6" target="_blank">vœux aux autorités religieuses</a>, il mentionnait la «<code> </code>communauté musulmane de France<code> </code>». On pourrait multiplier les exemples comme des pains ou des poissons…<br />
<span>   </span><br />
<strong>La première chose que pourrait faire un Président responsable qui prétend «<code> </code>lutter contre les communautarismes<code> </code>», c’est</strong> de ne pas mentionner à tout bout de champ les «<code> </code>communautés<code> </code>», <strong>de ne pas se comporter comme un chef de produit marketing qui segmente son marché sur ce critère</strong>.<br />
<span>   </span></p>
<p align="left"> Ce n’est pas lui intenter un mauvais procès ou proférer une injure que de dire que Sarkozy a, en définitive, une <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/10/identification-form.jpeg" title="identification-form.jpeg" alt="identification-form.jpeg" align="left" height="209" hspace="10" vspace="10" width="279" />approche anglo-saxonne de la nation<code> </code>: pour lui, elle est une juxtaposition de communautés (caucasiens, asiatiques, noirs, latinos… pour reprendre la classification américaine). En tant que Président de la République, il estime que son objectif est de bien doser les signes de reconnaissance aux uns et aux autres, ce qui lui permet au passage de gagner le vote de telle ou telle communauté.</p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
Ce faisant, <strong>le communautarisme en sort renforcé car le chef de l’État s’adresse à des catégories de Français qu’il définit avant tout par une spécificité religieuse ou raciale</strong>. C’est une coupure totale avec la tradition républicaine qui refuse de compartimenter les Français, de s’adresser différemment à eux en fonction de leur origine.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>11 – S’opposer au droit de vote et d’éligibilité des étrangers<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Il est intéressant de noter à quel point, dans ses dernières suggestions, <strong>la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» joue de la surenchère par rapport au Front national</strong><code> </code>: à travers ces propositions risibles transparaît la crainte de Sarkozy d’être débordé à droite, de ne pas réussir à nouveau le «<code> </code>coup<code> </code>» de<code> </code>2007 où il avait, dès le premier tour, «<code> </code>aspiré<code> </code>» les voix du Front national.<br />
<span>  </span><br />
Est-il nécessaire d’analyser et de commenter sur le fond cette «<code> </code>proposition<code> </code>», tant elle est nulle, étymologiquement parlant<code> </code>? Rappelons que les seuls étrangers ayant droit de vote en France sont les ressortissants de l’Union européenne à l’occasion des élections européennes et municipales (mais ils ne peuvent pas être élus maire ou adjoint au maire).<br />
<span>   </span><br />
De temps à autre, on voit surgir quelques propositions pour que celles et ceux qui ne possèdent pas la nationalité française mais résident durablement en France puissent voter aux élections municipales. Sur le fond, ces propositions peuvent s’appuyer sur des arguments recevables mais elles se heurtent à un <strong>obstacle juridique de taille</strong>, que rappellerait très probablement le Conseil constitutionnel dans l’hypothèse où une proposition de ce type deviendrait loi<code> </code>: les maires et leurs adjoints élisent les sénateurs qui, à leur tour, votent les lois et peuvent modifier la Constitution lorsqu’ils sont réunis en Congrès. Cette expression de la «<code> </code>souveraineté nationale<code> </code>» ne pourrait être déléguée, même indirectement (c’est-à-dire à travers l’élection indirecte des sénateurs par les citoyens), à des résidents qui n’ont pas la nationalité française.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>12 – Refuser la légalisation du cannabis et de toutes les drogues</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Autre proposition racoleuse de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» qui s’insurge contre les «<code> </code>salles de shoot<code> </code>». On voit là l’intention nette de polémiquer afin de pouvoir lancer, dans un débat télévisé<code> </code>: «<code> </code>M.<code> </code>X., êtes-vous pour ou contre les salles de shoot<code> </code>?  Êtes-vous prêt à dire aux Français que vous allez en ouvrir une en bas de leur immeuble<code> </code>? »<br />
<span>   </span><br />
<strong>Polémique minable qui permet d’éviter les sujets de fond<code> </code></strong>: pourquoi se drogue-t-on<code> </code>? Quels liens entre consommation de drogue et absence de perspectives dans sa vie<code> </code>? Quid de l’alcoolisme, en hausse constante chez les moins de 25<code> </code>ans, mais qui ne fait l’objet d’aucune dénonciation de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» car entretenu par le lobby agro-alimentaire et pinardier<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Ces dernières propositions, toutes plus populistes les unes que les autres, signent une <strong>évolution structurelle d’une partie croissante de la droite française et de la société française vers l’«<code> </code>extrême-droitisation<code> </code>»</strong>. Pourquoi<code> </code>? Quelles conséquences pour<code> </code>2012, et après<code> </code>? Comment, de son côté, évolue la gauche<code> </code>? Quel est le positionnement des candidats par rapport à ces évolutions<code> </code>? C’est ce que nous analyserons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les 12 péchés capitaux (2e partie)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/09/les-12-peches-capitaux-2e-partie/</link>
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		<pubDate>Sun, 09 Oct 2011 12:28:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Avant de démarrer la lecture ce billet, rappelons brièvement son « mode d’emploi ».
   
Il y a quelques jours, la « droite populaire » a publié ses « 12 propositions pour 2012 » qui devraient constituer les thèmes prioritaires du programme de Sarkozy lors de l’élection présidentielle.
   
Comme nous l’indiquions dans [...]]]></description>
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<p><span>   </span><br />
Avant de démarrer la lecture ce billet, rappelons brièvement son «<code> </code>mode d’emploi<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Il y a quelques jours, la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» a publié ses « <a href="http://www.ladroitepopulaire.com/2011/09/27/droite-populaire-12-propositions-pour-2012/" target="_blank">12<code> </code>propositions pour<code> </code>2012</a><code> </code>» qui devraient constituer les thèmes prioritaires du programme de Sarkozy lors de l’élection présidentielle.<br />
<span>   </span><br />
Comme nous l’indiquions dans le précédent billet, ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» doivent être lues «<code> </code>en creux<code> </code>»<code> </code>: <strong>tout ce que Sarkozy va promettre, c’est tout ce sur quoi il a échoué… ou tout ce qu’il est allé emprunter dans le programme du Front national</strong> pour essayer de ne pas être «<code> </code>déshabillé à droite<code> </code>». La semaine dernière, nous avons décortiqué les <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/" target="_blank">quatre premières</a> de ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>». Passons maintenant à la suite.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>5 – Lutter contre la dette et les déficits publics</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Lorsque Nicolas Sarkozy est devenu Président de la République, en avril<code> </code>2007, la France cumulait (fin<code> </code>2006) 1<code> </code>152<code> </code>milliards de dette publique. Cinq ans plus tard, fin<code> </code>2011, cette dette sera de l’ordre de 1<code> </code>750<code> </code>milliards d’euros, soit <strong>598<code> </code>milliards d’euros de dette supplémentaire en cinq ans, durant la présidence Sarkozy</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Donnons quelques ordres de grandeur pour mieux apprécier l’exploit du Prince-Président<code> </code>: <strong>chaque jour de sa présidence, Sarkozy a endetté la France de 327<code> </code>millions d’euros</strong><code> </code>; chaque heure de sa présidence, il l’a endettée de près de 14<code> </code>millions d’euros<code> </code>; chaque seconde de sa présidence, il l’a endettée de près de 3<code> </code>800<code> </code>euros…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Au championnat de France de l’aggravation de la dette, Sarkozy emporte haut la main la médaille d’or</strong><code> </code>: chaque année de son mandat, la dette publique s’est aggravée de près de 120<code> </code>milliards d’euros. À titre de comparaison, le chiffre était de 44<code> </code>milliards par an lors des présidences Chirac (1995-2007), d’un peu moins de 40<code> </code>milliards par an sous les présidences Mitterrand.<br />
<span>   </span><br />
Beau résultat pour cet athlète qui <a href="http://opinionpolitique.canalblog.com/archives/2007/04/20/4685058.html" target="_blank">déclarait</a> en<code> </code>2007<code> </code>: «<code> </code>La maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier… mon projet concilie trois objectifs<code> </code>: engager les réformes dont notre pays a besoin, baisser les impôts, réduire la dette et le déficit.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Ne manquait alors que raser gratis… Prétendre aujourd’hui lutter contre la dette avec un tel palmarès est totalement ridicule… d’autant que, là encore, Sarkozy a une guerre de retard. Comme nous l’avions exposé dès mai<code> </code>2010 dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/2/" target="_blank">Fourches caudines ou tango argentin</a></em>, notre dette n’est plus aujourd’hui remboursable en l’état<code> </code>: <strong>c’est une solution «<code> </code>à l’argentine<code> </code>» qu’il faut avoir maintenant le courage d’oser mettre en œuvre</strong>, au lieu de se comporter comme un enfant qui promet à ses parents qu’il ne recommencera pas les bêtises accumulées depuis cinq ans.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>6 – Renforcer la sécurité des Français et l’autorité de la justice nationale</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour aller chasser sur les terres du Front national, le Prince-Président nous ressert la même antienne qu’il y a cinq ans, avec une différence de taille<code> </code>: dans l’intervalle, la «<code> </code>réforme de la justice<code> </code>» version Dati-Sarkozy est passée par là, avec ses fermetures de tribunaux et une <strong>volonté systématique, délibérée, de mettre les magistrats plus bas que terre, de les soumettre totalement à l’exécutif</strong> et, en ce qui concerne notamment la justice pénale, d’en faire de simples supplétifs de la police.<br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions consacrer plusieurs billets à l’état de la justice en France. <a href="https://wcd.coe.int/wcd/com.instranet.InstraServlet?command=com.instranet.CmdBlobGet&amp;InstranetImage=1836574&amp;SecMode=1&amp;DocId=1652980&amp;Usage=2" target="_blank">Deux chiffres</a> résument la situation<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le nombre de juges pour 100<code> </code>000<code> </code>habitants</strong><code> </code>: il <strong>est inférieur à<code> </code>12 en France, ce qui nous place juste derrière Chypre et la Moldavie</strong>, loin derrière l’Allemagne qui en compte plus de<code> </code>24<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">• le budget alloué par habitant à l’ensemble des tribunaux, au ministère public et à l’aide judiciaire<code> </code>: il est de moins de 58<code> </code>euros par habitant en France, au lieu de 72 en Italie, 86 en Espagne… et 115 aux Pays-Bas.</p>
<p class="MsoNormal">Un point très significatif doit de plus être noté <strong>dans le programme de la «<code> </code>droite populaire<code> </code>»<code> </code>: pas un mot sur la délinquance en col blanc ou la délinquance financière</strong>. La seule mention portant sur le contentieux civil concerne les divorces par consentement mutuel, les litiges concernant le surendettement et les crédits à la consommation que la «<code> </code>droite populaire<code> </code>» souhaite «<code> </code>déjudiciariser<code> </code>». En d’autres termes, laisser la loi du plus fort s’appliquer dès que le citoyen est fragilisé dans un des trois cas cités ci-dessus… tout cela sous prétexte d’«<code> </code>efficacité<code> </code>» de la justice.<br />
<span>   </span><br />
De telles propositions peuvent sembler ridicules, voire caricaturales. N’en croyez rien<code> </code>: sous prétexte de faire appel au «<code> </code>bon sens populaire<code> </code>», elles servent à merveille <strong>l’intérêt des lobbies qui souhaitent remplacer la loi par le contrat, le jugement par la transaction</strong>, sous couvert du «<code> </code>respect de la liberté individuelle<code> </code>» ou de la «<code> </code>liberté de choix<code> </code>». De plus, elles visent à faire évoluer structurellement le rôle de l’État vers une fonction purement sécuritaire et de maintien de l’ordre social (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/08/" target="_blank">«<code> </code>Communication sécuritaire<code> </code>» et évolution du rôle de l’État</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>7 – Adapter et améliorer la qualité des services publics<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Ne pouffez pas<code> </code>! Le Président qui a tout fait pour «<code> </code>flinguer<code> </code>» l’Éducation nationale (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a></em>), la justice, l’armée et la plupart des services publics demande maintenant un «<code> </code>renforcement des effectifs et des moyens de police, de gendarmerie et de la justice<code> </code>» ainsi que la «<code> </code>présence d’au moins un relais des services publics par canton<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Tout cela est totalement incohérent, contradictoire avec la promesse de lutte contre les déficits publics et, une fois de plus, <strong>diamétralement opposé à ce qu’a fait Sarkozy depuis cinq ans</strong>, en mettant en œuvre une politique systématique de privatisation et de «<code> </code>largage<code> </code>» des services publics.<br />
<span>   </span><br />
CRS, juges ou titulaires des palmes académiques ne s’y sont d’ailleurs pas trompés<code> </code>: nous vous proposons de relire le billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/page/2/" target="_blank">Du pain sur la planche</a></em> paru en février<code> </code>2011<code> </code>; il montre comment <strong>tous ont compris que l’objectif de l’équipe en place était d’opérer le démantèlement de l’État-nation, tous – quelle que soit leur étiquette politique – s’opposent au «<code> </code>bradage<code> </code>»</strong> de ce qui, depuis plus de mille ans, a contribué à construire la France.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>8 – Promouvoir une France indépendante dans une Europe forte<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Venant de celui qui a initié le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, qui – à peine élu - est allé passer ses vacances aux États-Unis afin de prêter allégeance à son suzerain d’alors, George Bush, et qui s’est ensuite comporté comme un bon petit élève de l’atlantisme, la «<code> </code>proposition<code> </code>» est particulièrement croustillante.<br />
<span>   </span><br />
Pour Sarkozy, il est aujourd’hui trop facile – et surtout trop caricatural – de jouer les patriotes en multipliant les mouvements de menton et les déclarations fracassantes. <strong>Dans le domaine de la défense, Sarkozy s’est aligné sans barguigner sur un axe américano-israélien. Dans le domaine économique, a-t-il mis en œuvre une quelconque esquisse de protectionnisme au niveau français<code> </code>?</strong> A-t-il plaidé pour mettre en place un protectionnisme européen, afin d’éviter de voir nos emplois, industriels notamment, filer en Asie<code> </code>? Rien de tout cela…<br />
<span>   </span><br />
Comme les autres propositions, celle-ci sonne donc diablement creux. Pour être perçue comme crédible, il va falloir que la cellule communication de l’Élysée, relayée par des médias «<code> </code>compréhensifs<code> </code>», «<code> </code>mette le paquet<code> </code>» afin de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Nous analyserons dans un prochain billet les quatre dernières propositions sur lesquelles Sarkozy ne manquera pas de s’appuyer pour conserver son fauteuil élyséen. Mais, à ce stade de l’analyse, on comprend mieux que même des électeurs et sympathisants de l’UMP se demandent ce que cette présidence a apporté de positif à la France et aux Français, et si Sarkozy est vraiment le meilleur candidat de la droite pour<code> </code>2012…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Les 12 péchés capitaux</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/10/02/les-12-peches-capitaux/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 23:00:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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À moins de huit mois de l&#8217;échéance électorale de la présidentielle, j&#8217;avais en projet de rédiger un bilan de la présidence Sarkozy. Mais par où commencer ? L&#8217;œuvre de notre Prince-Président est tellement vaste, son hyper-présidence tellement protéiforme, qu&#8217;il m&#8217;était bien difficile de trouver un fil [...]]]></description>
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<p><span>   </span><br />
À moins de huit mois de l&#8217;échéance électorale de la présidentielle, j&#8217;avais en projet de rédiger un <strong>bilan de la présidence Sarkozy</strong>. Mais par où commencer<code> </code>? L&#8217;œuvre de notre Prince-Président est tellement vaste, son hyper-présidence tellement protéiforme, qu&#8217;il m&#8217;était bien difficile de trouver un fil conducteur…<br />
<span>   </span><br />
Et puis, aubaine, la «<code> </code>Droite populaire<code> </code>» (oh<code> </code>! le bel oxymore<code> </code>!), un <em>think-tank</em> chargé de prolonger de cinq ans le bail de Sarkozy à l&#8217;Élysée, a publié les «<code> </code><a href="http://www.ladroitepopulaire.com/2011/09/27/droite-populaire-12-propositions-pour-2012/" target="_blank">12<code> </code>propositions pour<code> </code>2012</a> » qui devraient constituer l’ossature des thèmes et des discours de Sarkozy dans les prochains mois.<br />
<span>   </span><br />
Comme on va le voir, <strong>ces «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>» doivent être lues «<code> </code>en creux<code> </code>»<code> </code>: tout ce que Sarkozy va promettre, c&#8217;est tout ce sur quoi il a échoué… ou tout ce qu&#8217;il est allé emprunter dans le programme du Front national</strong> pour essayer de se faire réélire. Donc un grand merci à la «<code> </code>Droite populaire<code> </code>» pour m&#8217;avoir fourni le fil conducteur de ce billet<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Celui-ci ne se poursuivra pas toujours sur un ton aussi badin ou léger. Il ne peut pas l&#8217;être quand on constate combien cette présidence a abimé la France, appauvri et divisé les Français, sali les concepts de république et de démocratie.<br />
<span>   </span><br />
Commençons donc ce chemin de croix en Sarkoland, qui va nous révéler un à un - pour prolonger cette métaphore du Nouveau Testament - les 12<code> </code>péchés capitaux de cette présidence.<br />
<span>   </span><br />
Les titres qui suivent, numérotés, sont ceux des «<code> </code>12<code> </code>propositions<code> </code>», repris à l’identique pour calquer notre analyse sur ces propositions.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>1 - Garantir la justice sociale</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>«<code> </code>Plus c&#8217;est gros, mieux ça passe<code> </code>»</strong><code> </code>: Sarkozy a fait sien ce dicton en plaçant la lutte contre les inégalités en tête de ses priorités. Déjà Chirac avait été élu en dénonçant la «<code> </code>fracture sociale<code> </code>» avant de s&#8217;empresser de ne rien faire pendant une douzaine d&#8217;années. Mais les rois fainéants causent rarement des dégâts irrémédiables<code> </code>: leur inaction peut être préjudiciable, elle est rarement fatale.<br />
<span>   </span><br />
Rien de tel avec Sarkozy. Moins de trois mois après son élection, il a fait voter une <strong>série de mesures «<code> </code>pro-Neuilly<code> </code>»</strong> (abaissement à 50<code> </code>% du bouclier fiscal, exonérations fiscales sur les dons d’argent, sur les successions, revalorisation de l’abattement sur la résidence principale dans le cadre de l’ISF…) <strong>dont le principal effet a été d&#8217;accélérer la concentration de la richesse</strong>. Résultat<code> </code>: quatre ans après le début de son mandat, les inégalités se sont nettement accrues, la classe moyenne s&#8217;est paupérisée et le nombre de pauvres «<code> </code>officiels<code> </code>» atteint un nouveau record (pour une analyse plus détaillée, voir notre récent billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/09/page/3/" target="_blank"><em>Pauvre France</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
En avançant une telle proposition, <strong>Sarkozy va essayer de nous «<code> </code>refaire le coup<code> </code>» du «<code> </code>J&#8217;ai changé<code> </code>»</strong> qu&#8217;il claironnait déjà dans tous ses meetings en<code> </code>2007. Comme un enfant immature qui essaie de persuader ses parents et son entourage qu&#8217;il est enfin devenu adulte, Sarkozy va, une fois encore, essayer de persuader les Français qu&#8217;il a «<code> </code>compris leur détresse<code> </code>», qu&#8217;il «<code> </code>partage leurs préoccupations<code> </code>»… et autres fadaises du même type.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>2 - Accroître la lutte contre les fraudes et l&#8217;assistanat</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dès sa deuxième proposition, le duo Sarkozy-UMP emprunte à la rhétorique du FN en déclarant la «<code> </code>chasse aux fraudeurs<code> </code>» et aux «<code> </code>mauvais Français<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Quelle réalité derrière cette affirmation<code> </code>? Qui sont ces fameux «<code> </code>fraudeurs<code> </code>»<code> </code>? Si l&#8217;on examine le très officiel<a href="http://www.budget.gouv.fr/files/bilan-dnlf-2010.pdf" target="_blank"> bilan<code> </code>2010 de la lutte contre la Fraude</a> dressé par le ministère du Budget, on s’aperçoit que<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la fraude aux prestations familiales est de l’ordre de 674<code> </code>millions d’euros par an, soit 1,13<code> </code>% du montant des prestations versées<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la fraude aux douanes est nettement plus importante<code> </code>: presque 3<code> </code>milliards d’euros par an<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la fraude aux cotisations sociales pour travail dissimulé bat tous les records<code> </code>: 15 à 19<code> </code>milliards d’euros par an, soit 6 à 7,5<code> </code>% du montant des cotisations sociales versées par les entreprises.</p>
<p>Conclusion<code> </code>: <strong>les fraudeurs</strong> ne sont pas ceux que l’on croit. Ce <strong>sont majoritairement des entreprises</strong>, notamment dans les secteurs du BTP et de la restauration (voir p.<code> </code>30 du rapport), cette fraude trouvant de surcroît un terrain favorable «<code> </code><strong>du fait… des faux indépendants, des faux stagiaires et de l’emploi abusif du régime des auto-entrepreneurs</strong><code> </code>» nous dit le même rapport.<br />
<span>   </span><br />
Pour mémoire, <strong>l’auto-entreprenariat</strong> est une glorieuse invention de l’ère Sarkozy qui <strong>a permis à nombre de grands groupes d’«<code> </code>externaliser<code> </code>» des wagons de collaborateurs</strong> (voir notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/2/" target="_blank"><em>L’effet pervers</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
Quant aux «<code> </code><strong>faux stagiaires</strong><code> </code>», ils <strong>pullulent dans les grandes entreprises</strong> où la quasi-totalité des services sont «<code> </code>sous-staffés<code> </code>». Pour pallier la main d’œuvre manquante, ces entreprises emploient des kyrielles de stagiaires qui, pour une fraction du SMIC, permettent de colmater les brèches tout en permettant de «<code> </code>maîtriser la masse salariale<code> </code>», pour employer le jargon politiquement correct en usage dans ce milieu.<br />
<span>   </span><br />
En fait, en lançant une chasse aux sorcières «<code> </code>contre les fraudes et l’assistanat<code> </code>» (remarquez comme la conjonction des deux termes est loin d’être anodine…), <strong>il s&#8217;agit pour Sarkozy d&#8217;entretenir un fantasme dans les classes populaires et moyennes, celui du «<code> </code>chômeur fraudeur aux allocations<code> </code>» qui profite du système</strong> alors que «<code> </code>les bons Français triment dur<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<strong>La démonstration n&#8217;est jamais étayée par des chiffres ou des statistiques</strong> (ceux-ci montrent - voir ci-dessus - que le phénomène est marginal) mais par des exemples individuels, sortis de leur contexte, déformés, caricaturés ou amplifiés quand ils ne sont pas carrément fictifs. Comptons, au sein de l&#8217;équipe Sarkozy, sur Laurent Wauquiez, l&#8217;éternel ministre des classes moyennes (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/page/3/" target="_blank">ce billet</a> pour une analyse plus détaillée), pour ressasser ces contre-vérités.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>3 - Défendre l’emploi, le mérite, le soutien aux parcours fondés sur l’effort et l’innovation</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions reprendre ici l&#8217;argumentaire «<code> </code>Plus c&#8217;est gros, mieux ça passe<code> </code>» employé au point n°<code> </code>1. <strong>Les seuls acteurs économiques qui aient prospéré sous la présidence Sarkozy sont les TGE</strong> (très grandes entreprises). Les PME<code> </code>? Elles survivent ou crèvent en silence, réduites le plus souvent à un rôle de sous-traitance vis-à-vis des grands groupes pour lesquels elles jouent un rôle de «<code> </code>variable d’ajustement<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Le «<code> </code>soutien aux parcours fondés sur l’effort et l’innovation<code> </code>»<code> </code>? Vaste blague<code> </code>! Les Français l’ont parfaitement compris<code> </code>: <strong>l’ascenseur social est en panne</strong>, les Bac<code> </code>+<code> </code>5 vont de stage en stage en attendant leur premier CDD (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/3/" target="_blank">Laura, 27<code> </code>ans, Bac<code> </code>+<code> </code>5, emploi précaire assuré</a></em>), <strong>le seul moyen d’obtenir un «<code> </code>bon job<code> </code>» lorsque l’on débute consiste à faire jouer ses relations, ou plutôt celles de ses parents</strong>. Dans ce type de situation, mieux vaut habiter dans le triangle Neuilly-Auteuil-Passy que dans le «<code> </code>9-3<code> </code>»…<br />
<span>   </span><br />
Nous avons vu avec quelle efficacité l’équipe présidentielle a concrétisé le slogan «<code> </code>travailler plus pour gagner plus<code> </code>» de<code> </code>2007. Ne doutons pas un seul instant que les mêmes efforts seront déployés à compter de<code> </code>2012 pour mettre en œuvre cette belle promesse.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>4- Refaire de l’école de la République, l’école de la Nation en faisant la promotion des valeurs de la connaissance, du mérite et du respect</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Tiens, qu’ont fait nos ministres de l’Éducation nationale depuis quatre ans, si ce n’est tout le contraire<code> </code>? Il faut dire que, <strong>pour promouvoir les «<code> </code>valeurs de la connaissance<code> </code>», notre Prince-Président est imbattable<code> </code>: sa «<code> </code>sortie<code> </code>» sur <em>La princesse de Clèves</em> est encore dans toutes les mémoires</strong> et illustre à merveille l’engagement de la Droite populaire de «<code> </code>mettre en valeur notre patrimoine, assurer la démocratisation culturelle à l’école, dans les universités<code> </code>», comme elle l&#8217;affirme sur son site.<br />
<span>   </span><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xlf38j?hideInfos=1" frameborder="0" height="240" width="320"></iframe><br />
<span>   </span><br />
Pour une analyse plus complète de ce dossier, nous vous proposons de relire le billet de J.P.<code> </code>Brighelli, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a>,</em> ainsi que la «<code> </code>feuille de route<code> </code>» donnée au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, et exposée dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/" target="_blank">Derrière l’écran de fumée</a></em>.<br />
<span>   </span><br />
Quant au mérite et au respect, Sarkozy n’a jamais hésité à s’engager pour montrer l’exemple aux jeunes générations. Particulièrement remarquable fut son intervention au Salon de l’agriculture en<code> </code>2007 où un visiteur, moins enthousiaste que les autres, fut aussitôt l’objet de l’attention présidentielle.<br />
<span>   </span><br />
<iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xlf8qr?hideInfos=1" frameborder="0" height="262" width="320"></iframe><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Beau début de bilan, n’est-ce pas<code> </code>? Mais <strong>décortiquer les réussites de Sarkozy, c’est un peu comme manger trop de chocolat<code> </code>: on s’en dégoûte vite et les hauts-de-cœur deviennent insupportables</strong>. Nous continuerons donc cette analyse dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;an prochain à Ramallah</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/09/25/lan-prochain-a-ramallah/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/09/25/lan-prochain-a-ramallah/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 25 Sep 2011 20:50:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Selon toute vraisemblance, 2011 ne sera pas l’année de la reconnaissance par l’ONU d’un État palestinien. Les efforts diplomatiques de Mahmoud Abbas se heurteront à un veto américain au Conseil de sécurité. Quelle lecture, quelle analyse tirer de ce qui apparaît à la fois comme un [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p>Selon toute vraisemblance, 2011 ne sera pas l’année de la reconnaissance par l’ONU d’un État palestinien. <strong>Les efforts diplomatiques de Mahmoud Abbas se heurteront à un veto américain au Conseil de sécurité.</strong> Quelle lecture, quelle analyse tirer de ce qui apparaît à la fois comme un échec de la «<code> </code>cause palestinienne<code> </code>» et une nouvelle preuve de l’intransigeance américaine sur ce dossier<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un homme impuissant</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Rappelez-vous<code> </code>: lorsque Barack Obama a été élu en<code> </code>2007 après huit années marquées par l’ultra-conservatisme de l’ère Bush, tous les espoirs semblaient permis. Obama allait fermer Guantánamo, gommer les inégalités au sein de la société américaine, terminer les guerres en Irak et en Afghanistan… et relancer le processus de paix au Proche-Orient.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, il déclarait il y a un an à la tribune des Nations Unies<code> </code>: «<code> </code>quand nous reviendrons ici l’année prochaine, nous pourrions avoir <strong>un accord qui verrait la naissance d’un nouveau membre des Nations Unies, l’État libre et indépendant de Palestine</strong>, vivant en paix avec Israël<code> </code>» (voir <a href="http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2010/09/23/remarks-president-united-nations-general-assembly" target="_blank">site de la Maison Blanche</a>). Le 19<code> </code>mai dernier il affirmait encore que «<code> </code>Les États-Unis estiment que les négociations doivent déboucher sur l’existence de deux États, avec des frontières palestiniennes permanentes avec Israël, la Jordanie et l’Égypte, et des frontières israéliennes permanentes avec la Palestine. Nous estimons que les frontières d’Israël et de la Palestine doivent être basées sur celles de 1967…<code> </code>» (voir <a href="http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2011/05/19/remarks-president-middle-east-and-north-africa" target="_blank">site de la Maison Blanche</a>).<br />
<span>   </span><br />
Alors pourquoi cette volte-face<code> </code>? Ne mettons <em>a priori</em> pas en doute la sincérité des propos d’Obama mais essayons de comprendre les raisons plus profondes de ce revirement<code> </code>: comment fonctionne la machine du pouvoir aux États-Unis<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… qui n’est que la face émergée de l’iceberg…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dans le pays qui a inventé le marketing politique, où les campagnes électorales sont très peu réglementées et les citoyens plutôt indifférents à la politique (lors de la dernière élection présidentielle, le taux de participation, considéré comme excellent, était de 62-63<code> </code>%), <strong>le moyen le plus sûr pour être élu est d’utiliser tous les moyens existants du marketing et de la communication</strong>, d’où débauche de spots télé, de campagnes d’affichage et autres show à grand spectacle…<br />
<span>   </span><br />
Pour financer tout ce barnum, depuis l’élection du Président jusqu’à celle de l’obscur shérif d’un comté, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Et, pour en trouver, il n’y a que deux solutions<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• soit vous êtes milliardaire, comme Michael Bloomberg, le maire de New York, et vous financez alors votre campagne électorale, que ce soit pour décrocher la présidence ou un siège de sénateur, avec votre fortune personnelle, en investissant quelques dizaines ou centaines de millions de dollars, selon le poste convoité<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• soit vous n&#8217;êtes pas milliardaire, et vous vous lancez alors dans la collecte de fonds. Pour gagner à ce petit jeu, <strong>vous devez disposer d&#8217;alliés de poids<code> </code>: les lobbies</strong>. Ils vont à la fois vous apporter des fonds via leurs membres les plus riches et les plus influents, et des électeurs grâce aux réseaux qu&#8217;ils ont tissés.</p>
<p class="MsoNormal">Il existe des centaines de lobbies aux États-Unis, tant au plan local que national. Mais, pour revenir à notre sujet, concentrons-nous sur <strong>les trois plus puissants</strong>, le «<code> </code>tiercé gagnant<code> </code>» qui influence de manière décisive la politique américaine depuis des dizaines d&#8217;années<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le premier est le lobby bancaire et financier, en abrégé Wall Street.</strong> Sous son influence, la dérégulation a atteint des sommets<code> </code>; il n&#8217;hésite pas à faire payer à l&#8217;État fédéral le fruit de ses spéculations hasardeuses, comme lors de la crise des <em>subprimes</em>. Il est et sera, comme nous l&#8217;avons déjà indiqué (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/" target="_blank">Sic Transit</a></em>), à l&#8217;origine de la dégénérescence puis de l&#8217;effondrement de ce même État fédéral<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le deuxième est le lobby militaro-industriel</strong>, dénoncé dès<code> </code>1961 par le président Eisenhower (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a></em>). Sous son influence, les États-Unis mènent en moyenne une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Interventions_militaires_des_%C3%89tats-Unis_dans_le_monde" target="_blank">opération militaire</a> chaque année hors de leurs frontières, et ce depuis une vingtaine d’années. Particulièrement significatif est le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_military_expenditures_per_capita" target="_blank">budget militaire annuel <em>per capita</em></a><code> </code>: 2<code> </code>141<code> </code>$ aux États-Unis, 1<code> </code>882<code> </code>$ en Israël, 977<code> </code>$ en France, 558<code> </code>$ en Allemagne.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>le troisième est le lobby pro-israélien</strong>. Alliance de la carpe et du lapin, il comprend à la fois les Américains de confession hébraïque et la droite conservatrice chrétienne et ultra-religieuse qui a fait de l’équation arabe<code> </code>=<code> </code>terroriste anti-américain une donnée majeure de son fonds de commerce électoral. Ce qui unit plus profondément ces deux composantes, c’est <strong>la même vision d’une société inégalitaire</strong>, <strong>la même vision d’une société où la religion doit occuper une place centrale et assurer l’ordre moral</strong>.<br />
Depuis la chute de l’URSS, ce lobby pro-israélien a assuré son emprise sur la politique étrangère américaine, faisant passer les intérêts israéliens avant les intérêts américains. Nous y reviendrons plus loin.</p>
<p class="MsoNormal">À 14<code> </code>mois de l’échéance électorale, <strong>Obama n’a pas le choix<code> </code>: s’il souhaite être réélu, il doit se «<code> </code>coucher<code> </code>» devant ces différents lobbies</strong>. En politique étrangère, pas question pour lui de s’opposer aux souhaits de Benyamin Netanyahou, Premier ministre conservateur israélien.<br />
<span>   </span><br />
Dans le cas contraire, la sanction serait alors immédiate<code> </code>: Obama s’aliénerait le vote juif et devrait affronter, comme cela a déjà été le cas lors de la précédente élection présidentielle, mais cette fois-ci à la puissance<code> </code>10, une campagne de dénigrement l’accusant d’être musulman, d’être pro-arabe, de favoriser en sous main Al-Qaida… bref tous les délires possibles à l’intention d’une opinion publique qui gobe assez facilement les énormités, pour peu qu’elles soient relayées par les médias.<br />
<span>   </span><br />
Dans nombre de billets, nous avons effectué des parallèles et comparaisons entre la fin de l’Empire romain et la situation actuelle des pays occidentaux, au premier rang desquels les États-Unis. On en voit ici un nouvel exemple<code> </code>: <strong>lors de la décadence romaine, l’armée faisait et défaisait les empereurs</strong>, le Sénat, vestige de la République, n’ayant plus qu’une fonction d’enregistrement. Il n’est sans doute pas exagéré de dire que, <strong>dans l’Amérique d’aujourd’hui, les lobbies sélectionnent puis orientent la politique des présidents</strong>, le peuple n’ayant plus qu’à valider leurs choix.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… et agit contre les intérêts de son pays</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>La somme des intérêts des lobbies ne fait pas l’intérêt d’un pays, loin s’en faut.</strong> Dans le cas des États-Unis, l’exemple est particulièrement frappant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Washington avait pourtant bien joué depuis le début du «<code> </code>printemps arabe<code> </code>».</strong> En accompagnant, ni trop ni trop peu, les manifestations populaires, en «<code> </code>larguant<code> </code>» au bon moment les dictateurs trop usés (Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Assad…) pour leur préférer une «<code> </code>option populaire<code> </code>», en faisant jouer leurs réseaux au sein des différentes armées nationales pour que le pouvoir tombe entre des «<code> </code>mains amies<code> </code>», les États-Unis avaient mis en œuvre une <em>Realpolitik</em> qui leur permettait à la fois de contrôler – plus ou moins – les nouveaux pouvoirs en place tout en apparaissant soucieux de respecter la <em>vox populi</em> arabe.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À l’inverse, la Russie et la Chine avaient «<code> </code>tout faux<code> </code>»</strong>. Leur soutien appuyé aux dictateurs en place (Kadhafi et Assad notamment), sous couvert de défense de la légitimité, ne leur attirait guère la sympathie des populations arabes et révélait au grand jour leur propre crainte<code> </code>: que demain les populations russe ou chinoise – ou du moins une partie d’entre elles – rêvent à leur tour d’un «<code> </code>printemps<code> </code>» dont Medvedev, Poutine ou Hu Jintao feraient les frais.<br />
<span>   </span><br />
Mais en prévoyant d’opposer leur veto à la création d’un État palestinien, les États-Unis vont perdre en un jour tout le crédit amassé en un an. Comme nous l’avions annoncé en février dernier dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/" target="_blank">Trois réflexions sur la «<code> </code>révolution arabe<code> </code>»</a></em>, <strong>c’est sur le dos des États-Unis et à cause d’Israël que les nations arabes font refaire leur unité</strong> à l’issue des guerres civiles qui les ont divisées.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Que penser de l’attitude d’un Sarkozy</strong> qui essaye de faire le grand écart entre d’une part ses convictions pro-américaines et pro-israéliennes, d’autre part la politique traditionnellement pro-arabe de la France, en proposant à Mahmoud Abbas que la Palestine dispose à l’ONU d’un statut d’«<code> </code>État associé<code> </code>», identique à celui du Vatican<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Remarquons d’abord que l’ONU compte comme États membres jouissant de la pleine capacité juridique le Liechtenstein, Monaco et ses 2<code> </code>km² ou la république de Nauru et ses 10<code> </code>000<code> </code>habitants… Refuser le statut d’État à la Palestine relève donc de l’argutie juridique sans fondement sérieux. <strong>Lui proposer un strapontin, comme le fait Nicolas Sarkozy, n’est qu’une façon supplémentaire de traiter les citoyens de Palestine comme des sous-hommes qui ne méritent aucune considération</strong>. Conditionner la reconnaissance de la Palestine à un accord de paix avec Israël, comme le font les Américains, relève de la mauvaise foi la plus caractérisée car elle aboutit à suspendre cette reconnaissance au bon vouloir de l’État qui fera tout pour que celle-ci n’aboutisse jamais.<br />
<span>   </span><br />
Si la France avait encore une voix, elle n’hésiterait pas, comme de Gaulle le fit en<code> </code>1964 vis-à-vis de la Chine communiste, à affirmer haut et fort que la Palestine est un État et doit être reconnu en tant que tel. Mais les lobbies que nous évoquions plus haut et qui gouvernent aujourd’hui les États-Unis n’influencent-ils pas, de façon également déterminante, la politique de la France<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family: 'Arial','sans-serif'"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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		<item>
		<title>Timeo Danaos&#8230;</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/09/17/timeo-danaos/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/09/17/timeo-danaos/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 Sep 2011 20:16:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés »
Jean de La Fontaine
Les animaux malades de la peste
   
