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	<title>La Lettre du Lundi</title>
	<link>http://lalettredulundi.fr</link>
	<description>Chaque lundi, un billet politique à commenter toute la semaine</description>
	<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 11:28:14 +0000</pubDate>
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		<title>« Communication sécuritaire » et évolution du rôle de l’État</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/08/29/%c2%ab-communication-securitaire-%c2%bb-et-evolution-du-role-de-l%e2%80%99etat/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 11:23:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ne parler que de « sécurité », ou plutôt tout miser sur la « communication sécuritaire » : telle est désormais la tactique de Sarkozy en cette fin du mois d’août, rythmée par les expulsions de Roms et les polémiques qu’elles suscitent, notamment à droite et jusqu’au sein de l’épiscopat. Mais telle est bien l’intention de la communication élyséenne : multiplier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span></span><br />
<strong>Ne parler que de « sécurité »</strong>, ou plutôt tout miser sur la «<code> </code>communication sécuritaire<code> </code>»<code> </code>: <strong>telle est désormais la tactique de Sarkozy</strong> en cette fin du mois d’août, rythmée par les expulsions de Roms et les polémiques qu’elles suscitent, notamment à droite et jusqu’au sein de l’épiscopat. Mais telle est bien l’intention de la communication élyséenne<code> </code>: multiplier les outrances, les provocations, jusqu’à l’écœurement, désigner un bouc émissaire, <strong>d’une part pour «<code> </code>faire oublier tout le reste<code> </code>», d’autre part pour préparer l’opinion à une évolution structurelle du rôle de l’État</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Faire oublier tout le reste…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
… <strong>à commencer par l’affaire Woerth-Bettencourt-Sarkozy-UMP</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/18/dream-team-sarkozyste/" target="_blank">Dream team sarkozyste</a></em>). Dans n’importe quelle démocratie digne de ce nom, une commission d’enquête indépendante serait déjà en place, des investigations en cours, etc. Pas en Sarkozie où, comme nous l’avons souligné à de nombreuses reprises, l’érosion des libertés publiques, le contrôle <em>de facto</em> de la plupart des médias et la marginalisation des contre-pouvoirs ont fait leur œuvre<code> </code>; dans ce contexte, il suffit d’un leurre type expulsion des Roms pour achever le travail…<br />
<span>   </span><br />
<strong>À continuer par la situation économique plus que préoccupante de l’État et de l’immense majorité des Français.</strong> À l’inverse, les entreprises, en tout cas les plus grandes qui profitent à fond de la mondialisation, se portent plutôt bien. Il suffit d’ouvrir les pages économiques des journaux et de consulter les prévisions de résultats pour s’en convaincre<code> </code>: la misère ne frappe pas gravement les stars du CAC<code> </code>40, du Dow Jones et du Nasdaq.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À terminer par la réforme des retraites</strong> qui doit arriver en débat au Parlement le 7<code> </code>septembre. <strong>L’objectif de Sarkozy est de réduire autant que possible la place accordée à ce thème dans les médias</strong><code> </code>: mieux vaut que les journaux écrits et télévisés consacrent leur Une à une expulsion de Roms qui s’est terminée en «<code> </code>bavure<code> </code>» (quitte à créer la bavure de toutes pièces et à virer un préfet pour l’occasion) qu’au «<code> </code>débat<code> </code>» (qu’il se tienne au Parlement ou dans la rue) sur la réforme des retraites.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… et préparer une évolution structurelle du rôle de l’État<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Derrière toutes ces gesticulations de communicants, un constat est en train d’émerger lentement<code> </code>: <strong>l’État s’affaiblit un peu plus chaque jour et n’a plus les moyens de sa politique ou, tout simplement, d’une politique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette affirmation peut sembler paradoxale au moment où les mesures de «<code> </code>quasi-épuration ethnique<code> </code>» décidées par Sarkozy vis-à-vis des Roms donnent l’image d’un État fort, brutal, policier, intraitable.<br />
<span>   </span><br />
Mais cette image n’est qu’apparence, rideau de fumée et pure communication.<br />
<span>   </span><br />
La réalité, c’est que <strong>Sarkozy a décidé d’imprimer à l’État français un virage «<code> </code>à l’anglaise<code> </code>» </strong>(comprenez «<code> </code>à la David Cameron<code> </code>»)<strong>, lui faisant abandonner peu à peu ses pouvoirs, prérogatives et compétences dans les domaines économiques, sociaux, culturels… pour se préoccuper uniquement de sécurité et d’ordre public</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Les reins cassés sur le plan financier après avoir ouvert, sans restriction et sans contrepartie, les vannes du crédit aux banques durant la «<code> </code>crise financière<code> </code>» de<code> </code>2009, confronté à un déficit croissant et passant sous les fourches caudines de l’establishment financier (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/page/2/" target="_blank">Fourches caudines ou tango argentin ?</a></em>), <strong>l’État se replie, se ratatine, se rapetisse</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Cette évolution, visible notamment chez les Anglo-saxons (États-Unis et Royaume-Uni en tête), a pris de l’ampleur en France sous la présidence de Sarkozy. En réduisant le flux des recettes (loi TEPA diminuant les impôts des plus fortunés, baisse de la TVA dans la restauration…) tout en multipliant les dépenses inconsidérées (aide aux banques, déjà mentionnée, engagement militaire en Afghanistan… sans oublier la gabegie des frais de déplacement du Prince), <strong>Sarkozy a, très probablement sciemment, placé l’État dans une position intenable qui l’amène maintenant à couper dans ses dépenses</strong>. C’était prévisible (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/page/5/" target="_blank">2010 : le temps des perspectives</a></em>), c’est aujourd’hui la réalité.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Quelles conséquences pour la France et les Français<code> </code>?<br />
</u></strong><span>   </span><br />
La première, c’est que <strong>l’autorité de l’État n’est plus crédible</strong>. Un symbole le met en lumière<code> </code>: à Grenoble, cet été, la «<code> </code>caillera<code> </code>» locale a menacé de mort les policiers impliqués dans la fusillade du 16 juillet au cours de laquelle un braqueur avait été tué. Toutes proportions gardées, nous sommes confrontés à une situation digne du Moyen-Âge<code> </code>: des bandes «<code> </code>très en marge de la légalité<code> </code>» se sentent aujourd’hui assez fortes pour contester directement l’autorité d’un État affaibli et déclarer qu’un quartier, qu’une partie de la ville, «<code> </code>leur appartient<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
La deuxième conséquence, c’est <strong>le poids croissant des responsabilités qui vont peser sur les collectivités territoriales, notamment les communes</strong>. L’État va de plus en plus se défausser sur elles de ses attributions et la récente déclaration d’un Hortefeux, menaçant de sanctions les maires qu’il juge incapables d’assurer la sécurité dans leur commune, est tout à fait révélatrice de cette évolution.<br />
<span>   </span><br />
La troisième conséquence, c’est la <strong>perte de repères que cette atrophie du rôle de l’État va entraîner pour le corps social</strong>. La culture et la mémoire collectives de la France reposent, entre autres, sur l&#8217;existence d’un État colbertiste, fort et centralisé<code> </code>; l’inaptitude croissante du pouvoir central et la faiblesse qui en découle vont laisser ce corps social <strong>totalement désemparé</strong>. Le risque qui se profile est alors de deux ordres<code> </code>:</p>
<p style="text-indent: -7.1pt; margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal">– le premier, c’est qu’<strong>une voie royale s’ouvre aux extrémistes type Sarkozy ou Le<code> </code>Pen qui entretiennent sciemment et constamment la confusion entre répression policière et autorité de l’État</strong>.<br />
Ces démagogues vont prétendre restaurer l&#8217;autorité de l&#8217;État en jouant à fond la «<code> </code>communication sécuritaire<code> </code>» mais en se gardant bien de mettre effectivement en œuvre leurs promesses<code> </code>: tirant toute leur légitimité politique d&#8217;une mise en scène permanente de l&#8217;affrontement et de la dramatisation des tensions, <strong>ils ont besoin d&#8217;une «<code> </code>guerre intérieure<code> </code>» sans fin pour survivre politiquement comme, en d&#8217;autres temps, certains dictateurs avaient besoin d&#8217;une constante guerre extérieure pour asseoir leur pouvoir</strong>. Au niveau des libertés publiques, le résultat sera identique<code> </code>: elles seront passées au hachoir<code> </code>;</p>
<p style="text-indent: -7.1pt; margin-left: 42.55pt" class="MsoNormal">– le second, c’est que <strong>sur le plan économique et social, l’État ne jouera plus son rôle de modérateur et de troisième partenaire</strong>. Il va laisser des citoyens seuls, isolés, atomisés, face à des «<code> </code>monstres économiques<code> </code>» qui disposent d’une puissance considérable pour faire prévaloir leurs intérêts (voir en ce sens <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/08/22/un-monde-sans-monsanto/" target="_blank">notre billet de la semaine dernière qui porte sur Monsanto</a>).</p>
<p><span></span><br />
D’un État «<code> </code>multi-facettes<code> </code>», <strong>nous glissons de plus en plus vers un État purement policier, sécuritaire, qui n’a plus pour fonction que de maintenir l’ordre social sous couvert ou sous prétexte de sécurité des citoyens</strong>. <strong>Les véritables titulaires du pouvoir sont les différents lobbies</strong>, dont les intérêts peuvent être fort divergents, <strong>qui jouent des coudes pour faire évoluer les «<code> </code>règles du jeu<code> </code>» en fonction de leurs intérêts respectifs.</strong><br />
<span>   </span><br />
Quelle place pour les citoyens, la France et les Français, dans ce sombre tableau<code> </code>? Que restera-t-il alors de la notion de nation<code> </code>? Autant de thèmes à traiter dans de prochains billets…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Un monde sans Monsanto ?</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 18:25:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet article est librement inspiré du livre de Marie-Monique Robin (La Découverte) intitulé Le Monde selon Monsanto, paru en 2008.
  
  
I have a dream, pourrait-on dire, paraphrasant le discours célèbre du pasteur Martin Luther King, celui d’un monde débarrassé des semences et pesticides génétiquement modifiés. Il s’agit en effet d’une question aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Tahoma','sans-serif'"><em>Cet article est librement inspiré du livre de Marie-Monique Robin (La Découverte) intitulé </em><a href="http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index.php?ean13=9782707149183" target="_blank">Le Monde selon Monsanto</a><em>, paru en 2008.</em></span><br />
<span>  </span><br />
<span>  </span><br />
<em>I have a dream</em>, pourrait-on dire, paraphrasant le discours célèbre du pasteur Martin Luther King, celui d’un monde débarrassé des semences et pesticides génétiquement modifiés. Il s’agit en effet d’une question aussi importante pour le monde que l’espoir de paix évoqué par l’illustre américain.<br />
<span>  </span><br />
Avant d&#8217;en arriver là, un retour en arrière s&#8217;impose<code> </code>: en<code> </code>1974, Monsanto , une firme de St Louis, met en vente sur les marchés américain puis européen son pesticide vedette, le «<code> </code>Roundup<code> </code>» .<br />
<span>  </span><br />
<span>  </span><br />
<u><strong>L’exemple de l’herbicide Roundup</strong></u><br />
<span>  </span><br />
«<code> </code>Roundup<code> </code>» est le nom commercial du glyphosate, un herbicide dérivé de la glycine, un acide aminé découvert par Monsanto avant<code> </code>1970. Pour la première fois, un désherbant est non-sélectif, c’est-à-dire qu’il détruit toute plante<code> </code>: absorbé par les feuilles de celle-ci, il bloque sa croissance et conduit à sa totale destruction.<br />
<span>  </span><br />
Vanté par Monsanto par des expressions comme «<code> </code>Respecte l’environnement<code> </code>», «<code> </code>Ne laisse pas de résidus dans le sol<code> </code>» <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/08/roundup-monsanto.jpg" title="roundup-monsanto.jpg" alt="roundup-monsanto.jpg" vspace="10" width="175" align="right" height="250" hspace="10" />ou «<code> </code>100<code> </code>% dégradable<code> </code>», le glyphosate est donc utilisé par les agriculteurs pour nettoyer leurs champs des mauvaises herbes avant de semer les cultures suivantes. Bientôt viendront les jardiniers amateurs, rassurés par la notice technique du produit<code> </code>: «<code> </code>Utilisé selon le mode d’emploi, Roundup ne présente pas de risque pour l’homme, les animaux et leur environnement.<code> </code>»<br />
<span>  </span><br />
Cependant, <strong>première alerte en 1996</strong><code> </code>: le ministère américain de la justice interdit à Monsanto de proclamer que son herbicide est «<code> </code>biodégradable, bon pour l’environnement, non toxique, inoffensif et connu pour ses caractéristiques environnementales<code> </code>». Des plaintes pour <strong>empoisonnement par le glyphosate</strong> avaient été déposées. Les symptômes<code> </code>: irritation des yeux, troubles oculaires, maux de tête, irritation de la peau, nausées, sensation de gorge sèche, difficultés respiratoires, saignements du nez, vertiges.<br />
<span>  </span><br />
En 1998, la firme est condamnée à payer 75<code> </code>000<code> </code>dollars pour une publicité suggérant l’innocuité du produit. En<code> </code>2001, l’association «<code> </code>Eaux et rivières de Bretagne<code> </code>» assigne la filiale française de Monsanto pour publicité mensongère, car les eaux des rivières bretonnes présentent un taux de glyphosate supérieur au seuil légal. La même année, <strong>la Commission européenne déclare le glyphosate</strong> «<code> </code>toxique pour les organismes aquatiques<code> </code>»  et «<code> </code><strong>pouvant entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement</strong><code> </code>».<br />
<span>  </span><br />
Des études canadienne (en<code> </code>2001), suédoise et américaine (en<code> </code>2002) suggèrent un <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/08/roundup_cancerogene.jpg" title="roundup_cancerogene.jpg" alt="roundup_cancerogene.jpg" vspace="10" width="222" align="right" height="202" hspace="10" /><strong>lien entre l’utilisation du glyphosate et cancer humain</strong>. D’autres études établiront que l’exposition au Roundup expose les femmes enceintes à des fausses couches tardives et les hommes à des anomalies de la production d’hormones sexuelles. En France, le jugement intervient en<code> </code>2007<code> </code>: les dirigeants sont condamnés à 15<code> </code>000<code> </code>euros d’amende. Sanction bien légère<code> </code>! Pourquoi Monsanto arrêterait-il la commercialisation du Roundup pour un risque financier aussi ridicule<code> </code>?<br />
<span>  </span><br />
<span>  </span><br />
<u><strong>L’hormone bovine, premier médicament génétiquement modifié</strong></u><br />
<span>  </span><br />
L’affaire de l’hormone bovine apporte un petit espoir. Cette fois, en<code> </code>1985, Monsanto demande une autorisation de mise sur le marché d’une <strong>hormone de croissance, la somatotropine</strong>, fabriquée par manipulation génétique, <strong>destinée aux vaches et censée augmenter leur production de lait</strong> d’au moins 15<code> </code>%.<br />
<span>  </span><br />
Mais, en<code> </code>1989 les archives d’une ferme expérimentale de Monsanto parviennent anonymement à deux chercheurs indépendants. Les informations sont claires<code> </code>: thyroïde, foie, cœur, reins, ovaires des animaux piqués à la somatotropine sont beaucoup plus gros que dans le groupe de contrôle<code> </code>; 48<code> </code>% des vaches traitées ne peuvent être inséminées, le niveau de l’hormone présent dans le sang variant considérablement d’un animal à l’autre. Dans un premier temps, l’article rédigé par les chercheurs est publié carrément manipulé par le magazine <em>Science</em>, avec la complicité de relecteurs à la solde Monsanto.<br />
<span>  </span><br />
Mais que dire des effets du lait de ces vaches sur l’être humain<code> </code>? <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/08/monsanto1.jpg" title="monsanto1.jpg" alt="monsanto1.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Plusieurs études font apparaître, chez l’enfant exposé au principe actif de cette hormone, le rBGH, un risque élevé de gigantisme, chez l’homme un risque quatre fois plus élevé de cancer de la prostate, chez la femme en préménopause un risque sept fois plus élevé de cancer du sein. Malgré tous ces <strong>risques pour la santé animale et humaine</strong>, les autorités américaines accordent à Monsanto l’autorisation de mise sur le marché de l’hormone de croissance bovine<code> </code>!<br />
<span>  </span><br />
Heureusement, les polémiques ont alerté les autorités canadiennes qui ont refusé ce produit, ce qui a amené la Commission européenne à faire de même. <strong>L’ hormone est officiellement interdite dans l’Union européenne depuis le 1er<code> </code>janvier 2000.</strong><br />
<span>  </span><br />
<span>  </span><br />
<u><strong>Les semences transgéniques ou OGM</strong></u><br />
<span>  </span><br />
Les efforts de Monsanto pour faire autoriser son hormone de croissance bovine semblent <em>a posteriori</em> une préparation de l’opinion à la banalisation des organismes génétiquement modifiés, les fameux OGM.<br />
<span>  </span><br />
Suivront en effet la mise sur le marché d’un «<code> </code>Roundup ready<code> </code>» pour combattre les effets non désirés du Roundup sur les «<code> </code>bonnes plantes<code> </code>»<code> </code>(!), puis de semences transgéniques du coton, du soja, puis du maïs, puis du blé, puis des pommes de terre<code> </code>! Toutes ces semences sont brevetées.<br />
<span>  </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/08/smartstax-canada-autorise-ogm-monsanto-sans-e-l-1-175x130.jpeg" title="smartstax-canada-autorise-ogm-monsanto-sans-e-l-1-175×130.jpeg" alt="smartstax-canada-autorise-ogm-monsanto-sans-e-l-1-175×130.jpeg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Mais soit ces semences produisent des graines elles-mêmes stériles, soit Monsanto interdit par contrat aux agriculteurs de conserver des semences de leur récolte pour ensemencer la suivante<code> </code>! On voit bien le <strong>contrôle que la firme cherche à imposer sur l’agriculture mondiale</strong>.<br />
<span>  </span><br />
Heureusement, <strong>Monsanto échoue en ce qui concerne le blé aux États-Unis</strong>, grâce aux actions déterminantes des producteurs de blé américains. Les motifs<code> </code>? Les semences de Monsanto ne sont pas plus productives que les semences conventionnelles et présentent des risques pour les animaux et pour l’homme, car le gène de la semence peut se fixer n’importe où et créer des cellules entièrement inconnues.<br />
<span>  </span><br />
Les dégâts humains du soja transgénique au Brésil, en Argentine et au Paraguay, ceux du coton transgénique en Inde, du maïs transgénique au Mexique conduiront peut être enfin les autorités mondiales de l’alimentation humaine et animale (FAO et OMS notamment) à interdire ces produits.<br />
<span>  </span><br />
<span>  </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Un train peut en cacher un autre</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/08/07/un-train-peut-en-cacher-un-autre/</link>
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		<pubDate>Sat, 07 Aug 2010 21:11:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
Faire à tout prix oublier l’affaire Woerth-Bettencourt, le plus vite possible. Quand il y a le feu au sommet de l’État et que, de révélations en révélations, on découvre un peu plus chaque jour le détail du financement illégal du parti du Président, il n’y a alors qu’une solution : allumer très rapidement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
Faire à tout prix oublier l’affaire Woerth-Bettencourt, le plus vite possible. Quand il y a le feu au sommet de l’État et que, de révélations en révélations, on découvre un peu plus chaque jour le détail du financement illégal du parti du Président, il n’y a alors qu’une solution : <strong>allumer très rapidement un contre-feu</strong> encore plus puissant.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La diversion…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
C’est ce qu’a choisi de faire Sarkozy en s’attaquant aux «<code> </code>mauvais immigrés<code> </code>», en soulignant le lien entre délinquance et immigration, en promettant de retirer la nationalité française aux délinquants d’origine étrangère… propos aussitôt relayés par son homme de main Hortefeux ainsi qu’une palanquée de porte-coton de l’UMP.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le ballet était trop bien réglé, la «<code> </code>communication<code> </code>» trop bien préparée pour ne concerner que le but affiché…</strong> Sur le strict plan électoral, partir à la chasse des électeurs du Front national en plein mois d’août, à 20 mois de la présidentielle, semble en effet une erreur de calcul<code> </code>: dans un an et demi, Marine Le Pen aura beau jeu d’affirmer que les «<code> </code>promesses<code> </code>» de Sarkozy n’ont pas été tenues, que l’insécurité progresse toujours, etc.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Sarkozy le sait bien<code> </code>: pour attirer à lui les électeurs du FN au printemps<code> </code>2012, il «<code> </code>suffit<code> </code>» de deux ou trois opérations bien préparées quelques semaines avant l’élection</strong><code> </code>: l’arrestation d’un «<code> </code>caïd de la drogue<code> </code>», de préférence d’origine maghrébine, une spectaculaire reconduite à la frontière de «<code> </code>casseurs et délinquants<code> </code>» à la peau bien foncée, l’incarcération bien médiatisée d’un «<code> </code>Arabe qui bat sa femme<code> </code>»… et le tour est joué.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>… pour éviter le pire</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour griller une cartouche d’un tel calibre en lançant une polémique aussi «<code> </code>énorme<code> </code>», aussi spectaculaire, à un moment <em>a priori</em> aussi mal choisi, <strong>il faut donc qu’il y ait «<code> </code>autre chose<code> </code>» à masquer, d’infiniment plus grave et plus compromettant pour le «<code> </code>système Sarkozy<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span></p>
<p align="left"><strong>Badinguet redoute en effet particulièrement «<code> </code>l’effet dominos<code> </code>» que pourrait entraîner la carbonisation du fusible Woerth</strong><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/08/un-train-peut-en-cacher-un-autre-2.jpg" title="Un train peut en cacher un autre" alt="Un train peut en cacher un autre" vspace="10" width="280" align="right" height="150" hspace="10" /><code> </code>: d’une part la «<code> </code>réforme<code> </code>» des retraites, promise au lobby de la bancassurance (voir notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/02/retraites-larnaque/" target="_blank"><em>Retraites<code> </code>: l&#8217;arnaque</em></a>), pourrait être sérieusement remise en question, d’autre part, si l’ex-trésorier de l’UMP «<code> </code>saute<code> </code>», les regards se tourneront alors vers le patron de l’UMP à l’époque des faits, un certain Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, qui «<code> </code>ne pouvait pas ne pas savoir<code> </code>» ce qui se passait dans sa boutique.</p>
<p> <span>   </span><br />
Il faut reconnaître que, <strong>à ce jour, la diversion semble avoir parfaitement fonctionné</strong><code> </code>: le PS et les médias (fort bien «<code> </code>outillés<code> </code>» en dossiers de presse pour la circonstance) ont mordu à l’hameçon et permis à Sarkozy d’atteindre son objectif<code> </code>: que Woerth-Bettencourt disparaisse de la Une des journaux et des télés.<br />
<span>   </span><br />
Avec Sarkozy, la consigne de prudence de la SNCF selon laquelle «<code> </code><strong>Un train peut en cacher un autre</strong><code> </code>» est plus que jamais d’actualité. Pour faire oublier ses turpitudes financières, il n’hésite pas à actionner les ressorts les plus primaires du racisme et de la peur de l’autre. Un terrain particulièrement glissant, particulièrement dangereux, qui apporte une nouvelle fois la preuve, s’il en était encore besoin, de l&#8217;absence de scrupules et de l&#8217;obsession court-termiste d’un homme prêt à tout pour sauver sa peau, fût-ce au prix de la paix civile, de l’image et de la réputation de son pays.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> 2010 <em>La Lettre du Lundi<o:p></o:p></em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Dream team sarkozyste</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/07/18/dream-team-sarkozyste/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/07/18/dream-team-sarkozyste/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 20:26:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant que nous publiions trois billets de réflexion, rédigés par l&#8217;astrophysicien François Roddier et analysant les rapports entre thermodynamique et évolution des civilisations, la dream team sarkozyste n&#8217;est pas restée inactive. Dur retour aux réalités politiques contemporaines…
   
Passons rapidement sur les exploits de Christian Blanc, ex-secrétaire d&#8217;État chargé du Développement de la région capitale et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant que nous publiions trois billets de réflexion, rédigés par l&#8217;astrophysicien François Roddier et analysant les rapports entre thermodynamique et évolution des civilisations, la <em>dream team</em> sarkozyste n&#8217;est pas restée inactive. Dur retour aux réalités politiques contemporaines…<br />
<span>   </span><br />
Passons rapidement sur les exploits de Christian Blanc, ex-secrétaire d&#8217;État chargé du Développement de la région capitale et grand fumeur de cigares (aux frais du contribuable) devant l’Éternel, ou d’Alain Joyandet, ex-secrétaire d&#8217;État chargé de la Coopération et de la Francophonie, dont l’attrait pour les voyages en jet privé et la facilité à obtenir des permis de construire ont entraîné le déclenchement du siège éjectable, pour nous intéresser à l’affaire Woerth-Bettencourt-Sarkozy-UMP.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’affaire<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Là, c’est carrément du grand art<code> </code>! Résumons rapidement les deux volets connus à ce jour de l’affaire<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 42.55pt; text-indent: -14.2pt">• le job de Mme Woerth lorsque son époux était ministre du Budget<code> </code>? Gérer (avec d’autres…) les avoirs de Liliane Bettencourt, première fortune de France. En clair, <strong>l’aider notamment à minimiser son montant d’impôts, en jouant constamment «<code> </code>à la limite<code> </code>» de ce que permet la réglementation fiscale</strong>… que son mari était (du moins en théorie) chargé de faire appliquer dans toute sa rigueur<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 42.55pt; text-indent: -14.2pt">• le coup de projecteur jeté sur ce premier volet de l’affaire a permis de révéler un second volet<code> </code>: <strong>Liliane Bettencourt finançait illégalement, depuis des décennies sans doute, l’UMP et nombre d’hommes politiques de droite</strong> – dont Nicolas Sarkozy – en distribuant des enveloppes de cash à une foultitude de politiciens qui faisaient antichambre.</p>
<p class="MsoNormal"><strong><u>L’analyse</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le premier volet de l’affaire souligne, s’il en était encore besoin, la <strong>déconnexion totale entre morale et légalité pour les hommes politiques</strong>. On pourrait pratiquement parler de la <strong>disparition de la notion de morale</strong>. C’est en fait une <strong>vision très américaine</strong> de ce qui est «<code> </code>bien<code> </code>» ou «<code> </code>mal<code> </code>»<code> </code>: en «<code> </code>affaires<code> </code>», <strong>seule compte la régularité par rapport à la norme juridique, au droit positif</strong>. On peut y voir, une fois de plus, la contagion des mauvaises habitudes du privé à l&#8217;égard du public (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/2/" target="_blank">De la contagion des mauvaises habitudes</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Quant au second volet, <strong>ce que nous observons n&#8217;est que la partie visible de l&#8217;iceberg, dans sa vision la plus caricaturale</strong>. Comme l&#8217;eut dit Frédéric Dard, «<code> </code>les loufiats allaient chercher des paquets de talbins chez la vieille<code> </code>». On peut raisonnablement supposer d&#8217;une part qu&#8217;il existe, parmi les grandes fortunes, plusieurs «<code> </code>pompes à fric<code> </code>» de ce type, d&#8217;autre part que <strong>les lobbies «<code> </code>sérieux<code> </code>»</strong> (banques, assurances, armement, nucléaire, grande distribution, etc.) <strong>disposent de moyens infiniment plus sophistiqués</strong>, et quasiment indétectables, <strong>pour financer et influencer le politique</strong> (comptes offshore, prestations de conseils, etc.).<br />
<span>   </span><br />
Cette affaire est une preuve de plus, si elle était nécessaire, de l&#8217;<strong>échange de bons procédés entre les «<code> </code>grandes fortunes<code> </code>» et le pouvoir</strong>, ce dernier leur octroyant des avantages fiscaux (bouclier fiscal, exonération des droits de succession, moindre taxation des gains du capital, etc.) en échange du financement de leurs activités politiques (au sens très large du terme), voire de leur enrichissement personnel.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, l&#8217;obstination de Sarkozy à soutenir coûte que coûte la «<code> </code>réforme<code> </code>» des retraites pourrait bien se comprendre dans le cadre d’un <strong>deal passé avec le lobby de la bancassurance</strong>, ce dernier ne finançant et ne soutenant Sarkozy en 2012 que s&#8217;il «<code> </code>mène à bien<code> </code>» cette «<code> </code>réforme<code> </code>». À cette condition, Sarkozy serait assuré que les bancassureurs ne rouleraient pas pour Strauss-Kahn&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les enquiquineurs</u></strong><br />
<span> </span><span>  </span><br />
Dans l’affaire Bettencourt, <strong>Mediapart et Edwy Plenel ont joué un rôle crucial</strong>, effectuant un «<code> </code>vrai<code> </code>» travail de journalisme d&#8217;investigation. L&#8217;objectif de Sarkozy et de son équipe est donc de les «<code> </code>flinguer<code> </code>» à tout prix, de les déconsidérer en pinaillant sur des détails, afin de leur faire perdre toute crédibilité non seulement sur cette affaire mais également sur les affaires futures qu&#8217;ils pourraient investiguer.<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’urgence n°1, pour la <em>dream team</em> sarkozyste, c’est de colmater la brèche au plus vite - et à n&#8217;importe quel prix ou presque</strong> - sous peine de voir constamment éclore des affaires de ce type dans les 20<code> </code>mois qui vont précéder l’élection présidentielle de<code> </code>2012.<br />
<span>   </span><br />
Pour atteindre cet objectif, le moyen retenu est de «<code> </code>terroriser<code> </code>» tous ceux - et notamment les journalistes - qui auraient l&#8217;outrecuidance de se lancer dans du journalisme d&#8217;investigation. Afin d’enterrer l&#8217;affaire sous le sable de l&#8217;été, il faut d&#8217;une part <strong>flinguer Plenel avant le 15<code> </code>août</strong>, d&#8217;autre part <strong>préparer un plan de communication très dense à lancer dès la fin août afin de multiplier les leurres et les digressions</strong>. Nous saurons le 15<code> </code>septembre si, sur ce plan-là, Sarkozy a atteint son objectif.</p>
<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>En guise de conclusion…</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Décadence des mœurs et des comportements, ambiance de fin de partie où les joueurs deviennent de plus en plus agressifs, court-termistes, cupides, où la volonté d&#8217;en «<code> </code>rafler un maximum<code> </code>» bafoue la morale la plus basique, la plus élémentaire, mépris des lois, enrichissement personnel des dirigeants qui se comportent comme de vulgaires malfrats et adoptent un langage de caïd («<code> </code>Casse-toi, pauvre con<code> </code>»), <strong>on retrouve là tous les symptômes de la «<code> </code>crise de civilisation<code> </code>» que souligne François Roddier dans les trois derniers billets, les stigmates d&#8217;un système politique en fin de parcours</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Faire évoluer les mœurs politiques par les voies «<code> </code>normales<code> </code>» (la loi, l&#8217;élection&#8230;) semble aujourd&#8217;hui de plus en plus utopique. Si l&#8217;«<code> </code>évolution<code> </code>» est impossible, alors la «<code> </code>révolution<code> </code>» peut apparaître comme la seule issue, la seule solution. Nous aurons l&#8217;occasion d&#8217;en reparler dans de prochains billets.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La fin des espèces et des civilisations</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/07/11/la-fin-des-especes-et-des-civilisations/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2010 16:29:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La période estivale est propice à la prise de  recul dans la réflexion, en attendant une rentrée politique qui sera,  sans nul doute, particulièrement chargée.
   
Dans cette optique, François Roddier, astrophysicien, auteur de Le pain, le  levain et les gènes, un essai sur l&#8217;évolution, Parole éditions,  2009, a accepté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La période estivale est propice à la prise de  recul dans la réflexion, en attendant une rentrée politique qui sera,  sans nul doute, particulièrement chargée.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette optique, François Roddier, astrophysicien, auteur de </span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"><a href="http://francois-roddier.fr/" target="_blank">Le pain, le  levain et les gènes, un essai sur l&#8217;évolution</a></span><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">, Parole éditions,  2009, a accepté de rédiger pour </span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La Lettre du Lundi</span><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> une série  de trois articles qui explorent les rapports entre physique - et  notamment thermodynamique - et évolution des civilisations. Une hauteur  de vue bien nécessaire, afin d&#8217;éviter que l&#8217;accessoire ne l&#8217;emporte sur  l&#8217;essentiel.<br />
<span>   </span><br />
Le présent billet est le troisième et dernier de cette série. Le premier a été  publié le 27<code> </code>juin (voir <em> </em></span></em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/27/bientot-la-fin-de-lespece-humaine/" target="_blank"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Bientôt la fin de l&#8217;espèce humaine<code> </code>?</span></a><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">), le deuxième le 12<code> </code>juillet (voir </span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/07/04/les-lois-implacables-de-la-thermodynamique/" target="_blank">Les lois implacables de la thermodynamique</a><em>)</em></span><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">.<span>   </span><br />
</span></em></p>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>La mémorisation croissante de l’information<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Comme les espèces animales ou végétales, <strong>les civilisations humaines évoluent de façon à dissiper l&#8217;énergie toujours plus vite</strong>. Ce faisant, elles modifient leur environnement. Pour survivre, elles doivent s&#8217;adapter au nouvel environnement, donc évoluer. Une structure dissipative s&#8217;adapte en enregistrant de l&#8217;information sur son environnement. Elle s&#8217;auto-organise en fonction de cette information. <strong>Plus elle mémorise d&#8217;information, plus elle dissipe l&#8217;énergie.<br />
<span>   </span><br />
</strong>Les êtres vivants mémorisent cette information dans leurs gènes. Plus ils sont évolués, plus leurs gènes mémorisent d&#8217;information, plus ils dissipent d&#8217;énergie. Ils se reproduisent en répliquant cette information, ce qui accroît sans cesse la dissipation d&#8217;énergie. Lorsque l&#8217;environnement évolue, leurs gènes doivent évoluer. C&#8217;est pourquoi, ils gardent en réserve une grande variété de gènes appelée «<code> </code>ressource génétique<code> </code>». La sélection naturelle choisit les gènes les mieux adaptés au nouvel environnement.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Avalanches et cascades<br />
</u></strong><span>   </span><strong><br />
Plus vite un être vivant évolue, plus vite il accroît sa dissipation d&#8217;énergie, plus vite il modifie son environnement, donc plus vite il doit évoluer.</strong> C&#8217;est «<code> </code><strong>l&#8217;effet de la reine rouge</strong><code> </code>» du biologiste L<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/07/la_reine_rouge.jpg" alt="La reine rouge" align="right" />eigh van Valen, effet dont le nom fait référence à un passage du livre de Lewis Carroll <em>De l&#8217;autre coté du miroir</em> dans lequel la reine rouge dit «<code> </code>Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu&#8217;on peut pour rester au même endroit<a href="#_edn1" title="_ednref1" name="_ednref1"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">[i]</span></span></sup></a><code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
L&#8217;évolution est un phénomène qui s&#8217;accélère de lui-même. Or le temps d&#8217;adaptation d&#8217;une espèce est fini. <strong>Lorsque l&#8217;évolution devient trop rapide, l&#8217;espèce s&#8217;éteint.</strong> Une espèce s&#8217;éteint rarement seule. Dans un écosystème les espèces dépendent les unes des autres. L&#8217;extinction d&#8217;une proie entraîne souvent celle du prédateur. Il s&#8217;ensuit une <strong>cascade d&#8217;extinctions</strong>,<strong> </strong>suivie d&#8217;une reprise progressive de la vie. De nouvelles espèces se développent, parmi lesquelles certaines prolifèrent, provoquant une nouvelle cascade d&#8217;effondrements. C&#8217;est le <strong>phénomène dit des «<code> </code>équilibres ponctués<code> </code>»</strong>, découvert par les paléontologistes Stephen Jay Gould et Niles Eldredge. L&#8217;évolution apparaît sous forme de périodes de stase, ponctuées de changements soudains.<br />
<span>   </span><br />
En 1993, les physiciens Per Bak et Kim Sneppen ont montré que le phénomène des équilibres ponctués est un processus thermodynamique connu sous le nom de <strong>«<code> </code>criticalité auto-organisée<code> </code>»</strong><code> </code>: <strong>l&#8217;énergie a tendance à se dissiper sous forme d&#8217;avalanches</strong>. Comme dans un tas de sable dont la pente devient critique, on observe des avalanches d&#8217;autant plus fréquentes qu&#8217;elles sont moins importantes. Un bon exemple de ce processus est la dissipation de l&#8217;énergie du manteau à travers la croûte terrestre. Elle se fait sous forme de séismes. Dewar a montré que le processus de «<code> </code>criticalité auto-organisée<code> </code>» est une conséquence de la loi de production maximale d&#8217;entropie.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L&#8217;évolution culturelle supplante l&#8217;évolution génétique<br />
</u></strong><span>   </span><strong><u><br />
</u>Chez les animaux évolués, une fraction croissante de l&#8217;information est mémorisée dans le cerveau.</strong> Elle est transmise aux enfants par imitation des parents. Chez l&#8217;Homme, cette fraction est devenue prépondérante. Nos ancêtres les grands singes vivaient dans les arbres en mangeant des fruits. Lorsqu&#8217;un changement climatique a remplacé la forêt par la savane, leurs gènes ont dû évoluer. Cela a pris plusieurs dizaines de milliers d&#8217;années. Ils sont devenus des australopithèques, mangeurs de racines. Lorsqu’il n&#8217;y a plus eu que de l&#8217;herbe à manger, leurs gènes ont dû à nouveau évoluer. Cela a encore nécessité plusieurs dizaines de milliers d&#8217;années. Ne pouvant digérer l&#8217;herbe, ils ont mangé des mammifères herbivores. Le genre Homo était né.<br />
<span>   </span><br />
À la fin du paléolithique, les grands mammifères ont à leur tour disparu. Seule notre espèce a survécu. En quelques siècles seulement, l&#8217;Homme a réussi à changer de nourriture sans que ses gènes évoluent. Comment a-t-il fait<code> </code>? Il a mangé des graines rendues digestes grâce à la cuisson et à la fermentation. <strong>L&#8217;Homme s&#8217;est adapté au nouvel environnement, grâce à la technique.</strong> Il a survécu en cultivant les céréales. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle la <strong>révolution néolithique</strong>. Le néolithique marque la date d&#8217;apparition d&#8217;un nouveau type d&#8217;évolution, l&#8217;évolution dite culturelle<a href="#_edn2" title="_ednref2" name="_ednref2"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">[ii]</span></span></sup></a>. <strong>Beaucoup plus rapide que l&#8217;évolution génétique, l&#8217;évolution culturelle va rapidement la supplanter.</strong><br />
<span>   </span><br />
Le biologiste Richard Dawkins<a href="#_edn3" title="_ednref3" name="_ednref3"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">[iii]</span></span></sup></a> a proposé d&#8217;appeler «<code> </code><strong>mème</strong><code> </code>» un élément d&#8217;information enregistrés dans le cerveau, par analogie avec le mot «<code> </code>gène<code> </code>». Un langage peut être considéré comme un code «<code> </code>mémétique<code> </code>». Un héritage culturel devient une «<code> </code>ressource mémétique<code> </code>». <strong>Devenue «<code> </code>mémétique<code> </code>», l&#8217;évolution se poursuit comme l&#8217;évolution génétique.</strong> Suivant l&#8217;environnement, la sélection naturelle va choisir, parmi les ressources mémétiques disponibles, les «<code> </code>mèmes<code> </code>» les mieux adaptés.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le propre de l&#8217;Homme</u></strong><br />
<span>   </span><br />
À la différence des gènes transmis chez l&#8217;Homme héréditairement, les «<code> </code>mèmes<code> </code>» peuvent être transmis d&#8217;un adulte à un autre. On parle alors de transmission horizontale. Pour rencontrer une situation analogue, il faut remonter aux bactéries. Celles-ci peuvent échanger des gènes. Les bactéries qui ont acquis des gènes communs forment des colonies. De même, <strong>les Hommes qui ont acquis des «<code> </code>mèmes<code> </code>» communs forment des sociétés. L&#8217;Homme est devenu un animal social. L&#8217;espèce Homo sapiens va alors se diversifier en «<code> </code>espèces culturelles<code> </code>» différentes.<br />
<span>   </span><br />
</strong>Un phénomène nouveau apparaît. Rarement un animal tue un autre animal de la même espèce. Si un tel comportement venait à se développer, l&#8217;espèce disparaîtrait rapidement au profit d&#8217;une espèce voisine moins agressive. Ce raisonnement ne s&#8217;applique plus à notre espèce génétique, mais aux espèces culturelles qui la composent. <strong>Apparaissent des civilisations prédatrices et des civilisations proies.</strong> C&#8217;est la traite des noirs ou l&#8217;extermination des indiens d&#8217;Amérique.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L&#8217;évolution des civilisations</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Comme les êtres vivants, les civilisations s&#8217;adaptent à leur environnement en mémorisant de l&#8217;information. Un nouveau type de mémoire apparaît, <strong>l&#8217;écriture</strong>. Les civilisations dont la population est alphabétisée l&#8217;emportent rapidement sur les autres. Ainsi, l&#8217;Empire romain s&#8217;est étendu sur toute la Méditerranée. Dissipant de plus en plus d&#8217;énergie, il s&#8217;est effondré comme toute espèce animale qui a trop proliféré.<br />
<span>   </span><br />
En Europe de l&#8217;Ouest, de nouvelles civilisations se sont lentement développées. Un moyen puissant de duplication de l&#8217;information voit le jour<code> </code>: <strong>l&#8217;imprimerie</strong>. En deux siècles, une quantité croissante d&#8217;information est mémorisée dans les livres. Les populations s&#8217;alphabétisent. C&#8217;est le siècle des Lumières. Il est suivi en Europe d&#8217;une explosion démographique sans précédent.<br />
<span>   </span><br />
Comme toujours, <strong>la dissipation d&#8217;énergie croit avec la quantité d&#8217;information mémorisée</strong>. La civilisation européenne s&#8217;étend aux colonies. Comme l&#8217;Empire romain, les empires coloniaux s&#8217;effondrent. Deux guerres mondiales se chargent de les détruire. Centrée sur les États-Unis, la civilisation américaine va progressivement s&#8217;étendre. Une quantité croissante d&#8217;information est mémorisée dans des ordinateurs, accessible directement grâce à l&#8217;internet. Elle s&#8217;accroît suivant la loi de Moore<a href="#_edn4" title="_ednref4" name="_ednref4"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">[iv]</span></span></sup></a>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>L&#8217;accroissement correspondant de la dissipation d&#8217;énergie s&#8217;étend à toute la planète et commence à modifier la composition de son atmosphère.</strong> L&#8217;espèce Homo sapiens est-elle en danger d&#8217;extinction<code> </code>? Le lecteur aura compris que la réponse est négative. <strong>Notre espèce génétique n&#8217;est pas en danger. Ce qui nous attend c&#8217;est une extinction massive d&#8217;espèces culturelles, entraînée par la chute de ce qu&#8217;on appelle les civilisations avancées.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u>Notre civilisation présente toutes les caractéristiques d&#8217;un effondrement</u></strong><br />
<span>   </span><br />
L&#8217;évolution ne cessant de s&#8217;accélérer, les individus qui en font partie ont de plus en plus de mal à s&#8217;adapter. Une espèce animale disparaît lorsque ses gènes n&#8217;ont plus le temps d&#8217;évoluer. De même, <strong>une civilisation disparaît lorsque sa culture n&#8217;a plus le temps d&#8217;évoluer.</strong> C&#8217;est la crise de la culture décrite par Hannah Arendt<a href="#_edn5" title="_ednref5" name="_ednref5"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">[v]</span></span></sup></a>. On ne sait plus quel savoir transmettre. Le système scolaire s&#8217;effondre. Les jeunes sont au chômage. Il n&#8217;y a pas si longtemps on exerçait toute sa vie le même métier. Aujourd&#8217;hui, un ingénieur change de patron en moyenne tous les trois ans. Il doit constamment se recycler. Ceux qui ont la chance d&#8217;avoir encore un emploi courent toujours plus vite pour rester sur place. On reconnaît là l&#8217;«<code> </code><strong>effet de la reine rouge</strong><code> </code>». L&#8217;économie est au bord du gouffre.<br />
<span>   </span><br />
Peut-on échapper au désastre imminent<code> </code>? <strong>Le seul moyen d&#8217;y parvenir serait de courir moins vite, c&#8217;est-à-dire de ralentir la croissance économique.</strong> C&#8217;est ce que proposent les «<code> </code>objecteurs de croissance<code> </code>»<a href="#_edn6" title="_ednref6" name="_ednref6"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'" lang="EN-US">[vi]</span></span></sup></a>. Mais chacun sait que s&#8217;il court moins vite, il se fait dépasser par les autres. Il est vite éliminé par la sélection naturelle. L&#8217;Homme reste toutefois maître de son destin. <strong>La loi de dissipation maximale d&#8217;énergie</strong> est une loi statistique valable pour un grand nombre de structures dissipatives en compétition. Elle <strong>ne s&#8217;applique plus dans le cas d&#8217;une structure unique</strong>, c&#8217;est-à-dire d&#8217;un gouvernement mondial capable de maîtriser la croissance de l&#8217;humanité.<br />
<span>   </span><br />
La seule issue passe donc par une <strong>prise de conscience mondiale</strong> du processus que je viens de décrire. C&#8217;est le but de ces articles.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
François Roddier, astrophysicien, © 2010 pour <em>La Lettre du Lundi</em><br clear="all" /></p>
<hr width="33%" align="left" size="1" />
<p id="edn1">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref1" title="_edn1" name="_edn1"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[i]</span></span></sup></a> Lewis Carrol, <em>De l&#8217;autre coté du miroir</em>, traduction de Jacques Papy, Pauvert, 1961, p. 48.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn2">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref2" title="_edn2" name="_edn2"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[ii]</span></span></sup></a> Cavalli-Sforza, <em>Évolution biologique, évolution culturelle</em>, Odile Jacob, 2005.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn3">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref3" title="_edn3" name="_edn3"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iii]</span></span></sup></a> Richard Dawkins, <em>Le gène égoïste</em>, Odile Jacob, 2003.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn4">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref4" title="_edn4" name="_edn4"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iv]</span></span></sup></a> Loi empirique formulée pour la première fois par Gordon Moore en 1965. Elle énonce que la mémoire des ordinateurs croit exponentiellement.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn5">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref5" title="_edn5" name="_edn5"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[v]</span></span></sup></a> Hannah Arendt, <em>La crise de la culture</em>, Gallimard, 1972.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn6">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref6" title="_edn6" name="_edn6"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[vi]</span></span></sup></a> <u><span style="color: #001193"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9croissance_%28%C3%A9conomie%29" target="_blank">http://fr.wikipedia.org/wiki/Décroissance_(économie)</a></span></u><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les lois implacables de la thermodynamique</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/07/04/les-lois-implacables-de-la-thermodynamique/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Jul 2010 19:03:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La période estivale est propice à la prise de recul dans la réflexion, en attendant une rentrée politique qui sera, sans nul doute, particulièrement chargée.
   
