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	<title>La Lettre du Lundi</title>
	<link>http://lalettredulundi.fr</link>
	<description>Chaque lundi, un billet politique à commenter toute la semaine</description>
	<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 21:14:11 +0000</pubDate>
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	<language>en</language>
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		<title>Le caméléon schizophrène</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/03/06/le-cameleon-schizophrene/</link>
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		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 21:14:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Didier Migaud Premier président de la Cour des comptes, Michel Charasse au Conseil constitutionnel. Mais quelle mouche a donc piqué Sarkozy pour qu’il nomme ainsi des socialistes à des postes-clés, visés et espérés par certains caciques de l’UMP ?
   
C’est très simple : Nicolas Sarkozy est devenu socialiste. Ou plutôt il va essayer de nous faire croire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Didier Migaud Premier président de la Cour des comptes, Michel Charasse au Conseil constitutionnel. Mais quelle mouche a donc piqué Sarkozy pour qu’il nomme ainsi des socialistes à des postes-clés, visés et espérés par certains caciques de l’UMP<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
C’est très simple<code> </code>: Nicolas Sarkozy est devenu socialiste. Ou plutôt il va essayer de nous faire croire qu’il est devenu socialiste.<br />
<span>   </span><br />
Cette réponse, en forme de boutade, résume cependant l’essentiel de la <strong>tactique que Sarkozy est en train de mettre en place en vue des prochaines présidentielles</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pour déchiffrer et comprendre les raisons de celle-ci, essayons de poser les éléments de cette «<code> </code>équation politique<code> </code>».</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">1. La situation économique et sociale va continuer à se dégrader. De nouvelles crises – sur les monnaies notamment – se profilent à l’horizon. Conséquences<code> </code>: montée du chômage, accroissement de la précarité, des inégalités… les Français en ont ras-le-bol et sont prêts, au minimum, à suivre une cure d’opposition.</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">2. Prêts pour une cure d’opposition… mais à condition que celle-ci constitue une alternative sérieuse et crédible.</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">3. Tel n’est pas le cas. Que l’on se tourne vers le MoDem, le PS, les Verts ou le Front de gauche, rien n’émerge, personne n’est crédible, aucun individu ne semble capable de rassembler, de fédérer une opposition multiforme. Comme la droite au pouvoir, l’opposition – ou plutôt les oppositions - donnent l’impression de ne pas être «<code> </code>en phase<code> </code>» avec les attentes du pays.</p>
<p class="MsoListParagraph" style="margin-left: 53.45pt; text-indent: -18pt">Conclusion : les frustrations et insatisfactions continuent de croître sans pouvoir trouver de débouché dans une solution politique crédible. Nous risquons donc fort de nous retrouver face à une situation délétère, potentiellement explosive. <o:p></o:p></p>
<p>Conscient de cette situation, et du fait que l’UMP va très probablement subir un échec cinglant aux régionales, <strong>quelle est la tactique de Sarkozy<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
En premier lieu, <strong>ne plus apparaître comme lié à l’UMP</strong>, en tout cas à certains responsables de l’UMP auxquels il fera porter le chapeau de la défaite<code> </code>: «<code> </code>tas de connards<code> </code>», «<code> </code>incapables<code> </code>», «<code> </code>nuls et bons à rien<code> </code>», les qualificatifs sont déjà prêts pour flinguer les futurs boucs émissaires.<br />
<span>   </span><br />
En second lieu, <strong>continuer sa mutation en président caméléon</strong>, multiforme et multi-partis, pour aller chasser sur toutes les terres électorales, au gré des vents, des circonstances, des sondages… Comme le Zelig de Woody Allen, nous allons continuer d&#8217;assister, éberlués, parfois au cours d’une même journée, aux transformations suivantes<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– le matin un discours sécuritaire, sur la nécessaire chasse aux délinquants, le laxisme des juges et la répression des «<code> </code>voyous<code> </code>» des banlieues (cible électorale<code> </code>: électeurs d’extrême-droite, plus de 65<code> </code>ans…)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– à midi, discours «<code> </code>libéral<code> </code>» sur la nécessité de promouvoir l’esprit d’entreprise, le dynamisme économique (cible électorale<code> </code>: patrons de PME, cadres sup’)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– dans l’après-midi, visite d’usine et discours sur la valeur travail, la noblesse de la classe ouvrière, la grandeur des luttes sociales (cible électorale<code> </code>: pêle-mêle les ouvriers, artisans et commerçants)<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– et le soir, grand discours gauchiste pour dénoncer la finance internationale, les profiteurs et les ploutocrates, vanter l’écologie et la fraternité entre les hommes. Au même moment, Carla s’épanche sur une chaîne de télévision en décrivant la sensibilité de gauche de son mari, son souci des «<code> </code>petits<code> </code>» et des «<code> </code>humbles<code> </code>», sa volonté de «<code> </code>briser les tabous<code> </code>»… Un ange passe, trémolos et violons…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Avec ce <strong>comportement de schizophrène</strong>, Sarkozy espère atteindre le second tour des présidentielles en présentant non une image mais de multiples images superposées, un kaléidoscope politique, un référent protéiforme capable de s’adapter à toutes les situations.<br />
<span>   </span><br />
On atteint là le paroxysme de la manipulation en politique<code> </code>: <strong>tout n’est plus que communication, image, rideau de fumée, virtualité</strong>. Comme dans un jeu vidéo, Sarkozy va essayer de nous faire croire à un monde, à une image de lui-même, qui n’a plus aucune ressemblance avec la réalité. <strong>La «<code> </code>machine à pipeauter<code> </code>» va tourner à plein régime et fonctionner à un rythme dément, la fuite en avant va devenir l’unique mode de fonctionnement du pouvoir.</strong><br />
<span>   </span><br />
Jusqu’à ce que, d’une manière ou d’une autre, la machine déraille. Dans quelles circonstances, suivant quel scénario<code> </code>? Nul ne le sait aujourd’hui. On peut cependant prévoir que ce «<code> </code>retour au réel<code> </code>» sera tout sauf serein. Les Français pourraient alors dire à Sarkozy ce que les habitants de Saint-Mezard disaient de François<code> </code>II en<code> </code>1559<code> </code>: «<code> </code><em>Quel roy<code> </code>? Nous sommes les roys<code> </code>; celuy-là que vous dites est un petit reyot de m…, nous lui donrons des verges, et lui donrons mestier pour lui apprendre à gaigner sa vie comme les autres.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une hirondelle ne fait pas le printemps</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/02/14/une-hirondelle-ne-fait-pas-le-printemps/</link>
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		<pubDate>Sun, 14 Feb 2010 16:48:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme la méchante reine dans Blanche-Neige et les sept nains, qui interrogeait toute la journée son miroir afin de savoir si elle était la plus belle de son royaume, Sarkozy est un accro des sondages, obsédé de connaître en permanence ce que les Français pensent de lui, de sa politique, de son action…
   
Le dernier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme la méchante reine dans <em>Blanche-Neige et les sept nains</em>, qui interrogeait toute la journée son miroir afin de savoir si elle était la plus belle de son royaume, Sarkozy est un accro des sondages, obsédé de connaître en permanence ce que les Français pensent de lui, de sa politique, de son action…<br />