   
Pas si lentement que cela mais en tout cas sûrement, inexorablement, la pièce en trois actes que nous avons décrite dans notre billet Les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><span style="font-size: 9pt">« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés »<br />
Jean de La Fontaine<br />
<em>Les animaux malades de la peste</em></span><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal">Pas si lentement que cela mais en tout cas sûrement, inexorablement, la pièce en trois actes que nous avons décrite dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/page/4/" target="_blank">Les marches d’Odessa</a></em> le 6<code> </code>août dernier est en train de se jouer sous nos yeux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’hypothèse de la faillite d’un État occidental</strong> qui, évoquée il y a 6<code> </code>mois ou un an (voir par exemple notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050<code> </code>: l’odyssée du servage</a></em> en octobre<code> </code>2010), ne suscitait alors que sourires condescendants et quolibets, <strong>est aujourd’hui une quasi-certitude<code> </code>: la Grèce va jeter l’éponge, avant d’être mise sous tutelle par un «<code> </code>machin<code> </code>»</strong>, comme eût dit de<code> </code>Gaulle, <strong>où les banquiers exerceront le véritable pouvoir</strong>. Ce pays se trouve actuellement à la charnière de l’acte<code> </code>1 et de l’acte<code> </code>2 de notre scénario. Anticipons un peu l’acte<code> </code>3, celui de la négociation<code> </code>: dans quelles conditions va-t-elle se dérouler<code> </code>? Qu’en sortira-t-il<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Derrière les communiqués officiels apaisants, rassurants, lénifiants, il ne sera pas bien difficile de connaître la réalité des décisions prises en coulisses<code> </code>: <strong>plus le cours de bourse des banques montera</strong>, plus les Grecs seront saignés comme des gorets, <strong>plus la Grèce sera réduite à l&#8217;état d&#8217;«<code> </code>entité<code> </code>»</strong> (car pourra-t-on encore parler d’État-nation, en l’absence d’une véritable souveraineté ?) <strong>dirigée <em>de facto</em> par un lobby financier</strong>. Les cotations boursières ont remplacé le marc de café…<br />
<span>   </span><br />
Dans ce même billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/" target="_blank">2050…</a></em> cité plus haut, nous soulignions déjà <strong>l’intention du lobby bancaire de «<code> </code>faire un exemple<code> </code>»</strong>, de «<code> </code>se payer<code> </code>» un État pour que les autres filent droit ou subissent le même sort<code> </code>: <strong>c’est exactement ce qui est en train d’arriver</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<em>Timeo Danaos et dona ferentes</em>… je crains les Grecs, même s’ils font des cadeaux, écrivait Virgile en faisant référence au cheval de Troie. La roue de l’histoire a tourné et ce cadeau empoisonné que les infortunés Grecs ont reçu à leur tour, pourrait bien comporter, comme les poupées-gigogne, une deuxième dose de venin, à notre attention cette fois.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Dix ans de sarkozysme<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte de «<code> </code>crise<code> </code>», Sarkozy est à l’aise comme un poisson dans l’eau. En effet, <strong>quand la panique savamment préparée gagne la majorité de la population</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/20/jouer-avec-le-feu/" target="_blank">Jouer avec le feu</a></em>), peu importe ce que l’on a fait ou dit la veille ou l’avant-veille, peu importe que l’on se contredise, peu importe que l’on soit à l’origine des malheurs que l’on prétend ensuite résoudre<code> </code>: <strong>le tout est</strong>, au bon moment, de donner le change, d’apparaître comme le capitaine qui tient fermement la barre, bref <strong>de donner l’illusion que</strong>, dans ce type de circonstances, <strong>on est l’homme de la situation</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Attendez-vous donc à ce que le service communication de l’Élysée fasse tout pour nous donner, dans les prochaines semaines et les prochains mois, une image «<code> </code>churchillienne<code> </code>» du Prince-Président qui nous gouverne, sur le thème «<code> </code>Moi, Sarkozy, je suis le seul à pouvoir préserver la France et les Français d’un désastre à la grecque.<code> </code>» Un peu comme Pétain en<code> </code>1940, <strong>Sarkozy, dans un registre qu’il affectionne particulièrement car flattant sa nature profonde de «<code> </code>Super Narcisse<code> </code>»</strong> (voir le billet de P.<code> </code>Ranjard <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em>), <strong>souhaitera apparaître comme le Sauveur Suprême</strong>, père de la Règle d’Or, parangon de courage et de dévouement…<br />
<span>   </span><br />
Bien évidemment, <strong>la réalité est tout autre</strong><code> </code>: quand on a commencé son règne en triplant son salaire et en privant l’État de plusieurs milliards de recettes, conséquence de la multiplication des cadeaux et avantages fiscaux issus de la loi TEPA (été<code> </code>2007), on devrait être chassé du trône à coups de pied dans le derrière… <strong>mais un peuple qui a peur a la mémoire courte</strong> et, quand le bateau coule ou menace de couler, il est prêt à se raccrocher à la première planche pourrie qui surnage.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dans cette entreprise d’hypnotisation collective</strong> (qui s’apparente au «<code> </code>aie confiance…<code> </code>» de Kaa dans <em><a href="http://www.youtube.com/watch?v=VV_ucXwhOxc" target="_blank">Le livre de la jungle</a></em>), <strong>préparez-vous à voir les sondages évoluer en faveur du Prince-Président</strong>. Donné aujourd’hui battu dans toutes les estimations par un score du type 55-57/45-43, on va le voir – avec l’aide de ses thuriféraires, patrons des instituts de sondages, éditorialistes du <em>Figaro</em> ou présentateurs de TF1 – remonter peu à peu dans les intentions de vote et endosser un rôle que les Français affectionnent particulièrement<code> </code>: celui du «<code> </code>donné perdant<code> </code>» qui s’accroche envers et contre tous pour rattraper le leader et finalement le battre sur le fil.<br />
<span>   </span><br />
Pour boucler la boucle, après avoir placé au début de ce billet une citation de La<code> </code>Fontaine extraite des <em>Animaux malades de la peste</em> afin d’illustrer la situation actuelle des États-nations, concluons en suggérant la lecture d’une autre fable de La<code> </code>Fontaine, <em><a href="http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/jean_de_la_fontaine/les_grenouilles_qui_demandent_un_roi.html" target="_blank">Les grenouilles qui demandent un roi</a></em>, qui pourrait tout aussi bien illustrer notre situation au soir du 6<code> </code>mai 2012…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi </em>2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Pauvre France</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 19:30:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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L&#8217;histoire ne se répète pas, mais ses rendez-vous se ressemblent.
Gabriel de Broglie

   
8,2 millions de pauvres « officiels », soit 13,5 % de la population française : tel est le constat dressé par l&#8217;INSEE dans son rapport Les niveaux de vie en 2009. Pour être déclaré officiellement « pauvre », [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"><em>L&#8217;histoire ne se répète pas, mais ses rendez-vous se ressemblent.</em><br />
Gabriel de Broglie</span></p>
<p><o:p></o:p><br />
<span>   </span><br />
8,2<code> </code>millions de pauvres «<code> </code>officiels<code> </code>», soit 13,5<code> </code>% de la population française : tel est le constat dressé par l&#8217;INSEE dans son rapport <a href="http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1365/ip1365.pdf" target="_blank"><em>Les niveaux de vie en 2009</em></a>. Pour être déclaré officiellement «<code> </code>pauvre<code> </code>», il faut disposer d&#8217;un revenu inférieur à 954<code> </code>€ par mois.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>D&#8217;autres enseignements</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Les éléments ci-dessus ont été, à des degrés divers, repris par les médias lors de la publication de l&#8217;enquête INSEE fin août. Mais celle-ci révèle d&#8217;autres enseignements<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• Premier enseignement<code> </code>: <strong>les inégalités s&#8217;accroissent</strong>. Alors que le niveau de vie des «<code> </code>10<code> </code>% les plus aisés<code> </code>», pour reprendre la terminologie de l’INSEE, a augmenté de 0,7<code> </code>% entre 2008 et<code> </code>2009, le niveau de vie des «<code> </code>10<code> </code>% des personnes les plus modestes<code> </code>» est en baisse de 1,1<code> </code>% sur la même période.<br />
<span>   </span><br />
L&#8217;étude de l’INSEE ne va pas plus loin dans cette analyse mais, au vu d&#8217;autres indicateurs publiés par ce même organisme (voir le tableau ci-dessous, commenté dans notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/5/" target="_blank"><em>Retraites<code> </code>: l&#8217;arnaque</em></a>), il y a fort à parier que ce sont les 1<code> </code>% - voire les 0,1<code> </code>% - de Français les plus riches qui ont prioritairement bénéficié de cette augmentation de 0,7<code> </code>% (laquelle serait alors pour eux fort supérieure à ce chiffre).</p>
<p><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/evolution-des-salaires-1996-2006.jpg" alt="evolution-des-salaires-1996-2006.jpg" /><br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• Deuxième enseignement<code> </code>: <strong>plus on est pauvre, plus on est chômeur</strong>. Ou, si l&#8217;on préfère, <strong>plus on est chômeur, plus on est pauvre</strong>. Dans tous les cas, c&#8217;est le cercle infernal<code> </code>: la «<code> </code>crise<code> </code>» des subprimes de<code> </code>2008, fruit du casino financier dans le secteur immobilier américain, a généré une augmentation du chômage en France, frappant en priorité les 10<code> </code>% de Français les plus pauvres.<br />
<span>   </span><br />
Comme l&#8217;écrit l’INSEE, «<code> </code><strong>ce sont les plus modestes qui sont les plus touchés</strong><code> </code>»<code> </code>: «<code> </code>cette plus grande proportion de chômeurs entraîne ainsi une baisse du premier décile de niveau de vie<code> </code>» (le premier décile comprend les 10<code> </code>% de Français les plus pauvres).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• Troisième enseignement<code> </code>: <strong>l&#8217;intensité de la pauvreté s&#8217;est accrue</strong> et atteint un nouveau record par rapport aux années précédentes. En d&#8217;autres termes, <strong>même parmi les pauvres, les inégalités se sont accrues</strong><code> </code>: <strong>la majorité des pauvres a vu ses revenus baisser encore plus nettement que les «<code> </code>pauvres les plus riches<code> </code>»</strong> (si l&#8217;on peut employer cette expression) dont les revenus ont cependant chuté.</p>
<p><span>   </span><br />
Dire que ce bilan est alarmant ou catastrophique n&#8217;a même plus de sens<code> </code>: <strong>c&#8217;est le constat de l&#8217;échec d&#8217;un modèle économique et social, ou plutôt asocial</strong>. Nous avons abordé ce sujet de la répartition de la richesse dans de nombreux billets (voir la <a href="http://lalettredulundi.fr/?page_id=125" target="_blank">liste intégrale des billets publiés</a>) et nous ne reprendrons pas ici des analyses ou des arguments précédemment développés ou avancés.<br />
<span>   </span><br />
Un point cependant<code> </code>: nous avons retenu la répartition de la richesse parmi nos <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/11/quatre-priorites-pour-2012-4/" target="_blank"><em>Quatre priorités pour 2012</em></a>. Alors, qu&#8217;en pensent nos politiques<code> </code>? Et comment ont-ils réagi face à ce rapport de l’INSEE<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Qu&#8217;en disent-ils<code> </code>?</strong></u><br />
<span>   </span><br />
<strong>Sarkozy<code> </code>?</strong> Néant. Zéro réaction. Il s&#8217;en fout. Pas son électorat. <strong>Pas son problème.</strong> Trop loin du Fouquet&#8217;s sans doute…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Villepin<code> </code>?</strong> Il a écrit un article, intitulé <a href="http://www.dominiquedevillepin.fr/2011/08/30/insoutenable-pauvrete/" target="_blank"><em>Insoutenable pauvreté</em></a>, sur son blog. Sa solution<code> </code>: lutter contre le chômage et créer des gisements d&#8217;activité. Comment<code> </code>? Il ne le dit pas. Le protectionnisme, pour protéger l&#8217;emploi<code> </code>? Vous n&#8217;y pensez pas, voyons. Bref, <strong>les mêmes vœux pieux depuis 30<code> </code>ou 35 ans</strong>, avec les résultats que l&#8217;on sait.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Bayrou<code> </code>?</strong> Lui ne dit rien mais un de ses adjoints, Robert Rochefort, estime que «<code> </code><a href="http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/rochefort-pauvrete-300811.html" target="_blank">le pire est à venir</a><code> </code>» (il a, hélas, très certainement raison). La solution<code> </code>? «<code> </code>Un allongement de la période d&#8217;indemnisation du chômage » et «<code> </code>une relance de l&#8217;activité économique fondée principalement sur la reconquête des emplois de production<code> </code>». Bien vu, mais comment<code> </code>? Pas dit. <strong>Voir Villepin ci-dessus</strong> et retour à la case départ.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Hollande<code> </code>?</strong> Il juge que «<code> </code>Sarkozy a été le président de la baisse du pouvoir d&#8217;achat<code> </code>», ce qui est une évidence. Solution pour lutter contre la pauvreté<code> </code>? «<code> </code><a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20110830.OBS9477/sarkozy-a-ete-le-president-de-la-baisse-du-pouvoir-d-achat-denonce-hollande.html" target="_blank">Un effort de redistribution… pour que les très hautes rémunérations contribuent davantage</a>.<code> </code>» Comment<code> </code>? Pas dit. <strong>Osera-t-il avancer</strong> et, s&#8217;il est élu, mettre en œuvre <strong>une proposition du type de celle que nous préconisons dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/page/3/" target="_blank"><em>Quatre priorités pour<code> </code>2012</em></a></strong>, c&#8217;est-à-dire 90<code> </code>% de taxation au-delà de 330<code> </code>000<code> </code>€ par an, toutes sources de revenus confondues<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Aubry<code> </code>?</strong> Pas vu de grande déclaration sur le sujet. <strong>Rien de concret</strong> en tout cas, comme le montrent ses <a href="http://www.martineaubry.fr/article/les-priorites-de-martine-aubry" target="_blank"><em>Trois urgences pour redresser la France</em></a>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Joly<code> </code>?</strong> Repéré un tweet de sa part sur le sujet… elle préfère dénoncer «<code> </code><a href="http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/presidentielle-2012-eva-joly-promet-de-defendre-les-langues-regionales-30-08-2011-1414107.php" target="_blank">la volonté hégémonique d&#8217;imposer l&#8217;unique langue française</a><code> </code>», proposer «<code> </code>la reconnaissance des langues régionales<code> </code>», «<code> </code>la réunification de la Bretagne<code> </code>» ou «<code> </code>l&#8217;autonomie basque<code> </code>»… <strong>Consternant</strong>, tout simplement.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le Pen<code> </code>?</strong> Elle réagit pour affirmer que, si elle est élue, elle fera <strong>baisser le pourcentage de pauvres en France de 13,5 à 5<code> </code>%</strong>. Comment<code> </code>? «<code> </code><a href="http://www.frontnational.com/?p=7275" target="_blank">En luttant par la loi contre les marges indécentes de la grande distribution</a> », « en se dotant des outils pour permettre la réindustrialisation du pays<code> </code>: protections aux frontières…<code> </code>», «<code> </code>en mettant en place une fiscalité plus juste<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Derrière les engagements peu crédibles, on voit que Le<code> </code>Pen, à la différence de nombre d&#8217;autres candidats, «<code> </code>cible<code> </code>» les 10 ou 20<code> </code>% de Français les plus pauvres à l&#8217;occasion de sa campagne électorale. Nous y reviendrons plus loin.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Mélenchon<code> </code>?</strong> Il aborde les questions que soulève le rapport de l’INSEE dans un long article de son blog, <a href="http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/09/03/la-tentation-autoritaire/" target="_blank"><em>La tentation autoritaire</em></a>, où <strong>il replace ce thème de la pauvreté dans un cadre beaucoup plus large</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Quelle analyse<code> </code>?</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Ce tour d&#8217;horizon nous a également permis de visiter en détail les sites internet de ces différents candidats. On s&#8217;aperçoit alors que, schématiquement, face à la pauvreté, <strong>deux types de discours</strong> sont tenus.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code><em>D’une tendance longue de la réduction de la pauvreté au cours des dernières décennies, nous sommes arrivés à un palier et désormais une régression&#8230; l’attention aux plus pauvres est une nécessité de justice mais surtout de cohésion sociale&#8230; La croissance doit nous permettre d&#8217;à la fois créer plus de richesses et de mieux les répartir&#8230; retrouver un travail, c’est retrouver du pouvoir d’achat.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Qui nous tient ce discours<code> </code>? Personne en particulier, ou plutôt tous les candidats «<code> </code>classiques<code> </code>»<code> </code>: <strong>cette phrase est un pot-pourri qui mélange les déclarations d&#8217;Aubry, Bayrou, Hollande et Villepin sur le sujet</strong>. Des phrases «<code> </code>passe-partout<code> </code>», compassionnelles, politiquement correctes, tout droit sorties de la novlangue de l&#8217;énarchie. Le type de discours qu&#8217;on sert aux Français depuis des décennies, bon enfant, consensuel, rassurant, qui n&#8217;a débouché sur rien de concret.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code><em>Faillite du modèle économique ultralibéral&#8230; qui engendre chômage de masse et précarité toujours croissante&#8230; La pauvreté n’est pas un à côté du système qui laisserait sur la route les plus fragiles, les moins aptes à supporter les coups de sabre de la mondialisation. C’est le cœur, le moteur du modèle social du capitalisme de notre temps. Pour que des mégas fortunes s’accumulent il faut que le gros de la troupe puisse être pressé sans merci.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Au risque de choquer nombre de nos lecteurs, <strong>j&#8217;ai mélangé dans cette phrase des déclarations de Le Pen et de Mélenchon</strong>. Pour montrer qu&#8217;ils sont semblables<code> </code>? Bien sûr que non. Pour montrer que, <strong>dans des registres sémantiques parfois proches, ce sont les seuls qui s&#8217;adressent aux pauvres en termes «<code> </code>forts<code> </code>»</strong>, qu&#8217;à l&#8217;exception de l&#8217;extrême-droite (Le<code> </code>Pen) et de l&#8217;extrême-gauche (Mélenchon), aucun candidat ne se soucie sérieusement du sort des 13,5<code> </code>% des Français étiquetés pauvres et, plus globalement, du Français sur cinq qui se trouve tout en bas de l&#8217;échelle sociale.<br />
<span>   </span><br />
N&#8217;en déduisez pas hâtivement que l&#8217;auteur de ce billet est devenu pro-Le<code> </code>Pen ou pro-Mélenchon. Ce serait simpliste et faux. Il s&#8217;agit d&#8217;un constat tiré de l&#8217;analyse des textes et du «<code> </code>positionnement politique<code> </code>» de ces deux candidats. Je n&#8217;entends pas juger ici de la sincérité de leurs propos&#8230; ou de leurs arrière-pensées.<br />
<span>   </span><br />
Ce qui est par contre patent, c&#8217;est que, <strong>de Sarkozy à Joly, les autres candidats préfèrent, à des degrés divers, «<code> </code>regarder ailleurs<code> </code>» lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de s&#8217;adresser à ce «<code> </code>nouveau lumpen prolétariat<code> </code>»</strong> (pour reprendre une terminologie marxiste), comme le voyageur du métro qui fixe l&#8217;écran de son téléphone portable pour ne pas croiser le regard de celui qui quémande une pièce ou un ticket-restaurant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À l&#8217;inverse, Le Pen et Mélenchon ont choisi de faire porter leurs efforts sur une cible électorale que, très cyniquement, on pourrait définir comme étant en croissance forte…</strong> L&#8217;extrême-droite et l&#8217;extrême-gauche sont ainsi les seuls à adresser un message spécifique et fort aux plus démunis, les candidats «<code> </code>classiques<code> </code>» se contentant du prêchi-prêcha consensuel, technique et compassionnel en usage depuis plus de 30<code> </code>ans.<br />
<span>   </span><br />
La citation en tête de ce billet affirme que les rendez-vous de l&#8217;histoire se ressemblent. Dans ce cas, <strong>les conditions</strong> du rendez-vous décrit ci-dessus <strong>commencent à ressembler étrangement à celles de la république de Weimar</strong> où, d&#8217;une part en réaction à un système politique vieillissant, d&#8217;autre part dans le contexte économique de la crise de 1929 qui avait vu une explosion de la pauvreté, communistes d’un côté, nazis de l’autre, avançaient leurs pions en proposant des solutions infiniment plus radicales&#8230; avec la conclusion que l&#8217;on sait.<br />
<span>   </span><br />
Dans une hypothèse de ce type, nous ne doutons pas un seul instant du côté où les lobbies financiers et industriels que nous avons si souvent évoqués (dès le deuxième billet publié<code> </code>; voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/2/" target="_blank"><em>De la contagion des mauvaises habitudes</em></a>) sauront faire pencher le balancier.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Inner-directed et other-directed</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/09/04/inner-directed-et-other-directed/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/09/04/inner-directed-et-other-directed/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Sep 2011 19:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Un précédent billet (voir Autorité patriarcale et autorité archaïque) montrait comment l’évolution ultra-rapide de l’autorité au cours du XXe siècle a abouti à un type d’homme sensiblement différent de celui des générations précédentes. Nous voudrions en donner ici quelques illustrations.
 