Dans cette optique, François Roddier, astrophysicien, auteur de Le pain, le levain et les gènes, un essai sur l&#8217;évolution, Parole éditions, 2009, a accepté de rédiger pour La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La période estivale est propice à la prise de recul dans la réflexion, en attendant une rentrée politique qui sera, sans nul doute, particulièrement chargée.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette optique, François Roddier, astrophysicien, auteur de <a href="http://francois-roddier.fr/" target="_blank">Le pain, le levain et les gènes, un essai sur l&#8217;évolution</a>, Parole éditions, 2009, a accepté de rédiger pour </span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La Lettre du Lundi</span><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> une série de trois articles qui explorent les rapports entre physique - et notamment thermodynamique - et évolution des civilisations. Une hauteur de vue bien nécessaire, afin d&#8217;éviter que l&#8217;accessoire ne l&#8217;emporte sur l&#8217;essentiel.<br />
<span>   </span><br />
Le présent billet est le deuxième d&#8217;une série de trois. Le premier a été publié le 27<code> </code>juin (voir <em> </em></span></em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/06/27/bientot-la-fin-de-lespece-humaine/" target="_blank"><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Bientôt la fin de l&#8217;espèce humaine<code> </code>?</span></a><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">), le suivant paraîtra le 12<code> </code>juillet.<span>   </span><br />
</span></em></p>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>Les deux lois classiques</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Jusqu&#8217;à une date récente, la thermodynamique se résumait à deux lois fondamentales souvent appelées principes. La première loi nous enseigne que <strong>l&#8217;énergie se conserve</strong>. C&#8217;est une grandeur invariante que l&#8217;on peut donc suivre comme un fil d&#8217;Ariane tout le long de l&#8217;évolution. La seconde loi affirme que <strong>l&#8217;énergie se dissipe, c&#8217;est-à-dire qu’elle a tendance à se transformer irréversiblement en chaleur</strong>. C&#8217;est la flèche du temps qui nous indique dans quel sens se dirige l&#8217;évolution.</p>
<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les systèmes fermés tendent vers l&#8217;équilibre</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Si l&#8217;on considère un système fermé, c&#8217;est-à-dire une partie de l&#8217;Univers isolée de tout ce qui l&#8217;entoure, de sorte que rien ne puisse y entrer ou en sortir, alors l&#8217;énergie interne au système va rester constante, mais sa nature va changer. Elle va se dissiper jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il ne soit plus possible d&#8217;obtenir le moindre travail mécanique. À ce moment là, la température du système devient uniforme. On dit qu&#8217;on a atteint <strong>l&#8217;équilibre thermodynamique</strong>.</p>
<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L&#8217;univers est-il fermé<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pendant longtemps les physiciens ont pris comme exemple de système fermé l&#8217;Univers tout entier, ce qui conduit à un paradoxe. <strong>Si l&#8217;Univers était un système fermé, alors il devrait tendre vers l&#8217;équilibre thermodynamique.</strong> Sa température devrait s&#8217;uniformiser et tout mouvement devrait cesser. Or, <strong>c&#8217;est exactement le contraire que l&#8217;on observe</strong><code> </code>: les étoiles ne cessent de se former et, sur Terre, la vie n&#8217;a pas cessé de se développer.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le paradoxe a été résolu en 1998 avec la découverte de l&#8217;accélération de l&#8217;expansion de l&#8217;Univers.</strong> On sait que l&#8217;Univers observable est limité par l&#8217;horizon cosmique. Au-delà de celui-ci, la vitesse de récession dépasse la vitesse de la lumière et l&#8217;Univers devient inobservable. L&#8217;expansion de l&#8217;Univers s&#8217;accélérant, des galaxies actuellement visibles vont voir leur vitesse de récession dépasser celle de la lumière. Elles vont donc disparaître derrière l&#8217;horizon cosmique.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi <strong>l&#8217;Univers observable perd constamment de la matière et de l&#8217;énergie. C&#8217;est bien un système ouvert.</strong> Il peut donc se refroidir, ce qui permet à la matière de se condenser en galaxies et aux galaxies de se condenser en étoiles comme le Soleil, sans lequel nous ne saurions exister. On voit que notre existence est intimement liée à ce qui se passe aux confins de l&#8217;Univers.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les systèmes ouverts</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Si les lois fondamentales de la thermodynamique énoncées plus haut permettent de prévoir l&#8217;évolution d&#8217;un système fermé, elles ne déterminent pas l&#8217;évolution d&#8217;un système ouvert. On doit au physico-chimiste Prigogine (Prix Nobel de chimie 1977) les premiers pas dans la compréhension des systèmes ouverts. Prigogine a montré que leur évolution est à l&#8217;opposé de celle des systèmes fermés.<br />
<span>   </span><br />
Tandis que les systèmes fermés tendent vers le repos, c&#8217;est-à-dire l&#8217;équilibre thermodynamique, <strong>les systèmes ouverts sont en déséquilibre thermodynamique. La matière y est constamment en mouvement. Les systèmes ouverts s&#8217;auto-organisent pour dissiper l&#8217;énergie.</strong> Au contraire les systèmes fermés tendent à s&#8217;uniformiser, toute différence tend à s&#8217;estomper.<br />
<span>   </span><br />
Si l&#8217;on verse de l&#8217;eau chaude dans un récipient isolé contenant de l&#8217;eau froide, l&#8217;agitation de l&#8217;eau va progressivement cesser et sa température va s&#8217;uniformiser. C&#8217;est un système fermé. Si on met ce récipient sur le feu, une différence de température apparaît entre le haut et le bas du récipient et l&#8217;eau va se mettre en mouvement. Des courants dits de convection s&#8217;auto-organisent. Le système est traversé par un flux d&#8217;énergie. C&#8217;est un système ouvert.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les structures dissipatives de Prigogine</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Prigogine appelle <strong>«<code> </code>structure dissipative<code> </code>» toute structure auto-organisée qui se maintient semblable à elle-même grâce à un flux permanent d&#8217;énergie. L&#8217;Univers apparaît comme un vaste assemblage de structures dissipatives.</strong> Galaxies, étoiles, planètes se sont auto-organisées pour dissiper l&#8217;énergie. Ce sont donc des structures dissipatives. <strong>Tous les êtres vivants sont des structures dissipatives. Sans un apport constant d&#8217;énergie sous forme de nourriture, ils meurent. L&#8217;humanité elle-même est une structure dissipative.</strong> Y a-t-il une loi générale dictant l&#8217;évolution des structures dissipatives<code> </code>? Si une telle loi existe, elle devrait permettre de mieux comprendre l&#8217;évolution de l&#8217;humanité.<br />
<span>   </span><br />
Depuis quelques dizaines d&#8217;années, une telle loi est soupçonnée. Elle porte le nom savant de «<code> </code>loi de production maximale d&#8217;entropie<code> </code>»<a href="#_edn1" title="_ednref1" name="_ednref1"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[i]</span></span></sup></a>. En français courant cela se traduit par «<code> </code><strong>loi de dissipation maximale d&#8217;énergie</strong><code> </code>». En janvier<code> </code>2003, un physicien écossais, Roderick Dewar, a montré que cette loi était une conséquence de la structure atomique de la matière. Dewar étudie les écosystèmes au centre de Bordeaux de l&#8217;INRA<a href="#_edn2" title="_ednref2" name="_ednref2"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[ii]</span></span></sup></a>. Cela montre l&#8217;importance potentielle de cette loi en biologie.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La troisième loi<code> </code>: l&#8217;énergie se dissipe de plus en plus vite</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Que dit cette loi<code> </code>? Elle énonce qu&#8217;<strong>une structure dissipative dissipe l&#8217;énergie le plus vite possible</strong>. L&#8217;énergie dissipée se mesure en Watts, comme la puissance d&#8217;un appareil électrique. L&#8217;astronome américain Eric Chaisson a évalué l&#8217;efficacité avec laquelle les constituants de l&#8217;Univers dissipaient l&#8217;énergie en Watts par unité de masse. Ceux-ci dissipent d&#8217;autant plus d&#8217;énergie qu&#8217;ils sont apparus plus tardivement. En se condensant, les galaxies dissipent moins d&#8217;énergie que les étoiles apparues ensuite. Une étoile comme le Soleil dissipe de l&#8217;ordre du mW/kg (milliWatts par kilogramme de matière).<br />
<span>   </span><br />
Les planètes dissipent l&#8217;énergie rayonnée par l&#8217;étoile centrale. La Terre dissipe environ 10<code> </code>mW/kg. Les météorologues ont montré que <strong>l&#8217;atmosphère terrestre est dans un état de dissipation d&#8217;énergie maximale</strong>. Celle de Titan et de Mars également. Une bactérie dissipe 100<code> </code>mW/kg. Un animal, quelques Watts par kg. <strong>Un être humain</strong> dissipe en moyenne 5<code> </code>W/kg soit environ 400<code> </code>Watts par individu. <strong>À masse égale, il dissipe dix mille fois la puissance du soleil</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/07/chaisson4.jpg" alt="chaisson4.jpg" />Il y a quelques siècles une société humaine ne dissipait guère plus que l&#8217;ensemble de ses membres. <strong>Depuis la révolution industrielle, nos sociétés dissipent de plus en plus d&#8217;énergie sous une forme «<code> </code>exosomatique<code> </code>» (en dehors de nous-mêmes).</strong> C&#8217;est le cas de l&#8217;industrie et des transports (avions, automobiles). Actuellement, l&#8217;humanité dissipe en moyenne 2<code> </code>kW par individu. Un Français moyen dissipe 7<code> </code>kW, un Américain moyen 11<code> </code>kW. Ces nombres croissent chaque jour.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi <strong>l&#8217;Univers s&#8217;auto-organise de façon à dissiper l&#8217;énergie de plus en plus vite</strong>. L&#8217;homme n&#8217;y échappe pas. <strong>Il forme des sociétés de plus en plus complexes qui dissipent de plus en plus d&#8217;énergie.</strong> Sans le savoir, il est soumis aux lois implacables de la thermodynamique. Ces lois générales expliquent-elles l&#8217;évolution darwinienne<a href="#_edn3" title="_ednref3" name="_ednref3"><span><sup><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iii]</span></sup></span><sup></sup></a> des espèces, fondement de la biologie<code> </code>? Un nombre croissant de physiciens en sont convaincus.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La troisième loi et la biologie</u></strong><br />
<span>   </span><br />
En 1922, l&#8217;américain Alfred Lotka écrivait<a href="#_edn4" title="_ednref4" name="_ednref4"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iv]</span></span></sup></a><code> </code>: «<code> </code>la sélection naturelle maximise le flux d&#8217;énergie qui traverse une structure organique […]. Elle fonctionne comme une troisième loi de la thermodynamique.<code> </code>» Cette troisième loi est aujourd&#8217;hui pratiquement établie. C&#8217;est la loi de «<code> </code>production maximale d&#8217;entropie<code> </code>» citée plus haut. Pour Darwin, la sélection naturelle maximise les chances de survie et le taux de reproduction des individus. <strong>Pour les physiciens, la sélection naturelle maximise le taux de dissipation d&#8217;énergie.</strong> Elle agit non seulement sur des individus mais aussi sur toutes les structures dissipatives.<br />
<span>   </span><br />
L&#8217;eau contenue dans un récipient sur le feu peut dissiper l&#8217;énergie soit par conduction<a href="#_edn5" title="_ednref5" name="_ednref5"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[v]</span></span></sup></a>, soit par convection. Suivant que le feu est vif ou non, la sélection naturelle choisit le mécanisme qui dissipe l&#8217;énergie le plus efficacement. La sélection naturelle agit tout aussi bien sur les sociétés humaines. Pendant la guerre froide, les États-Unis et l&#8217;URSS sont entrés en compétition pour la domination du monde. Les États-Unis dissipaient 10<code> </code>kW par individu. L&#8217;URSS ne dissipait que 7<code> </code>kW. L&#8217;URSS s&#8217;est effondrée.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Les lois de la thermodynamique expliquent-elles l&#8217;effondrement des sociétés humaines ou l&#8217;extinction des espèces<code> </code>?</strong> Dans le prochain article (parution le 12<code> </code>juillet), je montre qu&#8217;elles expliquent les deux par un même mécanisme.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
François Roddier, © 2010, pour <em>La Lettre du Lundi </em><br />
<span>   </span><br />
<span style="font-size: 8pt; line-height: 120%; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black"><br style="page-break-before: always" clear="all" /> </span><br clear="all" /></p>
<hr width="33%" align="left" size="1" />
<p id="edn1">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref1" title="_edn1" name="_edn1"><sup><span><sup><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[i]</span></sup></span></sup></a> Le lecteur physicien pourra consulter avec intérêt l&#8217;ouvrage collectif <em>Non-equilibrium Thermodynamics and the Production of Entropy: Life, Earth, and Beyond</em>, Springer, 2004.<span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn2">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref2" title="_edn2" name="_edn2"><sup><span><sup><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[ii]</span></sup></span></sup></a> INRA<code> </code>: Institut National de la Recherche Agronomique.<span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn3">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref3" title="_edn3" name="_edn3"><sup><span><sup><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iii]</span></sup></span></sup></a> L&#8217;anglais Charles Darwin a établi les bases de la théorie de l&#8217;évolution des espèces par sélection naturelle en 1859.<span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn4">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref4" title="_edn4" name="_edn4"><sup><span><sup><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iv]</span></sup></span></sup></a> Dans deux articles intitulés <em>Contribution to the Energetics of Evolution</em> et <em>Natural Selection as a Physical Principle</em>, PNAS 8, 147 et 151, 1922.<span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn5">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref5" title="_edn5" name="_edn5"><sup><span><sup><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[v]</span></sup></span></sup></a> L&#8217;eau, même immobile, conduit la chaleur. C&#8217;est le phénomène de conduction thermique.<span style="font-size: 8pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Bientôt la fin de l&#8217;espèce humaine ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/06/27/bientot-la-fin-de-lespece-humaine/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/06/27/bientot-la-fin-de-lespece-humaine/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Jun 2010 16:11:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La période estivale est propice à la prise de recul dans la réflexion, en attendant une rentrée politique qui sera, sans nul doute, particulièrement chargée.
   
Dans cette optique, François Roddier, astrophysicien, auteur de Le pain, le levain et les gènes, un essai sur l&#8217;évolution, Parole éditions, 2009, a accepté de rédiger pour La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La période estivale est propice à la prise de recul dans la réflexion, en attendant une rentrée politique qui sera, sans nul doute, particulièrement chargée.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette optique, François Roddier, astrophysicien, auteur de <a href="http://francois-roddier.fr/" target="_blank">Le pain, le levain et les gènes, un essai sur l&#8217;évolution</a>, Parole éditions, 2009, a accepté de rédiger pour </span></em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">La Lettre du Lundi</span><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'"> une série de trois articles qui explorent les rapports entre physique - et notamment thermodynamique - et évolution des civilisations. Une hauteur de vue bien nécessaire, afin d&#8217;éviter que l&#8217;accessoire ne l&#8217;emporte sur l&#8217;essentiel.<br />
<span>   </span><br />
Le premier billet est publié cette semaine, les deux suivants paraîtront le 5<code> </code>juillet et le 12<code> </code>juillet.<span>   </span><br />
</span></em></p>
<p><span>   </span><br />
<strong><u>Des scientifiques s&#8217;inquiètent</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Au cours du Moyen Âge et jusqu&#8217;à la Révolution française, la population mondiale a augmenté progressivement. Il lui a fallu dix siècles pour tripler. En moins d&#8217;un siècle, de<code> </code>1940 à aujourd&#8217;hui, elle a de nouveau triplé. On doit cette explosion démographique à un progrès scientifique et technique sans précédent qui a permis à la production agricole de s&#8217;accroître dans les mêmes proportions. Les ressources de la planète étant finies, la croissance actuelle ne saurait se prolonger indéfiniment. Que va-t-il se passer<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Les démographes constatent que la population des pays développés s&#8217;est stabilisée. Celle des pays sous-développés va suivre la même évolution<code> </code>: c’est ce que l’on appelle la «<code> </code>transition démographique<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Pour les économistes, la croissance économique doit être maintenue à tout prix grâce à un progrès permanent. Cependant, <strong>l&#8217;accroissement de la production n&#8217;a été possible que grâce à l&#8217;utilisation de sources d&#8217;énergies non renouvelables, notamment le pétrole</strong>. Celui-ci va peu à peu s&#8217;épuiser ainsi que nos autres sources de matières premières comme les métaux. L&#8217;étendue des terres cultivables ne cesse de diminuer. L&#8217;eau, l&#8217;air, la terre sont de plus en plus pollués, la couche d&#8217;ozone est en danger, le climat se réchauffe. Sera-t-on encore longtemps capable d&#8217;alimenter tout le monde<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong>L&#8217;espèce humaine n&#8217;est pas la première à modifier son environnement.</strong> Lorsque la Terre s’est formée, l&#8217;atmosphère terrestre ne contenait pas d&#8217;oxygène. Il y a deux milliards d&#8217;années, la Terre était envahie de bactéries. Celles-ci ont rempli son atmosphère d&#8217;oxygène, un poison pour elles. De nouvelles bactéries dites aérobies les ont remplacées. Plus récemment, il y a seulement 65<code> </code>millions d&#8217;années, les dinosaures envahissaient la Terre. Ils ont disparu pour laisser la place à de nouvelles espèces, dont des mammifères qui ont donné naissance à notre propre espèce. De nos jours, c&#8217;est l&#8217;espèce humaine qui a envahi la Terre. Va-t-elle, à son tour, disparaître pour laisser la place à de nouvelles espèces<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Les scientifiques de ma génération s&#8217;interrogent, notamment ceux qui ont, comme moi, travaillé dans le domaine des sciences de l&#8217;Univers. Dans leur ouvrage commun, Roger-Maurice Bonnet et Lodewyk Wolter<a href="#_edn1" title="_ednref1" name="_ednref1"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[i]</span></span></sup></a> posent la question<code> </code>: <strong>notre espèce peut-elle encore survivre mille siècles<code> </code>?</strong> Certains sont très pessimistes. Dans son <em>Introduction au siècle des menaces</em>, Jacques Blamont<a href="#_edn2" title="_ednref2" name="_ednref2"><span><sup><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[ii]</span></sup></span><sup></sup></a> analyse en détail les raisons pour lesquelles, selon lui, l&#8217;humanité ne pourra échapper aux conflits armés, aux épidémies et aux famines.<br />
<span>   </span><br />
Il y a 50<code> </code>ans, nous nous lancions avec enthousiasme dans la recherche spatiale. En améliorant notre connaissance de l&#8217;Univers, nos travaux devaient conduire l&#8217;humanité vers un monde meilleur. Qu&#8217;en est-il advenu aujourd&#8217;hui<code> </code>? Dans les sociétés avancées, les inégalités sociales ne cessent de s&#8217;accroître et le chômage perdure. Dans le monde, un milliard d&#8217;individus souffrent de la faim et l&#8217;espoir d&#8217;améliorer leur sort s&#8217;amenuise chaque jour. Faut-il arrêter tout progrès scientifique et technique<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Dans son livre <em>L&#8217;engrenage de la technique. Essai sur une menace planétaire</em>, André Lebeau<a href="#_edn3" title="_ednref3" name="_ednref3"><sup><span><span style="font-size: 8pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iii]</span></span></sup></a> analyse la véritable <strong>nature du progrès</strong>. Il montre qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un <strong>processus biologique général dans lequel l&#8217;énergie et l&#8217;information jouent un rôle fondamental</strong>, un prolongement de l&#8217;évolution darwinienne auquel l&#8217;homme n&#8217;échappe pas. Cependant le lecteur reste sur sa faim. L&#8217;espèce humaine saura-t-elle réagir aux défis que lui pose la nature<code> </code>? Pendant combien de temps encore<code> </code>? Finira-t-elle par disparaître comme beaucoup d&#8217;autres espèces avant elle<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Des progrès scientifiques récents nous permettent aujourd&#8217;hui d&#8217;apporter à ces questions quelques éléments de réponse.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Qu&#8217;est-ce que l&#8217;évolution<code> </code>?</strong></u><br />
<span>   </span><br />
L&#8217;explosion démographique du monde moderne a débuté au XVIII<sup>e</sup><code> </code>siècle avec l&#8217;alphabétisation de la population. C&#8217;est le siècle des Lumières. Le besoin se fait sentir de rassembler par écrit toutes les connaissances humaines. Apparaissent l&#8217;encyclopédie de Diderot, l&#8217;Histoire naturelle de Buffon.<br />
<span>   </span><br />
Jusque là le monde qui nous entoure avait paru immuable de générations en générations. Buffon relate avec surprise les nombreux témoignages attestant la présence de coquillages au sommet des montagnes. Le relief aurait-il évolué<code> </code>? Les découvertes s&#8217;accumulent de squelettes fossiles prouvant l&#8217;existence antérieure d&#8217;animaux maintenant disparus.<br />
<span>   </span><br />
Au début du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle, le français Lamarck y voit la preuve d&#8217;une évolution continue des espèces, allant des organismes les plus simples aux plus complexes, pour atteindre la «<code> </code>perfection<code> </code>» chez l&#8217;homme. Moins d&#8217;un demi-siècle plus tard, Darwin propose un mécanisme pour expliquer cette évolution<code> </code>: <strong>la sélection naturelle</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Au début du XX<sup>e</sup><code> </code>siècle, Einstein développe sa <strong>théorie de la relativité générale</strong>. Il établit une équation générale reliant la courbure de l&#8217;espace à la densité de matière. Pour Einstein, l&#8217;Univers est nécessairement statique. Pour qu&#8217;il en soit ainsi, il ajoute une constante à son équation, appelée «<code> </code>constante cosmologique<code> </code>». On s&#8217;apercevra ensuite que la solution de cette équation est instable. Dix ans plus tard, l&#8217;astronome Hubble découvre que <strong>l&#8217;Univers est en expansion</strong>. Les galaxies s&#8217;éloignent de nous à une vitesse proportionnelle à leur distance. Cette découverte conduira à la <strong>théorie du Big Bang</strong>. Einstein qualifie alors son idée d&#8217;univers statique comme étant la plus grosse bourde de sa vie.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi nous vivons dans un Univers en constante évolution. <strong>La question se pose de savoir s&#8217;il existe une loi générale de l&#8217;évolution.</strong> Dans un Univers où tout change constamment, peut-on trouver un fil conducteur qui nous permettrait de savoir où l&#8217;on va<code> </code>? Peut-être serait-on alors en mesure de répondre à la question «<code> </code>Où va l&#8217;humanité<code> </code>?<code> </code>».</p>
<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L&#8217;évolution est un processus thermodynamique</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour trouver une réponse mathématique à cette question, <strong>le réflexe d&#8217;un physicien est de chercher un «<code> </code>invariant<code> </code>», c&#8217;est-à-dire une grandeur mesurable qui reste inchangée au cours de l&#8217;évolution</strong>. Un tel invariant existe<code> </code>: il porte le nom d&#8217;<strong>énergie</strong>. Dans tous les cours de physique élémentaire, on apprend que l&#8217;énergie se conserve. Le concept d&#8217;énergie est très abstrait. Avec le progrès scientifique et technique, il est cependant devenu une notion courante. C&#8217;est ce que nous payons dans nos notes de gaz ou d&#8217;électricité.<br />
<span>   </span><br />
<strong>On appelle énergie tout ce qui permet d&#8217;obtenir du travail mécanique</strong>, c&#8217;est-à-dire une force dont le point d&#8217;application se déplace. Le travail obtenu est le produit de la force par le déplacement. Pour soulever un poids d&#8217;une certaine hauteur il faut toujours déployer la même énergie. On peut diviser la force appliquée grâce à un palan, un levier ou un plan incliné. Mais il faudra alors multiplier le déplacement d&#8217;autant. Dans tous les cas, le produit des deux, c&#8217;est-à-dire le travail mécanique, restera le même. On a là un exemple élémentaire de conservation de l&#8217;énergie.<br />
<span>   </span><br />
Un moteur électrique peut fournir l&#8217;énergie nécessaire. Il convertit l&#8217;énergie électrique en énergie mécanique. Si le moteur est alimenté par une batterie, celle-ci convertit de l&#8217;énergie chimique en énergie électrique. Dans la mesure où ces transformations sont réversibles, l&#8217;énergie n&#8217;est pas perdue. Le poids, en redescendant, peut faire tourner une dynamo qui convertira le travail mécanique en énergie électrique. Celle-ci pourra à son tour recharger la batterie.<br />
<span>   </span><br />
Lorsqu&#8217;on fait passer un liquide d&#8217;un récipient à un autre, on en perd toujours un peu. Il en est de même lorsqu&#8217;on fait passer de l&#8217;énergie d&#8217;une forme à une autre. Le liquide manquant n&#8217;est pas vraiment perdu. Il a simplement été malencontreusement dispersé. <strong>De même l&#8217;énergie manquante n&#8217;est pas perdue. On dit qu&#8217;elle a été «<code> </code>dissipée<code> </code>» sous forme de chaleur.</strong><br />
<span>   </span><br />
La chaleur est une forme d&#8217;énergie difficile à récupérer sous forme de travail mécanique. On ne peut le faire qu&#8217;en présence d&#8217;une différence de température. On n&#8217;en récupère qu&#8217;une fraction proportionnelle à cette différence de température, fraction appelée «<code> </code>rendement de Carnot<code> </code>», du nom du physicien français qui, en<code> </code>1824, établit les bases de ce qui était alors une nouvelle science, la thermodynamique. Dans l&#8217;article qui suit (parution le 5<code> </code>juillet), je montre que <strong>la thermodynamique est la clé qui permet de comprendre l&#8217;évolution.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
François Roddier, <span>©</span> 2010 pour <em>La Lettre du Lundi</em></p>
<p><em><span style="font-size: 13pt; line-height: 120%; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black"><br style="page-break-before: always" clear="all" /> </span></em><br clear="all" /></p>
<hr width="33%" align="left" size="1" />
<p id="edn1">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref1" title="_edn1" name="_edn1"><sup><span><sup><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[i]</span></sup></span></sup></a><span lang="EN-US"> Roger-Maurice Bonnet et Lodewyk Woltjer, <em>Surviving 1,000 centuries: can we do it?</em> </span>Springer-Praxis, 2008. Roger-Maurice Bonnet a été directeur scientifique à l&#8217;Agence spatiale européenne (ESA). Lodewyk Woltjer a été directeur de l&#8217;Observatoire européen austral.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn2">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref2" title="_edn2" name="_edn2"><sup><span><sup><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[ii]</span></sup></span></sup></a> Jacques Blamont, <em>Introduction au siècle des menaces</em>, Odile Jacob, 2004. Jacques Blamont est le principal initiateur de la recherche spatiale française et européenne. Du même auteur, voir aussi Jacques Arnould et Jacques Blamont, <em>Lève-toi et marche : Propositions pour un futur de l&#8217;humanité</em>, Odile Jacob, 2009.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
<p id="edn3">&nbsp;</p>
<p class="TextedenotedebasdepageA"><a href="#_ednref3" title="_edn3" name="_edn3"><sup><span><sup><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Helvetica','sans-serif'; color: black">[iii]</span></sup></span></sup></a> André Lebeau, <em>L&#8217;engrenage de la technique</em>, Gallimard, 2005. André Lebeau a occupé de hautes fonctions administratives au Centre national de la recherche spatiale (CNES) et à l&#8217;Agence spatiale européenne (ESA). Il a été directeur de Météo-France. Du même auteur, voir aussi André Lebeau, <em>L&#8217;enfermement planétaire</em>, Gallimard, 2008.<span style="font-size: 10pt; font-family: 'Times New Roman','serif'; color: windowtext"><o:p></o:p></span></p>
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		<title>Welcome to the Machine</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 14:29:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Plusieurs articles, parus notamment dans la presse américaine, parfois traduits en français, ont entrepris de décrire et d’analyser l’influence des nouvelles technologies (Internet, SMS, flux RSS, Facebook, Tweeter, disponibles sur les PDA, téléphones portables et autres iPhone et iPad) sur notre comportement (voir Is Google Making Us Stupid?, Hooked on Gadgets, and Paying a Mental [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs articles, parus notamment dans la presse américaine, parfois traduits en français, ont entrepris de décrire et d’analyser l’influence des nouvelles technologies (Internet, SMS, flux RSS, Facebook, Tweeter, disponibles sur les PDA, téléphones portables et autres iPhone et iPad) sur notre comportement (voir <a href="http://www.theatlantic.com/magazine/archive/2008/07/is-google-making-us-stupid/6868/" target="_blank"><em>Is Google Making Us Stupid?</em></a>, <a href="http://www.nytimes.com/2010/06/07/technology/07brain.html" target="_blank"><em>Hooked on Gadgets, and Paying a Mental Price</em></a> et <a href="http://www.nytimes.com/2010/06/07/technology/07brainside.html?ref=tara_parkerpope" target="_blank"><em>An Ugly Toll of Technology: Impatience and Forgetfulness</em></a>). Leurs conclusions sont véritablement effarantes – pour ne pas dire effrayantes – tant les changements induits semblent profonds et irréversibles.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Êtes-vous encore capable de lire un livre ?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Tout commence par un simple constat<code> </code>: «<code> </code>Depuis que j’utilise Internet de façon assez intensive, j’ai de plus en plus de mal à me concentrer pour lire un article un peu long, <em>a fortiori</em> un livre.<code> </code>» Sur Internet, on zappe d’une page à une autre, d’un article à une autre, en s’interrompant de temps à autre pour jeter un œil sur un mail qui vient d’arriver ou un SMS qu’on vient de recevoir … rien d’extraordinaire ni d’inquiétant en apparence. Mais, insensiblement, <strong>notre rapport au monde extérieur a été modifié</strong>.<br />
<span>   </span></p>
<p align="left">Si l’on prend un peu de recul, <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/06/advancedmatrixphp.gif" alt="advancedmatrixphp.gif" title="advancedmatrixphp.gif" vspace="10" width="200" align="right" height="200" hspace="10" />on se rend compte que <strong>notre capacité d’analyse, notre habileté intellectuelle à manier des concepts, des idées, des raisonnements complexes, est érodée par ce flux d’informations</strong> qui nous «<code> </code>bombarde<code> </code>» en permanence. L’explication de cette évolution est très simple<code> </code>: chaque information nouvelle stimule chez nous un réflexe primitif, celui du chasseur qui a vu «<code> </code>quelque chose bouger dans le buisson<code> </code>», qui nous pousse à réagir en priorité à la sollicitation immédiate.</p>
<p><span>   </span><br />
L’envie de lire le dernier mail ou le dernier SMS qui vient d’arriver sur notre iPhone et s’est signalé par un message sonore ou visuel est donc quasiment irrésistible<code> </code>: nous interrompons l’article que nous sommes en train de lire, la conversation que nous tenons, pour concentrer notre attention sur l’élément d’information le plus récent qui, dans 95<code> </code>% des cas, n’a qu’une importance très relative.<br />
<span>   </span><br />
Les implications de ce comportement sont beaucoup plus importantes qu’on ne le perçoit<code> </code>: <strong>les nouveaux médias reconfigurent non seulement notre comportement et nos habitudes mais également notre cerveau</strong>. Celui-ci ne pense plus «<code> </code>comme avant<code> </code>»<code> </code>: <strong>il est de moins en moins capable d’effectuer le travail de synthèse, de réflexion maturée, de «<code> </code>pensée profonde<code> </code>», fruit de la «<code> </code>configuration<code> </code>» auquel la lecture de longue durée avait abouti</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Même déconnecté temporairement de tous ces stimuli extérieurs, notre cerveau ne pensera plus «<code> </code>comme avant<code> </code>»<code> </code>: il a été «<code> </code>reconfiguré<code> </code>» et reste incapable ou peu capable de concentration. Il va continuer à se comporter de façon décousue, par «<code> </code>flash<code> </code>» et bribes d’information.<br />
<span>   </span><br />
Cette transition nous préoccupe d’autant moins que l’idée selon laquelle notre cerveau fonctionne et doit fonctionner, si nous voulons être «<code> </code>performants<code> </code>», comme une machine capable de traiter un maximum d’informations, et ce le plus vite possible, est aujourd’hui le <em>business model</em> et le <em>cultural model</em> dominant. <strong>L’intérêt économique et financier des Google, Apple &amp; Co. est que nous consommions un maximum d’informations et de messages en tous genres</strong> afin que notre cerveau enregistre le plus grand nombre possible de messages publicitaires. Plus nous interagissons avec la machine, plus celle-ci s’implante dans notre cerveau.<br />
<span>   </span><br />
Le résultat<code> </code>? <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/06/images.jpg" title="images.jpg" alt="images.jpg" vspace="10" width="179" align="right" height="135" hspace="10" />Insensiblement mais sûrement, en tout cas très sûrement en ce qui concerne les jeunes générations qui n’ont jamais connu d’autre environnement, <strong>nous sommes en train de devenir des «<code> </code>individus-crêpes<code> </code>»</strong><code> </code>: connectés «<code> </code>à plat<code> </code>» à une myriade de sources d’informations qui nous stimulent en permanence mais de moins en moins capables d’«<code> </code>épaisseur<code> </code>» dans notre pensée.<br />
<span>   </span><br />
D’une certaine manière, <strong>nous nous «<code> </code>ordinateurisons<code> </code>»</strong><code> </code>: nous acquérons un peu plus chaque jour la capacité d’emmagasiner dans une mémoire «<code> </code>flash<code> </code>» un nombre croissant de données. Mais <strong>nous sommes de moins en moins capables d’en extraire une réflexion, une pensée ordonnée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La «<code> </code>machinisation<code> </code>» de l’homme</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Les conséquences de cette évolution vont être immenses, tant sur le plan sociologique et comportemental que politique.<br />
<span>   </span><br />
Certaines sont d’ores et déjà observables<code> </code>: nombre de «<code> </code>dépendants<code> </code>» de ces nouvelles technologies les préfèrent et sont plus à l’aise en leur compagnie qu’en présence de «<code> </code>vrais humains<code> </code>». On a également observé chez eux, par rapport à des «<code> </code>non-technophiles<code> </code>», un niveau de stress plus important, une impatience grandissante, de l’impulsivité, de l’étourderie, voire du narcissisme.<br />
<span>   </span><br />
Globalement, on observe donc une <strong>diminution de l’empathie</strong>, une <strong>baisse des échanges directs entre êtres humains</strong>, les contacts virtuels (par mail, via SMS, Facebook ou autres) étant privilégiés. Concrètement<span>  </span>on va interrompre la conversation avec «<code> </code>l’ami(e)<code> </code>» effondré(e) et déprimé(e) qui est en face de nous pour répondre à un SMS ou à un appel téléphonique anodin<code> </code>: la faculté emphatique s’est émoussée, elle est beaucoup moins puissante que le stimulus de la dernière information reçue.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est donc bien le noyau de notre personnalité qui est ainsi modifié.</strong> La perte de contact avec le monde réel est chaque jour un peu plus grande… on glisse vers un univers à la Matrix.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Vous avez dit politique<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Sur le plan politique, les conséquences d’une telle évolution vont également être très profondes. Essayons de les décrypter.<br />
<span>   </span><br />
À court terme, partant du principe selon lequel notre cerveau accorde de plus en plus d’importance à la dernière information qui vient d’arriver, on peut imaginer une <strong>manipulation croissante de l’information, via des rumeurs propagées sur Tweeter, par SMS ou autres moyens d’information instantanée</strong>. Une rumeur même absurde mais à fort impact électoral propagée massivement quelques heures avant un vote – ou le jour du vote – aura plus de poids que toutes les analyses de fond ou croyances profondes qu’une campagne électorale «<code> </code>classique<code> </code>» aura pu faire émerger.<br />
<span>   </span><br />
Plus globalement, <strong>l’incapacité croissante des individus à «<code> </code>penser profondément<code> </code>» ne peut que favoriser ceux qui nous «<code> </code>bombardent<code> </code>» d’informations parce qu’ils en ont le pouvoir médiatique et financier</strong>. Faute de pensée profonde, la contestation du pouvoir en place se traduira alors par des jacqueries, des révoltes de la faim ou de la misère que l’on calme avec des piécettes ou que l’on réprime plus ou moins violemment. Mais elle ne pourra déboucher sur une alternative politique globale, faute d’avoir la capacité de la penser.<br />
<span>   </span><br />
Entre le XV<sup>e</sup> et le XX<sup>e</sup><code> </code>siècle, <strong>la diffusion de plus en plus massive du livre et l’essor de la «<code> </code>pensée profonde<code> </code>» qui a accompagné cette croissance ont permis de faire spectaculairement progresser la démocratie</strong>. La transformation accélérée de ce «<code> </code>modèle<code> </code>» à laquelle nous assistons est des plus préoccupante pour l’avenir de la démocratie.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Les idéologies</strong> – tant critiquées au XX<sup>e</sup><code> </code>siècle – <strong>vont devenir inconcevables, au sens étymologique du terme</strong><code> </code>: nous ne saurons imaginer de telles architectures, de tels concepts, nous contentant de traiter les problèmes un par un, le plus vite possible, au fur et à mesure de leur survenance. Si tel est le cas, nous assisterions à une régression mentale et sociétale majeure, où le mot même de politique serait vidé de son sens.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<title>Le ministre des classes moyennes</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/06/13/le-ministre-des-classes-moyennes/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 16:49:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le Luxembourg, la France s&#8217;est (enfin) dotée d&#8217;un « outil » qui lui faisait défaut : un ministre des classes moyennes, en la personne de Laurent Wauquiez, par ailleurs secrétaire d&#8217;État à l&#8217;emploi, mais aussi et surtout « champion des classes moyennes » selon Les Échos, auxquels il a accordé une interview dans l&#8217;édition du mardi 8 juin 2010.
   
Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après le Luxembourg, la France s&#8217;est (enfin) dotée d&#8217;un «<code> </code>outil<code> </code>» qui lui faisait défaut<code> </code>: un ministre des classes moyennes, en la personne de <strong>Laurent Wauquiez</strong>, par ailleurs secrétaire d&#8217;État à l&#8217;emploi, mais aussi et surtout <strong>«<code> </code>champion des classes moyennes<code> </code>» selon <em>Les Échos</em></strong>, auxquels il a accordé une <a href="http://www.lesechos.fr/info/france/020588944382-laurent-wauquiez-les-classes-moyennes-seront-la-clef-de-2012-.htm" target="_blank">interview dans l&#8217;édition du mardi 8<code> </code>juin 2010</a>.<br />
<span>   </span><br />
Il faut lire l&#8217;interview de ce conseiller politique de l&#8217;UMP, extrêmement intéressante à plus d&#8217;un titre.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Quelques perles tout d&#8217;abord.</strong> À la question «<code> </code>La majorité a-t-elle perdu le soutien des classes moyennes<code> </code>», il répond<code> </code>: «<code> </code><em>Nicolas Sarkozy est un de ceux qui en ont le plus fait pour les classes moyennes&#8230;</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Un ange passe&#8230; Il revient avec une autre question.<br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Le bouclier fiscal ne nourrit-il pas (un) sentiment d&#8217;injustice<code> </code>?<code> </code>» «<code> </code><em>Je ne le pense pas&#8230;</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Deux enseignements</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Au-delà de ces affirmations ridicules, mélange de méthode Coué et de langue de bois, on peut tirer de cet interview <strong>deux enseignements essentiels</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le premier ne fait que confirmer ce que l&#8217;on savait déjà<code> </code>: <strong>pour Sarkozy et son équipe, la politique, ce n&#8217;est <u><span>que</span></u> du marketing et de la communication</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En effet, toute la problématique de Wauquiez, c&#8217;est de <u>reconquérir</u> les classes moyennes en trouvant l&#8217;outil ou le produit marketing approprié pour atteindre cet objectif<code> </code>: prêt pour les études, prêt pour le logement&#8230; il ne se pose pas une seule seconde la question de ce qui pourrait être «<code> </code>bon pour la France<code> </code>» dans son ensemble, ou si les mesures qu&#8217;il propose ne comportent pas des «<code> </code>effets pervers<code> </code>», ou si ce ne sont pas que de simples cautères sur une jambe de bois.<br />
<span>   </span><br />
Non, Laurent Wauquiez n&#8217;est pas un homme d&#8217;État (son patron non plus d&#8217;ailleurs&#8230;), c&#8217;est <strong>un chef de produit marketing qui segmente le marché des électeurs</strong> et se demande comment améliorer le «<code> </code>taux de pénétration<code> </code>» de son produit (Sarkozy / UMP) sur le segment de marché dont il a la charge. On peut raisonnablement supposer qu&#8217;il exercerait ses talents avec le même bonheur chez L&#8217;Oréal pour vendre un shampooing antipelliculaire ou chez Royal Canin pour lancer une nouvelle pâtée destinée aux chiens à poils longs.<br />
<span>   </span><br />
Le second enseignement, c&#8217;est que <strong>Sarkozy et son équipe ont une trouille monumentale que les «<code> </code>classes moyennes<code> </code>»</strong> se rapprochent, fassent corps et <strong>se trouvent des intérêts communs et convergents avec les «<code> </code>classes populaires<code> </code>»</strong>. Deux réponses de Wauquiez, à lire un peu entre les lignes, sont, à cet égard, extrêmement révélatrices<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt; text-indent: -7.1pt">– à la question «<code> </code>Quelle est votre définition des classes moyennes<code> </code>?<code> </code>», il répond<code> </code>: «<code> </code><em>&#8230;il y a aussi un sentiment et des valeurs<code> </code>: l&#8217;espoir d&#8217;un avenir meilleur pour leurs enfants, l&#8217;attachement au travail et à l&#8217;effort.</em><code> </code>» Sous-entendu<code> </code>: les classes populaires, elles, n&#8217;ont pas vos valeurs, chers lecteurs des classes moyennes, elles sont composées de fainéants et de chômeurs qui profitent des aides sociales et éduquent mal leurs enfants, alors que vous, classes moyennes, êtes disposées à «<code> </code>travailler plus pour gagner plus<code> </code>»<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt; text-indent: -7.1pt">– une autre question lui est posée après qu&#8217;il ait énuméré tout un catalogue d&#8217;aides en faveur des classes moyennes<code> </code>: «<code> </code>Tout cela ne risque-t-il pas de coûter cher à l&#8217;État<code> </code>?<code> </code>» Réponse<code> </code>: «<code> </code><em>Non, parce que cela doit s&#8217;accompagner&#8230; d&#8217;une logique de droits et devoirs beaucoup plus exigeante. Il faut davantage lutter contre les arrêts de travail abusifs et les fraudes à la Sécurité sociale</em>.<code> </code>»<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La stratégie «<code> </code>petit blanc<code> </code>»</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Au fond, ces propos sont extrêmement révélateurs<code> </code>: <strong>ce qu&#8217;espère Laurent Wauquiez, c&#8217;est une réaction de type «<code> </code>petit blanc<code> </code>» de la part des classes moyennes</strong> qui, bien qu&#8217;économiquement laminées, pourraient choisir d&#8217;apporter leurs suffrages à Sarkozy-UMP pour éviter de voter comme le «<code> </code>type d&#8217;en face<code> </code>», chômeur en fin de droits.<br />
<span>   </span></p>
<p align="left"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/06/classes-moyennes.jpg" title="classes-moyennes.jpg" alt="classes-moyennes.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Il est d&#8217;ailleurs intéressant de noter que <strong>c&#8217;est la même peur d&#8217;une jonction classes moyennes - classes populaires qui pousse un nombre croissant de lobbies à mettre en avant et à rendre «<code> </code>inévitable<code> </code>» la candidature de Strauss-Kahn</strong> (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/09/bonnet-blanc-et-blanc-bonnet/" target="_blank">Bonnet blanc et blanc bonnet</a></em>). La crainte doit être profonde&#8230;</p>
<p class="MsoNormal"> <span>   </span><br />
Laurent Wauquiez devrait pourtant savoir que le plan de rigueur que Sarkozy et son équipe s&#8217;apprêtent à mettre en œuvre sous la pression des banques et des «<code> </code>marchés<code> </code>» (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/05/23/fourches-caudines-ou-tango-argentin/" target="_blank">Fourches caudines ou tango argentin</a></em>) ne fera qu&#8217;aggraver la situation financière d&#8217;une large majorité de Français, désespérant un peu plus les classes moyennes et les poussant à la contestation.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les jeunes, tous précarisés et paupérisés<code> </code>?<br />
</u></strong><span>   </span><br />
<strong>Cette jonction entre classes moyennes et classes populaires pourrait s&#8217;effectuer au niveau des plus jeunes</strong><code> </code>: la différence de revenus entre la  stagiaire Bac +<code> </code>5 payée quelques centaines d&#8217;euros par mois (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/3/" target="_blank">Laura, 27<code> </code>ans, Bac +<code> </code>5, emploi précaire assuré</a></em>) et l&#8217;apprentie-coiffeuse qui n&#8217;a pas obtenu le Bac et est rémunérée le même montant est en effet de plus en plus mince.<br />
<span>   </span><br />
Paupérisation et précarisation sont le lot d&#8217;un nombre croissant de jeunes Français&#8230; Cette «<code> </code>nouvelle pauvreté<code> </code>» qui se développe pourrait accroître la proximité et le <strong>sentiment de «<code> </code>galère commune<code> </code>» entre jeunes qui, bien qu’issus de milieux sociaux différents, se trouvent aujourd’hui logés à la même enseigne</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C&#8217;est donc le comportement des jeunes appartenant aux classes moyennes qui devrait être déterminant à l&#8217;occasion de la prochaine élection présidentielle.</strong> Soit, comme c&#8217;est le cas aujourd&#8217;hui, ceux-ci restent majoritairement peu intéressés par et peu engagés dans l&#8217;action politique et syndicale (voir en ce sens l&#8217;article des <em>Échos</em>, <em><a href="http://www.lesechos.fr/info/france/020591562565.htm?xtor=RSS-2010" target="_blank">CFDT<code> </code>: le casse-tête de la syndicalisation des jeunes</a></em>) et le couple Sarkozy-Strauss-Kahn peut espérer se maintenir à l&#8217;Élysée à grand renfort de campagnes de «<code> </code>communication<code> </code>», soit une prise de conscience se produit, une étincelle met le feu aux poudres&#8230; et là, tout devient (vraiment) possible.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Pire qu&#8217;un crime</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/06/06/pire-quun-crime/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/06/06/pire-quun-crime/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 16:42:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
« C’est pire qu’un crime. C’est une faute. » La célèbre phrase, prononcée à l’occasion de l’assassinat du duc d’Enghien sur ordre de Napoléon Ier, s’applique parfaitement à l’action de piratage menée par les commandos israéliens contre des navires tentant de forcer le blocus décrété unilatéralement par Israël pour isoler la bande de Gaza.
Crime assurément. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
«<code> </code>C’est pire qu’un crime. C’est une faute.<code> </code>» La célèbre phrase, prononcée à l’occasion de l’assassinat du duc d’Enghien sur ordre de Napoléon<code> </code>I<sup>er</sup>, s’applique parfaitement à l’action de piratage menée par les commandos israéliens contre des navires tentant de forcer le blocus décrété unilatéralement par Israël pour isoler la bande de Gaza.</p>
<p><strong>Crime assurément</strong>. Neuf morts dans un assaut qui viole nombre de règles du droit international, perpétré contre des bateaux non armés, dans une débauche de violence qui s’apparente à une action terroriste.</p>
<p><strong>Faute politique évidemment.</strong> Une fois de plus, <strong>en se comportant comme un «<code> </code>État-voyou<code> </code>», Israël fait la quasi-unanimité contre lui au sein de la communauté internationale</strong>. Il voit également s’éloigner un allié de poids, la Turquie, et attise un peu plus (s’il en était besoin<code> </code>!) la haine du monde arabe à son encontre.</p>
<p>Pourquoi<code> </code>? Quel calcul politique derrière cette décision<code> </code>? Quelle explication rationnelle peut expliquer un tel comportement<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Des raisons rationnelles<code> </code>?</strong></u></p>
<p><strong>Si explication rationnelle il y a, il faut peut-être la chercher du côté de la politique intérieure israélienne.</strong> Au sein de son gouvernement et vis-à-vis de l’opinion publique israélienne, le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, envoie constamment des signaux de «<code> </code>fermeté<code> </code>» à l’égard des Palestiniens en général et du Hamas, qui détient la bande de Gaza, en particulier. Il doit <strong>donner des gages à ses alliés d’extrême-droite des partis Shass ou Israël Beytenou qui ont fait de la haine anti-arabe leur fonds de commerce électoral</strong>.</p>
<p>Cette explication est-elle suffisante<code> </code>? Sans doute pas si l’on considère qu’à de très rares exceptions près, quel que soit le Premier ministre ou la formation au pouvoir, <strong>ce type de comportement du gouvernement israélien est devenu monnaie courante</strong>.</p>
<p>En effet, dès que la situation entre Palestiniens et Israéliens fait mine de s’améliorer, dès que l’espoir d’une esquisse de dialogue semble voir le jour, un «<code> </code>incident<code> </code>» – le plus souvent d’origine israélienne – remet tout en cause et accroît un peu plus les tensions entre les deux communautés. On observe ainsi non seulement l’<strong>incapacité de sortir, mais surtout la volonté de rester dans un cycle perpétuel de violence, de haine, de dissensions, de ressentiments</strong>.</p>
<p>À ce niveau, il ne s’agit plus d’un calcul politique<code> </code>: tout «<code> </code>bon<code> </code>» politique essaierait, selon les circonstances, de temporiser, de prendre l’initiative, de diviser le camp adverse, voire de rallier certains «<code> </code>ennemis<code> </code>» à sa cause. Israël fait exactement le contraire<code> </code>: sa violence, ses excès et ses crimes, son refus de toute négociation sérieuse, ont pour conséquence et pour objectif de «<code> </code>radicaliser<code> </code>» les Palestiniens, de rendre chaque jour un peu plus impossible la mise en place d’un accord politique durable et mutuellement accepté.</p>
<p><strong>Si ce n’est par calcul politique «<code> </code>intelligent<code> </code>», la raison d’une telle attitude est alors vraisemblablement plus profonde, plus «<code> </code>culturelle<code> </code>».</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Des raisons «<code> </code>culturelles<code> </code>»<code> </code>?</strong></u></p>
<p>Faut-il aller les chercher du côté de la notion de «<code> </code>peuple élu<code> </code>»<code> </code>? Compte tenu de l’influence grandissante des mouvements religieux traditionalistes en Israël, des phrases du Deutéronome comme «<code> </code>L&#8217;Éternel, ton Dieu, marchera lui-même devant toi, il détruira ces nations devant toi, et tu t&#8217;en rendras maître. Josué marchera aussi devant toi, comme l&#8217;Éternel l&#8217;a dit<code> </code>» sont désormais prises au pied de la lettre.<br />
<span>   </span><br />
Ordonnés par Dieu, l’occupation des terres palestiniennes, la soumission ou le massacre de ses habitants, deviennent parfaitement «<code> </code>légitimes<code> </code>» aux yeux d’une part croissante de la population israélienne.</p>
<p><strong>On ne se soumet plus au droit des hommes, puisque l’on n’a plus de comptes à rendre qu’à Dieu.</strong> «<code> </code>Si obsédés par leur dieu qu’ils ont négligé l’humain<code> </code>»<code> </code>: cette phrase que Marguerite Yourcenar prête à Hadrien dans ses <em>Mémoires</em> reflète parfaitement le «<code> </code>péché originel<code> </code>» d’Israël. <strong>Quand un État est fondé par et pour un groupe religieux et est donc, par essence, théocratique, la raison et l’humanité disparaissent pour laisser la place au dogmatisme et à l’intolérance</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<u><strong>Et demain<code> </code>?</strong></u></p>
<p>Avant de s&#8217;interroger sur le futur, un dernier regard vers le passé. Vous trouverez ci-dessous un lien vous permettant de visionner la conférence de presse du Général de Gaulle du 27<code> </code>novembre 1967 au cours de laquelle il aborde la question d&#8217;Israël et de la Palestine, quelques mois après la guerre des Six Jours.<br />
<span>   </span><br />
Plus de quarante ans après, cette vidéo est d&#8217;une stupéfiante actualité, tant en ce qui concerne les motivations du peuple juif («<code> </code>Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu&#8217;alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu&#8217;ils avaient été de tout temps, c&#8217;est-à-dire un peuple d&#8217;élite, sûr de lui-même et dominateur, n&#8217;en viennent, une fois rassemblés dans le site de son ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu&#8217;ils formaient depuis dix-neuf siècles<code> </code>») que la description d&#8217;une situation qui perdure depuis («<code> </code>Israël ayant attaqué, s&#8217;est emparé, en six jours de combat, des objectifs qu&#8217;il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu&#8217;il a pris, l&#8217;occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s&#8217;y manifeste contre lui la résistance, qu&#8217;à son tour, il qualifie de terrorisme<code> </code>»).<br />
<span>   </span><br />
Quant on sait ce que signifiaient pour de Gaulle les termes «<code> </code>occupation<code> </code>» et «<code> </code>résistance<code> </code>», on ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;y voir un parallèle avec une période de l&#8217;histoire de France où il incarnait cette même résistance. Seul son pronostic selon lequel le règlement de la guerre du Vietnam permettrait de résoudre le conflit au Proche-Orient s&#8217;est avéré erroné.<br />
<span>   </span><br />
<object width="480" height="360"></object></p>
<param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/x3mpd7"></param>
<param name="allowFullScreen" value="true"></param>
<param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/video/x3mpd7" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="480" height="360"></embed><br />
<span>   </span><br />
Et demain<code> </code>? Une autre phrase d’Hadrien, «<code> </code>Dans tout combat entre le fanatisme et le sens commun, ce dernier a rarement le dessus<code> </code>» ne nous incite guère à l’optimisme. Des peuples qui se haïssent, des armes nucléaires à Tel-Aviv et, demain, à Téhéran, une religion prise au pied de la lettre qui pousse au jusqu’au-boutisme comme à Béthar, à l’intolérance et à l’arrogance : <strong>il y a malheureusement plus de probabilités que le triangle Beyrouth-Amman-Gaza soit vitrifié plutôt qu’en paix avant la fin de ce siècle</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Mourir pour un iPhone</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/05/29/mourir-pour-un-iphone/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/05/29/mourir-pour-un-iphone/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 29 May 2010 21:42:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2010/05/29/mourir-pour-un-iphone/</guid>
		<description><![CDATA[« Nous sommes comme des prisonniers.
Nous n&#8217;avons pas de vie.
Nous travaillons, c&#8217;est tout. »
« L&#8217;idée selon laquelle, sans ces usines, les ouvriers mourraient de faim
est un mensonge que les dirigeants utilisent
pour masquer leur culpabilité. »
Témoignage d&#8217;ouvriers chinois
The National Labor Committee
   