<span>   </span><br />
Le dernier sondage IFOP / Paris-Match du 11<code> </code>février apporte une réponse sans appel<code> </code>: <strong>60<code> </code>% des Français désapprouvent l’action de Sarkozy</strong>. C’est quasiment son plus mauvais score depuis son élection, et ce en dépit de son show du 25<code> </code>janvier sur TF1. La complaisance des médias et la «<code> </code>stratégie de communication<code> </code>» de l’Élysée n&#8217;y suffisent plus<code> </code>: la pilule est désormais trop amère pour les Français, les ficelles du charlatan trop visibles…<br />
<span>   </span><br />
Au-delà de ce score brut de 60<code> </code>% d’opinions négatives, il est particulièrement instructif d’analyser plus en détail les résultats de ce sondage.<br />
<span>   </span><br />
Première constatation<code> </code>: si les Français ne sont «<code> </code>que<code> </code>» 60<code> </code>% à désapprouver l’action de Sarkozy, c’est «<code> </code>grâce<code> </code>» aux Français de 65<code> </code>ans et plus qui ne le désapprouvent qu’à 44<code> </code>%.<br />
<span>   </span><br />
Mais, <strong>avec 68<code> </code>% d’opinions négatives, la plus élevée de toutes les tranches d’âge, les 50-64<code> </code>ans, traditionnellement orientés à droite, ont lâché Sarkozy</strong>, ne croient plus à ses promesses et, contrairement aux plus de 65<code> </code>ans, ne se laissent plus abuser par le thème sécuritaire, fonds de commerce du sarkozysme.<br />
<span>   </span><br />
Pour autant, ces 50-64<code> </code>ans ne pensent pas que l’opposition ferait mieux que le gouvernement si elle était aux affaires. Tous les Français de plus de 35<code> </code>ans ont globalement le même avis sur ce sujet<code> </code>: 67<code> </code>% des 35-49<code> </code>ans, 67<code> </code>% des 50-64<code> </code>ans et 71<code> </code>% des plus de 65<code> </code>ans estiment que l’opposition n&#8217;obtiendrait pas de meilleurs résultats que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir.<br />
<span>   </span><br />
En résumé, <strong>les 50-64<code> </code>ans pensent aujourd’hui que «<code> </code>l’opposition ne ferait sans doute pas mieux, mais on ne veut plus de Sarkozy<code> </code>»</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Seconde constatation<code> </code>: <strong>les cadres supérieurs et professions libérales – traditionnels supports de la droite – approuvent encore moins Sarkozy que les ouvriers<code> </code>!</strong> Ses meilleurs résultats, il les trouve d’une part auprès des retraités (logique, compte tenu des tranches d’âge<code> </code>; voir plus haut), d’autre part auprès des artisans et commerçants, professions qui ont globalement moins souffert de la crise que les salariés car elles ont plus de latitude pour auto-ajuster leurs revenus. Mais 62 à 69<code> </code>% des salariés ne veulent plus de Sarkozy…<br />
<span>   </span><br />
Si <strong>Sarkozy</strong> tient encore les médias, il <strong>a perdu les relais d’influence de deuxième niveau que constituent les professions libérales et la classe moyenne-supérieure</strong>, «<code> </code>leaders d’opinion<code> </code>» dans leur entourage ou au niveau local. Après avoir contribué à la victoire de Sarkozy en<code> </code>2007, ils sont aujourd’hui écœurés, dépités, et ne se laissent plus abuser par les tours de passe-passe de la communication élyséenne.<br />
<span>   </span><br />
La volonté de changer existe donc mais, dans l’immédiat, l’opposition n’est pas suffisamment crédible pour transformer cette volonté en action. Le PS est perçu comme divisé et incapable, le MoDem est inexistant et peu crédible et, à l’occasion des élections régionales, il est fort probable que ce soient les Verts – ou des listes apparentées – qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Mais ces succès régionaux ne créeront vraisemblablement pas les conditions d’une alternative politique crédible au niveau national. Or, c’est ce qu’attendent les Français.<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est donc probablement de l’intérieur du camp de la droite que viendra la plus grande menace pour Sarkozy</strong> (voir notre billet <a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/31/une-balle-dans-le-pied/"><em>Le faux-pas de Catilina</em></a>). Si on ne peut que se réjouir de le voir ainsi contesté dans son propre camp, il faut cependant rester lucide. <strong>Les lobbies ont déjà anticipé cette évolution et leur plan de bataille en tient compte.</strong> Celui-ci se décline en effet selon trois axes<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– «<code> </code>flinguer<code> </code>» l’Éducation nationale. L’objectif est, sinon atteint, du moins en bonne voie de l’être (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/page/3/"><em>La faillite programmée du système éducatif</em></a>). C’était d’ailleurs la «<code> </code>feuille de route<code> </code>» de Luc Chatel lors de son entrée au gouvernement en juin<code> </code>2009 (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/"><em>Derrière l’écran de fumée</em></a>). En supprimant ou en prévoyant de supprimer 11 à 15<code> </code>000<code> </code>postes par an, il s’acquitte avec zèle de cette mission<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– «<code> </code>flinguer<code> </code>» le système de retraite basé sur la répartition pour mettre en place un système de capitalisation. C’est l’objectif n°<code> </code>1 du lobby des assurances, lequel ne lorgne que les salariés «<code> </code>intéressants<code> </code>» - financièrement s’entend bien entendu. Comme pour l’école publique qui n’accueillera bientôt plus que les enfants des «<code> </code>pauvres<code> </code>», le système public des retraites ne concernera que les bas salaires. Le «<code> </code>gras<code> </code>» sera pour les compagnies d’assurance. Sur ce dossier, Sarkozy est l’agent zélé de ce lobby<code> </code>: il a promis de faire voter une loi «<code> </code>avant la fin de l’année<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt">– <span> </span>«<code> </code>flinguer<code> </code>» la Sécurité sociale selon les mêmes méthodes<code> </code>: une médecine à deux vitesses, à l’américaine, objectif poursuivi à la fois par les compagnies d’assurance et les laboratoires pharmaceutiques. La recette sera identique à celle qui pourrait être mise en place pour les retraites<code> </code>: une bonne couverture médicale pour les salariés qui pourront – ou que l’employeur acceptera de – prendre financièrement en charge une telle dépense, le minimum minimorum pour les autres (bas salaires, intérimaires, stagiaires, etc.).</p>
<p>Il importe donc d’être lucide dans la recherche d’une alternative politique à Sarkozy et de ne pas se précipiter dans les bras du premier venu dont l’arrivée aura été préparée par ceux qui ont intérêt à ce que ce programme de «<code> </code>triple flinguage<code> </code>» se réalise. <strong>Attention à ce qu&#8217;une alternative à droite, ou avec un candidat centriste ou de gauche «<code> </code>libéral-compatible<code> </code>», ne soit pas un miroir aux alouettes.</strong> Pour conclure dans le registre aviaire, une hirondelle, c’est-à-dire le sondage du 11<code> </code>février, ne fait pas le printemps.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<item>
		<title>Afghanistan : les véritables enjeux</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/02/07/afghanistan-les-veritables-enjeux/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/02/07/afghanistan-les-veritables-enjeux/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 22:18:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons déjà publié plusieurs billets sur l’Afghanistan (voir liste intégrale en bas de page). La question que nous posons aujourd’hui est extrêmement simple : pourquoi, près de dix ans après le 11 septembre 2001, les Occidentaux sont-ils encore présents en Afghanistan ? Quelles sont les motivations stratégiques d’une telle décision ?