Rappelons d’abord que l’on n’est pas [...]]]></description>
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<p><span>   </span><br />
Un précédent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/26/autorite-patriarcale-et-autorite-archaique/" target="_blank">Autorité patriarcale et autorité archaïque</a></em>) montrait comment l’évolution ultra-rapide de l’autorité au cours du XX<sup>e</sup><code> </code>siècle a abouti à un type d’homme sensiblement différent de celui des générations précédentes. Nous voudrions en donner ici quelques illustrations.<br />
<span> </span><br />
Rappelons d’abord que l’on n’est pas soit <em>inner</em> soit <em>other</em>-<em>directed </em>à 100<code> </code>%, que l’une ou l’autre position peut dominer selon les circonstances, mais que dans notre société, la position <em>other-directed </em>est très répandue. Imaginons donc diverses situations à caractère plus ou moins politique et voyons comment des personnes fortement <em>inner</em> ou fortement <em>other-directed</em>, s’y conduisent.<br />
<span> </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pour qui voter<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Avant de voter, l’<em>inner-directed</em> s’enquiert des <strong>programmes</strong>. C’est ce que le candidat envisage de <strong>faire</strong> qui guidera son choix. Ses caractéristiques personnelles comptent moins que son projet. Jusqu’aux années<code> </code>1970 et 1980, c’est sur leur programme que les candidats s’exprimaient.<br />
<span>   </span><br />
L’<em>other</em>-<em>directed</em> ne se préoccupe pas de cela. Il regarde si le candidat est beau, s’il a du charme, s’il est célèbre… Un champion olympique de n’importe quoi qui va serrer des mains sur des marchés est sûr de se faire élire.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Guerre civile ici ou là…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Qu’auraient fait des dirigeants <em>inner-directed</em> quand les Poldaves se sont révoltés contre leur dictateur<code> </code>? Ils auraient commencé par envoyer discrètement, nuitamment, dans un coin de Poldavie, des bateaux d’armes, de matériel, et des instructeurs. Sans tambour ni trompette. But<code> </code>: aider les Poldaves, en espérant leur reconnaissance plus tard. Puis, à mesure que la situation se développerait, ils montreraient davantage leur rôle, histoire de forcer un peu la reconnaissance escomptée…<br />
<span>   </span><br />
Pour des dirigeants <em>other-directed</em>, agir discrètement n’a aucun sens. Si on agit, c’est pour être vu (et de préférence admiré). Pour impressionner l’électeur, il faut du spectaculaire. Aider des gens et leur laisser, à eux seuls, le mérite de la victoire<code> </code>? Vous plaisantez<code> </code>! Incapable de ressentir de la gratitude, l’<em>other-directed </em>n’imagine pas qu’on puisse lui en témoigner.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Informations prématurées</u></strong><br />
<span>   </span><br />
On a beaucoup entendu récemment, des informations importantes dont on nous précisait aussitôt que «<code> </code>ce n’était pas encore sûr<code> </code>». Pour un <em>inner-directed</em>, publier une information avant d’être sûr qu’elle est vraie est un acte stupide et irresponsable. Mais pour l’<em>other-directed</em>, ce qui compte dans l’information, c’est qu’elle fasse parler de lui. S’il attend qu’elle soit vérifiée, c’est un autre qui la publiera et en tirera gloire.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La crise des subprimes</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Cette crise est inconcevable dans un monde où les gens seraient <em>inner-directed</em>. Dans un tel monde, emprunter et prêter y sont spontanément cadrés et limités.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><em><br />
Emprunter</em></strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Inner-directed</em>, je vérifie que je pourrai rembourser. Si je ne peux pas, je sais que le banquier ne me fera pas de cadeau. La maison que je n’aurai pas pu payer, il me la prendra, avec ma voiture et tous les meubles. Personne ne m’oblige à m’endetter et il vaut mieux continuer à me passer de ce qui me manque que de me retrouver en prison ou dépossédé de tous mes biens.<br />
<span>   </span><br />
Du point de vue du banquier, si je suis <em>inner-directed</em>, je prévois que ces personnes à qui je propose un prêt pour devenir propriétaire ne pourront pas rembourser. Ma banque deviendra propriétaire de leurs maisons mais, s’il y en a beaucoup, elle ne pourra pas les vendre. Au total, on aura perdu de l’argent. Prêter dans ces conditions n’est pas raisonnable.<br />
<span>   </span><br />
<strong><em>Prêter</em></strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Other-directed</em>, réfléchir aux suites de mes actes m’ennuie. C’est <strong>le regard de mes voisins</strong> qui me préoccupe. Le banquier qui vient me voir n’a pas grand mal à me faire imaginer propriétaire de ma maison. Un propriétaire, c’est tout de même autre chose<code> </code>! Respect<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Certes, je m’inquiète un peu des remboursements, mais il m’assure qu’ils sont calculés en fonction de mes revenus. Il ne me cache pas qu’ils augmenteront dans quelques années, mais mes revenus aussi, très certainement. Et puis si je n’y arrive pas, je pourrai toujours revendre ma maison. Bref, allons-y<code> </code>! Sur le moment <strong>le regard du banquier</strong> m’importe, je ne vais pas me dégonfler devant lui<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Quelques années plus tard, mes voisins et moi sommes à la rue. La banque est propriétaire de nos maisons, et elle n’arrive même pas à les vendre car il y en a trop.<br />
<span>   </span><br />
Du point de vue du banquier, si je suis <em>other-directed</em>, ce qui arrivera à ma banque dans quelques années m’importe peu. Ce qui m’intéresse, c’est le regard que portera sur moi cette année mon employeur. Si j’ai placé tant de prêts, ça veut dire tant de bénéfices à venir, et pour moi félicitations et prime.<br />
<span>   </span><br />
<strong><em>Titrisation</em></strong><br />
<span>   </span><br />
Le banquier se rend compte qu’il a placé des prêts qui ne seront jamais remboursés. Un banquier <em>inner-directed</em>, guidé par les valeurs qu’il a intériorisées au temps de son éducation, assumerait ses pertes en cherchant seulement à les limiter sans voler personne.<br />
<span>   </span><br />
Le banquier <em>other-directed</em> n’a pas intériorisé une échelle de valeurs contraignante. Il veut sauver le regard de ses supérieurs sur lui. Il imagine alors de vendre à d’autres ses créances pourries. Mais comment leur faire acheter cela<code> </code>? En fabriquant des «<code> </code>titres<code> </code>» qui comportent plein de «<code> </code>choses<code> </code>», dont ces créances de particuliers. Et on les vend à d’autres <em>other-directed</em>, plus sensibles que les <em>inner-directed</em> au charme du vendeur.<br />
<span>   </span><br />
<strong><em>Dettes nationales</em></strong><br />
<span>   </span><br />
Ce que le petit démarcheur banquier a fait à des individus, les dirigeants des banques l’ont fait à des pays. Si on dit à des Méditerranéens<code> </code>: «<code> </code>Ne vous inquiétez pas, on vous prête, pas de problème<code> </code>!<code> </code>», ils empruntent. Si les responsables politiques sont très <em>inner-directed</em>, ils se méfient et pensent à long terme<code> </code>: les banques ne sont pas des mères généreuses qui donnent leur bon lait par amour. S’ils sont très <em>other-directed</em>, ils voient d’abord l’admiration qui leur sera témoignée pour avoir réalisé tel ou tel projet spectaculaire ou grandiose (des jeux olympiques par exemple). Ils pensent à court terme et empruntent imprudemment.<br />
<span>   </span><br />
Les banquiers, s’ils sont <em>inner-directed</em>, réfléchissent qu’on peut saigner à blanc des individus mais que, pour un pays, c’est une autre affaire. Il y a des limites (les limites, c’est le propre de l’autorité traditionnelle<code> </code>; l’absence de limite, c’est le propre de l’autorité archaïque). S’ils n’ont pas de limite, ils s’en tiennent à<code> </code>: «<code> </code>vous avez emprunté, vous devez rembourser<code> </code>; votre population crèvera de faim, ce n’est pas notre affaire.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Les dirigeants du pays soumis à cette pression, s’ils étaient suffisamment <em>inner-directed</em>, diraient<code> </code>: «<code> </code>D’accord, nos prédécesseurs ont été imprudents, mais vous n’y êtes pas pour rien<code> </code>: vous avez versé beaucoup de dessous de table, vous avez fait beaucoup de fausses promesses, vous avez largement faussé les comptes. Parmi nos créanciers nous allons donc faire des choix<code> </code>: certains seront payés (nos fonctionnaires, nos retraités, nos malades), d’autres attendront.<br />
Les banques qui spéculent contre nous et augmentent leurs taux d’intérêt sous prétexte que nous ne sommes plus aussi rentables, ces banques peuvent attendre longtemps.<br />
Nous n’annulons pas nos dettes, mais nous les rembourserons quand nous pourrons. Avec les énormes sommes que nous vous versons chaque année, on peut faire beaucoup. Advienne que pourra.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
À l’inverse, on peut imaginer que des dirigeants <em>other-directed</em> vivent la situation ainsi<code> </code>: pendant des années, Maman (les Marchés) nous a encouragés à faire n’importe quoi, payant sans jamais protester, et puis soudain, elle se fâche et veut qu’on lui rende tout ce qu’elle nous a donné. Qu’est-ce qu’on peut faire<code> </code>? Rien du tout<code> </code>! C’est Maman<code> </code>! C’est les Marchés<code> </code>! On ne peut rien face aux Marchés comme on ne peut rien face à Maman. Sauf lui dire zut<code> </code>! Et voir si elle a le courage de nous tuer…</p>
<p class="MsoNormal"> <strong><u>Conclusion</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La distinction entre personnes dirigées de l’intérieur par une structure de valeurs intériorisée dans l’enfance et personnes dirigées par le regard des autres, instant après instant, est particulièrement utile.<br />
<span>   </span><br />
Elle n’explique cependant pas tout, elle ne prétend pas être une clé universelle pour comprendre notre temps. Mais il est bon de l’avoir en tête pour regarder ce qui se passe. En se rappelant qu’<em>inner</em> et <em>other-directed</em> n’y peuvent rien<code> </code>; c’est leur façon d’être au monde et il est donc inutile de leur adresser des objurgations pour qu’ils changent. En revanche, on peut ne pas se laisser surprendre par leurs actes.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Patrice Ranjard<br />
© Patrice Ranjard pour <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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		<item>
		<title>Autorité patriarcale et autorité archaïque</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Aug 2011 21:40:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Début juin, le billet intitulé Culture narcissique et politique tentait de montrer comment la politique est aujourd’hui dominée par des Narcisses court-termistes qui ne s’intéressent qu’à eux-mêmes. Quel paradoxe ! La politique est le lieu de la Cité (en grec polis), le lieu de la coopération [...]]]></description>
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<p><span>   </span><br />
Début juin, le billet intitulé <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em> tentait de montrer comment la politique est aujourd’hui dominée par des Narcisses court-termistes qui ne s’intéressent qu’à eux-mêmes. Quel paradoxe<code> </code>! La politique est le lieu de la Cité (en grec <em>polis</em>), le lieu de la coopération et de la solidarité. Et le narcissisme est la négation même de ces valeurs. Comment en est-on arrivé là<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
On se doute qu’une telle évolution est complexe et tient à de nombreux facteurs. Il en est un pourtant dont on peut être sûr qu’il a joué un rôle, c’est «<code> </code>l’élevage<code> </code>» des enfants. Lequel a beaucoup changé depuis quelques décennies. Pour éclairer ce changement je présenterai la théorie de l’autorité de Gérard Mendel<a href="#_edn1" title="_ednref1" name="_ednref1"><span class="MsoEndnoteReference"><span><span class="MsoEndnoteReference"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">[i]</span></span></span></span></a> et l’érosion uniformément accélérée de l’autorité patriarcale jusqu’à son quasi remplacement par une autorité dite «<code> </code>archaïque<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’autorité selon Gérard Mendel<code> </code>: pérennisation de l’enfance</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour Mendel, l’autorité est un phénomène <strong>à la fois </strong>psycho-individuel et socio-culturel, qui consiste à <strong>pérenniser la dépendance du petit enfant à ses éducateurs</strong>. L’enfance du petit d’homme est particulièrement longue, et sa survie dépend des soins des adultes. L’enfant ne peut prendre le risque que ceux qui s’occupent de lui l’abandonnent. Il est donc attentif à maintenir leurs attentions et se construit des réflexes conditionnés d’adaptation, voire de soumission si c’est ce qui est attendu de lui.<br />
<span>   </span><br />
La pérennisation s’opère ainsi<code> </code>: à mesure qu’il grandit et sort de l’enfance, <strong>l’individu trouve «<code> </code>au dessus<code> </code>» de lui des «<code> </code>supérieurs<code> </code>» qui attendent de lui ce qu’en attendaient ses parents<code> </code></strong>: respect inconditionnel, soumission, obéissance. Et s’il se rebelle, il lui arrive la même chose que lorsqu’il était petit<code> </code>: les «<code> </code>supérieurs<code> </code>» font intervenir la force (la force publique si nécessaire) pour châtier sa rébellion. Ses réflexes de soumission sont ainsi renforcés et, du même coup, ceux des autres individus lorsqu’ils sont témoins de ces répressions.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ce système est à la fois</strong> <strong>puissant et économique</strong>. Il fait «<code> </code>tenir ensemble<code> </code>» (Mendel) toute la société à peu de frais. Chacun, où qu’il soit dans la hiérarchie sociale, voit au dessus de lui des supérieurs auxquels il obéit <em>volontairement</em>. Cette obéissance volontaire est vécue comme <em>naturelle</em>. Dans l’immense majorité des cas, la force (dont l’usage est coûteux) reste dans les coulisses.<br />
<span>   </span><br />
Ce système donne a tous ceux qui sont en position «<code> </code>supérieure<code> </code>» <strong>le pouvoir de <em>faire-faire</em> </strong>par leurs «<code> </code>inférieurs<code> </code>» des actes qu’ils ne pourraient réaliser seuls. <strong>L’autorité donne du pouvoir</strong>. Et toute la société étant ainsi hiérarchisée, le pouvoir de <em>faire-faire</em> se concentre au sommet de la pyramide, au point qu’on a pris l’habitude de dire «<code> </code>le Pouvoir<code> </code>» pour désigner les gouvernements.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un déconditionnement uniformément accéléré<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En Europe, <strong>à partir de la Renaissance, s’est produit un processus de déconditionnement à cette autorité</strong>. D’abord quelques individus isolés ont eu l’audace de penser par eux-mêmes sans se soumettre aux «<code> </code>anciens<code> </code>», aux textes sacrés, à la Tradition. Copernic, Luther, Galilée… Ces rébellions n’ont pas manqué de provoquer des réactions violentes, mais qui n’ont pas réussi à écraser le mouvement de libération. Pascal, Newton, les Encyclopédistes élaborent des savoirs avec méthode, sans se soumettre à la Tradition. Ces savoirs, qu’on dira plus tard «<code> </code>scientifiques<code> </code>», sont plus puissants que la Tradition pour expliquer les phénomènes ou créer des techniques.<br />
<span>   </span><br />
Ils sont bientôt enseignés à l’université puis à l’école et appris en masse par les fils de la bourgeoisie. Ceux-ci font donc l’expérience <em>répétée</em> que leurs pères sont plus ignorants qu’eux-mêmes et qu’il leur arrive de se tromper, d’avoir tort. Donc que l’exigence paternelle de soumission inconditionnelle n’est pas juste. Au cours du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, cette expérience influe sur la façon dont ils élèvent leurs propres enfants.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le mouvement s’accélère</strong> et, au XX<sup>e</sup><code> </code>siècle, il devient perceptible d’une génération à la suivante. Les deux guerres mondiales contribuent à sa généralisation dans toutes les classes sociales, puis les Trente Glorieuses, avec l’explosion des classes moyennes et des changements technologiques, débouchent sur la révolution culturelle de<code> </code>1968<code> </code>: «<code> </code>il est interdit d’interdire.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>On n’a pas fait des enfants pour qu’ils deviennent obéissants</u></strong><br />
<span>   </span><br />
On commence alors à voir des parents qui disent<code> </code>: «<code> </code>on n’a pas fait des enfants pour les dresser comme des petits chiens<code> </code>» et qui refusent tous les «<code> </code>tiens-toi droit<code> </code>», «<code> </code>dis bonjour<code> </code>», «<code> </code>fais pas ci, fais pas ça<code> </code>», etc. Les parents ne veulent plus être des «<code> </code>méchants<code> </code>», ils ne veulent plus être en conflit avec leurs enfants, ils veulent être aimés sans réserve.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Est-ce à dire que l’autorité a disparu<code> </code>? Point du tout<code> </code>: elle s’est seulement transformée</strong>. L’<em>élevage</em> des enfants a changé. Le management des salariés va changer aussi (voir ci-dessous). Mais évidemment, toutes ces évolutions ne sont pas mécaniques<code> </code>: durant plusieurs décennies la situation semble chaotique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Ce qui change dans l’<em>élevage</em> des petits</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Nous préférons ici le mot «<code> </code>élevage<code> </code>» au mot éducation, davantage évocateur du développement social et intellectuel et du dressage des comportements. «<code> </code>Élevage<code> </code>», plus proche du biologique, concerne toutes les pratiques maternelles, familiales et sociales autour des petits.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui on peut entendre un enfant crier à son parent qui vient de lui interdire quelque chose<code> </code>: «<code> </code>j’te déteste<code> </code>!<code> </code>» On ne sait plus qu’il y a seulement cent ans, l’enfant aurait instantanément reçu une gifle avec approbation générale et punition à l’appui. Un demi-siècle plus tard, la gifle est improbable et serait désapprouvée. Aujourd’hui, dans le meilleur des cas, le parent répond<code> </code>: «<code> </code>Tu me détestes<code> </code>? Tant pis<code> </code>! Moi je t’aime quand même et je maintiens mon interdiction.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Bienheureux l’enfant dont le parent répond ainsi<code> </code>! Il vit, <em>de façon répétée</em>, que lorsque son parent le frustre ce n’est pas parce qu’il est méchant ou qu’il ne l’aime pas, c’est parce qu’il a de bonnes raisons de le faire. Et donc que lui, l’enfant, existe solidement pour son parent. Il existe (il est aimé) même lorsque son parent le contraint ou le prive. L’enfant fait l’expérience de la sécurité.<br />
<span>   </span><br />
Mais ce qui arrive de plus en plus souvent après<code> </code>1968 est très différent<code> </code>: le parent interdit quelque chose. L’enfant crie «<code> </code>Je te déteste<code> </code>», et le parent ne le supporte pas. Il pique une crise, ou bien il cède<code> </code>; ou tantôt l’un, tantôt l’autre<code> </code>; ou l’un après l’autre… On voit des parents se mettre en colère puis s’excuser de leur colère et en demander pardon à l’enfant. À l’étape suivante le parent ne refuse plus rien, ne se met jamais en situation de s’entendre dire «<code> </code>je te déteste<code> </code>». L’enfant apprend donc qu’il a le pouvoir de perturber son parent, que son parent n’est pas solide, qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Bref, il n’expérimente pas la sécurité.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Prévoir à long terme ou s’adapter à l’instant</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Allons plus loin. <strong>Dans le premier cas, l’individu <em>sait à quoi s’en tenir</em>.</strong> Il sait que, s’il fait ceci, il se passera cela. Il a <strong>des moyens de <em>prévoir les conséquences de ses choix</em>. Il peut se construire un outil intérieur d’évaluation des situations. Il a affaire à une puissance, pas à une toute-puissance.</strong> Il y a des raisons, des motifs, des règles. Son parent ne fait pas n’importe quoi par caprice, sans explication.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est cela, en principe, l’autorité «<code> </code><em>patriarcale<code> </code>»</em><code> </code></strong>: elle peut être sévère, mais elle est censée rester juste. Et même si, en pratique, les pères réels étaient souvent sévères et pas justes, chacun pouvait se construire une représentation de ce qu’aurait dû être une autorité <strong>«<code> </code>sévère mais juste<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dans le deuxième cas,</strong> l’expérience vécue de façon répétée par l’enfant est point par point l’inverse de la première. <strong>L’individu ne peut rien prévoir, ne peut se fier à rien.</strong> Les choses arrivent ou n’arrivent pas, sans qu’il y puisse rien. Hier Maman s’est fâchée, aujourd’hui pour la même chose elle ne dit rien. Rien à comprendre, c’est comme ça. <strong>C’est la définition même de l’arbitraire, c’est-à-dire de la toute-puissance. Et c’est cela une autorité archaïque</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi ce terme d’archaïque<code> </code>? Parce que tel est l’univers du nourrisson<code> </code>; tout ou rien et arbitraire<code> </code>: pas de justification, pas d’explication. Ce n’est que peu à peu que le bébé découvre des régularités, puis des règles, et qu’il accède à un univers de raisons. Dans la mesure où la nouvelle façon d’élever les enfants maintient au delà de l’âge de raison les caractéristiques de la période archaïque, il est approprié de nommer cette forme d’autorité «<code> </code>archaïque<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Cette autorité archaïque est apparemment plus permissive mais <strong>en réalité bien plus aliénante, parce que sa demande n’est pas d’obéir mais d’aimer.</strong> Le parent <em>patriarcal</em> supporte de n’être pas aimé mais exige d’être obéi. Le parent <em>archaïque</em> supporte de n’être pas obéi mais exige d’être aimé.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette situation, l’individu ne peut pas se construire un outil fiable d’évaluation des situations. Ne pouvant pas prévoir, il observe les autres pour s’ajuster à chaque situation, sans tirer de leçon généralisable de l’expérience. Le danger est alors qu’il reste <strong>dépendant du regard des autres pour évaluer les situations.</strong> C’est le regard des autres qui l’informera sur sa valeur, son importance, son intérêt. Guetter et quêter le regard des autres deviendra sa façon d’être au monde. <strong>Et c’est là le cœur du narcissisme.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>«<code> </code><em>Inner-directed</em><code> </code>» et <em>«<code> </code>other-directed<code> </code>»</em></u></strong><br />
<span>   </span><br />
Dès les années cinquante, les psychanalystes français décrivent l’évolution de leur clientèle<code> </code>: de moins en moins de ces belles névroses paternelles et de plus en plus de pathologies narcissiques difficiles à décrire… En Amérique, les choses avaient commencé depuis longtemps<code> </code>: en 1951 David Riesmann publie <em>La foule solitaire</em> où il distingue les personnalités<em> inner-directed</em>, en voie de disparition, des personnalités <em>other-directed</em>, de plus en plus fréquentes (ce livre ne sera publié en France qu’en 1964). Vingt-sept ans plus tard (1979) paraît <em>The culture of narcissism</em> de Christopher Lasch<code> </code>: c’est toute la société qui est imprégnée de ce trouble narcissique (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/page/3/" target="_blank">Culture narcissique et politique</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Après les années 80, l’évolution devient<span>  </span>tellement rapide que les adultes la perçoivent. Il n’est que d’interroger ceux qui travaillent à l’école<code> </code>: ils constatent tous que les enfants changent de plus en plus vite. Or ce sont les personnes bien conditionnées à l’autorité patriarcale qui choisissent de devenir enseignants et ceux qui font ce choix dans les années<code> </code>80 étaient nés et avaient été éduqués avant<code> </code>1968. <strong>L’autorité patriarcale ne fonctionne plus du tout avec les élèves des années<code> </code>90. </strong>Impossible d’obtenir le silence en l’exigeant<code> </code>! Il ne reste aux enseignants qu’à <strong>se faire aimer des élèves, au moins suffisamment pour que ceux-ci renoncent à leur pourrir la vie. </strong>Comme en famille…<br />
<span>   </span><br />
Dans les entreprises aussi l’évolution est visible. On se tutoie, on est censé s’apprécier et se faire confiance, voire être proches. On ne donne plus d’ordres, on négocie des objectifs. On attend du salarié qu’il se donne à fond. <strong>Un cadre de niveau élevé doit travailler sans limite, pour manifester son «<code> </code>amour<code> </code>» exclusif et sans réserve à son entreprise</strong>. Comme en famille…<br />
<span>   </span><br />
L’autorité est donc toujours le système qui pérennise les relations familiales de l’enfance. Mais elle s’est transformée et l’humain qu’elle produit est très différent de celui que produisait l’autorité patriarcale.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les adultes d’aujourd’hui</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Disons qu’ils sont nés entre la Seconde guerre mondiale et la chute du mur de Berlin. Mais l’évolution n’est pas linéaire<code> </code>: il y avait des narcisses jadis et il y a encore des familles dont les enfants possèdent la structure interne qui leur permet de penser à long terme. Entre des narcisses «<code> </code>purs<code> </code>», entièrement <em>other-directed</em> et incapables de penser à long terme et d’antiques «<code> </code>pères<code> </code>» insensibles au regard des autres et obsessionnellement braqués sur des objectifs à long terme, la plupart des individus mêlent en proportions inconnues les deux manières d’être.<br />
<span>   </span><br />
L’important est que <strong>les comportements politiques d’une personne varieront selon ce qui domine en elle.</strong> Dans un prochain billet nous tenterons d’évoquer quelques situations où les réactions des <em>inner-directed</em> et des <em>other-directed</em> sont différentes, avec parfois des conséquences qui ne laissent pas d’être inquiétantes…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Patrice Ranjard<br />
© Patrice Ranjard pour <em>La Lettre du Lundi</em> 2011<br clear="all" /></p>
<hr size="1" width="33%" align="left" />
<p id="ftn1">&nbsp;</p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ftnref1" title="_ftn1" name="_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 8pt"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">[1]</span></span></span></span></span></a><span style="font-size: 8pt"> Une trentaine d’ouvrages sur l’autorité, la démocratie et la « nature » humaine entre 1968 et sa mort en 2004. </span></p>
<p class="MsoFootnoteText">&nbsp;</p>
<p><br clear="all" /></p>
<hr size="1" width="33%" align="left" />
<p id="edn1">&nbsp;</p>
<p class="MsoEndnoteText"><a href="#_ednref1" title="_edn1" name="_edn1"></a></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Jouer avec le feu</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/08/20/jouer-avec-le-feu/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Aug 2011 20:50:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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« Rassurer les marchés » : à longueur de journée, hommes politiques et « experts », relayés par des médias fort peu critiques, nous présentent cet objectif comme LA priorité du moment. « Si nous ne rassurons pas les marchés, le monde va s’écrouler » : tel est le message que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" frameborder="0" scrolling="no"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
«<code> </code>Rassurer les marchés<code> </code>»<code> </code>: à longueur de journée, hommes politiques et «<code> </code>experts<code> </code>», relayés par des médias fort peu critiques, nous présentent cet objectif comme LA priorité du moment. «<code> </code>Si nous ne rassurons pas les marchés, le monde va s’écrouler<code> </code>»<code> </code>: tel est le message que l’on veut nous imprimer dans la tête. Le bon citoyen doit se préoccuper avant tout de la santé des marchés.<br />
<span>   </span><br />
Nous ne reviendrons pas ici sur les critiques, arguments et propositions que nous avons développés dans les deux précédents billets consacrés à ce thème, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/06/les-marches-dodessa/" target="_blank"><em>Les marches d’Odessa</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/08/14/de-lutilite-de-la-bourse/" target="_blank"><em>De l’utilité de la Bourse</em></a> (nous vous proposons cependant de les relire avant de poursuivre la lecture de ce billet, afin de mettre en perspective les développements ci-dessous). Nous allons nous concentrer sur la dernière trouvaille du monde politique pour rassurer les susdits marchés.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une mise sous tutelle programmée…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
De Delors à Sarkozy en passant par Cohn-Bendit ou Trichet, la proposition tourne autour d’un même axe<code> </code>: il faut une plus forte intégration économique européenne, une «<code> </code><a href="http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-08-18/l-europe-est-au-bord-du-gouffre-857125.php" target="_blank">coopération économique renforcée</a><code> </code>» (Delors), un «<code> </code><a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/08/16/04016-20110816ARTFIG00420-sarkozy-et-merkel-veulent-un-gouvernement-pour-l-europe.php" target="_blank">véritable gouvernement de la zone euro</a><code> </code>» (Sarkozy), des <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/08/19/daniel-cohn-bendit-la-parole-de-nos-gouvernants-est-triple-zero_1561235_823448.html" target="_blank">euro-obligations</a> (Cohn-Bendit), un <a href="http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/02/04016-20110602ARTFIG00512-euro-l-audacieux-testament-de-trichet.php" target="_blank">ministre des finances européen</a> (Trichet)… bref, même si cela n’est pas exprimé ainsi, une <strong>mise sous tutelle des politiques économiques nationales par une autorité européenne</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Bien sûr, les propositions varient selon les clivages politiques mais, <em>de facto</em> et en termes peu diplomatiques, leur proposition est la suivante<code> </code>: <strong>comme nous l’avons fait pour la monnaie, donnons les «<code> </code>clés du camion<code> </code>» aux Allemands qui</strong>, compte tenu de leur tempérament de fourmis besogneuses, <strong>sont les mieux placés pour conduire</strong>, avec toute la rigueur nécessaire, <strong>une politique économique européenne</strong> qui «<code> </code>rassurera les marchés<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On parlait autrefois du «<code> </code>parapluie nucléaire américain<code> </code>» en matière de défense, on peut aujourd’hui parler d’un <strong>«<code> </code>parapluie économico-financier allemand<code> </code>» sous lequel il faudrait aller se réfugier pour «<code> </code>rassurer les marchés<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’aborderons pas ici la question – cependant cruciale mais traitée dans de précédents billets – de la soumission de cette (future) autorité au lobby bancaire et financier pour nous concentrer sur un autre aspect<code> </code>: la <strong>légitimité démocratique</strong> de ce qui se prépare.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… à l’insu des citoyens…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La dernière fois que les Français ont été appelés à se prononcer sur un sujet de nature européenne, c’était en<code> </code>2005, à l’occasion de la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe. Tous les «<code> </code>grands<code> </code>» partis politiques, UMP et PS en tête, appelaient à voter «<code> </code>oui<code> </code>»… et le «<code> </code>non<code> </code>» l’emporta avec près de 55<code> </code>% des voix.<br />
<span>   </span><br />
Faisant fi du désaveu populaire, le Prince a cependant engagé la France dans le traité de Lisbonne du 13<code> </code>décembre 2007, version édulcorée du traité rejeté en<code> </code>2005.<br />
<span>   </span><br />
Le moins que l’on puisse dire, c’est que <strong>les Français sont très réservés à l’égard de l’intégration européenne</strong>. Quelle que soit l’opinion de chacun sur le sujet, <strong>le refus populaire du «<code> </code>plus d’Europe<code> </code>» est un fait, et la règle démocratique, c’est de respecter le choix de la majorité</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Profiter de la «<code> </code>panique<code> </code>» actuelle pour nous embarquer dans l’aventure d’une intégration économique européenne nous semble, dans ce contexte, non seulement anti-démocratique mais fort dangereux.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… c’est jouer avec le feu</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Anti-démocratique</strong>, évidemment. Soit on transfère <em>de facto</em> des pouvoirs sans donner une consistance juridique «<code> </code>forte<code> </code>» à ce transfert, soit les pouvoirs transférés constituent un abandon manifeste de souveraineté, et il faudra alors modifier la Constitution. Dans ce cas, ne rêvons pas d’un référendum sur le sujet. Il y a fort à parier que, si cette modification est juridiquement nécessaire, elle s’effectuera par le biais d’une réunion du Congrès à Versailles, les citoyens étant exclus du processus.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dangereux</strong> car, révision constitutionnelle ou non, <strong>cette évolution en catimini vers le fédéralisme, effectuée à l’insu des citoyens sous prétexte de «<code> </code>rassurer les marchés<code> </code>», ne fera qu’attiser leur ressentiment vis-à-vis d’un personnel politique déjà largement déconsidéré</strong><code> </code>: non seulement il a été incapable (à droite comme à gauche) de «<code> </code>bien gérer<code> </code>» le pays depuis 30<code> </code>ans mais, cerise sur le gâteau, il abandonne maintenant à l’Allemagne le soin de diriger la politique économique et monétaire de la France, comme un incapable que l’on place sous curatelle.<br />
<span>   </span><br />
Voilà, à peu de choses près, le type d’argument que ne manquera pas d’employer Marine Le Pen, touchant ainsi des franges de l’électorat <em>a priori</em> peu réceptives aux thèses du Front national.<br />
<span>   </span><br />
<strong>En dehors des urnes, le résultat sera tout aussi désastreux</strong><code> </code>: poussée du sentiment anti-allemand (qui sera alors démagogiquement utilisé par ceux qui préconisent les solutions décrites plus haut), révoltes et jacqueries en tous genres (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/page/3/" target="_blank"><em>Révolution ou jacqueries<code> </code>?</em></a>) qui ne manqueront pas d’éclater quand les plans de rigueur conçus outre-Rhin seront mis en œuvre. On voudrait augmenter les tensions entre les nations et les peuples européens que l’on ne s’y prendrait pas mieux…<br />
<span>   </span><br />
Les dirigeants politiques de tous bords qui envisagent, dans la «<code> </code>panique<code> </code>» ambiante, un renforcement des pouvoirs communautaires sans soutien populaire sont donc en train de jouer avec le feu. <strong>On peut vouloir aller vers le fédéralisme ou le gouvernement économique européen, mais pas à l’insu des citoyens.</strong> Le silence absolu des politiques et des médias sur cette «<code> </code>non-participation du peuple<code> </code>» à une évolution aussi importante est d’ailleurs particulièrement révélateur.<br />
<span>   </span><br />
C’est, s’il en était encore besoin, une preuve supplémentaire de l’attitude de l’aristocratie qui nous gouverne à l’égard des citoyens, considérés comme une masse plébéienne par cette même aristocratie<code> </code>: il ne s’agit pas de demander aux citoyens de choisir (ce devrait pourtant être le cas dans une démocratie…) mais de contrôler les réactions de la plèbe à l’aide d’une «<code> </code>communication adaptée<code> </code>», voire de lâcher quelques miettes et quelques concessions quand «<code> </code>ça braille trop<code> </code>». Une démocratie à la Poutine, en somme…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De l&#8217;utilité de la Bourse</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/08/14/de-lutilite-de-la-bourse/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/08/14/de-lutilite-de-la-bourse/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Aug 2011 18:09:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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80 % de trouille, 20 % de cupidité, tel est le dosage du « cocktail » auquel ont fonctionné les « marchés » cette semaine (8 au 12 août). Les médias nous ont inondé d’un vocabulaire de fin du monde : écroulement, effondrement, dégringolade, descente aux enfers, dévissage, krach, panique… sans oublier de [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
<strong>80<code> </code>% de trouille, 20<code> </code>% de cupidité</strong>, tel est le dosage du «<code> </code>cocktail<code> </code>» auquel ont fonctionné les «<code> </code>marchés<code> </code>» cette semaine (8 au 12<code> </code>août). Les médias nous ont inondé d’un <strong>vocabulaire de fin du monde</strong><code> </code>: écroulement, effondrement, dégringolade, descente aux enfers, dévissage, krach, panique… sans oublier de vilipender d’une part les «<code> </code>spéculateurs<code> </code>» qui amplifient le phénomène, d’autre part les «<code> </code>colporteurs de rumeurs<code> </code>» qui ont notamment entraîné à la baisse le titre de la Société Générale.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Tout cela sonne faux.</strong> Faux car cette <strong>comédie de la «<code> </code>catastrophe que l’on évite de justesse<code> </code>»</strong> nous est maintenant servie <em>ad nauseam</em>, à intervalles de plus en plus brefs, comme un vieux plat réchauffé dont les convives ne veulent plus.<br />
<span>   </span><br />
Faux car <strong>les «<code> </code>spéculateurs<code> </code>»</strong> que l’on nous jette en pâture comme boucs émissaires, mais sans jamais prononcer leur nom, <strong>sont avant tout les banques, dont l’activité «<code> </code>salles de marché<code> </code>»</strong> (c’est-à-dire casino boursier) <strong>est une source essentielle de leurs bénéfices</strong>. Cette semaine, elles ont donc «<code> </code>joué<code> </code>» les unes contre les autres, sur le registre «<code> </code>je me porte mieux que ma voisine<code> </code>», reflétant ainsi le narcissisme et l&#8217;ego surdimensionné de leurs dirigeants respectifs.<br />
<span>   </span><br />
Faux car tout ce barnum n’est destiné qu’à engendrer la trouille auprès du bon peuple afin de le faire consentir à ce qui lui est présenté non seulement comme inéluctable mais de surcroît comme raisonnable<code> </code>: <strong>passer à la caisse via des hausses d’impôts et des réductions de prestations</strong>. Comme les médecins de Molière, politiques et doctes économistes nous expliquent que, pour que le malade affaibli guérisse, il va falloir saigner, saigner toujours plus. <em>Primo saignare, deinde purgare, postea clysterium donare</em>, comme le caricaturait Daumier.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/08/caricature-daumier.jpg" alt="caricature-daumier.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
Faux car, à chaque «<code> </code>crise<code> </code>», <strong><em>Captain America</em> Sarkozy nous sort un lièvre du chapeau</strong><code> </code>: il y a un peu plus d’un an, il nous annonçait qu’il allait «<code> </code>sauver le capitalisme<code> </code>» (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/04/page/3/" target="_blank">Ad majorem pecuniae gloriam</a></em> et l’inoubliable vidéo de Sarkozy annonçant cette grande nouvelle)<code> </code>; aujourd’hui, c’est la «<code> </code>règle d’or<code> </code>» (les mots ne sont ni anodins ni choisis au hasard<code> </code>: en associant les termes «<code> </code>règle<code> </code>» et «<code> </code>or<code> </code>», les communicants de l’Élysée veulent ainsi parer Sarkozy des attributs d’un «<code> </code>grand prêtre<code> </code>» qui détiendrait – seul – le pouvoir d’intercéder auprès du Tout-Puissant et d’édicter des règles de nature quasi-divine), en fait <strong>des fourches caudines que ce même Sarkozy propose d’inscrire dans la Constitution</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Faux car la question de fond est soigneusement évitée<code> </code>: à quoi sert la Bourse<code> </code>?</strong> Dans la panique et pour montrer au brave peuple que l’«<code> </code>on fait quelque chose<code> </code>», plusieurs pays européens viennent d’interdire les ventes à découvert. À quoi tout cela rime-t-il<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Réformer la Bourse<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Revenons aux concepts de base<code> </code>: dans la plupart des manuels d’économie, on apprend que <strong>la Bourse sert à «<code> </code>financer les entreprises<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est évidemment une énorme blague<code> </code>: aujourd’hui, la principale fonction de la Bourse, c’est de faire de l’argent avec de l’argent</strong>, le lien avec l’«<code> </code>économie réelle<code> </code>» étant de plus en plus ténu, la fonction de financement des entreprises de plus en plus théorique.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Réformons donc la Bourse.</strong> Non via des mesurettes du type interdiction des ventes à découvert mais, si l’on nous permet d’utiliser un parallèle audacieux entre le profane et le sacré, à l’image de ce qu’a fait Luther avec la foi catholique.<br />
<span>   </span><br />
Pour réformer le catholicisme, Luther ne s’est pas contenté de demi-mesures<code> </code>: il a tout mis par-dessus bord, à l’exception de ce qu’il considérait comme l’essentiel, la Bible. Tout le reste, c’est-à-dire le Pape, la hiérarchie de l’Église, les sacrements, les saints, les indulgences, la virginité de Marie… bref toute la «<code> </code>superstructure<code> </code>» du culte, est passé à la trappe.<br />
<span>   </span><br />
Le parallèle avec la Bourse<code> </code>? Si celle-ci est censée financer les entreprises, cela implique<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• de <strong>ne pouvoir acheter des actions d’une entreprise qu’en les réglant cash, immédiatement, pour la totalité du montant investi</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• de <strong>devoir conserver ces actions un minimum de deux ou trois ans</strong>. Si l’on prend la décision de financer une entreprise, ce n’est pas pour s’en retirer quelques heures ou quelques jours plus tard, n’est-ce pas<code> </code>? C’est que l’on croît sérieusement en ses possibilités de développement à moyen et long terme et que l’on inscrit cet investissement dans cette perspective.</p>
<p class="MsoNormal"><strong>Tout le reste – SRD, warrants, certificats, trackers, SICAV, ETF, futures et tous autres produits dérivés ou à effet de levier </strong>(sans oublier, bien sûr, les fameuses ventes à découvert) <strong>– doit être purement et simplement interdit.</strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est tout.</strong> D’une simplicité biblique, pourrait-on dire. Revenir aux fondamentaux. Se concentrer sur l’essentiel.<br />
<span>   </span><br />
La banque et la Bourse redeviendront alors ce qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être<code> </code>: <strong>des activités ennuyeuses et sans grand relief, dont la croissance reflète celle de l’économie réelle</strong>. Faute de pouvoir s’investir dans le mécano financier, les «<code> </code>énergies<code> </code>» (notamment celles des cerveaux les plus brillants – voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/page/2/" target="_blank">Une autre route qu’eux</a></em>) seront à nouveau orientées vers l’innovation technologique, la production&#8230; tout simplement le monde réel.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		<title>Les marches d&#8217;Odessa</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Aug 2011 22:43:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Nous n&#8217;avions pas envisagé de publier un nouveau billet avant le week-end des 27-28 août mais l&#8217;actualité en a décidé autrement : en abaissant la note des États-Unis, Standard &#38; Poors a très vraisemblablement enclenché une série d&#8217;événements qui aboutiront à la dégringolade des États-nations. C&#8217;est une « clé [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Nous n&#8217;avions pas envisagé de publier un nouveau billet avant le week-end des 27-28<code> </code>août mais l&#8217;actualité en a décidé autrement<code> </code>: en abaissant la note des États-Unis, Standard &amp; Poors a très vraisemblablement enclenché une série d&#8217;événements qui aboutiront à la dégringolade des États-nations. C&#8217;est une «<code> </code>clé de lecture<code> </code>» de ces événements à venir que nous vous proposons dans ce billet.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span></p>
<p>En mai<code> </code>2010, il y a un peu plus d’un an, nous avions publié un billet intitulé <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/2/" target="_blank">Fourches caudines et tango argentin</a></em> que nous vous proposons de relire pour mettre en perspective d’une part l’enchaînement des événements qui vont se dérouler dans les prochains mois, d’autre part le contenu de ce billet. Vous pouvez également relire le billet de la semaine dernière (<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/07/31/le-%C2%AB-mal-americain-%C2%BB/" target="_blank">Le «<code> </code>mal américain<code> </code>»</a></em>)<code> </code>: toutes ces analyses sont liées.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un peu d’histoire</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Depuis 30 ans et la mise en place des <em>Reaganomics</em> à l’échelle mondiale (qui ont eu pour conséquence de réduire les recettes des États en multipliant les baisses et exemptions d’impôts au bénéfice des entreprises et des citoyens les plus fortunés), <strong>les États n’ont cessé d’emprunter pour maintenir leur «<code> </code>train de vie<code> </code>»</strong><code> </code>: éducation, justice, diplomatie, dépenses sociales, militaires, etc.<br />
<span>   </span><br />
Ce phénomène d’emprunt structurel a abouti d’une part à <strong>créer des dettes colossales</strong> (par exemple 14<code> </code>000<code> </code>milliards de dollars pour l’État fédéral américain, 1<code> </code>650<code> </code>milliards d’euros pour l’État français), d’autre part à <strong>«<code> </code>créer de l’argent<code> </code>»</strong> (augmenter la masse monétaire, comme disent les économistes<code> </code>; vous trouverez un peu plus de détails sur ce sujet dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/" target="_blank">Le jour où le dollar s’effondrera</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>On a donc multiplié exponentiellement la masse monétaire dite M3</strong>, qui comprend non seulement les billets et pièces en circulation mais aussi et surtout les dépôts sur les comptes bancaires, tous les produits d’épargne type livret<code> </code>A et tous les «<code> </code>instruments du marché monétaire<code> </code>» (bons du Trésor, SICAV, etc). En contrepartie… rien. Et c’est là que le bât blesse.<br />
<span>   </span><br />
Cette explosion de la masse monétaire d’un pays pour cause d’endettement excessif n’est pas une nouveauté. Un des exemples les plus connus est celui de la république de Weimar en Allemagne avant la Seconde guerre mondiale<code> </code>: pour payer ses dettes (liées au traité de Versailles) et assurer la paye des fonctionnaires, le gouvernement allemand avait alors fait fonctionner à plein la «<code> </code>planche à billets<code> </code>» en imprimant des milliards de marks, générant hyperinflation et instabilité économique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une pièce en trois actes</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, ce «<code> </code>mal<code> </code>» a atteint un nombre très - trop - élevé de pays occidentaux, États-Unis en tête, mais également Royaume-Uni, France, Italie&#8230; Alors, que va-t-il se passer<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Premier acte, que nous vivons actuellement<code> </code>: la trouille.</strong> Les créanciers de ces dettes (banques, institutions financières, fonds de pension… notamment ceux basés en Chine) ont la trouille <strong>que certains États, dont les États-Unis, ne remboursent jamais leur dettes</strong>. D’où le climat de quasi-panique actuel, le cours des actions des banques qui dégringole en Bourse, etc.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Deuxième acte<code> </code>: l’acceptation de la réalité.</strong> Même en saignant à blanc le pauvre peuple (réduction drastique des dépenses, augmentations d’impôts…), le lobby financier va réaliser que nombre d’États ne pourront ni rembourser leurs dettes conformément aux échéances prévues, ni en rembourser la totalité. Il va donc falloir négocier, au cas par cas.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Troisième acte<code> </code>: la négociation.</strong> Le grand marchandage va alors commencer, période de fortes incertitudes pour employer une expression chère aux économistes et politiciens. «<code> </code>Vous ne pouvez pas rembourser tout le bel argent que nous vous avons prêté, alors que nous offrez-vous en échange<code> </code>?<code> </code>», demanderont les banquiers aux États.<br />
<span>   </span><br />
De la réponse de ces derniers dépendra alors notre sort. <strong>Certains dirigeants «<code> </code>lâcheront tout<code> </code>»</strong> (c’est ce que, très cyniquement, le lobby financier allemand réclame de la Grèce<code> </code>: privatisez tout ce qui peut l’être, vendez vos îles, vos statues antiques… le Parthénon même<code> </code>!). Totalement à l’opposé, <strong>d’autres</strong> (sans doute beaucoup plus rares) ne lâcheront rien et <strong>oseront prendre une position «<code> </code>révolutionnaire<code> </code>»</strong> (après la confiscation des biens du clergé le 2<code> </code>novembre 1789, celle des biens des banques le 2<code> </code>novembre 2012<code> </code>?). Entre les deux, <strong>toute la gamme des compromis, arrangements et tractations en tous genres</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dernier acte<code> </code>: des États exsangues, sur le carreau, tenus en laisse par le lobby financier</strong> (la proposition de Sarkozy d’insérer dans la Constitution l’obligation de voter un budget en équilibre va tout à fait dans ce sens) <strong>qui ont, à de très rares exceptions près, perdu tout pouvoir effectif au profit de ce même lobby</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette pièce va mettre plusieurs mois - voire plusieurs années - pour se jouer mais c’est en tout cas dans ce contexte que se dérouleront les prochaines élections présidentielles aux États-Unis et en France et <strong>c’est ce type de situation que devront gérer ceux qui seront élus en<code> </code>2012</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Alors, on fait quoi<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Les «<code> </code>Quatre propositions pour<code> </code>2012<code> </code>» (voir notre série des billets du 12<code> </code>juin au 23<code> </code>juillet) que nous avons avancées comme agenda prioritaire pour la France nous semblent donc plus que jamais d’actualité<code> </code>: dans un tel maelström, <strong>il faudra d’une part savoir définir l’essentiel, le non négociable, d’autre part ne rien lâcher, ne jamais reculer sur ces points essentiels</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Enfin, et c’est là une qualité humaine rare, <strong>il faudra être capable de «<code> </code>sortir du cadre<code> </code>»</strong>, notamment lors de la négociation du «<code> </code>troisième acte<code> </code>» que nous avons décrite ci-dessus. Pour reprendre une expression que nous avons précédemment employée, il faudra avoir le cran de mettre, fiscalement et économiquement, quelques têtes de banquiers au bout d’une pique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
<p style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/79508" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Le « mal américain »</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/07/31/le-%c2%ab-mal-americain-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Sun, 31 Jul 2011 17:29:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Le texte ci-dessous ne devait à l&#8217;origine pas être publié sous forme de billet mais d&#8217;une « note » adressée à nos abonnés qui reçoivent chaque semaine le sommaire de La Lettre du Lundi.
   