Il s’appelait Li Hai. Il avait 19 ans. Mardi dernier, le 25 mai, un peu après 6h00 du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><em><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial">«<code> </code>Nous sommes comme des prisonniers.<br />
Nous n&#8217;avons pas de vie.<br />
Nous travaillons, c&#8217;est tout.<code> </code>»<br />
«<code> </code>L&#8217;idée selon laquelle, sans ces usines, les ouvriers mourraient de faim<br />
est un mensonge que les dirigeants utilisent<br />
pour masquer leur culpabilité.<code> </code>»</span></em></p>
<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial">Témoignage d&#8217;ouvriers chinois<br />
<a href="http://www.nlcnet.org/reports?id=0034" target="_blank"><em>The National Labor Committee</em></a></span></p>
<p><span>   </span><br />
Il s’appelait Li Hai. Il avait 19 ans. Mardi dernier, le 25<code> </code>mai, un peu après 6h00 du matin, il est monté sur le toit de son usine à Shenzhen, non loin de Hong-Kong, et s’est jeté dans le vide pour mettre fin à ses jours.<br />
<span>   </span><br />
Depuis le début de l’année, une dizaine ouvriers de l’usine Foxconn se sont ainsi suicidés. L’«<code> </code>événement<code> </code>» a eu un certain retentissement médiatique car cette usine fabrique et assemble l’iPhone d’Apple mais également des produits pour d’autres marques-phares de l’industrie informatique, comme Dell, Nokia ou Hewlett-Packard. De là un début de polémique sur les conditions de travail chez Foxconn, des démentis d’Apple qui promet une enquête… bref une vaguelette dans la masse d’informations qui déferle chaque jour.<br />
<span>   </span><br />
L’affaire mérite cependant que l’on s’y arrête car elle est symbolique à plus d’un titre.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’envers du décor<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>En premier lieu, elle met en lumière les conditions de travail en Chine et<a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/pause-dans-une-usine-chinoise-dassemblage-de-produits-electroniques.jpg" title="Pause dans une usine chinoise d’assemblaged de produits électroniques.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/pause-dans-une-usine-chinoise-dassemblage-de-produits-electroniques.jpg" title="Pause dans une usine chinoise d’assemblage de produits électroniques.jpg" alt="Pause dans une usine chinoise d’assemblage de produits électroniques.jpg" vspace="10" width="329" align="right" height="185" hspace="10" /></a> <strong>l’envers du décor du «<code> </code>miracle économique chinois<code> </code>»</strong>. Par exemple, peut-on encore parler d’«<code> </code>usine<code> </code>» quand on sait que celle de Foxconn à Shenzhen concentre 300<code> </code>000<code> </code>ouvriers sur un peu plus de 3<code> </code>km²<code> </code>? Six jours sur sept, 10<code> </code>heures par jour au minimum sans compter les heures supplémentaires, on y trime pour un salaire d’une centaine d’euros par mois.<br />
<span>   </span><br />
On devrait plutôt parler d’un immense <strong>camp de travail</strong> car c’est bien ce dont il s’agit<code> </code>: ateliers, réfectoires, dortoirs, contrôle permanent des ouvriers par la milice de l’entreprise, interdictions en tout genre… voilà le quotidien pour des millions de travailleurs chinois qui fabriquent – entre autres – nos vêtements, toute la gadgeterie électronico-informatique que nous utilisons chaque jour, nos futures voitures… sans oublier les couronnes et les bridges utilisés par les dentistes français<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Le tout dans des <strong>conditions de travail plus proches de celles de l’Angleterre du XIX<sup>e</sup><code> </code>siècle que d’un pays civilisé du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle</strong>. Dans les mines de charbon chinoises, on se croirait d’ailleurs revenu à l’époque de la révolution industrielle<code> </code>: des néo-esclaves triment 10 à 12<code> </code>heures par jour pour un salaire de misère, sous la menace permanente d’un coup de grisou ou d’un effondrement des galeries (2<code> </code>631<code> </code>morts «<code> </code>officiels<code> </code>» en<code> </code>2009 dans les mines de charbon en Chine).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Silence radio<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Face à cette situation, <strong>comment réagit le monde occidental<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
</strong>Réponse<code> </code>: <strong>globalement, il s’en désintéresse complètement.</strong><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/15/le-divorce-europeen/china_brickslavesjpg/" rel="attachment wp-att-21" title="china_brickslaves.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/02/china_brickslaves.jpg" title="china_brickslaves.jpg" alt="china_brickslaves.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" /></a><br />
<strong> <span>   </span><br />
</strong>Si l’on tient compte des réactions en fonction des clivages politiques, <strong>la droite préfère souligner</strong> (pour l’admirer ou s’en inquiéter) le «<code> </code>miracle économique chinois<code> </code>», l’amélioration des conditions de vie pour un nombre croissant d’habitants, le sens du travail et de la discipline des Chinois… en résumé <strong>tous les aspects positifs liés au développement du capitalisme et de l’économie de marché</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Quant à <strong>la gauche</strong>, elle est mal à l’aise quand il s’agit de critiquer la Chine et de «<code> </code>taper<code> </code>» sur les dirigeants chinois. Historiquement habituée à dénoncer «<code> </code>l’impérialisme américain<code> </code>», elle <strong>apparaît tétanisée et aphone face à un régime </strong><strong>«<code> </code>c</strong><strong>ommuniste<code> </code>»</strong>, «<code> </code>de gauche<code> </code>», <strong>qui ressemble cependant plus au Second Empire autoritaire de Napoléon<code> </code>III qu’au paradis des travailleurs</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Résultat<code> </code>: silence radio, ou presque. <strong>L’exploitation humaine à visée industrielle la plus importante de l’histoire de l’humanité se déroule sous nos yeux sans, au fond, susciter d’interrogations ou de critiques majeures.</strong> On souffre en silence derrière le rideau de bambou.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Pour un protectionnisme européen<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Sur un mode ironique, on pourrait décrire ce système économique comme celui de la <strong>«<code> </code>double peine<code> </code>»</strong><code> </code>: peine pour les ouvriers chinois qui travaillent dans des conditions quasi-esclavagistes, peine pour les ouvriers européens qui ont vu filer leurs emplois en Asie et se retrouvent au chômage.<br />
<span>   </span><br />
Cette situation soulève, une fois de plus, la question de la <strong>mise en place d’un protectionnisme européen</strong>. La morale et le bon sens politico-économique devraient nous inciter à taxer les produits importés de pays à bas salaires afin de compenser le déséquilibre ahurissant de rémunération entre un ouvrier français et un ouvrier chinois, payé 35 à 40<code> </code>centimes d’euros par heure.<br />
<span>   </span><br />
En effaçant ainsi l’écart de prix de revient entre production intra-européenne et production extra-européenne, on ferait d’une pierre deux coups<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– <strong>on réduirait</strong> le nombre de délocalisations et, plus globalement, <strong>la désindustrialisation</strong> à laquelle nous assistons, avec la perte de compétences et de savoir-faire qu’elle entraîne<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– <strong>on réduirait également la chasse constante à «<code> </code>l’esclave le moins cher<code> </code>» à laquelle se livrent les TGE</strong> (très grandes entreprises) pour produire au moindre coût, ainsi que les effets pervers d’une industrialisation «<code> </code>sauvage<code> </code>» dans les pays victimes de cette chasse<code> </code>: exode rural massif, désertification des campagnes, urbanisation anarchique et non maîtrisée, problèmes d’accès à l’eau potable… la liste est loin d’être close.<o:p></o:p></p>
<p><span>   </span><br />
Bien sûr, cette proposition protectionniste rencontre une objection «<code> </code>classique<code> </code>»<code> </code>: «<code> </code>si nous fermons nos frontières, les autres feront de même et nous n’exporterons plus.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Il faut pourtant se rappeler que 63<code> </code>% du commerce extérieur de la France s’effectue avec nos voisins européens et 80<code> </code>% avec le «<code> </code>monde occidental<code> </code>» en général (voir <a href="http://lekiosque.finances.gouv.fr/APPCHIFFRE/Etudes/tableaux/apercu.pdf" target="_blank">statistiques du commerce extérieur</a>). <strong>Nous ne sommes donc pas dépendants d’exportations à destination de pays à bas salaires</strong>.<br />
<span>   </span><br />
De plus, ne rêvons pas<code> </code>: le continent asiatique forme aujourd’hui des ingénieurs à la pelle et n’a déjà plus besoin de nos «<code> </code>cerveaux<code> </code>» pour créer les Airbus ou les Arianespace qui lui font encore défaut. Donc <strong>inutile de rêver à des contrats type TGV ou centrales nucléaires en échange d’une quelconque ouverture de nos frontières. Cette époque est révolue</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, <strong>ce que nous avons de plus précieux à exporter, c’est </strong>– si nous en sommes encore capables –<strong> notre volonté et notre intransigeance pour défendre et promouvoir les droits de l’homme et la démocratie et, au-delà, un modèle de société où l’homme n’est ni un outil pour produire, ni une machine à concommer</strong>. Jouer les carpettes pour vendre un TGV ou quelques Airbus peut apporter un bénéfice à court terme mais certainement pas nous positionner comme une «<code> </code>grande nation<code> </code>» ayant la capacité de rayonner, de porter un message à visée universelle et de donner un espoir à tous les Li Hai de ce monde.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<title>Fourches caudines ou tango argentin ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/05/23/fourches-caudines-ou-tango-argentin/</link>
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		<pubDate>Sun, 23 May 2010 12:50:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le premier billet de l&#8217;année (voir 2010 : le temps des perspectives), en évoquant les perspectives pour 2010, nous écrivions : « On peut donc s’attendre à ce que les &#8220;défauts&#8221; de paiement des États se multiplient, à commencer par les plus faibles et les plus endettés d’entre eux. Dans cette liste, on trouve traditionnellement la Grèce, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le premier billet de l&#8217;année (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/03/" target="_blank"><em>2010<code> </code>: le temps des perspectives</em></a>), en évoquant les perspectives pour 2010, nous écrivions<code> </code>: «<code> </code><em>On peut donc s’attendre à ce que les &#8220;défauts&#8221; de paiement des États se multiplient, à commencer par les plus faibles et les plus endettés d’entre eux. Dans cette liste, on trouve traditionnellement la Grèce, l’Espagne… mais le vrai danger peut venir de la Grande-Bretagne, des 50<code> </code>États américains et de l’État fédéral lui-même qui fait marcher à plein régime la &#8220;planche à billets&#8221; pour financer son déficit colossal.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Plan d&#8217;austérité en Grèce, coupes budgétaires au Royaume-Uni, mesures de rigueur qui ne disent pas leur nom en France, nous y sommes<code> </code>: sous l&#8217;effet cumulé de dettes publiques massives et des effets pervers d&#8217;un «<code> </code>plan de sauvetage<code> </code>» des banques mis en place l&#8217;année dernière sans aucune contrepartie sérieuse, <strong>les gouvernants des États du Vieux Monde</strong>, de Rome à Washington en passant par Berlin, Madrid, Paris&#8230; <strong>se retrouvent aujourd&#8217;hui au pied du mur</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Sous la pression des marchés (en clair, du lobby bancassurance auquel s&#8217;ajoutent notamment les fonds de pension), ils vont devoir choisir la moins mauvaise solution pour résorber leurs montagnes de déficits.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les fourches caudines<br />
</u></strong><span>   </span><strong><u><br />
</u>Première solution</strong>, celle à laquelle les pousse ce même lobby, celle qui semble «<code> </code>logique<code> </code>» pour les dirigeants, la plupart des «<code> </code>observateurs avisés<code> </code>» et autres théoriciens du «<code> </code>moutonnisme<code> </code>»<code> </code>: <strong>rembourser la dette</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Concrètement, nous allons passer sous les fourches caudines du lobby de la banque et de l’assurance en saignant le brave peuple aux quatre veines, pressurant les pauvres, les classes moyennes (ou ce qu&#8217;il en reste&#8230;), un peu (pas trop) les riches, pour satisfaire les prêteurs.<br />
<span>   </span><br />
Ce faisant,<strong> on va accroître le mal dont nous souffrons depuis 30 ou 40<code> </code>ans<code> </code>: une financiarisation excessive de l&#8217;économie au détriment de la «<code> </code>valeur travail<code> </code>» et de la production</strong>, une concentration toujours plus importante des richesses dans les mains d&#8217;un type d&#8217;entreprises - banques, assurances, fonds de pension&#8230; - qui, contrairement aux mantras de l&#8217;économie libérale («<code> </code>l&#8217;argent des banques sert à financer l&#8217;investissement et la production<code> </code>»), investit essentiellement de façon non productive.<br />
<span>   </span><br />
Des exemples<code> </code>? Ils foisonnent, de l’immobilier (par exemple, les banques, en excès de liquidités, achètent les meilleurs fonds de commerce - regardez à l&#8217;angle de votre rue - et contribuent à faire monter les prix) aux actions des sociétés les plus importantes, type CAC 40 (alors que l&#8217;agriculteur ou le petit entrepreneur n&#8217;obtiendra rien de sa banque, sauf s&#8217;il hypothèque ses propres biens), en passant par la spéculation (disons «<code> </code>investissements mobiliers<code> </code>» ou «<code> </code>prises de position<code> </code>» pour employer un langage politiquement correct) sur les devises, les matières premières, les crédits carbone (le nouvel Eldorado de Wall Street)…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>De Philippe le Bel au tango argentin en passant par les Soviets<br />
</u></strong><span>   </span><strong><u><br />
</u>Seconde solution</strong>, celle qui semble impensable, inimaginable, pas sérieuse en tout cas<code> </code>: <strong>on ne rembourse pas</strong>. Ou, nuance, on rééchelonne la dette, on rembourse une partie du capital mais pas les intérêts.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À l&#8217;extrême, c&#8217;est la solution de la révolution soviétique</strong> où l&#8217;on ne rembourse rien du tout et où l&#8217;on invite les détenteurs d&#8217;«<code> </code>emprunts russes<code> </code>» à s&#8217;asseoir sur leurs créances. <strong>De façon plus modérée, c’est la méthode qu’utilisaient certains papes ou un Philippe le Bel</strong><code> </code>: on ne rembourse qu’une partie de la dette et, si le prêteur râle un peu trop, on l’emprisonne ou on le fait étrangler.<br />
<span>   </span><br />
Cette solution, dans sa version moderne qui n’inclut ni prison ni basses œuvres, a été utilisée par l’Argentine en<code> </code>2001, lorsqu’elle se déclara en cessation de paiements. Elle renégocia ensuite le montant de sa dette et n’accepta, en définitive, que d’en rembourser 30<code> </code>%, contraignant ses prêteurs à faire leur deuil de 70<code> </code>% du montant qui leur était dû.<br />
<span>   </span><br />
Les conséquences si la France mettait en œuvre une solution de ce type<code> </code>? Les marchés financiers vont s’effondrer, certaines banques feront peut être faillite, on parlera de «<code> </code>chaos financier planétaire<code> </code>», les banquiers hurleront, menaceront, glapiront…<br />
<span>   </span><br />
Et alors<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Cette sphère financière, qui absorbe aujourd’hui la plus-value de l’économie réelle et fait (sur)vivre plus d’un milliard d’êtres humains avec moins d’un dollar par jour, est en définitive tellement déconnectée de la réalité quotidienne et de cette même économie réelle, que <strong>les risques d’une telle solution s’avèrent certainement beaucoup moins élevés que les bénéfices</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Après le «<code> </code>chaos<code> </code>»<br />
</u></strong><span>   </span><strong><u><br />
</u></strong>Rêvons un peu. La France décide un moratoire sur le paiement de sa dette<code> </code>: elle ne rembourse plus et, évidemment, n’emprunte plus. Que se passe-t-il<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Compte tenu du poids de cette dette publique (un peu plus de 1<code> </code>500<code> </code>milliards d’euros), <strong>le budget de l’État devrait, en année «<code> </code>normale<code> </code></strong>» (si on met à part la désastreuse année<code> </code>2009)<strong> se retrouver à peu près à l’équilibre, ce qui n’a pas été le cas depuis 30<code> </code>ans</strong><code> </code>: sur un total de 350<code> </code>milliards d’euros de dépenses annuelles, 43<code> </code>milliards sont consacrés au remboursement de la dette, ou plutôt de ses intérêts (pour le capital, on verra plus tard&#8230;).<br />
<span>   </span><br />
43<code> </code>milliards d’intérêts versés chaque année par l’État – c’est-à-dire par nous – essentiellement au profit de la banque et de l’assurance, soit <strong>120<code> </code>millions d’euros tous les jours</strong>, samedis, dimanches et jours fériés inclus… C’est le très gros lot d&#8217;Euromillions à longueur d’année<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Quand on prend la mesure de tels chiffres, on réalise que tous les «<code> </code>plans de sauvetage<code> </code>», «<code> </code>mesures de rigueur<code> </code>» et autres décisions du même acabit qui vont être mis en œuvre n’aboutissent en définitive qu’à saigner un peu plus le malade pour,<em> in fine</em>, préserver à tout prix les intérêts des banques. Rappelons qu’en<code> </code>2009, «<code> </code>mauvaise année<code> </code>» pour ces dernières, le résultat avant impôts de BNP Paribas, «<code> </code>petit joueur<code> </code>» par rapport aux banques chinoises et américaines, a été de 9<code> </code>milliards d’euros.<br />
<span> </span><span>  </span><br />
<strong>La déification de l’argent et l’adoration des ratios financiers</strong>, érigés en normes suprêmes, même et surtout par des hommes et femmes politiques qui n’envisagent plus un seul instant de s’attaquer au veau d’or, <strong>a atteint de tels sommets que la perspective</strong> d’un défaut de paiement ou <strong>d’une véritable confrontation avec l’establishment financier, leur apparaît quasiment impie, blasphématoire</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Refuser aujourd’hui d’obéir aux injonctions de l’establishment bancaire, Banque mondiale en tête, équivaut à s’opposer à la volonté du pape au XIV<sup>e</sup><code> </code>siècle<code> </code>: c’est risquer l’excommunication et le bûcher<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Aucun risque pour Sarkozy qui, en serviteur zélé de cet establishment, propose d’inscrire l’équilibre budgétaire – en d’autres termes le malthusianisme économique – dans la Constitution, «<code> </code>sanctuarisant<code> </code>» ainsi les intérêts de ce lobby.<br />
<span>   </span><br />
Il faudra donc une sacrée dose de courage politique pour oser, toutes proportions gardées, être le Luther ou le Calvin du XXI<sup>e</sup><code> </code>siècle face à ce qu’il faut bien appeler la religion de la toute-puissance de l’argent, pour s’opposer au <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/04/04/" target="_blank"><em>Ad majorem pecuniae gloriam</em></a> qui règle désormais les affaires du monde.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Énergie et automobile : où en est la Chine ?</title>
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		<pubDate>Sat, 15 May 2010 22:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
Dans un précédent billet (Afghanistan : les véritables enjeux), nous défendions la thèse selon laquelle l’objectif non révélé des Américains, en occupant l’Afghanistan, était de contrôler l’une des voies d’acheminement du pétrole et du gaz vers la Chine, se donnant ainsi un moyen de pression sur ce pays dans leur confrontation économique et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
Dans un précédent billet (<a href="http://lalettredulundi.fr/2010/02/07/afghanistan-les-veritables-enjeux/" target="_blank"><em>Afghanistan : les véritables enjeux</em></a>), nous défendions la thèse selon laquelle l’objectif non révélé des Américains, en occupant l’Afghanistan, était de <strong>contrôler l’une des voies d’acheminement du pétrole et du gaz vers la Chine</strong>, se donnant ainsi un moyen de pression sur ce pays dans leur confrontation économique et financière.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Où en est-on aujourd’hui sur ce <span>volet énergie</span> ?<br />
</u></strong><br />
Les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie révèlent que la Chine produit plus de 80<code> </code>% de l’énergie qu’elle consomme, grâce à ses centrales électriques au charbon, à ses barrages hydroélectriques (le dernier étant le barrage géant dit des Trois Gorges), à sa propre production de gaz, de pétrole, et d’électricité verte photovoltaïque et éolienne.</p>
<p>La Chine doit donc importer 20<code> </code>% de ses besoins énergétiques. Sachant qu’elle consomme 20,6<code> </code>% (chiffres<code> </code>2007) de l’énergie consommée dans le monde, <strong>les volumes de gaz et de pétrole que ce pays doit importer sont énormes, de l’ordre de 250 à 300<code> </code>millions de tonnes équivalent pétrole par an</strong>. On comprend ainsi ses actions multiples ces dernières années pour sécuriser ses approvisionnements, notamment via des accords avec l’Angola, le Venezuela, la Russie (pour exploiter le gaz de Sibérie), l’Algérie.</p>
<p>Les autorités chinoises ont récemment révélé que <strong>le pays a besoin d’une croissance annuelle minimum de son PIB</strong> (produit intérieur brut) <strong>de 7<code> </code>% pour créer les emplois et financer les dépenses sociales sans lesquels elles redoutent des mouvements sociaux</strong> qu’elles ne pourraient contrôler.</p>
<p>Qui dit croissance dit besoins en énergie. On voit là pourquoi <strong>les importations de pétrole et de gaz sont considérées par les autorités chinoises comme vitales pour la stabilité sociale du pays</strong>.<a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/mineur-chinois.jpg" title="Dans une mine de charbon en Chine"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/mineur-chinois.jpg" title="Dans une mine de charbon en Chine" alt="Dans une mine de charbon en Chine" vspace="10" align="right" hspace="10" /></a> Et pourquoi toute action des Occidentaux pour limiter ou contrôler ces importations chinoises d’énergie peuvent servir d’éléments de négociation sur d’autres sujets comme la réévaluation de la devise chinoise, la limitation des activités nucléaires iraniennes de nature militaire, les restrictions des exportations chinoises de toutes sortes de produits (en complément des accords de l’OMC - Organisation Mondiale du Commerce).</p>
<p>Toutefois, un événement récent pourrait changer la donne. Le charbon était réputé polluant. Or, les États-Unis ont récemment décidé la construction de 150<code> </code>centrales électriques au charbon. En effet, <strong>on sait maintenant construire des centrales électriques au charbon faiblement polluantes</strong>.</p>
<p>Compte tenu de l&#8217;importance des réserves chinoises de charbon (au rythme actuel d’extraction, celles-ci représentent quasiment un demi-siècle d’exploitation…), <strong>ce nouveau procédé de production d’électricité pourrait en partie combler les besoins chinois en énergie</strong>. L’avenir nous le dira&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et l’automobile ?</u></strong></p>
<p>Dans cet autre domaine qu’est la <strong>production de voitures</strong>, la position chinoise est au contraire très favorable.</p>
<p><strong>Le marché chinois est devenu le premier marché automobile mondial.</strong> <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/prototype-de-voiture-chinoise.jpg" title="Prototype de voiture chinoise" alt="Prototype de voiture chinoise" vspace="10" width="300" align="right" height="202" hspace="10" />On sait que tous les constructeurs mondiaux implantent des usines de production dans ce pays. Ce qui est moins connu, c’est que les constructeurs chinois ont, pour exporter en Europe, acquis un savoir d’excellent niveau s’agissant des voitures «<code> </code>propres<code> </code>», de façon à satisfaire les normes européennes. Voilà pour le futur immédiat. <strong>On verra bientôt en Europe des voitures chinoises de bonne qualité, peu émettrices en CO<sub>²</sub> et moins chères que les voitures européennes</strong>.</p>
<p>Ce n’est pas tout. Les fabricants chinois de batteries dominent déjà le marché des téléphones mobiles. Ils vont demain équiper les voitures électriques ou hybrides chinoises de batteries performantes, plaçant leurs constructeurs nationaux en position très favorable sur ce nouveau créneau du marché automobile mondial.</p>
<p>Énergie, un domaine où la Chine est vulnérable. Automobile, un secteur où la Chine s’est donné les moyens de dominer le marché mondial. <strong>Il est possible que le contrôle par les pays occidentaux des voies d’approvisionnement de la Chine en pétrole et gaz soit le seul moyen pour eux de forcer ce pays à limiter ses exportations d’automobiles</strong>.</p>
<p>En 1991, via la guerre du Golfe au Koweït et en Irak, les Américains avaient déjà utilisé ce moyen de pression (le contrôle de l’approvisionnement en pétrole) pour contraindre le Japon à limiter ses exportations aux États-Unis de produits qui menaçaient l’industrie américaine. On a vu, cependant, que l’efficacité de ce moyen de pression est temporaire.</p>
<p>Après la «<code> </code>vague japonaise<code> </code>» des années<code> </code>1980 et 1990 qui avait quasiment balayé l’industrie électronique grand public en Europe (appareils photo, caméras, magnétoscopes, téléviseurs…), la «<code> </code>vague chinoise<code> </code>» des années 2010/2020 pourrait faire de même dans le secteur automobile, avec des conséquences dramatiques sur l’emploi. Voilà qui soulève, une fois de plus, la <strong>nécessité de mettre en place un protectionnisme européen</strong>, que nous avons abordée dès nos premiers billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/15/le-divorce-europeen/" target="_blank"><em>Le divorce européen</em></a>, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/3/" target="_blank">Le point de basculement</a></em>, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/5/" target="_blank">Quatre enjeux pour l’Europe</a> </em>; voir également <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/page/5/" target="_blank">2010 : le temps des perspectives</a></em> pour une opinion plus globale sur la Chine).<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Bonnet blanc et blanc bonnet</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/05/09/bonnet-blanc-et-blanc-bonnet/</link>
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		<pubDate>Sun, 09 May 2010 12:56:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
« Tous les regards se tournent vers DSK » (Europe 1)
« DSK est le mieux placé pour 2012, la droite le redoute » (Le Figaro)
« Vers un duel Sarkozy-DSK » (Le Parisien)
Lorsque, le 14 février dernier, dans un billet intitulé Une hirondelle ne fait pas le printemps, nous écrivions qu’ «  il importe d’être lucide dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 8pt"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">« <em>Tous les regards se tournent vers DSK</em> » (Europe 1)</span><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 8pt"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">« <em>DSK est le mieux placé pour 2012, la droite le redoute</em> » (Le Figaro)</span><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 8pt"><span style="font-size: 9pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">« <em>Vers un duel Sarkozy-DSK</em> » (Le Parisien)</span></p>
<p class="MsoNormal">Lorsque, le 14 février dernier, dans un billet intitulé <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/02/14/une-hirondelle-ne-fait-pas-le-printemps/" target="_blank">Une hirondelle ne fait pas le printemps</a></em>, nous écrivions qu’ «<code> </code> <em>il importe d’être lucide dans la recherche d’une </em><a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/sarkozy-et-strauss-kahn.jpg" title="sarkozy-et-strauss-kahn.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/sarkozy-et-strauss-kahn.jpg" title="sarkozy-et-strauss-kahn.jpg" alt="sarkozy-et-strauss-kahn.jpg" vspace="10" width="266" align="right" height="175" hspace="10" /></a><em>alternative politique à Sarkozy et de ne pas se précipiter dans les bras du premier venu dont l’arrivée aura été préparée par ceux qui ont intérêt à ce que ce programme de &#8220;triple flinguage&#8221; se réalise. Attention à ce qu’une alternative à droite, ou avec un candidat centriste ou de gauche &#8220;libéral-compatible&#8221;, ne soit pas un miroir aux alouettes</em><code> </code>», nous ne pensions alors pas que le pronostic se réaliserait aussi rapidement.<br />
<span>   </span><br />
Il faut dire qu&#8217;il y a urgence<code> </code>: avec 34<code> </code>% d&#8217;opinions favorables seulement (et seulement 33<code> </code>% des Français qui souhaitent une candidature Sarkozy en<code> </code>2012), <strong>la réélection de Sarkozy apparaît de plus en plus problématique</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Un « cahier des charges » très clair…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
<strong>Pour de nombreux lobbies, il est donc essentiel que l&#8217;autre finaliste de la présidentielle de<code> </code>2012 présente les mêmes garanties et offre les mêmes avantages que l&#8217;actuel locataire de l&#8217;Élysée</strong><code> </code>: au-delà du discours que cet «<code> </code>autre finaliste<code> </code>» devra tenir au bon peuple et sur lequel il dispose d&#8217;une grande latitude (ce n&#8217;est, après tout, que de la com&#8217;, du boniment de foire<code> </code>; à lui de trouver la bonne recette), <strong>il importe avant tout qu&#8217;il continue de respecter le cahier des charges suivant</strong><code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt">– en premier lieu – c&#8217;est une évidence – <strong>ne pas s&#8217;opposer aux intérêts de ces lobbies</strong>. Pour la galerie, cela n&#8217;interdit pas les effets de manches contre les bonus des traders ou la dénonciation du «<code> </code>pouvoir de l&#8217;argent<code> </code>» mais, dans la «<code> </code>vraie vie<code> </code>», pas question, par exemple, de remettre en cause la règle selon laquelle la BCE ne peut pas prêter aux États membres.<br />
Cette disposition permet en effet aux banques d&#8217;emprunter auprès de cet organisme à un taux bien inférieur à celui auquel elles vont ensuite reprêter aux États membres, engrangeant au passage des marges de plusieurs milliards d&#8217;euros<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt">– en second lieu, <strong>poursuivre, morceau par morceau, le transfert au privé des services publics les plus rentables</strong>. Leur nombre s&#8217;est réduit, hélas, les plus belles pièces de cette vente aux enchères ayant déjà trouvé preneurs.<br />
Il reste cependant un article de choix<code> </code>: le système de protection sociale, sur lequel lorgnent compagnies d&#8217;assurances, sociétés pharmaceutiques et autres réseaux de cliniques privées. En laissant à l&#8217;État – c&#8217;est-à-dire à nous – le soin de s&#8217;occuper des pauvres et des indigents, l&#8217;objectif de ces différents lobbies est de récupérer les consommateurs les plus rentables (classe moyenne supérieure et, bien sûr, classes les plus aisées), ceux qui ont les moyens, directement ou via leur entreprise, d&#8217;assurer leur santé<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 49.65pt">– enfin, continuer à mettre en place une fiscalité «<code> </code>adaptée aux enjeux du XXIe siècle<code> </code>». En clair,<strong> touche pas à mes privilèges</strong>. Sarkozy avait réalisé un très joli coup dès le début de son mandat avec la loi TEPA, remarquable concentrateur de richesses sous prétexte d&#8217;aide à la transmission du patrimoine familial et de soutien au pouvoir d&#8217;achat.<br />
Sur ce dossier, il faudra au minimum biaiser pour donner à ronger quelques os sans importance réelle mais pouvant faire l&#8217;objet d&#8217;un important battage médiatique, au mieux ne rien faire en optant pour une politique du «<code> </code>ni ni<code> </code>».<o:p></o:p><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span></p>
<p class="MsoNormal"> <strong><u>&#8230; pour le candidat idéal</u></strong></p>
<p><strong><u></u>Pour remplir ce cahier des charges</strong>, et parce qu&#8217;il faut bien un opposant étiqueté «<code> </code>de gauche<code> </code>» face à Sarkozy au second tour de la présidentielle, <strong>Strauss-Kahn apparaît comme le plus indiqué</strong><code> </code>: avec lui, pas de risque de dérapage vers «<code> </code>l&#8217;ultra-gauche<code> </code>». Membre de l&#8217;establishment financier, le cénacle dans lequel il évolue, notamment depuis sa nomination au FMI, serait ravi de le voir accéder à ce poste.<br />
<span>   </span><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/dsk2.jpg" title="dsk2.jpg" alt="dsk2.jpg" vspace="10" width="242" align="left" height="138" hspace="10" />Cerise sur le gâteau, il est catalogué «<code> </code>social-démocrate responsable<code> </code>» et homme de gauche<code> </code>! Cette étiquette, qui en fait rire plus d&#8217;un, présente un avantage majeur<code> </code>: Strauss-Kahn est remarquablement placé pour mener une politique d&#8217;endormissement collectif, de fausses promesses et de tergiversations permanentes. Avec Strauss-Kahn à l&#8217;Élysée, la probabilité d&#8217;une remise en cause sérieuse du pouvoir des lobbies est à peu près aussi élevée que celle de rencontrer un ours polaire au milieu du Sahara.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Une finale Sarkozy - Strauss-Kahn en<code> </code>2012, c&#8217;est en définitive le<em> dream team</em> des lobbies, notamment ceux de la «<code> </code>bancassurance<code> </code>», et de l&#8217;establishment financier</strong>. Pour eux, c&#8217;est un match de rêve, un «<code> </code>Pile je gagne, face tu perds<code> </code>». <strong>Pour la France et les Français, c&#8217;est la garantie que la société inégalitaire qui se renforce un peu plus chaque jour consolidera ses assises pendant cinq autres années.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
</strong>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Retraites : l&#8217;arnaque</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/05/02/retraites-larnaque/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/05/02/retraites-larnaque/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 May 2010 15:12:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« En 1990, 9,5 millions de retraités
En 2010, 16 millions de retraités
En 2030, 21 millions de retraités. »
   
Avec des slogans de ce type, dans le cadre d’une campagne de communication de plus de 5 millions d’euros, le trio Sarkozy-Fillon-Woerth a lancé il y a quelques semaines la « réforme des retraites ». Objectif de cette première phase : persuader les Français que « ça [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>«<code> </code>En 1990, 9,5<code> </code>millions de retraités<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/campagne-gouvernement-retraites3.jpg" title="Campagne du gouvernement sur les retraites - avril 2010" alt="Campagne du gouvernement sur les retraites - avril 2010" vspace="15" width="208" align="right" height="288" hspace="15" /><br />
En 2010, 16<code> </code>millions de retraités<br />
En 2030, 21<code> </code>millions de retraités. »<br />
<span>   </span><br />
Avec des slogans de ce type, dans le cadre d’une campagne de communication de plus de 5<code> </code>millions d’euros, le trio Sarkozy-Fillon-Woerth a lancé il y a quelques semaines la «<code> </code>réforme des retraites<code> </code>». Objectif de cette première phase<code> </code>: persuader les Français que «<code> </code>ça ne peut plus durer comme ça<code> </code>», qu’il «<code> </code>va falloir faire quelque chose<code> </code>» et que, compte tenu de l’augmentation du nombre des retraités, nous allons devoir nous résigner à cotiser plus longtemps… et à percevoir moins.<br />
<span>   </span><br />
Présenté sous cet angle, le débat est complètement biaisé, faussé. <strong>Ne traiter que de la question des retraites en l’isolant du thème beaucoup plus large de la rémunération du travail et de la répartition des richesses, c’est vouloir, dès le départ, que l’arbre cache la forêt.</strong><br />
<span>   </span><br />
Prenons donc un peu de recul et revenons aux «<code> </code>fondamentaux<code> </code>» des relations entre coût du travail et partage de la valeur générée par le travail.<br />
<span>   </span><br />
Pourquoi rémunère-t-on un salarié<code> </code>? Tout simplement parce qu’il «<code> </code>rapporte<code> </code>», c’est-à-dire qu’il «<code> </code>dégage<code> </code>» une certaine productivité, créant ainsi, pour son employeur, un montant de richesses supérieur au salaire qui lui est versé.<br />
<span>   </span><br />
Cette productivité, cette richesse créée par le travailleur, permet<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">– de le rémunérer sous forme de salaire<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">– de dégager une marge, un profit, pour l’entreprise qui l’emploie<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">– de régler les retraites de ceux qui ne travaillent plus (si l’on se trouve dans un système de retraite par répartition) ou de constituer une épargne pour les futurs retraités (dans un système de retraite par capitalisation).</p>
<p class="MsoNormal">En toute logique, <strong>plus la productivité du travailleur augmente, plus il crée de richesses, plus son salaire devrait augmenter</strong>, comme devraient croître le bénéfice de l’entreprise et la somme versée ou épargnée pour les retraites.<br />
<span>   </span><br />
Est-ce le cas<code> </code>? Un simple coup d’œil au graphique ci-dessous (source des chiffres<code> </code>: INSEE) va permettre de comprendre l’état de la situation… et la véritable nature du problème.</p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/productivite-du-travail-et-salaires-par-tete.jpg" alt="Productivité et salaires" /></p>
<p class="MsoNormal">Comme on le voit, pendant une vingtaine d’années, <strong>de<code> </code>1959 à<code> </code>1979, tout gain de productivité se traduisait automatiquement par une hausse équivalente des salaires</strong>. Et puis, <strong>à compter du début des années<code> </code>1980, tout déraille</strong><code> </code>: la productivité des salariés continue de s’améliorer mais <strong>les salaires</strong> décrochent. Trente ans après ce décrochage, ils <strong>sont aujourd’hui 35<code> </code>% inférieurs à ce qu’ils devraient être s’ils avaient augmenté en phase avec les gains de productivité<code> </code>!</strong><br />
<span>   </span><br />
De plus, ce graphique ne reflète pas un élément aggravant qui a pris naissance à la même époque<code> </code>: plus élevé le salaire, plus forte la hausse dont il a bénéficié.</p>
<p class="MsoNormal"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/05/evolution-des-salaires-1996-2006.jpg" alt="evolution-des-salaires-1996-2006.jpg" /><br />
<span>   </span><br />
Ainsi, en 10 ans, <strong>les 0,1<code> </code>% de salariés les mieux rémunérés</strong> (environ 13<code> </code>000 personnes en France) <strong>ont vu leur salaire mensuel progresser de 28<code> </code>%</strong>, inflation déduite, soit un gain de 5<code> </code>426<code> </code>€ par mois (oui, par mois…) <strong>alors que 90<code> </code>% des salariés n’ont enregistré aucune progression significative</strong>.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Pour 90<code> </code>% des salariés, la rémunération est donc restée à peu près la même (inflation déduite) entre<code> </code>2000 et<code> </code>2010<code> </code>! La conséquence<code> </code>? En 30<code> </code>ans, l’écart entre augmentation de la productivité et augmentation des salaires (hormis les salaires les plus élevés) atteint 45<code> </code>%<code> </code>! Vous avez bien lu<code> </code>: <strong>si, ces trente dernières années, votre salaire avait augmenté dans les mêmes proportions que votre productivité, vous seriez rémunéré 45<code> </code>% de plus qu’aujourd’hui<code> </code>!</strong><br />
<span>   </span><br />
Mais où sont allés tous ces gains de productivité<code> </code>? Qui en a bénéficié<code> </code>? Les entreprises, tout simplement, sous la forme d’une véritable explosion des bénéfices, lesquels, ne trouvant pas à s’employer dans l’investissement productif faute d’une demande solvable suffisante, se sont rués vers la finance et l’investissement spéculatif, générant des «<code> </code>bulles<code> </code>» boursières à répétition. Mais ceci est une autre histoire qui fera certainement l’objet d’un prochain billet…<br />
<span>   </span><br />
Revenons au cœur de notre sujet en mettant en perspective, au niveau national, les montants des salaires d’une part, des bénéfices d’autre part. La masse totale des salaires de l’ensemble des entreprises du secteur privé est de l’ordre de 500<code> </code>milliards d’euros par an. En comparaison, les 40<code> </code>sociétés du CAC<code> </code>40 «<code> </code>dégagent<code> </code>» 100<code> </code>milliards d’euros de bénéfices par an (à l’exception de<code> </code>2009, «<code> </code>mauvaise année<code> </code>» où les bénéfices n’ont été «<code> </code>que<code> </code>» de 47<code> </code>milliards d’euros). <strong>40<code> </code>entreprises réalisent donc un bénéfice égal au cinquième de la rémunération de tous les salariés du privé en France<code> </code>!</strong><br />
<span>   </span><br />
On le comprend mieux<code> </code>: <strong>aborder uniquement la question des retraites avec pour seul objectif de faire peser la charge de leur paiement sur les seuls salariés</strong>, c’est traiter volontairement le problème par le petit bout de la lorgnette et <strong>c’est surtout charger encore plus la barque de ceux qui, depuis 30<code> </code>ans, n’ont absolument pas bénéficié des efforts qu’ils ont réalisés pour augmenter la productivité des entreprises</strong>, notamment des plus grandes.<br />
<span>   </span><br />
Poursuivons en effet le calcul<code> </code>: le rattrapage de l’écart existant entre augmentation cumulée de la productivité et augmentation cumulée des salaires (35 à 45<code> </code>% selon le mode de calcul<code> </code>; voir ci-dessus) représente 168 à 216<code> </code>milliards d’euros par an. Dans ces conditions, <strong>la centaine de milliards d’euros de déficit du régime des retraites que l’on nous présente comme un épouvantail est tout à fait «<code> </code>absorbable<code> </code>» par les entreprises, notamment les plus importantes, qui ont profité à plein, depuis 30<code> </code>ans d’une productivité sans cesse accrue de leurs collaborateurs, sans les en faire bénéficier en retour</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span>©</span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>De la réforme constitutionnelle : deux propositions</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/04/25/de-la-reforme-constitutionnelle-deux-propositions/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Apr 2010 16:23:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le précédent billet (voir De la réforme constitutionnelle : un diagnostic), nous avons effectué un tour d’horizon de la situation des pouvoirs dans la France de 2010 pour arriver au diagnostic suivant : hypertrophie aggravée du pouvoir exécutif et, au sein de cet exécutif, du rôle du Président et de ses conseillers, aboutissant à une quasi-monarchisation de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le précédent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/04/11/de-la-reforme-constitutionnelle-un-diagnostic/" target="_blank"><em>De la réforme constitutionnelle<code> </code>: un diagnostic</em></a>), nous avons effectué un tour d’horizon de la situation des pouvoirs dans la France de<code> </code>2010 pour arriver au diagnostic suivant<code> </code>: <strong>hypertrophie aggravée du pouvoir exécutif et, au sein de cet exécutif, du rôle du Président et de ses conseillers, aboutissant à une quasi-monarchisation de la structure des pouvoirs en France</strong>, avec tous les risques, les dérives et les excès que cette situation comporte.<br />
<span>   </span><br />
Comment y remédier<code> </code>? Comment remettre en marche un système républicain, adapté aux conditions politiques du début du XXI<sup>e</sup> siècle<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Pour atteindre cet objectif, deux types de mesures doivent, à notre avis, être mises en œuvre<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">– en premier lieu, <strong>redonner une autonomie, une capacité d’action, un véritable pouvoir, au législatif</strong>. Il nous apparaît en effet indispensable de rééquilibrer les pouvoirs en place, de redonner aux «<code> </code>représentants du peuple<code> </code>» la capacité d’exercer les fonctions pour lesquelles ils ont été élus<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">– en second lieu, <strong>redonner (ou plutôt donner) un pouvoir de décision directe au «<code> </code>peuple souverain<code> </code>» en multipliant les référendums, ou plutôt les «<code> </code>votations<code> </code>»</strong> comme les désignent les Suisses, c&#8217;est-à-dire les consultations directes de citoyens sur des sujets d&#8217;intérêt local, régional ou national.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
Cette seconde proposition est, selon nous, indissociable de la première qu’elle prolonge et complète<code> </code>: il faut à la fois redonner du pouvoir aux «<code> </code>représentants du peuple<code> </code>» mais également en donner aux citoyens eux-mêmes, pour leur permettre de devenir les acteurs directs de l’exercice du pouvoir.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et concrètement<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour que le pouvoir législatif retrouve une véritable capacité d’action, on peut envisager de<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">– <strong>déconnecter le calendrier parlementaire du calendrier présidentiel, en organisant les élections législatives à mi-mandat présidentiel</strong> (conséquence<code> </code>: la majorité parlementaire ne sera plus quasi-automatiquement la copie conforme de la majorité présidentielle)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">– <strong>supprimer le droit de dissolution de l’Assemblée nationale dont dispose le Président de la République</strong> (conséquence<code> </code>: les députés auront une liberté de parole accrue, ils n’auront plus à craindre la menace d’une dissolution en cas de «<code> </code>rébellion<code> </code>» contre l’exécutif… ou de lubie présidentielle)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">– corrélativement, <strong>supprimer toute responsabilité du gouvernement devant le Parlement</strong> (le but est d’éviter un «<code> </code>gouvernement d’assemblée<code> </code>», excès inverse de la monarchisation. Nommé par le Président, le gouvernement ne répondra que devant lui seul… mais devra composer avec un Parlement qui ne sera plus nécessairement à ses ordres)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">– <strong>partager la définition du calendrier parlementaire entre l’exécutif et le législatif</strong>, afin que le volume des textes de lois proposés par les députés, aujourd’hui symbolique, augmente significativement.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal">Ces mesures ne sont évidemment pas les seules qui pourraient être envisagées pour aboutir à ce que nous estimons souhaitable pour la France de<code> </code>2010<code> </code>: <strong>un régime de séparation stricte des pouvoirs</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En déconnectant ainsi totalement le pouvoir législatif du pouvoir exécutif (le Président ne disposerait pas d’un droit de veto, à l’inverse de ce qui existe aux États-Unis), <strong>la probabilité d&#8217;une cohabitation d&#8217;un nouveau genre augmente singulièrement</strong>. Par exemple, on pourrait voir cohabiter un gouvernement Fillon avec une majorité de gauche et du centre (sans compter des députés de droite beaucoup plus «<code> </code>libres<code> </code>»). Surréaliste<code> </code>? Inefficace<code> </code>? Loin de là si on y réfléchit un instant.<br />
<span>   </span><br />
En effet, s&#8217;il veut faire voter un texte, le gouvernement devra en «<code> </code>raboter<code> </code>» les aspects les plus extrémistes, redonnant ainsi tout son sens et toute sa valeur au pouvoir législatif.<br />
<span>   </span><br />
L&#8217;argument selon lequel le Président n&#8217;aurait pas les moyens de mettre en œuvre le programme sur lequel il a été élu ne tient pas vraiment. D’une part, il n’est pas le seul à disposer d’un programme. Le ou les partis qui constituent la majorité à l’Assemblée en ont également un et chercheront à le mettre en œuvre par la voie législative.<br />
<span>   </span><br />
D’autre part, élu sur un programme ou un objectif, par exemple la promesse de «<code> </code>travailler plus pour gagner plus<code> </code>», un Président ne sera politiquement crédible que si les mesures qu’il propose au Parlement répondent à cet objectif, non si elles visent à améliorer le sort des plus riches en «<code> </code>aménageant<code> </code>» le bouclier fiscal ou en les quasi-exonérant de droits de succession.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Et la consultation directe<code> </code>?<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Dans de nombreux pays, lorsque les citoyens se déplacent pour élire leurs représentants, ils ont l&#8217;opportunité de s&#8217;exprimer sur un ensemble de sujets qui les concernent au plan national, régional ou local.<br />
<span>   </span><br />
Tel n’est pas aujourd’hui le cas en France. Depuis les questions d’intérêt purement local (doit-on construire une patinoire ou une piscine dans ma ville<code> </code>?) aux thèmes qui concernent l’ensemble de la nation, <strong>il y a urgence à permettre aux citoyens de s’exprimer autrement que par le truchement de sondages</strong>. Corrélativement, il faut également que <strong>toutes ces consultations puissent être mises en œuvre par l’initiative populaire</strong>, et non par la seule volonté de l’exécutif.<br />
<span>   </span><br />
Le référendum a mauvaise réputation en France car il a été souvent utilisé pour ce qu’il ne devrait pas être – un plébiscite, c’est-à-dire le soutien inconditionnel à un homme – et non pour ce qu’il est<code> </code>: <strong>l’outil démocratique le plus puissant dont les citoyens disposent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Il ne s’agit donc pas de le «<code> </code>réhabiliter<code> </code>» mais bien de l’utiliser, et ce de façon intensive<code> </code>: le risque d’un «<code> </code>surdosage démocratique<code> </code>» est aujourd’hui beaucoup plus faible (et surtout beaucoup moins grave) que le sous-dosage auquel nous assistons. Déclenchée par l’initiative populaire, <strong>la «<code> </code>votation<code> </code>» permet, à tous niveaux, de mettre véritablement en œuvre la démocratie</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Changer de culture politique<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Ce type de réformes «<code> </code>responsabilisantes<code> </code>» présente de surcroît un autre avantage<code> </code>: <strong>nous éloigner d’une culture politique infantilisante, où l’on attend tout de l&#8217;homme providentiel ou du Président-monarque</strong>, qu’il soit de droite ou de gauche, comme les sujets de l’Ancien Régime attendaient du roi qu’il guérisse les écrouelles.<br />
<span>   </span><br />
Faire tomber la tête d’un roi dans un panier était sans doute – au moins symboliquement – indispensable pour décréter la République. Mais <strong>c’est aujourd’hui dans leur tête que les citoyens doivent abandonner une conception trop monarchique du pouvoir pour devenir acteurs – et non spectateurs – de la démocratie</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>De la réforme constitutionnelle : un diagnostic</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/04/11/de-la-reforme-constitutionnelle-un-diagnostic/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/04/11/de-la-reforme-constitutionnelle-un-diagnostic/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 15:33:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le thème que nous allons aborder dans ce billet et celui à venir peut sembler de prime abord particulièrement aride et rébarbatif : les règles constitutionnelles. Il est pourtant d’une importance capitale car il s’agit de repenser les « règles du jeu » du noyau central de l’appareil d’État.
   