   
Au-delà des quelques explications « officielles » relayées par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons déjà publié plusieurs billets sur l’Afghanistan (voir liste intégrale en bas de page). La question que nous posons aujourd’hui est extrêmement simple<code> </code>: <strong>pourquoi, </strong>près de dix ans après le 11<code> </code>septembre 2001, <strong>les Occidentaux sont-ils encore présents en Afghanistan<code> </code>?</strong> Quelles sont les motivations stratégiques d’une telle décision<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Au-delà des quelques explications «<code> </code>officielles<code> </code>» relayées par les médias, sur lesquelles nous reviendrons plus loin, il en existe d’autres, moins avouables sans doute, qui trouvent notamment leur fondement dans la vision «<code> </code>pétrolière<code> </code>» que Bush avait du monde lorsqu’il était le locataire de la Maison blanche<code> </code>: <strong>l’Afghanistan est l’un des territoires de transit du pétrole du Moyen-Orient vers la Chine</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Contrôler ce territoire, c’est contrôler ce transit</strong> et se donner les moyens de le réduire, et ainsi faire pression sur la Chine. <em>In fine</em>, il s’agit pour les Américains de retarder le plus longtemps possible l’arrivée de la Chine au leadership économique mondial, en attendant son leadership politique – que les États-Unis exercent pour leur propre bénéfice depuis<code> </code>1945.<br />
<span>   </span><br />
Contrôler le territoire afghan, c’est aussi <strong>surveiller de près le voisin pakistanais</strong>, détenteur de l’arme nucléaire et partenaire peu fiable.<br />
<span>   </span><br />
C’est également <strong>permettre à l’Inde</strong>, rivale, ex et sans doute future ennemie de la Chine ainsi que du Pakistan, <strong>de gagner en influence</strong> dans la partie pachtoune de l’Afghanistan, afin de limiter l’influence du Pakistan dans ce pays.<br />
<span>   </span><br />
C’est enfin <strong>garder à portée de bombardier ou de missile</strong> tous les pays voisins et notamment <strong>l’Iran</strong>, possesseur potentiel de l’arme nucléaire, voisin chiite très influent d’un Irak à majorité chiite.<br />
<span>   </span><br />
Face à ces enjeux géostratégiques, les objectifs annoncés publiquement afin de justifier la présence occidentale en Afghanistan (protéger le peuple afghan des méchants talibans, libérer les femmes afghanes…) ne sont là qu’écrans de fumée. Les États n’ont pas de morale mais uniquement des intérêts, qu’ils s’efforcent de dissimuler derrière des paravents honorables. Pour Nietzsche, «<code> </code>L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids…<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte, posons-nous deux questions.<br />
<span>   </span><br />
Première question<code> </code>: <strong>la France partage-t-elle les objectifs énumérés ci-dessus, ou d’autres, qui justifieraient sa présence militaire en Afghanistan</strong> aux côtés des Américains et des autres pays occidentaux<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Il est raisonnable de penser que la France a le même intérêt que les Américains à limiter autant que faire se peut la puissance économique de la Chine<code> </code>: celle-ci malmène notre économie et nos emplois. Un simple exemple, que l’on pourrait multiplier à l’infini<code> </code>: les pantalons chinois ont envahi nos magasins dès l’ouverture des frontières européennes en janvier<code> </code>2008, en application des règles négociées à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).<br />
<span>   </span><br />
Cependant, de quel poids peut peser notre pays dans ce bras de fer<code> </code>? Afficher 3<code> </code>200<code> </code>militaires en Afghanistan peut-il intimider le géant chinois<code> </code>? Bien sûr que non, <strong>sauf si</strong>, et seulement si, cette présence militaire rend crédible une éventuelle menace de frappe nucléaire sur la Chine par l’un de nos sous-marins porte-engins… Est-ce vraiment le cas<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Seconde question<code> </code>: <strong>pourquoi le président Obama a-t-il annoncé que les militaires américains pourraient se retirer partiellement du pays en<code> </code>2011</strong>, quand les forces de sécurité afghanes seront suffisamment puissantes pour prendre le relais, comme en Irak<code> </code>? Cela signifie-t-il que les États-Unis disposeront alors d’autres moyens pour exercer les pressions et contrôles énoncés au début de ce billet<code> </code>? Si oui, lesquels<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
La récente décision du Président américain de renoncer pour raisons budgétaires au projet de nouvelles expéditions lunaires apporte un élément de réponse. <strong>Les 130<code> </code>000<code> </code>soldats U.S. sur le terrain afghan coûtent au budget américain, déjà en déficit abyssal, plusieurs milliards de dollars par an</strong>. Obama est évidemment conscient que le système dollar, basé sur un déficit financé principalement par des emprunts à la Chine, a atteint un niveau de vulnérabilité inacceptable et menace de s’écrouler (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/">Le jour où le dollar s’effondrera</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Il apparaît fort probable que Ben Laden ait attiré les Américains dans le bourbier afghan avec cet objectif en tête<code> </code>: les vaincre financièrement, comme Reagan avait étouffé financièrement les Soviétiques en lançant son projet de guerre des étoiles. Cette course aux armements avait contribué à la chute du régime soviétique en<code> </code>1991.<br />
<span>   </span><br />
Pour sortir de ce piège, <strong>Obama souhaite remplacer ses milliers de G.I. par quelques bases de lancement, bien moins coûteuses, de missiles à longue portée, capables d’atteindre des cibles chinoises</strong>. Cette menace pourrait peser afin d’obtenir enfin de la Chine une dévaluation de sa monnaie, que le Président américain réclame en vain depuis son élection (comme l’Union européenne d’ailleurs), et peut-être d’autres avantages commerciaux.<br />
<span>   </span><br />
Aussi utopiques que puissent paraître ces raisonnements, ils éclairent d’un jour nouveau les raisons de la présence des Occidentaux en Afghanistan, et remettent en perspective les balivernes que nos gouvernants essayent de nous faire avaler.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010<br />
<span>   </span><br />
Autres articles portant sur l’Afghanistan :<br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/06/afghanistan-des-objectifs-de-plus-en-plus-flous-des-budgets-de-plus-en-plus-fous/">Afghanistan : des objectifs de plus en plus flous, des budgets de plus en plus fous</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/01/de-di%E1%BB%87n-bien-ph%E1%BB%A7-a-kaboul/">De Điện Biên Phủ à Kaboul</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/page/3/">L’Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</a></em></p>
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		<item>
		<title>Le faux-pas de Catilina</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/31/une-balle-dans-le-pied/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2010/01/31/une-balle-dans-le-pied/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 20:32:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Sarkozy a donc décidé, par procureur de la République interposé, de faire appel de la décision de justice qui laissait Dominique de Villepin sortir libre du prétoire dans l’affaire Clearstream. Nous ne commenterons pas dans ce billet cette instrumentalisation, par les deux parties d’ailleurs, de la justice, pour nous concentrer sur les raisons et les conséquences [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sarkozy a donc décidé, par procureur de la République interposé, de faire appel de la décision de justice qui laissait Dominique de<code> </code>Villepin sortir libre du prétoire dans l’affaire Clearstream. Nous ne commenterons pas dans ce billet cette instrumentalisation, par les deux parties d’ailleurs, de la justice, pour nous concentrer sur les raisons et les conséquences «<code> </code>politico-politiciennes<code> </code>» de cette décision.<br />
<span>   </span><br />
Saluons tout de même au passage le travail des juges qui, dans ce type d’affaires, sont soumis à des pressions considérables. Leurs décisions, qu’ils essaient de baser sur le droit, sont commentées et déformées par tout un personnel politique qui ne considère les magistrats, selon les circonstances, que comme des «<code> </code>emmerdeurs<code> </code>» ou des outils pour abattre l’adversaire. Après cette nécessaire parenthèse, revenons au cœur de notre sujet.<br />
<span>   </span><br />
Pour quelles raisons Sarkozy a-t-il effectué un tel choix<code> </code>? Deux éléments ont, selon nous, pesé lourdement dans sa décision.<br />
<span>   </span><br />
En premier lieu – c’est une évidence - <strong>le calcul politique</strong>. Sarkozy veut que Villepin patauge le plus longtemps possible dans la boue de l’affaire Clearstream et a fait sienne la fameuse formule<code> </code>: «<code> </code>Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.<code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’objectif est d’avilir Villepin</strong>, avec d’une part la quasi-certitude de le «<code> </code>ligoter<code> </code>» politiquement jusqu’au prochain procès – compte tenu de cette épée de Damoclès, il ne peut pas représenter d’ici là une alternative crédible à Sarkozy pour les élus et électeurs de la droite - d’autre part l’espoir de le voir condamné, même à une peine légère. Pour Sarkozy, ce serait un soulagement inespéré.<br />
<span>   </span><br />
C’est là que nous découvrons la seconde raison – la véritable diront certains – de cet acharnement<code> </code>: <strong>la peur, génératrice de haine</strong>. <strong>Sarkozy craint Villepin, crainte irrépressible qui se traduit par une agressivité sans bornes</strong> («<code> </code>Je le pendrai à un croc de boucher<code> </code>», disait-il de l’ancien Premier ministre) <strong>et par une haine pathologique</strong>. Pour mieux comprendre les ressorts psychologiques de ce Catilina des temps modernes, il est tout à fait instructif de relire le dossier que consacra à Sarkozy le journal <em>Marianne</em> dans son édition du 14<code> </code>avril 2007, avant la Présidentielle. Tout y est dit, tout est vrai et tout reste d’actualité.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi la remarque d’un ancien ténor de l’UMP<code> </code>: «<code> </code>Jamais un leader politique n’avait aussi systématiquement pris son pied à assassiner, les unes après les autres, les personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul entouré de ses chaouches.<code> </code>» C’est un expert qui l’affirme…<br />