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Le texte de cette note ayant gagné en longueur au fur et à mesure de sa rédaction, nous avons choisi de le publier sous forme de billet. N&#8217;hésitez cependant pas, si vous êtes un(e) lecteur(trice) régulier(ère) et /ou que nos billets vous intéressent, à nous adresser un mail en nous demandant de vous faire parvenir chaque semaine le sommaire de </span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La Lettre <em>(voir le formulaire de contact dans la colonne de droite)</em></span><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">. Vous serez ainsi certain(e) de ne manquer aucune de nos publications.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span></p>
<p align="right"><strong><span style="font-size: 8pt"><em>He that dies pays all his debts</em></span><br />
</strong><span style="font-size: 8pt"><strong> William Shakespeare</strong> </span></p>
<p>Compte tenu de la période estivale, nous ne devrions <em>a priori</em> pas publier de nouveau billet avant le week-end des 27-28 août, date à laquelle nous avons prévu de reprendre le cours habituel de nos publications.<br />
<span>   </span><br />
Les prochaines semaines s’annoncent cependant fort intéressantes, notamment compte tenu des événements outre-Atlantique. <strong>Qu’Obama aboutisse ou non à un accord avec les Républicains ne changera pas grand’ chose à la perspective à moyen terme des États-Unis, celle d’une faillite programmée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, nous vous invitons à relire plusieurs billets que nous avons publiés sur le sujet depuis janvier<code> </code>2009, annonçant sous différents angles le scénario qui se déroule sous nos yeux<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/" target="_blank"><em>Le jour où le dollar s’effondrera</em></a> (mars<code> </code>2009)<code> </code>: la question n’est aujourd’hui plus de savoir «<code> </code>si<code> </code>» mais «<code> </code>quand<code> </code>». En mars<code> </code>2009, nous annoncions que «<code> </code>la dégringolade du dollar se produira durant la présidence de Barack Obama<code> </code>». Un peu plus de deux ans après, ne manque qu’une paille sur le dos du chameau…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/3/" target="_blank"><em>Le point de basculement</em></a> (mai<code> </code>2009), ou quand les États-Unis ont cédé le leadership mondial à la Chine<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/" target="_blank"><em>Sic Transit</em></a> (septembre 2010), ou l’annonce de la mort de la superpuissance américaine<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/page/4/" target="_blank"><em>2011<code> </code>: le temps des perspectives</em></a> (2<code> </code>janvier 2011). En essayant de tracer les grandes lignes de l’année qui s’annonçait, nous soulignions alors l’importance de l’élection présidentielle américaine en<code> </code>2012 et la stratégie des Républicains qui «<code> </code>feront tout pour reprendre la Maison Blanche et faire chuter Obama, quitte à jouer les pompiers incendiaires en accélérant ou en favorisant le déclenchement de crises (sur les devises ou la dette publique, par exemple) qui feraient apparaître Obama comme incapable de les gérer correctement<code> </code>».</p>
<p class="MsoNormal">C’est exactement ce qui est en train de se passer<code> </code>: <strong>les Républicains</strong> – notamment l’aile droite (d’extrême-droite pourrait-on dire) rassemblée au sein du <em>Tea Part</em>y<em> – </em>ne lâcheront rien. Sous couvert de patriotisme, de vertu fiscale et de lutte contre le <em>Big Government</em>, ils <strong>ont délibérément choisi de «<code> </code>faire sauter le système<code> </code>»</strong> pour que ce qui reste d’État-providence aux États-Unis disparaisse à jamais.<br />
<span>   </span><br />
En effet, les coupes fiscales exigées par les Républicains ne concernent que les programmes sociaux et éducatifs, pas les dépenses militaires qui, influence du lobby militaro-industriel oblige (voir en ce sens l’opinion de l’ancien président républicain Eisenhower dans notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank"><em>De Mégara à Wall Street</em></a>), ne devraient pas être significativement réduites. <strong>Comme l’ex-URSS, les États-Unis vont s&#8217;effondrer sous le poids des dépenses militaires.</strong><br />
<span>   </span><br />
Enfin, ultime symbole de la puissance américaine en train de s’écrouler, le dernier vol de la navette spatiale américaine au mois de juillet marque la fin du «<code> </code>rêve américain dans l’espace<code> </code>». Celles et ceux d’entre vous qui ont assisté aux premiers pas de l’homme sur la Lune il y a quarante ans et qui se rappellent les perspectives qui faisaient alors l’objet d’un consensus (base permanente sur la Lune et vols habités vers Mars avant le XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle) saisissent sans doute d’autant mieux l’ampleur de la dégringolade.<br />
<span>   </span><br />
Et <strong>en France</strong>, pouvons-nous suivre le même chemin<code> </code>? Cela paraît aujourd’hui impensable, comme paraissait impensable il y a 15<code> </code>ans ce qui arrive en ce moment outre-Atlantique. Mais <strong>les symptômes du «<code> </code>mal américain<code> </code>» sont bien là et n’ont fait que s’aggraver durant la présidence Sarkozy</strong>, comme le montre très clairement le graphique ci-dessous<code> </code>:<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/412px-dette_publique_france_1978-2010.png" alt="412px-dette_publique_france_1978-2010.png" /><br />
<span>   </span><br />
Nous aurons bien sûr l’occasion d’aborder à nouveau tous ces sujets dès la rentrée de septembre mais, sans commenter plus avant, l’attitude «<code> </code>faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais<code> </code>» adoptée depuis peu par Sarkozy en ce qui concerne la nécessité de réduire la dette, n’en apparaît que plus pitoyable… et les solutions qu’il propose plus inadaptées.<br />
<span>   </span><br />
Au fond, Sarkozy a réussi, au sens où André Malraux l’entendait<code> </code>: il a accédé «<code> </code>au dernier poste, c’est-à-dire au niveau d’incompétence<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quatre priorités pour 2012 (5)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/07/22/quatre-priorites-pour-2012-5/</link>
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		<pubDate>Fri, 22 Jul 2011 18:35:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
Après l&#8217;école primaire, la sortie du nucléaire et la redistribution de la richesse, la quatrième priorité pour 2012, complémentaire de la troisième, est de <strong>mettre en place des mesures protectionnistes ciblées</strong>. C’est la conséquence logique de la priorité donnée au travail sur le capital.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pour un protectionnisme ciblé</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Protectionnisme ? Le mot sent le soufre. Dans la plupart des manuels d&#8217;économie, on apprend que le protectionnisme est une pratique archaïque qui consiste, pour un État, à protéger ses producteurs via des droits de douane et/ou d&#8217;autres obstacles non tarifaires (normes nationales, réglementation&#8230;). Dans le merveilleux monde du libre-échange, ces pratiques ancestrales ont disparu et les biens et services circulent sans contrainte, dans un marché qui n&#8217;est plus «<code> </code>faussé<code> </code>» par d’obsolètes réglementations étatiques.<br />
<span>   </span><br />
Voilà pour la vulgate. La réalité est évidemment quelque peu différente<code> </code>: <strong>le libre-échange a toujours été prôné par les plus forts, économiquement et surtout militairement</strong>, qui voyaient un avantage certain à ce que des pays moins aguerris qu&#8217;eux sur le plan économique, leur ouvrent sans entraves leur marché intérieur.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons que, aujourd’hui chantre du libre-échange, l’Angleterre a longtemps été un pays ultra-protectionniste, imposant ses conditions commerciales via une domination maritime sans partage, permettant ainsi à l’aristocratie britannique de bâtir des fortunes colossales. Ce n’est qu’au milieu du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle que, devenue la première puissance mondiale, le Royaume-Uni opta pour une politique résolument libre-échangiste, plus conforme à ses intérêts industriels.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, <strong>les acteurs économiques qui ont le plus intérêt à ce qu’un système de libre-échange mondial soit renforcé et consolidé sont les entreprises multinationales et autres TGE</strong> qui veulent pouvoir produire et vendre sans aucune contrainte.<br />
<span>   </span><br />
Produire sans contrainte, c’est être constamment à l’affut du coût de revient le plus bas sur la planète, ce qui est très fréquemment synonyme de salaire de misère versé à un quasi-esclave, ce dernier ne bénéficiant d’aucune protection digne de ce nom (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/" target="_blank">Mourir pour un iPhone</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Vendre sans contrainte, c’est n’être frappé par aucun droit de douane qui augmenterait le prix du produit fabriqué par le quasi-esclave, avec à la clé la certitude d’éliminer ou de marginaliser la concurrence «<code> </code>locale<code> </code>» qui s’évertuerait encore à «<code> </code>fabriquer au pays pour vendre au pays<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Résultat pour la plupart des pays occidentalisés, et notamment pour la France<code> </code>: <strong>depuis 40<code> </code>ans, nous avons vu filer à l’étranger, par «<code> </code>tranches<code> </code>» de secteurs d’activité et par catégories d’emplois, des pans entiers de notre industrie</strong>. D’abord le textile, puis l’électroménager, puis… tout le reste<code> </code>; d’abord les emplois ouvriers peu qualifiés, puis les plus qualifiés, puis les ingénieurs, les transferts de technologie n’ayant fait qu’aggraver et accélérer le phénomène.<br />
<span>   </span><br />
Peu à peu, insidieusement pourrait-on dire, <strong>on a ainsi remplacé de «<code> </code>bons<code> </code>» emplois</strong> (qualifiés, mieux rémunérés que le SMIC, impliquant la maîtrise d’une technique et/ou d’un savoir-faire) <strong>par des emplois de plus en plus précaires, de moins en moins qualifiés, de moins en moins rémunérés</strong>.<br />
<span> </span><br />
En ce sens, nous présenter aujourd’hui les emplois de «<code> </code>services à la personne<code> </code>» comme un «<code> </code>gisement d’avenir<code> </code>» pour l’emploi relève de la farce ou du leurre<code> </code>: quand la perspective principale (au demeurant fort honorable et fort nécessaire) d’une société est de prendre en charge les 3<sup>e</sup> et 4<sup>e</sup><code> </code>âges pour trouver des emplois à la jeunesse, c’est que l’on a atteint la fin du parcours…<br />
<span>   </span><br />
Nous annoncer le n<sup>ième</sup> «<code> </code>plan emploi jeunes<code> </code>» (ou «<code> </code>emploi senior<code> </code>», ou autre…) sans traiter le «<code> </code>mal<code> </code>» à la racine, c’est placer un cautère sur une jambe de bois. <strong>Il va donc falloir agir</strong>, non en administrant des soins palliatifs, comme on le fait aujourd’hui, mais <strong>de façon préventive et «<code> </code>agressive<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le retour du politique</u></strong><br />
<span> </span><br />
De façon préventive et agressive, qu’est-ce que cela signifie<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, c’est qu’un mécanisme de droits de douane à l’importation permette d’aligner le prix de revient d’un produit manufacturé dans un pays à bas salaire sur le prix de revient qui résulterait d’une fabrication en France. En d’autres termes, <strong>il faut faire disparaître l’avantage concurrentiel que constitue le fait de produire dans des pays à bas salaires lorsque l’on souhaite vendre sur le marché français</strong>. Bercy ne manque pas de fonctionnaires compétents pour calculer et ajuster la bonne formule…<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, nous devons <strong>renforcer la protection de certains secteurs d’activité</strong> le temps que les entreprises existantes dans ces secteurs acquièrent une taille et une expérience suffisantes pour voler seules hors du nid.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Un des cas actuellement le plus emblématique est celui de l’énergie solaire</strong><code> </code>: la quasi-totalité des panneaux solaires est importée de Chine et la seule usine française produisant ce type de panneaux, Photowatt, est dans une situation plus que précaire et a prévu de délocaliser en Pologne. Ne passons pas sous silence l’attitude d’ERDF qui savonne gaillardement la planche d’une filière photovoltaïque française qu’il ne contrôlerait pas entièrement, et d’un gouvernement Sarkozy irresponsable qui met en place un moratoire sur le photovoltaïque sous la pression du lobby nucléaire… vous avez là tous les ingrédients qui expliquent pourquoi, dans ce secteur comme dans d&#8217;autres, les PME françaises stagnent et sont incapables d’acquérir la stature de leurs consœurs allemandes.<br />
<span>   </span><br />
C’est donc «<code> </code>tout le contraire<code> </code>» qu’il faut mettre en œuvre<code> </code>: <strong>il faut permettre à ce type d’entreprises de «<code> </code>décoller<code> </code>» au plan national</strong> dans un contexte favorable, <strong>sans qu’elles se trouvent confrontées à la nomenklatura des grands groupes</strong> (Areva, ERDF…) <strong>ou à une concurrence externe qui</strong>, tant en ce qui concerne les volumes de production que les coûts de revient, <strong>possède aujourd’hui un avantage irrésistible</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous n’employons pas ici le terme de «<code> </code>démondialisation<code> </code>» car <strong>il ne s’agit pas, selon nous, de vouloir «<code> </code>démondialiser<code> </code>» à tout prix mais avant tout de permettre à un tissu économique de PME de bénéficier – sous certaines conditions – de marges de manœuvre qu’elles n’ont plus aujourd’hui.</strong> On rapatriera ainsi en France des emplois qualifiés qui ont filé «<code> </code>ailleurs<code> </code>», cet «<code> </code>ailleurs<code> </code>» pouvant aussi bien se situer en Asie que dans des pays appartenant à l’Union européenne.<br />
<span> </span><br />
Énoncé brutalement et cyniquement (nous sommes en «<code> </code>guerre économique<code> </code>», n’est-ce pas<code> </code>?), nous devons mettre en œuvre les conditions pour que la production délocalisée en Chine, en Roumanie, en Pologne ou au Viêt Nam revienne en France. Seuls les gagnants affirment que le jeu économique est gagnant-gagnant… plaçons-nous donc dans les conditions de remporter la partie.<br />
<span>   </span><br />
On objectera que si nous agissons ainsi à l’égard d’autres pays, ils feront de même et nous verrons nos exportations freinées. C’est oublier plusieurs paramètres<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>nos principaux partenaires économiques s’appellent Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Royaume-Uni, États-Unis</strong>, autant de pays qui ont <em>grosso modo</em> les <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/repartition-importations-et-exportations-par-zones-geographiques-juin-2010-mai-2011.JPG" title="repartition-importations-et-exportations-par-zones-geographiques-juin-2010-mai-2011.JPG" alt="repartition-importations-et-exportations-par-zones-geographiques-juin-2010-mai-2011.JPG" align="right" hspace="10" vspace="10" />mêmes niveaux de salaires et de protection sociale (on pourrait bien sûr nuancer…) et qui, en conséquence, ne doivent faire l’objet d’aucun protectionnisme de notre part<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• parlons alors du <strong>sujet qui fâche<code> </code>: la Chine</strong>. <strong>Le déficit commercial avec ce pays est de l’ordre de 23<code> </code>milliards d’euros par an</strong>. Nos exportations sont essentiellement «<code> </code>tirées<code> </code>» par les ventes d’Airbus et, à un moindre degré, par les <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/les-principaux-deficits-et-excedents-du-commerce-exterieur-juin-2010-mai-2011.JPG" title="les-principaux-deficits-et-excedents-du-commerce-exterieur-juin-2010-mai-2011.JPG" alt="les-principaux-deficits-et-excedents-du-commerce-exterieur-juin-2010-mai-2011.JPG" align="right" hspace="10" vspace="10" />secteurs de la mécanique, de la chimie, des équipements électriques et de la santé. <strong>Exportations fragiles car très «<code> </code>politiques<code> </code>», souvent liées à des gros contrats qui comportent des transferts de technologie.</strong> Bref, ne rêvons pas<code> </code>: dans moins de dix ans, nous pourrons en faire notre deuil, la Chine ayant acquis la capacité de réaliser chez elle ce qu’elle doit encore acheter à l’extérieur<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• abordons un autre sujet délicat<code> </code>: <strong>en France, qui ferait les frais d’une politique protectionniste<code> </code>? Et qui en bénéficierait<code> </code>?</strong><br />
Parmi les perdants, on peut certainement lister les dirigeants et actionnaires de grands groupes français fortement implantés dans des pays à bas salaires, à condition que ces pays soient eux-mêmes fortement exportateurs vers la France<code> </code>: LVMH et Carrefour, par exemple.<br />
Pourquoi seulement les dirigeants et actionnaires<code> </code>? Parce qu’un magasin Carrefour bénéficiaire qui ferme en Chine, c’est moins de dividendes versés aux actionnaires… et des ennuis pour les dirigeants, mais <em>a priori</em> pas de répercussions sur l’emploi en France.<br />
Quant au <strong>secteur du luxe</strong>, il pourrait en fait n’être touché que marginalement<code> </code>: s’il existe une gamme de produits où prix plus bas n’implique pas nécessairement ventes supplémentaires, c’est bien le domaine du luxe. Le luxe est acheté pour valoriser son ego, par vanité, narcissisme et, au fond, «<code> </code>plus c’est cher, plus je vaux cher<code> </code>». Que les parfums et vins français subissent des droits de douane en hausse sur le marché chinois ne fera pas nécessairement baisser les emplois dans ces secteurs en France.<br />
Au fond, ce qui serait blessé, c’est peut être essentiellement l’ego des dirigeants de ces entreprises, forts en cour auprès du Prince<code> </code>: Bernard Arnault vient d’être promu grand officier de la Légion d’honneur et Lars Olofsson officier du même ordre…<br />
<strong>Quant aux gagnants, ils seraient infiniment plus nombreux que les perdants</strong><code> </code>: c’est l’immense majorité des collaborateurs des PME françaises qui verraient d’une part s’éloigner la crainte d’une délocalisation, d’autre part se retrouveraient demain plus nombreux lorsque qu’il deviendra plus avantageux de produire en France que dans un pays à bas salaire.</p>
<p>Nul doute que, pour un Sarkozy, la prise en compte des intérêts d’un Bernard Arnault prime nettement celle d’un ouvrier ou d’une ouvrière de 50 ou 55<code> </code>ans qui vient d’être licencié(e) pour cause de délocalisation de son activité à l’autre bout du monde. <strong>Reste à celles et à ceux qui ont l’ambition de gouverner demain la France de se prononcer nettement et sans faux-semblant<code> </code>: mettront-ils en place une politique protectionniste<code> </code>?</strong> Ou, comme le disent les Américains, préféreront-ils <em>Main Street </em>à <em>Wall Street</em><code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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		<title>Quatre priorités pour 2012 (4)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/07/11/quatre-priorites-pour-2012-4/</link>
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		<pubDate>Mon, 11 Jul 2011 11:55:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/3/" target="_blank">Connaissez-vous Gini<code> </code>?</a></em>, le premier billet publié par <em>La Lettre du Lundi</em> en janvier<code> </code>2009, portait déjà sur ce thème<code> </code>: la répartition de la richesse. Depuis la fin des Trente Glorieuses, les années Reagan et Thatcher, <strong>les écarts de richesse entre individus n&#8217;ont cessé d&#8217;augmenter dans les pays occidentaux, laminant la classe moyenne qui s&#8217;était constituée dans les années 1950-1970</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous avons abordé cette question de la répartition de la richesse dans de très nombreux billets, notamment dans <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/2/" target="_blank">L&#8217;homme de l&#8217;année</a></em> où l&#8217;intervention du sénateur Sanders, qui ne concernait <em>a priori</em> que les États-Unis, résumait <em>de facto</em> la situation qui prévaut ou qui se dessine dans de nombreux pays, dont la France.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La présidence de Nicolas Sarkozy n&#8217;a fait qu&#8217;accentuer le phénomène</strong><code> </code>: depuis le vote de la loi TEPA, on n&#8217;en finirait pas d&#8217;égrener les mesures qui ont contribué à concentrer la richesse dans un nombre de mains toujours plus restreint.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Redistribuer la richesse<br />
</u></strong><span>   </span><br />
<strong>Redistribuer la richesse<code> </code>: telle est la troisième priorité que nous proposons pour 2012.</strong> Qu&#8217;est-ce que cela signifie<code> </code>? Pourquoi un tel objectif<code> </code>? Comment l&#8217;atteindre<code> </code>? Autant de questions que nous traiterons successivement.<br />
<span>   </span><br />
Pour délimiter le cadre de cette proposition, commençons par une définition «<code> </code>en creux<code> </code>». Redistribuer la richesse entre les individus (nous ne traiterons pas ici de la richesse des entreprises), ce n&#8217;est pas – en tout cas pas seulement – augmenter les salaires ou les retraites, imposer plus lourdement les bonus des traders ou taxer plus fortement tel type de transaction ou telle activité. C&#8217;est avant tout se fixer un <strong>objectif de répartition de la richesse entre les individus</strong> dans notre pays, sur la base du coefficient de Gini, par exemple.<br />
<span>   </span><br />
Il y a deux ans et demi, lorsque fut rédigé le billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/3/" target="_blank">Connaissez-vous Gini<code> </code>?</a></em>, les derniers chiffres publiés indiquaient que ce coefficient était de 0,327 en France. Les <a href="http://hdrstats.undp.org/en/indicators/161.html" target="_blank">sources alors utilisées</a> n’ont pas actualisé ce coefficient depuis cette date. Il est donc impossible de connaître avec précision son évolution depuis<code> </code>2009.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons que <strong>le coefficient de Gini permet de mesurer les inégalités de revenus à l’intérieur d’une population donnée</strong>. Son calcul est basé sur l’écart entre les revenus dans le groupe considéré<code> </code>: sur une échelle de<code> </code>0 à<code> </code>1, plus le chiffre est élevé, plus les inégalités de revenus sont fortes. De façon purement théorique, si le coefficient de Gini est égal à<code> </code>0, l’ensemble de la population dispose de revenus strictement identiques<code> </code>; à l’opposé, s’il est égal à<code> </code>1, un seul individu concentre l’ensemble des revenus de la population.<br />
<span>   </span><br />
Grâce à ce coefficient, on peut notamment comparer les inégalités de revenus entre pays mais aussi, à l’intérieur d’un même pays, mesurer l’évolution des inégalités de revenus dans le temps.<br />
<span>   </span><br />
Quel objectif voulons-nous atteindre<code> </code>? Si l’on estime – nous en expliquerons plus loin les raisons – qu’un coefficient de Gini bas est un impératif pour la France, <strong>il faut alors avoir pour ambition de se situer parmi les<code> </code>4 ou 5<code> </code>pays du monde où ce coefficient est le plus faible</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Sur un total de 141<code> </code>nations analysées, la France se situe actuellement à la 26<sup>e</sup><code> </code>place au «<code> </code>palmarès de l’égalité<code> </code>», le Danemark, le Japon et la Suède occupant les premières places avec un <strong>coefficient de Gini inférieur à<code> </code>0,25</strong>. <strong>C’est l’objectif qu’il nous faut viser.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pourquoi<code> </code>?<br />
</u></strong><span>   </span><br />
L’argument va peut être paraître suranné, vieillot, voire ridicule dans le contexte actuel<code> </code>: <strong>la politique, dans sa meilleure acception du terme, c’est la recherche du bonheur pour le plus grand nombre</strong>. Philosophie utilitariste certes mais qui a l’avantage majeur de rappeler quelques principes oubliés, ou dissimulés, dans une société qui recherche avant tout le plaisir immédiat et personnel. Nous ne discuterons pas ici de la relation entre richesse et bonheur mais, si l’on estime que les deux sont suffisamment liés ou que l’un est un préalable fréquent à l’autre, <strong>le bonheur du plus grand nombre, c’est alors la richesse pour le plus grand nombre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Un autre argument doit être avancé<code> </code>: <strong>en règle générale, les nations ayant un coefficient de Gini bas sont des démocraties «<code> </code>respectables<code> </code>»</strong>. Après les trois pays déjà cités, la Norvège, la République tchèque, la Slovaquie et la Finlande complètent le palmarès<code> </code>; à l’inverse, les pays où le coefficient de Gini est le plus élevé – donc les inégalités les plus fortes – sont la Namibie, les Comores, le Botswana, Haïti, l’Angola… que l’on ne peut guère définir comme des parangons de démocratie.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Un fonctionnement démocratique «<code> </code>sain<code> </code>» semble donc étroitement lié à une répartition de la richesse aussi égalitaire que possible entre les citoyens</strong>. Les chiffres apportent là une preuve concrète à un argument de bon sens<code> </code>: quand la richesse se concentre, le pouvoir se concentre à son tour dans les mêmes mains. <strong>Répartir la richesse, c’est donc améliorer le fonctionnement de la démocratie.</strong><br />
<span>   </span><br />
Le dernier argument qui peut être avancé en faveur d’un tel objectif, c’est celui du <strong>rôle que la France souhaite – ou peut – jouer dans le monde au XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Au XVII<sup>e</sup><code> </code>siècle, elle a assis sa «<code> </code>grandeur<code> </code>» sur les conquêtes guerrières d’un Louis<code> </code>XIV. Au XVIII<sup>e</sup>, ce sont les idées liées à la Révolution française qui lui ont permis d’être considérée comme une nation à l’avant-garde, le pays des droits de l’homme. Au XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, la tragique aventure des guerres napoléoniennes marqua le retour à une vision certes classique mais en définitive vaine et éphémère de la notion de «<code> </code>puissance<code> </code>». Au XX<sup>e</sup>, il fallut attendre la politique étrangère audacieuse d’un de<code> </code>Gaulle, mélange d’ouverture vers le Tiers-monde, de non-alignement sur les États-Unis et de détention de l’arme nucléaire, pour que la France retrouve un «<code> </code>rang<code> </code>» dans le monde.<br />
<span>   </span><br />
Et au XXI<sup>e</sup><code> </code>? En rompant avec la politique étrangère d’inspiration gaulliste et en rendant hommage – tel un vassal à son suzerain – à l’Amérique de Bush dès le début de son quinquennat, <strong>Nicolas Sarkozy a «<code> </code>banalisé<code> </code>» la France</strong>. Si l’on ne considère ici que le plan économique, <strong>il l’a alignée sur un modèle américano-chinois</strong> qui fait du nombre de milliardaires que comprend chaque pays un indicateur infiniment plus médiatisé que le coefficient de Gini<code> </code>! Les conservateurs du <em>Tea Party</em> américain et les ploutocrates du Parti communiste chinois (qui n’est plus qu’un Rotary club dont les murs sont tendus de tissu rouge) ont un même objectif <strong>de société inégalitaire</strong> où les médias et la propagande sont chargés de garantir la docilité des citoyens.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Si la France peut jouer un rôle, c’est en se posant en contre-modèle</strong> de ce type de société qui ne peut générer que tensions internes, misère pour le plus grand nombre (ne nous y trompons pas, le développement d’une classe moyenne chinoise ne sera qu’un feu de paille compte tenu de la nature ultra-capitaliste du système) et, en définitive, recherche dans l’exutoire de la guerre le moyen de consolider le pouvoir de l’aristocratie au pouvoir, en désignant au bon peuple une cible pour focaliser sa haine, son ressentiment et ses frustrations.<br />
<span>   </span><br />
En affirmant et en montrant qu’il existe un autre modèle économique que l’adoration du veau d’or, la France renouerait alors avec une tradition qui remonte au siècle des Lumières, représenterait une <strong>alternative à un modèle inique</strong>, comme ce fut le cas à la fin du XVIII<sup>e</sup><code> </code>siècle.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Comment<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le moyen principal d’atteindre un tel objectif, c’est bien sûr la <strong>fiscalité</strong>, tant celle qui porte sur les revenus que celle qui taxe le capital.<br />
<span>   </span><br />
En ce qui concerne les revenus (salaires et autres revenus, du type dividendes, stock-options, etc.), la première question que nous sommes amenés à nous poser est celle de l’<strong>écart souhaitable</strong> – si l’on souhaite maintenir une cohésion sociale suffisante – <strong>qui devrait exister entre les revenus les plus élevés et les plus bas</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons que cet écart est aujourd’hui de l’ordre de<code> </code>1 à<code> </code>150 entre les smicards et les patrons du CAC<code> </code>40 qui perçoivent en moyenne <a href="http://www.lesechos.fr/pop.htm?/medias/2011/04/27/141078_0201324468740_web.jpg" target="_blank">2,5<code> </code>millions d’euros par an</a>, le record pour<code> </code>2010 étant détenu par Michel Rollier, le patron de Michelin, avec 4,5<code> </code>millions annuels (soit 274<code> </code>fois le SMIC). M.<code> </code>Rollier gagne donc, en une année, 6,5<code> </code>fois ce qu’un smicard percevra durant une vie active de 42<code> </code>ans…<br />
<span>   </span><br />
Une <a href="http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/201104-le-moral-des-patrons-de-pme-ipsos-lcl-latribune-bfmtv.pdf" target="_blank">enquête</a> réalisée en avril<code> </code>2011 auprès de patrons de PME (donc pas vraiment un public d’ultra-gauche…) par IPSOS et le journal <em>La Tribune</em>, montre que le rapport entre le plus bas et le plus haut salaire est inférieur à 1 à<code> </code>5 dans 79<code> </code>% des PME interrogées, à 1 à<code> </code>10 dans 13<code> </code>% d’entre elles et à 1 à<code> </code>15 dans 2<code> </code>% (6<code> </code>% des dirigeants questionnés n’ont pas répondu). <strong>Un rapport de 1 à<code> </code>20 est donc très rare</strong> et ne concerne <em>de facto</em> que les patrons et cadres dirigeants des grandes et très grandes entreprises, traders et autres stars «<code> </code>pipolisées<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On pourrait donc estimer qu’<strong>au-delà d’un revenu</strong> (toutes sources confondues) <strong>de 330<code> </code>000<code> </code>euros par an, soit 20<code> </code>fois le SMIC, le taux d’imposition doit être fortement dissuasif, jusqu’à 90<code> </code>%</strong>. Combien de personnes seront concernées<code> </code>? Difficile de connaître les chiffres avec précision mais assurément nettement moins de 0,1<code> </code>% des salariés français, donc <strong>moins d’un salarié sur mille</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Quid du capital<code> </code>?</strong> Au-delà de quel montant doit-on envisager de le taxer de façon suffisamment forte pour décourager d’en accumuler toujours plus, comme un Bernard Arnault, à la tête de 29<code> </code>milliards d’euros (de quoi rémunérer, charges sociales comprises, 28<code> </code>000<code> </code>smicards pendant toute leur vie professionnelle), qui a multiplié sa fortune par<code> </code>3,3 ces sept dernières années<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
1<code> </code>million, 10<code> </code>millions, 100<code> </code>millions, 1<code> </code>milliard<code> </code>? Lançons-nous à l’eau<code> </code>: nous proposons d’imposer le capital au-delà d’un million, comme c’est actuellement le cas avec l’ISF (quoique Sarkozy et l’UMP viennent de relever le plafond de 800<code> </code>000 à 1<code> </code>300<code> </code>000<code> </code>euros) mais, <strong>au-delà de 100<code> </code>millions</strong>, le rabot doit enlever tellement de copeaux qu’il devient inutile de vouloir amasser «<code> </code>toujours plus<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
On va objecter que la frange la plus riche de la population fuira la France, qu’on découragera ainsi l’esprit d’entreprendre. C’est tout confondre et tout mettre dans le même sac.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Il y aura exode des plus riches<code> </code>? Sans doute, et alors<code> </code>?</strong> Ils «<code> </code>pompent<code> </code>» aujourd’hui la richesse de la nation sans rien lui apporter en retour, à part des plans de délocalisation et des investissements <em>offshore</em>. Et puis, cet exode pourrait bien avoir un effet bénéfique<code> </code>: on éloignera ainsi les plus fortunés du pouvoir politique.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, des dîners du Siècle aux déjeuners au Jules Verne, responsables politiques et aristocratie de l’argent se côtoient quotidiennement et, pour nombre de politiques, la «<code> </code>vraie économie<code> </code>», ce sont ces gens-là qu’ils fréquentent tous les jours ou presque, pas le patron de PME auquel on rend visite lors d&#8217;une campagne électorale «<code> </code>pour la galerie et les photographes<code> </code>», comme on va au zoo. <strong>Cet exode de l’aristocratie aèrera les allées du pouvoir en diversifiant <em>de facto</em> les interlocuteurs de nos politiques</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Quant à l’argument, «<code> </code>on va décourager l&#8217;entrepreneuriat<code> </code>», rien n’est plus faux. Pour le véritable créateur d’entreprise (excluons donc les pseudo-entrepreneurs qui n’ont qu’un rôle d’investisseur et une mentalité de contrôleur de gestion), <strong>la réalisation de soi, la volonté de conquête, la liberté de créer et l’indépendance sont des éléments déterminants</strong>. L’entrepreneur agit bien sûr aussi par calcul et appât du gain mais, lorsqu’il se jette à l’eau, la pensée que sa (très éventuelle) future fortune serait rabotée sérieusement si elle dépassait les 100<code> </code>millions d’euros ne saurait constituer un frein sérieux à l’esprit d’entreprendre.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le principal obstacle</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Redistribuer la richesse en France apparaît donc comme une nécessité de «<code> </code>salubrité publique<code> </code>», pour reprendre une autre expression vieillotte, fort en usage au XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle. <strong>Le principal obstacle n’est cependant pas d’ordre technique mais «<code> </code>psychologico-politique<code> </code>»</strong>, pourrait-on dire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Depuis 40<code> </code>ans, la nouvelle aristocratie que constituent ces 0,1<code> </code>% ou 0,01<code> </code>% de Français les plus riches</strong>, dont nous proposons de rogner très sérieusement fortune et privilèges, <strong>a favorisé, encouragé et popularisé le «<code> </code><a href="http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/le-syndrome-du-larbin-76062" target="_blank">syndrome du larbin</a><code> </code>»</strong> qui aboutit à «<code> </code>prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont (on) est issu<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dans un pays dont la devise est «<code> </code>liberté, égalité, fraternité<code> </code>», les médias nous présentent comme un exploit le fait que Bernard Arnault soit, en<code> </code>2011, passé de la 7<sup>e</sup> à la 4<sup>e</sup><code> </code>place du classement mondial des milliardaires… Voilà donc une République où l’on nous montre en exemple la réussite aristocratique<code> </code>! <strong>C’est donc dans les esprits que se jouera la bataille de la redistribution de la richesse car, au-delà des arguments techniques, il faudra oser – symboliquement et fiscalement – mettre des têtes au bout d’une pique.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
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		<title>Quatre priorités pour 2012 (3)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/07/03/quatre-priorites-pour-2012-3/</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Jul 2011 19:16:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
Deuxième priorité pour 2012, exposée dans le précédent billet (<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/" target="_blank"><em>Quatre priorités pour 2012 – 2</em></a>)<code> </code>: <strong>sortir du nucléaire</strong>. Dans ce billet, nous avions expliqué ce qu’est la technologie de la fission nucléaire et pourquoi <strong>il est absolument vital d’en sortir, le plus vite possible de préférence</strong>. Nous ne traiterons pas ici la question de la responsabilité de ceux qui ont effectué des choix aussi suicidaires, qui nous ont fourré dans un pareil guêpier, afin de nous concentrer sur le «<code> </code>comment<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>En sortir, comment et dans quelles conditions<code> </code>?<br />
</u></strong><span>   </span><br />
10 ans, 20 ans, 30 ans<code> </code>? On peut bien sûr en débattre mais, ce qui est incontournable, c’est que <strong>plus nous voulons sortir rapidement du nucléaire, plus cela coûtera cher, plus ce sera difficile</strong>. Ce qui ne signifie évidemment pas qu’il faut renoncer à cet objectif.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cher car il va falloir, simultanément, payer le démantèlement des 58<code> </code>réacteurs nucléaires existants tout en investissant massivement dans les autres énergies</strong><code> </code>: solaire – terrestre et spatial -, éolien, biomasse, géothermie… en sachant que ces énergies ne pourront pas immédiatement remplacer – en terme de mégawatts – ce que produit actuellement la fission nucléaire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Difficile compte tenu de notre dépendance à l’égard de cette filière nucléaire.</strong> En France, la production d’électricité à base d’énergie nucléaire est de l’ordre de 410<code> </code>milliards de kilowatts-heure (ou 410<code> </code>térawatts-heure). À titre indicatif, il faudrait un million d’éoliennes de très bon rendement (4<code> </code>mégawatts-heure chacune) ou un peu plus de 2<code> </code>000<code> </code>km² de panneaux solaires (sur la base d’un rendement annuel de 200<code> </code>kilowatts-heure par m²), soit un carré de 45<code> </code>kilomètres de côté, pour obtenir le même résultat.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Difficile car il faudra mettre en place des mesures d’économie d’énergie</strong>, visant notamment à limiter le «<code> </code>gaspillage<code> </code>» d’électricité, mesures qui vont totalement à l’encontre de la «<code> </code>culture<code> </code>» de consommation d&#8217;électricité sans limites qui prévaut depuis pratiquement un demi-siècle. Et puis, moins d’électricité consommée égale moins de bénéfices pour EDF<code> </code>: il y aura donc nettement <strong>conflit entre l’intérêt de l’entreprise et celui de la collectivité</strong>. Ce type de conflit n’est certes pas nouveau mais une politique visant à limiter de façon plutôt drastique la consommation d’électricité ne fera que l’exacerber.<br />
<span>   </span><br />
Ce sera donc tout sauf simple. Il faudra certainement, durant une période transitoire, <strong>relancer la construction de centrales à gaz à cycle combiné</strong>, ce qui suscitera de nouveaux débats et polémiques<code> </code>: ces centrales sont sources de gaz à effet de serre… la solution comporte donc des inconvénients, d’une nature cependant bien moins grave que celle de la technologie de la fission nucléaire.<br />
<span>   </span><br />
Une fois de plus, se pose ici la <strong>question du choix en politique, notamment dans le domaine de l’énergie</strong>, évoquée dans une précédente série de billets (voir références en fin d’article). Compte tenu de l’importance de l’enjeu, <strong>on peut – on doit - se poser la question de l’opportunité d’un référendum ou d’une consultation populaire</strong> sur le sujet.<br />
<span>   </span><br />
Le débat sur l&#8217;opportunité d&#8217;un référendum n’est cependant pas si facile à trancher<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• d’un côté, <strong>on ne peut pas effectuer des choix aussi importants à l’insu des citoyens, comme cela a été le cas avec le nucléaire </strong>sur le mode «<code> </code>Ne vous en faites pas, tout va bien, grâce au nucléaire nous avons l’électricité la moins chère d’Europe<code> </code>». On ne peut pas affirmer que la démocratie, c’est le pouvoir du peuple et refuser toute forme de démocratie directe<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• d’un autre côté, <strong>les moyens de «<code> </code>matraquage<code> </code>» médiatique du lobby pro-nucléaire sont aujourd’hui démesurés si on les compare à ceux du «<code> </code>camp d’en face<code> </code>»</strong>. Fukushima est déjà oublié pour la plupart de nos concitoyens (le Japon, c’est bien loin, n’est-ce pas<code> </code>?) et la double perspective de voir d’une part le prix de l’électricité augmenter, d’autre part sa consommation limitée, alors que les dangers de la fission nucléaire sont soit méconnus, soit «<code> </code>refoulés<code> </code>» peuvent amener une société majoritairement narcissique (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/04/culture-narcissique-et-politique/" target="_blank"><em>Culture narcissique et politique</em></a>) et obsédée par le court terme à choisir le «<code> </code>confort<code> </code>» immédiat en application du principe «<code> </code>après moi le déluge<code> </code>»…</p>
<p class="MsoNormal"><strong>La sortie du nucléaire n’est donc pas qu’un choix technique mais aussi un «<code> </code>choix de société<code> </code>»</strong> dans la pleine acception du terme<code> </code>: <strong>elle suppose et implique une majorité de citoyens «<code> </code>matures<code> </code>» qui aient la volonté de «<code> </code>reprendre le pouvoir<code> </code>» pour effectuer puis assumer des choix difficiles.</strong><br />
<span>   </span><br />
C’est donc, par voie de conséquence, la fin d’une certaine apathie collective (même s’il y a, heureusement, des individus qui font exception<code> </code>!) qui consiste à laisser décider – sans trop les contester au préalable – les politiques et technocrates (notamment <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/#comments" target="_blank">la «<code> </code>caste des X-mines<code> </code>» que dénonçait un commentateur dans le précédent billet</a>) pour les critiquer ensuite, trop tard, trop mollement et, pourrait-on presque dire, trop facilement.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Objections et questions</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Si on ne creuse pas trop le sujet, l’option de la fission nucléaire paraît, en définitive, plutôt confortable</strong><code> </code>: «<code> </code>tant qu’une centrale ne part pas en vrille ou que l’on n’installe pas un centre de stockage de déchets nucléaires à côté de chez moi, je bénéficie d’une électricité pas trop chère. Et puis, il n’y a jamais eu de problème grave dans une centrale française, n’est-ce pas<code> </code>? Quant aux déchets, on trouvera bien un jour le moyen de s’en débarrasser…<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Voilà, à peine caricaturé, le type de «<code> </code>réflexion<code> </code>» basée sur un consensus mou, une acceptation facile, la peur de devoir renoncer à un confort immédiat, qui sert de soubassement à une argumentation pro-nucléaire ou «<code> </code>a-nucléaire<code> </code>» («<code> </code>je ne suis pas pour, je ne suis pas contre, je n’y comprends pas grand’ chose, je m’en fous<code> </code>»).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Fukushima a certes «<code> </code>secoué le cocotier<code> </code>»</strong> et amené un nombre plus important de citoyens à prendre conscience de la dangerosité extrême de la fission nucléaire mais, pour nombre de Français(es), le soufflé est déjà retombé ou, pour reprendre l’expression de notre commentateur déjà cité, «<code> </code>le couvercle est retombé sur la lessiveuse<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Cette «<code> </code>pensée<code> </code>» permet donc de maintenir une majorité apathique et silencieuse dans un état d’esprit mi-résigné, mi-anesthésié, afin que des «<code> </code>arguments<code> </code>» qui ne résistent pas à l’analyse soient acceptés sans contestation<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"> • <em>Le nucléaire, c’est pas cher</em><br />
Qui sait<code> </code>? Pas le gouvernement en tout cas, le Premier ministre ayant demandé en mai<code> </code>2011, juste après la catastrophe de Fukushima, une expertise des «<code> </code>coûts de la filière nucléaire, y compris ceux relatifs au démantèlement des installations et à l’assurance des sites<code> </code>». Il souhaite disposer de ce rapport «<code> </code>avant le 31<code> </code>janvier 2012<code> </code>». C’est l’aveu même pas voilé que<strong> le Premier ministre d’un Sarkozy ouvertement pro-nucléaire n’a aucune idée précise du coût de cette filière<code> </code>!</strong><br />
Ce que l’on sait cependant, c’est que <strong>les nouveaux réacteurs s’avèrent en général plus chers que les précédents</strong>, que ce soit au niveau des prévisions ou – pire encore – de la réalisation<code> </code>: les surcoûts observés sur le chantier de l’EPR en Finlande et en France sont à cet égard très significatifs.<br />
On risque en fait de s’apercevoir, malgré le «<code> </code>couvercle sur la lessiveuse<code> </code>», que <strong>le nucléaire, c’est très cher, et que les milliards d’euros investis dans cette filière ont été bien mal employés</strong>, au détriment d’énergies renouvelables dont le coût de production décroît compte tenu d’améliorations technologiques (meilleur rendement des panneaux solaires, nouveaux matériaux pour les éoliennes, etc.).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <em>Le nucléaire, c’est l’indépendance énergétique de la France<br />
</em>Rappelons tout d’abord que 100<code> </code>% de l’uranium utilisé dans les réacteurs nucléaires français est importé, principalement du Canada, du Kazakhstan et du Niger. Comme le pétrole, <strong>la matière première du nucléaire dépend entièrement des importations</strong>. Donc zéro pour l’indépendance énergétique.<br />
Rappelons ensuite que l’énergie nucléaire ne produit que de l’électricité. En France, où la consommation de cette dernière est fortement encouragée depuis plus de 30<code> </code>ans par le couple EDF-Areva, elle est supérieure à la moyenne européenne et représente 23<code> </code>% de la consommation totale d’énergie, <strong>le nucléaire étant source de 18<code> </code>% de cette même consommation totale</strong>. Même en faisant abstraction du fait que nos centrales nucléaires «<code> </code>roulent<code> </code>» à l&#8217;uranium étranger, l’argument «<code> </code>indépendance énergétique<code> </code>» perd là encore 82<code> </code>% de sa force…<br />
Derrière cet argument d’indépendance énergétique, le lobby nucléaire essaie en fait de faire croire qu’il existe un lien direct entre développement de la filière nucléaire et fin de la dépendance au pétrole. Mais, comme le notent avec beaucoup de justesse <em>Les Cahiers de Global Chance</em> (n°<code> </code>29), «<code> </code><strong>le choix nucléaire de la France n’est fondamentalement pas un choix énergétique</strong>. Il trouve son origine dans la politique de reconstruction menée après la Seconde guerre mondiale, qui a fait du <strong>nucléaire un levier essentiel pour redonner à la France sa &#8220;grandeur&#8221;. Il est alors essentiellement question d’applications militaires et de génie industriel. La politique énergétique n’est devenue que vingt ans plus tard</strong>, à la faveur des chocs pétroliers, le vecteur privilégié du maintien de cet attribut national. Dès lors, et jusqu’à aujourd’hui, <strong>c’est la stratégie énergétique qui s’est adaptée aux exigences du nucléaire, et jamais le contraire</strong>.<code> </code>»<br />
Ne confondons donc pas les enjeux et les priorités<code> </code>: d’une part la place de la France parmi les grandes puissances et sa détention de l’arme nucléaire (c’est un autre débat que nous n’aborderons pas dans ce billet), d’autre part <strong>58<code> </code>réacteurs nucléaires en activité qui n’assurent en rien une quelconque indépendance énergétique à notre pays</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <em>Le nucléaire, en France, c’est sûr, nous avons les meilleures normes de sécurité au monde</em><br />
Pas tant que cela quand on commence à y regarder de près<code> </code>: <strong>en 20<code> </code>ans</strong>, de 1986 à 2006, <strong>les centrales françaises ont </strong><strong>enregistré 10<code> </code>786<code> </code>incidents significatifs</strong> – largement plus d’un par jour – dont 1<code> </code>615 classés au niveau<code> </code>1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires), 59 au niveau<code> </code>2 et un au niveau<code> </code>3. Cette multiplication d’incidents montre que l’on est très loin d’une fiabilité absolue et d’une technique maîtrisée à 100<code> </code>% à tous les instants.<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/07/irsn_echelle-ines_modelisation.jpg" title="irsn_echelle-ines_modelisation.jpg" alt="irsn_echelle-ines_modelisation.jpg" align="right" hspace="10" vspace="10" /><br />
Il est cependant exact qu’aucun accident grave ne s’est encore déroulé en France. Cependant, <strong>plusieurs facteurs de risques vont se conjuguer dans les prochaines années</strong><code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 92.15pt">– le <strong>vieillissement du parc nucléaire français</strong><code> </code>: l’âge moyen des centrales en fonctionnement est de 20<code> </code>ans<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 92.15pt">– la <strong>volonté de «<code> </code>maîtriser les coûts<code> </code>»</strong>, qui va immanquablement se traduire par une baisse globale de la qualité des opérations de maintenance et par un recours plus important à la sous-traitance sélectionnée sur le seul critère du prix. Comme dans le BTP, les «<code> </code>arrangements<code> </code>» avec le respect des normes vont se multiplier<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 92.15pt">– le <strong>départ à la retraite des ingénieurs et ouvriers spécialisés embauchés dans les années<code> </code>1970</strong>, qui ont assuré le fonctionnement des réacteurs nucléaires depuis 30 ou 40<code> </code>ans. La filière nucléaire n’attirant guère les étudiants, la pénurie de main d’œuvre qualifiée qui se dessine et la perte d’expérience qui va résulter de la transition de générations sont autant de facteurs d’aggravation des risques.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <em>Sans le nucléaire, on retourne à la bougie</em><br />
Si on sort du cadre franco-français, on s’aperçoit que, dans le monde, le nucléaire produit moins d’énergie que la seule hydro-électricité et quatre fois moins que l’ensemble des énergies renouvelables, si l’on inclut la biomasse. Globalement, <strong>le nucléaire ne représente que 3<code> </code>% de l’énergie consommée dans le monde… mais concentre près de 100<code> </code>% des risques liés à la production d’énergie</strong>.</p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
Née à Hiroshima, la technologie de la fission nucléaire a ensuite essayé de se «<code> </code>civiliser<code> </code>» à grand renfort de slogans du type «<code> </code>l’atome propre<code> </code>» et autres billevesées. Mais, dès qu’on creuse un peu le sujet, on s’aperçoit vite que «<code> </code><strong>le nucléaire est une technologie du passé sans avenir</strong><code> </code>», pour reprendre le titre d’un excellent article de Bernard Laponche paru dans <em>La Tribune</em> (26<code> </code>avril 2011).<br />
<span>   </span><br />
Sous-produit de la guerre froide et d’un monde – aujourd’hui disparu – basé sur l’équilibre de la terreur, <strong>les atouts auto-proclamés de la technologie de la fission nucléaire ne sont plus qu’illusions</strong><code> </code>: illusion d’une énergie bon marché, illusion d’indépendance énergétique, illusion de sécurité et de fiabilité… <strong>La seule réalité, c’est celle d’un risque totalement disproportionné, d&#8217;une inadaptation avérée aux enjeux énergétiques du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em><br />
<span>   </span><br />
Pour plus de détails, nous vous suggérons de consulter le site Internet <a href="http://www.global-chance.org/index.php" target="_blank">Global chance</a>, très complet et remarquablement argumenté sur le sujet.<br />
<span>   </span><br />
Liste des billets consacrés à l’absence de prospective en politique et à ses conséquences dans le domaine de l’énergie :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank">Les chênes qu’on abat</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank">Le bout de l’impasse</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/" target="_blank">Sortir de l’impasse (1)</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/" target="_blank">Sortir de l’impasse (2)</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/22/sortir-de-limpasse-3/" target="_blank">Sortir de l’impasse(3)</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/27/no-future/" target="_blank">No future</a></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lalettredulundi.fr/2011/07/03/quatre-priorites-pour-2012-3/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Quatre priorités pour 2012 (2)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/06/25/quatre-priorites-pour-2012-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 25 Jun 2011 21:30:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.
   