Contester le ou les dirigeants en place [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 12pt; border: 1.5pt solid windowtext; padding: 5pt; margin-left: 12.55pt; margin-right: 12.15pt"><em><span style="font-size: 10pt; font-family: 'Arial','sans-serif'">Le thème que nous allons aborder dans ce billet et celui à venir peut sembler de prime abord particulièrement aride et rébarbatif : les règles constitutionnelles. Il est pourtant d’une importance capitale car <strong>il s’agit de repenser</strong> <strong>les «<code> </code>règles du jeu<code> </code>» du noyau central de l’appareil d’État</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Contester le ou les dirigeants en place alors que «<code> </code>le ver est dans le fruit<code> </code>», c’est-à-dire que l’application des règles constitutionnelles en vigueur génère «<code> </code>naturellement<code> </code>», mécaniquement pourrait-t-on dire, les abus que l’on critique, ne permet que de traiter les symptômes apparents du mal, non de guérir véritablement le malade.<br />
<span>   </span><br />
Dans le domaine constitutionnel, rien n’est gravé dans le marbre. Une Constitution qui a répondu aux besoins et aux nécessités du pays en<code> </code>1958 peut se révéler, malgré plusieurs modifications dont elle a fait l’objet, inadaptée 50 ou 60<code> </code>ans plus tard, compte tenu de changements et d’évolutions liés à la nature de l’exercice du pouvoir. Et ce qui est souhaitable en<code> </code>2010 ne le sera probablement plus en<code> </code>2040 ou<code> </code>2060…<o:p></o:p></span></em></p>
<p><span>   </span><br />
Le présent billet s’efforce de présenter l’état des lieux, de brosser la situation constitutionnelle de la France en<code> </code>2010, puis celui du 25<code> </code>avril (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/" target="_blank"><em>De la réforme constitutionnelle<code> </code>: deux propositions</em></a>) avancera quelques propositions de réformes et de modifications.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Par où commencer<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, par définir le cadre de cette réflexion. Il existe de multiples pouvoirs dans la France d’aujourd’hui mais deux d’entre eux, bien que présents à toutes les époques, ont pris une <strong>importance croissante depuis 20 ou 30<code> </code>ans</strong> : le <strong>pouvoir des médias</strong> d’une part, celui <strong>de la finance et des lobbies</strong> d’autre part.<br />
<span>   </span><br />
Nous en traiterons dans de prochains billets pour nous concentrer aujourd&#8217;hui sur ce qui constitue l’apanage traditionnel du secteur public<code> </code>: <strong>les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Trois pouvoirs<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
«<code> </code>Lorsque, dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n&#8217;y a point de liberté… il n&#8217;y a point encore de liberté, si la puissance de juger n&#8217;est pas séparée de la puissance législative et de l&#8217;exécutrice.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Près de 300<code> </code>ans après avoir été formulée, l&#8217;affirmation de Montesquieu, reprise à l’article<code> </code>16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, est plus que jamais d&#8217;actualité. Un rapide tour d&#8217;horizon de la situation des pouvoirs dans la France de<code> </code>2010 va en révéler toute la pertinence.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le pouvoir judiciaire</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le pouvoir judiciaire<code> </code>? A-t-il jamais constitué un véritable pouvoir, au sens politique du terme<code> </code>? Certes les magistrats du siège - les juges - sont indépendants et, dans l&#8217;immense majorité des cas, n&#8217;ont pour unique souci que d&#8217;appliquer correctement la loi au cas d&#8217;espèce qui leur est soumis.<br />
<span>   </span><br />
Mais leur cadre d&#8217;action se rétrécit d&#8217;année en année<code> </code>: la multiplication des lois dans <img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/04/tribunal.thumbnail.jpg" title="tribunal.jpg" alt="tribunal.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />des domaines de plus en plus pointus, les dispositions détaillées qu&#8217;elles contiennent, restreignent d&#8217;autant le pouvoir du juge. Ainsi, en matière pénale, l&#8217;obligation (pour certaines infractions) de prononcer des peines-plancher ou l&#8217;impossibilité de poursuivre certains délits (notamment en matière économique, ce que l&#8217;on appelle la «<code> </code>délinquance en col blanc<code> </code>»), compte tenu de règles de prescription favorables aux suspects, encadre singulièrement les prérogatives judiciaires.<br />
<span>   </span><br />
Enfin, la tendance populiste et démagogique de certains politiques, surtout au plus haut niveau de l&#8217;État, d&#8217;utiliser les juges comme boucs émissaires, notamment dès que l’on touche aux questions liées à la sécurité, contribue à <strong>ne laisser au pouvoir judiciaire que des parcelles d&#8217;autorité</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le pouvoir législatif</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Le pouvoir législatif<code> </code>? Aujourd&#8217;hui inféodé, dépendant, encadré par le pouvoir exécutif, comme l&#8217;écrivent de nombreux constitutionnalistes, <strong>il n&#8217;est plus que l&#8217;ombre de ce qu&#8217;il fut sous les Républiques précédentes</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Non seulement l&#8217;opposition parlementaire ne joue qu&#8217;un rôle de figuration (ce qui <a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/04/raymond_barre_a_l_assemblee_nationale.jpg" title="raymond_barre_a_l_assemblee_nationale.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/04/raymond_barre_a_l_assemblee_nationale.thumbnail.jpg" title="raymond_barre_a_l_assemblee_nationale.jpg" alt="raymond_barre_a_l_assemblee_nationale.jpg" vspace="10" width="155" align="right" height="107" hspace="10" /></a>peut à la rigueur se concevoir car elle a, après tout, perdu les élections) mais la majorité parlementaire elle-même n&#8217;est plus, en règle générale et sauf exception aussitôt relevée par les médias, qu&#8217;une troupe de godillots, aux ordres des collaborateurs non élus de l&#8217;exécutif, notamment du secrétaire général de l&#8217;Élysée.<br />
<span>   </span><br />
La récente affaire du bouclier fiscal en est une parfaite illustration<code> </code>: alors qu&#8217;une majorité plus ou moins silencieuse de députés UMP souhaite sa disparition, sa suspension ou son aménagement, l&#8217;entêtement de Sarkozy tient lieu de norme législative.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le pouvoir exécutif</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Venons-en au <strong>pouvoir exécutif</strong>. Il <strong>est aujourd’hui tout-puissant, plus qu&#8217;il ne l&#8217;a jamais été dans l&#8217;histoire de France, à l&#8217;exception peut-être des périodes de l&#8217;Empire</strong>. En ce sens, le parallèle entre Sarkozy et Badinguet est assez saisissant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette toute-puissance a été renforcée par l&#8217;instauration du quinquennat et la soumission du calendrier parlementaire au calendrier présidentiel</strong><code> </code>: on élit le Président et, dans la foulée, les députés, ce qui entraîne de façon quasi-automatique la coïncidence des majorités parlementaire et législative.<br />
<span>   </span><br />
Par glissements successifs, <strong>nous nous trouvons ainsi aujourd&#8217;hui dans un régime «<code> </code>supra-présidentiel<code> </code>»</strong><code> </code>: le Président peut dissoudre l&#8217;Assemblée pratiquement comme bon lui semble, maîtrise <em>de facto</em> l&#8217;ordre du jour du Parlement et nomme qui il veut, sans aucun contrôle parlementaire, aux plus hauts postes de la fonction publique. Il dispose ainsi de pouvoirs beaucoup plus étendus que ceux du Président des États-Unis.<br />
<span>   </span><br />
De surcroît, au sein de l’exécutif, on observe également un  phénomène de <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/04/11/de-la-reforme-constitutionnelle-un-diagnostic/henri-guainojpg/" rel="attachment wp-att-91" title="henri-guaino.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2010/04/henri-guaino.thumbnail.jpg" title="henri-guaino.jpg" alt="henri-guaino.jpg" vspace="10" width="125" align="right" height="125" hspace="10" /></a>concentration des pouvoirs<code> </code>: <strong>le gouvernement n’est plus que la courroie de </strong><strong>transmission</strong>, la structure de mise en œuvre opérationnelle, d’ordres qui émanent directement de l’Élysée. <strong>La quasi-totalité des décisions est aujourd’hui prise par le Président assisté de ses conseillers qui</strong>, à la différence du gouvernement, <strong>ne sont pas responsables devant le Parlement</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Le résultat<code> </code>? Monarchisation de la vie politique, banalisation d’une «<code> </code>culture de cour<code> </code>» popularisée par les médias pour lesquels la dissection des privilèges des courtisans tient lieu d’analyse politique</strong> (le monarque confisque le carrosse et les valets de ceux - et surtout celle - qui tombent en disgrâce<code> </code>; voir également l&#8217;<a href="http://www.leparisien.fr/politique/rumeurs-nicolas-sarkozy-aurait-puni-son-conseiller-pierre-charon-12-04-2010-883720.php" target="_blank">affaire Pierre Charon</a>), <strong>nombrilisation des puissants</strong>&#8230; tous les ingrédients sont réunis pour que l&#8217;écart entre le pouvoir et le pays réel devienne un gouffre, jusqu’à l&#8217;explosion attendue. Ce phénomène a bien évidemment été aggravé par Sarkozy, «<code> </code>l&#8217;hyper-Président<code> </code>», mais <strong>le mal est inscrit dans les textes et perdurera, quel que soit le Président</strong><code> </code>: on ne renonce pas volontairement à un pouvoir quasi-absolu qu’une interprétation un peu extensive des dispositions constitutionnelles permet d’exercer.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Il va donc être nécessaire de changer les textes, de les faire évoluer profondément.</strong> Comment<code> </code>? Selon quelles modalités<code> </code>? C’est ce que nous examinerons dans le billet de la semaine prochaine.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<title>Ad majorem pecuniae gloriam</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/04/04/ad-majorem-pecuniae-gloriam/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Apr 2010 10:19:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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« Je vais vous dire une chose : en demandant la régulation du capitalisme, je pose les bases qui sauveront le capitalisme. » Mot pour mot, c&#8217;est la phrase qu&#8217;a prononcé Nicolas Sarkozy le 29 mars dernier devant les étudiants de l&#8217;université Columbia, lors de son déplacement aux États-Unis.
   
Quel que soit le contexte dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="480" height="276"></object></p>
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<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xctjix_sarkozy-sauveur-du-capitalisme_news"></a></strong><br />
<em><a href="http://www.dailymotion.com/La_Lettre_du_Lundi"></a> <a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"></a></em><span>   </span><br />
<strong>«<code> </code>Je vais vous dire une chose<code> </code>: en demandant la régulation du capitalisme, je pose les bases qui sauveront le capitalisme.<code> </code>»</strong> Mot pour mot, c&#8217;est la phrase qu&#8217;a prononcé Nicolas Sarkozy le 29<code> </code>mars dernier devant les étudiants de l&#8217;université Columbia, lors de son déplacement aux États-Unis.<br />
<span>   </span><br />
Quel que soit le contexte dans lequel elle a été prononcée, <strong>cette citation est intéressante à plus d&#8217;un titre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Sur le plan psychiatrique en premier lieu.</strong> Mettez-vous face à une glace, imaginez que vous êtes le premier représentant de votre pays à l&#8217;étranger, et répétez cette phrase à voix haute. Selon votre tempérament ou votre humeur du jour, vous allez pouffer de rire, ou rougir jusqu&#8217;aux oreilles en vous entendant proférer de telles âneries, ou tout simplement vous n&#8217;oserez pas parler tellement vous trouvez cette déclaration ridicule.<br />
<span>   </span><br />
Pas Nicolas Sarkozy. L&#8217;enflure de son ego et la distorsion entre le monde tel qu&#8217;il est et la représentation qu&#8217;il en a sont devenues telles qu&#8217;il peut non seulement affirmer sans rire de telles sottises mais aussi et surtout y croire profondément, être des plus sérieux et intimement persuadé que ses propos sont justes et sensés.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette posture messianique</strong> (le «<code> </code>Je vais vous dire une chose<code> </code>» prononcé publiquement ne veut-il pas s&#8217;apparenter au «<code> </code>En vérité je vous le dis<code> </code>»<code> </code>?) <strong>apparaît comme la manifestation de troubles psychiatriques sérieux</strong>. Avant son élection, le journal <em>Marianne</em> avait d&#8217;ailleurs détaillé les troubles de la personnalité de Sarkozy dans un article&#8230; prophétique<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
<strong> Cette phrase révèle également la nature profonde de celui qui la prononce. </strong>Voila un Président de la République dont l&#8217;ambition est de sauver une doctrine économique que <em>Le Petit Robert</em> définit comme un «<code> </code>régime économique et social dans lequel les capitaux, sources de revenus, n&#8217;appartiennent pas, en règle générale, à ceux qui les mettent en œuvre par leur propre travail<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Noble tâche<code> </code>! La France a connu des hommes et des femmes dont l&#8217;ambition, selon les nécessités de l&#8217;heure, était de sauver un régime politique (Catherine de Médicis ou, plus tard, Mazarin, qui voulaient sauver la Couronne, par exemple) ou le pays lui-même, occupé par une puissance étrangère. <strong>L&#8217;ambition de Sarkozy est tout autre<code> </code>: sauver le capitalisme<code> </code>! Imagine-t-on Clemenceau ou de Gaulle prononcer une telle phrase<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Au-delà du cas Sarkozy, et si l&#8217;on s&#8217;efforce de décoder le fond du propos, <strong>cette phrase révèle ce que nombre d&#8217;entre nous perçoivent, plus ou moins confusément<code> </code>: le système économique dénommé «<code> </code>capitalisme<code> </code>» nous envoie droit dans le mur</strong>. Inégalités croissantes, exploitation non contrôlée des ressources naturelles, chômage, crises financières à répétition&#8230; ce système économique, qui a pu donner sa pleine mesure tant qu&#8217;il restait des espaces à conquérir, que le monde n&#8217;était pas «<code> </code>fini<code> </code>» ou «<code> </code>borné<code> </code>», semble non seulement inadapté mais surtout dangereux dans un monde où les ressources sont en quantité limitée, où l&#8217;on doit plus que jamais véritablement penser et bâtir l&#8217;avenir, au lieu de laisser aux générations futures le soin de régler l&#8217;addition.<br />
<span>   </span><br />
En ce sens, <strong>la phrase de Nicolas Sarkozy aurait pu être prononcée, en remplaçant «<code> </code>capitalisme<code> </code>» par «<code> </code>communisme<code> </code>», par certains dirigeants soviétiques des années<code> </code>1980</strong>, qui assistaient impuissants à l&#8217;écroulement de leur système.<br />
<span>   </span><br />
Concluons en remarquant que si c&#8217;est Sarkozy qui est chargé de sauver le capitalisme, et compte tenu de ses capacités et de son bilan, il va très rapidement falloir trouver une solution de rechange<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Prends l&#8217;oseille et tire-toi</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/03/29/prends-loseille-et-tire-toi/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/03/29/prends-loseille-et-tire-toi/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 28 Mar 2010 23:45:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[   
En marge des grandes manœuvres à droite de l’échiquier politique – au sujet desquelles nous aurons probablement l’occasion de revenir dans de prochains billets – s’est déroulé cette semaine un événement d&#8217;une portée très symbolique : le procès d’Antoine Zacharias, ancien PDG de Vinci, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.
   
Antoine Zacharias était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span>   </span><br />
En marge des grandes manœuvres à droite de l’échiquier politique – au sujet desquelles nous aurons probablement l’occasion de revenir dans de prochains billets – s’est déroulé cette semaine un événement d&#8217;une portée très symbolique<code> </code>: <strong>le procès d’Antoine Zacharias, ancien PDG de Vinci</strong>, devant le tribunal correctionnel de Nanterre.<br />
<span>   </span><br />
Antoine Zacharias était poursuivi par un petit actionnaire de Vinci qui lui reprochait non d’avoir été personnellement lésé par ses manœuvres (si le cours de l’action avait anormalement baissé, par exemple) mais un <strong>montant de rémunération «<code> </code>manifestement excessif et disproportionné<code> </code>»</strong> lorsqu’il était aux commandes du leader mondial du BTP<code> </code>: 4,2<code> </code>millions d’euros de salaire annuel, près de 13<code> </code>millions d’euros d’indemnités de départ, une retraite annuelle complémentaire de 2,1<code> </code>millions d’euros… sans oublier des stock options lui permettant de se constituer un petit matelas d’une centaine de millions d’euros.<br />
<span>   </span><br />
Avant de poursuivre plus avant, une mise en perspective<code> </code>: 4,2<code> </code>millions d’euros de salaire annuel, c’est un peu plus de 2<code> </code>500<code> </code>euros par heure. En résumé, <strong>uniquement avec son salaire, Antoine Zacharias gagnait en 30<code> </code>minutes la même somme qu’un smicard en un mois</strong>…<br />
<span>   </span><br />
Bien sûr, et c’est sur ce point que reposait la défense de Zacharias, tout ceci était parfaitement légal<code> </code>: le comité des rémunérations de l’entreprise (certes nommé par Zacharias et c’était là le «<code> </code>maillon faible<code> </code>» de sa défense) et le conseil d’administration avaient approuvé le versement de ces montants.<br />
<span>   </span><br />
Le tribunal correctionnel n’avait donc pas d’autre choix que d’acquitter Zacharias car la preuve de l’intention frauduleuse n’avait pas été apportée par le ministère public, lequel a cependant décidé de faire appel.<br />
<span>   </span><br />
Au-delà de ce cas d’espèce, au demeurant très significatif, au-delà de la question de la rémunération des patrons, ce procès a une valeur symbolique, de prise de conscience<code> </code>: <strong>il pose en termes très directs d’une part la question de l’écart grandissant entre légalité et morale, d’autre part celle de la répartition de la richesse dans notre société</strong>.<br />
<span>   </span><br />
On savait depuis longtemps qu’une décision, qu’elle soit judiciaire ou politique, pouvait être légale sans être pour autant morale ni légitime. Le sujet a fait couler beaucoup d’encre mais, <strong>depuis le début des années Sarkozy, ce n’est plus d’un écart entre légalité et morale qu’il faut parler, mais d’un véritable gouffre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En effet, comment ne pas voir un parallèle troublant entre un Sarkozy dont une des premières décisions, à peine arrivé au pouvoir, a été de tripler son salaire et un Zacharias qui emploie des méthodes identiques dans la société qu’il dirige<code> </code>? <strong>Légalement incontestable, moralement répugnante</strong><code> </code>: c’est la formule qui résume sans doute le mieux l’attitude d’un Zacharias ou d’un Sarkozy face à l’argent. Une attente pourtant essentielle des citoyens, celle d’une rémunération «<code> </code>juste<code> </code>» pour le travail effectué, est évidemment totalement anachronique, presque «<code> </code>gentiment ridicule<code> </code>», face à des pratiques de malfrat dont l’exemple est donné au plus haut niveau.<br />
<span>   </span><br />
Quid maintenant de la seconde question que soulève ce procès, celle de la <strong>répartition des richesses dans notre société</strong><code> </code>? Sur cette question essentielle, le silence des politiques est quasiment total. En fait, ils ont choisi de l’édulcorer en ne la traitant que sous des aspects parcellaires<code> </code>: bouclier fiscal, mesurettes visant à réglementer les «<code> </code>parachutes<code> </code>» dorés ou la réglementation des traders, réforme des donations, celle des retraites qui se prépare… mais, volontairement peut-on le supposer, <strong>aucune vue d’ensemble, aucune perspective générale</strong>. Ou alors, s’ils regrettent les inégalités croissantes, ils ne proposent pas d’objectifs chiffrés, se contentant de déclarations de portée générale, sans valeur contraignante.<br />
<span>   </span><br />
La question qui leur est posée est pourtant fort simple<code> </code>: <strong>comment veut-on répartir la richesse en France<code> </code>? Quel est l’objectif chiffré de nos politiques</strong> sur ce point, notamment de celles et ceux qui font étalage de leur «<code> </code>ambition présidentielle<code> </code>»<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
De la réponse à cette question découle sans doute une conséquence majeure pour les 30<code> </code>prochaines années<code> </code>: soit nous continuerons à vivre dans une société républicaine digne de ce nom, soit nous assisterons à l’essor – sans doute déjà engagé – d’un «<code> </code>nouvel Ancien Régime<code> </code>» où, compte tenu de niveaux de richesse extrêmement disparates entre individus, le cloisonnement sera total entre une soi-disant «<code> </code>élite<code> </code>» richissime aux mœurs quasi-mafieuses, et un nouveau Tiers-état dont on n’osera pas prononcer le nom.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Après la déculottée&#8230;</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/03/21/apres-la-deculottee/</link>
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		<pubDate>Sun, 21 Mar 2010 19:18:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Une déculottée magistrale : c&#8217;est sans doute la formule qui résume le mieux la sanction que viennent d&#8217;infliger les électeurs à Sarkozy et son équipe à l&#8217;occasion du second tour des élections régionales. Le ras-le-bol à l&#8217;égard du « caméléon schizophrène » (voir notre billet) s&#8217;est exprimé dans les urnes, les Français désavouant massivement celui qui, après leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une déculottée magistrale<code> </code>: c&#8217;est sans doute la formule qui résume le mieux la sanction que viennent d&#8217;infliger les électeurs à Sarkozy et son équipe à l&#8217;occasion du second tour des élections régionales. Le ras-le-bol à l&#8217;égard du «<code> </code>caméléon schizophrène<code> </code>» (<span lang="EN-US"><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/03/06/le-cameleon-schizophrene/">voir notre billet</a></span>) s&#8217;est exprimé dans les urnes, les Français désavouant massivement celui qui, après leur avoir enjoint de «<code> </code>travailler plus pour gagner plus<code> </code>», n&#8217;a été capable que d&#8217;augmenter son propre salaire, de distribuer faveurs et avantages à ses amis et d&#8217;apporter un «<code> </code>plus<code> </code>» à la courbe du chômage.<br />
<span>   </span><br />
Et maintenant<code> </code>? <strong>L&#8217;expression d&#8217;un ras-le-bol de la part des électeurs</strong>, suivie d&#8217;une vague rose et verte dans les conseils régionaux, <strong>ne définit pas une politique au plan national</strong>. Sur le plan financier, la capacité d&#8217;action des régions est assez limitée<code> </code>: celles-ci n&#8217;ont pratiquement aucune marge de manœuvre en ce qui concerne la fixation de leurs recettes et ne disposent que d&#8217;une latitude relative au niveau des dépenses. En résumé, <strong>une vingtaine de présidents de région socialistes ne changeront pas la vie des Français</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Si l&#8217;on suit la voie électorale «<code> </code>normale<code> </code>» – car un autre chemin, moins balisé celui-là, est toujours possible compte tenu du sentiment d&#8217;écœurement que génère un écart sans cesse croissant entre une classe privilégiée et l&#8217;immense majorité des Français – <strong>2012 sera l&#8217;année du grand rendez-vous</strong>. Et là, tout se complique.<br />
<span>   </span><br />
Tout se complique car, <strong>face à Sarkozy, les prétendants sont nombreux mais aucun n&#8217;émerge, aucun ne «<code> </code>fait la différence<code> </code>»</strong>. Il ne s&#8217;agit pas de peser ici les qualités et les défauts, les mérites et les faiblesses de Bayrou, de<code> </code>Villepin, Aubry, Strauss-Kahn, Royal, Hollande et tous les autres mais si, suite à une dissolution-surprise suivie d&#8217;une victoire de l&#8217;opposition, il fallait trouver un Premier ministre d&#8217;alternance, aucun nom n&#8217;émergerait spontanément.<br />
<span>   </span><br />
Alors, quelle est la bonne stratégie pour éviter que Sarkozy, qui n’est plus soutenu que par un Français sur trois, ne soit réélu en<code> </code>2012 car il ne trouverait face à lui qu’une opposition atomisée, inorganisée, en définitive inaudible<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Nous avions déjà abordé ce sujet dans de précédents billets (voir <em><span lang="EN-US"><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/">Comment se débarrasser de la camarilla Sarko<code> </code>: osons les convergences républicaines</a></span></em> et <em><span lang="EN-US"><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/">Pascal était républicain</a></span></em>) en proposant la «<code> </code>méthode de travail<code> </code>» suivante<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Première étape<code> </code>: <strong>rassembler</strong> le plus tôt possible, en un lieu symbolique, le plus grand nombre de représentants de tous ces Français qui ne veulent plus d’un homme qui a été jusqu’à dégrader l’image et la fonction de Président de la République.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Deuxième étape<code> </code>: <strong>proposer</strong> pour 2012 que chacun mène sa campagne électorale sous sa propre bannière, tout en exprimant très clairement son engagement à se désister au second tour en faveur du candidat le mieux placé.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Troisième étape<code> </code>: <strong>envisager</strong> dès maintenant l’organisation du gouvernement de la République rétablie à l’issue de cette élection, proportionnellement aux résultats du premier tour.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Quatrième étape<code> </code>: <strong>prendre exemple</strong> sur le Conseil national de la résistance pour élaborer un programme d’urgence sur deux ans, indispensable au redressement de la Nation.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Cinquième étape<code> </code>: <strong>prévoir</strong>, au terme de ces deux ans, la dissolution de l’Assemblée nationale pour que le Peuple français dégage alors une nouvelle majorité politique, ne jugeant les uns et les autres que sur l’efficacité de leur travail au cours de ces deux années écoulées.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Au-delà de cette stratégie nécessaire pour mettre en place une alternance véritablement républicaine, se pose un <strong>problème de fond<code> </code>: la tendance de plus en plus présidentialiste du régime, accentuée par l’instauration du quinquennat et la «<code> </code>soumission<code> </code>» du calendrier des élections législatives à celui des élections présidentielles</strong>. C’est désormais du tout ou rien.<br />
<span>   </span><br />
Tout pour celui qui emporte les élections présidentielles, rien – ou quasiment rien en termes de pouvoir effectif, de capacité de faire bouger les choses – pour le ou les vainqueurs des élections intermédiaires.<br />
<span>   </span><br />
Cette dérive présidentialiste du régime emporte une conséquence majeure<code> </code>: on ne peut pas vouloir défendre les notions de «<code> </code>démocratie vivante<code> </code>», «<code> </code>démocratie active<code> </code>» et autres «<code> </code>redonner aux Français confiance en la politique<code> </code>» si tout tourne autour d’un rendez-vous quinquennal, si on continue à monarchiser le pouvoir à ce point, étouffant et balayant tout ce qui n’émane pas du Président.<br />
<span>   </span><br />
Ou alors, comme la monarchie absolue a débouché sur la Révolution de 1789, la Cinquième République pourrait bien se terminer sur les barricades…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Avec nos enfants, à bord du Titanic</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/03/14/avec-nos-enfants-a-bord-du-titanic/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/03/14/avec-nos-enfants-a-bord-du-titanic/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Mar 2010 21:39:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2010/03/14/avec-nos-enfants-a-bord-du-titanic/</guid>
		<description><![CDATA[Dans un précédent billet (voir La faillite programmée du système éducatif), nous avions tenté d’analyser les raisons du naufrage du système éducatif en France et d’esquisser quelques pistes pour le futur. Revenons aujourd’hui sur le sujet.
   
En premier lieu, quel est aujourd’hui l’état de la situation, que constate-t-on dans les lycées et collèges ?
   
Absentéisme croissant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un précédent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/page/3"><em>La faillite programmée du système éducatif</em></a>), nous avions tenté d’analyser les raisons du naufrage du système éducatif en France et d’esquisser quelques pistes pour le futur. Revenons aujourd’hui sur le sujet.<br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, quel est aujourd’hui l’état de la situation, que constate-t-on dans les lycées et collèges<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Absentéisme croissant des élèves, professeurs qui «<code> </code>pètent les plombs<code> </code>», violences quotidiennes (la récente agression au couteau dans un lycée de Vitry-sur-Seine n’est que l’exemple le plus spectaculaire et surtout le plus médiatisé), classes de 30 à 40<code> </code>élèves,<span>  </span>d’où difficultés croissantes des professeurs à «<code> </code>tenir<code> </code>» leur classe pour transmettre leurs connaissances, niveau des élèves en baisse continue (voir le classement des élèves de l’OCDE où l’écolier français ne pointe qu’en 17e ou 19e<code> </code>position, loin derrière l’élève finlandais ou sud-coréen)… <strong>le bateau de l’enseignement public continue de couler</strong>, dans une relative indifférence générale&#8230;<br />
<span>   </span><br />
Face à cette situation, <strong>quelle est la stratégie du ministre de l’Éducation, Luc Chatel<code> </code>?</strong><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– <strong>continuer coûte que coûte la politique d’économies</strong>. C’est en vue de cet objectif qu’il a été nommé ministre, pour rabioter chaque année un peu plus les dépenses, afin de «<code> </code>maîtriser les coûts<code> </code>», quelles qu’en soient les conséquences<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– <strong>éviter que «<code> </code>ça pète<code> </code>»</strong>, prévenir l’explosion mais sans lâcher un centime d’euro dans d’éventuelles mesures de prévention. D’où une politique au jour le jour, uniquement basée sur la communication, au gré des circonstances et des urgences de l’heure. Pour ce faire, on annonce de temps en temps quelques pseudo-améliorations idiotes (par exemple, des retraités de l’Éducation nationale et des étudiants remplaceront les professeurs absents), on minore le nombre et la gravité des violences quotidiennes, on replâtre par-ci par-là, en fonction des conséquences médiatiques supposées de telle ou telle décision, bref on fait «<code> </code>comme si<code> </code>»…<br />
Comme si tout fonctionnait encore normalement, comme si la situation était sous contrôle, comme si le service public de l’enseignement était correctement tenu. Le message du ministre est le suivant<code> </code>: «<code> </code>tant que l’orchestre joue, c’est que le Titanic ne coule pas.<code> </code>»<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Le verdict est cependant sans appel : <strong>le service public de l’Éducation nationale</strong>, tel qu’il a existé pendant un siècle environ, permettant à des générations de Françaises et de Français de recevoir une éducation digne de ce nom, sur une base à peu près égalitaire, <strong>est bel et bien mort</strong>. Ne subsiste qu’un fantôme, un leurre, un «<code> </code>cadavre qui marche<code> </code>»… et qui peut encore maintenir l’illusion pendant des années et des années.<br />
<span>   </span><br />
Où cet effondrement, cette disparition <em>de facto</em> peuvent-ils mener<code> </code>? Quels sont les scénarios possibles<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Une quasi-certitude tout d’abord<code> </code>: <strong>le pourrissement et la dégradation vont continuer, quelle que soit la couleur politique de l’équipe en place</strong>, la droite et les socialistes étant – l’un comme l’autre – en grande partie responsables de ce naufrage.<br />
<span>   </span><br />
À leur responsabilité politique s’ajoute une évolution sociétale majeure<code> </code>: <strong>l’éducation est devenue un bien de consommation comme un autre, elle est désormais totalement consumérisée</strong>. «<code> </code>Je paye (des impôts), je veux du résultat<code> </code>»<code> </code>: de la plupart des parents d’élèves à Sarkozy, le discours est quasiment identique, avec pour corollaire une absence totale de référence à la notion de «<code> </code>valeurs<code> </code>» liées à l’éducation. Pour «<code> </code>donner du résultat<code> </code>», la recette est très simple<code> </code>: il suffit de diplômer tout le monde (80 à 90<code> </code>% d’une tranche d’âge au baccalauréat) en «<code> </code>ajustant<code> </code>» (comprenez «<code> </code>rabaissant<code> </code>») le niveau de l’examen. <span> </span>De cette façon, on achète (temporairement) la paix sociale…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Un scénario possible, compte tenu du niveau d’endettement de l’État<code> </code>: ce dernier se défausse de plus en plus sur le privé.</strong> Le ministre de l’Éducation nationale d’un second septennat Sarkozy pourrait ainsi envisager de remettre aux élèves des «<code> </code>bons<code> </code>» d’une valeur de X<code> </code>euros permettant de payer les frais de scolarité (ou une partie d’entre eux) dans un réseau d’établissements privés ainsi financés. Le procédé peut paraître séduisant<code> </code>: le ministère contrôle les programmes et la qualité de l’enseignement, il remet à chaque élève la même somme forfaitaire sous forme de bons et le privé prend tout en charge<code> </code>: coût des locaux, salaires des professeurs, etc. De cette façon, le «<code> </code>politique<code> </code>» transfère sa responsabilité (c’est-à-dire les enquiquinements) vers une multitude d’acteurs indépendants.<br />
<span>   </span><br />
Quelles seraient les conséquences d’un tel scénario<code> </code>? Probablement de deux ordres<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– à court terme, on retrouverait très vite la distinction entre «<code> </code>bons<code> </code>» et «<code> </code>mauvais<code> </code>» établissements, sans compter qu’un nombre non négligeable d’élèves «<code> </code>à problèmes<code> </code>» se retrouveront encore plus facilement en marge du système. Mais évacuer ce problème des établissements ne résout rien sur le fond<code> </code>: le problème social demeure, de façon sans doute accrue compte tenu de l’accentuation de la désocialisation qui s’ensuivra<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– à plus long terme, comme dans tout secteur d’activité soumis aux lois du marché, on verra apparaître un phénomène de concentration des entreprises, donc la naissance de <strong>«<code> </code>multinationales de l’éducation<code> </code>»</strong> qui détiendront un pouvoir croissant et des capacités de lobbying étendues face à des structures étatiques affaiblies. Ces multinationales disposeront alors d’un pouvoir colossal, de surcroît extrêmement menaçant pour la démocratie<code> </code>: celui de décider ce qui doit être enseigné et à qui. C’est<code> </code>1984 dès le berceau…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Autre scénario, qui n’est pas exclusif des deux précédents<code> </code>:<strong> le recours croissant à l’utilisation des nouvelles technologies, du type i-pad par exemple, pour assister l’enseignant, voire se substituer à lui </strong>(prof absent<code> </code>? Pas de problème, suivez votre cours à distance sur un terminal mobile). Ce type d’outil peut se révéler à la fois un formidable instrument d’acquisition des connaissances pour des élèves «<code> </code>au-dessus de la moyenne<code> </code>» qui seront en mesure d’en tirer tout le potentiel, et un miroir aux alouettes, un leurre, pour l’élève «<code> </code>en-dessous de la moyenne<code> </code>», incapable de s’auto-discipliner, de s’auto-orienter, de critiquer le matériau dont il dispose pour arriver à en dégager une synthèse personnelle.<br />
<span>   </span><br />
C’est en définitive le dénominateur commun – particulièrement préoccupant – de toutes ces évolutions<code> </code>:<strong> il est fort probable que nous assistions dans l’éducation à ce que nous vivons aujourd’hui dans l’entreprise<code> </code>: l’atomisation de l’individu</strong> (professeur ou élève) <strong>face à des multinationales</strong> (réseaux d’établissements d’enseignement, fournisseurs de « savoirs »… ou les deux sous la même bannière)<strong> uniquement préoccupées de rentabilité financière</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<o:p></o:p></p>
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		</item>
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		<title>Le caméléon schizophrène</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/03/06/le-cameleon-schizophrene/</link>
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		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 21:14:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Didier Migaud Premier président de la Cour des comptes, Michel Charasse au Conseil constitutionnel. Mais quelle mouche a donc piqué Sarkozy pour qu’il nomme ainsi des socialistes à des postes-clés, visés et espérés par certains caciques de l’UMP ?
   
C’est très simple : Nicolas Sarkozy est devenu socialiste. Ou plutôt il va essayer de nous faire croire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Didier Migaud Premier président de la Cour des comptes, Michel Charasse au Conseil constitutionnel. Mais quelle mouche a donc piqué Sarkozy pour qu’il nomme ainsi des socialistes à des postes-clés, visés et espérés par certains caciques de l’UMP<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
C’est très simple<code> </code>: Nicolas Sarkozy est devenu socialiste. Ou plutôt il va essayer de nous faire croire qu’il est devenu socialiste.<br />
<span>   </span><br />
Cette réponse, en forme de boutade, résume cependant l’essentiel de la <strong>tactique que Sarkozy est en train de mettre en place en vue des prochaines présidentielles</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pour déchiffrer et comprendre les raisons de celle-ci, essayons de poser les éléments de cette «<code> </code>équation politique<code> </code>».</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">1. La situation économique et sociale va continuer à se dégrader. De nouvelles crises – sur les monnaies notamment – se profilent à l’horizon. Conséquences<code> </code>: montée du chômage, accroissement de la précarité, des inégalités… les Français en ont ras-le-bol et sont prêts, au minimum, à suivre une cure d’opposition.</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">2. Prêts pour une cure d’opposition… mais à condition que celle-ci constitue une alternative sérieuse et crédible.</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">3. Tel n’est pas le cas. Que l’on se tourne vers le MoDem, le PS, les Verts ou le Front de gauche, rien n’émerge, personne n’est crédible, aucun individu ne semble capable de rassembler, de fédérer une opposition multiforme. Comme la droite au pouvoir, l’opposition – ou plutôt les oppositions - donnent l’impression de ne pas être «<code> </code>en phase<code> </code>» avec les attentes du pays.</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">Conclusion : les frustrations et insatisfactions continuent de croître sans pouvoir trouver de débouché dans une solution politique crédible. Nous risquons donc fort de nous retrouver face à une situation délétère, potentiellement explosive. <o:p></o:p></p>
<p>Conscient de cette situation, et du fait que l’UMP va très probablement subir un échec cinglant aux régionales, <strong>quelle est la tactique de Sarkozy<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, <strong>ne plus apparaître comme lié à l’UMP</strong>, en tout cas à certains responsables de l’UMP auxquels il fera porter le chapeau de la défaite<code> </code>: «<code> </code>tas de connards<code> </code>», «<code> </code>incapables<code> </code>», «<code> </code>nuls et bons à rien<code> </code>», les qualificatifs sont déjà prêts pour flinguer les futurs boucs émissaires.<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, <strong>continuer sa mutation en président caméléon</strong>, multiforme et multi-partis, pour aller chasser sur toutes les terres électorales, au gré des vents, des circonstances, des sondages… Comme le Zelig de Woody Allen, nous allons continuer d&#8217;assister, éberlués, parfois au cours d’une même journée, aux transformations suivantes<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– le matin un discours sécuritaire, sur la nécessaire chasse aux délinquants, le laxisme des juges et la répression des «<code> </code>voyous<code> </code>» des banlieues (cible électorale<code> </code>: électeurs d’extrême-droite, plus de 65<code> </code>ans…)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– à midi, discours «<code> </code>libéral<code> </code>» sur la nécessité de promouvoir l’esprit d’entreprise, le dynamisme économique (cible électorale<code> </code>: patrons de PME, cadres sup’)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– dans l’après-midi, visite d’usine et discours sur la valeur travail, la noblesse de la classe ouvrière, la grandeur des luttes sociales (cible électorale<code> </code>: pêle-mêle les ouvriers, artisans et commerçants)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– et le soir, grand discours gauchiste pour dénoncer la finance internationale, les profiteurs et les ploutocrates, vanter l’écologie et la fraternité entre les hommes. Au même moment, Carla s’épanche sur une chaîne de télévision en décrivant la sensibilité de gauche de son mari, son souci des «<code> </code>petits<code> </code>» et des «<code> </code>humbles<code> </code>», sa volonté de «<code> </code>briser les tabous<code> </code>»… Un ange passe, trémolos et violons…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Avec ce <strong>comportement de schizophrène</strong>, Sarkozy espère atteindre le second tour des présidentielles en présentant non une image mais de multiples images superposées, un kaléidoscope politique, un référent protéiforme capable de s’adapter à toutes les situations.<br />
<span>   </span><br />
On atteint là le paroxysme de la manipulation en politique<code> </code>: <strong>tout n’est plus que communication, image, rideau de fumée, virtualité</strong>. Comme dans un jeu vidéo, Sarkozy va essayer de nous faire croire à un monde, à une image de lui-même, qui n’a plus aucune ressemblance avec la réalité. <strong>La «<code> </code>machine à pipeauter<code> </code>» va tourner à plein régime et fonctionner à un rythme dément, la fuite en avant va devenir l’unique mode de fonctionnement du pouvoir.</strong><br />
<span>   </span><br />
Jusqu’à ce que, d’une manière ou d’une autre, la machine déraille. Dans quelles circonstances, suivant quel scénario<code> </code>? Nul ne le sait aujourd’hui. On peut cependant prévoir que ce «<code> </code>retour au réel<code> </code>» sera tout sauf serein. Les Français pourraient alors dire à Sarkozy ce que les habitants de Saint-Mezard disaient de François<code> </code>II en<code> </code>1559<code> </code>: «<code> </code><em>Quel roy<code> </code>? Nous sommes les roys<code> </code>; celuy-là que vous dites est un petit reyot de m…, nous lui donrons des verges, et lui donrons mestier pour lui apprendre à gaigner sa vie comme les autres.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<o:p></o:p></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Une hirondelle ne fait pas le printemps</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/02/14/une-hirondelle-ne-fait-pas-le-printemps/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/02/14/une-hirondelle-ne-fait-pas-le-printemps/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 16:48:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme la méchante reine dans Blanche-Neige et les sept nains, qui interrogeait toute la journée son miroir afin de savoir si elle était la plus belle de son royaume, Sarkozy est un accro des sondages, obsédé de connaître en permanence ce que les Français pensent de lui, de sa politique, de son action…
   
Le dernier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme la méchante reine dans <em>Blanche-Neige et les sept nains</em>, qui interrogeait toute la journée son miroir afin de savoir si elle était la plus belle de son royaume, Sarkozy est un accro des sondages, obsédé de connaître en permanence ce que les Français pensent de lui, de sa politique, de son action…<br />
<span>   </span><br />
Le dernier sondage IFOP / Paris-Match du 11<code> </code>février apporte une réponse sans appel<code> </code>: <strong>60<code> </code>% des Français désapprouvent l’action de Sarkozy</strong>. C’est quasiment son plus mauvais score depuis son élection, et ce en dépit de son show du 25<code> </code>janvier sur TF1. La complaisance des médias et la «<code> </code>stratégie de communication<code> </code>» de l’Élysée n&#8217;y suffisent plus<code> </code>: la pilule est désormais trop amère pour les Français, les ficelles du charlatan trop visibles…<br />
<span>   </span><br />
Au-delà de ce score brut de 60<code> </code>% d’opinions négatives, il est particulièrement instructif d’analyser plus en détail les résultats de ce sondage.<br />
<span>   </span><br />
Première constatation<code> </code>: si les Français ne sont «<code> </code>que<code> </code>» 60<code> </code>% à désapprouver l’action de Sarkozy, c’est «<code> </code>grâce<code> </code>» aux Français de 65<code> </code>ans et plus qui ne le désapprouvent qu’à 44<code> </code>%.<br />
<span>   </span><br />
Mais, <strong>avec 68<code> </code>% d’opinions négatives, la plus élevée de toutes les tranches d’âge, les 50-64<code> </code>ans, traditionnellement orientés à droite, ont lâché Sarkozy</strong>, ne croient plus à ses promesses et, contrairement aux plus de 65<code> </code>ans, ne se laissent plus abuser par le thème sécuritaire, fonds de commerce du sarkozysme.<br />
<span>   </span><br />
Pour autant, ces 50-64<code> </code>ans ne pensent pas que l’opposition ferait mieux que le gouvernement si elle était aux affaires. Tous les Français de plus de 35<code> </code>ans ont globalement le même avis sur ce sujet<code> </code>: 67<code> </code>% des 35-49<code> </code>ans, 67<code> </code>% des 50-64<code> </code>ans et 71<code> </code>% des plus de 65<code> </code>ans estiment que l’opposition n&#8217;obtiendrait pas de meilleurs résultats que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir.<br />
<span>   </span><br />
En résumé, <strong>les 50-64<code> </code>ans pensent aujourd’hui que «<code> </code>l’opposition ne ferait sans doute pas mieux, mais on ne veut plus de Sarkozy<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Seconde constatation<code> </code>: <strong>les cadres supérieurs et professions libérales – traditionnels supports de la droite – approuvent encore moins Sarkozy que les ouvriers<code> </code>!</strong> Ses meilleurs résultats, il les trouve d’une part auprès des retraités (logique, compte tenu des tranches d’âge<code> </code>; voir plus haut), d’autre part auprès des artisans et commerçants, professions qui ont globalement moins souffert de la crise que les salariés car elles ont plus de latitude pour auto-ajuster leurs revenus. Mais 62 à 69<code> </code>% des salariés ne veulent plus de Sarkozy…<br />
<span>   </span><br />
Si <strong>Sarkozy</strong> tient encore les médias, il <strong>a perdu les relais d’influence de deuxième niveau que constituent les professions libérales et la classe moyenne-supérieure</strong>, «<code> </code>leaders d’opinion<code> </code>» dans leur entourage ou au niveau local. Après avoir contribué à la victoire de Sarkozy en<code> </code>2007, ils sont aujourd’hui écœurés, dépités, et ne se laissent plus abuser par les tours de passe-passe de la communication élyséenne.<br />
<span>   </span><br />
La volonté de changer existe donc mais, dans l’immédiat, l’opposition n’est pas suffisamment crédible pour transformer cette volonté en action. Le PS est perçu comme divisé et incapable, le MoDem est inexistant et peu crédible et, à l’occasion des élections régionales, il est fort probable que ce soient les Verts – ou des listes apparentées – qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Mais ces succès régionaux ne créeront vraisemblablement pas les conditions d’une alternative politique crédible au niveau national. Or, c’est ce qu’attendent les Français.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est donc probablement de l’intérieur du camp de la droite que viendra la plus grande menace pour Sarkozy</strong> (voir notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/31/une-balle-dans-le-pied/"><em>Le faux-pas de Catilina</em></a>). Si on ne peut que se réjouir de le voir ainsi contesté dans son propre camp, il faut cependant rester lucide. <strong>Les lobbies ont déjà anticipé cette évolution et leur plan de bataille en tient compte.</strong> Celui-ci se décline en effet selon trois axes<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– «<code> </code>flinguer<code> </code>» l’Éducation nationale. L’objectif est, sinon atteint, du moins en bonne voie de l’être (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/page/3/"><em>La faillite programmée du système éducatif</em></a>). C’était d’ailleurs la «<code> </code>feuille de route<code> </code>» de Luc Chatel lors de son entrée au gouvernement en juin<code> </code>2009 (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/"><em>Derrière l’écran de fumée</em></a>). En supprimant ou en prévoyant de supprimer 11 à 15<code> </code>000<code> </code>postes par an, il s’acquitte avec zèle de cette mission<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– «<code> </code>flinguer<code> </code>» le système de retraite basé sur la répartition pour mettre en place un système de capitalisation. C’est l’objectif n°<code> </code>1 du lobby des assurances, lequel ne lorgne que les salariés «<code> </code>intéressants<code> </code>» - financièrement s’entend bien entendu. Comme pour l’école publique qui n’accueillera bientôt plus que les enfants des «<code> </code>pauvres<code> </code>», le système public des retraites ne concernera que les bas salaires. Le «<code> </code>gras<code> </code>» sera pour les compagnies d’assurance. Sur ce dossier, Sarkozy est l’agent zélé de ce lobby<code> </code>: il a promis de faire voter une loi «<code> </code>avant la fin de l’année<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– <span> </span>«<code> </code>flinguer<code> </code>» la Sécurité sociale selon les mêmes méthodes<code> </code>: une médecine à deux vitesses, à l’américaine, objectif poursuivi à la fois par les compagnies d’assurance et les laboratoires pharmaceutiques. La recette sera identique à celle qui pourrait être mise en place pour les retraites<code> </code>: une bonne couverture médicale pour les salariés qui pourront – ou que l’employeur acceptera de – prendre financièrement en charge une telle dépense, le minimum minimorum pour les autres (bas salaires, intérimaires, stagiaires, etc.).</p>
<p>Il importe donc d’être lucide dans la recherche d’une alternative politique à Sarkozy et de ne pas se précipiter dans les bras du premier venu dont l’arrivée aura été préparée par ceux qui ont intérêt à ce que ce programme de «<code> </code>triple flinguage<code> </code>» se réalise. <strong>Attention à ce qu&#8217;une alternative à droite, ou avec un candidat centriste ou de gauche «<code> </code>libéral-compatible<code> </code>», ne soit pas un miroir aux alouettes.</strong> Pour conclure dans le registre aviaire, une hirondelle, c’est-à-dire le sondage du 11<code> </code>février, ne fait pas le printemps.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Afghanistan : les véritables enjeux</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/02/07/afghanistan-les-veritables-enjeux/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/02/07/afghanistan-les-veritables-enjeux/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 22:18:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2010/02/07/afghanistan-les-veritables-enjeux/</guid>
		<description><![CDATA[Nous avons déjà publié plusieurs billets sur l’Afghanistan (voir liste intégrale en bas de page). La question que nous posons aujourd’hui est extrêmement simple : pourquoi, près de dix ans après le 11 septembre 2001, les Occidentaux sont-ils encore présents en Afghanistan ? Quelles sont les motivations stratégiques d’une telle décision ?
   