<span>   </span><br />
De la part de Sarkozy, <strong>ces déversements de haine et cet étalage de rancœur se doublent de surcroît de lâcheté</strong><code> </code>: il a laissé tomber Fillon pour les régionales, créant par avance les conditions pour le clouer au pilori en cas de défaite sévère de la droite. Après avoir multiplié les rodomontades à l’occasion de ces élections, le prince-général se défile devant «<code> </code>l’ennemi<code> </code>» et se réfugie dans son palais.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Sur le plan politique, quelle pourrait être la conséquence de cet acharnement, de cette volonté systématique de détruire<code> </code>? Sans doute la plus grave division que la droite ait connue depuis une trentaine d’années</strong>, quand giscardiens et chiraquiens s’étripaient au grand jour, n’hésitant pas à favoriser l’adversaire – Mitterrand en l’occurrence – plutôt que de voir gagner le rival de leur propre camp.<br />
<span>   </span><br />
La révolte va donc gronder dans le camp de la droite. Les députés et élus de base le savent bien<code> </code>: la situation sociale est catastrophique, les chiffres du chômage «<code> </code>bidonnés<code> </code>» à l’extrême pour faire apparaître des «<code> </code>embellies<code> </code>» aussi illusoires qu’éphémères. Ces mêmes députés et élus sont donc à la <strong>recherche d’une alternative à droite</strong><code> </code>: Villepin ne fait bien sûr pas l’unanimité mais c’est une porte de plus qui est en train de se fermer.<br />
<span>   </span><br />
Si l’on ose une comparaison historique, une partie de la classe politique de droite aimerait bien disposer d’un Louis-Philippe si Charles<code> </code>X était renversé, afin d’éviter que les «<code> </code>rouges<code> </code>» ne prennent le pouvoir.<strong> Ces «<code> </code>modérés<code> </code>» de droite vont donc de plus en plus s’opposer aux «<code> </code>ultras<code> </code>» pro-Sarko</strong>, prêts à suivre le prince dans tous ses excès et toutes ses folies.<br />
<span>   </span><br />
Cette division de la droite peut-elle profiter à la gauche<code> </code>? Difficile de répondre à une telle question. Elle peut espérer «<code> </code>cartonner<code> </code>» aux régionales mais, compte tenu de son précédent succès à ces élections, la barre est déjà placée très haut. Quant aux chances de réussir à la présidentielle, la réponse tient aujourd’hui de la divination…<br />
<span>   </span><br />
Ce qui semble cependant fort possible dans cette partie d’échecs, c’est que la stratégie mise en œuvre par Sarkozy pourrait bien se retourner contre lui<code> </code>: <strong>en voulant achever Villepin, il va aggraver les divisions dans son propre camp et donner ainsi une chance à la gauche de revenir «<code> </code>aux affaires<code> </code>» en 2012</strong>. À elle de relire Cicéron afin de montrer l’intelligence politique nécessaire pour tirer le meilleur parti du faux-pas de Catilina.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<title>La prochaine cible</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/24/la-prochaine-cible/</link>
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		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 18:57:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« Quand le président du Conseil constitutionnel est un homme politique qui s&#8217;est vivement opposé au président en exercice, cela nuit à l&#8217;autorité de la décision prise par l&#8217;institution, et c&#8217;est dommage. »
« Certaines (décisions du Conseil) sont (trop politiques). Je souhaite que le Conseil constitutionnel soit toujours à l&#8217;abri du soupçon. Il faut dire que, depuis qu&#8217;il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Quand le président du Conseil constitutionnel est un homme politique qui s&#8217;est vivement opposé au président en exercice, cela nuit à l&#8217;autorité de la décision prise par l&#8217;institution, et c&#8217;est dommage.</em><code> </code>»<br />
« <em>Certaines (décisions du Conseil) sont (trop politiques). Je souhaite que le Conseil constitutionnel soit toujours à l&#8217;abri du soupçon. Il faut dire que, depuis qu&#8217;il peut s&#8217;appuyer sur le préambule de la Constitution de<code> </code>1946, il peut justifier des choses contradictoires en raison du caractère très général du texte. En fait, le Conseil constitutionnel a de plus en plus tendance à vouloir faire la loi en lieu et place du Parlement.</em><code> </code>»<br />
« <em>Sa jurisprudence sur l&#8217;annulation des &#8220;cavaliers&#8221; (amendements prétendus sans liens avec le texte de loi) a atteint des sommets. Elle est devenue systématique depuis 2006, alors que rien dans les articles<code> </code>39 et 44 de la Constitution ne conduit réellement à une telle interprétation.</em><code> </code>»<br />
<span>   </span><br />
Qui est l’auteur de cette <strong>attaque frontale contre un Conseil constitutionnel jugé</strong> souvent <strong>trop</strong> « politique », parfois trop «<code> </code>réactionnaire<code> </code>», en tout cas trop <strong>«<code> </code>emmerdant<code> </code>» pour l’Élysée</strong> parce que trop chiraquien<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Patrick Devedjian bien sûr, «<code> </code>ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance<code> </code>», qui s’épanche ainsi le 12<code> </code>janvier dernier dans les colonnes du <em>Monde</em>, dans le cadre bien préparé d’<strong>hostilités déclarées par Sarkozy et son équipe contre le Conseil constitutionnel</strong>. Pourquoi<code> </code>? Décodage… et tour du propriétaire.<br />
<span>   </span><br />
De commission fantoche dans les premières années de la Cinquième République, le Conseil constitutionnel est aujourd’hui devenu une institution respectée et crédible, n’hésitant plus à se poser en contre-pouvoir et en véritable gardien de la règle de droit et de la Constitution face à un pouvoir exécutif qui fait voter des lois «<code> </code>à la hussarde<code> </code>» par son Parlement.<br />
<span>   </span><br />
Chargé (entre autres) de vérifier la conformité des lois à la Constitution, il se réfère – depuis belle lurette – à des principes juridiques généraux, comme le préambule de la Constitution de<code> </code>1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ou le préambule (considéré comme très «<code> </code>social<code> </code>») de la Constitution de<code> </code>1946, pour justifier en droit ses décisions.<br />
<span>   </span><br />
Qui peut le saisir<code> </code>? Non seulement 60<code> </code>députés ou sénateurs mais aussi (depuis la réforme de juillet<code> </code>2008), toute juridiction qui, lors d’un procès, souhaite baser sa décision sur une disposition législative qui «<code> </code>porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit<code> </code>». Bref, difficile d’échapper à son contrôle…<br />
<span>   </span><br />
Et ses membres<code> </code>? Ils sont aujourd’hui<code> </code>11<code> </code>: Chirac, Giscard (membres de droit en tant qu’anciens Présidents de la République), plus 9<code> </code>autres membres désignés pour 9<code> </code>ans (trois sont nommés tous les trois ans, dont un par le Président de la République, un par le président de l’Assemblée nationale et un par le Président du Sénat).<br />
<span>   </span><br />
On le comprend vite<code> </code>: bien que l’institution soit juridictionnelle, <strong>sa composition et ses décisions revêtent un caractère éminemment politique</strong>. En clair, le Conseil constitutionnel peut choisir de «<code> </code>censurer<code> </code>» le gouvernement (c’est-à-dire l’Élysée) dès que celui-ci s’autorise quelque libéralité avec le strict respect de la Constitution.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui <strong>composé pour l’essentiel de membres «<code> </code>chiraquiens<code> </code>» et présidé par Jean-Louis Debré, anti-sarkozyste notoire, il ne manque pas de «<code> </code>saquer<code> </code>» le gouvernement Sarkozy dès que l’occasion se présente</strong><code> </code>: la dernière péripétie en date concerne la taxe carbone, censurée par le Conseil compte tenu du fait que «<code> </code>les régimes d&#8217;exemption totale institués par l&#8217;article<code> </code>7 de la loi (sur la taxe carbone) sont contraires à l&#8217;objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créent une rupture caractérisée de l&#8217;égalité devant les charges publiques<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
D’où la réaction musclée de l’Élysée par Devedjian interposé, Sarkozy ne supportant plus que ses décisions soient contrecarrées par une «<code> </code>bande d’emmerdeurs<code> </code>» intouchables.<br />
<span>   </span><br />
Prochaine étape de cette partie d’échecs institutionnelle<code> </code>: le <strong>renouvellement de trois membres</strong> (Olivier Dutheillet de<code> </code>Lamothe, Dominique Schnapper et Pierre Joxe) <strong>dont le mandat arrive à échéance au mois de mars</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Le nom des nouveaux entrants devrait être connu dans quelques semaines, fin février au plus tard, mais nul doute que <strong>les tractations vont bon train entre l’Élysée et Accoyer</strong> (président de l’Assemblée nationale) <strong>d’une part, Larcher</strong> (président du Sénat) <strong>d’autre part, afin qu’ils nomment au Conseil des sarkozystes «<code> </code>bon teint<code> </code>»</strong> qui n’hésiteront pas à contester Jean-Louis Debré, dont le mandat arrivera à échéance en<code> </code>2016.<br />
<span>   </span><br />
Toutes ces manœuvres de couloir, qui peuvent sembler dérisoires en apparence, ont cependant une <strong>influence bien réelle sur l’équilibre du pouvoir et la protection de nos libertés</strong>. Le scénario catastrophe<code> </code>? Une réélection de Sarkozy en<code> </code>2012, qui lui permettrait très probablement (avec six membres sarkozystes) d’obtenir la majorité au Conseil avec les nominations de<code> </code>2013. À ce moment-là, plus rien ne s’opposerait à la promulgation de lois « en délicatesse » avec la Constitution, notamment dans le domaine des libertés publiques. Les choix que feront demain Accoyer et Larcher sont donc loin d’être sans conséquences…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<title>De troublants parallèles&#8230;</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/17/de-troublants-paralleles/</link>
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		<pubDate>Sun, 17 Jan 2010 16:20:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a près d’un an, dans un précédent article (voir Un faisceau d’indices inquiétants), nous avions analysé et décrit par quels procédés et moyens les autorités politiques en place avaient tracé le chemin vers une « démocratie sous contrôle », un régime autoritaire et oligarchique qui n’aurait bientôt plus de république que le nom.