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique : selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">À l’occasion de la campagne présidentielle, nous publierons plusieurs billets qui prendront position sur différents sujets, voire en faveur de tel ou tel candidat.<br />
<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span></p>
<p><span>   </span><br />
Après avoir proposé, dans le précédent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/06/12/quatre-priorites-pour-2012/" target="_blank">Quatre priorités pour<code> </code>2012</a></em>), la priorité n°<code> </code>1 pour 2012 – l&#8217;investissement massif dans l&#8217;école primaire, la maîtrise de la langue écrite et des mathématiques élémentaires – nous allons maintenant aborder la deuxième priorité.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Sortir du nucléaire<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En pleine affaire Dreyfus, le caricaturiste Caran d’Ache avait réalisé deux dessins représentant le dîner d&#8217;une famille bourgeoise «<code> </code>avant<code> </code>» et «<code> </code>après<code> </code>» avoir parlé de «<code> </code>l&#8217;affaire<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_surtout_ne_parlons_pas_de_l-affaire_dreyfus.jpg" alt="jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_surtout_ne_parlons_pas_de_l-affaire_dreyfus.jpg" /></p>
<p><span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_ils_en_ont_parle_l-affaire_dreyfus.jpg" alt="jpg_1898_13_fevrier_le_figaro_caran_d-ache_ils_en_ont_parle_l-affaire_dreyfus.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
La situation comporte de fortes similitudes avec les propos qui entourent le «<code> </code>nucléaire<code> </code>»<code> </code>: entre les invectives anti-nucléaire («<code> </code>Areva assassin<code> </code>!<code> </code>») et pro-nucléaire («<code> </code>Vous voulez nous ramener à l&#8217;époque de la bougie<code> </code>!<code> </code>»), il y a rarement de la place pour une argumentation construite et raisonnée.<br />
<span>   </span><br />
Le sujet promettant d&#8217;être largement débattu lors de la campagne présidentielle, nous allons le traiter de façon un peu détaillée en abordant successivement les <strong>quatre points suivants</strong><code> </code>:</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Le nucléaire, c&#8217;est quoi<code> </code>?</li>
<li class="MsoNormal">En sortir, pourquoi<code> </code>?</li>
<li class="MsoNormal">En sortir, comment et dans quelles conditions<code> </code>?</li>
<li class="MsoNormal">Objections et questions.</li>
</ul>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>Le nucléaire, c&#8217;est quoi<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Un peu de connaissance scientifique et technique est indispensable, sinon on aborde le sujet comme de la «<code> </code>quasi-magie<code> </code>», en portant un jugement sur une technologie sans en comprendre un minimum d’éléments.<br />
<span>   </span><br />
Une centrale nucléaire comprend plusieurs réacteurs nucléaires dont le fonctionnement repose sur <strong>la technologie de la fission nucléaire, laquelle</strong> <strong>consiste à projeter un neutron contre le noyau d’un atome «<code> </code>lourd<code> </code>»</strong>, c’est-à-dire comportant plusieurs dizaines de protons, électrons et neutrons.<br />
<span>   </span><br />
L’atome lourd utilisé pour produire de l’énergie par fission nucléaire est l’<strong>uranium<code> </code>235</strong>. «<code> </code>Bombardé<code> </code>» par un neutron, il devient instable et se fragmente. De cette fragmentation vont résulter<code> </code>:</p>
<ul>
<li>d&#8217;une part une très grande variété de «<code> </code><strong>produits de fission</strong><code> </code>», c&#8217;est-à-dire d&#8217;atomes plus légers<code> </code>;</li>
<li>d’autre part deux ou trois neutrons qui vont, à leur tour, «<code> </code>bombarder<code> </code>» d’autres atomes d’uranium<code> </code>235, provoquant ainsi ce que l’on appelle une «<code> </code><strong>réaction en chaîne</strong><code> </code>».<br />
Dans un réacteur nucléaire, l’objectif est de contrôler cette réaction en chaîne afin d’éviter qu’elle ne ralentisse trop ou, à l’inverse, qu’elle ne s’emballe. Pour ce faire, on utilise des «<code> </code><strong>barres de contrôle</strong><code> </code>» en cadmium ou en bore qui ont pour fonction de contrôler le flux de neutrons chargé de bombarder l’uranium<code> </code>235. Mais si la réaction en chaîne devient incontrôlée, alors là tout dérape… ;</li>
<li>enfin, cette explosion au niveau microscopique produit de l’<strong>énergie, sous forme de chaleur</strong>. Dans un réacteur nucléaire dit à eau pressurisée, la chaleur dégagée permet de chauffer de l’eau, la vapeur ainsi créée faisant tourner une turbine qui produit de l’électricité.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt"><span>   </span><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/fusuin-nucleaire-3.png" alt="fusuin-nucleaire-3.png" /></p>
<p>Le réacteur nucléaire contient donc des «<code> </code>combustibles<code> </code>» à base d’uranium naturel ou enrichi. Comme tout combustible, il doit être changé une fois «<code> </code>usé<code> </code>»<code> </code>: le combustible usé comprend des produits de fission et des transuraniens (c’est-à-dire des éléments plus lourds que l’uranium), dont le <strong>plutonium</strong>, <strong>qui présente une radiotoxicité très élevée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Les produits de fission constituent les fameux «<code> </code><strong>déchets nucléaires</strong><code> </code>». Fortement radioactifs, ils ont une <strong>demi-vie</strong> (c’est-à-dire que, durant cette période, leur radioactivité diminue de moitié) qui peut être extrêmement longue<code> </code>: 11<code> </code>ans pour le krypton<code> </code>85, 28<code> </code>ans pour le strontium<code> </code>90, 30<code> </code>ans pour le césium<code> </code>137… mais 3<code> </code>millions d’années pour le césium<code> </code>135… et jusqu’à 18<code> </code>millions d’années pour le palladium<code> </code>107.<br />
<span>   </span><br />
En d’autres termes, pour que la dangerosité liée à la radioactivité du césium<code> </code>135 diminue de moitié, il faut attendre 3<code> </code>millions d’années<code> </code>; pour qu’elle diminue de 75<code> </code>%, 6<code> </code>millions d’années… puis 9<code> </code>millions d’années pour qu’elle ait diminué de 87 ou 88<code> </code>%&#8230;<br />
<span>   </span><br />
En France, la plus grande partie du combustible nucléaire usé est retraité afin de pouvoir à nouveau être utilisé comme combustible nucléaire. Mais cette <strong>opération de retraitement</strong> <strong>génère également d’autres «<code> </code>déchets<code> </code>» radioactifs</strong> que l’on vitrifie afin de les stocker… pendant plusieurs centaines de milliers d’années.</p>
<p align="left"> <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/carte-stockage-dechets-nucleaires.jpg" title="carte-stockage-dechets-nucleaires.jpg" alt="carte-stockage-dechets-nucleaires.jpg" align="right" hspace="10" vspace="10" /><strong>Les stocker où<code> </code>?</strong> Un peu partout en fait<code> </code>: en France, sur le site de La Hague mais aussi dans l’Aube, à Soulaines-Dhuy… et dans des dizaines d’autres endroits (voir carte). Ne sachant trop que faire des <strong>déchets qui resteront radioactifs pendant plusieurs centaines de siècles</strong>, on envisage de les enterrer en « couche géologique profonde », à plusieurs centaines de mètres sous terre.</p>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>En sortir, pourquoi<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Voilà – très schématiquement – pour la théorie. La technique paraît fort séduisante en apparence. Alors, pourquoi vouloir «<code> </code>sortir du nucléaire<code> </code>»<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Pour une raison fort simple<code> </code>: <strong>parce que nous allons en mourir</strong> – nous ou, plus probablement, nos descendants – <strong>et que cette probabilité ne fera qu’augmenter avec le temps</strong>. Dans un précédent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/page/5/" target="_blank">Le bout de l’impasse</a></em>), j’avais écrit que «<code> </code><strong>Parier sur l’énergie nucléaire comme &#8220;énergie du futur&#8221; et envisager son extension, c’est jouer à la roulette russe avec sept balles dans le barillet</strong>. C’est non seulement la fin assurée de toute civilisation mais aussi… la mise en place d’un moyen extrêmement efficace pour supprimer l’espèce humaine de la surface de la Terre<code> </code>». Détaillons-en les raisons.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La première menace</strong>, qui peut survenir à tout instant, c’est l’<strong>accident nucléaire</strong> de type Three Mile Island, Tchernobyl ou Fukushima, c’est-à-dire la <strong>perte de contrôle de la réaction en chaîne</strong>. Dans ce cas, le réacteur surchauffe, pouvant aller jusqu’à fondre en dégageant une énorme pollution radioactive. C’est ce qui s’est récemment produit à Fukushima où les cœurs des réacteurs<code> </code>1, 2 et 3 ont fondu, créant des trous dans leurs enceintes de confinement.<br />
<span>   </span><br />
À cet égard, <strong>l’exemple de Tchernobyl est particulièrement instructif</strong>. Survenu il y a 25<code> </code>ans, en<code> </code>1986, nous disposons maintenant d’un peu de recul pour commencer à en apprécier les effets.<br />
<span>   </span><br />
Compte tenu des doses de radioactivité libérées lors de l’accident, on peut estimer le nombre de <strong>morts supplémentaires par cancer à plus de 450<code> </code>000</strong> (estimation <em>Radiation Effect Research Foundation</em>), <strong>le chiffre pouvant être triplé</strong> si l’on considère plutôt les estimations de trois scientifiques américains ayant étudié la mortalité à l’usine nucléaire de Hanford. Attention<code> </code>! Ce nombre ne comprend que la population qui était en vie au moment de la catastrophe.<br />
<span>   </span><br />
À ces morts supplémentaires par cancer vont s’ajouter les <strong>décès prématurés de personnes nées depuis la catastrophe et vivant dans des lieux contaminés par celle-ci</strong> (qui peuvent se trouver parfois à plusieurs centaines de kilomètres de Tchernobyl<code> </code>; voir carte). Compte tenu d’une irradiation des sols et des eaux très supérieure à la normale, elles développeront prématurément des cancers.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/06/radiation-from-chernobyl.jpg" alt="radiation-from-chernobyl.jpg" /><span>   </span><br />
À ces morts prématurées s’ajoutent les <strong>anomalies génétiques</strong>. Nombre d’enfants n’y survivent pas mais les photographies de ceux qui en réchappent montrent clairement les ravages et horreurs de la contamination nucléaire (voir notamment l’excellent reportage de Paul Fusco, <em><a href="http://inmotion.magnumphotos.com/essay/chernobyl" target="_blank">Chernobyl Legacy</a></em><code> </code>; cliquez sur <em>play</em> après les images d&#8217;introduction<code> </code>; attention, âmes sensibles s’abstenir).<br />
<span>   </span><br />
Pour clore le tableau, rappelons que <strong>les coûts engendrés par cette catastrophe ne diminuent pas avec le temps, bien au contraire</strong>. La zone d’exclusion de 30<code> </code>kilomètres autour de la centrale devra être bouclée et surveillée pendant plus de 200<code> </code>siècles, le nombre de malades liés à la contamination ne diminue pas, le «<code> </code>sarcophage<code> </code>» construit sur les réacteurs donne déjà de sérieux signes de faiblesse<code> </code>: il faut en construire un nouveau, pour plus d’un milliard d’euros, qui ne durera guère plus d’un siècle… En résumé, <strong>la région est et restera un lieu de désolation et de mort pendant plusieurs dizaines de millénaires</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À cette première menace que constitue l’accident nucléaire s’en ajoute une seconde, moins spectaculaire mais tout aussi létale car sa dangerosité est en augmentation constante et va perdurer plusieurs centaines de siècles<code> </code>: l’<strong>accumulation de déchets radioactifs dont la quantité ne cesse de croître alors que leur toxicité se compte au mieux en dizaines d’années, plus fréquemment en dizaines de millénaires</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous nous trouvons donc pris «<code> </code>en sandwich<code> </code>» entre <strong>deux menaces conjuguées</strong> dont la probabilité de réalisation augmente chaque jour<code> </code>: <strong>d’une part celle de l’accident dans une centrale nucléaire</strong> (imaginez un instant un accident de ce type à Flamanville, dans la Manche, à Paluel, au nord du Havre, ou à Chinon, au bord de la Loire, avec des vents d’ouest dominants), <strong>d’autre part l’accumulation croissante de déchets mortels</strong>.<br />
<span>   </span><br />
C’est en effet une caractéristique majeure de ce qu’il faut bien appeler la menace du nucléaire civil<code> </code>: <strong>au fur et à mesure des années, les risques vont constamment augmenter</strong>. Plus de centrales plus longtemps en activité signifie à la fois plus de risques d’accidents et plus de déchets radiotoxiques créés…<br />
<span>   </span><br />
On comprend mieux pourquoi, en enclenchant cette spirale infernale, <strong>nous avons mis en place une technologie pour «<code> </code>flinguer<code> </code>» de façon définitive l’espèce humaine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
À ce stade, est-il possible d’en sortir et, dans l’affirmative, comment<code> </code>? Quelles sont les «<code> </code>objections et questions<code> </code>» traditionnellement adressées aux partisans d’une sortie du nucléaire<code> </code>? Si l’on est convaincu de la gravité du danger que représentent les centrales nucléaires, quelles réponses apporter aux objections «<code> </code>pro-nucléaire<code> </code>»<code> </code>? C’est ce que nous examinerons dans le prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Quatre priorités pour 2012</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/06/12/quatre-priorites-pour-2012/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/06/12/quatre-priorites-pour-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2011 17:36:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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<span>   </span><br />
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<span>   </span><br />
Notre opinion ne sera pas pour autant monolithique<code> </code>: selon le rédacteur (voir la signature à la fin de chaque billet), les points de vue pourront être différents, voire opposés. À travers vos commentaires et, pourquoi pas, la rédaction d’un article, nos colonnes vous sont également ouvertes. Notre objectif est que, suite à ce débat, vous disposiez de nouveaux éléments de réflexion pour forger votre opinion.</span><br />
</em></p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
À moins d’un an de l’échéance, nous sommes déjà entrés dans la campagne présidentielle. D’entrée de jeu, situons-en cependant l’enjeu<code> </code>: <strong>cette élection ne changera pas le sort de la France</strong>. Après avoir analysé l’évolution de la société, de l’économie et du politique depuis plus de deux ans, <strong>nous sommes arrivés à la conclusion que la «<code> </code>société occidentale<code> </code>» est en fin de parcours</strong>, allant de «<code> </code>crise<code> </code>» en «<code> </code>crise<code> </code>» qui constituent autant d’étapes de sa désagrégation. Comme le souligne un de nos lecteurs commentant le billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/27/no-future/#comments" target="_blank"><em>No Future<code> </code>?</em></a>, «<code> </code>la machine ne me paraît plus sous contrôle<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<strong>Nous n’allons donc certainement pas prétendre qu’en élisant Untel plutôt qu’Untel, le ciel s’éclaircira brusquement</strong> et que «<code> </code>tout deviendra possible<code> </code>», pour parodier et moquer le slogan de campagne<code> </code>2007 de l’actuel locataire de l’Élysée.<br />
<span>   </span><br />
Pour autant, <strong>quelques marges de manœuvre subsistent</strong> et ces marges, il faut s’efforcer de les exploiter au mieux. Nous pouvons, en mettant en œuvre d’autres options politiques, d’une part mieux «<code> </code>amortir<code> </code>» le choc de la dégringolade que ne le feront les Britanniques ou les Américains, d’autre part préparer les conditions d’un «<code> </code>après<code> </code>», même si cet «<code> </code>après<code> </code>» est à la fois hypothétique et probablement très lointain.<br />
<span>   </span><br />
Pour atteindre ce double objectif, <strong>nous proposons de concentrer nos ressources, nos actions et nos efforts sur quelques priorités</strong> susceptibles de générer un véritable «<code> </code>effet de levier<code> </code>». Dans un précédent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank"><em>L’alpha et l’oméga</em></a>), nous avions évoqué la nécessité de «<code> </code>sanctuariser<code> </code>» quelques domaines, afin de les mettre à l’abri des appétits des TGE (très grandes entreprises) et de préserver leur caractère essentiel<code> </code>: servir de manière égalitaire l’ensemble des citoyens. Nous y sommes. Il faut maintenant les nommer.<br />
<span>   </span><br />
Dans ce billet et le ou les billets qui vont suivre, <strong>nous allons donc nous efforcer de définir des priorités</strong>. Elles seront en nombre limité<code> </code>: <strong>quatre seulement</strong>. Ce nombre est volontairement restreint, tout le contraire des programmes qui comptent des dizaines de propositions, catalogues à la Prévert où l’on s’efforce de n’oublier aucune «<code> </code>cible<code> </code>» dans son plan marketing électoral.<br />
<span>   </span><br />
À titre de comparaison, à l’image de la politique d’indépendance nationale mise en œuvre il y a 50<code> </code>ans par Charles de Gaulle (et enterrée par Nicolas Sarkozy avec le retour dans l’OTAN), notre intention est de <strong>définir des priorités qui d’une part servent l’intérêt de la France et de l’ensemble des Français, d’autre part sont ou seront susceptibles de faire l’objet d’un large consensus</strong>. Ce ne sont donc pas seulement les priorités d’une campagne ou d’un candidat mais bien des <strong>priorités de longue durée</strong> que nous essaierons de définir. Exit donc les multiples revendications catégorielles qui ne reflètent, le plus souvent, qu’une demande spécifique à un moment donné.<br />
<span>   </span><br />
Dans cet exercice qui consiste à définir des priorités, vos réactions sont plus que bienvenues<code> </code>: les «<code> </code>points clés<code> </code>» que nous proposons vous semblent-ils pertinents<code> </code>? Quelles sont vos suggestions<code> </code>? Quelle est votre analyse de la situation<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Priorité n°<code> </code>1<code> </code>: l’école primaire<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Premier objectif que nous proposons<code> </code>: <strong>remonter le niveau culturel et éducatif, en commençant par la base, c’est-à-dire l’école primaire, la maîtrise de la langue écrite et des mathématiques «<code> </code>élémentaires<code> </code>»</strong>. L’expression peut sembler désuète, surannée mais, comme évoqué dans de précédents billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/page/3/" target="_blank"><em>La faillite programmée du système éducatif</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank"><em>À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</em></a>), le problème est réel<code> </code>: même l’<a href="http://www.projet-ump.fr/actualite/comment-vaincre-l%E2%80%99illettrisme/" target="_blank">UMP</a> l’affirme (ce doit être la preuve que les ministres de l’Éducation issus de ses rangs sont des incapables<code> </code>!)<code> </code>: «<code> </code>40<code> </code>% des élèves sortent de l’école primaire avec des bases trop fragiles, 15<code> </code>% sont illettrés et le resteront.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi ce choix comme priorité n°<code> </code>1<code> </code>? Vouloir atteindre cet objectif, c’est bien sûr <strong>investir dans le futur</strong> en augmentant le niveau des connaissances des générations de demain mais c’est aussi <strong>renforcer la «<code> </code>cohésion sociale<code> </code>» et la place des «<code> </code>valeurs républicaines<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En améliorant fortement et en homogénéisant le niveau d’éducation et de culture, <strong>on met en place les conditions d’une sortie «<code> </code>par le haut<code> </code>» des problèmes de ghettoïsation et de communautarisme</strong>. Pour s&#8217;y installer durablement, pas besoin d’aller bien loin<code> </code>: il suffit de continuer la politique de Nicolas Sarkozy et Luc Chatel, basée sur une restriction continue du nombre d’enseignants ainsi que sur une ségrégation sociale et financière qui ne dit pas son nom, le tout sous couvert d’une «<code> </code>diversité culturelle<code> </code>» qui ne sert qu’à brouiller les cartes.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, le résultat de l’<a href="http://www.education.gouv.fr/pid20946/evaluation-des-acquis-filtre-academie.html" target="_blank">enquête menée début<code> </code>2011 par le ministère de l’Éducation</a> auprès de 800<code> </code>000<code> </code>élèves de CM2 est particulièrement éloquent<code> </code>: avec la pudeur qui sied à ce type d’analyses, on note que <strong>26<code> </code>% des élèves n’ont pas «<code> </code>les acquis suffisants<code> </code>» ou disposent «<code> </code>d’acquis encore fragiles<code> </code>» en français, la proportion montant à 30<code> </code>% en mathématiques…</strong> Vouloir ensuite, au collège, empiler des «<code> </code>savoirs<code> </code>» littéraires ou scientifiques sur des fondations aussi branlantes, ne peut mener qu’à l’échec.<br />
<span>   </span><br />
Afin d’éviter ce gâchis, il n’y a qu’une seule solution<code> </code>: <strong>«<code> </code>investir<code> </code>» massivement dans l’école primaire</strong>, et ce suivant deux axes<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> <strong>en matériel et en moyens humains</strong>, tout d’abord. Pour de multiples raisons d’ordre sociologique que nous n’analyserons pas ici, l’époque où 35<code> </code>élèves se tenaient à carreau devant un professeur respecté fait désormais partie des images d’Épinal et il serait illusoire de vouloir revenir à ce schéma. <strong>La solution, ce sont de petites classes – de très petites classes</strong> – afin que le professeur puisse consacrer beaucoup plus de temps à chaque élève et transmettre un maximum de «<code> </code>savoir<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span>●</span></span> car <strong>c’est bien de «<code> </code>savoir<code> </code>» qu’il s’agit</strong>. Le rôle de l’école, c’est de fournir à l’élève un bagage de connaissances aussi complet que possible afin que celui-ci l’utilise ensuite au mieux dans sa vie d’adulte, en fonction des choix qu’il effectuera.</p>
<p class="MsoNormal">Il ne s’agit pas pour autant de revenir au tableau noir et à la craie comme unique moyen de transmission de ce savoir. Par exemple, au Danemark, la <a href="http://www.oddernettet.dk/frameset/run_news.asp?RoomID=1&amp;NewsID=9971&amp;MenuID=13&amp;LangRef=1&amp;SplashID=108" target="_blank">municipalité d’Odder</a> a décidé d’équiper les 200<code> </code>enseignants et 2<code> </code>300<code> </code>écoliers de sa commune (on peut apprécier le ratio<code> </code>!) de tablettes de type iPad, soulignant que ce type d’outils devrait «<code> </code>stimuler les garçons<code> </code>» qui constituent aujourd’hui «<code> </code>l’arrière-garde<code> </code>» du système éducatif, de l’école élémentaire à l’Université. Pourquoi pas<code> </code>? Dans un monde où la gadgeterie électronique est omniprésente, vouloir en «<code> </code>préserver<code> </code>» l’école est illusoire<code> </code>: autant l’employer au mieux si elle permet d’atteindre l’objectif.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Les modalités peuvent donc être variées si l’objectif est clair et fait l’objet d’un large consensus.</strong> C’est d’un effort et d’un investissement de longue durée – on ne recrute pas de bons enseignants à l’issue d’entretiens-flash à l’ANPE, n’en déplaise à Luc Chatel – qu’il s’agit, <strong>forcément consenti au détriment d’autres volets de l’action de l’État</strong><code> </code>: action sociale, armée, culture, emploi, justice, logement, police… verront les montants qui leur sont consacrés stagner, voire régresser, avec le risque de revendications catégorielles que cette diète forcée générera.<br />
<span>   </span><br />
Mais, pour citer Pierre Mendès France, «<code> </code>Gouverner, c’est choisir, si difficiles que soient les choix<code> </code>». Alors, avant d’examiner dans de prochains billets les trois priorités suivantes, nous faisons aujourd’hui de l’éducation des générations futures notre priorité n°<code> </code>1.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Culture narcissique et politique</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/06/04/culture-narcissique-et-politique/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/06/04/culture-narcissique-et-politique/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 04 Jun 2011 17:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
   
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En 1979, Christopher Lasch publie The culture of narcissism, qui sera traduit chez Laffont en&#160;1981 sous le titre Le complexe de Narcisse. Titre trompeur puisqu’il retient un sens psycho-individuel et élimine l’aspect socio-culturel de culture narcissique. Trente ans plus tard, on peut s’interroger sur les effets [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="left"><iframe src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" mce_src="http://www.facebook.com/plugins/like.php?app_id=133773473365367&amp;href=http%3A%2F%2Flalettredulundi.fr&amp;send=false&amp;layout=button_count&amp;width=450&amp;show_faces=false&amp;action=recommend&amp;colorscheme=light&amp;font&amp;height=21" style="border: medium none; overflow: hidden; width: 450px; height: 21px" allowtransparency="true" scrolling="no" frameborder="0"></iframe><br />
<span>   </span><br />
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En 1979, Christopher Lasch publie <i>The culture of narcissism</i>, qui sera traduit chez Laffont en<code>&nbsp;</code>1981 sous le titre <i>Le complexe de Narcisse</i>. Titre trompeur puisqu’il retient un sens psycho-individuel et élimine l’aspect socio-culturel de <i>culture</i> narcissique. Trente ans plus tard, on peut s’interroger sur les effets de cette culture sur la vie politique.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Il peut être commode, pour approcher ces questions, de partir de la description que donne le DSM du «<code>&nbsp;</code>trouble de la personnalité narcissique<code>&nbsp;</code>». Le DSM est un manuel de diagnostic des troubles mentaux, fruit d’une élaboration collective et longuement négociée de psychiatres américains. Il en est à sa quatrième version (DSM<code>&nbsp;</code>IV). Il est fondé sur le refus de toute hypothèse théorique concernant les origines et les causes des troubles mentaux<code>&nbsp;</code>: <b>il s’agit de <i>décrire</i> les troubles en des termes qui soient communs à tous les professionnels</b>. Le diagnostic n’est pas simpliste, il prend en compte cinq «<code>&nbsp;</code>axes<code>&nbsp;</code>» (troubles cliniques, troubles de la personnalité, affections médicales, contexte de vie et évaluation globale du fonctionnement).<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<b><u>Les neuf critères du narcissisme</u></b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Le DSM<code>&nbsp;</code>IV retient douze «<code>&nbsp;</code>troubles de la personnalité<code>&nbsp;</code>» (axe<code>&nbsp;</code>2). Chacun est caractérisé par sept à neuf items qui décrivent des comportements. Pour poser tel diagnostic, il faut observer au moins 4 sur<code>&nbsp;</code>7 ou 5 sur<code>&nbsp;</code>9 de ces comportements. Il est rare qu’une personne présente <i>tous</i> les comportements d’une liste<code>&nbsp;</code>: c’est alors un cas vraiment pathologique<code>&nbsp;</code>! Le plus souvent, les personnes qui consultent présentent un petit nombre de traits de plusieurs troubles.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Voici les <b>neuf critères du DSM<code>&nbsp;</code>IV pour le <i>trouble de la personnalité narcissique</i></b><code>&nbsp;</code>:<br />
«<code>&nbsp;</code>Le sujet…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">1 – a un sens grandiose de sa propre importance (par exemple il surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport)&nbsp;;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">2 – est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté ou d’amour idéal<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">3 – pense être «<code>&nbsp;</code>spécial<code>&nbsp;</code>» et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">4 – a un besoin excessif d’être admiré<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">5 – pense que tout lui est dû<code>&nbsp;</code>: s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">6 – exploite l’autre dans les relations interpersonnelles<code>&nbsp;</code>: utilise autrui pour parvenir à ses propres fins<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">7 – manque d’empathie<code>&nbsp;</code>: n’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">8 – envie souvent les autres, et croit que les autres l’envient<code>&nbsp;</code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -18pt">9 – fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants et hautains.<code>&nbsp;</code>»</p>
<p><span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Le lecteur n’aura probablement pas grand mal à repérer la présence de l’un ou l’autre de ces traits chez des personnes connues de lui. Ni à reconnaître que <b>beaucoup de nos politiciens sont <i>gravement</i> narcissiques</b>. Ce sont les conséquences qui nous intéressent<code>&nbsp;</code>: comment un Narcisse fait-il de la politique<code>&nbsp;</code>?<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<b><u>Narcisse en politique</u></b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Notons d’abord que, même gravement narcissique, un homme peut ne pas présenter <i>tous</i> les critères. De plus, un critère peut être plus ou moins présent et, d’une personne à l’autre, les variations sont grandes. À l&#8217;extrême, deux sujets qui présenteraient les neuf critères pourraient être fort différents l’un de l’autre.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Mais quelque chose leur est commun<code>&nbsp;</code>: <b>la centration sur eux-mêmes et sur le regard que les autres portent sur eux</b>. Lorsqu’ils entreprennent une action, les effets qui les intéressent sont là, dans le regard des autres sur leur personne. À la limite, <b>ils agissent essentiellement pour entretenir l’admiration</b> qui leur est aussi nécessaire que l’oxygène. <b>Les effets de leurs actes sur la réalité leur importent moins, et parfois pas du tout.</b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Or ceci implique des manières d’agir, qui ne sont pas obligatoirement présentes, mais qui «<code>&nbsp;</code>vont avec<code>&nbsp;</code>» la personnalité narcissique<code>&nbsp;</code>: en premier lieu, ce «<code>&nbsp;</code>court-termisme<code>&nbsp;</code>» dénoncé dans de précédents billets. <b>Le regard des autres, c’est tout de suite, pas dans six mois.</b> Pour agir en pensant à long terme, il faut, d’évidence, ne pas s’en soucier outre mesure. Court-termiste, <b>la tendance à faire des «<code>&nbsp;</code>coups<code>&nbsp;</code>»</b>, c’est-à-dire des choses dont on va parler, qu’on va commenter et qui vont faire parler de la personne. Les effets à long terme de son «<code>&nbsp;</code>coup<code>&nbsp;</code>», Narcisse n’y a pas pensé.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<b><u>Une société narcissique</u></b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Mais revenons à la notion de <i>culture</i> narcissique. Il arrive parfois que toute une société présente des caractères relevant d’un «<code>&nbsp;</code>trouble de la personnalité<code>&nbsp;</code>» au sens du DSM. Les Dogons, étudiés par Parin et Morgenthaler (Payot, 1966), sont une société hystérique (au sens de la psychanalyse). Les Mundugumor de Nouvelle-Guinée, étudiés par Margaret Mead (1935), les Azande, étudiés par Evans-Pritchard au Congo belge (1937), sont des sociétés paranoïaques. La bourgeoisie européenne du XIX<sup>e</sup><code>&nbsp;</code>siècle était une société obsessionnelle. Et <b>nous sommes une société narcissique</b>.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Cela ne signifie pas que tous les membres de la société présentent la même pathologie, mais seulement que <b>les comportements correspondant à cette pathologie sont bien admis, voire valorisés</b>. <b>Ils ne sont pas perçus comme pathologiques</b>, même chez les individus qui les présentent de façon excessive.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Les Narcisses se reconnaissent et se comprennent. Narcisse ne rechigne pas à admirer un autre Narcisse (du moins tant qu’il n’est pas directement en concurrence). Il peut s’identifier à plus Narcisse que lui et admirer chez un autre des réussites dont il n’oserait pas rêver pour lui-même. Il peut même se rapprocher de ce parangon dans l’espoir de le servir (c’est-à-dire de se servir de lui) pour briller davantage. Évidemment, il ne tire avantage de son modèle que tant qu’il lui témoigne une admiration sans faille. Critiquer super-Narcisse, c’est se retrouver <i>ipso facto</i> dans les ténèbres extérieures.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<b><u>Super-Narcisse</u></b><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Ce phénomène donne un <b>pouvoir énorme au Narcisse modèle</b><code>&nbsp;</code>: il peut par exemple pratiquer le <b>«<code>&nbsp;</code>mensonge insolent<code>&nbsp;</code>»</b>. Proclamer qu’il va faire ceci ou cela alors qu’il a déjà commencé à réaliser exactement le contraire. Ceux qui gravitent autour de lui ne vont pas risquer leur carrière en criant qu’il se moque du monde<code>&nbsp;</code>! De même ceux qui gravitent autour de ces derniers. De sorte que seuls ceux qui n’attendent rien crient que le roi est nu et se moque du monde, mais il ne leur reste plus qu’Internet pour s’exprimer…<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<b>Le «<code>&nbsp;</code>mensonge insolent<code>&nbsp;</code>» est une façon, pour un politique, d’exprimer son mépris des gens</b><code>&nbsp;</code>: les gens sont lâches et stupides, on leur fait gober n’importe quoi<code>&nbsp;</code>! Certains Narcisses, en effet, ne se contentent pas d’être admirés, il leur faut rabaisser, humilier l’autre. On parle alors de <b>«<code>&nbsp;</code>pervers narcissique<code>&nbsp;</code>»</b> (c’est là un concept que le DSM n’utilise pas).<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Tout cela entraîne un effet plus profond et plus grave<code>&nbsp;</code>: la <b>stérilisation du débat</b>. Dans une société où le narcissisme reste modéré, on accorde de l’importance aux idées et aux arguments qui les soutiennent. Si une argumentation s’oppose à mon idée, je travaille à la réfuter. Mais quand je n’y parviens pas, je dois, si je suis honnête, modifier ma façon de voir les choses. <b>Lorsque le narcissisme l’emporte, il n’est pas question de changer d’avis parce qu’on a tort.</b> Pas question de reconnaître qu’on avait tort<code>&nbsp;</code>! Narcisse peut changer d’avis pour conquérir un nouveau public d’admirateurs, mais certainement pas parce que la nouvelle opinion aura démontré rationnellement sa supériorité.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
L&#8217;obsessionnel pense à la collectivité dont il fait partie. Dans une culture obsessionnelle, l’intelligence des hommes est mise au service de l’ordre, de l’organisation, de la création scientifique et technique. Tout le monde en bénéficie.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Le paranoïaque pense à la communauté des «<code>&nbsp;</code>bons<code>&nbsp;</code>» dont il fait partie. Dans une culture paranoïaque, l’intelligence des hommes est mise au service des «<code>&nbsp;</code>bons<code>&nbsp;</code>» contre les «<code>&nbsp;</code>méchants<code>&nbsp;</code>». Tous les «<code>&nbsp;</code><i>bons</i><code>&nbsp;</code>» en bénéficient.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Narcisse ne pense les autres que comme un public <b>dont il ne fait pas partie</b>. Dans une culture narcissique, l’intelligence des individus narcissiques est mise au service de leur propre personne. Personne n’en bénéficie.<br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
<span>&nbsp;&nbsp; </span><br />
Patrice Ranjard<br />
<span>©</span> Patrice Ranjard 2011 pour <i>La Lettre du Lundi</i></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>No future ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/05/27/no-future/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/05/27/no-future/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 May 2011 21:48:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2011/05/27/no-future/</guid>
		<description><![CDATA[
   