Au-delà des quelques explications « officielles » relayées par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons déjà publié plusieurs billets sur l’Afghanistan (voir liste intégrale en bas de page). La question que nous posons aujourd’hui est extrêmement simple<code> </code>: <strong>pourquoi, </strong>près de dix ans après le 11<code> </code>septembre 2001, <strong>les Occidentaux sont-ils encore présents en Afghanistan<code> </code>?</strong> Quelles sont les motivations stratégiques d’une telle décision<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Au-delà des quelques explications «<code> </code>officielles<code> </code>» relayées par les médias, sur lesquelles nous reviendrons plus loin, il en existe d’autres, moins avouables sans doute, qui trouvent notamment leur fondement dans la vision «<code> </code>pétrolière<code> </code>» que Bush avait du monde lorsqu’il était le locataire de la Maison blanche<code> </code>: <strong>l’Afghanistan est l’un des territoires de transit du pétrole du Moyen-Orient vers la Chine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Contrôler ce territoire, c’est contrôler ce transit</strong> et se donner les moyens de le réduire, et ainsi faire pression sur la Chine. <em>In fine</em>, il s’agit pour les Américains de retarder le plus longtemps possible l’arrivée de la Chine au leadership économique mondial, en attendant son leadership politique – que les États-Unis exercent pour leur propre bénéfice depuis<code> </code>1945.<br />
<span>   </span><br />
Contrôler le territoire afghan, c’est aussi <strong>surveiller de près le voisin pakistanais</strong>, détenteur de l’arme nucléaire et partenaire peu fiable.<br />
<span>   </span><br />
C’est également <strong>permettre à l’Inde</strong>, rivale, ex et sans doute future ennemie de la Chine ainsi que du Pakistan, <strong>de gagner en influence</strong> dans la partie pachtoune de l’Afghanistan, afin de limiter l’influence du Pakistan dans ce pays.<br />
<span>   </span><br />
C’est enfin <strong>garder à portée de bombardier ou de missile</strong> tous les pays voisins et notamment <strong>l’Iran</strong>, possesseur potentiel de l’arme nucléaire, voisin chiite très influent d’un Irak à majorité chiite.<br />
<span>   </span><br />
Face à ces enjeux géostratégiques, les objectifs annoncés publiquement afin de justifier la présence occidentale en Afghanistan (protéger le peuple afghan des méchants talibans, libérer les femmes afghanes…) ne sont là qu’écrans de fumée. Les États n’ont pas de morale mais uniquement des intérêts, qu’ils s’efforcent de dissimuler derrière des paravents honorables. Pour Nietzsche, «<code> </code>L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids…<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte, posons-nous deux questions.<br />
<span>   </span><br />
Première question<code> </code>: <strong>la France partage-t-elle les objectifs énumérés ci-dessus, ou d’autres, qui justifieraient sa présence militaire en Afghanistan</strong> aux côtés des Américains et des autres pays occidentaux<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Il est raisonnable de penser que la France a le même intérêt que les Américains à limiter autant que faire se peut la puissance économique de la Chine<code> </code>: celle-ci malmène notre économie et nos emplois. Un simple exemple, que l’on pourrait multiplier à l’infini<code> </code>: les pantalons chinois ont envahi nos magasins dès l’ouverture des frontières européennes en janvier<code> </code>2008, en application des règles négociées à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).<br />
<span>   </span><br />
Cependant, de quel poids peut peser notre pays dans ce bras de fer<code> </code>? Afficher 3<code> </code>200<code> </code>militaires en Afghanistan peut-il intimider le géant chinois<code> </code>? Bien sûr que non, <strong>sauf si</strong>, et seulement si, cette présence militaire rend crédible une éventuelle menace de frappe nucléaire sur la Chine par l’un de nos sous-marins porte-engins… Est-ce vraiment le cas<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Seconde question<code> </code>: <strong>pourquoi le président Obama a-t-il annoncé que les militaires américains pourraient se retirer partiellement du pays en<code> </code>2011</strong>, quand les forces de sécurité afghanes seront suffisamment puissantes pour prendre le relais, comme en Irak<code> </code>? Cela signifie-t-il que les États-Unis disposeront alors d’autres moyens pour exercer les pressions et contrôles énoncés au début de ce billet<code> </code>? Si oui, lesquels<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
La récente décision du Président américain de renoncer pour raisons budgétaires au projet de nouvelles expéditions lunaires apporte un élément de réponse. <strong>Les 130<code> </code>000<code> </code>soldats U.S. sur le terrain afghan coûtent au budget américain, déjà en déficit abyssal, plusieurs milliards de dollars par an</strong>. Obama est évidemment conscient que le système dollar, basé sur un déficit financé principalement par des emprunts à la Chine, a atteint un niveau de vulnérabilité inacceptable et menace de s’écrouler (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/">Le jour où le dollar s’effondrera</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Il apparaît fort probable que Ben Laden ait attiré les Américains dans le bourbier afghan avec cet objectif en tête<code> </code>: les vaincre financièrement, comme Reagan avait étouffé financièrement les Soviétiques en lançant son projet de guerre des étoiles. Cette course aux armements avait contribué à la chute du régime soviétique en<code> </code>1991.<br />
<span>   </span><br />
Pour sortir de ce piège, <strong>Obama souhaite remplacer ses milliers de G.I. par quelques bases de lancement, bien moins coûteuses, de missiles à longue portée, capables d’atteindre des cibles chinoises</strong>. Cette menace pourrait peser afin d’obtenir enfin de la Chine une dévaluation de sa monnaie, que le Président américain réclame en vain depuis son élection (comme l’Union européenne d’ailleurs), et peut-être d’autres avantages commerciaux.<br />
<span>   </span><br />
Aussi utopiques que puissent paraître ces raisonnements, ils éclairent d’un jour nouveau les raisons de la présence des Occidentaux en Afghanistan, et remettent en perspective les balivernes que nos gouvernants essayent de nous faire avaler.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<br />
<span>   </span><br />
Autres articles portant sur l’Afghanistan :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/06/afghanistan-des-objectifs-de-plus-en-plus-flous-des-budgets-de-plus-en-plus-fous/">Afghanistan : des objectifs de plus en plus flous, des budgets de plus en plus fous</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/01/de-di%E1%BB%87n-bien-ph%E1%BB%A7-a-kaboul/">De Điện Biên Phủ à Kaboul</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/page/3/">L’Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</a></em></p>
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		</item>
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		<title>Le faux-pas de Catilina</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/31/une-balle-dans-le-pied/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/01/31/une-balle-dans-le-pied/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 20:32:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Sarkozy a donc décidé, par procureur de la République interposé, de faire appel de la décision de justice qui laissait Dominique de Villepin sortir libre du prétoire dans l’affaire Clearstream. Nous ne commenterons pas dans ce billet cette instrumentalisation, par les deux parties d’ailleurs, de la justice, pour nous concentrer sur les raisons et les conséquences [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sarkozy a donc décidé, par procureur de la République interposé, de faire appel de la décision de justice qui laissait Dominique de<code> </code>Villepin sortir libre du prétoire dans l’affaire Clearstream. Nous ne commenterons pas dans ce billet cette instrumentalisation, par les deux parties d’ailleurs, de la justice, pour nous concentrer sur les raisons et les conséquences «<code> </code>politico-politiciennes<code> </code>» de cette décision.<br />
<span>   </span><br />
Saluons tout de même au passage le travail des juges qui, dans ce type d’affaires, sont soumis à des pressions considérables. Leurs décisions, qu’ils essaient de baser sur le droit, sont commentées et déformées par tout un personnel politique qui ne considère les magistrats, selon les circonstances, que comme des «<code> </code>emmerdeurs<code> </code>» ou des outils pour abattre l’adversaire. Après cette nécessaire parenthèse, revenons au cœur de notre sujet.<br />
<span>   </span><br />
Pour quelles raisons Sarkozy a-t-il effectué un tel choix<code> </code>? Deux éléments ont, selon nous, pesé lourdement dans sa décision.<br />
<span>   </span><br />
En premier lieu – c’est une évidence - <strong>le calcul politique</strong>. Sarkozy veut que Villepin patauge le plus longtemps possible dans la boue de l’affaire Clearstream et a fait sienne la fameuse formule<code> </code>: «<code> </code>Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’objectif est d’avilir Villepin</strong>, avec d’une part la quasi-certitude de le «<code> </code>ligoter<code> </code>» politiquement jusqu’au prochain procès – compte tenu de cette épée de Damoclès, il ne peut pas représenter d’ici là une alternative crédible à Sarkozy pour les élus et électeurs de la droite - d’autre part l’espoir de le voir condamné, même à une peine légère. Pour Sarkozy, ce serait un soulagement inespéré.<br />
<span>   </span><br />
C’est là que nous découvrons la seconde raison – la véritable diront certains – de cet acharnement<code> </code>: <strong>la peur, génératrice de haine</strong>. <strong>Sarkozy craint Villepin, crainte irrépressible qui se traduit par une agressivité sans bornes</strong> («<code> </code>Je le pendrai à un croc de boucher<code> </code>», disait-il de l’ancien Premier ministre) <strong>et par une haine pathologique</strong>. Pour mieux comprendre les ressorts psychologiques de ce Catilina des temps modernes, il est tout à fait instructif de relire le dossier que consacra à Sarkozy le journal <em>Marianne</em> dans son édition du 14<code> </code>avril 2007, avant la Présidentielle. Tout y est dit, tout est vrai et tout reste d’actualité.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi la remarque d’un ancien ténor de l’UMP<code> </code>: «<code> </code>Jamais un leader politique n’avait aussi systématiquement pris son pied à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches.<code> </code>» C’est un expert qui l’affirme…<br />
<span>   </span><br />
De la part de Sarkozy, <strong>ces déversements de haine et cet étalage de rancœur se doublent de surcroît de lâcheté</strong><code> </code>: il a laissé tomber Fillon pour les régionales, créant par avance les conditions pour le clouer au pilori en cas de défaite sévère de la droite. Après avoir multiplié les rodomontades à l’occasion de ces élections, le prince-général se défile devant «<code> </code>l’ennemi<code> </code>» et se réfugie dans son palais.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Sur le plan politique, quelle pourrait être la conséquence de cet acharnement, de cette volonté systématique de détruire<code> </code>? Sans doute la plus grave division que la droite ait connue depuis une trentaine d’années</strong>, quand giscardiens et chiraquiens s’étripaient au grand jour, n’hésitant pas à favoriser l’adversaire – Mitterrand en l’occurrence – plutôt que de voir gagner le rival de leur propre camp.<br />
<span>   </span><br />
La révolte va donc gronder dans le camp de la droite. Les députés et élus de base le savent bien<code> </code>: la situation sociale est catastrophique, les chiffres du chômage «<code> </code>bidonnés<code> </code>» à l’extrême pour faire apparaître des «<code> </code>embellies<code> </code>» aussi illusoires qu’éphémères. Ces mêmes députés et élus sont donc à la <strong>recherche d’une alternative à droite</strong><code> </code>: Villepin ne fait bien sûr pas l’unanimité mais c’est une porte de plus qui est en train de se fermer.<br />
<span>   </span><br />
Si l’on ose une comparaison historique, une partie de la classe politique de droite aimerait bien disposer d’un Louis-Philippe si Charles<code> </code>X était renversé, afin d’éviter que les «<code> </code>rouges<code> </code>» ne prennent le pouvoir.<strong> Ces «<code> </code>modérés<code> </code>» de droite vont donc de plus en plus s’opposer aux «<code> </code>ultras<code> </code>» pro-Sarko</strong>, prêts à suivre le prince dans tous ses excès et toutes ses folies.<br />
<span>   </span><br />
Cette division de la droite peut-elle profiter à la gauche<code> </code>? Difficile de répondre à une telle question. Elle peut espérer «<code> </code>cartonner<code> </code>» aux régionales mais, compte tenu de son précédent succès à ces élections, la barre est déjà placée très haut. Quant aux chances de réussir à la présidentielle, la réponse tient aujourd’hui de la divination…<br />
<span>   </span><br />
Ce qui semble cependant fort possible dans cette partie d’échecs, c’est que la stratégie mise en œuvre par Sarkozy pourrait bien se retourner contre lui<code> </code>: <strong>en voulant achever Villepin, il va aggraver les divisions dans son propre camp et donner ainsi une chance à la gauche de revenir «<code> </code>aux affaires<code> </code>» en 2012</strong>. À elle de relire Cicéron afin de montrer l’intelligence politique nécessaire pour tirer le meilleur parti du faux-pas de Catilina.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		</item>
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		<title>La prochaine cible</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/24/la-prochaine-cible/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/01/24/la-prochaine-cible/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 18:57:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« Quand le président du Conseil constitutionnel est un homme politique qui s&#8217;est vivement opposé au président en exercice, cela nuit à l&#8217;autorité de la décision prise par l&#8217;institution, et c&#8217;est dommage. »
« Certaines (décisions du Conseil) sont (trop politiques). Je souhaite que le Conseil constitutionnel soit toujours à l&#8217;abri du soupçon. Il faut dire que, depuis qu&#8217;il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Quand le président du Conseil constitutionnel est un homme politique qui s&#8217;est vivement opposé au président en exercice, cela nuit à l&#8217;autorité de la décision prise par l&#8217;institution, et c&#8217;est dommage.</em><code> </code>»<br />
« <em>Certaines (décisions du Conseil) sont (trop politiques). Je souhaite que le Conseil constitutionnel soit toujours à l&#8217;abri du soupçon. Il faut dire que, depuis qu&#8217;il peut s&#8217;appuyer sur le préambule de la Constitution de<code> </code>1946, il peut justifier des choses contradictoires en raison du caractère très général du texte. En fait, le Conseil constitutionnel a de plus en plus tendance à vouloir faire la loi en lieu et place du Parlement.</em><code> </code>»<br />
« <em>Sa jurisprudence sur l&#8217;annulation des &#8220;cavaliers&#8221; (amendements prétendus sans liens avec le texte de loi) a atteint des sommets. Elle est devenue systématique depuis 2006, alors que rien dans les articles<code> </code>39 et 44 de la Constitution ne conduit réellement à une telle interprétation.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Qui est l’auteur de cette <strong>attaque frontale contre un Conseil constitutionnel jugé</strong> souvent <strong>trop</strong> « politique », parfois trop «<code> </code>réactionnaire<code> </code>», en tout cas trop <strong>«<code> </code>emmerdant<code> </code>» pour l’Élysée</strong> parce que trop chiraquien<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Patrick Devedjian bien sûr, «<code> </code>ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance<code> </code>», qui s’épanche ainsi le 12<code> </code>janvier dernier dans les colonnes du <em>Monde</em>, dans le cadre bien préparé d’<strong>hostilités déclarées par Sarkozy et son équipe contre le Conseil constitutionnel</strong>. Pourquoi<code> </code>? Décodage… et tour du propriétaire.<br />
<span>   </span><br />
De commission fantoche dans les premières années de la Cinquième République, le Conseil constitutionnel est aujourd’hui devenu une institution respectée et crédible, n’hésitant plus à se poser en contre-pouvoir et en véritable gardien de la règle de droit et de la Constitution face à un pouvoir exécutif qui fait voter des lois «<code> </code>à la hussarde<code> </code>» par son Parlement.<br />
<span>   </span><br />
Chargé (entre autres) de vérifier la conformité des lois à la Constitution, il se réfère – depuis belle lurette – à des principes juridiques généraux, comme le préambule de la Constitution de<code> </code>1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ou le préambule (considéré comme très «<code> </code>social<code> </code>») de la Constitution de<code> </code>1946, pour justifier en droit ses décisions.<br />
<span>   </span><br />
Qui peut le saisir<code> </code>? Non seulement 60<code> </code>députés ou sénateurs mais aussi (depuis la réforme de juillet<code> </code>2008), toute juridiction qui, lors d’un procès, souhaite baser sa décision sur une disposition législative qui «<code> </code>porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit<code> </code>». Bref, difficile d’échapper à son contrôle…<br />
<span>   </span><br />
Et ses membres<code> </code>? Ils sont aujourd’hui<code> </code>11<code> </code>: Chirac, Giscard (membres de droit en tant qu’anciens Présidents de la République), plus 9<code> </code>autres membres désignés pour 9<code> </code>ans (trois sont nommés tous les trois ans, dont un par le Président de la République, un par le président de l’Assemblée nationale et un par le Président du Sénat).<br />
<span>   </span><br />
On le comprend vite<code> </code>: bien que l’institution soit juridictionnelle, <strong>sa composition et ses décisions revêtent un caractère éminemment politique</strong>. En clair, le Conseil constitutionnel peut choisir de «<code> </code>censurer<code> </code>» le gouvernement (c’est-à-dire l’Élysée) dès que celui-ci s’autorise quelque libéralité avec le strict respect de la Constitution.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui <strong>composé pour l’essentiel de membres «<code> </code>chiraquiens<code> </code>» et présidé par Jean-Louis Debré, anti-sarkozyste notoire, il ne manque pas de «<code> </code>saquer<code> </code>» le gouvernement Sarkozy dès que l’occasion se présente</strong><code> </code>: la dernière péripétie en date concerne la taxe carbone, censurée par le Conseil compte tenu du fait que «<code> </code>les régimes d&#8217;exemption totale institués par l&#8217;article<code> </code>7 de la loi (sur la taxe carbone) sont contraires à l&#8217;objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créent une rupture caractérisée de l&#8217;égalité devant les charges publiques<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
D’où la réaction musclée de l’Élysée par Devedjian interposé, Sarkozy ne supportant plus que ses décisions soient contrecarrées par une «<code> </code>bande d’emmerdeurs<code> </code>» intouchables.<br />
<span>   </span><br />
Prochaine étape de cette partie d’échecs institutionnelle<code> </code>: le <strong>renouvellement de trois membres</strong> (Olivier Dutheillet de<code> </code>Lamothe, Dominique Schnapper et Pierre Joxe) <strong>dont le mandat arrive à échéance au mois de mars</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le nom des nouveaux entrants devrait être connu dans quelques semaines, fin février au plus tard, mais nul doute que <strong>les tractations vont bon train entre l’Élysée et Accoyer</strong> (président de l’Assemblée nationale) <strong>d’une part, Larcher</strong> (président du Sénat) <strong>d’autre part, afin qu’ils nomment au Conseil des sarkozystes «<code> </code>bon teint<code> </code>»</strong> qui n’hésiteront pas à contester Jean-Louis Debré, dont le mandat arrivera à échéance en<code> </code>2016.<br />
<span>   </span><br />
Toutes ces manœuvres de couloir, qui peuvent sembler dérisoires en apparence, ont cependant une <strong>influence bien réelle sur l’équilibre du pouvoir et la protection de nos libertés</strong>. Le scénario catastrophe<code> </code>? Une réélection de Sarkozy en<code> </code>2012, qui lui permettrait très probablement (avec six membres sarkozystes) d’obtenir la majorité au Conseil avec les nominations de<code> </code>2013. À ce moment-là, plus rien ne s’opposerait à la promulgation de lois « en délicatesse » avec la Constitution, notamment dans le domaine des libertés publiques. Les choix que feront demain Accoyer et Larcher sont donc loin d’être sans conséquences…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De troublants parallèles&#8230;</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/17/de-troublants-paralleles/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/01/17/de-troublants-paralleles/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 17 Jan 2010 16:20:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2010/01/17/de-troublants-paralleles/</guid>
		<description><![CDATA[Il y a près d’un an, dans un précédent article (voir Un faisceau d’indices inquiétants), nous avions analysé et décrit par quels procédés et moyens les autorités politiques en place avaient tracé le chemin vers une « démocratie sous contrôle », un régime autoritaire et oligarchique qui n’aurait bientôt plus de république que le nom.
   
La cadence [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a près d’un an, dans un précédent article (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em>), nous avions analysé et décrit par quels procédés et moyens les autorités politiques en place avaient tracé le chemin vers une «<code> </code>démocratie sous contrôle<code> </code>», un régime autoritaire et oligarchique qui n’aurait bientôt plus de république que le nom.<br />
<span>   </span><br />
La cadence s’est accélérée depuis et nous sommes passés à une nouvelle phase dans cette évolution où l’on décèle maintenant de bien troublants parallèles historiques…<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’intimidation permanente<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Dans la France de 2010, elle se pratique de différentes manières, rappelant certaines mesures vexatoires qui s’apparentent à celles qu’a connues l’Allemagne du futur chancelier Hitler ou la France de Pétain<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>contrôles d’identité</strong> dans la rue, souvent <strong>«<code> </code>au faciès<code> </code>»</strong>, sans aucune relation avec un quelconque «<code> </code>trouble à l’ordre public<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• le <strong>plan «<code> </code>Vigipirate<code> </code>»</strong>, mis en place sous le motif (peut-être réel, mais qui peut le vérifier<code> </code>?) de la menace terroriste, excellent moyen de rendre visibles aux citoyens les forces de l’ordre et d’entretenir un climat de crainte<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>attentes</strong> interminables, dans les préfectures, <strong>des ressortissants français d’origine étrangère pour faire renouveler un passeport, une carte d’identité</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>demandes de preuve de la nationalité française</strong> de parents naturalisés depuis plusieurs années (voir notamment le décret n°<code> </code>2005-1726) avec, pour conséquence, des situations administratives dignes de Kafka ou plutôt d’Ubu, sources d’humiliations et d’accentuation des différences entre Français selon l’origine de leurs ancêtres<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>gardes à vue</strong>. Aujourd’hui, en France, un agent des forces de l’ordre - police ou gendarmerie - s’il a des «<code> </code>raisons plausibles<code> </code>» (plausibles, vous avez bien lu) de penser qu’une personne a commis une infraction (ou a pu la commettre) peut la retenir dans des locaux de police ou de gendarmerie<code> </code>!<br />
Quand on connaît ces locaux, souvent exigus et malodorants, quand on sait que la personne est fouillée à corps (pour éviter un acte d’auto-agression), on comprend que cette détention policière reste une expérience traumatisante et dégradante pour ceux qui se retrouvent placés de façon imprévisible au secret, coupés du monde extérieur. Bien évidemment, aucun avocat n&#8217;est autorisé à assister le supposé suspect à ce stade<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>mises en examen et en détention provisoire sans preuve réelle d’actes délictueux</strong>. Tout le monde a présent à l&#8217;esprit la bande de Tarnac, accusée d’attentats sur des lignes SNCF puis remise progressivement en liberté au bout de 6<code> </code>mois d’instruction et… de détention pour son chef présumé<code> </code>!</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la <strong>mise à l’écart des journalistes à la parole trop libre ou jugée trop insolente </strong>par le pouvoir (ainsi le directeur de Paris-Match qui avait publié une photo de Cécilia au côté de son amoureux, Daniel Schneidermann et son émission «<code> </code>Arrêt sur image<code> </code>» sur France<code> </code>5…).</p>
<p class="MsoNormal">Comme la population allemande avait faiblement réagi aux atteintes à la liberté individuelle, les théoriciens nazis ont estimé qu’ils avaient les mains libres pour aller plus loin et qu’ils disposaient de toute latitude pour concevoir leur plan aberrant d’extermination des juifs d’Europe. Le pouvoir rend fou parfois…<br />
<span>   </span><br />
Nous n’en sommes pas là en France mais, par exemple, l’absence de réaction populaire face à la possession des grands media de masse par des amis du pouvoir (Vincent Bolloré est propriétaire de <em>Direct<code> </code>8</em>, <em>Direct matin</em> et <em>Direct soir</em>, Martin Bouygues de <em>TF1</em> et <em>LCI</em>, Serge Dassault du<em> Figaro</em>, Arnaud Lagardère de <em>Gulli</em> et <em>Paris-Match</em>) encourage ce même pouvoir à continuer dans cette voie, par exemple en nommant le Président de France Télévision.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La fabrication de boucs émissaires</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour les membres du parti national-socialiste, dès avant<code> </code>1933, la cause de tous les maux dont souffrait le peuple allemand était montrée du doigt et stigmatisée<code> </code>: la «<code> </code>juiverie internationale<code> </code>», les communistes, les homosexuels, les francs-maçons, les tziganes. On sait que ce furent les principales victimes des camps de concentration et de la «<code> </code>solution finale<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Notre gouvernement français de 2010 et ses soutiens fustigent tout ce qui n’est pas «<code> </code>bon Français<code> </code>»<code> </code>: ceux qui n’accèdent pas à l’emploi et ne travaillent pas (le RSA n’est attribué qu’à des personnes capables de tenir un emploi et laisse de côté les autres), ceux qui portent des vêtements cachant le visage (cagoule, burqa), ceux qui ne sont pas chrétiens, certains chefs d’entreprise qui délocalisent des emplois (pas tous, la vindicte est, dans ce domaine, sélective), les leaders des partis d’opposition. Quel avenir leur est réservé si ce pouvoir perdure et se renforce encore en 2012<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les réformes anti-liberté<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>La liste est impressionnante et s’allonge d’année en année, de la suppression du juge d’instruction à la facilité déconcertante (voir ci-dessus) qu’ont la police et la gendarmerie pour placer une personne en garde à vue en passant par la loi Hadopi. Le florilège que nous avions dressé dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em> n’a cessé de s’enrichir, l’imagination dans ce domaine étant un atout maître de l’équipe Sarkozy…<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La diversion<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Appelée aussi <em>story telling</em>, la diversion consiste à <strong>créer ou à faire mousser dans les media</strong> (d’où l’importance d’avoir des amis dans ce secteur d’activité) <strong>le plus grand nombre d’évènements susceptibles de distraire le bon peuple</strong> des drames dans lesquels il est plongé et que le gouvernement se montre impuissant à réduire (chômage, logement, pouvoir d’achat, déficits abyssaux, guerre, casse démocratique).<br />
<span>   </span><br />
Un exemple emblématique récent est bien sûr la méga-campagne sur la menace de pandémie grippale. Et puis il y a les exemples récurrents, ce que dans la presse on appelle les «<code> </code>marronniers<code> </code>» car leurs feuilles poussent et retombent régulièrement<code> </code>: déboires conjugaux ou frasques de nos dirigeants (ou des dirigeants étrangers, Silvio Berlusconi jouant parfaitement son rôle dans cette partie) et des artistes, crises de tous ordres, menaces d’attentats, catastrophes naturelles et autres faits divers…<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>En guise de conclusion…<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Dans l’Antiquité romaine, le pouvoir pratiquait la politique «<code> </code>du pain et des jeux<code> </code>». Les jeux, les Français s’y adonnent de plus en plus<code> </code>: en<code> </code>2009, le chiffre d’affaire de la Française des Jeux a augmenté de 8,6<code> </code>% pour s’établir à près de 10<code> </code>milliards d’euros. La sociologue Monique Pinçon-Charlot, citée par le site internet du <em>Figaro</em> le 11<code> </code>janvier 2010, ne s&#8217;étonne pas de l&#8217;augmentation des dépenses de jeux d&#8217;argent en<code> </code>2009. «<code> </code>Quand la crise est trop dure, il ne reste plus que le rêve que l&#8217;on peut acheter contre les quelques euros d&#8217;un ticket de Loto<code> </code>», dit-elle. <strong>«<code> </code>Depuis l&#8217;arrivée des amis du CAC<code> </code>40 au cœur du champ politique il y a 2<code> </code>ans et demi, l&#8217;ascenseur social ne marche plus du tout et il ne reste plus que le jeu pour les Français les plus désespérés<code> </code>»</strong>, assure cette sociologue. C’est <em>Le Figaro</em> qui l’écrit<code> </code>!<br />
<span> </span><span>  </span><br />
Le désespoir est-il bon conseiller<code> </code>? Faudra-t-il une explosion sociale comme en Guadeloupe au premier trimestre<code> </code>2009 pour acculer le pouvoir à changer de politique, ou les élections régionales de mars<code> </code>2010 ouvriront-elles la voie à un changement de pouvoir en<code> </code>2012<code> </code>? La réponse nous appartient.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<item>
		<title>Sarkozy&#8230; ou Ubu roi</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/10/sarkozy-ou-ubu-roi/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 20:21:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Obsédé par sa volonté de démanteler l’État, Nicolas Sarkozy et son gouvernement accumulent les incompétences et les erreurs, domaine par domaine.
   
Insultant pour la France républicaine, ce faux débat pétainiste sur l’identité nationale, à la veille d’élections régionales perdues d’avance, et qui échoue dans la fange de propos anti-musulmans. Nous avons même la sensation que, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Obsédé par sa volonté de démanteler l’État, Nicolas Sarkozy et son gouvernement accumulent les incompétences et les erreurs, domaine par domaine.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Insultant pour la France</strong> républicaine, ce faux débat pétainiste sur l’identité nationale, à la veille d’élections régionales perdues d’avance, et qui échoue dans la fange de propos anti-musulmans. Nous avons même la sensation que, dans cette affaire, le Président projette sur le pays son mal-être personnel et ses propres problèmes d’identité non résolus (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/15/nation-et-identite-nationale/">Nation et identité nationale</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Incompétente, cette gestion</strong> à la petite semaine d’une crise grave qui conduit à doubler le déficit public en un an, le tout en favorisant les plus riches et les très grandes entreprises au détriment des plus faibles (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/03/2010-le-temps-des-perspectives/">2010 : le temps des perspectives</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Suicidaire de faire la guerre</strong> en Afghanistan dans un tel contexte de difficultés sociales. Guerre dont on ignore tout des objectifs stratégiques, de la durée et surtout du coût réel, facteur important d’aggravation du déficit public. Un nouveau seuil a été franchi avec le kidnapping de journalistes français, rappelant une évolution de la situation que nous avons connue au Liban et qui déboucha sur un départ… (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/06/afghanistan-des-objectifs-de-plus-en-plus-flous-des-budgets-de-plus-en-plus-fous/">Afghanistan : des objectifs de plus en plus flous, des budgets de plus en plus fous</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Absurde la gestion de la grippe</strong> H1N1<code> </code>: dans un premier temps, les réquisitions de personnels dans les hôpitaux déstabilisent les services hospitaliers, déjà en manque de moyens, pour garnir des centres de vaccination montés à la va-vite. L’armée, réquisitionnée, ne comprend elle-même pas le rôle qu’elle y joue. Dans un second temps, on réintègre au dispositif, en toute hâte et impréparation, les médecins généralistes qu’on avait initialement exclus<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Pis : à un moment où, une fois de plus, on met en avant un soi-disant trou de la Sécurité sociale pour justifier l’arrêt du remboursement de certains médicaments, où l’égalité des soins ne fait que reculer pour laisser la place aux assurances privées, où Xavier Darcos veut tuer la médecine du travail, on apprend que Roselyne Bachelot a acheté 79<code> </code>millions de doses vaccinales en trop sur pression des lobbies pharmaceutiques<code> </code>! Le trou noir de la Sécurité sociale, c’est en fait Roselyne Bachelot elle-même.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Significatif de réduire l’enseignement de l’histoire</strong> au lycée, alors que le courage politique exigerait une tout autre audace pour remettre à flots l’instruction publique. Mais il est vrai que l’histoire enseigne notamment jusqu’où peut aller le «<code> </code>mur de l’argent<code> </code>» contre les intérêts du peuple (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/page/3/">La faillite programmée du système éducatif</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ridicule un Bercy</strong> qui se fait prendre la main dans le sac en train de voler des fichiers bancaires suisses.<br />
<span>   </span><br />
Ah oui ! J’oubliais : <strong>inadmissible pour un Président de la République digne de ce nom d’assister à un dîner en l’honneur de généreux donateurs de l’UMP</strong>, en présence du ministre du Budget, lui-même trésorier du mouvement. Ce mélange des genres relève de la république bananière. On croit rêver quand on se rappelle que le général de<code> </code>Gaulle voulait un Président au-dessus des partis dans le cadre de la cinquième Constitution de la République…<br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte difficile, le mouvement syndical a su construire des actions coordonnées et cohérentes durant tout le premier semestre<code> </code>2009. Mais, faute de relais politiques solides, l’essai n’a pas été transformé.<br />
<span>   </span><br />
Arrivent les régionales : peu ou prou leurs résultats confirmeront le rapport de forces entre le pouvoir central et le pays réel. <strong>Toute réforme territoriale apparaîtra alors d’évidence comme un charcutage électoral</strong> aux fins d’endiguer l’effondrement de l’assise politique de ce régime. On peut donc espérer que l’après-mars verra naître une nouvelle dynamique politique dans laquelle s’inscrira nécessairement la construction de l’espérance d’une autre politique, plus respectueuse de l’intérêt national, de la démocratie, et des Français.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		<title>2010 : le temps des perspectives</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/03/2010-le-temps-des-perspectives/</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 15:55:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le bilan 2009, les perspectives pour 2010. Sans vouloir jouer les devins, à quoi pouvons-nous raisonnablement nous attendre cette année ?
Le pouvoir croissant des TGE…
Une tendance lourde, initiée il y a maintenant plusieurs dizaines d&#8217;années, devrait se poursuivre en 2010 : le pouvoir sans cesse croissant des TGE (très grandes entreprises), notamment en comparaison de celui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après le bilan 2009, les perspectives pour 2010. Sans vouloir jouer les devins, à quoi pouvons-nous raisonnablement nous attendre cette année ?</p>
<p><strong><u>Le pouvoir croissant des TGE…</u></strong></p>
<p>Une tendance lourde, initiée il y a maintenant plusieurs dizaines d&#8217;années, devrait se poursuivre en<code> </code>2010<code> </code>: le pouvoir sans cesse croissant des TGE (très grandes entreprises), notamment en comparaison de celui des États.</p>
<p>On l&#8217;oublie fréquemment, mais les acteurs les plus efficaces et les mieux coordonnés de la scène internationale ne sont pas les États mais les TGE. Elles seules ont la capacité de mettre en œuvre une politique véritablement mondiale, de faire fonctionner de manière coordonnée des réseaux d&#8217;influence et de lobbying dans la quasi-totalité des États «<code> </code>qui comptent<code> </code>», de planifier des stratégies sur des durées longues, sans que celles-ci soient «<code> </code>brouillées<code> </code>» par des résultats électoraux.<br />
<span>   </span><br />
Face à des États très affaiblis par la crise financière (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/">Les illusions perdues</a></em>), voire en situation de quasi-faillite comme l&#8217;Islande ou Dubaï en 2009, les TGE vont apparaître comme les grandes gagnantes d&#8217;une crise financière qu&#8217;elles traversent sans casse majeure.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Des États fragilisés</u></strong>…<br />
<span>   </span><br />
Le contraste est saisissant entre la bonne santé des TGE d&#8217;une part, des États d&#8217;autre part, lesquels, après des décennies de privatisations et de «<code> </code>moins d&#8217;impôts<code> </code>», sont aujourd&#8217;hui endettés et affaiblis. On peut donc s&#8217;attendre à ce que les «<code> </code>défauts<code> </code>» de paiement des États se multiplient, à commencer par les plus faibles et les plus endettés d’entre eux. Dans cette liste, on trouve traditionnellement la Grèce, l’Espagne… mais le vrai danger peut venir de la Grande-Bretagne, des 50<code> </code>États américains et de l’État fédéral lui-même qui fait marcher à plein régime la «<code> </code>planche à billets<code> </code>» pour financer son déficit colossal.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette optique, le scénario que nous avions décrit en mars<code> </code>2009, celui d’un effondrement du dollar suivi d’une véritable «<code> </code>révolution<code> </code>» politique, économique et culturelle aux États-Unis (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/">Le jour où le dollar s’effondrera</a></em>) reste parfaitement d’actualité.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>pris en tenaille entre impôts et déficit…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Comment s’en sortir<code> </code>? C’est la quadrature du cercle<code> </code>: pour financer ou résorber les déficits, les États devraient augmenter les impôts, et faire peser la charge fiscale sur ceux capables de la supporter, notamment les TGE et les foyers fiscaux les plus fortunés.<br />
<span>   </span><br />
C’est bien sûr là que tout se gâte<code> </code>: les lobbies vont évidemment faire barrage à toute augmentation d’impôt qui lèserait leurs intérêts… sans parler des contribuables les plus riches qui disposent de réseaux d’influence leur permettant de préserver leurs avantages.<br />
<span>   </span><br />
Un exemple récent<code> </code>? Il date d’il y a quelques jours<code> </code>: certains sénateurs ont fait le forcing pour que, dans le calcul du bouclier fiscal (qui limite à 50<code> </code>% de leurs revenus l’imposition totale des plus fortunés), les revenus des dividendes bénéficient d’un abattement de 40<code> </code>%, ce qui aboutissait à minorer artificiellement le revenu de «<code> </code>contribuables aux facultés contributives souvent particulièrement importantes<code> </code>» comme le dit pudiquement le Conseil constitutionnel qui a, fort heureusement, censuré cette disposition.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>qui vont sabrer dans les dépenses sociales…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Donc pas vraiment possible d’augmenter les impôts<code> </code>: les plus riches sont protégés (lobbies et élus «<code> </code>amis<code> </code>»)<code> </code>; on va bien sûr pressurer un peu plus les pauvres et les classes moyennes mais il y a des limites à cette option car, électoralement, c’est plutôt contre-productif.<br />
<span>   </span><br />
Reste donc une seule solution<code> </code>: couper dans les dépenses sociales en les supprimant, les réduisant significativement ou en demandant aux collectivités territoriales (régions, départements, voire communes) de les prendre un peu plus en charge. Comme la majorité des conseils régionaux et généraux est détenue par la gauche, c’est de surcroît une excellente façon de «<code> </code>refiler la patate chaude<code> </code>» à l’opposition politique.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>mais maîtrisent encore moins les nouvelles bulles spéculatives<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En injectant des milliards d’euros dans l’économie via des plans de relance sans définir en contrepartie des «<code> </code>règles du jeu<code> </code>» contraignantes à l’égard des entreprises et établissements financiers en ayant bénéficié, les États ont contribué à la création de nouvelles bulles spéculatives<code> </code>: hausse du cours des matières premières (pétrole et or notamment) et hausse des Bourses, notamment en Asie, sans relation aucune avec «<code> </code>l’économie réelle<code> </code>»…<br />
<span>   </span><br />
Donc retour à la case départ<code> </code>: les banques et les institutions financières qui nous ont «<code> </code>mis dans le mur<code> </code>» lors de la crise financière ont recommencé leurs jeux spéculatifs et vont les continuer en<code> </code>2010 comme si de rien n’était, avec de l’argent prêté par les États (c’est-à-dire par nous, les citoyens) et en bénéficiant de taux d’intérêt très bas.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La Chine s’impose…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En mai 2009, dans un billet intitulé <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/3/">Le point de basculement</a></em>, nous nous interrogions sur le moment où les États-Unis cèderaient à la Chine le leadership mondial et analysions la tactique mise en place par les autorités chinoises pour atteindre cet objectif.<br />
<span>   </span><br />
À la différence des États occidentaux «<code> </code>essorés<code> </code>» par la crise financière, l’État chinois est en position de force<code> </code>: endettement public très faible, monnaie non convertible et sous-évaluée permettant à ses entreprises de renforcer leur position «<code> </code>d’usine du monde<code> </code>» en se positionnant de surcroît dans le secteur tertiaire.<br />
<span>   </span><br />
Le basculement du rapport de forces pourrait donc se produire beaucoup plus tôt que ne l’imaginent les États-Unis, notamment à travers le <a href="http://www.dni.gov/nic/PDF_2025/2025_Global_Trends_Final_Report.pdf">rapport de la CIA sur l’état du monde en 2025</a>.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>à nos dépens</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Ce rôle croissant de la Chine constitue-t-il une «<code> </code>bonne nouvelle<code> </code>», pour nous Européens<code> </code>? La domination chinoise serait-elle préférable à la domination américaine<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
La réponse est clairement non. Le comportement des Chinois vis-à-vis des Africains depuis une décennie environ, ces derniers étant parfois traités comme des esclaves (notamment au <a href="http://www.afriquecentrale.info/central.php?o=5&amp;s=38&amp;d=3&amp;i=433">Congo</a>), est un élément révélateur parmi beaucoup d’autres.<br />
<span>   </span><br />
Il ne s’agit bien évidemment pas d’appuyer, de préférer ou de légitimer «<code> </code>l’impérialisme américain<code> </code>» mais il existe une différence de taille entre les deux régimes<code> </code>: les États-Unis sont une démocratie – certes bien imparfaite – et, à l’égard de ses propres citoyens, le respect des droits de l’homme ainsi que la liberté individuelle font partie de son «<code> </code>fonds culturel<code> </code>», malgré toutes les violations dont ils font l’objet.<br />
<span>   </span><br />
La situation chinoise est totalement différente. Que le pays soit aujourd’hui une dictature pourrait n’être qu’un épiphénomène dans son histoire. Mais tel n’est malheureusement pas le cas. Les notions de démocratie, de droits de l’homme et de liberté individuelle sont non seulement étrangères à la culture chinoise mais la promotion de ces valeurs en Chine y est bien souvent perçue comme une tentative occidentale de recoloniser la Chine, de lui imposer des idées et des valeurs contraires à sa culture.<br />
<span>   </span><br />
Un leader mondial cherchera toujours à imposer sa culture aux nations qu’il domine, comme l’ont fait les Américains depuis<code> </code>1945 et, avant eux, les Britanniques, les Français, les Espagnols… Que ce leader ne soit pas une démocratie et ne dispose d’aucun bagage culturel pour le devenir est particulièrement inquiétant.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une note d’espoir<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Une note d’espoir<code> </code>? Elle pourrait venir de l’Europe. Malgré les critiques dont son fonctionnement et ses institutions font l’objet, elle offre la possibilité de «<code> </code>dessiner un futur<code> </code>» car elle dispose de deux atouts<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">• c’est le seul exemple au monde de coopération politique et économique relativement efficace mise en œuvre dans un cadre non coercitif, entre un aussi grand nombre d’États<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">• le modèle démocratique qu’elle constitue est exemplaire, au sens étymologique du terme<code> </code>: démocratie dans son fonctionnement interne, démocratie dans celui de ses membres constituants. Malgré les critiques – qui peuvent être parfaitement justifiées – dans sa mise en œuvre et son effectivité, il n’en reste pas moins que sur ces atouts qu’il faut s’appuyer et «<code> </code>capitaliser<code> </code>», si nous voulons encore «<code> </code>dessiner demain<code> </code>».<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><o:p> </o:p></p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>2009 : à l&#8217;heure du bilan</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/28/2009-a-lheure-du-bilan/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/12/28/2009-a-lheure-du-bilan/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 00:10:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque, début 2009, nous avons publié les premiers billets de La Lettre du Lundi, nous avions alors pour objectif de prendre du recul dans l’analyse de l’actualité politique, économique et sociale - qu&#8217;elle soit nationale ou internationale - d’apporter des éléments de réflexion, de nous interroger sur les évolutions « lourdes » de notre société.
   
Un an [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque, début 2009, nous avons publié les premiers billets de <em>La Lettre du Lundi</em>, nous avions alors pour objectif de prendre du recul dans l’analyse de l’actualité politique, économique et sociale - qu&#8217;elle soit nationale ou internationale - d’apporter des éléments de réflexion, de nous interroger sur les évolutions «<code> </code>lourdes<code> </code>» de notre société.<br />
<span>   </span><br />
Un an plus tard, le pari est, de ce point de vue, gagné. D’une part, les quelques dizaines de lecteurs réguliers des premières parutions sont aujourd’hui devenus des centaines. D’autre part, en relisant l’ensemble des billets publiés, nous confirmons et validons les analyses que nous avons effectuées.<br />
<span>   </span><br />
Si l’on devait résumer l’essentiel de nos billets en quelques lignes, le message serait alors le suivant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Depuis les années 1980</strong> et la politique «<code> </code>libérale<code> </code>» -<code> </code>au sens français du terme<code> </code>- initiée par Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, <strong>un nouveau modèle de société s’est progressivement mis en place</strong> dans ces deux pays puis, par contagion pourrait-on dire, dans l’ensemble de la planète.<br />
<span>   </span><br />
Sous le prétexte de «<code> </code>moins d’impôt<code> </code>» et «<code> </code>moins d’État<code> </code>», <strong>la philosophie de ce modèle de société, c’est en fait «<code> </code>laissons croître les inégalités.</strong> Arrêtons le <span>&#8220;système&#8221;</span> qui a prévalu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon lequel la réduction des inégalités va dans le &#8220;sens de l‘histoire&#8221; que nous devrions nécessairement suivre ».<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette « marche vers l’inégalité »</strong> aboutissant à favoriser les plus riches par rapport aux plus pauvres <strong>a été soutenue par de très nombreux lobbies</strong> pour deux raisons principales<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• en tant qu’entreprises, ils ont été les premiers bénéficiaires du «<code> </code>moins d’impôt, moins d’État<code> </code>». Quelle entreprise souhaite en effet payer beaucoup d’impôts si elle réalise des bénéfices et se trouver «<code> </code>enserrée<code> </code>» dans un cadre législatif et réglementaire contraignant<code> </code>?<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• en tant que personnes physiques, les actionnaires et dirigeants de ces entreprises souhaitaient retrouver à titre personnel les avantages obtenus pour leur entreprise<code> </code>: moindre taxation des hauts revenus et des gains tirés du capital, avantages fiscaux en tous genres pour les plus fortunés.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Une trentaine d’années après la mise en œuvre de cette nouvelle politique, on peut très cyniquement dire que <strong>les résultats ont été parfaitement atteints</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/3/">Connaissez-vous Gini ?</a>)</em><code> </code>: partout dans le monde les hauts revenus et les gains du capital sont beaucoup moins taxés qu’ils ne l’étaient alors, <strong>les gains en productivité des entreprises ont principalement profité aux actionnaires et aux hauts dirigeants</strong>. Par voie de conséquence, les inégalités entre citoyens se sont accrues…<br />
<span>   </span><br />
Une telle situation implique bien sûr de faire avaler cette pilule au bon peuple. Pour cela, <strong>il est nécessaire de multiplier les leurres dans le domaine politique</strong> -<code> </code>guerres extérieures, lutte contre «<code> </code>l’ennemi intérieur<code> </code>», «<code> </code>pipolisation<code> </code>» de la vie politique (on attire l’attention sur l’accessoire pour que l’essentiel soit oublié) -<code> </code>et, plus globalement, dans la société qui s’oriente alors vers le <em>panem et circenses</em> dénoncé par Juvénal.<br />
<span>   </span><br />
La multiplication des leurres ne suffit cependant pas pour atteindre cet objectif fort peu louable. <strong>D’autres moyens doivent notamment être employés</strong>, parmi lesquels<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• <strong>crétiniser la population</strong>. C’est un des objectifs de la «<code> </code>société du spectacle<code> </code>» qui a uniquement besoin de «<code> </code>citoyens-consommateurs<code> </code>» et non de «<code> </code>citoyens-pensants<code> </code>». La recette pour y parvenir est des plus simples<code> </code>: détruire l’enseignement de masse pour ne laisser en place qu’une éducation réservée <em>de facto</em> à l’élite, comme dans les Universités américaines. La France s’est engagée dans cette voie (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/06/la-faillite-programmee-du-systeme-educatif/"><span style="color: blue" lang="FR">La faillite programmée du système éducatif</span></a></em>) et, avec Luc Chatel à la tête de l’Éducation nationale (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/"><span style="color: blue" lang="FR">Derrière l’écran de fumée</span></a></em>), est bien placée pour réussir à saborder son service public de l&#8217;éducation<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• <strong>restreindre les libertés publiques</strong>. Peu à peu, étape par étape, morceau par morceau, les Français échangent leurs libertés contre une sécurisation supposée plus grande de leur existence et de leurs biens (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/"><span style="color: blue" lang="FR">Un faisceau d’indices inquiétants</span></a></em>). La ficelle est bien grosse, mais le Président-ministre de l’Intérieur lui doit son élection<code> </code>: il sait en user en artiste consommé…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Et <strong>Sarkozy</strong> justement<code> </code>? Son rôle dans ce tableau<code> </code>? Tout simplement celui d’<strong>un accélérateur, qui veut définitivement</strong> (et sans espoir de retour) <strong>faire prendre à la France le chemin de la «<code> </code>révolution conservatrice<code> </code>»</strong>. Le chemin avait été bien préparé par les lobbies (en ce sens, le rôle de l’ex-CNPF, aujourd’hui Medef, a été déterminant) mais certains (Mitterrand et Chirac notamment) hésitaient à prendre franchement ce tournant et, pour de multiples raisons, avaient encore la nostalgie d’une «<code> </code>certaine idée de la France<code> </code>» ou d’une «<code> </code>social-démocratie à la française<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Foin de ces retenues avec Sarkozy<code> </code>! Une des premières mesures de son règne a été de faire voter la loi TEPA. Tout un symbole<code> </code>: un nom ronflant (travail, emploi et pouvoir d’achat), quelques mesures pour la galerie (un encadrement bien léger des «<code> </code>parachutes dorés<code> </code>») et de «<code> </code>vraies<code> </code>» mesures fiscales qui auront des conséquences lourdes sur les inégalités économiques entre citoyens (forte réduction des droits de succession, réduction de l’impôt sur la fortune, abaissement du seuil du bouclier fiscal, favorisant ainsi les contribuables les plus aisés…).<br />
<span>   </span><br />
Voila le tableau général. La quasi-totalité des billets que nous avons rédigés cette année, que ce soit dans le domaine de la politique, de l’économie, du social, du militaire, du religieux, de l’éducation, de la communication… sont «<code> </code>en phase<code> </code>» avec cette analyse et cette vision globale de l’évolution de nos sociétés.<br />
<span>   </span><br />
Où cela nous mènera-t-il<code> </code>? <strong>Quelles sont les perspectives pour 2010<code> </code>?</strong> Ce sera le sujet de notre billet du 4<code> </code>janvier.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span><span>©</span></span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Rachida&#8230; ou le mépris du peuple</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/19/rachida-ou-le-mepris-du-peuple/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/12/19/rachida-ou-le-mepris-du-peuple/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 20:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La récente « sortie » de Rachida Dati au Parlement européen, « piégée » par un micro indiscret alors qu&#8217;elle s&#8217;épanchait par téléphone sur les malheurs de sa condition de députée européenne, dépasse largement le cadre de l&#8217;anecdote.