   
La cadence [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a près d’un an, dans un précédent article (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em>), nous avions analysé et décrit par quels procédés et moyens les autorités politiques en place avaient tracé le chemin vers une «<code> </code>démocratie sous contrôle<code> </code>», un régime autoritaire et oligarchique qui n’aurait bientôt plus de république que le nom.<br />
<span>   </span><br />
La cadence s’est accélérée depuis et nous sommes passés à une nouvelle phase dans cette évolution où l’on décèle maintenant de bien troublants parallèles historiques…<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’intimidation permanente<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Dans la France de 2010, elle se pratique de différentes manières, rappelant certaines mesures vexatoires qui s’apparentent à celles qu’a connues l’Allemagne du futur chancelier Hitler ou la France de Pétain<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>contrôles d’identité</strong> dans la rue, souvent <strong>«<code> </code>au faciès<code> </code>»</strong>, sans aucune relation avec un quelconque «<code> </code>trouble à l’ordre public<code> </code>»<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• le <strong>plan «<code> </code>Vigipirate<code> </code>»</strong>, mis en place sous le motif (peut-être réel, mais qui peut le vérifier<code> </code>?) de la menace terroriste, excellent moyen de rendre visibles aux citoyens les forces de l’ordre et d’entretenir un climat de crainte<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>attentes</strong> interminables, dans les préfectures, <strong>des ressortissants français d’origine étrangère pour faire renouveler un passeport, une carte d’identité</strong><code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>demandes de preuve de la nationalité française</strong> de parents naturalisés depuis plusieurs années (voir notamment le décret n°<code> </code>2005-1726) avec, pour conséquence, des situations administratives dignes de Kafka ou plutôt d’Ubu, sources d’humiliations et d’accentuation des différences entre Français selon l’origine de leurs ancêtres<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>gardes à vue</strong>. Aujourd’hui, en France, un agent des forces de l’ordre - police ou gendarmerie - s’il a des «<code> </code>raisons plausibles<code> </code>» (plausibles, vous avez bien lu) de penser qu’une personne a commis une infraction (ou a pu la commettre) peut la retenir dans des locaux de police ou de gendarmerie<code> </code>!<br />
Quand on connaît ces locaux, souvent exigus et malodorants, quand on sait que la personne est fouillée à corps (pour éviter un acte d’auto-agression), on comprend que cette détention policière reste une expérience traumatisante et dégradante pour ceux qui se retrouvent placés de façon imprévisible au secret, coupés du monde extérieur. Bien évidemment, aucun avocat n&#8217;est autorisé à assister le supposé suspect à ce stade<code> </code>;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• les <strong>mises en examen et en détention provisoire sans preuve réelle d’actes délictueux</strong>. Tout le monde a présent à l&#8217;esprit la bande de Tarnac, accusée d’attentats sur des lignes SNCF puis remise progressivement en liberté au bout de 6<code> </code>mois d’instruction et… de détention pour son chef présumé<code> </code>!</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt">• la <strong>mise à l’écart des journalistes à la parole trop libre ou jugée trop insolente </strong>par le pouvoir (ainsi le directeur de Paris-Match qui avait publié une photo de Cécilia au côté de son amoureux, Daniel Schneidermann et son émission «<code> </code>Arrêt sur image<code> </code>» sur France<code> </code>5…).</p>
<p class="MsoNormal">Comme la population allemande avait faiblement réagi aux atteintes à la liberté individuelle, les théoriciens nazis ont estimé qu’ils avaient les mains libres pour aller plus loin et qu’ils disposaient de toute latitude pour concevoir leur plan aberrant d’extermination des juifs d’Europe. Le pouvoir rend fou parfois…<br />
<span>   </span><br />
Nous n’en sommes pas là en France mais, par exemple, l’absence de réaction populaire face à la possession des grands media de masse par des amis du pouvoir (Vincent Bolloré est propriétaire de <em>Direct<code> </code>8</em>, <em>Direct matin</em> et <em>Direct soir</em>, Martin Bouygues de <em>TF1</em> et <em>LCI</em>, Serge Dassault du<em> Figaro</em>, Arnaud Lagardère de <em>Gulli</em> et <em>Paris-Match</em>) encourage ce même pouvoir à continuer dans cette voie, par exemple en nommant le Président de France Télévision.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La fabrication de boucs émissaires</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Pour les membres du parti national-socialiste, dès avant<code> </code>1933, la cause de tous les maux dont souffrait le peuple allemand était montrée du doigt et stigmatisée<code> </code>: la «<code> </code>juiverie internationale<code> </code>», les communistes, les homosexuels, les francs-maçons, les tziganes. On sait que ce furent les principales victimes des camps de concentration et de la «<code> </code>solution finale<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Notre gouvernement français de 2010 et ses soutiens fustigent tout ce qui n’est pas «<code> </code>bon Français<code> </code>»<code> </code>: ceux qui n’accèdent pas à l’emploi et ne travaillent pas (le RSA n’est attribué qu’à des personnes capables de tenir un emploi et laisse de côté les autres), ceux qui portent des vêtements cachant le visage (cagoule, burqa), ceux qui ne sont pas chrétiens, certains chefs d’entreprise qui délocalisent des emplois (pas tous, la vindicte est, dans ce domaine, sélective), les leaders des partis d’opposition. Quel avenir leur est réservé si ce pouvoir perdure et se renforce encore en 2012<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Les réformes anti-liberté<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>La liste est impressionnante et s’allonge d’année en année, de la suppression du juge d’instruction à la facilité déconcertante (voir ci-dessus) qu’ont la police et la gendarmerie pour placer une personne en garde à vue en passant par la loi Hadopi. Le florilège que nous avions dressé dans notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em> n’a cessé de s’enrichir, l’imagination dans ce domaine étant un atout maître de l’équipe Sarkozy…<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La diversion<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Appelée aussi <em>story telling</em>, la diversion consiste à <strong>créer ou à faire mousser dans les media</strong> (d’où l’importance d’avoir des amis dans ce secteur d’activité) <strong>le plus grand nombre d’évènements susceptibles de distraire le bon peuple</strong> des drames dans lesquels il est plongé et que le gouvernement se montre impuissant à réduire (chômage, logement, pouvoir d’achat, déficits abyssaux, guerre, casse démocratique).<br />
<span>   </span><br />
Un exemple emblématique récent est bien sûr la méga-campagne sur la menace de pandémie grippale. Et puis il y a les exemples récurrents, ce que dans la presse on appelle les «<code> </code>marronniers<code> </code>» car leurs feuilles poussent et retombent régulièrement<code> </code>: déboires conjugaux ou frasques de nos dirigeants (ou des dirigeants étrangers, Silvio Berlusconi jouant parfaitement son rôle dans cette partie) et des artistes, crises de tous ordres, menaces d’attentats, catastrophes naturelles et autres faits divers…<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>En guise de conclusion…<br />