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La raison consiste à analyser les choses et à les élaborer
Epictète
   
   
Nous arrivons au terme de la série de billets (voir liste intégrale à la fin de l’article) que nous avons consacrée à l’absence de prospective en politique et à ses conséquences dans le domaine [...]]]></description>
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<p class="MsoNormal" style="text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt">La raison consiste à analyser les choses et à les élaborer<br />
</span></em><span style="font-size: 9pt">Epictète</span></p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Nous arrivons au terme de la série de billets (voir liste intégrale à la fin de l’article) que nous avons consacrée à l’absence de prospective en politique et à ses conséquences dans le domaine de l’énergie. Après avoir exploré les aspects techniques de la question, le temps est maintenant venu d’en aborder le volet politique.<br />
<span>   </span><br />
Un constat tout d’abord, en forme de rappel<code> </code>: la situation actuelle, qui conjugue des ressources fossiles en voie d’épuisement et des énergies dites alternatives (éolien, solaire terrestre, biomasse…) en quantité insuffisante, nous conduit dans une impasse énergétique. La seule autre option qui nous est aujourd’hui proposée – l’énergie issue de la fission nucléaire – est un cadeau empoisonné, un remède pire que le mal, une option létale.<br />
<span>   </span><br />
Tout est donc en place pour que nous entrions dans un Moyen Âge énergétique (et politique), où <strong>les ressources raréfiées vont engendrer paupérisation, conflits en tous genres et</strong>, en définitive, <strong>mort de la démocratie</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Afin de raccourcir la durée de ces <em>Dark Ages</em> – cette période sombre, pour employer l’expression américaine qui désigne le Moyen Âge – nous avons proposé d’investir dès maintenant sur deux fronts<code> </code>: d’une part celui de <strong>la culture</strong> et de <strong>l’éducation</strong>, d’autre part celui des <strong>énergies du futur</strong>, solaire spatial, fusion nucléaire et exploitation de l’hélium<code> </code>3 lunaire.<br />
<span>   </span><br />
En faisant progresser au maximum la recherche et la mise en place de ces technologies, nous optimiserions ainsi, sur le plan énergétique, les conditions de surgissement d’une future Renaissance. Comme celle qui eut lieu au XV<sup>e</sup><code> </code>siècle, elle serait probablement caractérisée par un <strong>nouveau cycle de découvertes et de colonisation</strong>, la colonisation spatiale cette fois.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Accélérer de nouveau…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le reproche majeur que l’on peut adresser à cette option, c’est qu’elle ne tire pas les leçons de l’histoire. L’accélération croissante que nous avons vécue depuis cinq siècles nous a envoyé «<code> </code>droit dans le mur<code> </code>» et on peut craindre qu’après la période de désagrégation que nous venons d’entamer, <strong>envisager de rebâtir un schéma de fonctionnement analogue n’aboutisse, en définitive, qu’à recréer les mêmes effets</strong><code> </code>: une accélération croissante de la vitesse d’évolution de la civilisation qui débouche, une fois de plus, sur un effondrement. C’est le fameux phénomène dit des équilibres ponctués, fort bien décrit par François Roddier dans la série de billets qu’il a consacrée à ce sujet (voir références à la fin de l’article).<br />
<span>   </span><br />
Pour éviter cette répétition d’accélérations suivies d’effondrements, <strong>une alternative est proposée<code> </code>: le ralentissement, la «<code> </code>non-croissance<code> </code>»</strong>, dont l’objectif est d’atteindre un équilibre durable, basé sur le refus d’augmenter de manière sensible la consommation énergétique, la généralisation des énergies «<code> </code>douces<code> </code>» et du recyclage, etc.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… ou ralentir la machine<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
De prime abord, l’approche peut sembler fort séduisante car elle semble résoudre la problématique accélération<code> </code>/<code> </code>effondrement qui vient d’être décrite. Elle se heurte cependant à deux objections.<br />
<span>   </span><br />
La première, c’est que l’immense majorité des individus va bientôt être contrainte à la décroissance et au ralentissement, et ce ne sera pas une partie de plaisir, très loin de là<code> </code>! <strong>Des richesses atrophiées, plus rares, ne vont pas se répartir de façon plus juste et plus égalitaire à la surface du globe.</strong> On peut craindre que ce ne soit exactement le contraire<code> </code>: la féodalité comptait infiniment plus de serfs que de seigneurs. Avec la décroissance et le ralentissement imposés qui s’annoncent, on sera très loin du bonheur pour tous<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Le second obstacle, c’est que s’il existe sur cette planète deux types de civilisations, les premières basées sur le «<code> </code>ralentissement volontaire<code> </code>», les secondes à la recherche d’une nouvelle accélération, les secondes l’emporteront et les premières disparaîtront.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Pour qu’une civilisation basée sur le ralentissement volontaire puisse perdurer, il faut qu’elle soit seule à la surface du globe</strong>, qu’il n’en existe aucune autre qui vienne la «<code> </code>challenger<code> </code>». Cette condition implique l’existence d’une «<code> </code>autorité suprême<code> </code>» au plan mondial qui ait les moyens d’empêcher toute velléité d’accélération. C’est là que le bât va commencer à blesser très sérieusement…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Mais dans quelles conditions<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour atteindre un objectif de ce type, l’«<code> </code>autorité suprême<code> </code>» doit <em>de facto</em> se comporter en dictature, compte tenu de la <strong>nécessité d’enserrer la société dans un carcan très rigide afin d’éviter qu’elle n’accélère</strong>. Toute innovation scientifique ou technologique, mais aussi tout changement culturel ou politique, toute idée nouvelle (que l’on songe rétrospectivement aux idées du siècle des Lumières, «<code> </code>tremplin<code> </code>» de l’accélération du changement social), représente une menace d’accélération, de modification trop rapide du «<code> </code>biotope<code> </code>» existant et, à ce titre, doit être considéré comme «<code> </code>anti-social<code> </code>» ou «<code> </code>impie<code> </code>», selon le modèle répressif («<code> </code>laïc<code> </code>» ou «<code> </code>religieux<code> </code>») mis en place.<br />
<span>   </span><br />
On pourrait objecter que ce but ne sera pas atteint par la force mais par l’adhésion de tous à un «<code> </code>nouveau contrat social<code> </code>»… Ne rêvons pas, cette chimère a déjà été poursuivie et s’est terminée – pour ceux qui la dénonçaient – derrière les barbelés. Que ces barbelés changent de forme dans le futur ne fera que modifier les modalités de la répression, pas sa finalité.<br />
<span>   </span><br />
L’enfer est pavé de bonnes intentions et, comme il arrive assez fréquemment, le but recherché – une sorte d’harmonie universelle «<code> </code>soft<code> </code>», d’équilibre avec la nature – risque fort de se terminer en «<code> </code>dictature verte<code> </code>» ou en «<code> </code>dictature de la lenteur<code> </code>». N’y voyez pas une attaque, déguisée ou non, contre nos «<code> </code>Verts<code> </code>» d’aujourd’hui mais la simple conséquence du fait que <strong>toute civilisation qui a absolument besoin «<code> </code>d’être seule pour survivre<code> </code>» ne peut déboucher que sur la tyrannie</strong>.<br />
<span>   </span><br />
La politique est l’art du possible. Croire qu’elle peut mener au jardin d’Eden, à l’équilibre éternel ou à la société parfaite, est bien sûr une illusion ou un leurre. Pour sortir de «<code> </code>l’enfer<code> </code>» que constituera le nouveau Moyen Âge, il est fort possible que nous – ou plutôt nos descendants – aurons le choix entre la «<code> </code>peste<code> </code>» d’un ralentissement imposé par la force ou le «<code> </code>choléra<code> </code>» d’une nouvelle accélération qui débouchera – de manière quasiment certaine – sur un nouvel effondrement quelques siècles plus tard. Perspectives peu enthousiasmantes en apparence mais qui, au-delà des enjeux liés à l’énergie que nous avons évoqués dans cette série de billets, nous ramènent aux <strong>options du possible</strong> et à un <strong>choix culturel</strong>. Mais ceci, comme l’écrivait Rudyard Kipling, est une autre histoire…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011<br />
<span>   </span><br />
Liste des billets consacrés à l’absence de prospective en politique et à ses conséquences dans le domaine de l’énergie :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank">Les chênes qu’on abat</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank">Le bout de l’impasse</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/" target="_blank">Sortir de l’impasse (1)</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/" target="_blank">Sortir de l’impasse (2)</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/22/sortir-de-limpasse-3/" target="_blank">Sortir de l’impasse(3)</a><br />
<span>   </span><br />
</em>Série de billets de François Roddier :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/" target="_blank">Bientôt la fin de l’espèce humaine ?</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/3/" target="_blank">Les lois implacables de la thermodynamique</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/page/2/" target="_blank">La fin des espèces et des civilisations</a></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Sortir de l&#8217;impasse (3)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/05/22/sortir-de-limpasse-3/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/05/22/sortir-de-limpasse-3/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 May 2011 16:31:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Cinquième épisode. Après avoir constaté que nous nous trouvions dans une impasse énergétique qui va générer misère, conflits et mort de la démocratie (voir Les chênes qu&#8217;on abat et Le bout de l&#8217;impasse), nous avons envisagé une première solution pour éviter ce scénario, le solaire spatial [...]]]></description>
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<span>   </span><br />
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Cinquième épisode. Après avoir constaté que nous nous trouvions dans une impasse énergétique qui va générer misère, conflits et mort de la démocratie (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank">Les chênes qu&#8217;on abat</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank">Le bout de l&#8217;impasse</a></em>), nous avons envisagé une première solution pour éviter ce scénario, le solaire spatial (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/" target="_blank">Sortir de l&#8217;impasse - 1</a></em>), sans oublier de remettre tous ces enjeux en perspective (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/" target="_blank">Sortir de l&#8217;impasse - 2</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Nous allons aujourd&#8217;hui envisager une seconde solution. Mais, auparavant, un petit rappel technique s&#8217;impose. Celui-ci pourra paraître fastidieux aux non-spécialistes et simplificateur à ceux qui maîtrisent parfaitement le sujet. Mais, pour comprendre les enjeux politiques qui découlent des choix techniques, un minimum de connaissance théorique du sujet s’avère nécessaire.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Nucléaire<code> </code>: les deux faces de Janus<br />
</u></strong><span>   </span><strong><u><br />
</u></strong>Sous l&#8217;appellation d&#8217;énergie nucléaire ou, tout simplement, de «<code> </code>nucléaire<code> </code>», on désigne dans le langage courant ce que les scientifiques appellent la <strong>fission nucléaire</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En quoi consiste-t-elle<code> </code>? Pour obtenir de l&#8217;énergie, on va «<code> </code>bombarder<code> </code>» un atome dit «<code> </code>lourd<code> </code>» (c&#8217;est-à-dire comportant un grand nombre de protons, électrons et neutrons, l&#8217;uranium<code> </code>235 par exemple) avec un neutron.<br />
<span>   </span><br />
En «<code> </code>absorbant<code> </code>» ce neutron, l’uranium<code> </code>235 devient de l’uranium<code> </code>236 et, ayant franchi ce que l’on appelle la barrière de fission, il devient instable et va se fragmenter. De cette fragmentation vont résulter<code> </code>:</p>
<ul>
<li>  d&#8217;une part ce que l’on appelle des «<code> </code>produits de fission<code> </code>», c’est-à-dire des atomes plus «<code> </code>légers<code> </code>», de type strontium, iode ou xénon<code> </code>;</li>
</ul>
<ul>
<li>  d&#8217;autre part deux ou trois neutrons qui vont, à leur tour, «<code> </code>bombarder<code> </code>» d’autres atomes d’uranium<code> </code>235, provoquant ainsi ce qu’on désigne sous le nom de «<code> </code>réaction en chaîne<code> </code>»<code> </code>;</li>
</ul>
<ul>
<li> enfin de l’énergie, sous forme de chaleur. Elle paraît faible si on ne prend en compte que celle libérée par un seul atome mais, le processus étant répété des milliards de fois, le «<code> </code>rendement<code> </code>» est particulièrement efficace.</li>
</ul>
<p><strong>Rendement efficace mais process extrêmement dangereux dans sa globalité.</strong> Ainsi, les produits de fission, qui possèdent des neutrons «<code> </code>en excès<code> </code>», vont continuer à émettre des rayonnements dits radioactifs pendant des périodes pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de millions d’années. Ce sont les fameux «<code> </code>déchets nucléaires<code> </code>» dont on ne sait que faire, à part les enterrer en espérant que tout se passera bien…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>La fusion nucléaire</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Regardons maintenant l&#8217;autre face de Janus. Il existe un autre procédé pour produire de l&#8217;énergie «<code> </code>nucléaire<code> </code>», c&#8217;est-à-dire en «<code> </code>travaillant<code> </code>» le noyau des atomes<code> </code>: c&#8217;est celui de la fusion nucléaire. C&#8217;est le processus à l&#8217;œuvre dans notre soleil qui est une immense machine à fusionner des atomes d’hydrogène.<br />
<span>   </span><br />
Schématiquement, on pourrait dire que ce procédé emprunte une voie diamétralement opposée à celle de la fission<code> </code>: <strong>au lieu de «<code> </code>fissurer<code> </code>» un atome lourd pour produire de l&#8217;énergie, on va «<code> </code>fusionner<code> </code>» des atomes légers pour obtenir cette même énergie</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ou plutôt huit fois plus d’énergie (du moins en théorie), à masse de «<code> </code>combustible<code> </code>» égale, que la fission. De plus, à la différence de la fission nucléaire, ce procédé de fusion ne génère pas de déchets radioactifs de longue durée, son principal «<code> </code>sous-produit<code> </code>» étant l’hélium<code> </code>4, gaz inerte et non-radioactif.<br />
<span>   </span><br />
Alors, pourquoi n&#8217;utilise-t-on pas la fusion nucléaire en lieu et place de la fission pour produire de l&#8217;énergie<code> </code>? Tout simplement parce que <strong>cette fusion est extrêmement difficile à enclencher</strong><code> </code>: pour que les atomes légers fusionnent, il faut les «<code> </code>précipiter<code> </code>» les uns contre les autres, à des températures de plusieurs dizaines de millions de degrés.<br />
<span>   </span><br />
Le mécanisme est en route depuis belle lurette dans le soleil et devrait perdurer encore quelques milliards d’années. Pour reproduire ce processus tout en le contrôlant, on a construit des réacteurs à fusion magnétique, comme JET ou ITER (qui ne fonctionnera qu’en<code> </code>2020). Mais la technique est loin d&#8217;être au point<code> </code>: il faut actuellement plus d’énergie pour enclencher le processus que celui-ci ne permet d’en produire<code> </code>! Avec ITER, installé à Cadarache, on espère cependant inverser ce rapport et produire dix fois plus d’énergie qu’il ne sera nécessaire d’en utiliser pour l’obtenir… mais le chemin est encore long…<br />
<span>   </span><br />
Parmi les atomes légers que l&#8217;on essaie de fusionner pour obtenir de l&#8217;énergie, il en est un particulièrement «<code> </code>performant<code> </code>»<code> </code>: <strong>l&#8217;hélium<code> </code>3</strong>. Sans trop rentrer dans le détail, fusionner des atomes d’hélium<code> </code>3 permet d’obtenir un rendement énergétique trois à quatre fois supérieur à celui que l’on obtient avec d’autres atomes légers (du type deutérium ou tritium). L&#8217;hélium<code> </code>3 est donc, dans la perspective d&#8217;une exploitation industrielle à grande échelle, le meilleur «<code> </code>carburant<code> </code>» pour faire fonctionner une centrale à fusion nucléaire.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>À la recherche de «<code> </code>carburant<code> </code>»</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Où trouver cet hélium<code> </code>3 en quantité suffisante, voire abondante<code> </code>? Sur Terre, il est quasiment inexistant, on ne le trouve qu&#8217;à l&#8217;état de traces. Compte tenu de sa rareté, des montants délirants sont avancés pour estimer son prix<code> </code>: de l’ordre de trois à quatre milliards d&#8217;euros la tonne…<br />
<span>   </span><br />
Quasiment inexistant sur Terre, l&#8217;hélium<code> </code>3 est par contre présent en quantités plus importantes dans le sol lunaire, que l&#8217;on appelle régolithe. La concentration y varierait entre 0,003 et 1<code> </code>%, suivant les endroits. On estime qu’environ un million de tonnes d’hélium<code> </code>3 seraient présentes dans le sol lunaire. Cet hélium<code> </code>3 «<code> </code>lunaire<code> </code>» provient du vent solaire qui, n’étant pas arrêté par une atmosphère, a déposé de l’hélium<code> </code>3 sur le sol lunaire pendant des millions d’années.<br />
<span>   </span><br />
Extraire de l&#8217;hélium<code> </code>3 du régolithe n&#8217;est cependant pas une mince affaire. Il faut chauffer le régolithe à 760°<code> </code>C, une tonne de ce dernier permettant de produire un centigramme d’hélium<code> </code>3… Autant dire qu’une exploitation de ce type ne peut <em>a priori</em> être envisagée seule mais plutôt dans le cadre plus large d’une prospection minière étendue.<br />
<span>   </span><br />
Une fois cet hélium<code> </code>3 produit, il n&#8217;y a «<code> </code>plus qu&#8217;à<code> </code>» le rapatrier sur Terre pour faire fonctionner une centrale à fusion. Dans l’architecture générale qu’il est nécessaire de mettre en place pour bâtir un processus de production d’énergie basé sur la fusion, cette étape apparaît presque facile…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>À la croisée des chemins</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Voilà - dans les très grandes lignes - une description résumée de la théorie et des enjeux techniques. À l&#8217;heure actuelle, exposer ce type de développement semble relever de la science-fiction, tant la capacité prospective est aujourd&#8217;hui annihilée, stérilisée, et qu’il semble difficile – inutile diront certains – d’envisager les futurs possibles de notre société.<br />
<span>   </span><br />
Au-delà de ces aspects techniques, il est cependant un point important, que nous n’avons abordé que partiellement dans cette série de billets<code> </code>: <strong>quelle est la «<code> </code>lecture<code> </code>» politique de ces différentes possibilités techniques<code> </code>?</strong> De plus, quelle voie serait-il judicieux de choisir face à l’impasse énergétique qui s’annonce<code> </code>? Celle que nous avons exposée dans nos deux derniers billets, qui consiste à aller chercher dans l’espace des ressources énergétiques supplémentaires, ou celle préconisée par d’autres courants de pensée qui préfèrent choisir le chemin d’une décroissance volontaire de la consommation d’énergie<code> </code>? C’est ce que nous aborderons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sortir de l&#8217;impasse (2)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 14 May 2011 12:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/</guid>
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Après Les chênes qu&#8217;on abat, Le bout de l&#8217;impasse et Sortir de l&#8217;impasse (1), ce billet est le quatrième de la série que nous consacrons à l&#8217;absence de prospective en politique, notamment dans le domaine de l&#8217;énergie.
   
Dans le billet de la semaine dernière, nous avons exposé une première [...]]]></description>
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Après <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank"><em>Les chênes qu&#8217;on abat</em></a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank"><em>Le bout de l&#8217;impasse</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/" target="_blank"><em>Sortir de l&#8217;impasse (1)</em></a>, ce billet est le quatrième de la série que nous consacrons à l&#8217;absence de prospective en politique, notamment dans le domaine de l&#8217;énergie.<br />
<span>   </span><br />
Dans le billet de la semaine dernière, nous avons exposé une première solution qui pourrait nous permettre de «<code> </code>sortir de l&#8217;impasse<code> </code>» énergétique dans laquelle nous nous enfonçons un peu plus chaque jour<code> </code>: le solaire spatial. Avant d&#8217;aller plus loin et d&#8217;exposer une seconde solution, une précision s&#8217;impose.<br />
<span>   </span><br />
Nombre d&#8217;entre vous nous ont interrogé sur le lien entre politique et énergie. En d&#8217;autres termes, pourquoi <em>La Lettre du Lundi</em>, dont l&#8217;essentiel des billets est tourné vers le politique, l&#8217;économique, le social&#8230; s&#8217;intéresse-t-elle autant au secteur de l&#8217;énergie, décrivant avec moult détails des technologies naissantes et controversées<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Pour répondre à cette question, une mise en perspective s&#8217;impose.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Toujours plus vite&#8230;<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Depuis la Renaissance et, plus encore, depuis le début de la Révolution industrielle, la société «<code> </code>occidentale<code> </code>» a constamment augmenté sa vitesse d’évolution. <strong>Ce phénomène d&#8217;accélération s&#8217;est manifesté dans tous les domaines</strong>, que ce soit l’évolution des idées politiques, les changements de structures économiques ou les mentalités des individus (voir notamment <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/02/13/le-second-empire/" target="_blank"><em>Le Second Empire</em></a> en ce qui concerne la Chine, puissance désormais capitaliste et «<code> </code>occidentalisée<code> </code>»).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Acteur et victime de cette accélération constante, notre société est aujourd’hui totalement incapable de la maîtriser.</strong> D’où des phénomènes d’éclatement, de « liquéfaction » des structures (voir notamment <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/20/welcome-to-the-machine/" target="_blank"><em>Welcome to the Machine</em></a>, <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/11/revolution-ou-jacqueries/" target="_blank"><em>Révolution ou jacqueries<code> </code>?</em></a> ou <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/01/09/reve-de-hal/" target="_blank"><em>Rêve de HAL</em></a>), leurs dirigeants ayant abandonné toute velléité de prospective pour ne plus se contenter que de réagir le plus vite possible à des stimuli extérieurs.<br />
<span>   </span><br />
Le trading de haute fréquence (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/11/28/le-temps-des-bulles/" target="_blank"><em>Le temps des bulles</em></a>), qui consiste à acheter puis vendre (ou l’inverse) des actions, obligations ou produits dérivés en quelques millisecondes pour «<code> </code>engranger<code> </code>» un gain minime par transaction, mais que l’on va répéter des millions de fois, symbolise parfaitement cette évolution. Le corollaire de cette accélération constante et du court-termisme qui en résulte, c’est l’<strong>abandon de toute ambition visant à planifier des actions dans la durée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Sous la pression de cette accélération, <strong>les structures étatiques</strong> – école, système de santé, justice, armée… – <strong>vont «<code> </code>imploser<code> </code>» les unes après les autres</strong>, laissant les individus «<code> </code>atomisés<code> </code>» et désemparés. Dans cet environnement bouleversé, le pouvoir reviendra aux sociétés transnationales, devenues les «<code> </code>seigneurs<code> </code>» de ce nouveau Moyen Âge. Pour la quasi-totalité des individus, la servitude ou quasi-servitude sera le lot commun.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le pari de Pascal</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour qu’une nouvelle Renaissance – que l’on pourrait définir comme la reconstitution d’un ordre social et de structures sociales faisant de l’épanouissement de la totalité des membres du groupe sa priorité – puisse éventuellement et ultérieurement voir le jour, <strong>deux conditions cumulatives</strong> devront être remplies<code> </code>:</p>
<ul>
<li>  la première – la principale – est de <strong>disposer d’une culture susceptible de servir de base à cette nouvelle construction</strong>. Nous avions brièvement abordé cette question dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank"><em>L’alpha et l’oméga</em></a> et aurons probablement l’occasion d’y revenir dans de futurs billets<code> </code>;</li>
</ul>
<ul>
<li> la seconde est d’<strong>être capable de bâtir, de se développer et de croître</strong>. On peut y voir une version moderne et laïcisée de l’injonction biblique «<code> </code>Croissez et multipliez<code> </code>»… mais il n’y a là rien de bien nouveau<code> </code>: cette volonté, on pourrait presque dire cette nécessité, de croissance et d’expansion est le propre de toute civilisation en phase de développement.</li>
</ul>
<p align="left"><strong>Pour remplir cette seconde condition, nous aurons besoin d’énergie</strong>, de beaucoup d’énergie, certainement dans des proportions qui nous semblent aujourd’hui inimaginables.<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/evolution-de-la-consommation-energetique-par-individu.gif" title="evolution-de-la-consommation-energetique-par-individu.gif" alt="evolution-de-la-consommation-energetique-par-individu.gif" align="right" height="224" hspace="20" vspace="10" width="282" /> À titre de repère, un humain consomme aujourd’hui chaque année plus de 2<code> </code>tonnes d’équivalent-charbon, soit plus de 20<code> </code>fois ce qu’il consommait en<code> </code>1860, alors que la révolution industrielle était déjà lancée… Si une Renaissance voit le jour, il ne serait pas absurde qu’une augmentation d’échelle aussi spectaculaire existe entre la consommation d’énergie de l’homme d’aujourd’hui et celui des siècles futurs.</p>
<p> <span>   </span><br />
Pour les raisons évoquées dans nos précédents billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank"><em>Les chênes qu&#8217;on abat</em></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank"><em>Le bout de l&#8217;impasse</em></a>), il est fort peu probable que l’on puisse trouver sur Terre une énergie suffisante pour soutenir un tel changement d’échelle. Il faudra donc aller la chercher dans l’espace, en puisant d’une manière plus directe et plus efficace dans la source d’énergie à l’origine de la vie terrestre<code> </code>: le soleil.<br />
<span>   </span><br />
Mais l’entrée dans un nouveau Moyen Âge va très probablement s’accommoder fort mal d’une recherche scientifique tournée vers des technologies d’avant-garde visant à optimiser cette recherche de nouvelles sources d’énergie. Or, <strong>si nous voulons donner à nos descendants les moyens de raccourcir ce nouveau Moyen Âge, d’en sortir le plus vite possible, ils auront besoin</strong> des deux «<code> </code>armes<code> </code>» que nous mentionnions plus haut<code> </code>: <strong>la culture</strong> d’une part, des technologies leur permettant de disposer d’<strong>immenses quantités d’énergie</strong> d’autre part.<br />
<span>   </span><br />
Investir aujourd’hui dans des technologies de ce type constitue donc à la fois un «<code> </code>pari sur<code> </code>» et une «<code> </code>assurance pour<code> </code>» l’avenir. Pari qu’un tel investissement est le bon, que c’est bien là qu’il faut faire porter prioritairement les efforts<code> </code>; assurance car, <strong>si le pari s’avère pertinent, les efforts effectués aujourd’hui permettront de raccourcir la nuit qui s’annonce</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Il en est de même de l’effort que nous pouvons et devons effectuer pour maintenir un niveau de culture et d’éducation le plus élevé possible. La culture et l’éducation ne sont pas les thèmes auxquels est consacrée cette série de billets mais, là aussi, les investissements d’aujourd’hui permettront de moins désespérer demain.<br />
<span>   </span><br />
Pour illustrer le propos à l’aide d’une fiction historique un peu osée, on peut imaginer que, si les Romains avaient conçu ne serait-ce que l’embryon d’une machine à vapeur ou d’une presse à imprimer, le Moyen Âge n’aurait pas duré dix siècles…<br />
<span>   </span><br />
Toutes proportions gardées, <strong>c’est une version modernisée et athée du pari de Pascal que nous proposons de faire<code> </code>: soit ce pari s’avère juste et le «<code> </code>gain<code> </code>» pour nos descendants sera très élevé, soit il s’avère erroné et le fait d’avoir misé et perdu ne changera pas grand’ chose à la marche du monde.</strong> En pessimiste actif, nous restons persuadés que l’on n’est «<code> </code>jamais à l’abri d’une bonne surprise<code> </code>» et qu’il nous revient de mettre en place les conditions favorables à sa survenance.<br />
<span>   </span><br />
Après cette longue digression, nous reprendrons dans un prochain billet le cours de notre exposé.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011<br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lalettredulundi.fr/2011/05/14/sortir-de-limpasse-2/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Sortir de l&#8217;impasse (1)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 May 2011 20:47:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2011/05/08/sortir-de-limpasse-1/</guid>
		<description><![CDATA[   
   
Après Les chênes qu&#8217;on abat et Le bout de l&#8217;impasse, ce billet est le troisième de la série consacrée à l&#8217;absence de prospective en politique, tout particulièrement dans le domaine de l&#8217;énergie.
   