 
Au fond, peu importe qu&#8217;elle ait été ou non réellement piégée, qu&#8217;elle ait cherché à monter en épingle un épisode pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La récente «<code> </code>sortie<code> </code>» de Rachida Dati au Parlement européen, «<code> </code>piégée<code> </code>» par un micro indiscret alors qu&#8217;elle s&#8217;épanchait par téléphone sur les malheurs de sa condition de députée européenne, dépasse largement le cadre de l&#8217;anecdote.</p>
<p><object width="320" height="185"></object>
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<param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xbhzu6&amp;related=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="320" height="185"></embed><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xbhzu6_rachida-dati-la-boulette_news"></a></strong><em> <a href="http://www.dailymotion.com/Jeancullacensure"></a><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"></a></em><br />
Au fond, peu importe qu&#8217;elle ait été ou non réellement piégée, qu&#8217;elle ait cherché à monter en épingle un épisode pour elle banal de sa vie quotidienne ou que ce faux-pas serve ou non les intérêts de son maître Sarkozy qui, après l&#8217;avoir portée au pinacle, l&#8217;a «<code> </code>exilée<code> </code>» à Strasbourg. Derrière les faux-semblants, cherchons la réalité.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons d&#8217;abord le contexte. Rachida Dati a été élue aux élections européennes de 2009 sur la liste UMP d&#8217;Île-de-France. Son «<code> </code>job<code> </code>» à Strasbourg est identique à celui des 750<code> </code>autres parlementaires européens. À ce titre, elle perçoit une indemnité mensuelle de 7<code> </code>700<code> </code>€, sans compter divers avantages du type indemnité de frais généraux, indemnité journalière, remboursement des frais de déplacement, une dotation pour rémunérer des assistants… au total largement plus de 30<code> </code>000<code> </code>€ par mois.<br />
<span>   </span><br />
C&#8217;est bien sûr là que le bât blesse. Quand on a une telle fonction à remplir, dans des conditions matérielles qui vous placent parmi les 0,1<code> </code>% de Français les plus fortunés, on bosse -<code> </code>c&#8217;est en tout cas ce qu&#8217;attendent ses électeurs<code> </code>- on ne joue pas la mijaurée parisienne, exaspérée par l&#8217;aspect peu glamour du job qu&#8217;elle a pourtant voulu et accepté. <strong>L&#8217;attitude de Rachida Dati traduit le mépris qu&#8217;elle porte à ses électeurs, au peuple et aux institutions qui lui ont permis d&#8217;accéder à ces fonctions, dont elle n&#8217;est manifestement pas digne.</strong><br />
<span>   </span><br />
Dans ces conditions, <strong>on peut à nouveau se poser la question de notre représentativité en termes plus larges</strong> et méditer la formule de Montesquieu<code> </code>: «<code> </code>Le suffrage par le sort est la nature de la démocratie, le suffrage par le choix est de celle de l’aristocratie<code> </code>» (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/2/">Une nouvelle approche démocratique</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Mais ne tirons pas trop sur Rachida Dati <em><span> </span>intuitu personae</em>. Elle est au fond très représentative d&#8217;<strong>une certaine manière de «<code> </code>faire de la politique<code> </code>» personnifiée par son mentor, Nicolas Sarkozy, pour lequel tout n&#8217;est que communication et mise en scène</strong>. Pour lui et ceux qui l&#8217;entourent, peu importe les résultats, seule compte la perception que les électeurs en auront, le décor de théâtre qu&#8217;ils «<code> </code>achèteront<code> </code>», l&#8217;image qu&#8217;ils auront du pouvoir. Quand on a été élevé à telle école, passer des heures à négocier un texte en commission en se confrontant aux points de vue grecs et irlandais, c&#8217;est de la science-fiction<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Rachida Dati devrait pourtant savoir qu&#8217;<strong>aujourd&#8217;hui, c&#8217;est au niveau européen que se situe le pouvoir politique</strong>, que c&#8217;est là que se prennent les véritables décisions (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/">Poursuivre le chemin ou changer d’Europe</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/5/">Quatre enjeux pour l’Europe</a></em>), celles adoptées au niveau national n&#8217;étant que la traduction locale d&#8217;orientations qui concernent 500<code> </code>millions d&#8217;habitants. Même si les hommes et femmes politiques de chaque État font encore trop souvent «<code> </code>comme si<code> </code>»<code> </code>: comme si, au fond, ils détenaient beaucoup plus de pouvoir qu’ils n’en disposent en réalité.<br />
<span>   </span><br />
Mais surtout, <strong>les décisions politiques européennes sont le fruit d’un travail collectif et d’un compromis entre des intérêts ou des visions parfois totalement divergents</strong>. Pour être efficace dans un tel contexte, mieux vaut posséder de réelles capacités de leader –<code> </code>charisme, obstination, exemplarité, vision à long terme, capacité de convaincre<code> </code>– et savoir faire preuve d’opiniâtreté et de résistance lors de négociations, que d’avoir un ego surdimensionné qui aboutit à ne comprendre et à n’intégrer que sa seule vision dans une négociation.<br />
<span>   </span><br />
Le processus législatif européen est un travail de couturière, minutieux, patient, difficile, qui s&#8217;accommode mal des feux de la rampe et semble extravagant à une femme habituée à porter de la haute couture sans la payer.<br />
<span>   </span><br />
Fruits de la société du spectacle, uniquement soucieux de paraître, Rachida et les autres se comportent comme des enfants capricieux, totalement inadaptés à cet environnement politique en gestation. Immatures et narcissiques, au fond incapables de «<code> </code>penser la complexité<code> </code>», «<code> </code>penser collectif<code> </code>» et, tout simplement, de «<code> </code>penser demain<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
©<em> La Lettre du Lundi</em> 2009<span>   </span><br />
<strong>Autres billets sur le thème de l’Europe<code> </code>:</strong><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/">Sarkozy a changé l’Union européenne<code> </code>: pour le meilleur ou pour le pire<code> </code>?</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/2/">Le divorce européen</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/page/4/">L’alternative stratégique</a></em><o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Restore Hope</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/13/restore-hope/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 16:54:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Point n&#8217;est besoin d&#8217;espérer pour entreprendre,
ni de réussir pour persévérer.

Charles le Téméraire (1433-1477)

   
Restore Hope. Redonner de l&#8217;espoir. Vous vous rappelez ? C&#8217;était le nom de l&#8217;opération américaine en Somalie en 1993. L&#8217;objectif était alors de stabiliser le pays, de « redonner de l&#8217;espoir » à une population épuisée par des années de guerre civile.
   [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 100pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt">Point n&#8217;est besoin d&#8217;espérer pour entreprendre,<br />
ni de réussir pour persévérer.<br />
</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 100pt; text-align: right" align="right"><span style="font-size: 9pt">Charles le Téméraire (1433-1477)<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 100pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt"></span></em></p>
<p><span>   </span><br />
Restore Hope. Redonner de l&#8217;espoir. Vous vous rappelez ? C&#8217;était le nom de l&#8217;opération américaine en Somalie en 1993. L&#8217;objectif était alors de stabiliser le pays, de «<code> </code>redonner de l&#8217;espoir<code> </code>» à une population épuisée par des années de guerre civile.<br />
<span>   </span><br />
Redonner de l&#8217;espoir, les Français en auraient également bien besoin, épuisés et désenchantés après 30<code> </code>mois de Sarkozy à l&#8217;Élysée, et autant à venir avant la prochaine élection présidentielle. Mais comment atteindre cet objectif, même dans la meilleure des configurations<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
La meilleure des configurations, c&#8217;est l&#8217;élection d&#8217;un autre candidat que Sarkozy en 2012, qu&#8217;il soit issu de la gauche (Aubry, Hollande, Royal&#8230;), du centre ou de la droite (Bayrou, de Villepin, Strauss-Kahn&#8230;). À ce stade, nous n&#8217;allons pas nous poser la question du «<code> </code>qui<code> </code>» mais surtout de la <strong>faisabilité de «<code> </code>redonner l&#8217;espoir<code> </code>»</strong> ainsi que de la méthode qui pourrait être employée pour y parvenir.<br />
<span>   </span><br />
Nous disposons pour cela d&#8217;un exemple outre-Atlantique<code> </code>: Obama. Après huit années Bush calamiteuses, <strong>il a été élu avec la promesse de redonner de l&#8217;espoir</strong> à une population confrontée à peu près aux mêmes problèmes structurels qu&#8217;en France.<br />
<span>   </span><br />
Avec quels résultats<code> </code>? Il faut reconnaître qu&#8217;ils sont <strong>très mitigés</strong><code> </code>: en Afghanistan, en Irak, à Guantánamo, rien n&#8217;a spectaculairement changé depuis les années Bush (la promesse de fermer rapidement Guantánamo n&#8217;a notamment pas été tenue et Obama engage de nouvelles troupes en Afghanistan). Quant à la réforme du système de santé américain, elle s&#8217;enlise dans des débats sans fin et une guerre de tranchées<code> </code>: sans trop se tromper, on peut prévoir qu&#8217;à terme la montagne accouchera d&#8217;une souris. Enfin, dans le domaine de la fiscalité, l&#8217;idéologie libérale selon laquelle il faut constamment baisser les impôts est devenue un dogme. Résultat<code> </code>: les écarts de fortune, le <em>gap</em> entre riches et pauvres, continuent d&#8217;augmenter sous l&#8217;administration Obama.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Pourquoi un tel désenchantement<code> </code>? Et la situation serait-elle </strong><strong>très différente en France si, d’aventure, une alternative à Sarkozy emportait l’Élysée en 2012<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Il faut être lucide. À moins d’un véritable bouleversement – une révolution en fait – dont les signes avant-coureurs sont aujourd’hui très faibles, la réponse la plus réaliste et la plus honnête que l’on puisse avancer aujourd’hui est «<code> </code><strong>Probablement pas</strong><code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<strong>Trois raisons principales</strong> expliquent ce constat, pessimiste à première vue<code> </code>:<br />
<span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● En premier lieu, <strong>le pouvoir sans cesse croissant, ahurissant diront certains, pris par les lobbies dans la prise de décision publique</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/2/">De la contagion des mauvaises habitudes</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/10/04/au-royaume-du-danemark/">Au royaume du Danemark</a></em>). Comme le résume l’économiste américain Jeffrey Sachs dans un récent article, «<code> </code>La pression exercée dans les coulisses par les (grandes entreprises américaines) domine désormais toute négociation, dont le public est exclu<code> </code>».<br />
On pourrait en dire de même en France<code> </code>: les lobbies (automobile, armement, banques, bâtiment, nucléaire notamment…) ont enserré l’ensemble des «<code> </code>corps constitués<code> </code>» (gouvernement, Parlement, administrations centrales, mairies, conseils régionaux et généraux…) dans un réseau d’influence tellement efficace qu’il est aujourd’hui quasiment impossible de sortir de la toile d’araignée. <strong>La République est contrôlée par les très grandes entreprises.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● En second lieu, <strong>la quasi-totalité du personnel politique de «<code> </code>haut niveau<code> </code>»</strong> (gouvernement, Parlement, présidents d’assemblées régionales, leaders d’opposition…), <strong>qu’il soit de droite ou de gauche, est issue du même moule de pensée</strong>, fait partie de la même caste dirigeante, isolée du reste de la population.<br />
Attention ! Il ne s’agit pas là d’un discours stigmatisant les «<code> </code>tous pourris<code> </code>» et ayant pour objectif de discréditer l’ensemble du personnel politique, simplement la triste constatation d’une «<code> </code>congélation<code> </code>» de la vie et des idées politiques, d’une absence de pensée véritablement différente et novatrice parmi ce personnel politique dit de haut niveau.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● Enfin, <strong>le niveau des changements à entreprendre</strong>, véritablement «<code> </code>révolutionnaires<code> </code>», <strong>supposerait</strong> une coordination ou – mieux – <strong>une coopération à l’échelle mondiale</strong>. Et, à ce jour, seules les très grandes entreprises, expertes dans l’art du lobbying, disposent de cette capacité de coordination au niveau mondial. Les États, divisés, sont impuissants. Retour à la case départ.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt">Quels sont ces changements dont la France (mais pas elle seulement…) a besoin pour réduire l’écart sans cesse croissant entre riches et pauvres, entre communautés… bref pour redonner un sens au concept de « nation » abordé dans un récent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/15/nation-et-identite-nationale/">Nation et identité nationale</a></em>)<code> </code>?</p>
<p>L’essentiel de la réponse, le cœur du dispositif, se résume en trois points, écho des trois raisons énoncées ci-dessus<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><strong>1. Un préalable<code> </code>: la réduction drastique de l’influence des lobbies.</strong> Si l&#8217;on souhaite que cette disposition ne reste pas un vœu pieux, il faut la graver dans le marbre, c&#8217;est-à-dire dans la Constitution<code> </code>: tout lobbying doit être purement et simplement interdit, et jugé inéligible tout candidat qui entretient des liens manifestes avec des groupes de pression constitués.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><strong>2. Une fiscalité radicalement différente.</strong> Imposer plus lourdement les gains du capital et la détention d&#8217;un patrimoine afin de réduire la pression fiscale sur les gains du travail, supprimer le bouclier fiscal et imposer fortement les gains élevés (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/22/trois-elements-de-diagnostic/">Trois éléments de diagnostic</a></em>). Mesures révolutionnaires<code> </code>? Peut-être aujourd&#8217;hui, mais classiques si on les remet en perspective<code> </code>: aux États-Unis, sous la présidence d’Eisenhower, peu suspect de sympathie à l’égard des doctrines marxistes, le taux d&#8217;imposition sur les revenus les plus élevés était de 91<code> </code>%…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><strong>3. Un contrôle très serré des banques et des établissements financiers</strong>. La finance mondiale, avec ses jeux de spéculation et ses mouvements de capitaux sans aucun rapport avec l&#8217;économie réelle, se comporte aujourd&#8217;hui comme la cargaison non accrochée d&#8217;un bateau en pleine tempête, accentuant et aggravant les déséquilibres existants.<br />
Comme les États de l&#8217;Europe naissante avaient décidé, en 1950, de contrôler la production et la distribution de charbon et d&#8217;acier - matières alors stratégiques – en créant la CECA, les États de l&#8217;Europe de 2010 doivent contrôler les capitaux, dont l&#8217;emploi actuel, orienté vers la spéculation et non vers «<code> </code>l&#8217;économie réelle<code> </code>» (notamment le financement des entreprises), est dangereusement contre-productif.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt">Tout cela semble bien loin et surtout bien utopique dans les circonstances actuelles. C&#8217;est pourquoi le réalisme doit l&#8217;emporter<code> </code>: un changement de conducteur au sommet de l&#8217;État pourrait certes permettre d’ouvrir l&#8217;airbag un peu plus tôt et de réduire la gravité des blessures mais, pour éviter l&#8217;accident, cette condition ne sera pas suffisante.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© La Lettre du Lundi 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Afghanistan : des objectifs de plus en plus flous, des budgets de plus en plus fous</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/06/afghanistan-des-objectifs-de-plus-en-plus-flous-des-budgets-de-plus-en-plus-fous/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 21:09:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Des objectifs de plus en plus flous

Au début, il fallait capturer Ben Laden qui se cachait en Afghanistan. Et détruire Al-Qaïda. Tous deux responsables des attentats du 11 septembre 2001.
   
Puis il fallut combattre leurs complices, les Talibans.
Puis il fallut combattre le terrorisme en général, mais toujours en Afghanistan.
Puis il fallut instaurer la démocratie.
Puis il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><u>Des objectifs de plus en plus flous<br />
<span></span><br />
</u>Au début, il fallait capturer Ben Laden qui se cachait en Afghanistan. Et détruire Al-Qaïda. Tous deux responsables des attentats du 11 septembre 2001.<br />
<span>   </span></p>
<p>Puis il fallut combattre leurs complices, les Talibans.<br />
Puis il fallut combattre le terrorisme en général, mais toujours en Afghanistan.<br />
Puis il fallut instaurer la démocratie.<br />
Puis il fallut instaurer la démocratie au centre de Kaboul.<br />
Puis il fallut envisager d’explorer la possibilité de négocier avec les «<code> </code>bons<code> </code>» Talibans.<br />
Tout en envisageant d’étendre le conflit au Pakistan, partie prenante de longue date.<br />
<span>   </span><br />
<u>Des budgets de plus en plus fous</u></p>
<p>Et qui vont augmenter. Cela tombe bien, nous sommes en profonde récession…<br />
Après avoir résisté au mieux quelques mois à l’Establishment, le président Barack Obama se range à la décision d’augmenter son nombre de soldats pour une aussi noble cause.<br />
Et de donner l’ordre, OTAN oblige, à Nicolas Sarkozy de faire un effort supplémentaire de 1<code> </code>500<code> </code>soldats français.<br />
Ce qui portera notre contingent sur place à presque 5<code> </code>000<code> </code>hommes.<br />
Seule concession<code> </code>: ce sera après la conférence du 28<code> </code>janvier 2010 qui doit réunir le Président Hamid Karzaï et les pays présents sur place. Cette conférence sera bien maîtrisée<code> </code>: elle se déroulera à Londres.<br />
<span>   </span><br />
En plein marasmes social, économique et financier nous ne trouvons rien de mieux que de faire la guerre. Trois questions se posent d’évidence<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> Combien cela coûte-il réellement<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> Quel est l’objectif réel à atteindre pour un tel investissement<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> Quel est le calendrier<code> </code>?</p>
<p>Ne serait-il pas temps d’engager un débat démocratique sur le sujet<code> </code>?</p>
<p>Car, petit détail, c’est au nom de la démocratie que nous agissons de la sorte.<br />
<span>   </span><br />
Une guerre juste, disaient-ils à une époque…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
<p>Sur le même sujet :<br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/01/de-di%E1%BB%87n-bien-ph%E1%BB%A7-a-kaboul/">De Điện Biên Phủ à Kaboul</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/05/lafghanistan-tombeau-de-nos-ambitions-infondees/">L’Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/">Quelle autonomie stratégique pour la France ?</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/page/3/">OTAN : tout ce qu’on vous cache</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>OPA sur les religions</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/29/opa-sur-les-religions/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/11/29/opa-sur-les-religions/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 17:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2009/11/29/opa-sur-les-religions/</guid>
		<description><![CDATA[religion, christianisme, islam, judaïsme, laïcité]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dans la haute « Pyramide de la paix », tout en verre, au centre de la ville d’Astana, sa capitale, que le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, a invité début juillet<code> </code>2009 une quinzaine de délégations internationales représentant l’islam, le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, l’hindouisme, le shintoïsme et le zoroastrisme.<br />
<span>   </span><br />
Ce pays a des frontières communes avec la Russie, la Chine, les quatre petites républiques musulmanes d’Asie Centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan, Kirghizistan) et, à travers celles-ci, avec l’Iran et l’Afghanistan. Il est immense, cinq fois la France, peu peuplé, 15<code> </code>millions d’habitants mais surtout rassemble 130<code> </code>groupes ethniques (Russes, Kazakhs, Kirghizes, Ouzbeks, Tadjiks notamment) et, <em>last but not least</em>, 45<code> </code>confessions religieuses (47<code> </code>% de musulmans sunnites, 42<code> </code>% d’orthodoxes russes, 3<code> </code>% de catholiques, 1<code> </code>% de juifs, des protestants…), bref une mosaïque d’ethnies et de religions qui peut justifier, à elle seule, le souci de donner à chacune sa place afin de consolider la paix civile.<br />
<span>   </span><br />
Selon son biographe anglais, Jonathan Aitken, le président Nazarbaïev chercherait à fonder le Kazakhstan sur les principes de liberté et de tolérance religieuses, et à protéger le pays de tout extrémisme.<br />
<span>   </span><br />
Cette démarche est-elle sincère<code> </code>? Elle a, en tout cas, la constance comme caractéristique, puisque c’est la troisième rencontre de ce type, après celles de 2003 et 2006 organisées par le président kazakh.<br />
<span>   </span><br />
On peut aussi ne pas être insensible au niveau de responsabilité de certains participants<code> </code>: Shimon Peres, actuel président d’Israël, Medhi Mostafavi, conseiller du président iranien Ahmadinejad, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, Yona Metzger, grand rabbin d’Israël, Adamakis Emmanuel, métropole grec-orthodoxe de France, le cheikh Abdullah Al-Turki, secrétaire général de la Ligue mondiale des musulmans, Marco Impagliazzo, président de la communauté catholique Sant’Egidio, communauté qui s’illustre souvent par ses démarches aidant les ennemis aujourd’hui en lutte à rechercher la paix entre eux.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, des personnes haut placées à l’intérieur de chaque religion ont-elles jugé utile de participer à ce forum. Il s’agit d’une reconnaissance de fait de l’importance qu’ils attachent à ces rencontres inter-religieuses, même avec des arrière-pensées non religieuses évidentes pour certains politiques, ce qui d’ailleurs ne doit pas être considéré négativement a priori.<br />
<span>   </span><br />
D’autres rencontres inter-religieuses du même type ont eu lieu dans plusieurs parties du monde. <strong>Comment interpréter cet intérêt des pouvoirs civils pour les institutions religieuses et la participation de celles-ci à ces rencontres officielles<code> </code>?</strong> S’agit-il seulement d’une instrumentalisation des religions par les gouvernants et d’une quête d’influence via les religions<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Quand George W.<code> </code>Bush disait sa prière avant chaque réunion à la Maison Blanche, quand il classait certains pays, avec l’appui des protestants fondamentalistes, dans «<code> </code>l’axe du mal<code> </code>», y avait-il autre chose qu’une tentative d’utiliser au profit de sa politique les croyances religieuses de certains de ses compatriotes<code> </code>? S’agit-il, pour les églises fondamentalistes, de renforcer leur audience auprès des peuples du monde entier, et, corrélativement, leurs ressources financières<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Quand Nicolas Sarkozy prononce au palais du Latran, à Rome, devant le pape Benoît<code> </code>XVI, un discours plaçant le curé au-dessus de l’instituteur, <strong>y a-t-il autre chose qu’une tentative de séduction de la partie de son électorat proche de l’Église catholique<code> </code>?</strong> S’agit-il, par exemple, d’un des innombrables chapitres de son incessant story-telling dans le but d’occuper l’actualité pour faire oublier aux Français leurs soucis quotidiens<code> </code>? Côté église catholique de France, on n’a pas remarqué de réactions fortes, favorables ou défavorables, à ce discours. Celle-ci est-elle gênée de cette promotion de ses clercs par le pouvoir<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Quand Vladimir Poutine soutient avec constance l’église orthodoxe russe comme, en son temps, Milosevic, l’église orthodoxe serbe, y a-t-il autre chose qu’une culture intensive d’une alliance de l’église et du pouvoir qui perdure depuis plusieurs siècles<code> </code>? S’agit-il, par exemple, de «<code> </code>tenir<code> </code>» aujourd’hui avec l’aide des popes, des peuples accablés de souffrance depuis la chute de l’URSS ou l’éclatement de l’ex-Yougoslavie<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
L’<strong>utilisation de la religion par le pouvoir civil</strong> ne date pas d’aujourd’hui. En France, le roi Charles<code> </code>IX et sa mère Catherine de Médicis sont réputés avoir ordonné le massacre des leaders protestants, le jour de la Saint Barthélémy, sous un prétexte religieux, en réalité pour se débarrasser d’adversaires dont le pouvoir financier et économique menaçait de plus en plus le pouvoir du roi. À l’inverse, Henri<code> </code>IV a, par son édit de Nantes, garanti le pouvoir des protestants pour obtenir leur appui au pouvoir royal. Et quand Louis<code> </code>XIV s’est senti assez sûr de lui, il a révoqué cet édit de Nantes afin de mieux contrôler les peuples du royaume avec l’aide de la seule église catholique. En Angleterre, le roi Henri<code> </code>VIII, excommunié par le Pape suite à son divorce, a créé une église anglicane autonome pour s’affranchir de l’autorité papale…<br />
<span>   </span><br />
Le <strong>retour du religieux</strong> que l’on observe depuis une trentaine d’années dans plusieurs pays du monde est un phénomène complexe.<br />
<span>   </span><br />
Il importe en premier lieu d’effectuer une distinction<code> </code>: dans les pays développés occidentaux et, dans une certaine mesure, en Amérique latine et en Afrique subsaharienne pour les fidèles des églises chrétiennes évangéliques, il s’agit d’une quête de «<code> </code>sens<code> </code>» ou de «<code> </code>valeurs<code> </code>» ou tout simplement de «<code> </code>dignité<code> </code>». Dans certains pays musulmans, il faut plutôt parler d’une prise de pouvoir sous le couvert de la religion (république islamiste d’Iran, mouvement palestinien Hamas, Talibans afghans et pakistanais, parti AKP en Turquie), face à un Occident «<code> </code>matérialiste et aux mœurs décadentes<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
En France, face à cette évolution multiforme, nous pouvons nous appuyer sur le <strong>concept de laïcité à la française</strong> qui, au fil des décennies, a perdu beaucoup de son contenu antireligieux d’origine pour parvenir à une tolérance et un respect mutuels entre croyants et athées ou agnostiques. Tolérance et respect mutuels que le président Sarkozy met à mal par ses discours comme celui du palais du Latran, affaiblissant l’unité de la nation française.<br />
<span>   </span><br />
Nous ne prétendons pas apporter une réponse tranchée aux questions posées ci-dessus ni détenir la seule et unique vérité. Ce qui nous paraît essentiel, c’est que les citoyens s’interrogent sur ces évolutions, que les opinions s’échangent afin d’éclairer ce phénomène politico-religieux qui influence en profondeur les relations internationales et les politiques des États.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Trois éléments de diagnostic</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/22/trois-elements-de-diagnostic/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 19:18:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Il en est des États comme des individus : à intervalles réguliers, il est sérieusement conseillé de vérifier un certain nombre de paramètres-clés afin de pouvoir établir un diagnostic sur leur état de santé.
   
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’état de santé démocratique de la France en relevant trois éléments susceptibles de nous aider à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il en est des États comme des individus : à intervalles réguliers, il est sérieusement conseillé de vérifier un certain nombre de paramètres-clés afin de pouvoir établir un diagnostic sur leur état de santé.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’<strong>état de santé démocratique de la France</strong> en relevant trois éléments susceptibles de nous aider à poser un diagnostic<code> </code>:</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> la <strong>situation des libertés publiques</strong>. De quelles garanties le citoyen lambda dispose-t-il face à l’État et à toute la technostructure qui l’environne<code> </code>?</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> l’<strong>état de la corruption</strong>. La France (ses entreprises, ses élus, ses citoyens…) est-elle un pays corrompu si on la compare à ses principaux voisins<code> </code>?</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> l’<strong>égalité économique entre citoyens</strong>. Il n’est de bonne République qu’entre citoyens ayant des niveaux de revenu et de fortune dont les disparités sont acceptées par le plus grand nombre. Où en sommes-nous sur ce plan<code> </code>?</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm"><strong><br />
<span>   </span><br />
<u>Libertés publiques</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Il y a quelques mois, nous avions analysé dans un billet hebdomadaire (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em>) le niveau de démocratie de notre système politique, avec un «<code> </code>zoom<code> </code>» tout particulier sur la question des libertés publiques. Quelle a été l’évolution depuis février<code> </code>2009<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Inquiétante, pourrait-on dire. De la très controversée <strong>loi Hadopi</strong> à la récente déclaration du bâtonnier de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel, qui estime que l’arrêt <em>Salduz c/ Turquie </em>rendu par la Cour européenne des droits de l’homme permet dès à présent aux avocats d’obtenir l’annulation des procédures judiciaires basées sur les déclarations d’un suspect faites en l’absence de son avocat, en passant par la <strong>future création d’un «<code> </code>Défenseur des droits<code> </code>»</strong> qui remplacerait le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants et la Commission nationale de déontologie de la sécurité, tout concourt à renforcer le «<code> </code>faisceau d’indices inquiétants<code> </code>» que nous avions décrit.<br />
<span>   </span><br />
En neuf mois, celui-ci s’est enrichi de nouveaux éléments, transformant de plus en plus la France en une «<code> </code><strong>démocratie sous contrôle</strong><code> </code>» plus proche d’un «<code> </code>modèle africain<code> </code>» que d’une social-démocratie scandinave.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Corruption<br />
</u></strong><br />
L’indice 2009 de perception de la corruption publié par l’ONG <em>Transparency International</em> place la <strong>France au 23<sup>e</sup> rang mondial</strong>, quelque part entre le Qatar et le Chili, loin derrière les «<code> </code>premiers de la classe<code> </code>» que sont la Nouvelle-Zélande, le Danemark ou Singapour, nettement derrière l’Allemagne, notre principal partenaire, qui se situe au 14<sup>e</sup> rang.</p>
<p>Comme le souligne l’organisation, «<code> </code><span>plusieurs annonces de réforme dans le domaine de la justice ne laissent pas d’inquiéter à l’étranger sur la volonté française de faire la lumière sur les dossiers politico-financiers de grande ampleur<code> </code>». L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dans une résolution adoptée le 30<code> </code>septembre 2009, a ainsi appelé la France à «<code> </code>revoir le projet de suppression des juges d’instruction<code> </code>» afin «<code> </code>d’éviter (de donner) l&#8217;impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire<code> </code>».</span></p>
<p>En d’autres termes, <strong>nos partenaires européens s’inquiètent de l’évolution de type «<code> </code>république bananière<code> </code>» qu’est en train de prendre la France sous prétexte de «<code> </code>rationaliser<code> </code>» sa justice.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Égalité économique entre citoyens</u></strong></p>
<p>Sur ce plan, l’ensemble des rapports publiés par l’INSEE délivre un message sans équivoque : <strong>lentement mais sûrement, les inégalités économiques s’accroissent, les écarts se creusent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, en 10 ans, <strong>les 0,1<code> </code>% de salariés les mieux rémunérés</strong> (environ 13<code> </code>000<code> </code>personnes en France) <strong>ont vu leur salaire mensuel progresser de 28<code> </code>%</strong>, inflation déduite, soit un gain de 5<code> </code>426<code> </code>€ par mois (oui, par mois…) <strong>alors que 90<code> </code>% des salariés n’ont enregistré aucune progression significative</strong>.<br />
<span></span><span></span></p>
<p><span></span>Conséquence logique, en termes de niveau de vie, ce sont les 10<code> </code>% de Français ayant déjà le niveau de vie le plus élevé il y a 10<code> </code>ans qui ont vu celui-ci progresser le plus nettement. Et l’INSEE d’ajouter<code> </code>: «<code> </code>les personnes situées dans les groupes intermédiaires (en clair, les classes moyennes) ont pu avoir l’impression de se faire rattraper par le bas… et distancer par le haut.<code> </code>» En termes plus directs, ce phénomène a un nom<code> </code>: la <strong>stagnation-paupérisation des classes moyennes</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Enfin, cerise sur le gâteau, «<code> </code>le patrimoine est encore plus concentré que les niveaux de vie<code> </code>». En clair, si vous pouvez encore à peu près «<code> </code>vous en sortir<code> </code>» en voyant cependant doucement couler votre barque «<code> </code>salaire et niveau de vie<code> </code>», ne rêvez pas en ce qui concerne «<code> </code>la constitution d’un patrimoine<code> </code>» dont les banques vous rebattent les oreilles.<br />
<span>   </span><br />
Comme le dit l’INSEE dans son inimitable langage macro-économique, <strong>les «<code> </code>transferts intergénérationnels (héritages, donations…) … tendent à reproduire les inégalités<code> </code>»</strong> alors que, dans le même temps, Sarkozy nous annonce<code> </code>: «<code> </code>J’ai supprimé les droits de succession parce que je crois au travail et que je crois à la famille.<code> </code>» Cette suppression des droits de succession via la loi TEPA qu’il s’est empressé de faire voter à peine élu n’a en fait que favorisé la concentration du patrimoine et du capital.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Libertés publiques en déclin, corruption toujours aussi bien portante, inégalités économiques croissantes entre citoyens, <strong>le bilan à mi-mandat de Sarkozy est remarquable</strong>, au sens étymologique du terme. Sur un mode ironique, on pourrait lui dire<code> </code>: <strong>encore un effort</strong> (un second mandat par exemple) <strong>et la France ressemblera plus à un pays en voie de développement ou à la Russie de Poutine qu’au pays des Droits de l’Homme et du Citoyen</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Nation et identité nationale</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/15/nation-et-identite-nationale/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 16:58:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans son discours du 12 novembre à La-Chapelle-en-Vercors, le Prince a décidé de relancer le grand débat sur « l’identité nationale ». Excellente occasion de faire sérieusement le point sur cette question fondamentale.
Mais, au préalable, pourquoi utiliser le terme d’« identité nationale » et non de « nation » ? Ce choix sémantique n’est ni neutre, ni innocent. L’« identité » est propre à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son discours du 12 novembre à La-Chapelle-en-Vercors, le Prince a décidé de relancer le grand débat sur «<code> </code>l’identité nationale<code> </code>». Excellente occasion de faire sérieusement le point sur cette question fondamentale.</p>
<p>Mais, au préalable, <strong>pourquoi utiliser le terme d’«<code> </code>identité nationale<code> </code>» et non de «<code> </code>nation<code> </code>»<code> </code>? Ce choix sémantique n’est ni neutre, ni innocent.</strong> L’«<code> </code>identité<code> </code>» est propre à chaque individu, alors que <strong>la nation forme un tout, incarne l’ensemble d’un corps social</strong>. Sous-entendu, alors qu’on ne choisit pas nécessairement d’appartenir à une nation (on en fait partie «<code> </code>naturellement<code> </code>» via ses origines familiales, son lieu de naissance, son histoire personnelle…), on doit faire individuellement le choix de son identité nationale, s’en montrer «<code> </code>digne<code> </code>» en quelque sorte.</p>
<p>Pour apporter des éléments à ce débat, une relecture de l’excellent ouvrage «<code> </code><em><a href="http://www.amazon.fr/Quest-ce-quune-nation-Ernest-Renan/dp/2842051785/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1258287449&amp;sr=1-2">Qu’est ce qu’une nation<span style="font-style: normal"><code> </code>?</span></a></em><code> </code>» d’Ernest Renan, s’imposait. Il fallait prendre aussi la peine d’écouter le <a href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&amp;cat_id=7&amp;press_id=3094&amp;lang=fr">discours prononcé par Sarkozy</a> le 12<code> </code>novembre 2009.</p>
<p>Entre le grand philosophe et le médiocre Prince, inculte, au cerveau étroit, dont le discours fut pourtant préparé par les meilleures plumes de l‘establishment élyséen, la différence de hauteur de vue, de maîtrise du sujet et de vision de l’avenir est saisissante.</p>
<p>Que nous dit Renan<code> </code>? C’est très clair. Qu’<strong>une nation</strong>, ce n’est ni une même origine raciale, ni une langue commune, ni une communauté d’intérêts, ni un prédéterminé géographique, mais d’une part <strong>«<code> </code>la possession en commun d’un riche legs de souvenirs<code> </code>»</strong>, d’autre part <strong>«<code> </code>le désir de vivre ensemble<code> </code>»</strong>.</p>
<p>Renan nous rappelle aussi qu’«<code> </code>avoir souffert ensemble<code> </code>» fait partie des souvenirs communs et que «<code> </code><strong>oui, la souffrance en commun unit plus que la joie</strong><code> </code>» car, pour constituer une nation, «<code> </code>les deuils valent mieux que les triomphes<code> </code>».</p>
<p>Visionnaire (le texte date de 1882), il ajoute enfin : <strong>«<code> </code>Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera.<code> </code>»</strong></p>
<p><strong>Quand on a lu Renan, écouter Sarkozy donne simplement la nausée.</strong> D’un Président de la République responsable, d’un Président de la République digne de ce nom, on attendrait qu’il dise à peu près ceci<code> </code>:</p>
<p>«<code> </code><em>Vivent aujourd’hui sur le sol de France des Français originaires de nos anciens départements – l’Algérie -, de nos anciens protectorats ou colonies – l’Afrique subsaharienne. Avec ces Français, les Français d’origine métropolitaine ont des souvenirs communs parfois douloureux<code> </code>: domination, colonialisme, humiliations, guerres parfois. Ces souvenirs communs douloureux, nous devons les accepter, les reconnaître, les regarder en face, ensemble, sans les juger indéfiniment car il ne sert à rien de vouloir réécrire éternellement l’histoire, sans les nier non plus car occulter le passé ne les fera pas disparaître.</em></p>
<p><em>Une fois ces souvenirs douloureux mutuellement reconnus, posons-nous la question<code> </code>: voulons-nous vivre ensemble<code> </code>? Et, surtout, avons-nous un autre choix raisonnable que de répondre par l’affirmative<code> </code>?</em></p>
<p><em>Dans ce cas, acceptons l’autre tel qu’il est. Ne cherchons pas, d’un côté ou de l’autre, à imposer unilatéralement une culture ou un mode de vie, gommons les aspects qui indisposent le plus l’autre pour n’avoir en tête qu’un objectif<code> </code>: nous faisons partie d’une même nation et, dans quelques générations, rien ne devra pouvoir distinguer nos enfants.<code> </code>»</em></p>
<p>Dans cette optique, l’interdiction du port de la burka (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/08/la-burka-contre-la-dignite-humaine/">La burka contre la dignité humaine</a></em>) apparaît comme une conséquence logique, la mise en œuvre d’un souhait mutuel de gommer les aspects culturels qui indisposent le plus l’autre, la volonté commune de respect de la dignité humaine. Son interdiction est alors vue «<code> </code>positivement<code> </code>», non comme la répression ou l’opprobre à l’égard d’une «<code> </code>autre catégorie de Français<code> </code>».</p>
<p>Hélas ! <strong>Nous avons pour Président un être médiocre, aux courtes visées électoralistes, constamment à l’affut des électeurs et des thèmes nauséabonds du Front national.</strong></p>
<p>Pour Sarkozy, une nation est «<code> </code>un principe spirituel qui se nourrit de la noblesse des cœurs, de la beauté des âmes, de la fermeté des caractères<code> </code>». Belle phrase, mais lourde de conséquences<code> </code>: exit les faibles, les mous, les gens ordinaires en somme, ils ne «<code> </code>nourrissent<code> </code>» pas la nation, ils ne sont pas dignes d’en faire partie. Mettez cette phrase dans un autre contexte, on n’est plus très loin de <em>Mein Kampf</em>…</p>
<p>Après une longue tirade sur la grandeur de la culture française (particulièrement savoureuse de la part d’un homme qui conchie <em>La Princesse de Clèves</em>), Sarkozy mélange (volontairement) tout<code> </code>: «<code> </code>La France est un pays de tolérance et de respect<code> </code>» (on ne peut évidemment que souscrire à une telle affirmation) pour ajouter aussitôt<code> </code>: «<code> </code>on ne peut pas vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays<code> </code>» avant de continuer en dénonçant les «<code> </code>mauvais<code> </code>» Français, tenant des propos plus proches de ceux d’un chef de l’État français sous Vichy que d’un Président de la Cinquième République.</p>
<p>Et pourquoi y a-t-il de mauvais Français<code> </code>? Pourquoi la France va-t-elle mal<code> </code>? «<code> </code>D’où vient ce sentiment de désintégration civique et sociale<code> </code>?<code> </code>», nous demande le Prince…</p>
<p>«<code> </code>D’une forme de renoncement<code> </code>» répond-il<code> </code>: renoncement au travail, renoncement à l’autorité, etc. Bref, c’est uniquement la faute des individus, de certains individus, de certains «<code> </code>mauvais<code> </code>» Français qu’il montre du doigt, si la France va mal.</p>
<p><strong>Discours ignoble</strong> car, si le Prince n’allait pas chercher ses électeurs en jouant sur la haine et le rejet de l’autre, il saurait que la nation est plus grande que l’individu, que ce n’est pas en stigmatisant, en divisant arbitrairement les Français en «<code> </code>bons<code> </code>» et «<code> </code>mauvais<code> </code>», que l’on va renforcer la notion et le concept de nation.</p>
<p><strong>Discours indigne</strong> d’un Président de la République qui doit au contraire s’efforcer de rassembler l’ensemble des Français autour d’idées fortes et fédératrices et se comporter en Président de tous les Français, non en chef de clan ou de parti.</p>
<p><strong>Discours imbécile</strong> qui fait penser à ces analyses simplistes d’historiens des siècles passés qui expliquaient la chute de Rome par «<code> </code>le manque de grands hommes<code> </code>» et «<code> </code>la perte des valeurs morales<code> </code>».</p>
<p><strong>Discours mensonger</strong> lorsque Sarkozy ajoute<code> </code>: «<code> </code>J’ai supprimé les droits de succession parce que je crois au travail et que je crois à la famille.<code> </code>» Non, Sarkozy a (quasiment) supprimé les droits de succession (et de donation) pour permettre à la classe possédante de conserver et de transmettre les biens à ses héritiers sans aucune redistribution à l’État, donc à la collectivité, favorisant ainsi la concentration de la fortune.</p>
<p><strong>Discours provocateur et inquiétant</strong> quand Sarkozy conclut en disant<code> </code>: «<code> </code>Raison de plus pour ouvrir un débat qui va leur apprendre au fond ce qu’est l’identité nationale française.<code> </code>» Qui est ce «<code> </code>leur<code> </code>», si ce n’est les «<code> </code>mauvais<code> </code>» Français, d&#8217;origine douteuse, qu’il faut dénoncer, exclure, rejeter<code> </code>? À nouveau les relents de <em>Mein Kampf</em>… Un véritable Président aurait conclut en affirmant<code> </code>: «<code> </code><em>Raison de plus pour ouvrir un débat qui va nous permettre, tous ensemble, de définir ce que sera demain la nation française.</em><code> </code>»</p>
<p>Mais, pour tenir aujourd’hui un discours sur la nation qui réponde à celui de Renan prononcé il y a près de 130<code> </code>ans, encore faudrait-il qu’il y ait un Président de la République, et non un dangereux pitre, au sommet de l’État.</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La burka contre la dignité humaine</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/08/la-burka-contre-la-dignite-humaine/</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 20:16:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Après les plans de com’ Grenelle de l’environnement 1 et 2 pour chasser sur les terres écologiques, voila que revient sur le tapis la tarte à la crème de l’identité nationale, histoire de capter le vote du Front National à l’occasion des prochaines élections régionales. Avec toutes les confusions à la clef : identité, immigration, histoire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après les plans de com’ Grenelle de l’environnement 1 et 2 pour chasser sur les terres écologiques, voila que revient sur le tapis la tarte à la crème de l’identité nationale, histoire de capter le vote du Front National à l’occasion des prochaines élections régionales. Avec toutes les confusions à la clef : identité, immigration, histoire, burka. Pour y voir plus clair, séparons chaque question et abordons aujourd’hui celle de la burka.<br />
<span>   </span><br />
Le recteur de la Grande mosquée de Paris<span>, </span>Dalil Boubakeur, déclarait le mercredi 28<code> </code>octobre que s’il fallait une loi sur le sujet, «<code> </code>ce serait une loi de sécurité publique<code> </code>», regrettant dans le même temps le retard pris pour traiter l’avancée du fondamentalisme religieux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La question de l’interdiction éventuelle du port de la burka dans la rue touche aux fondements même de la République.<br />
<span>   </span><br />
</strong>Cette question n’est pas de même nature que le port de signes religieux à l’école ou dans les services publics qui contredisait directement la laïcité. Ici <strong>le débat porte sur l’idée que l’on se fait de la dignité des femmes</strong>, sachant que <strong>« le respect de la dignité humaine est une des composantes de l’ordre public ».<br />
<span>   </span><br />
</strong>Pourquoi sommes-nous aujourd’hui confrontés à une telle situation ?<br />
<span>   </span><br />
De discours, comme celui de Latran, en mise en cause de la loi de 1905, et en renoncements en tous genres sur le terrain de la promotion de la laïcité, les forces politiques ont une responsabilité réelle, à gauche comme à droite, les accords Lang-Cloupet troublant autant les esprits que les positions de Sarkozy.<br />
<span>   </span><br />
Physiquement et symboliquement, une burka rétrécit le regard, empêche la lumière de passer, supprime un visage humain identifiable, limite singulièrement la possibilité de dialogue. <strong>Peut-on vraiment faire librement le choix de se mettre dans un tel carcan<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
</strong>Les associations de défense des droits des femmes ont été auditionnées par la commission parlementaire mise en place pour traiter de cette question. Toutes ont souligné l’<strong>aspect dégradant d’une telle soumission et d’un tel enfermement</strong>. Ces points de vue et prises de position sont parfaitement compatibles avec le respect dû à la religion musulmane qui doit pouvoir vivre harmonieusement dans la société laïque française.<br />
<span>   </span><br />
La décision que prendra la France sera regardée par le monde entier<code> </code>: avant tout par l’immense majorité des musulmans qui refusent ce genre d’excès, mais aussi par ces millions de femmes en burka, battues, interdites d’école, de soins, de droits, qui espèrent un soutien international dans leur combat de tous les jours.<br />
<span>   </span><br />
Et puis, ne nous y trompons pas.<br />
<span>   </span><br />
La France des Lumières, des Droits de l’homme et du citoyen, celle de la laïcité et de l’égalité, est une France respectée du monde, pour peu qu’elle soit respectable dans la <strong>cohérence de ses décisions au regard des valeurs qu’elle a choisies</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Par cohérence avec ces valeurs, les radicalités, qu’elles soient politiques, sectaires ou religieuses, des fondamentalistes de tous bords, qui vectorisent autant de violence envers les individus et la collectivité, ne peuvent être tolérées plus longtemps, au risque de mettre en danger la cohérence et la pérennité de la société française.<br />
<span>   </span><br />
En conclusion, au nom de la dignité humaine, de son émancipation nécessaire, de l’égalité, de la laïcité, <strong>la burka doit être purement et simplement interdite en France</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi </em><span> </span>2009</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De Điện Biên Phủ à Kaboul</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 17:42:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Kaboul, mercredi 28 octobre : six employés de l’ONU meurent dans une attaque des Talibans. Ils préparaient le second tour des élections présidentielles, décidé après d’intenses négociations, dans un contexte de fraude estimée à 30 % des suffrages exprimés en faveur d’Hamid Karzaï. Deux heures plus tard, deux roquettes sont tirées contre les plus grands hôtels de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Kaboul, mercredi 28 octobre : six employés de l’ONU meurent dans une attaque des Talibans. Ils préparaient le second tour des élections présidentielles, décidé après d’intenses négociations, dans un contexte de fraude estimée à 30<code> </code>% des suffrages exprimés en faveur d’Hamid Karzaï. Deux heures plus tard, deux roquettes sont tirées contre les plus grands hôtels de la capitale.<br />
<span>   </span><br />
8 octobre 2009 : les Talibans attaquent à la voiture piégée l’ambassade d’Inde à Kaboul. 17<code> </code>morts, 80<code> </code>blessés. Le 7<code> </code>juillet 2008, la même ambassade avait déjà subi un terrible attentat qui avait coûté la vie à 58<code> </code>personnes, dont deux diplomates et deux soldats indiens.<br />
<span>   </span><span><span>   </span><br />
<strong>Au Pakistan voisin où le conflit s’étend, le bilan des attentats est encore plus lourd<code> </code></strong>: 100<code> </code>morts dans un attentat perpétré au bazar de Peshawar, 150<code> </code>morts les deux semaines précédentes. Le 10<code> </code>octobre 2009, à Islamabad, les mêmes Talibans ont effectué une nouvelle attaque contre le QG de l’armée, au cœur même d’un des secteurs les mieux sécurisés de la ville<code> </code>: 19<code> </code>morts.<br />
<span>   </span><br />
En résumé, <strong>nous sommes face à ce qu’il faut appeler un échec militaire</strong>, n’en déplaise au général Stanley Mc Chrystal, commandant en chef américain en Afghanistan, qui expliquait le mardi 29<code> </code>septembre au <em>Figaro</em> «<code> </code>Comment nous allons gagner en Afghanistan<code> </code>». En tout cas, certainement pas avec la collaboration du frère du Président Karzaï, trafiquant de drogue, recruté par la CIA il y a huit ans&#8230;<br />
<span>   </span><br />
En réalité, <strong>Barack Obama</strong> s’interroge sur la nécessité d’engager plus de troupes sur le théâtre afghan, donc il <strong>s&#8217;interroge sur l’opportunité de poursuivre cette guerre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet échec militaire se double d’un échec politique.</strong><br />
<span>   </span><br />
En effet, <strong>les États Unis ne sont plus en mesure d’assumer leur tentative de domination sur l’exploitation et le transport du pétrole et du gaz d’Asie centrale et de la Caspienne vers l’Europe</strong>. Cette tentative, initiée </span><span>dans les années<code> </code>2000 via des pourparlers entre les différents protagonistes, a tourné court lors de </span><span>la rupture des négociations avec Leïla Helmes, nièce de l’ancien directeur de la CIA et représentante officielle du groupe Ben Laden aux États-Unis. Le différend portait principalement sur le pétrole de la Caspienne.<br />
<span>   </span><br />
La Russie, via Gazprom, a alors repris la main. Pour mieux comprendre cet épisode, rappelons quelques éléments d’histoire sur la politique russe dans la région.<br />
<span>   </span><br />
En 1979, la décision des Soviétiques de s’avancer vers le sud en envahissant l’Afghanistan afin d’éviter le contrôle de ce pays par les pays occidentaux, fut accélérée par deux événements qui s’étaient déroulés l’année précédente<code> </code>: à l’ouest, la création du serpent monétaire européen, qui réduisait de fait l’influence soviétique en Europe<code> </code>; à l’est, l’alliance Chine-Japon, qui fragilisait l’accès de l’URSS à l’océan pacifique.<br />
<span>   </span><br />
L’URSS quitte l’Afghanistan en 1988 avant de s’effondrer en<code> </code>1989. Les Talibans, soutenus par les Américains dans leur lutte de libération antisoviétique, prennent le pouvoir en<code> </code>2000 avec le soutien de ces derniers, satisfaits qu’un ordre, discutable certes, règne sur le pays.<br />
<span>   </span><br />
Les attentats du 11 septembre 2001 à New-York et Washington vont changer la donne<code> </code>: George Bush décide d’envahir l’Afghanistan, officiellement pour y chercher Ben Laden. <strong>En réalité, les USA et leurs alliés occidentaux, en mettant la main sur l’Afghanistan, voulaient contrôler toutes les voies régionales de transport de gaz et de pétrole vers le nord (Russie) et l’ouest, mais aussi vers la Chine et l’Inde.</strong><br />
<span>   </span><br />
…L’Inde qui joue également sa carte dans cette partie de poker régionale, ce qui explique pourquoi son ambassade est une cible permanente des Talibans et pourquoi le Pakistan est de plus en plus impliqué dans ces opérations.<br />
<span>   </span><br />
…Le Pakistan qui, dans les années 1990, a favorisé la conquête de Kaboul par les Talibans, pensant ainsi gagner en influence. Après le 11<code> </code>septembre 2001, Washington le contraint financièrement à lâcher son allié d’hier. Mais l’armée pakistanaise se garde bien de détruire totalement ce qu’elle considère comme des «<code> </code>actifs stratégiques<code> </code>», son objectif étant de créer un espace musulman capable de s’opposer à l’Inde sur tous les plans. Cette <strong>obsession de la menace indienne</strong> est grandissante, compte tenu de l’influence de l’Inde sur le théâtre afghan, allant jusqu’aux échanges de renseignements et aux activités paramilitaires. Cette influence augmentera d’un cran avec la présence aux affaires de Monsieur Abdullah Abdullah, arrivé juste derrière Hamid Karzaï au premier tour des élections présidentielles.<br />
<span>   </span><br />
Dans cet écheveau de complexité, la question simple que la France doit se poser est la suivante<code> </code>: <strong>avons-nous encore intérêt à rester dans cet épicentre de violence où ne comptent que les Russes, les Américains, les Indiens, les Pakistanais, sous le regard attentif des Chinois placés en embuscade<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Car si nous <strong>Européens</strong> sommes <strong>dépendants de la Russie sur le plan énergétique</strong>, il est non moins vrai que 80<code> </code>% des investissements en Russie sont européens.</span> <span>L’Union européenne doit donc s’entendre avec la  Russie.<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’hypothèse de se dégager de cette dépendance à l’égard des Russes avec l’aide des États-Unis</strong></span><strong> en soutenant leur guerre en Afghanistan </strong><strong><span>a vécu<code> </code>: cette guerre <span>est</span> perdue.</span></strong><span> Dans ce contexte, pourquoi rester plus longtemps en Afghanistan, échec militaire, échec politique, tombeau de nos ambitions infondées (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/05/lafghanistan-tombeau-de-nos-ambitions-infondees/">L’Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</a></em>)<code> </code>? D’ailleurs, <strong>nous ne sommes déjà plus rien en Afghanistan<code> </code>: des cibles faciles, c’est tout.</strong><br />
<span>   </span><br />
Qu’est ce que cela signifie<code> </code>? Que la France, la France dans l’Europe, doit repenser sa stratégie sans oublier quelques règles simples<code> </code>: on a la politique de sa géographie et nos voisins immédiats s’appellent Turquie, Ukraine, Russie… Nous sommes irrévocablement liés, pour le meilleur et pour le pire, à ces voisins. Reste à définir les termes de cette union. Voilà la question.<br />
<span>   </span><br />
Mon dernier propos ira vers ceux pour qui tous ces stratagèmes se paient de leur vie<code> </code>: nos soldats. Nous rendons hommage à leur courage, leur discipline, leur efficacité. Ils travaillent dans un contexte d’autant plus difficile qu’ils demandent, avec leurs familles, que leurs efforts consentis correspondent à des choix inspirés de notre seul intérêt national.<br />
<span>   </span><br />
</span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Coitus interruptus</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 16:56:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Coitus interruptus. Le jeune étudiant en droit de 23 ans qui devait prendre la présidence de l’EPAD début décembre (voir notre billet Le dauphin Jean) a finalement renoncé à briguer ce poste. Décryptage et perspectives…
   