<span>   </span><br />
</u></strong>Dans l’Antiquité romaine, le pouvoir pratiquait la politique «<code> </code>du pain et des jeux<code> </code>». Les jeux, les Français s’y adonnent de plus en plus<code> </code>: en<code> </code>2009, le chiffre d’affaire de la Française des Jeux a augmenté de 8,6<code> </code>% pour s’établir à près de 10<code> </code>milliards d’euros. La sociologue Monique Pinçon-Charlot, citée par le site internet du <em>Figaro</em> le 11<code> </code>janvier 2010, ne s&#8217;étonne pas de l&#8217;augmentation des dépenses de jeux d&#8217;argent en<code> </code>2009. «<code> </code>Quand la crise est trop dure, il ne reste plus que le rêve que l&#8217;on peut acheter contre les quelques euros d&#8217;un ticket de Loto<code> </code>», dit-elle. <strong>«<code> </code>Depuis l&#8217;arrivée des amis du CAC<code> </code>40 au cœur du champ politique il y a 2<code> </code>ans et demi, l&#8217;ascenseur social ne marche plus du tout et il ne reste plus que le jeu pour les Français les plus désespérés<code> </code>»</strong>, assure cette sociologue. C’est <em>Le Figaro</em> qui l’écrit<code> </code>!<br />
<span> </span><span>  </span><br />
Le désespoir est-il bon conseiller<code> </code>? Faudra-t-il une explosion sociale comme en Guadeloupe au premier trimestre<code> </code>2009 pour acculer le pouvoir à changer de politique, ou les élections régionales de mars<code> </code>2010 ouvriront-elles la voie à un changement de pouvoir en<code> </code>2012<code> </code>? La réponse nous appartient.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sarkozy&#8230; ou Ubu roi</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2010/01/10/sarkozy-ou-ubu-roi/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 20:21:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Obsédé par sa volonté de démanteler l’État, Nicolas Sarkozy et son gouvernement accumulent les incompétences et les erreurs, domaine par domaine.
   
Insultant pour la France républicaine, ce faux débat pétainiste sur l’identité nationale, à la veille d’élections régionales perdues d’avance, et qui échoue dans la fange de propos anti-musulmans. Nous avons même la sensation que, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Obsédé par sa volonté de démanteler l’État, Nicolas Sarkozy et son gouvernement accumulent les incompétences et les erreurs, domaine par domaine.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Insultant pour la France</strong> républicaine, ce faux débat pétainiste sur l’identité nationale, à la veille d’élections régionales perdues d’avance, et qui échoue dans la fange de propos anti-musulmans. Nous avons même la sensation que, dans cette affaire, le Président projette sur le pays son mal-être personnel et ses propres problèmes d’identité non résolus (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/15/nation-et-identite-nationale/">Nation et identité nationale</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Incompétente, cette gestion</strong> à la petite semaine d’une crise grave qui conduit à doubler le déficit public en un an, le tout en favorisant les plus riches et les très grandes entreprises au détriment des plus faibles (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2010/01/03/2010-le-temps-des-perspectives/">2010 : le temps des perspectives</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Suicidaire de faire la guerre</strong> en Afghanistan dans un tel contexte de difficultés sociales. Guerre dont on ignore tout des objectifs stratégiques, de la durée et surtout du coût réel, facteur important d’aggravation du déficit public. Un nouveau seuil a été franchi avec le kidnapping de journalistes français, rappelant une évolution de la situation que nous avons connue au Liban et qui déboucha sur un départ… (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/12/06/afghanistan-des-objectifs-de-plus-en-plus-flous-des-budgets-de-plus-en-plus-fous/">Afghanistan : des objectifs de plus en plus flous, des budgets de plus en plus fous</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Absurde la gestion de la grippe</strong> H1N1<code> </code>: dans un premier temps, les réquisitions de personnels dans les hôpitaux déstabilisent les services hospitaliers, déjà en manque de moyens, pour garnir des centres de vaccination montés à la va-vite. L’armée, réquisitionnée, ne comprend elle-même pas le rôle qu’elle y joue. Dans un second temps, on réintègre au dispositif, en toute hâte et impréparation, les médecins généralistes qu’on avait initialement exclus<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Pis : à un moment où, une fois de plus, on met en avant un soi-disant trou de la Sécurité sociale pour justifier l’arrêt du remboursement de certains médicaments, où l’égalité des soins ne fait que reculer pour laisser la place aux assurances privées, où Xavier Darcos veut tuer la médecine du travail, on apprend que Roselyne Bachelot a acheté 79<code> </code>millions de doses vaccinales en trop sur pression des lobbies pharmaceutiques<code> </code>! Le trou noir de la Sécurité sociale, c’est en fait Roselyne Bachelot elle-même.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Significatif de réduire l’enseignement de l’histoire</strong> au lycée, alors que le courage politique exigerait une tout autre audace pour remettre à flots l’instruction publique. Mais il est vrai que l’histoire enseigne notamment jusqu’où peut aller le «<code> </code>mur de l’argent<code> </code>» contre les intérêts du peuple (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/page/3/">La faillite programmée du système éducatif</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ridicule un Bercy</strong> qui se fait prendre la main dans le sac en train de voler des fichiers bancaires suisses.<br />
<span>   </span><br />
Ah oui ! J’oubliais : <strong>inadmissible pour un Président de la République digne de ce nom d’assister à un dîner en l’honneur de généreux donateurs de l’UMP</strong>, en présence du ministre du Budget, lui-même trésorier du mouvement. Ce mélange des genres relève de la république bananière. On croit rêver quand on se rappelle que le général de<code> </code>Gaulle voulait un Président au-dessus des partis dans le cadre de la cinquième Constitution de la République…<br />
<span>   </span><br />
Dans ce contexte difficile, le mouvement syndical a su construire des actions coordonnées et cohérentes durant tout le premier semestre<code> </code>2009. Mais, faute de relais politiques solides, l’essai n’a pas été transformé.<br />
<span>   </span><br />
Arrivent les régionales : peu ou prou leurs résultats confirmeront le rapport de forces entre le pouvoir central et le pays réel. <strong>Toute réforme territoriale apparaîtra alors d’évidence comme un charcutage électoral</strong> aux fins d’endiguer l’effondrement de l’assise politique de ce régime. On peut donc espérer que l’après-mars verra naître une nouvelle dynamique politique dans laquelle s’inscrira nécessairement la construction de l’espérance d’une autre politique, plus respectueuse de l’intérêt national, de la démocratie, et des Français.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		<title>2010 : le temps des perspectives</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 15:55:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Après le bilan 2009, les perspectives pour 2010. Sans vouloir jouer les devins, à quoi pouvons-nous raisonnablement nous attendre cette année ?