Énergies fossiles en voie de disparition, énergies renouvelables insuffisamment productives, énergie nucléaire létale, tels étaient les constats auxquels nous étions parvenus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Après <span lang="EN-US"><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank"><em>Les chênes qu&#8217;on abat</em></a></span><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/"></a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank"><em>Le bout de l&#8217;impasse</em></a>, ce billet est le troisième de la série consacrée à l&#8217;absence de prospective en politique, tout particulièrement dans le domaine de l&#8217;énergie.<br />
<span>   </span><br />
Énergies fossiles en voie de disparition, énergies renouvelables insuffisamment productives, énergie nucléaire létale, tels étaient les constats auxquels nous étions parvenus à l&#8217;issue du deuxième billet. Alors, comment sortir de l&#8217;impasse<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Barrière psychologique</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Avant d&#8217;aller plus loin et d&#8217;essayer de répondre à cette question en exposant par quels moyens nous pourrions éviter d&#8217;aller «<code> </code>droit dans le mur<code> </code>», une remarque préliminaire s&#8217;impose.<br />
<span>   </span><br />
Selon le type d&#8217;interlocuteur auquel on s&#8217;adresse, exposer les propositions développées ci-après vous fera considérer, dans la quasi-totalité des cas, au mieux comme un original, adolescent ou étudiant attardé qui a un peu trop lu Jules Verne, le plus souvent comme un marginal loufoque, un dingue, un fada comme on dit dans le Midi.<br />
<span>   </span><br />
Très fréquemment, avec un sourire un peu condescendant, votre interlocuteur vous dira<code> </code>: «<code> </code>Très intéressant, mais ce n&#8217;est pas pour tout de suite. Alors que le nucléaire (ou les énergies renouvelables, selon son point de vue)&#8230;<code> </code>» suivra alors l&#8217;exposé pro ou anti nucléaire, pro ou anti énergies renouvelables que l&#8217;on retrouve dans la plupart des médias.<br />
<span>   </span><br />
Cette remarque préliminaire est loin d&#8217;être de pure forme. <strong>Les principaux freins pour mettre en œuvre les pistes exposées ci-après ne sont pas d&#8217;ordre technique ou financier mais avant tout de nature psychologique.</strong> Dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank"><em>Les chênes qu&#8217;on abat</em></a>, nous décrivions l&#8217;inaptitude de notre classe politique et, par voie de conséquence, d&#8217;une large majorité de nos contemporains à «<code> </code>penser demain<code> </code>». C&#8217;est particulièrement vrai face à la proposition suivante.<br />
<span>   </span><br />
Cette proposition part d&#8217;un constat simple<code> </code>: si nous sommes dans une impasse énergétique, il faut penser «<code> </code>hors cadre<code> </code>», sortir de nos schémas de référence habituels. <strong>Si la Terre ne peut plus nous fournir l&#8217;énergie dont nous avons besoin, il faut aller la chercher dans l&#8217;espace.</strong><br />
<span>   </span><br />
Utopique, délire de professeur Tournesol<code> </code>? Non, la majorité des solutions techniques est déjà disponible<code> </code>; ne manque que la volonté politique pour les mettre en œuvre.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le solaire spatial</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La première solution consiste à déployer dans l&#8217;espace autour de notre planète un <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/solar-energy.jpg" title="solar-energy.jpg" alt="solar-energy.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" /><strong>réseau de panneaux destinés à capter l&#8217;énergie solaire</strong>. Par rapport à une surface équivalente de panneaux déployés sur Terre, le rendement est une quinzaine de fois supérieur<code> </code>: d&#8217;une part le rayonnement solaire dans l&#8217;espace est quatre fois plus puissant que sur Terre, d&#8217;autre part on bénéficie d&#8217;un apport d&#8217;énergie constant, 24<code> </code>heures sur 24, sans aucune fluctuation. Les objections de faible rendement et d&#8217;aléa que nous évoquions dans notre précédent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank"><em>Le bout de l&#8217;impasse</em></a>) en ce qui concerne l&#8217;énergie solaire recueillie sur Terre se trouvent donc éliminées.<br />
<span>   </span><br />
Pour avancer quelques ordres de grandeur, la consommation annuelle électrique de la France est de l&#8217;ordre de 500<code> </code>TWh. Le «<code> </code>rendement<code> </code>» au m² d&#8217;un panneau solaire déployé dans l&#8217;espace serait d&#8217;environ 500<code> </code>Wh avec la technologie dont nous disposons (photovoltaïque à concentration utilisant des «<code> </code>smart cells<code> </code>» qui permet de capter 37<code> </code>% de l&#8217;énergie reçue). Il faudrait donc mettre en place un peu plus de 100<code> </code>km² de panneaux solaires pour satisfaire entièrement les besoins électriques actuels de notre pays.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/solar-panel-in-space.jpg" title="solar-panel-in-space.jpg" alt="solar-panel-in-space.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Une fois cette énergie récupérée, comment la faire redescendre sur Terre<code> </code>? Deux techniques peuvent être prioritairement employées. La première consiste à utiliser un faisceau laser, dirigé vers un récepteur qui va «<code> </code>récupérer<code> </code>» l&#8217;énergie ainsi produite. La seconde utilise un faisceau micro-ondes en lieu et place du faisceau laser.<br />
<span>   </span><br />
Reste bien entendu la <strong>question du coût de création puis de maintenance d&#8217;une telle architecture</strong>. Il est bien sûr de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros mais, sur ce point, plusieurs remarques peuvent être avancées<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt">• il est aujourd&#8217;hui <strong>très délicat d&#8217;avancer des chiffres précis en ce qui concerne le coût</strong>. Des progrès technologiques peuvent réduire les coûts de façon extrêmement spectaculaire, comme on l&#8217;a déjà constaté pour les puces ou les processeurs dans le secteur informatique.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt">• comparer le prix du Wh produit demain via la technologie du solaire spatial avec le coût du Wh provenant aujourd’hui du nucléaire ou des centrales à charbon fausse complètement le débat. <strong>On ne peut en effet comparer «<code> </code>à armes égales<code> </code>» d’une part une technologie naissante</strong>, qui va nécessairement progresser dès que les investissements «<code> </code>sérieux<code> </code>» démarreront, <strong>d’autre part des technologies éprouvées et archi-connues</strong>.<br />
À ce compte-là, sur la base du coût par kilomètre du passager transporté, nous n’aurions jamais créé les chemins de fer<code> </code>! Les coûts de mise en place de l’infrastructure initiale (voies ferrées, locomotives, wagons, gares…) étaient totalement disproportionnés par rapport à celle des diligences<code> </code>!</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt">• en définitive, <strong>si l’on suit un raisonnement purement comptable de retour immédiat sur investissement, nous devrions attendre</strong> de «<code> </code>rentrer dans le mur<code> </code>» pour envisager d’autres sources d’énergie… en d’autres termes, <strong>quand il sera trop tard</strong>.</p>
<p>À titre de comparaison, le coût de construction de la centrale nucléaire de Flamanville qui devrait ouvrir prochainement a été officiellement évalué à 5<code> </code>milliards d’euros par EDF. Quant au coût de gestion des déchets nucléaires de cette centrale pour les 200 à 300<code> </code>siècles qui viennent, il y a fort à parier qu’il est tellement élevé… qu’EDF ne le calculera jamais.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/solar-panel-space.jpg" title="solar-panel-space.jpg" alt="solar-panel-space.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />D&#8217;un strict point de vue financier, <strong>l&#8217;option d&#8217;un déploiement massif de panneaux solaires dans l&#8217;espace nécessite certes des investissements très importants mais est loin d’être absurde et mérite plus qu’une attention polie</strong>. Sur le plan technique, notre technologie actuelle permet d&#8217;ores et déjà de mettre en œuvre une telle solution, sans préjuger des «<code> </code>bonds<code> </code>» technologiques qu&#8217;un investissement massif dans cette filière permettra de réaliser.<br />
<span>   </span><br />
Bien évidemment, tout n&#8217;est pas d&#8217;une simplicité biblique<code> </code>! Il reste nombre de questions à trancher pour se lancer dans une telle aventure<code> </code>: qui financera<code> </code>? Un tel projet est-il envisageable dans un cadre européen<code> </code>? Quelle est la fiabilité à long terme de cette technologie<code> </code>? Existe-t-il des risques cachés<code> </code>?&#8230;<br />
<span>   </span><br />
La liste peut être longue, justifiant de ne rien faire, d&#8217;atermoyer, de se contenter de rester dans un environnement connu, même si, au fond de soi, on sait qu&#8217;il mène au désastre. L&#8217;évitement des questions de fond («<code> </code>on trouvera une solution<code> </code>», «<code> </code>on verra quand le problème se posera<code> </code>»), le fatalisme ou l&#8217;attitude prétendument raisonnable («<code> </code>c&#8217;est encore trop tôt&#8230;<code> </code>») tiennent lieu de décision politique. <strong>C&#8217;est pourtant le moment d&#8217;imaginer des solutions extra-ordinaires</strong>, au sens étymologique du terme.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un choix politique</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Extraordinaires mais pas loufoques. Ne plus investir dans le nucléaire et transférer ces sommes, <strong>dès maintenant</strong>, avec l’appui d’un grand emprunt si nécessaire, dans <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/space-based-solar-panel.jpg" title="space-based-solar-panel.jpg" alt="space-based-solar-panel.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />un projet de déploiement massif de panneaux solaires dans l’espace, afin de disposer, dans 10 ou 15<code> </code>ans, d’une solution d’approvisionnement énergétique qui permette d’une part d’assurer nos besoins en électricité, d’autre part de transférer vers l’électrique des «<code> </code>objets<code> </code>» (véhicules, chauffage…) dont la source d’énergie est aujourd’hui le pétrole ou le gaz, relève du simple bon sens.<br />
<span>   </span><br />
Les énergies renouvelables «<code> </code>classiques<code> </code>» n’y suffiront pas, nucléaire rime avec suicidaire (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/" target="_blank"><em>Le bout de l&#8217;impasse</em></a>), <strong>l’option du solaire spatial se révèle en définitive, certes ambitieuse mais sensée</strong> car elle permet de disposer d’un apport d’énergie abondant et régulier, sans dommages collatéraux sur le plan environnemental.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Mais c’est avant tout un choix politique.</strong> Définir comme objectif que, dans 20<code> </code>ans, plus de 80<code> </code>% de l’électricité consommée viendra de l’espace est insupportable pour les lobbies pétrolier, gazier ou nucléaire qui feront tout pour faire capoter des projets de ce type. La recherche du profit à court terme s’oppose, une fois de plus, à l’intérêt à moyen ou long terme de la société dans son ensemble.<br />
<span>   </span><br />
Le déploiement massif de panneaux solaires dans l&#8217;espace n&#8217;est pas la seule solution dont nous disposons pour éviter d&#8217;aller «<code> </code>dans le mur<code> </code>» sur le plan énergétique. Il en est une autre, plus ambitieuse, que nous décrirons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011<br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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<p style="border: 1pt solid windowtext; padding: 1pt 4pt"><span style="font-size: 7pt; line-height: 115%">Vous pouvez <a href="http://www.smashwords.com/books/view/58391" target="_blank">télécharger le texte intégral de cet article</a> dans une très grande variété de formats électroniques (HTML, JavaScript, .mobi pour Kindle, Epub, PDF, RTF, LRF pour Sony Reader, PDB pour Palm ou plain text) afin de pouvoir l&#8217;enregistrer puis le lire sur n’importe quel type de terminal (ordinateur, smartphone, tablette, livre électronique…) via le site Smashwords. Ce service est gratuit et anonyme mais vous pouvez également, si vous le souhaitez, verser lors de ce téléchargement une contribution à <em>La Lettre du Lundi</em> dont vous déterminez vous-même le montant (minimum<code> </code>: 0,99<code> </code>$). Lors du premier téléchargement, vous devrez créer un compte sur Smashwords (interface en langue anglaise).<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le bout de l&#8217;impasse</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 May 2011 17:14:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
Dans le billet publié la semaine dernière (voir Les chênes qu’on abat), nous avons abordé la question de la gestion du temps en politique, plus particulièrement de l’absence quasi-totale de vision prospective qui caractérise aujourd’hui nos hommes et femmes politiques, en soulignant – en guise de conclusion – que cette « incapacité à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
Dans le billet publié la semaine dernière (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/" target="_blank"><em>Les chênes qu’on abat</em></a>), nous avons abordé la question de la gestion du temps en politique, plus particulièrement de l’absence quasi-totale de vision prospective qui caractérise aujourd’hui nos hommes et femmes politiques, en soulignant – en guise de conclusion – que cette «<code> </code>incapacité à anticiper<code> </code>» était source de conséquences dramatiques, notamment dans le domaine de l’énergie.<br />
<span>   </span><br />
Au risque de rappeler quelques évidences, quelle est la situation dans ce secteur<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La fin de l’énergie fossile…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Depuis environ deux siècles, nous avons entrepris d’exploiter et d’utiliser massivement les ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz…) de la planète. Celles-ci sont – par essence pourrait-on dire – limitées, finies. Les experts se chamaillent afin de savoir de quel potentiel de ressources en pétrole, gaz ou charbon nous disposons encore compte tenu de notre consommation actuelle et prévisible<code> </code>: 20<code> </code>ans, 40<code> </code>ans, 60<code> </code>ans…<code> </code>? Quoi qu’il en soit, on peut, sans grand risque d’erreur, affirmer que<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>ces énergies d’origine fossile vont être non seulement de plus en plus rares mais aussi de plus en plus coûteuses à extraire.</strong> Pour schématiser, nous sommes passés en un siècle de la nappe de pétrole accessible à 30<code> </code>mètres sous terre dans les plaines du Texas à la nappe située à 800<code> </code>mètres sous terre, au fond d’un océan de 3<code> </code>000<code> </code>mètres de profondeur, à plusieurs milliers de kilomètres d’un port ou d’une raffinerie.<br />
Les progrès techniques permettent d’aller chercher cette énergie «<code> </code>toujours plus loin, toujours plus profond<code> </code>», mais à un coût toujours plus élevé. Le prix de l’énergie d’origine fossile va donc croître inexorablement.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>cette augmentation du coût se combine avec une augmentation du risque environnemental.</strong> En extrayant «<code> </code>toujours plus loin, toujours plus profond<code> </code>» tout en voulant limiter au maximum les coûts d’extraction, on augmente le risque<code> </code>: l’accident survenu dans le golfe du Mexique en avril<code> </code>2010 sur la plateforme <em>Deepwater</em>, avec ses 800<code> </code>millions de litres de pétrole répandus en pleine mer, ses centaines de kilomètres de côtes souillées et ses milliards de dollars de dégâts, est là pour nous le rappeler…</p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/terre_citron.jpg" title="terre_citron.jpg" alt="terre_citron.jpg" vspace="10" width="265" align="right" height="247" hspace="10" />En définitive, <strong>nous sommes en train de presser la Terre comme un citron, pour lui faire rendre tout son jus énergétique</strong>. L’exploitation du gaz de schiste s’inscrit tout à fait dans cette tendance.<br />
Pour mémoire, le procédé consiste à générer des fractures dans la roche contenant le gaz afin de pouvoir récupérer ce dernier<code> </code>; pour provoquer ces fractures, on injecte de l’eau (à laquelle on a ajouté des dissolvants et lubrifiants) à très haute pression dans la roche, d’où un gaspillage d’eau, un risque élevé de pollution des nappes phréatiques… (pour plus de détails, voir le film <a href="http://www.gaslandthemovie.com/about-the-film/" target="_blank"><em>Gasland</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
Avec ce procédé, le ratio avantages / inconvénients penche très nettement en faveur de la seconde option… mais le lobby pétrolier et gazier veille au grain…<br />
<span>   </span><br />
On constate donc que <strong>le coût de l&#8217;énergie fossile est de plus en plus élevé</strong>, qu’<strong>il devient de plus en plus risqué sur le plan environnemental de poursuivre l’extraction</strong> selon un modèle «<code> </code>toujours plus loin, toujours plus profond, toujours plus risqué<code> </code>», alors que <strong>la demande globale d’énergie ne cesse de croître</strong>, décollage économique de la zone Asie-Pacifique oblige.<br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/demande-mondiale-denergie-2.jpg" alt="demande-mondiale-denergie-2.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… nous envoie droit dans le mur</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Il n’est donc pas besoin d’être un expert pour comprendre que, à ce rythme, nous allons droit dans le mur, c’est-à-dire<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>vers une paupérisation générale de l’immense majorité des habitants de cette planète</strong>. Pour se développer, toute civilisation a besoin d’énergie, de préférence abondante, facilement accessible et bon marché. Faute de quoi elle met en place une culture de survie plus que de développement<code> </code>: les échanges se raréfient, le groupe social est avant tout préoccupé par sa subsistance, bref le monde se «<code> </code>ratatine<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>vers une multiplication des conflits pour accaparer les ressources fossiles encore disponibles</strong>. Par conflits on entend bien entendu ceux de nature interétatique, ceux entre groupes de pression et lobbies, dans lesquels les armées privées joueront probablement un rôle déterminant (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank"><em>De Mégara à Wall Street</em></a>), mais également les conflits internes aux États, entre individus ou groupes d’individus. <strong>Quand la taille du «<code> </code>gâteau énergétique<code> </code>» diminue et que le prix de chaque part du gâteau augmente sans cesse, la guerre et les tensions sont évidemment au rendez-vous.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• <strong>vers une mort programmée de la démocratie</strong>. Paupérisation et contexte favorable aux conflits en tout genre sont un terreau idéal pour les régimes autoritaires et les dictatures. Nous allons entrer – ou plutôt nous sommes déjà entrés – dans un monde où, politiquement, le plus «<code> </code>payant<code> </code>» est de rendre «<code> </code>l’autre<code> </code>», qui que soit cet «<code> </code>autre<code> </code>», responsable de tous les maux et de tous les malheurs dont on est frappé.<br />
On peut raisonnablement craindre que, <strong>dans 20 ou 30<code> </code>ans, un système politique peu ou prou identique à celui qui existe aujourd’hui en Russie</strong>, mélange de «<code> </code>dictature soft<code> </code>» et de ploutocratie, <strong>ne soit devenu la norme dans la plupart des pays occidentaux</strong>.</p>
<p class="MsoNormal">Face à ce suicide énergétique, que nous proposent nos dirigeants et, plus globalement, le personnel politique<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La solution «<code> </code>soft<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, une solution «<code> </code>soft<code> </code>»<code> </code>: <strong>les «<code> </code>énergies renouvelables<code> </code>», de type éolien, solaire «<code> </code>classique<code> </code>», biomasse ou énergie des marées ou de la houle</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/eoliennes.jpg" title="eoliennes.jpg" alt="eoliennes.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Ces solutions sont intéressantes mais ce sont au mieux des compléments ou des palliatifs<code> </code>: d’une part <strong>leur rendement n’est pas extraordinaire</strong> (d’où un usage orienté avant tout vers un complément des besoins domestiques en énergie, sans ambition de pourvoir à la totalité des besoins en énergie d’une civilisation avancée), d’autre part et surtout <strong>ces énergies sont extrêmement aléatoires</strong>. Le vent ne souffle pas en permanence et l’ensoleillement est des plus variables (sans compter – c’est une évidence – qu’il est totalement absent au moins la moitié du temps…).<br />
<span>   </span><br />
Ce sujet des énergies renouvelables peut être débattu <em>ad nauseam</em> et suscite parfois beaucoup de passions mais, compte tenu des limites liées à ce type d’énergie, <strong>on ne se trouve pas en présence d’un modèle pouvant se substituer à celui des énergies fossiles pour pourvoir aux besoins d’une civilisation «<code> </code>avancée<code> </code>»</strong>. Au mieux, on dispose ainsi d’une «<code> </code>roue de secours<code> </code>» pouvant éviter de se retrouver totalement démuni lorsque les énergies fossiles auront, sinon disparu, du moins se seront extrêmement raréfiées.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La solution «<code> </code>hard<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span></p>
<p align="left"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/centrale-nucleaire.jpg" title="centrale-nucleaire.jpg" alt="centrale-nucleaire.jpg" vspace="10" width="264" align="right" height="176" hspace="10" />La seconde solution est beaucoup plus «<code> </code>hard<code> </code>»<code> </code>: c’est <strong>l’énergie nucléaire</strong>. Là, pas de problèmes de rendement ni de disponibilité<code> </code>: 24<code> </code>heures sur 24 et 365<code> </code>jours par an, le réacteur nucléaire va générer ses mégawatts d’électricité. Multiplions les centrales nucléaires et le problème de l’énergie sera résolu… c’est d’ailleurs ce que vient de nous dire Sarkozy en plaidant pour le nucléaire et en vantant la sûreté du «<code> </code>nucléaire français<code> </code>».</p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
Halte là, pas si simple<code> </code>! En premier lieu, la matière première utilisée dans les centrales, <strong>l’uranium, est d’origine fossile</strong>. Comme le pétrole, <strong>sa quantité disponible est donc limitée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pas de problème, nous répond Areva. Avec les surgénérateurs qui produisent plus de matières fissiles qu’ils n’en consomment, le problème est résolu. Génial, non<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Non, pas tant que ça, en tout cas le problème est loin d’être résolu. Parmi les déchets générés par l’industrie nucléaire figurent <strong>le plutonium<code> </code>238 et le plutonium<code> </code>239, certainement parmi les pires substances créées par l’homme sur cette planète</strong>. La demi-vie (c’est-à-dire le temps nécessaire pour perdre la moitié de ses propriétés radioactives) du plutonium<code> </code>239 est de 24<code> </code>000<code> </code>ans<code> </code>! Que fait-on de ce type de «<code> </code>déchets<code> </code>»<code> </code>? On les enterre et on attend 240<code> </code>siècles en espérant que tout se passera bien<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/05/tchernobyl.jpg" title="tchernobyl.jpg" alt="tchernobyl.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />C’est évidemment pure folie, un cadeau empoisonné laissé à nos descendants pour une quasi-éternité, comme à <strong>Tchernobyl où a été mise en place une zone d’exclusion de 30<code> </code>kilomètres autour de la centrale pour les 24<code> </code>000<code> </code>prochaines années</strong>… Pire qu’une bombe à retardement (qui n’exploserait qu’une seule fois…), <strong>c’est la mort programmée que nous laissons en héritage à nos descendants</strong>.<br />
<span>   </span><br />
On perçoit l’absurdité, l’inanité de cette situation lorsque la «<code> </code>solution<code> </code>» actuellement envisagée pour «<code> </code>re-sécuriser<code> </code>» Tchernobyl consiste, pour la modique somme de 1<code> </code>milliard 540<code> </code>millions d’euros, à construire un nouveau «<code> </code>sarcophage<code> </code>» censé assurer une protection durant un siècle. Et pour les 239<code> </code>siècles restants<code> </code>? 239<code> </code>sarcophages empilés les uns au-dessus des autres<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Parier sur l’énergie nucléaire comme «<code> </code>énergie du futur<code> </code>» et envisager son extension, c’est jouer à la roulette russe avec sept balles dans le barillet.</strong> C’est non seulement la fin assurée de toute civilisation mais aussi, très cyniquement pourrait-on dire, la mise en place d’<strong>un moyen extrêmement efficace pour supprimer l’espèce humaine de la surface de la Terre</strong>. En comparaison, le «<code> </code>nouveau Moyen Âge<code> </code>» dont nous décrivons l’arrivée dans nos précédents billets ressemble au jardin d’Eden.<br />
<span>   </span><br />
Énergies fossiles en voie de disparition, énergies renouvelables relativement inefficaces, énergie nucléaire létale… que peut-on faire lorsqu&#8217;on se trouve au bout de l&#8217;impasse<code> </code>? C’est ce que nous aborderons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011<br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lalettredulundi.fr/2011/05/01/le-bout-de-limpasse/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Les chênes qu&#8217;on abat</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 25 Apr 2011 00:06:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2011/04/25/les-chenes-quon-abat/</guid>
		<description><![CDATA[   
La découverte du Nouveau Monde fut fatale à la forêt espagnole. L’ambition des souverains qui voulaient faire de l’Espagne la première puissance mondiale passait par la construction d’une flotte de navires qui assurerait la domination des mers ; ce fut le signal de départ d’un déboisement massif.
   
De plus, pour entretenir une armée qui occupait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
La découverte du Nouveau Monde fut fatale à la forêt espagnole. L’ambition des souverains qui voulaient faire de l’Espagne la première puissance mondiale passait par la construction d’une flotte de navires qui assurerait la domination des mers<code> </code>; ce fut le signal de départ d’un déboisement massif.<br />
<span>   </span><br />
De plus, pour entretenir une armée qui occupait les Pays-Bas et faisait la guerre à la France, il fallait de l’or, beaucoup d’or. Les souverains espagnols vendirent alors les forêts à des bergers ou à des agriculteurs, lesquels les transformèrent en pâturages ou en cultures…<br />
<span>   </span><br />
Cinq siècles plus tard, la forêt espagnole n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut et l’Espagne est devenue une contrée semi-désertique. L’ambition à court terme et bien éphémère de dominer le monde s’est réalisée au détriment des intérêts à long terme du pays.<br />
<span>   </span><br />
Quelles leçons tirer du choix effectué il y a cinq siècles par Philippe<code> </code>II d’Espagne<code> </code>? <strong>Quelles forêts nos dirigeants détruisent-ils aujourd’hui pour satisfaire des ambitions vite évanouies<code> </code>?</strong> <strong>Le temps de la décision politique</strong> – aujourd’hui quasi-exclusivement tournée vers le très court terme – <strong>peut-il être compatible avec celui de l’intérêt à long terme d’une nation</strong>, <em>a fortiori</em> d’un ensemble humain plus large<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Zéro anticipation</u></strong><br />
<span>   </span><br />
La nécessité de poser ce type de questions est renforcée par un élément supplémentaire<code> </code>: <strong>nos hommes politiques</strong>, en France comme dans les autres pays, et ce quelle que soit leur étiquette politique, <strong>semblent avoir relégué la prospective et l’anticipation au dernier rang de leurs priorités</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous allons de crise en crise – c’est en tout cas ainsi que les médias nous présentent l’évolution du monde – et <strong>le personnel politique est désormais essentiellement occupé à «<code> </code>gérer les crises<code> </code>» </strong>- c’est-à-dire le très court terme - <strong>et jugé sur son habileté en ce sens</strong>. Nulle vue d’ensemble, nulle vision à long terme, nulle capacité à penser le futur<code> </code>: le travail de pompier semble être devenu l’alpha et l’oméga de la politique.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là<code> </code>? Faut-il en chercher les symptômes dans les premiers chocs pétroliers des années 1973 et 1979<code> </code>? Ces événements ont fortement contribué à créer une «<code> </code>mentalité de crise<code> </code>» auprès des citoyens, lesquels ont ensuite «<code> </code>sélectionné<code> </code>» au fil des élections des hommes politiques qui semblaient capables de résoudre ces crises.<br />
<span>   </span><br />
Mais – et c’est là l’effet pervers d’un tel choix – <strong>cette «<code> </code>sélection darwinienne<code> </code>» d’un personnel politique à l’aise dans les situations de crise</strong> (c’est-à-dire susceptible de régler des problèmes à très court terme en employant des moyens exceptionnels) <strong>a pour conséquence que, pour survivre, ce même personnel a besoin d’un état de crise permanent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La crise permanente…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>La solution</strong>, pour ces hommes et femmes politiques, <strong>consiste alors à créer les conditions de survenue des crises</strong>, soit en ne résolvant pas les causes profondes de celles qui se présentent (par exemple, la «<code> </code>crise financière<code> </code>» de<code> </code>2008 dont tous les éléments pour qu’elle se reproduise sont encore en place), soit en laissant se dégrader des situations afin qu’elles dégénèrent en crise, voire en créant les conditions favorables à une future crise. Par exemple, en faisant voter la loi TEPA en<code> </code>2007, Nicolas Sarkozy a sciemment aggravé le déficit public et les écarts de revenus entre Français, augmentant d&#8217;autant les probabilités d’une future crise.<br />
<span>   </span><br />
Ce même <strong>Sarkozy est d’ailleurs l’archétype du politicien de crise</strong>, tendance pompier pyromane<code> </code>: son plaisir jubilatoire à se mettre en avant lors de «<code> </code>sommets<code> </code>» censés résoudre telle ou telle crise (dont l’intérêt réel est inversement proportionnel à la couverture médiatique dont ils bénéficient), sa propension maladive à accuser en permanence telle ou telle catégorie de Français, à diviser et à morceler le corps social, sont révélateurs d’un <strong>besoin pathologique à «<code> </code>vivre constamment dans la crise<code> </code>», à ne pouvoir exister </strong>(politiquement en tout cas, mais sans doute aussi exister tout court) <strong>qu’en créant des crises puis en faisant ensuite mine de les résoudre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En 2007, Marianne nous avait annoncé que nous nous apprêtions à élire un malade au sommet de l’État (voir notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/4/" target="_blank">Marianne<em><code> </code>: le dossier Sarkozy</em></a>). À toutes les tares que listait alors cet hebdomadaire, il convient d’ajouter celle-ci<code> </code>: nous avons à l’Élysée un Président dont la pensée est exclusivement «<code> </code>court-termiste<code> </code>», qui est incapable – même s’il essaie parfois de donner le change – de «<code> </code>penser demain<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… en politique comme dans l’entreprise</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Cette «<code> </code>maladie<code> </code>» présidentielle était déjà présente dans le corps social bien avant l’élection de Sarkozy. Sans forcer le trait, <strong>c’est sans doute parce que les Français </strong><span> </span>- en tout cas leurs «<code> </code>élites<code> </code>» - <strong>souffraient</strong> – et souffrent encore – <strong>des mêmes maux qu’ils ont élu Nicolas Sarkozy</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En effet, le phénomène de crise permanente, quasiment «<code> </code>institutionnalisée<code> </code>», de vision court-termiste, d’absence de prospective, ne se limite pas à la classe politique. Beaucoup de dirigeants d’entreprises ont <em>de facto</em> abandonné toute vision à long terme pour ne réagir qu’aux «<code> </code>crises<code> </code>» qui justifient plans de restructuration et autres mesures violentes, ultra-rapides et prises dans l’urgence.<br />
<span>   </span><br />
On en arrive parfois ainsi à la <strong>situation <em>a priori </em>paradoxale où les salariés et l’encadrement intermédiaire se soucient plus de l’intérêt à long terme de l’entreprise</strong> (donc ont une vision prospective) <strong>que les dirigeants et actionnaires</strong>, prêts à abattre la forêt pour poursuivre une chimère éphémère, qui prend très souvent la forme de l’enrichissement personnel.<br />
<span>   </span><br />
Dans l’entreprise comme en politique, cette absence de vision prospective et cette propension à susciter des crises pour ne les «<code> </code>résoudre<code> </code>» ensuite qu’en façade, à travers des «<code> </code>plans de com’<code> </code>» qui ne règlent en rien les problèmes de fond, sont devenues le mode de management habituel dans ces premières années du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle. <strong>Il est un domaine où cette vision court-termiste nous conduit droit dans le mur<code> </code>: celui de l’énergie.</strong> C’est ce que nous examinerons dans un prochain billet.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011<br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Une autre route qu&#8217;eux</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/04/10/une-autre-route-queux/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/04/10/une-autre-route-queux/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 Apr 2011 12:56:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2011/04/10/une-autre-route-queux/</guid>
		<description><![CDATA[   
De Shanghai à Paris 6e
   
Guo Guangchang était un étudiant brillant : à peine diplômé de la prestigieuse université de Fudan, il crée, avec quatre camarades et l&#8217;équivalent de 4 000 € en poche, une société spécialisée en génie génétique qui réussit à mettre au point un médicament contre l’hépatite B.
   