En politique, le ridicule peut tuer, du moins blesser mortellement. Moquée partout dans le monde, soutenue seulement par un clan, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Coitus interruptus. Le jeune étudiant en droit de 23 ans qui devait prendre la présidence de l’EPAD début décembre (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/10/11/le-dauphin-jean/">Le dauphin Jean</a></em>) a finalement renoncé à briguer ce poste. Décryptage et perspectives…<br />
<span>   </span><br />
En politique, le ridicule peut tuer, du moins blesser mortellement. Moquée partout dans le monde, soutenue seulement par un clan, condamnée unanimement à gauche et à droite, la volonté de Nicolas Sarkozy d’imposer son fils à la présidence de l’EPAD apparaissait de plus en plus comme le caprice du chef d’une république bananière. Les élus et les électeurs de droite, scandalisés par de telles méthodes, ne soutenaient plus le Prince « sur ce coup-là ». La presse internationale, notamment le<em> <a href="http://www.nytimes.com/aponline/2009/10/12/world/AP-EU-France-Sarkozys-Son.html?scp=5&amp;sq=jean%20sarkozy&amp;st=cse">New York Times</a></em>, se faisait l’écho de ces méthodes dignes d’un Ferdinand Marcos et relayait l’accusation de népotisme. Il fallait reculer, et vite !<br />
<span>   </span><br />
D’où le rétropédalage rapide mais parfaitement orchestré par le service communication de l’Élysée pour rattraper le vrai-faux pas du Prince. Un des aspects les plus intéressants de cette affaire, c’est que Sarkozy s’est tiré une balle dans le pied en essayant vaille que vaille d’imposer de force le fiston. <strong>Il a oublié que les Français conservateurs défendent des valeurs</strong> et que <strong>c’est au nom de ces valeurs qu’ils ne supportent plus ces abus</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Réjouissons-nous donc de ces réactions. Mais restons cependant lucides dans l’analyse. <strong>Que les folies et les outrances de Néron irritent et agacent les élus et les électeurs du « clan impérial » est une excellente nouvelle, mais les problèmes de fond et les tares du système demeurent</strong> (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em>, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/page/5/">L’éternel recours au Prince</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/">Les illusions perdues</a></em>). <strong>Le système Sarkozy n’a pas pour autant abandonné le chemin emprunté depuis deux ans pour « flinguer la République »</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, Jean Sarkozy est cependant membre de l’EPAD et, à 23 ans, inculte, ayant pour tout bagage d’être « fils de », il se positionne comme le futur patron d’un département dont le PIB approche des 100<code> </code>milliards d’euros. <strong>Sur le plan électoral, il va donc disposer, présidence de l’EPAD ou pas, du plus beau gâteau et du plus beau joujou que l’on puisse imaginer</strong> lorsque l’on veut réussir en politique avec une étiquette de droite.<br />
<span>   </span><br />
On peut également compter sur Papa pour vouloir pendre à un croc de boucher (le Prince est poète à ses heures…) tous ceux qui, sur ce coup-là, n’ont pas suffisamment soutenu la candidature de son rejeton.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Il faudra donc plus d’une victoire comme celle-ci pour que l’on puisse parler de véritable revers pour Nicolas Sarkozy</strong>. L’affaire Clearstream n’en prend que plus d’intérêt dans cette perspective. Au-delà des péripéties juridiques et sans se prononcer sur le fond de l’affaire, il est certain que la décision prise par les juges sera lourde de conséquences politiques : soit elle conforte la tendance de la droite libérale, atlantiste et anti-égalitariste représentée par le clan Sarkozy, soit elle remet en selle une opposition de droite colbertiste, de type gaulliste ou assimilé, qui a en tout cas intégré et accepté les principes de 1789.<br />
<span>   </span><br />
C’est donc bien dans ce contexte et, étape suivante, dans la perspective de 2012, que se situera la décision Clearstream. Notre souhaite de voir se <strong>mettre en place des convergences républicaines</strong> (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/">Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/">Pascal était républicain</a></em>) n’en prend que plus de relief : <strong>l’affaire de l’EPAD a bien montré la scission qui existe au niveau des valeurs entre deux conceptions de la politique et de la vie en société</strong>. C’est cette différence de visions radicalement différentes qui doit être soulignée, et pas les luttes de nains de jardin entre opposants anti-sarkozystes.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Une chimie sociale explosive</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Oct 2009 16:23:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est des corps chimiques qui, considérés isolément, sont « neutres » et n’engendrent pas de réactions particulières. Mélangez-les et vous obtenez un nouveau composé détonant, aux capacités explosives auparavant insoupçonnées.
Tentons le parallèle avec le plan social. Le premier corps chimique, c’est un ouvrage récemment paru, La peur du déclassement – Une sociologie des récessions, dans lequel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des corps chimiques qui, considérés isolément, sont « neutres » et n’engendrent pas de réactions particulières. Mélangez-les et vous obtenez un nouveau composé détonant, aux capacités explosives auparavant insoupçonnées.</p>
<p>Tentons le parallèle avec le plan social. Le premier corps chimique, c’est un ouvrage<a href="http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782021002409" target="_blank"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/10/la-peur-du-declassement.thumbnail.jpg" title="la-peur-du-declassement.jpg" alt="la-peur-du-declassement.jpg" vspace="5" align="right" hspace="5" /></a> récemment paru, <em>La peur du déclassement – Une sociologie des récessions</em>, dans lequel l’auteur montre comment <strong>les Français sont obsédés par ce que l’on peut appeler « la peur de la perte »</strong> : peur de perdre son emploi, peur de perdre les avantages acquis, peur de voir ses enfants décrocher de l’école… en un mot, <strong>peur du déclassement social avec toutes les conséquences de « dégringolade » qu’il engendre</strong>.</p>
<p>De plus, ajoute l’auteur, « Depuis cinquante ans, les politiques publiques ont systématiquement privilégié la protection de ceux qui ont déjà un emploi plutôt que ceux qui n’en ont pas. Le résultat, c’est que <strong>la perte de statut est devenue un choc terrible : les individus peuvent tout perdre d’un coup. C’est une hantise</strong>, notamment pour les classes moyennes et supérieures ».</p>
<p align="left"><a href="http://www.grasset.fr/nouveautes/nouveau.htm" target="_blank"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/10/leffet-sablier.thumbnail.jpg" title="leffet-sablier.jpg" alt="leffet-sablier.jpg" vspace="5" align="right" hspace="5" /></a>Le second corps chimique est également un ouvrage, <em>L’effet sablier</em>. Dans ce livre, l’auteur démontre que <strong>la pyramide sociale a pris la forme d’un sablier</strong> <strong>,</strong><strong> avec un écrasement des classes moyennes au centre</strong>, un creusement de l’écart entre catégories sociales et et un accroissement des inégalités.</p>
<p>Quelles réflexions, quelles analyses tirer de ces deux études ?</p>
<p>Un élément de réflexion en premier lieu : <strong>les politiques de tous bords ont parfaitement « décodé » l’ensemble de ces éléments</strong>. Certains ont su en jouer à leur avantage, comme Jacques Chirac « découvrant » le concept de fracture sociale en 1995, et essayant « un peu » d’y remédier.<strong> D’autres, comme Nicolas Sarkozy, ont volontairement choisi de ne pas traiter le problème au fond</strong> (on laisse la situation s’aggraver, voire on amplifie l’écart entre catégories sociales en mettant en place des mesures fiscales favorables aux plus riches, comme le bouclier fiscal ou la loi TEPA) <strong>pour jouer uniquement sur la communication</strong>.</p>
<p>Dans ce second cas, <strong>le pouvoir met en place des techniques de manipulation mentale</strong>, l’objectif étant que chaque Français (notamment ceux qui appartiennent à la classe moyenne) se dise : « Si je me tiens à carreau, si je suis bien sage et que je soutiens l’ordre établi, tout devrait aller à peu près correctement pour moi. Je devrais arriver à maintenir ma situation sociale et tant pis pour les autres, ils n’ont qu’à faire comme moi. »</p>
<p>En conséquence, <strong>l’objectif actuel de la communication élyséenne est de fractionner, morceler, atomiser les corps sociaux</strong> pour que plus aucune notion de « classe » n’existe ou n’émerge, <strong>pour que les repères soient complètement faussés</strong> à coups d’exemples simplificateurs et démagogiques (un jeune du « 9.3 » qui entre à Sciences Po, un ancien Premier ministre que l’on traîne en justice), <strong>et surtout pour « faire croire que »</strong> : faire croire que l’on peut s’en sortir quelle que soit son origine sociale, faire croire qu’il suffit de travailler pour réussir, faire croire que la justice est identique pour les riches et les pauvres, faire croire que la qualité de l’éducation est la même pour tous, faire croire que si l’on reste un peu trop<span>  </span>longtemps au chômage c’est que l’on ne veut pas vraiment s’en sortir, faire croire que le statut d’auto-entrepreneur est la solution idéale pour les cadres de 50 ans qui sont virés de leur boîte…</p>
<p>Un élément d&#8217;analyse en second lieu : <strong>la caractéristique principale de la société française aujourd’hui, c’est qu’elle accumule des frustrations, du ressentiment, du mépris à l’égard de la classe dirigeante – de plus en plus personnifiée par « l’hyper-président » – qui a détruit les acquis de la période 1945-1975.</strong></p>
<p><strong>Le Prince multiplie donc les leurres de communication pour détourner ce ressentiment</strong>, cette quasi-haine, <strong>vers des boucs émissaires aussi variés que volatiles et interchangeables</strong> : immigrés, chômeurs de longue durée, fraudeurs aux Assedic, casseurs de « l’ultra-gauche » (nouveau mot de novlangue inventé par le ministère de la Vérité, place Beauveau), fonctionnaires (enseignants notamment), intellectuels, avec, pour faire bonne mesure, un député ou un ancien ministre que l’on sacrifie de temps à autre, comme on abandonne un vieil animal malade aux piranhas, afin d’épargner le reste du troupeau.</p>
<p><strong>La conclusion ?</strong> Disparition de la classe moyenne, peur du déclassement social, communication (lisez propagande) visant à modifier la perception de la réalité, <strong>on assiste à une tiers-mondisation « orwellienne » de la société française</strong>.</p>
<p>Face à ce sombre tableau, quels contre-feux, quels contre-pouvoirs ? Les partis politiques « traditionnels », les syndicats, les « corps constitués » sont aujourd’hui inaudibles, impuissants, dépassés par cette « radicalisation » de la conception de la vie en société, par cet effacement brutal des « Trente Glorieuses » qui avaient permis l’émergence d’une société plus apaisée, moins stratifiée, plus ouverte.</p>
<p><strong>Cette apathie ne sera pas éternelle.</strong> Il semble aujourd’hui de plus en plus probable que ces frustrations accumulées, faute de trouver une « satisfaction » politique, vont déboucher sur une explosion sociale et politique de grande ampleur. Nous avons en effet peut-être déjà dépassé le seuil du réparable, la réaction chimique explosive devenant alors inévitable.</p>
<p>Lundi<br />
© <em><span> </span>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Le dauphin Jean</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Oct 2009 17:12:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le terrain avait été bien préparé : dès février 2009, L’Express titrait : « La dynastie Sarkozy. Comment le Président prépare son fils »… et comment on préparait déjà les Français à cette pitrerie, cette parodie de République mais cette réalité d’Ancien Régime : la dévolution héréditaire du pouvoir, ou plutôt sa transmission à l’intérieur d’une caste de plus en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le terrain avait été bien préparé : dès février 2009, <em>L’Express</em> titrait : « La dynastie Sarkozy. Comment le Président prépare son fils »… et comment on préparait déjà les Français à cette pitrerie, cette parodie de République mais cette réalité d’Ancien Régime : la dévolution héréditaire du pouvoir, ou plutôt sa <strong>transmission à l’intérieur d’une caste de plus en plus fermée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pour crédibiliser cette communication et lui donner plus de poids, les experts en la matière avaient trouvé l’argument-choc : le fils est mieux que le père ! Vous avez aimé Nicolas, vous adorerez Jean ! Ce dernier avait eu en effet l’habileté de déclarer : « Je n’ai pas hérité de toutes les tares de mon père » à la question d’un journaliste sur sa vie privée. Évitons l’ironie facile pour nous concentrer sur le message et les conséquences politiques d’une telle déclaration : <strong>l’objectif était de créer un capital de sympathie pour l’héritier, rendant « légitime », « crédible », « attendue », « espérée », « souhaitable »</strong> (merci de compléter la liste des adjectifs laudatifs) <strong>son ascension vers le pouvoir</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Il est maintenant temps de commencer à récolter les fruits de cette belle communication : <strong>le 4 décembre prochain, Jean Sarkozy sera élu président de de l&#8217;Établissement public d&#8217;aménagement du quartier d&#8217;affaires de la Défense (EPAD)</strong>, lequel EPAD sera très prochainement fusionné avec l&#8217;Établissement public d&#8217;aménagement Seine-Arche (Epasa), chargé d&#8217;urbaniser une partie de la ville de Nanterre ; rien n’est trop beau pour le fils du Prince.<br />
<span>   </span><br />
Le résultat ? À 23 ans, avec pour tout bagage un niveau de 2<sup>e</sup><code> </code>année de droit et après avoir hérité du siège de papa au Conseil général des Hauts-de-Seine,<strong> le dauphin Jean reçoit un formidable cadeau</strong>, un fromage extraordinaire, un outil d’influence et de pouvoir <strong>doublé d’une « pompe à fric » grand format</strong> pour qui a besoin de financer des (futures) campagnes électorales.<br />
<span>   </span><br />
Cet héritage digne des plus belles heures de l’Ancien Régime se déroule dans une indifférence totale du bon peuple : celui-ci est distrait par la grippe H1N1, l’augmentation du nombre d’accidents sur les routes, la victoire de l’équipe de France de foot sur les îles Féroé, la vie sexuelle du ministre de la Culture (relire notre billet sur <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/28/derriere-lecran-de-fumee/">l’écran de fumée</a> qui fonctionne à nouveau), bref les mille et une bêtises qui permettent d’oublier l’essentiel.<br />
<span>   </span><br />
Le phénomène est-il purement français ? Malheureusement non. Il s’est accentué ces dix dernières années, touchant essentiellement deux types de pays : d’une part les <strong>non-démocraties</strong> et les <strong>« faibles démocraties </strong>», d’autre part les <strong>démocraties en déclin</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Parmi les premières, aux prises de pouvoir violentes des années 1950-1980 a succédé le régime héréditaire ou, en tout cas, la préparation de l’opinon publique à la dévolution héréditaire ou familiale du pouvoir : <strong>Égypte</strong> (le fils d’Hosni Moubarak, Gamal, se prépare à succéder à son père), <strong>Lybie</strong> (bagarre de succession entre les deux fils de Khadafi, Seïf al-Islam et Al Mouatassem Billah), <strong>Maroc</strong> (là, c’est une monarchie héréditaire…), <strong>Sénégal</strong> (Abdoulaye Wade prépare son fils Karim à lui succéder), <strong>Togo</strong> (Faure Gnassingbé a pris la place de son père Eyadéma), <strong>Gabon</strong> (le fils Ali vient de succéder à « Papa Bongo » après une parodie d’élection), <strong>République démocratique du Congo</strong> (Joseph Kabila a remplacé son père Laurent), <strong>Guinée équatoriale</strong> (le fils Obiang est un dauphin potentiel)…<br />
<span>   </span><br />
Sur d’autres continents, mentionnons la <strong>Corée du Nord</strong> (Kim il-Jong le père, Kim il-Sung le fils, et maintenant Jong-un, le petit-fils, en lice pour la succession), le <strong>Pakistan</strong> (Benazir Bhutto était certes la principale figure de l’opposition mais c’est son fils et son mari qui lui succèdent…) et <strong>Cuba</strong> où Raúl a succédé à son frère Fidel. La liste est certainement incomplète, je vous laisse le soin d’y ajouter les chaînons manquants…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dans les démocraties en déclin, deux exemples sont particulièrement révélateurs : ceux de la France et des États-Unis</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous venons d’évoquer le cas de la France. Aux États-Unis, Bush fils a succédé à Bush père et les Républicains commencent à miser sur Jeb, frère de « W » et ancien gouverneur de Californie. Du côté démocrate, Hillary Clinton a bien failli succéder à Bill&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<strong>On ne peut s’empêcher de penser à la Rome impériale</strong> où le pouvoir – et le titre d’empereur – étaient l’apanage de quelques grandes familles. Comment cela a-t-il fini ? Mal, évidemment. Corruption, intrigues de cour, perte de l’identité, accroissement des inégalités… tous ces phénomènes, Rome y a été confrontée comme les démocraties en déclin les connaissent aujourd’hui.<br />
<span>   </span><br />
Alors, cette « aristocratisation » du pouvoir est-elle le signe avant-coureur d’un Moyen-Âge qui s’annonce ? La seule évocation d’une telle possibilité ne déclenche aujourd’hui que sourires amusés et regards condescendants. L’idée d’un « progrès perpétuel », <strong>la confusion entre innovations technologiques et progrès général de la société est en effet tellement ancrée qu’elle annihile souvent toute capacité d’analyse et d’anticipation</strong>. Là est l’erreur fatale, celle qui consiste à considérer comme définitivement acquises des victoires qui ne sont au fond qu’éphémères : <strong>dans l’histoire de l’humanité, aristocratie et monarchie se taillent la part du lion, la démocratie n’étant que trop rare et trop transitoire…</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Au royaume du Danemark</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 19:43:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le billet de cette semaine débute en forme de devinette. Voici un pays qui répond aux cinq caractéristiques suivantes :
1 - Le pouvoir est concentré dans les mains du chef de l’État et de ses conseillers. Le Premier ministre - car il y en existe un - exécute fidèlement les décisions prises au sommet, le Parlement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le billet de cette semaine débute en forme de devinette. Voici un pays qui répond aux cinq caractéristiques suivantes :<o:p></o:p></p>
<p>1 - <strong>Le pouvoir est concentré dans les mains du chef de l’État et de ses conseillers</strong>. Le Premier ministre - car il y en existe un - exécute fidèlement les décisions prises au sommet, le Parlement fait de la figuration, l’opposition est inexistante.</p>
<p>2 - <strong>La personne du chef de l’État et l’armée sont inviolables : aucune critique n’est tolérée</strong>. Dans ce contexte, la presse et, plus largement, les médias, font l’objet d’une « attention » particulière :</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● la presse indépendante pratique l’autocensure pour éviter des condamnations à de lourdes amendes ou l’interdiction de paraître ;</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● un journaliste a été interdit d’exercer pendant dix ans, d’autres ont choisi l’exil, cependant qu’une presse privée, possédée par de grands groupes industriels, sert de caisse de résonance à la politique du chef de l’État ;</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● un jeune homme, sans attache politique connue, qui avait créé sur Facebook le personnage du frère du chef de l’État, a été enlevé, tabassé, emprisonné… puis gracié par le chef de l’État suite aux protestations internationales en sa faveur ;</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● un livre très critique à l’égard du chef de l’État est interdit et n’est diffusé que sous le manteau. Toutefois, curieusement, son auteur se déplace encore librement dans son pays.</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="text-align: justify"> 3 - <strong>Le chef de l’État et ses proches sont les premiers entrepreneurs</strong>, les premiers banquiers, les premiers employeurs du pays.</p>
<p>4 - <strong>Les manifestations d’opposants sont réprimées</strong> et donnent lieu à des arrestations arbitraires.</p>
<p>5 - <strong>Les attentats</strong>, peu nombreux au demeurant, ou les tentatives d’attentats, <strong>sont largement médiatisés</strong>, façon sans le dire explicitement de justifier les contrôles de la population, des journaux, des radios.</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 0cm; text-align: justify; text-indent: 0cm"> À la lecture de ces lignes, on ne peut que ressentir un certain malaise S’agit-il de la Birmanie ? De la Côte d’Ivoire ? De la Chine ? Non, cette description s’applique au Maroc et à son roi Mohammed<code> </code>VI. Mais le malaise a une autre origine, car on ne peut s’empêcher de penser également à la France et au chemin pris depuis deux ans, un chemin qui mène tout droit à un régime autoritaire comme celui du Maroc !</p>
<p>Nous avions déjà évoqué cette dérive du régime dans de précédents billets (voir notamment<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/"> <em>Un faisceau d’indices inquiétants</em></a>), dérive que de récents événements ou déclarations ne font qu’accentuer. La déclaration de Sarkozy évoquant <a href="http://www.youtube.com/watch?v=F1IQdHBo3HI">les « coupables » de l’affaire Clearstream</a> ajoute une pierre à l’édifice, ne fait que renforcer le malaise.</p>
<p>Plus inquiétant, <strong>le phénomène ne touche pas seulement la France</strong>. En Italie, l’attitude ahurissante d’un Berlusconi qui n’hésite pas à porter plainte contre les médias qui critiquent son attitude et ses frasques sexuelles, a entraîné une réaction de la rue, une manifestation de ras-le-bol contre ces outrances et cette restriction des libertés publiques.</p>
<p>Car c’est bien de cela qu’il s’agit : <strong>peu à peu, insensiblement, par touches successives, la concentration des pouvoirs s’accroît dans un nombre toujours plus grand de régimes, restreignant d’autant la liberté des citoyens</strong> et amoindrissant chaque jour le « rôle tampon » des corps intermédiaires (assemblées locales, syndicats…). Certes, la France n’est pas le Maroc mais on a chaque jour un peu plus l’impression d’une similitude malsaine entre les deux régimes, d’un rapprochement des attitudes et des comportements.</p>
<p>Et le phénomène ne touche pas que ces deux pays : dans le monde entier, la médiatisation croissante, le simplisme généré par le flash d’infos de 30 secondes, la recherche de l’image ou de la déclaration-choc, sont autant d’éléments de communication qui renforcent, justifient et font passer pour « naturelle » une concentration toujours plus grande du pouvoir.</p>
<p>Qui en est le principal bénéficiaire ? Les lobbies bien sûr, qui ont parfaitement compris qu’il est plus facile, et surtout moins coûteux, de n’avoir à contrôler que la tête pour que le reste suive…</p>
<p>Discours gauchiste ? C’est pourtant celui que tient Jérôme Monod (ancien directeur du cabinet de Chirac à Matignon, ex-secrétaire général du RPR) lorqu’il déclare aux <em><a href="http://www.lesechos.fr/info/inter/300372111.htm">Échos</a></em> : « aujourd&#8217;hui, <strong>le pouvoir a rendu les armes</strong>. Il n&#8217;a plus la compétence, ou le courage nécessaire… <strong>Il est sous la pression des lobbies, des intérêts particuliers, d&#8217;entreprises menées par l&#8217;appât du gain</strong>. Les événements redonnent du sens à un vocable qui était autrefois l&#8217;apanage du Parti communiste : la financiarisation des entreprises. L&#8217;attention portée à la qualité des métiers, au bien commun des clients disparaît au détriment de quelques ratios financiers. <strong>L&#8217;économie n&#8217;intègre plus d&#8217;autres valeurs que la spéculation, le gain, l&#8217;accaparement. C&#8217;est la porte ouverte à la violence, la corruption, la mafia</strong>. »</p>
<p>Monod, Marx, même combat ? Pour en arriver là, il faut réellement, comme l’écrivait Shakespeare, qu’il y ait « quelque chose de pourri au royaume du Danemark ».</p>
<p>Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Balle au centre</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/09/20/balle-au-centre/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 17:26:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans des précédents billets (voir Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines et Pascal était républicain), nous avons abordé la question de la création d’une convergence républicaine afin d’offrir, en 2012, une alternative crédible et sérieuse à l’occasion des présidentielles.
Cette initiative a aussitôt déclenché une polémique : avec ou sans Bayrou, avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans des précédents billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/">Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/#comments">Pascal était républicain</a>), nous avons abordé la question de la création d’une convergence républicaine afin d’offrir, en 2012, une <strong>alternative crédible et sérieuse</strong> à l’occasion des présidentielles.</p>
<p>Cette initiative a aussitôt déclenché une polémique : avec ou sans Bayrou, avec ou sans le MoDem, et quid de Villepin et Dupont-Aignan ? Du recul et de l’analyse permettent, en toute sérénité, d’apporter des éléments de réponse.</p>
<p>Historiquement, le MoDem est l’héritier de l’UDF, représentation contemporaine de la droite orléaniste. Mais faire du MoDem l’héritier direct du parti de Guizot serait dangereusement réducteur.</p>
<p>Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, Bayrou a en effet choisi, et ce depuis plusieurs années, d’aller chasser sur les terres du radical-socialisme et du centre gauche laissées en jachère par le Parti socialiste. Ce changement de cap a eu deux conséquences :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: Webdings"><span>•</span></span> le MoDem s’est coupé de l’électorat orléaniste traditionnel, qui se reconnaît désormais dans le Nouveau Centre et l’Union centriste du tandem Arthuis-Morin ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: Webdings"><span>•</span></span> le noyau dur « centre gauche » des électeurs du MoDem pèse 5 à 10 % des voix selon les scrutins (le score de l’élection présidentielle de 2007 faisant figure d’exception car Bayrou a alors élargi au maximum son « électorat naturel »).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><o:p></o:p></p>
<p>Plaçons-nous sur le terrain de l&#8217;efficacité tactique, sans nous dénaturer sur les débats de fond. <strong>Ces 5 à 10 % d’électeurs sont la clé du scrutin de 2012.</strong> Au second tour (dans l’hypothèse où Bayrou en est absent), si Sarkozy réussit à en séduire une partie significative ou à les pousser vers l’abstention, la partie est gagnée pour lui, haut la main. Un des aspects du pari républicain que nous évoquions, un pari dans le pari, c’est justement de rassembler au second tour, sur un même nom, les électeurs allant de Bayrou à Mélenchon, dans la discipline d&#8217;un front républicain</p>
<p>C’est bien sûr là toute la difficulté de l’exercice. Le caractère multiple d’un tel rassemblement le rend d’autant plus fragile. <strong>Fermer aujourd’hui la porte aux électeurs du MoDem dans une coalition républicaine élargie, c’est garantir à Sarkozy une réélection facile en 2012</strong> et mettre Copé (ou Bertrand) sur une trajectoire élyséenne pour 2017 et 2022 ! C’est mettre en place dès maintenant un processus d’auto-destruction de toute alternance.</p>
<p><strong>Le vrai challenge en 2012, c’est qu’un candidat se réclamant de l’alternance républicaine réunisse au premier tour un nombre suffisant de voix pour être crédible au second.</strong> Trois candidats « républicains » à 12-16 % des voix au premier tour, et c’est la défaite assurée au second tour. À moins de 25-30 % des voix pour un candidat républicain au premier tour, la « masse critique » n’aura pas été atteinte face à un Sarkozy qui se situera dans la tranche 35-40 %. Qui est donc le mieux placé pour atteindre un tel score ? Le reste n’est que mauvaise littérature et querelles picrocholines… Heureusement, il nous reste encore un peu de temps, seulement un peu&#8230;</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Pascal était républicain</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2009 17:17:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.

Léon Gambetta, 1877

Dans un récent billet (voir Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines), nous avons évoqué des pistes de travail pour restituer le pouvoir à la majorité des Français en 2012. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 140pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt">Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.<br />
</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 140pt; text-align: right" align="right"><span style="font-size: 9pt">Léon Gambetta, 1877<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 140pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt"></span></em></p>
<p>Dans un récent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/"><em><span style="color: windowtext">Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</span></em></a>), nous avons évoqué des pistes de travail pour restituer le pouvoir à la majorité des Français en 2012. Vos réactions et interventions nous incitent aujourd’hui à poursuivre ensemble la réflexion.<br />
<span>   </span><br />
Le constat est clair : les forces politiques qui ne se reconnaissent pas dans les choix de la majorité actuelle sont bien trop divisées, trop désorganisées, pour pouvoir proposer aux Français en 2012 un changement de cap crédible en l’état actuel des choses. Est-ce irréversible ? C’est ce que nous allons examiner aujourd’hui.<br />
<span>   </span><br />
Mais d’abord, pourquoi sommes-nous tombés si bas ?<br />
<span>   </span><br />
Pour trois raisons principales, me semble-t-il : un déficit de la pensée, une fragilité de nombreux hommes politiques, une inadaptation des structures aux enjeux actuels.<br />
<span>   </span><br />
Historiquement <strong>le déficit de la pensée prend naissance dans l’effondrement des espérances marxistes et l’épuisement des socialistes après être passés aux responsabilités</strong>. Les intellectuels n’osent plus penser globalement, n’osent plus critiquer, n’osent plus parler, n’osent plus tout simplement penser. Tout au plus, ils servent des causes thématiques : plus de global, plus de local, de l’entre-deux, du communautaire, de l’identitaire.</p>
<p>Mais ni la planète, ni le citoyen, ni une autre société possible, ne sont des sujets abordés : la peur de se tromper, même partiellement, les paralyse. Et, pour les penseurs néo-conservateurs d’obédience américaine, 1789 n’est même plus le point de départ de l’émancipation de l’Homme, l’une de ses arborescences, socialiste et marxiste, ayant échouée !<br />
<span>   </span><br />
La <strong>fragilité des hommes</strong> accentue la désorientation. Pour une voiture de fonction, un passage à la télévision, une présidence de commission Théodule dont personne ne lira le rapport, tel ou tel ténor, âgé le plus souvent, passe des vrais combats d’hier à de stériles plans de com’ d’aujourd’hui. Tous rassemblés autour de rien. L’argent et tous ses faux-nez, l’illusion de pouvoir, l’apparat lié au pouvoir, tue la pensée qu’il achète.<br />
<span>   </span><br />
L’<strong>inadaptation des structures</strong> fait le reste. <strong>Elles ne résistent pas aux lobbies privés hostiles</strong> qui promeuvent de fausses solutions sur de vrais diagnostics. Par exemple, la nécessaire adaptation et modernisation des services publics ne doit pas systématiquement conduire à la vente par appartements de la propriété de l’État à des fonds privés, lesquels n’ont que faire d’investir dans les infrastructures, l&#8217;aménagement du territoire et la recherche fondamentale, ce qui mieux que tout prépare l’avenir. C&#8217;est pour cette raison que nous soutenons l&#8217;organisation d&#8217;un référendum sur le statut de La Poste le 3 octobre malgré la loi inique de juillet décidant de sa privatisation (voir ce <a href="http://www.appelpourlaposte.fr/" target="_blank">site</a>).</p>
<p><span></span>Ainsi, de mauvais plans de traitement achèvent le malade, trop atteint pour penser, trop affamé pour refuser le plat de lentilles. Soulignons à quel point la cinquième Constitution de la République, mille fois rapiécée, est à bout de souffle. <strong>Il nous faut rapidement écrire une nouvelle Constitution qui</strong>, notamment, <strong>encadre clairement l’activité des lobbies</strong>, dans un contexte démocratique.<br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions, bien sûr, décrypter plus avant tous ces tristes mécanismes, amplifiés par les techniques de barbouzes omniprésentes, mais n’y perdons pas trop de temps. L’urgence est ailleurs. Pour que cette situation ne soit pas irréversible, pour que 2012 devienne la victoire de la souveraineté populaire, comment faire ? Une seule réponse : dès maintenant, s’unir en travaillant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>S’unir, cela veut dire se regrouper autour des valeurs républicaines sûres : solidarité, laïcité, universalisme, liberté, égalité, fraternité.</strong><br />
<span>   </span><br />
S’unir, cela veut dire s’ouvrir à la diversité des opinions, explorer toutes les pistes jusqu’aux plus audacieuses. Nous saluons ainsi l&#8217;ébauche de dialogue entre le MoDem, le Parti socialiste, certains communistes et les Verts.<br />
<span>   </span><br />
En travaillant, cela veut dire préparer immédiatement un <strong>programme de gouvernement d’union nationale centré sur quelques priorités claires pour une période transitoire de deux ans</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En travaillant, cela veut dire élaborer la mise en œuvre de moyens de toute nature, sans oublier d’établir clairement un code de bonne conduite pour tous les engagés volontaires de cette aventure.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À l’issue d’une période transitoire de deux ans, le Président nouvellement élu s’engagera à dissoudre la nouvelle assemblée</strong>, et ce pour trois raisons principales :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● La coalition sera formée sur la base de forces très disparates en volume, en idéologie, en dynamisme de propositions. Elle ne peut être soudée et solidaire sur un plan d’action collectif que sur un temps limité. Ce temps ne peut être ni trop court afin de pouvoir agir, ni trop long au risque de la division.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Deux ans exigent une action très soutenue et efficace : cela astreint à résultat les dirigeants du moment.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Enfin ce calendrier laisse la main à la seule souveraineté légitime : celle du peuple qui confirmera ou sanctionnera selon les résultats obtenus.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Au terme de ces deux ans, les Français, après dissolution de l’Assemblée nationale, jugeront le travail accompli, évalueront ce qui reste à faire, estimeront qui sont  les plus aptes à servir leurs intérêts. Ils éliront alors une nouvelle majorité parlementaire, avec une nouvelle classe de responsables, capables de travailler avec le Président élu.<br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions prendre exemple sur le Conseil National de la Résistance pour dénommer, par analogie, cette initiative <strong>Conseil National de la Convergence Républicaine</strong> ou CNCR.<br />
<span>   </span><br />
Quelles en seraient les <strong>priorités</strong> ? Je soumets à examen quelques pistes dont les premières vont vers la nécessaire solidarité avec ceux dont l’emploi est détruit ou va l’être. <strong>La crise sociale se transforme en <em>carnage</em></strong> et l’explosion de violence sociale commence juste avec des actions d’un type nouveau comme le plasticage des usines que l’on ferme. Quand le peuple n’a plus rien à perdre, il ne lui reste que la violence pour se faire entendre. Voici donc ces pistes :<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● La réhabilitation des services publics.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Un plan de relance européen de grande envergure, centré sur les infrastructures.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● La libération des médias, la démocratisation de nos institutions, la sixième Constitution. On peut d’ores et déjà se demander : l’Assemblée de 2014 sera-t-elle constituante ? Ou la révision constitutionnelle doit-elle se faire dans le cadre de la Cinquième République ?<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Le renforcement du couple franco-allemand.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Le retrait de nos soldats de théâtre d’opérations très éloignés de nos intérêts nationaux.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Un projet ambitieux pour les Nations Unies et la paix dans le monde.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Un traité mondial sur l’avenir de la planète.<o:p></o:p></p>
<p><strong><span>   </span><br />
</strong>Arrêtons-là, au risque de parodier Prévert. <strong>Cette proposition n’a de sens non dans son exhaustivité, mais dans sa capacité à être reprise, modifiée, amplifiée. Faisons le pari d’un Pascal républicain</strong><strong> </strong>croyant en l’esprit républicain de nos concitoyens. S’il existe, nous gagnerons en 2012 ; s’il n’existe plus, nous ne pouvons rien perdre de plus.<strong><br />
<span> </span></strong><span>  </span><br />
La dignité de ne pas se dénaturer est notre seule richesse.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<span>Gavroche<br />
© </span><em><span> </span>La Lettre du Lundi </em><span>2009</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La faillite programmée du système éducatif</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/09/06/la-faillite-programmee-du-systeme-educatif/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/09/06/la-faillite-programmee-du-systeme-educatif/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 Sep 2009 17:24:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le système éducatif français est aujourd&#8217;hui en situation de déclin accéléré. Le phénomène a été maintes fois décrit et analysé. Rappelons-en rapidement les symptômes :

Un niveau de formation initiale (maîtrise de la lecture, de l&#8217;écriture, des opérations mathématiques élémentaires) inférieur à celui qui existait il y a 20 ou 40 ans. Aujourd&#8217;hui, 15 % des élèves entrent en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le système éducatif français est aujourd&#8217;hui en situation de déclin accéléré. Le phénomène a été maintes fois décrit et analysé. Rappelons-en rapidement les<strong> symptômes</strong> :<o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong>Un niveau de formation initiale</strong> (maîtrise de la lecture, de l&#8217;écriture, des opérations mathématiques élémentaires) <strong>inférieur à celui qui existait il y a 20 ou 40 ans.</strong> Aujourd&#8217;hui, 15 % des élèves entrent en classe de 6<sup>e</sup> sans savoir lire ou écrire et 25 % (en sus des 15 %) « n’ont pas le      niveau » : l’échec est déjà programmé pour 40 % des élèves dès l’entrée en 6<sup>e</sup>.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Une ghettoïsation croissante.</strong> Il y a toujours eu des « bons » et des « mauvais » établissements mais l&#8217;écart entre eux ne cesse de croître,      aggravant un peu plus la fracture entre classes sociales.<o:p></o:p></li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Une dévalorisation des diplômes.</strong> Quand le pouvoir politique fixe l&#8217;objectif, certes louable, d&#8217;amener 80 % d&#8217;une tranche d&#8217;âge au bac sans, dans le même      temps, investir (en professeurs, locaux, etc.) pour atteindre cet objectif, le seul moyen pour masquer l&#8217;échec est alors de baisser le niveau du diplôme.<br />
Comme on a drogué le consommateur au crédit pour lui faire oublier que son pouvoir d&#8217;achat dégringolait, <strong>on a drogué élèves et parents d&#8217;élèves au diplôme (bidon) pour leur faire oublier qu&#8217;il ne débouchait plus sur un job digne de ce nom</strong> et ne permettait plus aucune ascension sociale : l&#8217;ascenseur social n&#8217;est pas en panne, il a tout simplement disparu.<o:p></o:p></li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Un corps professoral dévalorisé.</strong> Mal payés, peu considérés socialement, soumis à des pressions contradictoires entre hiérarchie et parents d&#8217;élèves, à des conflits de conscience entre éthique et obéissance aux ordres et instructions de leur administration, les enseignants sont à la dérive, conscients que le « système » mène leurs élèves à l&#8217;échec tout en essayant, à titre individuel et contre vents et marées, d&#8217;en sauver le      plus grand nombre.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Un <strong>enseignement supérieur</strong> où l&#8217;écart de niveau et la différenciation sociale s&#8217;accroissent inexorablement entre étudiant(e)s des filières « nobles » (prépas, grandes écoles, sciences po, ENA, médecine&#8230;)<span>  </span>et les autres (filières universitaires en sciences humaines, BTS&#8230;).<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Pourquoi ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels phénomènes se sont combinés pour générer une telle dégringolade ?</p>
<p>Un premier élément est, selon nous, à la source de cette évolution : la <strong>tendance naturelle de tout corps social, y compris et surtout l&#8217;élite, à s&#8217;auto-reproduire</strong>. Lorsque des nouveaux entrants font leur entrée au sein des classes dirigeantes, ils acquièrent bien vite le réflexe qui consiste à fermer la porte, à verrouiller le système pour que seule la voie héréditaire permette le renouvellement.</p>
<p>La dernière fois que les cartes ont été rebattues, c&#8217;est à la Libération et dans les 20 ou 30 années qui ont suivies, à la fois pour des raisons politiques (collaboration d&#8217;une partie des classes dirigeantes de la Troisième République avec l&#8217;occupant, d&#8217;où nécessité de renouvellement) et économiques (la forte croissance économique des Trente Glorieuses a ouvert des possibilités d&#8217;ascension sociale).</p>
<p>Depuis les années 1970-1980, quelle que soit la majorité au pouvoir, le mouvement d&#8217;ossification a repris et les élèves de l&#8217;enseignement public en ont été les premières victimes : la nouvelle classe dirigeante, ayant assuré la perpétuation de son espèce via un réseau de « bonnes » écoles qui lui étaient <em>de facto</em> réservées, a laissé partie à vau-l’eau l&#8217;école de la République qui l&#8217;avait pourtant éduquée.</p>
<p>Un second élément explique cette dégénérescence : <strong>la taille et la complexité croissantes de ce système éducatif</strong>. Plus un système (entreprise, État ou tout type de groupement humain) est complexe, plus il consomme d&#8217;énergie (moyens humains et financiers) pour s&#8217;auto-entretenir, aux dépens de son objectif ou de sa finalité. C&#8217;est exactement le cas de l&#8217;Éducation nationale : sa complexité croissante nécessite de plus en plus de ressources pour « simplement » fonctionner. Les compétences sont mobilisées pour résoudre les « problèmes » internes du système (organisation, coordination, statuts, etc.), au détriment de sa mission qui est d&#8217;assurer un enseignement de qualité.</p>
<p>Pour toutes ces raisons, il serait puéril et simplificateur de condamner, selon ses préférences politiques, le ministre (incapable), les enseignants (laxistes), les élèves (fainéants) ou les parents d&#8217;élèves (irresponsables).</p>
<p>Alors, quelle(s) solution(s) face à un tel gâchis ? Nous ne prétendons pas apporter en quelques lignes la réponse face à une telle complexité mais pouvons néanmoins suggérer quelques pistes :<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Toute solution globale, ayant pour objectif de réformer l&#8217;ensemble du système, est vouée à l&#8217;échec.</strong> Comme l&#8217;ex-URSS et tous les systèmes complexes en déclin, l&#8217;Éducation nationale n&#8217;est plus globalement réformable. Croire le contraire relève de l&#8217;affirmation idéologique sans fondement sérieux, de la naïveté&#8230; ou du cynisme, si l&#8217;on souhaite que rien ne change.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Le recrutement et la formation des professeurs sont le premier maillon, le socle de toute réforme, avec un objectif qualitatif et non quantitatif</strong>. Attirer les meilleur(e)s, faire en sorte qu&#8217;une carrière professorale soit plus attractive qu&#8217;une carrière dans le privé, est une condition indispensable si l&#8217;on souhaite donner un deuxième souffle à l&#8217;école publique. L’exercice est évidemment extrêmement difficile car il bouleverse le sacro-saint      principe selon lequel il n’y a pas de mauvais profs.<br />
Comme l’eût dit Monsieur de la Palisse, introduire du qualitatif implique de juger effectivement de la qualité du travail des enseignants, de récompenser les meilleurs et de licencier les plus mauvais. Mission quasi-impossible…<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Toute réforme passera donc par la <strong>mise en place de structures parallèles</strong>, quasiment « dissidentes », qui sauront faire de cette marginalité un défi à relever, tout en étant      averties et conscientes du (fort) risque d&#8217;échec existant.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Le sommet n&#8217;étant      plus capable d&#8217;impulser le changement, <strong>c&#8217;est de la base que devra venir l&#8217;initiative, c&#8217;est-à-dire des parents d&#8217;élèves et des professeurs</strong>. Nombre de professeurs sont en effet prisonniers du schéma de guerre de tranchées qui les oppose à leur administration : revendications de salaire, statut et conditions de travail contre volonté de limiter les dépenses (dernier épisode en date : l’annonce de la suppression des IUFM)&#8230;<br />
Il faut sortir de ce blocage et des professeurs et parents d&#8217;élèves, conscients de la dégradation de l’école publique et victimes collatérales de cette situation qui mène leur progéniture à l&#8217;échec, sont assurément prêts à prendre l&#8217;initiative.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Enfin, dans le mode      d&#8217;apprentissage, il faudra <strong>sortir du traditionnel cours magistral 100 % présentiel pour imaginer d&#8217;autres formes d’acquisition des connaissances</strong> : enfants et      adolescents passent plus de temps une console de jeux entre les mains qu&#8217;à écouter leurs professeurs, sans parler de l&#8217;intérêt porté à la première activité ! Ce que l&#8217;on appelle aujourd&#8217;hui le ludo-éducatif devra donc prendre une part plus importante dans la formation. On ne reviendra pas à l’école de Jules Ferry et l’énergie déployée pour ressusciter les schémas culturels du passé l’est en pure perte : ce n’est pas le bon combat.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">L’alternative à ces esquisses de propositions, c’est de prolonger la situation actuelle : un projet de réforme mal ficelé tous les deux ans, échouant trois fois sur quatre face à une mobilisation des enseignants et des élèves, et un ministre que l’on remplace.</p>
<p>Le bateau continuera alors – lentement – à couler et les symptômes décrits au début de ce billet à s’aggraver. Jusqu’où ? Seule la trouille fera réagir l’élite et les classes dirigeantes. Elles ont aujourd’hui la trouille de partager le pouvoir, elles pourraient avoir demain la trouille face à des masses non éduquées qui réclament, très brutalement, un partage du gâteau.</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi </em>2009<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le 14 juillet de la honte</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/07/18/le-14-juillet-de-la-honte/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 17:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« Une politique qui se borne
à brasser des rêves
les trompe tous »

 François Mitterrand

Les récentes « festivités » du 14 juillet nous permettent, une fois de plus, d’analyser la « communication » présidentielle, tant sur le fond que dans la forme… Décryptage.
   