Le pouvoir croissant des TGE…
Une tendance lourde, initiée il y a maintenant plusieurs dizaines d&#8217;années, devrait se poursuivre en 2010 : le pouvoir sans cesse croissant des TGE (très grandes entreprises), notamment en comparaison de celui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après le bilan 2009, les perspectives pour 2010. Sans vouloir jouer les devins, à quoi pouvons-nous raisonnablement nous attendre cette année ?</p>
<p><strong><u>Le pouvoir croissant des TGE…</u></strong></p>
<p>Une tendance lourde, initiée il y a maintenant plusieurs dizaines d&#8217;années, devrait se poursuivre en<code> </code>2010<code> </code>: le pouvoir sans cesse croissant des TGE (très grandes entreprises), notamment en comparaison de celui des États.</p>
<p>On l&#8217;oublie fréquemment, mais les acteurs les plus efficaces et les mieux coordonnés de la scène internationale ne sont pas les États mais les TGE. Elles seules ont la capacité de mettre en œuvre une politique véritablement mondiale, de faire fonctionner de manière coordonnée des réseaux d&#8217;influence et de lobbying dans la quasi-totalité des États «<code> </code>qui comptent<code> </code>», de planifier des stratégies sur des durées longues, sans que celles-ci soient «<code> </code>brouillées<code> </code>» par des résultats électoraux.<br />
<span>   </span><br />
Face à des États très affaiblis par la crise financière (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/">Les illusions perdues</a></em>), voire en situation de quasi-faillite comme l&#8217;Islande ou Dubaï en 2009, les TGE vont apparaître comme les grandes gagnantes d&#8217;une crise financière qu&#8217;elles traversent sans casse majeure.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Des États fragilisés</u></strong>…<br />
<span>   </span><br />
Le contraste est saisissant entre la bonne santé des TGE d&#8217;une part, des États d&#8217;autre part, lesquels, après des décennies de privatisations et de «<code> </code>moins d&#8217;impôts<code> </code>», sont aujourd&#8217;hui endettés et affaiblis. On peut donc s&#8217;attendre à ce que les «<code> </code>défauts<code> </code>» de paiement des États se multiplient, à commencer par les plus faibles et les plus endettés d’entre eux. Dans cette liste, on trouve traditionnellement la Grèce, l’Espagne… mais le vrai danger peut venir de la Grande-Bretagne, des 50<code> </code>États américains et de l’État fédéral lui-même qui fait marcher à plein régime la «<code> </code>planche à billets<code> </code>» pour financer son déficit colossal.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette optique, le scénario que nous avions décrit en mars<code> </code>2009, celui d’un effondrement du dollar suivi d’une véritable «<code> </code>révolution<code> </code>» politique, économique et culturelle aux États-Unis (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/">Le jour où le dollar s’effondrera</a></em>) reste parfaitement d’actualité.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>pris en tenaille entre impôts et déficit…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Comment s’en sortir<code> </code>? C’est la quadrature du cercle<code> </code>: pour financer ou résorber les déficits, les États devraient augmenter les impôts, et faire peser la charge fiscale sur ceux capables de la supporter, notamment les TGE et les foyers fiscaux les plus fortunés.<br />
<span>   </span><br />
C’est bien sûr là que tout se gâte<code> </code>: les lobbies vont évidemment faire barrage à toute augmentation d’impôt qui lèserait leurs intérêts… sans parler des contribuables les plus riches qui disposent de réseaux d’influence leur permettant de préserver leurs avantages.<br />
<span>   </span><br />
Un exemple récent<code> </code>? Il date d’il y a quelques jours<code> </code>: certains sénateurs ont fait le forcing pour que, dans le calcul du bouclier fiscal (qui limite à 50<code> </code>% de leurs revenus l’imposition totale des plus fortunés), les revenus des dividendes bénéficient d’un abattement de 40<code> </code>%, ce qui aboutissait à minorer artificiellement le revenu de «<code> </code>contribuables aux facultés contributives souvent particulièrement importantes<code> </code>» comme le dit pudiquement le Conseil constitutionnel qui a, fort heureusement, censuré cette disposition.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>qui vont sabrer dans les dépenses sociales…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
Donc pas vraiment possible d’augmenter les impôts<code> </code>: les plus riches sont protégés (lobbies et élus «<code> </code>amis<code> </code>»)<code> </code>; on va bien sûr pressurer un peu plus les pauvres et les classes moyennes mais il y a des limites à cette option car, électoralement, c’est plutôt contre-productif.<br />
<span>   </span><br />
Reste donc une seule solution<code> </code>: couper dans les dépenses sociales en les supprimant, les réduisant significativement ou en demandant aux collectivités territoriales (régions, départements, voire communes) de les prendre un peu plus en charge. Comme la majorité des conseils régionaux et généraux est détenue par la gauche, c’est de surcroît une excellente façon de «<code> </code>refiler la patate chaude<code> </code>» à l’opposition politique.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>mais maîtrisent encore moins les nouvelles bulles spéculatives<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En injectant des milliards d’euros dans l’économie via des plans de relance sans définir en contrepartie des «<code> </code>règles du jeu<code> </code>» contraignantes à l’égard des entreprises et établissements financiers en ayant bénéficié, les États ont contribué à la création de nouvelles bulles spéculatives<code> </code>: hausse du cours des matières premières (pétrole et or notamment) et hausse des Bourses, notamment en Asie, sans relation aucune avec «<code> </code>l’économie réelle<code> </code>»…<br />
<span>   </span><br />
Donc retour à la case départ<code> </code>: les banques et les institutions financières qui nous ont «<code> </code>mis dans le mur<code> </code>» lors de la crise financière ont recommencé leurs jeux spéculatifs et vont les continuer en<code> </code>2010 comme si de rien n’était, avec de l’argent prêté par les États (c’est-à-dire par nous, les citoyens) et en bénéficiant de taux d’intérêt très bas.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>La Chine s’impose…<br />
</u></strong><span>   </span><br />
En mai 2009, dans un billet intitulé <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/3/">Le point de basculement</a></em>, nous nous interrogions sur le moment où les États-Unis cèderaient à la Chine le leadership mondial et analysions la tactique mise en place par les autorités chinoises pour atteindre cet objectif.<br />
<span>   </span><br />
À la différence des États occidentaux «<code> </code>essorés<code> </code>» par la crise financière, l’État chinois est en position de force<code> </code>: endettement public très faible, monnaie non convertible et sous-évaluée permettant à ses entreprises de renforcer leur position «<code> </code>d’usine du monde<code> </code>» en se positionnant de surcroît dans le secteur tertiaire.<br />
<span>   </span><br />
Le basculement du rapport de forces pourrait donc se produire beaucoup plus tôt que ne l’imaginent les États-Unis, notamment à travers le <a href="http://www.dni.gov/nic/PDF_2025/2025_Global_Trends_Final_Report.pdf">rapport de la CIA sur l’état du monde en 2025</a>.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>à nos dépens</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Ce rôle croissant de la Chine constitue-t-il une «<code> </code>bonne nouvelle<code> </code>», pour nous Européens<code> </code>? La domination chinoise serait-elle préférable à la domination américaine<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
La réponse est clairement non. Le comportement des Chinois vis-à-vis des Africains depuis une décennie environ, ces derniers étant parfois traités comme des esclaves (notamment au <a href="http://www.afriquecentrale.info/central.php?o=5&amp;s=38&amp;d=3&amp;i=433">Congo</a>), est un élément révélateur parmi beaucoup d’autres.<br />
<span>   </span><br />
Il ne s’agit bien évidemment pas d’appuyer, de préférer ou de légitimer «<code> </code>l’impérialisme américain<code> </code>» mais il existe une différence de taille entre les deux régimes<code> </code>: les États-Unis sont une démocratie – certes bien imparfaite – et, à l’égard de ses propres citoyens, le respect des droits de l’homme ainsi que la liberté individuelle font partie de son «<code> </code>fonds culturel<code> </code>», malgré toutes les violations dont ils font l’objet.<br />
<span>   </span><br />
La situation chinoise est totalement différente. Que le pays soit aujourd’hui une dictature pourrait n’être qu’un épiphénomène dans son histoire. Mais tel n’est malheureusement pas le cas. Les notions de démocratie, de droits de l’homme et de liberté individuelle sont non seulement étrangères à la culture chinoise mais la promotion de ces valeurs en Chine y est bien souvent perçue comme une tentative occidentale de recoloniser la Chine, de lui imposer des idées et des valeurs contraires à sa culture.<br />
<span>   </span><br />
Un leader mondial cherchera toujours à imposer sa culture aux nations qu’il domine, comme l’ont fait les Américains depuis<code> </code>1945 et, avant eux, les Britanniques, les Français, les Espagnols… Que ce leader ne soit pas une démocratie et ne dispose d’aucun bagage culturel pour le devenir est particulièrement inquiétant.<br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une note d’espoir<code> </code>?</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Une note d’espoir<code> </code>? Elle pourrait venir de l’Europe. Malgré les critiques dont son fonctionnement et ses institutions font l’objet, elle offre la possibilité de «<code> </code>dessiner un futur<code> </code>» car elle dispose de deux atouts<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">• c’est le seul exemple au monde de coopération politique et économique relativement efficace mise en œuvre dans un cadre non coercitif, entre un aussi grand nombre d’États<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">• le modèle démocratique qu’elle constitue est exemplaire, au sens étymologique du terme<code> </code>: démocratie dans son fonctionnement interne, démocratie dans celui de ses membres constituants. Malgré les critiques – qui peuvent être parfaitement justifiées – dans sa mise en œuvre et son effectivité, il n’en reste pas moins que sur ces atouts qu’il faut s’appuyer et «<code> </code>capitaliser<code> </code>», si nous voulons encore «<code> </code>dessiner demain<code> </code>».<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.45pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><o:p> </o:p></p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2010</p>
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		</item>
		<item>
		<title>2009 : à l&#8217;heure du bilan</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/28/2009-a-lheure-du-bilan/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/12/28/2009-a-lheure-du-bilan/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 00:10:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque, début 2009, nous avons publié les premiers billets de La Lettre du Lundi, nous avions alors pour objectif de prendre du recul dans l’analyse de l’actualité politique, économique et sociale - qu&#8217;elle soit nationale ou internationale - d’apporter des éléments de réflexion, de nous interroger sur les évolutions « lourdes » de notre société.