Puis du génie génétique il passe à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
<strong><u>De Shanghai à Paris 6</u><sup>e</sup></strong><br />
<span>   </span><br />
Guo Guangchang était un étudiant brillant<code> </code>: à peine diplômé de la prestigieuse université de Fudan, il crée, avec quatre camarades et l&#8217;équivalent de 4<code> </code>000<code> </code>€ en poche, une société spécialisée en génie génétique qui réussit à mettre au point un médicament contre l’hépatite<code> </code>B.<br />
<span>   </span><br />
Puis du génie génétique il passe à l&#8217;immobilier, aux métaux précieux&#8230; en moins d’une quinzaine d’années, il transforme sa société, rebaptisée <a href="http://www.fosun.com/en/" target="_blank">Fosun</a>, en conglomérat industriel «<code> </code>touche-à-tout<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/04/guangchang-guo.jpg" title="guangchang-guo.jpg" alt="guangchang-guo.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Aujourd&#8217;hui, la stratégie de Guo Guangchang est claire<code> </code>: <strong>«<code> </code>dans cinq à dix ans, nous voulons que notre entreprise ressemble davantage à celle de Warren Buffett<code> </code>» qu&#8217;à un conglomérat industriel</strong>. Son objectif est donc de transformer Fosun en «<code> </code>société d&#8217;investissement<code> </code>», forgeant sa réputation en multipliant les «<code> </code>coups boursiers<code> </code>» à plusieurs milliards de dollars<code> </code>: du génie génétique au trading&#8230;<br />
<span>   </span><br />
Aurélien était aussi un élève extrêmement brillant<code> </code>: bac<code> </code>S avec mention très bien, Maths Sup puis Maths Spé à Louis-le-Grand, admis à Normale Sup et à Polytechnique. Il opte finalement pour Polytechnique. Pourquoi<code> </code>? Dès les résultats du concours connus, il a été approché par des banques d&#8217;affaires et des sociétés d&#8217;investissement, prêtes à l&#8217;embaucher dès sa sortie de l&#8217;X.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/04/louis-le-grand.jpg" title="louis-le-grand.jpg" alt="louis-le-grand.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Ses professeurs se désolent<code> </code>: comme d&#8217;autres élèves de ce lycée réputé, Aurélien a des capacités exceptionnelles en mathématiques et en physique. Il dispose d&#8217;atouts uniques pour poursuivre une carrière scientifique. «<code> </code>Il est bien meilleur que moi<code> </code>», lâche un de ses professeurs. <strong>«<code> </code>Quel gâchis<code> </code>! Les meilleurs matheux et physiciens filent vers la banque d&#8217;affaires ou le trading, où on leur propose des ponts d&#8217;or&#8230;<code> </code>»<br />
</strong><span>   </span><br />
Le point commun entre ces deux récits<code> </code>? <strong>Les plus brillants délaissent leur formation scientifique ou une carrière scientifique pour se précipiter sur la finance.</strong> La stratégie de Guo Guangchang illustre parfaitement cette évolution. De la recherche scientifique, il est passé au mécano industriel (dans des secteurs souvent lucratifs mais peu novateurs, comme l&#8217;immobilier) puis au mécano financier, et ce pour une raison fort simple<code> </code>: <strong>travailler ou investir dans une entreprise du secteur des technologies de pointe </strong>(biotechnologies, nanotechnologies, etc.) <strong>est infiniment plus risqué et moins rémunérateur que la spéculation boursière</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Attrait du cash et considération sociale</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Une fois le constat posé, quels enseignements en tirer<code> </code>? <strong>Peut-on éviter ce «<code> </code>gâchis<code> </code>»<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Des situations de ce type ont bien sûr pour cause des considérations financières mais également sociales, liées à l&#8217;image renvoyée par le corps social vis-à-vis de tel ou tel type d&#8217;activité.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Sur le plan financier</strong>, on peut bien sûr considérer que la recherche publique devrait bénéficier de davantage de moyens. Mais il faut être lucide<code> </code>: d&#8217;une part l&#8217;État ne peut être omniprésent, d&#8217;autre part, dans les conditions actuelles, <strong>quels que soient les financements publics, la rémunération d&#8217;un chercheur n&#8217;arrivera jamais à la cheville de celle d&#8217;un trader</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Quant à la considération sociale, en déchiffrer les arcanes est aujourd&#8217;hui fort complexe. Il y a un siècle, en France - ou dans n&#8217;importe quel pays occidental - l’environnement culturel était très homogène et relativement stable. Pour ce qui est de la considération sociale, <strong>les détenteurs du savoir</strong> (professeurs, «<code> </code>savants<code> </code>»&#8230;) <strong>rivalisaient sans peine avec ceux qui possédaient argent ou pouvoir politique. On craignait ou respectait ces derniers, mais on admirait les premiers.</strong> Le rêve et l&#8217;espoir de toute une génération de parents, c’était qu’un de leurs enfants devienne instituteur.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, <strong>ce schéma monolithique a volé en éclats</strong> compte tenu de la multiplicité des référents culturels qui déterminent la considération sociale<code> </code>: cohabitent d’une part une mondialisation des références, d’autre part des replis identitaires, religieux ou culturels. Selon le milieu ou le groupe auquel on appartient, <strong>on se réfèrera d’une part à une norme intra-groupe particulière, d’autre part à une norme «<code> </code>mondiale<code> </code>»</strong>, acceptée par le plus grand nombre.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette norme mondiale, c’est aujourd’hui l’argent, la reconnaissance sociale via la fortune matérielle. Exit donc la science et le savoir</strong>, d’autant plus dévalorisés que cette <strong>science est considérée comme source de catastrophes</strong> (Fukushima, Mediator, vache folle, cultures transgéniques, grippe aviaire…), <strong>générant des comportements de repli qui vont du «<code> </code>principe de précaution absolue<code> </code>» ou du moratoire</strong> érigés en normes suprêmes (on ne fait rien, on ne bouge plus) <strong>à la diabolisation</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Dans ce dernier cas, la vision de la science est quasiment «<code> </code>primitive<code> </code>»<code> </code>: on ne comprend pas, on a peur, la science est un «<code> </code>démon<code> </code>» qui va attirer le châtiment divin, la catastrophe scientifique évoquée ci-dessus étant un signe de la colère des dieux ou de la nature, conséquence directe de la volonté des hommes de bouleverser l’ordre divin ou naturel.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Quand on reparle d’éducation…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
À l’origine de cette situation, on trouve, comme souvent en pareil cas, les conséquences des disparités croissantes que génère notre système éducatif (mais aussi ceux de nombre de pays)<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● d’un côté, <strong>la majorité des élèves</strong> sort du lycée ou de l’Université avec un niveau de culture générale et de connaissances scientifiques de plus en plus médiocre (pour une analyse plus complète, voir le billet de J.P. Brighelli, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/3/" target="_blank">À vendre<code> </code>: Éducation nationale, mauvais état, mais fort potentiel</a></em>).<br />
Les conséquences<code> </code>? D’une part ces élèves <strong>ne possèdent pas le niveau pour accéder à des carrières scientifiques, d’autre part cette médiocrité de connaissances favorise les comportements irrationnels</strong>, du type «<code> </code>théorie du complot<code> </code>» dans tous les domaines («<code> </code>M’sieur, on est vraiment allés sur la lune<code> </code>?<code> </code>») ou diabolisation des phénomènes scientifiques<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● d’un autre côté, les élèves les plus doués, l’«<code> </code>élite<code> </code>», la «<code> </code>crème de la crème<code> </code>», qui ont le niveau pour accéder à ces carrières scientifiques, qui devraient servir de référents ou d’exemples, se détournent de ce type de profession pour investir leurs talents dans la finance. De façon à peine caricaturale, <strong>ceux qui ont le potentiel pour devenir le Pasteur ou le Volta du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle ont désormais pour modèles George Soros ou Warren Buffett…</strong> <em>Short term profit</em>, tel est leur nouveau credo.</p>
<p><span>   </span><br />
À tous niveaux <strong>cette culture de l’immédiateté et du miroir aux alouettes est en train de «<code> </code>ratatiner l’humanité<code> </code>»</strong>. Au risque de nous répéter (voir <a href="http://lalettredulundi.fr//?page_id=125" target="_blank">nos précédents billets</a>), ce <em>remake</em> de la fin de l’Empire romain que nous vivons actuellement est aussi la fin d’une vague de grandes découvertes liées aux avancées scientifiques et aux investissements réalisés dans ce domaine. Comme Rome avait exploré son «<code> </code>monde possible<code> </code>» en s’aventurant temporairement des landes de l’Écosse aux rives du golfe Persique avant de refluer, la civilisation occidentale a visité temporairement la mer de la Tranquillité et la bien-nommée mer de la Connaissance avant de renoncer à ses projets d’exploration.<br />
<span>   </span><br />
En attendant une possible mais cependant hypothétique Renaissance, il faudra donc nous contenter de voir émerger, de temps à autre, un «<code> </code>Marco Polo<code> </code>» qui osera, malgré le peu de considération sociale dont il fera l’objet et le peu de gain qu’il en tirera, prendre – comme eût dit un autre Georges – «<code> </code>une autre route qu’eux<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>On achève bien les chevaux</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/04/02/on-acheve-bien-les-chevaux/</link>
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		<pubDate>Sat, 02 Apr 2011 20:48:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
« Pour parvenir à l’objectif de 5 % de marge opérationnelle courante en 2011, le PDG de Thales, Luc Vigneron, a exigé de ses équipes qu’elles fassent plus que les 5 % qu’il a officiellement annoncés lors de la présentation des résultats du groupe d’électronique. Quand lui sera jugé sur cet objectif par son conseil d’administration, ses équipes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
«<code> </code><em>Pour parvenir à l’objectif de 5<code> </code>% de marge opérationnelle courante en<code> </code>2011, le PDG de Thales, Luc Vigneron, a exigé de ses équipes qu’elles fassent plus que les 5<code> </code>% qu’il a officiellement annoncés lors de la présentation des résultats du groupe d’électronique. Quand lui sera jugé sur cet objectif par son conseil d’administration, ses équipes le seront sur des objectifs plus ambitieux…</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Cette «<code> </code>brève<code> </code>», parue dans <em>La Tribune</em> du 28<code> </code>mars, est particulièrement révélatrice des méthodes de «<code> </code>gouvernance<code> </code>» des entreprises, notamment des plus grandes, en ce début de XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle.<br />
<span>   </span><br />
Pour mémoire, <strong>Thales</strong>, c’est 68<code> </code>000<code> </code>collaborateurs dans 50<code> </code>pays, 13<code> </code>milliards d’euros de chiffre d’affaires, une activité tournée vers l’aéronautique, l’armement, l’électronique, les radars… bref <strong>un acteur influent du lobby militaro-industriel</strong>, pour reprendre les termes du président Eisenhower, déjà cité dans un précédent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank"><em>De Mégara à Wall Street</em></a>).<br />
<span>   </span><br />
Une fois le décor posé, quels enseignements tirer de cette information concernant Thales<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Inique&#8230;</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Au risque de nous répéter – car nous avons abordé cette question dans de nombreux billets – <strong>cette attitude de la part du PDG de Thales ne fait que refléter la dévotion absolue aux marchés financiers, le culte rendu au veau d’or</strong> dont les patrons comme Luc Vigneron sont les grands prêtres, les thuriféraires ou les coryphées, pour reprendre des termes chers à feu Joseph Caillaux.<br />
<span>   </span><br />
Comment les «<code> </code>équipes<code> </code>» de Luc Vigneron vont-elles satisfaire l’exigence de leur patron et, à travers lui, des actionnaires de Thales<code> </code>? C’est très simple<code> </code>: essentiellement en compressant les salaires, en licenciant, en augmentant la charge de travail des salariés encore en poste, en serrant le cou des fournisseurs, en résumé <strong>en «<code> </code>pressant le citron<code> </code>» des 68<code> </code>000<code> </code>collaborateurs du groupe</strong> (qui ne seront sans doute plus aussi nombreux fin<code> </code>2011), en appauvrissant encore un peu plus des employés qui – très majoritairement – appartiennent à la classe moyenne et auxquels on va demander, via des plans de communication internes, des «<code> </code>projets d’entreprise<code> </code>» et autres billevesées aux noms ronflants, d’<strong>en faire plus en moins de temps et avec moins de moyens</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Les conséquences de cette «<code> </code>exigence<code> </code>» sont hélas d’ores et déjà connues<code> </code>: augmentation du stress, pression accrue sur l’ensemble des collaborateurs, multiplication des maladies professionnelles et des suicides directement liés à cette situation. La pièce a déjà été jouée <em>ad nauseam</em> chez Peugeot, Renault, France Télécom et EDF mais, quelles que soient les conclusions et recommandations d’experts et autres comités Théodule, quelles que soient les bonnes intentions de façade et les larmes de crocodile versées par le PDG, la réalité reprend vite le dessus<code> </code>: <strong>la «<code> </code>marge opérationnelle courante<code> </code>» pèse plus que la vie des hommes</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Injuste&#8230;</strong></u><br />
<span>   </span><br />
Dans cette affaire, le plus frappant est que l’État est un des principaux actionnaires de Thales, qu’il compte plusieurs représentants au <a href="http://www.thalesgroup.com/Group/About_us/Conseil_d%E2%80%99Administration/" target="_blank">conseil d’administration</a>, que celui-ci inclut parmi ses membres le président de France Télécom (un expert en matière de gestion du stress<code> </code>!).<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’hypocrisie d’État atteint là toute sa splendeur</strong><code> </code>: après avoir multiplié les effets de manche quand les employés de France Télécom se suicidaient l’un après <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/04/luc-vigneron-et-nicolas-sarkozy-2.jpg" title="luc-vigneron-et-nicolas-sarkozy-2.jpg" alt="luc-vigneron-et-nicolas-sarkozy-2.jpg" vspace="10" width="294" align="right" height="184" hspace="10" />l’autre en lançant un «<code> </code>plan d’urgence anti-stress<code> </code>», <strong>l’État français victime d’hyper-présidence laisse le scénario se répéter à l’identique chez Thales</strong>. Dans un an, dans deux ans, on «<code> </code>découvrira<code> </code>» que le niveau de stress est devenu insupportable dans cette entreprise, que les suicides s’y sont multipliés, on s’indignera, on commandera un rapport, on sermonnera le PDG, on le clouera au pilori si les nécessités politiques le commandent, alors que le simple bon sens permet d’ores et déjà de voir que tous les éléments sont en place pour générer une situation «<code> </code>à la France Télécom<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Immoral&#8230;</strong></u><br />
<span>   </span><br />
<strong>À ce gâchis humain programmé s’ajoute une immoralité sans bornes<code> </code>: le capitaine en demande plus à ses matelots qu’il ne s’en impose à lui-même</strong>. En exigeant de ses collaborateurs qu’ils atteignent un objectif supérieur à celui qui lui est fixé et qui lui permettra, en cas de réussite, de percevoir bonus et autres stock-options, Luc Vigneron personnifie remarquablement une société qui fonctionne selon le principe «<code> </code>deux poids, deux mesures<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Nous avions déjà abordé cette question il y a environ un an dans <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/" target="_blank"><em>Prends l’oseille et tire-toi</em></a> à propos de l’affaire Zacharias, décrivant le gouffre ahurissant qui s’est creusé entre d&#8217;une part l’aristocratie financière et la classe dirigeante, dont Luc Vigneron fait partie, d&#8217;autre part le nouveau Tiers état.<br />
<span>   </span><br />
On voit donc croître et prospérer <strong>un système et des attitudes d’une iniquité absolue</strong>, aboutissant à créer du malheur et de la souffrance pour la quasi-totalité de la population afin que quelques-uns s’enrichissent au-delà du raisonnable, <strong>d’une moralité indigne car l’exigence la plus forte pèse sur la base, non sur le sommet</strong> qui bénéficie systématiquement de règles dérogatoires plus favorables.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>&#8230; mais calculé</strong></u><br />
<span>   </span><br />
<strong>Une telle souffrance, un tel sentiment d’injustice, ne peuvent générer que de la frustration, du dégoût, voire de la haine à l’égard de tout un «<code> </code>système<code> </code>» dans lequel</strong>, faute d’analyse et compte tenu de la puissance de communication dont dispose la nouvelle aristocratie,<strong> tout est gaillardement mélangé. D’où la poussée d’un vote d’extrême-droite qui attire aujourd’hui</strong>, en sus de son électorat traditionnel de 3 à 5<code> </code>% de «<code> </code>fachos<code> </code>», antisémites et racistes indécrottables, <strong>tous ceux qui veulent «<code> </code>voter le plus possible contre le système<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En conclusion, <strong>un système économique inique</strong>, source d’injustice, de frustration et de paupérisation, <strong>a pour conséquence politique un comportement électoral désespéré</strong>, quasi-suicidaire ou mortifère, <strong>entraînant une proportion croissante du nouveau Tiers état à vouloir «<code> </code>foutre en l’air le système<code> </code>»</strong>, y compris s’il le faut la République et ce qui reste de démocratie, <strong>croyant y trouver un exutoire à sa souffrance</strong>. Mais, du côté des cyniques qui nous gouvernent et des nouveaux aristocrates, tout est en place pour tirer les marrons du feu.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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</span></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le monde des images (2)</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/03/27/le-monde-des-images-2/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2011/03/27/le-monde-des-images-2/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Mar 2011 20:25:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2011/03/27/le-monde-des-images-2/</guid>
		<description><![CDATA[   
La semaine dernière, dans la première partie du Monde des images, nous avons décrit trois symptômes à notre avis révélateurs d’une « décadence de l’écrit » : la portion congrue qui lui est réservée dans les tablettes et autres outils numériques, le niveau critique de maîtrise de l’écrit dans le monde professionnel, la « pensée PowerPoint » qui touche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
La semaine dernière, dans la première partie du <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2011/03/19/le-monde-des-images-1/" target="_blank">Monde des images</a></em>, nous avons décrit <strong>trois symptômes à notre avis révélateurs d’une «<code> </code>décadence de l’écrit<code> </code>»<code> </code>: la portion congrue qui lui est réservée dans les tablettes</strong> et autres outils numériques, <strong>le niveau critique de maîtrise de l’écrit dans le monde professionnel, la «<code> </code>pensée PowerPoint<code> </code>»</strong> qui touche ce même monde professionnel.<br />
<span>   </span><br />
Ces deux derniers indices que nous avons identifiés dans l’entreprise trouvent bien évidemment <strong>leur source en amont, à l’école et à l’Université</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En décembre 2010, l’enquête PISA dont l’objectif est d’évaluer le niveau de compétence des élèves de 15<code> </code>ans en lecture, mathématiques et sciences dans les pays de l&#8217;OCDE, a montré une <strong>lente érosion, entre<code> </code>2000 et<code> </code>2009, de la note «<code> </code>lecture<code> </code>» dans les grands pays occidentaux</strong><code> </code>: cette note est passée de 504 à 500 aux États-Unis, 523 à 494 en Grande-Bretagne, 534 à 524 au Canada, 505 à 496 en France, 493 à 481 en Espagne, 522 à 520 au Japon, 528 à 515 en Australie… Parmi ces «<code> </code>grands pays<code> </code>», seule l’Allemagne a progressé, passant de 484 à 497. Effet bénéfique de l’intégration des <em>Länder</em> de l’ex-Allemagne de l’Est dans le décompte de 2009<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Concernant cette enquête, vous trouverez sur le blog de Jean-Paul Brighelli un article intitulé <em><a href="http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2010/12/08/pisa-et-dependances.html" target="_blank">PISA et dépendances</a></em> qui analyse très lucidement les causes de cette dégringolade, reflet du <strong>naufrage du système éducatif français</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Conclusion<code> </code>: <strong>lentement mais sûrement, au XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle, en France et dans nombre de pays occidentaux déclinants, l’analphabétisme et l’illettrisme progressent régulièrement</strong>, mais à un rythme suffisamment lent pour que cette évolution n’attire pas outre mesure l’attention des médias, pour qu’elle n’apparaisse pas comme une urgence qu’il faudrait traiter de suite, en y consacrant des moyens importants.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Smartphone et lecture</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Avant que ne se multiplient bientôt les tablettes, <strong>un autre outil a d’ores et déjà accéléré l’entrée dans le monde des images<code> </code>: le smartphone</strong>, vecteur d’amplification de la baisse de la lecture au profit des jeux numériques.<br />
<span>   </span><br />
Le <strong>phénomène de la baisse du temps consacré à la lecture</strong> a été décrit avec moult détails dans nombre d’études et de rapports, tant en France que dans les pays de l’OCDE. Une enquête pas trop ancienne (fin<code> </code>2008) du ministère de la Culture, intitulée <em>Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique</em>, analyse en détail ce phénomène. Vous en trouverez une <a href="http://www.actualitte.com/actualite/14197-pratiques-culturelles-France-impact-numerique.htm" target="_blank">synthèse</a> sur le site <em>ActuaLitté</em><code> </code>; la lecture des principaux titres du <a href="http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/08synthese.pdf" target="_blank">document officiel du ministère</a> résume par ailleurs l’état de la situation<code> </code>: «<code> </code>la montée en puissance de la culture d’écran<code> </code>», «<code> </code>la lecture de presse et de livres toujours en recul<code> </code>»… alors que le nombre de smartphones en circulation était en 2008 très inférieur à ce qu’il est aujourd’hui.<br />
<span>   </span><br />
Année après année, le temps consacré à la lecture recule dans les pays dits développés, au profit d’autres activités ou distractions, le plus souvent liées à un «<code> </code>outil numérique<code> </code>» (télévision, ordinateur, smartphone…). À titre anecdotique, mais cependant révélateur, nos lecteurs et lectrices vivant dans une grande agglomération et empruntant régulièrement les transports en commun auront certainement remarqué le nombre sans cesse croissant de voyageurs ayant délaissé la lecture d’un livre ou d’un journal (pourtant gratuit<code> </code>!) au profit du visionnage d’un film ou d’un jeu sur smartphone.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un phénomène occidental<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Tous ces indices ne concernent-ils que les pays occidentaux où l’écrit représentait, à la fin des Trente Glorieuses, la forme majeure de communication<code> </code>? Quid du reste du monde, en particulier des pays dits émergents<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Si, à titre d’exemple, on considère la Chine, on observe dans ce pays une <strong>double évolution</strong><code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">– <strong>dans les campagnes, l’écrit progresse</strong>. Principale raison<code> </code>: depuis 10 ou 15<code> </code>ans, les professeurs qui y enseignent sont mieux recrutés et sélectionnés, ont un meilleur niveau de formation qu’auparavant, s’expriment et écrivent correctement en «<code> </code>bon mandarin<code> </code>»… Pour simplifier, la Chine des campagnes se trouve dans une phase vertueuse d’«<code> </code>amélioration de l’écrit<code> </code>», un peu semblable à celle que la France a pu connaître sous la Troisième République<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">– <strong>dans les grandes villes, la situation est beaucoup plus contrastée</strong>. À quelques nuances près, on y retrouve la situation des pays occidentaux décrite précédemment. S’y ajoutent deux éléments supplémentaires<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 78pt; text-indent: -7.1pt"> • les enfants uniques chinois, les «<code> </code>petits empereurs<code> </code>» – le plus souvent des garçons – sont immergés dans le monde des images au moins autant que leurs alter ego occidentaux<code> </code>: jeux électroniques, Facebook ou son équivalent chinois <span style="font-family: SimSun" lang="ZH-CN">人人网</span> (Renren), tablettes…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 78pt; text-indent: -7.1pt"> • dès qu’ils en ont les moyens financiers, les parents appartenant aux classes moyennes et supérieures veulent que leurs enfants maîtrisent parfaitement l’anglais et, pour ce faire, les envoient poursuivre leur scolarité à l’étranger. Ce phénomène a pour conséquence que les enfants qui devraient <em>a priori</em> être les mieux éduqués ne maîtrisent pas parfaitement la langue chinoise écrite, ses nuances et ses subtilités… d’où une régression de l’écrit.</p>
<p><span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><u>Vers le pavlovisme<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Que conclure de cet ensemble d’indices<code> </code>? Quels enseignements en tirer sur le plan politique et, plus globalement, sur l’évolution de notre société<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, <strong>ce glissement d’un «<code> </code>monde de l’écrit<code> </code>» vers un «<code> </code>monde des images<code> </code>» pourrait bien être un élément supplémentaire de l’entrée de notre société dans un «<code> </code>nouveau Moyen-Âge<code> </code>»</strong>, évoquée dans de précédents billets.<br />
<span>   </span><br />
Un phénomène un peu analogue – régression de l’écrit et de la culture parmi les «<code> </code>alphabétisés<code> </code>», en tout cas parmi les classes dirigeantes qui avaient les moyens de s’alphabétiser – s’est produit lors de la décadence de l’Empire romain<code> </code>: alors que les compétences en droit et rhétorique avaient été sous la République et le début de l’Empire la base indispensable pour réussir une carrière politique, le succès dans la carrière militaire ou administrative est peu à peu devenu un moyen tout aussi efficace pour accéder au pouvoir.<br />
<span>   </span><br />
Le parallèle avec le personnel politique de la France<code> </code>? Issu à l&#8217;origine, il y a maintenant un peu plus de 70<code> </code>ans, d’une formation essentiellement littéraire ou juridique (ENS pour les plus brillants), il a ensuite opté pour une formation administrative (ENA) avant – car là se trouve le «<code> </code>succès militaire<code> </code>» moderne – de s’attacher essentiellement à la communication. Sarkozy et son équipe illustrent parfaitement cette tendance<code> </code>: adieu <em>La Princesse de Clèves</em>, bonjour les sondages IPSOS ou SOFRES et les ministres sélectionnés pour leur manque de culture mais leur sens aigu de la communication (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/" target="_blank">Derrière l’écran de fumée</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/page/3/" target="_blank">Le ministre des classes moyennes</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, on peut noter qu’<strong>écrit et accélération de la vitesse d’évolution des sociétés</strong> (un autre phénomène que nous aborderons probablement dans de futurs billets) <strong>ne font pas bon ménage</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La rédaction, la lecture, bref le maniement de l’écrit et d’une pensée écrite structurée, nécessitent du temps. Or, ce dernier est aujourd’hui la ressource la plus rare.</strong> D’où la généralisation de la «<code> </code>pensée PowerPoint<code> </code>» décrite la semaine dernière. <strong>Décider vite, choisir vite, dans une optique de «<code> </code>retour sur investissement<code> </code>» à très court terme, constituent aujourd’hui le mode de fonctionnement dominant de toutes les organisations, publiques ou privées</strong><code> </code>: la décision est plus rapidement prise si on doit choisir entre trois images ou trois items sur une «<code> </code>liste à puces<code> </code>» plutôt qu’à l&#8217;issue de la lecture et de la critique d&#8217;un texte qui aurait pourtant permis d&#8217;imaginer une quatrième option&#8230;<br />
<span>   </span><br />
Enfin, n’oublions pas que <strong>développement de l’écrit et développement de la démocratie ont navigué de conserve depuis Gutenberg</strong>. Livres et journaux ont joué un rôle majeur dans l’essor du protestantisme, la pensée des Lumières, les révolutions nationales au XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, les progrès sociaux au XX<sup>e</sup><code> </code>siècle, la décolonisation des années<code> </code>1960.<br />
<span>   </span><br />
<strong>On peut alors légitimement craindre que le recul de l’écrit ne s’accompagne d’un recul de la démocratie.</strong> La littérature a souvent décrit des régimes totalitaires en lutte contre l’écrit, cherchant par tous les moyens à le réduire ou à l’éliminer (<em>1984</em> de George Orwell, <em>Fahrenheit<code> </code>451</em> de Ray Bradbury). La réalité du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle est d’une apparence infiniment moins violente, les «<code> </code>citoyens<code> </code>» délaissant d’eux-mêmes peu à peu l’écrit.<br />
<span>   </span><br />
Le résultat est cependant identique<code> </code>: <strong>«<code> </code>consommable<code> </code>» très rapidement et sans effort, l’image est facilement truquable</strong>, notamment quand on la sort de son contexte, permettant alors de transmettre n’importe quel type de message…<br />
<span>   </span><br />
C’est évidemment une différence majeure avec l’écrit<code> </code>: celui-ci incite à réfléchir (lorsqu’on rédige), à s’interroger pour comprendre (lorsqu’on lit), enfin à prendre position (après lecture<code> </code>: d’accord, pas d’accord, avec toutes les nuances possibles entre ces deux opinions). Une image suscite d’emblée une émotion, suivie le cas échéant d’une réaction. <strong>Il n’est pas sûr que la démocratie sorte grandie et fortifiée d’un monde des images, où les individus réagissent comme le chien de Pavlov…</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
<p style="border: 1.5pt solid red; padding: 1pt 4pt; margin-left: 50pt; margin-right: 50pt"><strong><strong> <span style="font-family: 'Eurostile','sans-serif'">Pour accéder aux commentaires et/ou rédiger un commentaire, cliquez sur «<code> </code>Comments<code> </code>» ci-dessous</span></strong></strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le monde des images (1)</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Mar 2011 21:04:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
Il y a deux ans, dans un billet intitulé Un faisceau d’indices inquiétants, nous exposions pourquoi, dans le domaine des libertés publiques, les mesures mises en œuvre par Nicolas Sarkozy constituaient, compte tenu de leur accumulation, une menace sérieuse pour les libertés publiques alors que, considérées isolément, elles ne semblaient pas présenter un tel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
Il y a deux ans, dans un billet intitulé <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/" target="_blank"><em>Un faisceau d’indices inquiétants</em></a>, nous exposions pourquoi, dans le domaine des libertés publiques, les mesures mises en œuvre par Nicolas Sarkozy constituaient, compte tenu de leur accumulation, une menace sérieuse pour les libertés publiques alors que, considérées isolément, elles ne semblaient pas présenter un tel risque.<br />
<span>   </span><br />
Nous allons aujourd’hui essayer d’<strong>appliquer cette méthode, dite du «<code> </code>faisceau d’indices<code> </code>», à un tout autre sujet<code> </code>: celui de l’écrit</strong> – de la «<code> </code>communication écrite<code> </code>» pour employer un terme contemporain – qui est peut-être en train de régresser dans nos échanges, laissant la place à d’autres formes de «<code> </code>communication<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’élément déclencheur</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Comme souvent lors de toute évolution au départ peu perceptible, un élément <em>a priori</em> de peu d’importance révèle à un moment donné la nature du phénomène. Ici, l’élément déclencheur a été l’<strong>arrivée sur le marché des «<code> </code>tablettes »</strong>, plus particulièrement la <strong>publicité réalisée par Apple à l’occasion du lancement de l’iPad</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Les affiches d&#8217;Apple comportaient plusieurs visuels, dont un échange écrit via Twitter que nous reproduisons ci-dessous. Les dialogues sélectionnés par les <em>marketing men</em> (et <em>women</em><code> </code>!) d’Apple y sont d’une pauvreté affligeante<code> </code>: «<code> </code>Le soleil brille et pourtant il pleut<code> </code>! Comment est-ce possible<code> </code>?&#8230; Je viens juste de manger le meilleur sandwich de ma vie… J’ai hâte de voir ma sœur demain… J’ai couru 10<code> </code>km ce matin.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/03/publicite-ipad2.jpg" alt="publicite-ipad2.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
Une question idiote et trois remarques nombrilistes, juste un cran au-dessus du «<code> </code>pipi, caca, boudin<code> </code>». On peut cependant supposer que le choix de ces phrases a été effectué par Apple et son agence de publicité après mûre réflexion, ce qui montre dans quelle haute estime ils tiennent leurs contemporains. De même, bien que la possibilité technique existe, ce n’est pas un hasard si <strong>l’iPad n’est jamais présenté en usage «<code> </code>lecteur d’e-books<code> </code>» ou «<code> </code>liseuse électronique<code> </code>»</strong>. À Cupertino comme à l’Élysée, exit <em>La princesse de Clèves<code> </code></em>!<br />
<span>   </span><br />
Enfin, cette tablette n’inclut <strong>aucune fonction «<code> </code>écriture<code> </code>» qui permettrait de prendre des notes manuscrites</strong> afin que ce texte manuscrit puisse être ensuite transcrit en caractères d’imprimerie. Elle n’est pas conçue pour être utilisée avec un stylet mais uniquement avec le doigt, celui-ci ayant pour fonction de sélectionner avant consommation des «<code> </code>applications<code> </code>» approuvées par Apple. En résumé, <strong>un outil 0<code> </code>% création, 100<code> </code>% consommation où l&#8217;écrit hérite de la portion congrue&#8230;</strong><br />
<span>   </span><br />
L’élément déclencheur que nous mentionnions plus haut se révèle en fait posséder toutes les caractéristiques d’un premier indice. Partons à la recherche du deuxième.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Réapprendre à écrire</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Depuis quelque temps, une nouvelle «<code> </code>tendance<code> </code>» est apparue dans le domaine de la formation professionnelle, dispensée dans le cadre des entreprises<code> </code>: <strong>le stage d’orthographe</strong>, pudiquement rebaptisé «<code> </code>Améliorez votre communication écrite<code> </code>» ou «<code> </code>Rédigez des écrits clairs et percutants<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/03/ameliorez-votre-communication-ecrite.JPG" alt="ameliorez-votre-communication-ecrite.JPG" /><br />
<span>   </span><br />
La raison de cette évolution est fort simple<code> </code>: au sein des entreprises et des administrations, <strong>les échanges par mail deviennent de moins en moins intelligibles, faute d’une maîtrise suffisante des règles syntaxiques et orthographiques</strong>. Résultat<code> </code>: des incompréhensions, des quiproquos, des consignes mal comprises sur le mode «<code> </code>J’ai cru que tu voulais dire que…<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Le phénomène n’est pas confiné à des collaborateurs n’ayant pas ou peu suivi d’études supérieures mais il est maintenant monnaie courante au niveau Bac<code> </code>+3 à Bac<code> </code>+5, notamment (mais pas exclusivement, loin de là<code> </code>!) parmi ceux ayant une formation supérieure scientifique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Dessine-moi un mouton</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<strong>Un autre indice de cette quasi «<code> </code>incapacité d’écrire<code> </code>»</strong> - en tout cas correctement – <strong>c’est l’usage tous azimuts du logiciel PowerPoint qui, partout dans le monde, est devenu le support de communication privilégié dans l&#8217;univers professionnel</strong>. Faute de pouvoir ou savoir rédiger un texte quelque peu structuré (du type «<code> </code>énoncé du problème, solutions possibles, recommandations, conclusion<code> </code>»), <strong>les idées sont synthétisées sous forme de schémas, graphes, images et autres représentations visuelles</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le schéma ci-dessous, créé sous PowerPoint par les services de l’armée américaine, a pour objectif de présenter l’état de la situation en Irak. Sur le mode ironique, on n’est guère étonné de constater que les Américains s’y soient embourbés quand on considère la «<code> </code>bouillie pour chats<code> </code>» qui tenait lieu de support à la réflexion stratégique.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/03/powerpoint-irak.jpg" alt="powerpoint-irak.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
Le problème a bien sûr été identifié et les «<code> </code>ravages<code> </code>» de PowerPoint décrits avec force détails dans un excellent article de la revue <em>Armed Forces Journal</em> de juillet<code> </code>2009. Intitulé <a href="http://www.armedforcesjournal.com/2009/07/4061641/" target="_blank"><em>Dumb-dumb bullets. As a decision-making aid, PowerPoint is a poor tool</em></a> (que l’on pourrait traduire par «<code> </code>Les munitions – ou les puces – de la crétinerie. Comme outil d’aide à la décision, PowerPoint est un piètre instrument<code> </code>»), vous pourrez en trouver <a href="http://lalettredulundi.fr/?page_id=230" target="_blank">ici le texte intégral</a> (en langue anglaise).<br />
<span>   </span><br />
L’auteur, T.X. Hammes, explique avec force détails les <strong>dégâts liés à l’utilisation de PowerPoint dans les processus de décision de l’armée américaine</strong><code> </code>: réduction des idées complexes à quelques «<code> </code>puces<code> </code>» sur une diapositive, trop d’informations non développées sur chaque diapositive, baisse de la qualité de l’information, accélération de la prise de décisions en se basant sur des informations trop parcellaires, concentration au sommet des prises de décisions… Bien évidemment, ces remarques énoncées pour l&#8217;armée américaine sont valables pour toutes les organisations - publiques ou privées - où PowerPoint est devenu le support majeur (sinon unique) dans la prise de décisions.<br />
<span>   </span><br />
Pour caricaturer (à peine…), <strong>l’usage massif de PowerPoint a pour conséquence qu’une seule personne</strong> (au sommet) <strong>prend un maximum de décisions par jour à l’issue de présentations</strong> d’une durée moyenne de 20<code> </code>minutes, <strong>où toutes les idées complexes ont été transformées en listes à puces, schémas et images</strong>. Un outil parfaitement adapté à l’hyper-présidence…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center" align="center">* *<br />
*</p>
<p class="MsoNormal">Nous continuerons cette analyse dans le billet de la semaine prochaine, en examinant de nouveaux indices, révélateurs du passage du monde de Gutenberg à celui de Mc Luhan.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> 2011 <em>La Lettre du Lundi</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Albion : l’oligarchie triomphante</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/03/12/albion-l%e2%80%99oligarchie-triomphante/</link>
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		<pubDate>Sat, 12 Mar 2011 19:46:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« an ex-great nation, from top-down corporate rot (…) the country&#8217;s stony-broke and the bankers are taking our money and giving the finger » (John Le Carré, Our Kind of Traitor, Viking, Londres, 2010)
&#160;
   
Les termes d’« oligarchie » et de « ploutocratie » sont relativement absents du discours politique et des médias britanniques dominants. Ils semblent pourtant bien décrire ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 150pt"><em><span style="font-size: 9pt; color: #1f1f1f" lang="EN-US">« an ex-great nation, from top-down corporate rot (…) the country&#8217;s stony-broke and the bankers are taking our money and giving the finger </span></em><span style="font-size: 9pt; color: #1f1f1f" lang="EN-US">» (John Le Carré, </span><em><span style="font-size: 9pt" lang="EN-US">Our Kind of Traitor, </span></em><span style="font-size: 9pt" lang="EN-US">Viking, Londres, 2010)</span></p>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p><span>   </span><br />
Les termes d’«<code> </code>oligarchie<code> </code>» et de «<code> </code>ploutocratie<code> </code>» sont relativement absents du discours politique et des médias britanniques dominants. Ils semblent pourtant bien décrire ce qui se passe actuellement au Royaume-Uni.<br />
<span>   </span><br />
Tout se passe en effet comme si la crise de 2007-2008 et la politique de l’équipe Cameron/Clegg étaient en train de consacrer un régime oligarchique aux tendances inégalitaires très nettes. Si la crise a rebattu les cartes, c’est plutôt «<code> </code>pour que rien ne change<code> </code>» et «<code> </code>que tout change<code> </code>» en même temps dans ce sens inégalitaire.<br />
<span>   </span><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/?page_id=227" target="_blank"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/03/treasure-islands-3.JPG" title="treasure-islands-3.JPG" alt="treasure-islands-3.JPG" vspace="10" width="227" align="right" height="383" hspace="10" /></a>La <strong>domination</strong>, déjà énorme, visible et invisible, <strong>du monde de la finance sur l’économie britannique</strong> a été renforcée par le jeu des sauvetages publics des banques tandis que l’opacité persistante de la City, son maillage offshore mondial et sa symbiose avec l’<em>establishment</em> politique ont fait le reste<code> </code>: le nouveau gouvernement ne compte pas moins de 23<code> </code>ministres millionnaires sur<code> </code>29 à plein temps et un nombre exceptionnellement élevé d’héritiers, issus des écoles privées les plus élitistes comme Eton, tandis que le parti conservateur est aujourd&#8217;hui financé à 50<code> </code>% par la City.<br />
<span>   </span><br />
Ce que John Le Carré, le maître du roman d’espionnage, résumait de façon cinglante et sombre dans son dernier livre<code> </code>: <strong>un pays <em>«<code> </code>pourri de la tête aux pieds par le privé.<code> </code>»</em></strong><br />
<span>   </span><br />
Il faut donc pour l’heure parler de consolidation en mode accéléré d’un <strong>système de fer tournant autour de la City de Londres, dont le gouvernement britannique a choisi</strong>, à la faveur du marasme économique et au moyen d’un programme de réduction des dépenses publiques inédit par son ampleur, <strong>de défendre les intérêts immédiats contre ceux de son peuple</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Plusieurs signes laissent cependant penser que le pays pourrait connaître des turbulences sociales de plus en plus fortes et, éventuellement, des débouchés politiques nouveaux.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u><em>My Barclays is rich</em></u></strong><br />
<span>   </span><br />
C’est dans un contexte économique et social lugubre, dominé par de mauvais chiffres macro-économiques et des annonces permanentes de «<code> </code>coupes<code> </code>» dans les services publics, que <strong>la banque Barclays a récemment annoncé 11,6<code> </code>milliards de livres</strong> (près de 14<code> </code>milliards d’euros) <strong>de bénéfices en<code> </code>2009</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ce chiffre extravagant pouvait déjà en soi susciter une indignation justifiée. La colère a redoublé lorsque le montant des impôts sur les entreprises payés par la banque a été connu<code> </code>: 113<code> </code>millions de livres (130<code> </code>millions d’euros) au Royaume-Uni et 1,4<code> </code>milliard de livres mondialement, alors que l’application du taux moyen de l’OCDE aurait dû au minimum rapporter 3<code> </code>milliards de livres. Raison<code> </code>: <strong>la banque repose sur un immense réseau de filiales offshore, notamment dans les îles Cayman</strong> (mais aussi dans les îles de Man, Jersey…), <strong>la faisant échapper aux rigueurs</strong> (toutes relatives) <strong>de la fiscalité britannique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Parallèlement, <strong>le patron de la banque</strong>, l’américain Bob Diamond, <strong>a estimé que le temps des «<code> </code>remords<code> </code>» et des excuses était terminé pour les banquiers, s’arrogeant en passant 9<code> </code>millions de livres de bonus</strong> et distribuant globalement 2,7<code> </code>milliards au personnel de la banque.<br />
<span>   </span><br />
Cet exemple de Barclays, dernier en date d’une longue série loin d’être finie, est <strong>emblématique</strong> pour de nombreux Britanniques <strong>de l’arrogance et de l’inutilité sociale d’une certaine finance mondialisée</strong>. Conscient de ce malaise, le gouvernement a présenté un <em>«<code> </code>plan Merlin<code> </code>»</em>, non contraignant pour les banques, visant à obtenir de celles-ci des engagements pour faciliter le crédit aux entreprises et agir sur les bonus. Refusant toutefois de cautionner une mascarade, Lord Oakeshott, porte-parole libéral-démocrate du ministre des Finances, a claqué la porte, déclarant que <em>«<code> </code>si ça, c’est une action robuste contre les bonus, alors je m’appelle Bob Diamond<code> </code>»</em>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le peuple britannique est-il pour autant en train de réagir<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Les tendances inégalitaires du système oligarchique qui cherchent à s’épanouir actuellement avec la crise économique sont à l’œuvre depuis longtemps, <strong>le Royaume-Uni étant un des pays occidentaux les plus inégalitaires</strong> selon l’indice de Gini.<br />
<span>   </span><br />
Il ne faudrait pas en outre sous-estimer la <strong>force des sentiments de résignation dans la population</strong><code> </code>: une frange non négligeable des Britanniques continue de soutenir le programme d’économies publiques. Aussi douloureuse soit-elle, l’austérité constituerait une étape nécessaire pour redresser le pays, compte tenu des déficits budgétaires abyssaux et de l’endettement public.<br />
<span>   </span><br />
Mais la dérive oligarchique qu’ont accompagné, voire encouragé, les gouvernements successifs depuis trente ans se heurte aujourd’hui à une résistance accrue sous les effets conjugués de la crise et de la violence de la politique du gouvernement actuel. Trois ans après les débuts de la crise financière et économique, <strong>les nerfs de la population sont à vif</strong> et ce qui a été consenti, ou oublié, pendant de nombreuses années (l’endettement permettant de faire oublier les inégalités) devient maintenant plus difficile à faire passer.<br />
<span>   </span><br />
L’indignation des Britanniques est perceptible, comme l’a montré, dans un autre domaine, le retrait forcé par le gouvernement d’un projet de vente au secteur privé de 15<code> </code>% des forêts publiques, ou comme le montrent les résistances aux projets de destruction des services publics (le dernier «<code> </code>coup de hache<code> </code>» en date visant le service public de la santé, le NHS, que le candidat David Cameron avait pourtant promis de sanctuariser).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le réveil semble donc se produire peu à peu</strong> et pourrait gagner progressivement en popularité et en puissance à mesure que les coupes se feront sentir (l’avertissement vient de Ken Clarke lui-même, ministre conservateur de l’Intérieur) et que la reprise se fera attendre (les chiffres de la fin<code> </code>2010 sont mauvais).<br />
<span>   </span><br />
Quelle que soit la suite des événements, il est intéressant de noter que <strong>la jeunesse britannique est jusqu’à présent en première ligne des actions les plus spectaculaires</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Dans un contexte où le chômage des jeunes explose, le mouvement contre les <em>tuition fees</em> (droits d’inscription à l’Université) à l’automne a laissé des traces durables dans l’opinion, en particulier chez les étudiants.<br />
<span>   </span><br />
Plus impressionnant encore, <strong>une réaction contre l’évasion fiscale des grandes entreprises et grandes banques se développe</strong> à travers le mouvement «<code> </code><a href="http://www.ukuncut.org.uk/" target="_blank">UK UNCUT</a><code> </code>» (qui connaît déjà un avatar américain, surnommé «<code> </code>Tea Party de gauche<code> </code>»). La réussite de ce mouvement de base, sans affiliation partisane claire, tient dans sa capacité à faire le lien direct entre, d’un côté, le manque à gagner pour l’État causé par l’évasion fiscale des grands groupes et, de l’autre, la destruction en cours par ce même gouvernement de l’État social.<br />
<span>  </span><br />
Par ses actions spectaculaires d’occupation de banques (les succursales de Barclays récemment), UK UNCUT a déjà réussi à susciter, voire à donner un début d’exutoire politique (non xénophobe), aux frustrations de la population.<br />
<span>   </span><br />
La roche tarpéienne n’est peut-être pas si loin de la City de Londres…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
François FARBEAU<br />
© François Farbeau 2011 pour <em>La Lettre du Lundi</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le temps des châteaux forts</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2011/03/05/le-temps-des-chateaux-forts/</link>
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		<pubDate>Sat, 05 Mar 2011 18:53:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lundi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
   
Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi sont, à leur manière, des précurseurs.
  
Le premier a dirigé la Côte d’Ivoire pendant plus de 10 ans, repoussant sans cesse l’organisation d’une élection présidentielle qu’il savait, pour des raisons essentiellement liées à la composition ethnique du pays, perdue d’avance.
   
Finalement contraint de se soumettre à cet exercice, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi sont, à leur manière, des précurseurs.<br />
<span>  </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/03/laurent-gbagbo.jpg" title="laurent-gbagbo.jpg" alt="laurent-gbagbo.jpg" vspace="10" width="234" align="right" height="234" hspace="10" />Le premier a dirigé la Côte d’Ivoire pendant plus de 10<code> </code>ans, repoussant sans cesse l’organisation d’une élection présidentielle qu’il savait, pour des raisons essentiellement liées à la composition ethnique du pays, perdue d’avance.<br />
<span>   </span><br />
Finalement contraint de se soumettre à cet exercice, il en refuse le résultat et, sur une partie du territoire dont il était président, il continue de se comporter en seigneur et maître, lançant à intervalles réguliers des attaques contre le camp adverse, se retranchant dans son fief, entouré de fidèles appartenant généralement à son ethnie.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2011/03/mouammar-kadhafi.jpg" title="mouammar-kadhafi.jpg" alt="mouammar-kadhafi.jpg" vspace="10" width="263" align="right" height="148" hspace="10" />Le second, arrivé au pouvoir par la grâce d’un coup d’État il y a plus de 40<code> </code>ans, voit la «<code> </code>révolution arabe<code> </code>» menacer son trône. Les deux-tiers de la Libye sont déjà sous le contrôle de ses opposants mais il défend sa place bec et ongles, avec l’aide de mercenaires et de membres de son clan, ne lésinant pas sur les moyens les plus brutaux pour sauver sa peau et son pouvoir.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les nouveaux seigneurs</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Les points communs entre <strong>Gbagbo et Kadhafi<code> </code></strong>? Ils <strong>ont remis au goût du jour le temps des châteaux forts, en l’adaptant au contexte du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle</strong>. Cette version moderne comporte en effet plusieurs caractéristiques principales<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">1. <strong>Le nouveau seigneur est un ancien prince déchu ou en voie de déchéance</strong>. Dans le passé, il a régné sur un État-nation à peu près stable et cohérent mais, compte tenu de la nature autoritaire ou dictatoriale du régime, son pouvoir a été remis en cause soit par la voie légale, soit par la voie révolutionnaire.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">2. Pour conserver un peu de pouvoir, le nouveau seigneur a décidé d’utiliser la force, les arguments juridiques ne servant que de décorum. <strong>Cet usage de la force ne s’exprime généralement plus dans le cadre d’un État-nation «<code> </code>normal<code> </code>»</strong>, par le biais de l’armée régulière par exemple, mais <strong>via un assemblage de membres de son clan</strong> (ethnique ou, au sens plus large, du groupe dont il est issu) <strong>et de mercenaires</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">3. <strong>Le nouveau seigneur</strong> s’est replié sur une petite – très petite – partie du territoire qu’il dirigeait auparavant. Faute d’avoir pu contrôler un système devenu trop complexe, trop diversifié – en tout cas qui lui est devenu majoritairement hostile – et une entité géographique devenue trop étendue, il <strong>a choisi de descendre de plusieurs crans dans l’échelle de la complexité géopolitique et du territoire en revenant </strong>– sous la pression de ses opposants - <strong>à une entité dont la dimension lui semble contrôlable et sûre</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">4. <strong>Le château fort du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle dispose si possible d’un accès maritime et de quelques ressources</strong> (pétrole, cacao…) qui lui permettent d’assurer sa survie économique. Toute prétention ou volonté d’organisation socio-économique d’un territoire a cependant disparu<code> </code>: on se contente d&#8217;une économie de subsistance, au jour le jour, sans autre perspective que tenir et résister le plus longtemps possible.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">5. Enfin, le nouveau seigneur se contrefiche de toute norme juridique, <em>a fortiori</em> et surtout de celles émanant de la communauté internationale. Plus globalement, <strong>toute norme juridique digne de ce nom a disparu dans son nouveau territoire</strong><code> </code>: le seigneur décide de tout, dans tous les domaines, et dispose <em>de facto</em> d’un pouvoir de vie et de mort sur ceux qu’il contrôle.</p>
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<strong><u>Avant-garde ou épiphénomène ?</u></strong><u></u><br />
<span>   </span><br />
Gbagbo et Kadhafi ne sont-ils que des cas isolés ou, au contraire, vont-ils faire école<code> </code>? Ces «<code> </code>nouvelles structures<code> </code>» vont-elles perdurer<code> </code>? Une chose est certaine<code> </code>: <strong>plus elles durent, plus elles «<code> </code>s’auto-légitiment<code> </code>», plus elles «<code> </code>s’institutionnalisent<code> </code>» dans le paysage international</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Il sera alors fort tentant, pour tous les autocrates qui voient le pouvoir leur filer entre les doigts, ou pour les opposants au pouvoir central capables de contrôler une région (mais non un État), de créer leur château fort personnel, infiniment plus facile à régenter qu’un État-nation, avec toute la complexité que ce dernier implique.<br />
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Dans la longue liste des indicateurs qui marquent l’entrée dans un nouveau Moyen Âge (voir notamment nos billets <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/09/page/3/" target="_blank">Révolution ou jacqueries</a></em>, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/10/page/5/" target="_blank">De Mégara à Wall Street</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/12/page/3/" target="_blank">L’alpha et l’oméga</a></em>), <strong>l’établissement durable de ces châteaux-forts du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle marquerait une étape supplémentaire</strong>. Leur multiplication, basée dans un premier temps sur le retour à des solidarités ethniques, tribales, linguistiques ou culturelles, serait alors révélatrice du déclin des États-nations et de la notion de «<code> </code>civilisation<code> </code>» telle que nous l’avons connue du XVI<sup>e</sup> au XX<sup>e</sup><code> </code>siècle.<br />
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<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2011</p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong> </strong></strong></p>
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