Cette communication ne se réduit bien sûr pas aux 5 (!) interviews-trottoir données par le chef de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial">« Une politique qui se borne<br />
à brasser des rêves<br />
les trompe tous »</span><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span><br />
<span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span></p>
<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"> François Mitterrand</span></p>
<p><o:p></o:p><br />
Les récentes « festivités » du 14 juillet nous permettent, une fois de plus, d’analyser la « communication » présidentielle, tant sur le fond que dans la forme… Décryptage.<br />
<span>   </span><br />
Cette communication ne se réduit bien sûr pas aux 5 (!) interviews-trottoir données par le chef de l’État et Madame. <strong>Dans la communication sarkozyste, rien, absolument rien, n’est laissé au hasard et à la spontanéité.</strong><br />
<span>   </span><br />
Finie donc l’interview « solennelle » du Président de la République. Il faut faire jeune, moderne, « peuple » même. Voici donc l’interview-trottoir, où Sarkozy répond aux questions (parfaitement calibrées car préparées par la cellule communication de l’Élysée) sur un ton qui se veut décontracté, un peu comme les champions que l’on interviewe au bord de la piste du stade olympique lorsqu’ils ont réalisé une bonne performance. Le parallèle n’est d’ailleurs pas anodin : <strong>nous sommes à une étape du Tour de France et on interviewe avec respect un maillot jaune auto-proclamé</strong>&#8230;<br />
<span>   </span><br />
Attardons-nous un peu sur le fond. Que nous dit le Prince ? Que tout va bien, qu’il a restructuré et modernisé l’armée, comme on le fait d’une entreprise, qu’on a acheté des camions neufs, du bon matériel et que tous ces braves militaires sauront bien s’en servir.<br />
<span>   </span><br />
S’en servir pour quoi au fait ? C’est là que le bât blesse : <strong>ce qu’il faut moderniser, ce n’est pas seulement le matériel, c’est avant tout et surtout la doctrine d’emploi</strong>. En d’autres termes, les bonnes questions (non posées par les journalistes), c’est « Tout ce matériel, pour quoi faire ? », « Quelle stratégie globale ? Régionale ? » « On fait quoi dans quel scénario ? », « Quelle politique en Afrique ? Au Moyen-Orient ? Dans quel but ? », « Avec qui ? », « Qui décide ? Le Pentagone ou le Parlement français ? »…<br />
<span>   </span><br />
<strong>En masquant ainsi les véritables enjeux, en ne faisant que de la com’</strong> en lieu et place de stratégie, pédagogie, réflexion, consultations véritablement démocratiques, <strong>Sarkozy dénature une fois de plus la fonction présidentielle et oublie une chose essentielle : le fondement de la République, ce sont les valeurs, pas le matériel.</strong><br />
<span>   </span><br />
L’enlèvement le même jour de deux agents de la DGSE à Mogadiscio met d’ailleurs en lumière l’<strong>indigence de la réflexion stratégique et militaire préparée à l’Élysée</strong>. Envoyer seulement deux agents, dont le professionnalisme est indubitable, à Mogadiscio pour aider à restructurer la garde présidentielle est à la fois ridicule et dérisoire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ridicule par les moyens employés</strong> : on a envoyé deux agents à l’abattoir en leur donnant si peu de moyens dans un des pays les plus dangereux – sinon le plus dangereux – de la planète.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dérisoire</strong> car c’est malheureusement le qualificatif que l’on peut attribuer à <strong>la politique étrangère de la France dans cette partie du monde</strong> : soit on y va avec de véritables moyens au service d’une vraie politique, soit on s’abstient de faire « dézinguer » deux agents pour des ordres imbéciles.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Autre grand moment de com’ de la stratégie sarkozyste : le concert « gratuit » de Johnny.</strong> 2 millions d’euros, dont 500 000 pour la vedette, résident suisse donc non imposable en France mais ravi d’empocher ainsi l’argent du ministère de la Culture. C’est le contribuable qui paie, pas le spectateur !</p>
<p>À ce niveau de bassesse et de racolage politique, sur fond de gaspillage des deniers publics, <strong>on touche carrément à l’indignité républicaine : un évadé fiscal, ami du Président de la République, qui perçoit un demi-million d’euros pour un seul concert le jour de la fête nationale…</strong> Une chose est sûre : <strong>avec Sarkozy, nous avons vraiment changé de régime ; nous sommes retombés sous Louis XVI</strong> et, derrière l’apparente jeunesse de Sarkozy, se cache une pensée archaïque, aussi liftée que les peaux de Line Renaud et d’Enrico Macias qui n’étaient pas non plus à leur place à la tribune présidentielle. On se croirait dans une émission de Drucker…<br />
<span>   </span><br />
Ah, oui ! J’oubliais : l’Élysée a fait des économies : 5 000 personnes seulement ont été invitées ! Sous les précédents mandats présidentiels nous étions à 2 000. Dans notre pays, <strong>les vraies économies sont imposées aux petits et aux sans-grades</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/</link>
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		<pubDate>Sun, 12 Jul 2009 16:44:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/</guid>
		<description><![CDATA[« Plutôt que d’attendre dans des conditions désastreuses les résultats de promesses qui ne se concrétiseront pas, plutôt que de guetter en vain, dans la détresse, le retour du travail, les galops de l’emploi, serait-il insensé de rendre décente, viable par d’autres voies, et aujourd’hui, la vie de ceux qui, en l’absence, bientôt radicale, du travail [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 106.2pt; text-align: justify; line-height: 150%"><em><span style="font-size: 9pt">« Plutôt que d’attendre dans des conditions désastreuses les résultats de promesses qui ne se concrétiseront pas, plutôt que de guetter en vain, dans la détresse, le retour du travail, les galops de l’emploi, serait-il insensé de rendre décente, viable par d’autres voies, et <strong>aujourd’hui</strong>, la vie de ceux qui, en l’absence, bientôt radicale, du travail ou plutôt de l’emploi sont tenus pour déchus, pour exclus, pour superflus ?<br />
Il est à peine temps encore d’inclure ces vies, nos vies dans leur propre sens, leur sens véritable : celui, tout bête, de la vie, de sa dignité, de ses droits. Il est à peine temps de les soustraire au bon plaisir de ceux qui les bafouent. Serait-il insensé d’espérer enfin non pas un peu d’amour, si vague, si aisé à déclarer, si satisfait de soi, et qui s’autorise à user de tous les châtiments, mais l’audace d’un sentiment âpre, ingrat, d’une rigueur intraitable et qui se refuse à toute exception : le respect ? »</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right; line-height: 150%" align="right"><em><em><span style="font-size: 9pt"><o:p></o:p></span></em></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right; line-height: 150%" align="right"><em><strong><span style="font-size: 9pt">Viviane FORRESTER </span></strong><span style="font-size: 9pt"></span></em>(<span style="font-size: 9pt">L’horreur économique, 1997) </span><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%" align="center"><em><strong><em><o:p></o:p></em></strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%" align="center"><em><strong><em><o:p></o:p></em></strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%" align="center"><em><strong><em><o:p></o:p></em></strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%"><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%"><strong>Commençons par quatre constats que chacun peut effectuer :<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Premier constat : avec 100 000 chômeurs de plus chaque mois, et 5 personnes frappées collatéralement dans l’entourage de chaque chômeur, <strong>600 000 Français sont affaiblis économiquement chaque mois du fait d’une politique de l’emploi inefficace</strong>. Nous sommes bien loin du « travailler plus pour gagner plus »…<br />
Dans un an, c’est plus de 7 millions de Français qui seront atteints, si l’on ajoute le chômage induit. Pis, cette dégradation rapide se déroule dans un <strong>climat de mépris</strong> : pas de dialogue social, brutalité excessive de certaines forces de l’ordre, comportements indignes de Nicolas Sarkozy qui nous dit à tous « casse-toi pauv’ con », « si t’as pas une Rolex à 50 ans, t’as raté ta vie » et qui, en même temps, ose augmenter sa propre rémunération de 172 %.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Deuxième constat : <strong>la seule efficacité de Sarkozy réside dans ses opérations de barbouzes et ses basses œuvres d’infiltration</strong>, de déstabilisation, de manipulation des syndicats, des associations et des partis politiques, tous trop naïfs, trop divisés, trop exsangues, trop débauchés, formation de nouveau gouvernement après formation de nouveau gouvernement.<br />
Mais au fond, cela n’a aucune importance : les gouvernements sont devenus virtuels, tous les dossiers sérieux se traitant directement à l’Élysée.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: justify; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Troisième constat : si l’on tient compte des taux d’abstention croissants, malgré l’apparence des calculs en pourcentage, <strong>le niveau de popularité et de confiance de Nicolas Sarkozy est très faible en valeur absolue, de l’ordre de 20 %</strong>. Ni les plans de com’, ni les services d’ordre pléthoriques chargés d’assurer la claque au passage du Prince n’y pourront rien changer.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: justify; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Quatrième constat : compte tenu du nouveau dispositif constitutionnel amorcé par le passage au quinquennat, de l’inversion du calendrier électoral voulue par Lionel Jospin, enfin de cette nouvelle présidentialisation excessive au détriment du Parlement, <strong>une seule élection a en France un poids significatif : l’élection présidentielle</strong>.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%"><strong>Dans ces conditions, il nous faut trouver les voies et moyens pour, en 2012, restituer le pouvoir à 80% des Français.</strong></p>
<p>Une méthode doit être élaborée pour rassembler largement l’ensemble de l’électorat en surmontant quatre difficultés majeures et en tenant compte de quatre points d’appui forts.</p>
<p>Voyons successivement ces quatre difficultés et ces quatre points d’appui avant d’aborder « la bonne marche à pied ».</p>
<p><strong>Quatre difficultés :<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Première difficulté : de <strong>très grandes divergences idéologiques et d’analyses</strong> entre communistes, socialistes, écologistes, centristes, gaullistes et chrétiens-démocrates, que ce soit<span>  </span>sur le social, l’économie, l’Europe, l’OTAN, la politique étrangère…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Deuxième difficulté : <strong>la faiblesse des moyens de communication</strong>. Nicolas Sarkozy concentre entre ses mains tous les pouvoirs médiatiques, n’hésitant pas à terroriser les journalistes.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Troisième difficulté : <strong>un nombre important</strong>, beaucoup trop important, <strong>de personnalités politiques</strong>, souvent anciennes dans le « métier », <strong>qui jouent « perso »</strong>, de façon indigne, et sont capables à tout moment de négocier une trahison contre une prébende aussi pitoyable qu’insignifiante.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Quatrième difficulté : <strong>la disproportion des moyens financiers</strong>. Le lien lobbies – Sarkozy – appareil UMP fonctionne à plein et permet de financer des actions à la fois directes et indirectes pour morceler un peu plus chaque jour l’opposition et faire apparaître Sarkozy comme le seul choix possible.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: justify; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%"><strong>Quatre points d’appui méritent cependant d’être soulignés :<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Le sentiment partagé par l’immense majorité des Français que <strong>« cela ne pourra pas durer ainsi » sans un meilleur partage des richesses et des savoirs</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● La <strong>prise de conscience</strong>, la certitude croissante, que nos enfants et petits-enfants ne pourront pas survivre sur notre planète si l’on ne <strong>change</strong> pas <strong>radicalement nos comportements</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● La <strong>disqualification de</strong><strong> l’idéologie ultralibérale</strong> qui a pour unique but de veiller à ce que des profits insensés puissent augmenter sans fin et sans obstacles. Au-delà, l’amorce d’une réflexion sur ce que doit être demain notre système économique.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● La <strong>redécouverte du rôle indispensable de l’État</strong> et l’absence de débat idéologique autour de son rôle stratège et régulateur.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoBodyText">&nbsp;</p>
<p class="MsoBodyText">Afin de rétablir la démocratie, nous proposons une méthode en cinq étapes de reconquête du pouvoir en 2012 :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Première étape : <strong>rassembler</strong> le plus tôt possible, en un lieu symbolique, le plus grand nombre de représentants de ces 80 % de Français qui ne veulent plus d’un homme qui a été jusqu’à dégrader l’image et la fonction de Président de la République.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Deuxième étape : <strong>proposer</strong> pour 2012 que chacun mène sa campagne électorale sous sa propre bannière, tout en exprimant très clairement son engagement à se désister au second tour en faveur du candidat le mieux placé.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Troisième étape : <strong>envisager</strong> dès maintenant l’organisation du gouvernement de la République rétablie à l’issue de cette élection, proportionnellement aux résultats du premier tour.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Quatrième étape : <strong>prendre exemple</strong> sur le Conseil national de la résistance pour élaborer un programme d’urgence sur deux ans, indispensable au redressement de la Nation.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Cinquième étape : <strong>prévoir</strong>, au terme de ces deux ans, la dissolution de l’Assemblée nationale pour que le Peuple français dégage alors une nouvelle majorité politique, ne jugeant les uns et les autres que sur l’efficacité de leur travail au cours de ces deux années écoulées.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Cette période servira ainsi de transition pour qu’une classe nouvelle de responsables politiques donne au Peuple français les gages nécessaires de zèle et de probité dans leur mission de protéger ses intérêts fondamentaux, sa Liberté et la Justice pour tous.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><em>© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009<o:p></o:p></em></p>
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		<title>L&#8217;Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/07/05/lafghanistan-tombeau-de-nos-ambitions-infondees/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Jul 2009 17:19:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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Il est une entreprise non moins importante et plus difficile, c’est de confondre par une énergie constante [...]]]></description>
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<p style="margin-left: 100pt; text-align: right" class="MsoNormal" align="right"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Il est une entreprise non moins importante et plus difficile, c’est de confondre par une énergie constante les intrigues éternelles de tous les ennemis de notre liberté, et de faire triompher les principes sur lesquels doit s’asseoir la prospérité publique</span></p>
<p align="right"><strong><em>Robespierre</em></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"> </span></p>
<p>Nous avons tous en mémoire les soldats français morts dans une embuscade voici presque un an. Il y a quelques jours, trois soldats allemands ont été tués en patrouille près de Kunduz, comme trente-trois de leurs camarades précédemment.<br />
<span>   </span><br />
Combien de morts inutiles pour une guerre sans stratégie faudra-t-il pour retirer les soldats français de ce bourbier ? D’autant plus inutile que la moyenne d’âge de nos 3 000 soldats est de 23 ans : chaque jour, cette « sale guerre » leur inflige des traumatismes identiques à ceux que les soldats américains ont connu et connaissent encore, au retour du Vietnam ou d’Irak.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Vouloir une fois de plus imposer un pouvoir central désigné à Washington autour de Hamid Karzaï pour ensuite l’étendre à l’ensemble du pays est aujourd’hui un échec sur tous les plans.<br />
<span>   </span><br />
Échec militaire car aucune zone n’est contrôlée</strong> vraiment, y compris celle de Kaboul. Les ingénieurs militaires n’arrivent pas à sécuriser les routes d’approvisionnement, malgré la mise en œuvre de moyens de plus en plus sophistiqués et coûteux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec militaire car le conflit s’élargit maintenant officiellement au Pakistan</strong>, obligeant les États-Unis à entrer dans un combat de haute intensité à <metricconverter productid="100 km" w:st="on">100 km</metricconverter> d’Islamabad. Il y a également <strong>élargissement au nord</strong> autour de la base américaine de Manas au Kirghizistan, cruciale au ravitaillement des troupes de l’OTAN, et récemment maintenue avec l’accord de Moscou moyennant 177 millions de dollars.<br />
<span>   </span><br />
Chaque perte dans la population locale stimule la combativité des guérilleros et permet le recrutement de nouveaux Talibans. À chaque bombardement, seule action militairement efficace, les nombreux morts parmi les civils renforcent le <strong>soutien de la population aux insurgés</strong>. 75 % de la population vit dans des villages de montagnes escarpées, sur un territoire grand comme la France.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec évident au plan de la lutte antiterroriste</strong> : <span>Al-Qā&#8217;ida</span> se réinstalle au Maghreb, rapprochant de l’Europe une menace terroriste qui augmente dans le monde.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec au plan de la lutte antidrogue</strong>, l’Afghanistan fournissant à ce jour 93 % de la cocaïne du monde entier.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec économique </strong>: pas de construction d’infrastructures, pas d’agriculture, pas d’industrie, pas d’écoles, pas d’armée, pas de police, pas d’artisanat. Comment un pays peut-il retrouver la paix lorsqu’il ne dispose pas de toutes ces nécessités de base ?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec politique enfin.</strong> Quand, en octobre 2001, Kaboul tombe et les Talibans fuient, c’était la réponse aux attentats du 11 septembre et la volonté d’en finir avec <span>Al-Qā&#8217;ida</span> et Ben L<span>ā</span>den. Aujourd’hui Ben L<span>ā</span>den est vivant, <span>Al-Qā&#8217;ida</span> se porte de mieux en mieux et l’unité nationale afghane n’existe pas, et ne peut exister.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
À travers la réintégration dans l’OTAN (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/page/3/">OTAN : tout ce qu’on vous cache</a></em>), qui entraîne l’augmentation du contingent français en Afghanistan à la demande des Américains, <strong>notre pays est pris au piège d’un engrenage guerrier</strong> qui s’étend progressivement à l’est et au nord de l’Afghanistan. <strong>Il n’y a rien de pire que de lancer des opérations militaires d’envergure dans une véritable poudrière : en allumant la mèche à Kaboul, l’incendie se propagera à Téhéran, Bagdad, Damas, Beyrouth et Tel-Aviv.</strong> La France est rattrapée par les zones d’ombre de l’attentat de Karachi alors que l’Iran, le Liban, la Palestine, Israël sont eux-mêmes déstabilisés.<br />
<span>   </span><br />
On peut même s’interroger sur le lien qui pourrait exister entre le renforcement de notre présence en Afghanistan et la disparition, à quelques jours d’intervalle, de deux avions transportant des ressortissants français, l’un au-dessus de l’Atlantique, l’autre de l’Océan indien.<br />
<span>   </span><br />
Il est grand temps d’économiser nos hommes et notre argent, d’<strong>avoir le courage de décider enfin de partir d’Afghanistan</strong>. Le brigadier Mark Carleton-Smith, la plus haute autorité militaire britannique en Afghanistan, déclarait le 5 octobre 2008 au <em>Sunday Times</em> : « <a href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article4882597.ece">nous n’allons pas gagner la guerre en Afghanistan</a>. » Il y commande les troupes britanniques. Et le président Obama retire ses troupes d’Irak.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
En conclusion, <strong>il faut partir d’Afghanistan pour quatre raisons majeures :<br />
</strong><br />
● Tous ces morts français, civils et militaires, sont victimes d’une <strong>politique étrangère totalement incohérente</strong>, signée Nicolas Sarkozy, qui tourne le dos à toute notre histoire.<br />
● <strong>Nos intérêts</strong> historiques, économiques, politiques et culturels <strong>ne passent pas par l’Afghanistan</strong>.<br />
● Nous allons avoir besoin de toutes nos forces rassemblées pour <strong>faire face à un avenir proche d’hyper-violence</strong>. Assurer la sécurité du territoire, de la population et des sites stratégiques est aujourd’hui une priorité et nécessite la <strong>présence de tous nos soldats sur le sol national</strong>.<br />
● Il nous faut <strong>redéfinir une stratégie globale cohérente avant tout engagement de forces</strong>, c&#8217;est-à-dire :<br />
○ énoncer nos priorités : Europe, Afrique, Moyen-Orient, défense de nos intérêts fondamentaux, diplomatie d’influence, rayonnement culturel, francophonie ;<br />
○ définir par voie démocratique, c’est-à-dire au sein des commissions parlementaires concernées et du Parlement, qui sont nos alliés, nos partenaires, nos adversaires, nos ennemis.</p>
<p>À l&#8217;inverse, nous avançons actuellement sans vision globale claire, dans des actions non coordonnées, coûteuses en hommes, en argent et en lisibilité, sans parler de l’attitude arrogante de notre gouvernement à l’endroit de beaucoup de peuples et du mépris affiché par le chef de l&#8217;État à l&#8217;égard de chaque soldat.<br />
<span>   </span><br />
Pour arrêter ce gâchis, <strong>nous devons impérativement construire en 2012 une alternance politique de rassemblement</strong> de l’immense majorité de nos concitoyens, cohérente et exclusivement centrée sur les intérêts du peuple français, la prospérité publique et sur notre liberté d’action.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Derrière l&#8217;écran de fumée</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/06/28/derriere-lecran-de-fumee/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Jun 2009 17:39:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La mise en scène médiatique de la composition du nouveau gouvernement Fillon est, à plus d’un titre, extrêmement intéressante. La communication présidentielle, où strictement rien n’est laissé au hasard, où le contrôle est total, a en effet choisi de mettre en lumière certaines nominations et, à l’inverse, de passer quasiment sous silence d’autres acteurs de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mise en scène médiatique de la composition du nouveau gouvernement Fillon est, à plus d’un titre, extrêmement intéressante. La communication présidentielle, où strictement rien n’est laissé au hasard, où le contrôle est total, a en effet choisi de mettre en lumière certaines nominations et, à l’inverse, de passer quasiment sous silence d’autres acteurs de ce jeu de chaises musicales. Tout cela a une signification politique et nous éclaire sur les véritables priorités et intentions de Sarkozy. <strong>Décodage</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le leurre<br />
<span></span></u></strong><br />
Mitterrand à la culture ! <strong>Un Mitterrand au gouvernement !</strong> Plus de la moitié des commentaires liés au remaniement ont porté sur cet « événement ».<br />
<span>   </span><br />
Bien évidemment, c’est l’écran de fumée, ou plutôt le leurre, c’est-à-dire la proie que l’on poursuit alors que le « vrai » gibier est ailleurs. La culture ? Sarkozy s’en fout ! Ou plutôt, comme tous les incultes, il la méprise, n’y voit aucun intérêt et pense qu’il faut la contrôler, la faire ainsi entrer dans son système de pensée, où tout doit procéder de Lui, de son unique volonté.<br />
<span>   </span><br />
Conséquence logique, Sarkozy se « paye » un joueur prestigieux dans le mercato politico-médiatique, il s’achète un Mitterrand comme un club de foot se paye un Ronaldo. <strong>Le but ? Fixer l’attention des médias et du peuple sur ce transfert, faire en sorte que les commentaires</strong> (pour, contre, au fond peu importe) <strong>se déchaînent sur ce non-événement qu’est la nomination d’un bouffon du roi</strong>. Pendant ce temps-là, on va s’occuper des choses sérieuses.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’homme de main<br />
<span></span></u></strong><br />
Les choses sérieuses ? Parlons-en. Hortefeux à l’Intérieur, <strong>Hortefeux ministre des flics et surtout des élections, du redécoupage électoral ainsi que des services secrets</strong>, Hortefeux qui a maintenant trois ans pour préparer la réélection triomphale de son « patron » en 2012.<br />
<span>   </span><br />
Sans scrupules, ne s’embarrassant pas de légalité, efficace et cynique, ce nouveau Fouché n’aura que quelques dizaines de mètres à parcourir pour un tête-à-tête avec son boss. Avec la nomination de son homme de main place Beauveau, Sarkozy est désormais certain d’avoir une police, des services secrets et un appareil d’État (préfets, etc.) parfaitement à sa botte. Nous sommes là dans la <strong>grande tradition du Second Empire</strong>, où le résultat des élections présentait à peu près autant d’incertitudes que l’heure du lever du soleil.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le traître<br />
<span></span></u></strong><br />
Après l’efficacité électorale, <strong>le coup politique : achever Bayrou</strong>, le seul qui pouvait se montrer un petit peu menaçant en 2012. La recette a été des plus classiques. « Cet homme-là, on l’achète avec un maroquin », disait Mitterrand de Le Pen. Sarkozy peut en dire autant de Michel Mercier, sénateur du Rhône et trésorier du MoDem. Trésorier, c’est-à-dire parfaitement au courant de l’état réel des finances de ce parti et de ses « capacités de frappe » liées à ses ressources financières.<br />
<span>   </span><br />
Très beau coup politique que vient de réussir Badinguet : achever par une frappe au portefeuille un Bayrou déjà sonné par son échec aux Européennes. <strong>Le tarif est convenable : un sous-ministère aux choux farcis</strong> (officiellement « Espace rural et Aménagement du territoire »), <strong>le prix de la vanité</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le nettoyeur<br />
<span></span></u></strong><br />
Revenons à des choses un peu plus sérieuses. <strong>L’éducation. Là, il y a un vrai projet à mettre en œuvre : réaliser des économies massives sur le budget de l’État</strong>, quitte au passage à flinguer l’école républicaine et à laisser le privé s’emparer des plus beaux morceaux. Bien sûr, on communiquera à tout va sur l’école de la deuxième chance et autres fadaises pour faire passer la pilule, en ne mettant jamais les moyens à disposition et les promesses en œuvre.<br />
<span>   </span><br />
Pour cette noble mission, <strong>Luc Chatel</strong> est le candidat idéal : formé chez L’Oréal, donc à l’école de la recherche de la rentabilité maximum et de « l’efficacité managériale », « <strong>il plaît à Sarkozy car ce n’est pas un intellectuel</strong> », déclare Gérard Longuet, sénateur UMP.<br />
<span>   </span><br />
Sa « feuille de route » est claire : « sortir » chaque année 10 à 15 000 fonctionnaires (enseignants et personnel administratif) de l’Éducation nationale pour laisser peu à peu le privé prendre la relève…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’enchanteur</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Last but not least</em>, la question du « Travail, Relations sociales, Famille et Solidarité ». <strong>Qui va se coltiner les syndicats et, surtout, fragiliser un peu plus le système de retraite par répartition</strong> afin de laisser les banques et compagnies d’assurance prospérer sur le « gras », c’est-à-dire les revenus les plus élevés, en leur proposant des retraites par capitalisation ? <strong>Xavier Darcos</strong> aura ce privilège.<br />
<span>   </span><br />
Dans ce secteur, le poids des lobbies et groupes de pression est considérable et il va falloir jouer très fin pour d’un côté donner des cacahuètes aux syndicats, de l’autre satisfaire l’appétit des lobbies qui soutiendront Sarkozy en 2012.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Voilà. La troupe est au complet, la pièce de théâtre peut commencer. Un grand absent cependant. Résumons-le en deux lignes : « une vraie volonté démocratique et républicaine visant à mieux répartir les richesses, restaurer la cohésion sociale et affirmer le rôle de la France dans le monde. » Mais ça, c’est le travail d’un vrai gouvernement, pas d’hommes de main aux ordres du <em>capo di tutti capi</em>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Social : la bombe sale</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/06/21/social-la-bombe-sale/</link>
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		<pubDate>Sun, 21 Jun 2009 16:51:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La récente demande de la société British Airways à ses salariés – travailler gratuitement pendant un mois au prétexte de sauver l’entreprise – n’est que la partie la plus spectaculaire et la plus visible d’un iceberg d’un genre très particulier, d’un nouvel objectif que se sont fixé certaines entreprises – notamment les plus grandes – [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">La récente demande de la société British Airways à ses salariés – travailler gratuitement pendant un mois au prétexte de sauver l’entreprise – n’est que la partie la plus spectaculaire et la plus visible d’un iceberg d’un genre très particulier, d’un <strong>nouvel objectif que se sont fixé certaines entreprises – notamment les plus grandes – en prenant prétexte de la « crise »</strong> : casser complètement les règles du jeu dans le rapport avec ses salariés et ses fournisseurs, <strong>prendre un avantage proprement ahurissant en termes de pouvoir et de rapport de forces</strong>. C’est ainsi une nouvelle donne politique qui se met en place, où le pouvoir des dirigeants des TGE (très grandes entreprises) va aller croissant, laminant les individus d’abord, les États ensuite.<br />
<span>   </span><br />
Nous avons déjà analysé des aspects de ce phénomène dans de précédents billets (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/24/leffet-pervers/">L’effet pervers</a> </em>mais aussi <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/3/">Laura, 27 ans, Bac + 5, emploi précaire assuré</a></em>) mais ce qui est désormais frappant, c’est son accélération.<br />
<span>   </span><br />
On observe depuis quelques semaines, quelques mois à peine, l’émergence d’un nouveau type de « relations » entre entreprises et salariés d’une part, entreprises et fournisseurs d’autre part. Dans tous les cas, le tableau est le même : l’entreprise est saine, elle ne souffre pas de manière flagrante de la « crise » mais elle « redoute une baisse d’activité », comme disent les spécialistes. Ce message est distillé dans toute l’entreprise via rumeurs, bruits de couloirs, etc.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Attendrir la viande</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Plus efficace encore, le bon plan de com’ consiste à faire circuler simultanément <strong>deux types de messages</strong> :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● un message officiel destiné à l’ensemble du personnel annonçant que tout va bien, que l’entreprise a anticipé une éventuelle baisse d’activité, que le secteur d’activité est moins affecté que le reste de l’économie, etc. ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● des messages officieux laissant entendre que la situation est plus grave que prévue, qu’il va falloir prendre des mesures exceptionnelles, que de très gros risques pèsent sur l’entreprise, etc.</p>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<p><strong>Objectif de cette double communication : « attendrir la viande », préparer psychologiquement les collaborateurs à n’importe quel type de mesures, les déboussoler, faire en sorte qu’ils s’approprient, qu’ils intériorisent, un discours sur la « crise » déconnecté des réalités</strong> de l’entreprise, de ses résultats réels, d’une vision aussi objective que possible de la situation.<br />
<span> </span><span>  </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Frapper</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Une fois la préparation psychologique effectuée, les frappes vont pouvoir commencer.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Première frappe</strong> : la direction demande aux managers, directeurs de business units, responsables de département (appelez-les comme vous voulez) de <strong>réduire immédiatement la masse salariale de leur unité</strong> de 15, 20, 25 % (rayez les mentions inutiles…) tout en maintenant le niveau de chiffre d’affaires. Les moyens ? Aux managers de se débrouiller, c’est leur problème : non-renouvellement des CDD, remplacés par des « stagiaires » non payés, renégociation du salaire des CDI (« tu gardes ton job si tu acceptes de renoncer à ton variable » ou « « on variabilise une grande partie de ton fixe », selon les cas), licenciement négocié pour démarrer une carrière d’« auto-entrepreneur », <strong>tous les moyens sont bons</strong>. Le droit du travail ? On s’en fout, on est sortis du cadre, « c’est la méga-crise, coco ».<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est bien évidemment à ce moment que la phase de préparation psychologique porte ses fruits</strong> : le salarié est lui-même convaincu que, renoncer cette année à ses primes, c’est le seul moyen de sauver son emploi et son entreprise. Son cadre habituel de références a disparu, il n’y a plus de garde-fous, il est prêt à sauter dans le vide avec son PDG, c’est-à-dire à renoncer à un ou deux mois de salaire. La seule différence, c’est que son PDG peut, lui, continuer à très bien vivre avec six mois de salaire par an seulement.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Seconde frappe : les fournisseurs.</strong> Tous : petits et grands, produits et services. Ici, la frappe est <strong>infiniment plus brutale</strong> : on ne va pas se contenter de 15 ou 20 % de baisse. Non, on ose 50, 60 %, <strong>on demande l’impensable</strong>. Et celui qui le demande a une motivation en béton : il vient d’accepter de rogner sa rémunération pour sauver sa boîte ! Ce n’est donc pas un c… de fournisseur qui va se mettre en travers de ce noble objectif. De victime, le salarié est devenu bourreau et il est prêt à manier la gégène avec l’ardeur du néophyte.<br />
<span>   </span><br />
On assiste donc à des demandes surréalistes, du type : « Je n’ai pas de budget pour tel projet mais il faut le réaliser. Pouvez-vous le faire pour un montant symbolique ? » Variez les propos selon la culture d’entreprise et le mode d’organisation mais le principe reste le même : <strong>il n’y a plus de cadre de référence, je vous pressure psychologiquement pour que vous acceptiez l’absurde, tous les verrous ont sauté</strong>. « Et puis, vous n’avez qu’à appliquer la même méthode à vos salariés et fournisseurs. »<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une « bombe sale » sociale</u></strong></p>
<p>Le résultat ? Le <strong>développement d’une violence psychologique et sociale inouïe</strong>, qui peut s’apparenter à celle des sectes, et dont l’unique but est de maintenir coûte que coûte le niveau des bénéfices et la concentration du capital dans les mains d’un nombre de plus en plus restreint de personnes.<br />
<span>   </span><br />
Traduit en termes militaires, <strong>l’utilisation de tels procédés dans la relation sociale, la mise en œuvre planifiée d’une telle violence, d’une pression aussi insoutenable sur les individus, correspond à l’emploi d’une « bombe sale sociale »</strong>, comme on utiliserait une « bombe sale » nucléaire dans un conflit militaire au départ classique.<br />
<span>   </span><br />
Ce choix volontaire d’<strong>hyper-violence sociale</strong> va se traduire en maladies, suicides, divorces et violences physiques diverses pour ceux qui en sont les victimes. Quelle sera la réaction des populations face à cette escalade ? Terreur, abattement, ou réaction tout aussi violente (les « prises d’otages » de patrons ne seraient alors que d’aimables hors d’œuvre), ou encore volonté de passer à un autre type de société « dénucléarisée socialement » ? La réponse nous appartient…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Bétonner ou nourrir</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/06/14/betonner-ou-nourrir/</link>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 19:47:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris 2030. Lancée à grand renfort de publicité il y a deux mois, l’opération « Paris 2030 » est aujourd’hui totalement retombée dans l’indifférence. Le plan de com’ qui visait à promouvoir cette opération a atteint son objectif : faire accepter et avaliser sans vote par la population francilienne, plus d’un an avant les élections régionales, un « schéma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Paris 2030. Lancée à grand renfort de publicité il y a deux mois, l’opération « <strong>Paris 2030</strong> » est aujourd’hui totalement retombée dans l’indifférence. Le plan de com’ qui visait à promouvoir cette opération a atteint son <strong>objectif : faire accepter et avaliser sans vote par la population francilienne, plus d’un an avant les élections régionales, un « schéma directeur » permettant de couler tranquillement du béton pendant les 20 prochaines années</strong>.<br />
<span>   </span><br />
C’est donc le moment de remettre ce projet dans une perspective globale, plus large et plus vaste que le court-termisme qui consiste à dire : « vite, vite, il faut construire, creuser des tunnels, bâtir des villes nouvelles sinon la région parisienne sera invivable dans 20 ans. » Prenons donc du recul et <strong>remettons les choses en perspective</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Depuis l’origine d’une civilisation basée sur l’agriculture – on pourrait presque dire depuis de début de la civilisation tout court – la fonction première de la terre, c’est de nourrir ceux qui la cultivent ou y travaillent.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette optique, avec une superficie de 55 millions d’hectares, dont 28 millions en surface agricole utile, comprenant 18 millions d’hectares de terres labourables, la France dispose d’un fantastique potentiel.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Chaque année, l’urbanisation sous toutes ses formes</strong> (habitat, routes, zones industrielles, commerciales…) <strong>absorbe plus de <st1:metricconverter productid="60ﾠ000 hectares" w:st="on">60 000 hectares</st1:metricconverter></strong>. Ce phénomène serait relativement mineur s’il n’affectait pas en priorité la périphérie des grandes villes qui, à l’image de Paris, se sont implantées au cœur des régions agricoles les plus fertiles. Ce qui est donc en jeu, c’est la <strong>stérilisation définitive des meilleures terres agricoles</strong> qu’entraîne une urbanisation anarchique.<br />
<span>   </span><br />
Imaginons une notation de 1 à 10 des terrains agricoles de la France en fonction de leur potentiel de production alimentaire. On s’aperçoit que la note moyenne des terres urbanisées est supérieure à 5 sur l’ensemble du territoire et de l’ordre de 6 à 7 dans le Bassin parisien.<br />
<span>   </span><br />
Grosso modo, dans une hypothèse d’autarcie alimentaire, <strong>chaque hectare de terre du Bassin parisien permet de nourrir 4,6 personnes</strong> alors que la moyenne chute à 2,2 habitants par hectare si l’on considère l’ensemble de la surface agricole utile du pays.<br />
<span>   </span><br />
Au rythme actuel d’urbanisation, <strong>plus de 2 millions d’hectares de terre cultivable de qualité vont disparaître en France d’ici 2050, soit un « manque à nourrir » de 5 à 6 millions d’habitants</strong>. Si, parallèlement, on considère les perspectives de croissance de la population française à cette échéance (environ 70 millions d’habitants), on observe une baisse rapide des capacités de production alimentaire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Au niveau mondial</strong>, cette situation se répète dans de très nombreux pays : l’urbanisation croissante et anarchique se développe en priorité sur les terres les plus fertiles. Si on ajoute à cela d’une part la pression du lobby des <strong>biocarburants</strong> qui vise à transformer un maximum de surfaces cultivables en « puits de pétrole agricoles », d’autre part le <strong>pillage des océans</strong> qui, s’il se poursuit au rythme actuel, fera de la pêche en mer un loisir au même titre que la chasse aux alentours des années 2050, c’est un <strong>manque à nourrir de plusieurs centaines de millions d’habitants</strong> que nous sommes en train de créer.<br />
<span>   </span><br />
Alors que faire pour relever ce défi alimentaire qui s’annonce comme l’un des enjeux majeurs de ce siècle ? À l’échelle de notre pays, concrètement et modestement, <strong>plusieurs pistes</strong> peuvent être explorées :</p>
<p><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Faire pression sur les décideurs nationaux et élus locaux pour que cesse le bétonnage des meilleures terres agricoles. <strong>C’est dans les zones au faible potentiel agronomique</strong>, et en occupant le moins de surface au sol possible (priorité à la densification urbaine) <strong>que doivent s’implanter les villes nouvelles</strong>.<br />
Une suggestion en ce sens : ne peut-on bâtir des villes nouvelles sur des terrains peu fertiles se trouvant à proximité de grands axes ferroviaires ou routiers existants ? Dans une société où, sur le plan professionnel, le mail est devenu la principale forme de communication, la visioconférence est banalisée, etc. il n’y a aucun intérêt stratégique à implanter un « pôle nouvelles technologies » sur des terres de première qualité situées à moins d’une heure de la tour Eiffel !</p>
<p><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Développer fortement, c’est-à-dire doubler ou tripler, la surface des jardins familiaux, notamment par le biais d’une fiscalité locale incitative : un hectare de ces jardins permet de subvenir aux besoins en légumes de 40 familles de 4 personnes…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Mieux répartir les productions en fonction du type de terrain : par exemple, éviter la production de viande bovine dans les zones céréalières.</p>
<p><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Arrêter de détruire à grands frais, en application d’un « principe de précaution » assez discutable, un tonnage impressionnant de farines de viande, source de protéines pour l’alimentation des porcs, volailles ou poissons.<o:p><br />
</o:p></p>
<p>À plus long terme, 2050 et au-delà, il est probable que ces mesures ne seront pas suffisantes pour concilier croissance de la population, contraintes écologiques et besoins alimentaires. Quelle sera alors la solution ? Très probablement une <strong>modification radicale de l’habitat</strong>, sous la forme de « méga-tours », de « villes-tours » qui, en occupant une surface au sol relativement faible sur une très grande hauteur, présenteront l’avantage majeur d’être « écologiques » : auto-suffisance en énergie, recyclage intégral des déchets, préservation de l’espace environnant, réduction des transports individuels, etc.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mais dès aujourd’hui, le changement prévisible d’échelle des problèmes de ressources alimentaires et énergétiques exige un <strong>changement d’échelle dans nos réflexions, nos modes d’analyse et de prise de décisions</strong> ainsi qu’un abandon de nos égoïsmes suicidaires.<br />
<span>   </span><br />
Il nous faut imaginer une nouvelle gouvernance démocratique qui répondra aux nécessités d’une nouvelle ville, au milieu d’une nouvelle campagne, dans une France aux contours modifiés par la montée des eaux liée au réchauffement climatique, au sein d’une Europe en paix.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;alternative stratégique</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/06/07/lalternative-strategique/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 17:10:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le constat est d&#8217;une banalité affligeante : le grand gagnant des élections européennes, c&#8217;est l&#8217;abstention. 58 % en France,  64 % aux Pays-Bas, pour culminer à 75 % en République tchèque, le meilleur élève de la classe étant Malte avec - seulement, pourrait-on dire - 21 % d&#8217;abstention (tous résultats à confirmer). La moyenne européenne reflète cette triste réalité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Le constat est d&#8217;une banalité affligeante :<strong> le grand gagnant des élections européennes, c&#8217;est l&#8217;abstention</strong>. 58<code> </code>% en France,  64<code> </code>% aux Pays-Bas, pour culminer à 75<code> </code>% en République tchèque, le meilleur élève de la classe étant Malte avec - seulement, pourrait-on dire - 21<code> </code>% d&#8217;abstention (tous résultats à confirmer). La moyenne européenne reflète cette triste réalité : plus d&#8217;un Européen sur deux ne s&#8217;est pas déplacé à l&#8217;occasion de cette consultation électorale qui - qu&#8217;il le veuille ou non - engage son avenir.</p>
<p class="MsoNormal">Les raisons de cette indifférence, de ce désamour ? Nous avons essayé de les analyser (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/2/">Le divorce européen</a></em>), montrant que, malgré l&#8217;importance des enjeux (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/03/quatre-enjeux-pour-leurope/">Quatre enjeux pour l’Europe</a></em>) et l&#8217;importance « objective » des décisions prises par le Parlement européen (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/31/poursuivre-le-chemin-ou-changer-deurope/">Poursuivre le chemin ou changer d’Europe ?</a></em>), les éléments purement rationnels ne suffisent pas à susciter l&#8217;adhésion et l&#8217;enthousiasme.</p>
<p>Cet écart entre l&#8217;importance des décisions prises au niveau européen - notamment sur le plan économique - et l&#8217;attitude désabusée et indifférente des électeurs emporte une conséquence majeure : <strong>aujourd&#8217;hui, sans soutien populaire, sans volonté politique émanant du peuple, l&#8217;Europe politique à 27 est en état de coma dépassé</strong>. <strong>Pour asseoir la légalité européenne, il n&#8217;existe pas de légitimité populaire solide.</strong> Prétendre le contraire relève de la méthode Coué, de l&#8217;aveuglement, mais pas d&#8217;une analyse politique qui prend en compte un élément déterminant : la volonté des peuples.</p>
<p>Que nous enseigne cet échec ? Deux éléments essentiels.</p>
<p>Premier enseignement : « Le pouvoir vient d&#8217;en haut, la confiance vient d&#8217;en bas » disait cyniquement Sieyès. <strong>Avec l&#8217;Europe, la confiance n&#8217;est jamais venue, avant tout parce que cette Europe-là a été perçue comme un instrument au service des plus forts, un pouvoir d’en haut et rien d’autre, un outil contrôlé et manipulé par une élite qui en a tiré, à son seul profit, avantages et privilèges</strong>.</p>
<p>Toute construction politique déconnectée du « pays réel », considérée comme fonctionnant au profit de quelques-uns, imposée et subie plutôt qu&#8217;expliquée et argumentée, est vouée à l&#8217;échec. <strong>Il faut qu&#8217;une décision politique entraîne une évolution positive, rapidement perceptible et identifiable dans la vie de tous les jours pour que la confiance se crée</strong>, pour que les citoyens deviennent un élément moteur et non un frein.</p>
<p>Second enseignement : Babel fait peur, indiffère ou agace. 27<code> </code>pays, 23<code> </code>langues, les Européens ne se reconnaissent pas, ne se « projettent » pas, ne font pas confiance à un ensemble aussi disparate, insaisissable, aux contours que l&#8217;on ne perçoit pas. <strong>La grenouille européenne a voulu se faire aussi grosse que le bœuf américain, dans un contexte politique et culturel totalement différent.</strong></p>
<p>Alors, quelle solution pour peser encore au XXI<sup>e</sup> et au XXII<sup>e</sup> siècle, pour jouer encore en première division avec les États-Unis, la Chine, l&#8217;Inde, le Brésil et la Russie ?</p>
<p>Pour répondre à cette question, procédons par étapes.</p>
<p><strong>Premier constat</strong> : aujourd&#8217;hui, en Europe et, <em>a fortiori</em>, dans le monde, <strong>le poids de la France est très relatif</strong>. La France est une grande nation européenne mais elle ne peut ni contraindre ses partenaires communautaires à l&#8217;action contre leur gré, ni opposer un veto crédible et durable à une décision commune des 26 autres.</p>
<p><strong>Second constat : l&#8217;Allemagne est à peu près dans la même situation.</strong> Je dis bien « à peu près » car l&#8217;Allemagne est beaucoup plus solide et crédible que la France sur le plan économique. Par contre, comparée à celle de la France, son agriculture est faible (<em>grosso modo</em> les 2/3 de la production française) et, surtout, son poids diplomatique et militaire est inférieur à celui de la France : elle ne dispose ni de l&#8217;arme nucléaire, ni d&#8217;un siège permanent au Conseil de sécurité.</p>
<p>Alliées, ou plutôt parfaitement coordonnées, unies, <strong>soudées l&#8217;une à l&#8217;autre, l&#8217;Allemagne et la France disposent d&#8217;un poids considérable : troisième économie mondiale, </strong>devant l’Inde et le Japon, <strong>exportatrices dans les domaines industriel et agro-alimentaire, arme nucléaire, siège permanent au Conseil de sécurité, zones d&#8217;influence complémentaires</strong> (Europe de l&#8217;Est pour l&#8217;Allemagne, portions du bassin méditerranéen et de l&#8217;Afrique pour la France). <strong>En politique, 1 + 1 ne font pas 2 mais 3 ou 4 quand on sait utiliser l&#8217;effet de levier.</strong></p>
<p>Alors, l&#8217;axe franco-allemand ou plutôt <strong>l&#8217;union franco-allemande</strong> ? Oui, bien sûr, c&#8217;<strong>est le seul chemin crédible et raisonnable pour ces deux pays s&#8217;ils souhaitent encore jouer un rôle, disposer d&#8217;une certaine autonomie de décision et être capables d&#8217;initiatives politiques crédibles dans les 50 prochaines années</strong>.</p>
<p>Mais, pour que cette initiative s&#8217;enclenche et réussisse, encore faut-il éviter de tomber dans les pièges et écueils de la construction européenne à 27, décrits ci-dessus. Ne répétons pas à deux les erreurs que nous avons faites à 27.</p>
<p>De plus, pour mettre en place cette stratégie d’influence pacifique, encore faut-il une vraie volonté politique d’un vrai chef d’État français… c’est aujourd’hui loin d’être le cas.</p>
<p>Concrètement, que faire ? C&#8217;est ce que nous allons, très modestement, tenter d&#8217;explorer dans les prochains mois, au fil d’une série de billets hebdomadaires consacrés à ce thème : des pistes de réflexion, des propositions concrètes opérationnelles, auxquelles nous vous convions à contribuer. Notre souhait est de lancer le débat, d&#8217;ouvrir un chemin, de <strong>penser les conditions d&#8217;une « sortie par le haut » de l&#8217;impasse politique dans laquelle nous nous trouvons</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<o:p></o:p><br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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