   
Un an [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque, début 2009, nous avons publié les premiers billets de <em>La Lettre du Lundi</em>, nous avions alors pour objectif de prendre du recul dans l’analyse de l’actualité politique, économique et sociale - qu&#8217;elle soit nationale ou internationale - d’apporter des éléments de réflexion, de nous interroger sur les évolutions «<code> </code>lourdes<code> </code>» de notre société.<br />
<span>   </span><br />
Un an plus tard, le pari est, de ce point de vue, gagné. D’une part, les quelques dizaines de lecteurs réguliers des premières parutions sont aujourd’hui devenus des centaines. D’autre part, en relisant l’ensemble des billets publiés, nous confirmons et validons les analyses que nous avons effectuées.<br />
<span>   </span><br />
Si l’on devait résumer l’essentiel de nos billets en quelques lignes, le message serait alors le suivant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Depuis les années 1980</strong> et la politique «<code> </code>libérale<code> </code>» -<code> </code>au sens français du terme<code> </code>- initiée par Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, <strong>un nouveau modèle de société s’est progressivement mis en place</strong> dans ces deux pays puis, par contagion pourrait-on dire, dans l’ensemble de la planète.<br />
<span>   </span><br />
Sous le prétexte de «<code> </code>moins d’impôt<code> </code>» et «<code> </code>moins d’État<code> </code>», <strong>la philosophie de ce modèle de société, c’est en fait «<code> </code>laissons croître les inégalités.</strong> Arrêtons le <span>&#8220;système&#8221;</span> qui a prévalu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon lequel la réduction des inégalités va dans le &#8220;sens de l‘histoire&#8221; que nous devrions nécessairement suivre ».<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cette « marche vers l’inégalité »</strong> aboutissant à favoriser les plus riches par rapport aux plus pauvres <strong>a été soutenue par de très nombreux lobbies</strong> pour deux raisons principales<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• en tant qu’entreprises, ils ont été les premiers bénéficiaires du «<code> </code>moins d’impôt, moins d’État<code> </code>». Quelle entreprise souhaite en effet payer beaucoup d’impôts si elle réalise des bénéfices et se trouver «<code> </code>enserrée<code> </code>» dans un cadre législatif et réglementaire contraignant<code> </code>?<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• en tant que personnes physiques, les actionnaires et dirigeants de ces entreprises souhaitaient retrouver à titre personnel les avantages obtenus pour leur entreprise<code> </code>: moindre taxation des hauts revenus et des gains tirés du capital, avantages fiscaux en tous genres pour les plus fortunés.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Une trentaine d’années après la mise en œuvre de cette nouvelle politique, on peut très cyniquement dire que <strong>les résultats ont été parfaitement atteints</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/3/">Connaissez-vous Gini ?</a>)</em><code> </code>: partout dans le monde les hauts revenus et les gains du capital sont beaucoup moins taxés qu’ils ne l’étaient alors, <strong>les gains en productivité des entreprises ont principalement profité aux actionnaires et aux hauts dirigeants</strong>. Par voie de conséquence, les inégalités entre citoyens se sont accrues…<br />
<span>   </span><br />
Une telle situation implique bien sûr de faire avaler cette pilule au bon peuple. Pour cela, <strong>il est nécessaire de multiplier les leurres dans le domaine politique</strong> -<code> </code>guerres extérieures, lutte contre «<code> </code>l’ennemi intérieur<code> </code>», «<code> </code>pipolisation<code> </code>» de la vie politique (on attire l’attention sur l’accessoire pour que l’essentiel soit oublié) -<code> </code>et, plus globalement, dans la société qui s’oriente alors vers le <em>panem et circenses</em> dénoncé par Juvénal.<br />
<span>   </span><br />
La multiplication des leurres ne suffit cependant pas pour atteindre cet objectif fort peu louable. <strong>D’autres moyens doivent notamment être employés</strong>, parmi lesquels<code> </code>:<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• <strong>crétiniser la population</strong>. C’est un des objectifs de la «<code> </code>société du spectacle<code> </code>» qui a uniquement besoin de «<code> </code>citoyens-consommateurs<code> </code>» et non de «<code> </code>citoyens-pensants<code> </code>». La recette pour y parvenir est des plus simples<code> </code>: détruire l’enseignement de masse pour ne laisser en place qu’une éducation réservée <em>de facto</em> à l’élite, comme dans les Universités américaines. La France s’est engagée dans cette voie (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/06/la-faillite-programmee-du-systeme-educatif/"><span style="color: blue" lang="FR">La faillite programmée du système éducatif</span></a></em>) et, avec Luc Chatel à la tête de l’Éducation nationale (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/"><span style="color: blue" lang="FR">Derrière l’écran de fumée</span></a></em>), est bien placée pour réussir à saborder son service public de l&#8217;éducation<code> </code>;<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 34.25pt; text-indent: -7.05pt">• <strong>restreindre les libertés publiques</strong>. Peu à peu, étape par étape, morceau par morceau, les Français échangent leurs libertés contre une sécurisation supposée plus grande de leur existence et de leurs biens (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/"><span style="color: blue" lang="FR">Un faisceau d’indices inquiétants</span></a></em>). La ficelle est bien grosse, mais le Président-ministre de l’Intérieur lui doit son élection<code> </code>: il sait en user en artiste consommé…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Et <strong>Sarkozy</strong> justement<code> </code>? Son rôle dans ce tableau<code> </code>? Tout simplement celui d’<strong>un accélérateur, qui veut définitivement</strong> (et sans espoir de retour) <strong>faire prendre à la France le chemin de la «<code> </code>révolution conservatrice<code> </code>»</strong>. Le chemin avait été bien préparé par les lobbies (en ce sens, le rôle de l’ex-CNPF, aujourd’hui Medef, a été déterminant) mais certains (Mitterrand et Chirac notamment) hésitaient à prendre franchement ce tournant et, pour de multiples raisons, avaient encore la nostalgie d’une «<code> </code>certaine idée de la France<code> </code>» ou d’une «<code> </code>social-démocratie à la française<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
Foin de ces retenues avec Sarkozy<code> </code>! Une des premières mesures de son règne a été de faire voter la loi TEPA. Tout un symbole<code> </code>: un nom ronflant (travail, emploi et pouvoir d’achat), quelques mesures pour la galerie (un encadrement bien léger des «<code> </code>parachutes dorés<code> </code>») et de «<code> </code>vraies<code> </code>» mesures fiscales qui auront des conséquences lourdes sur les inégalités économiques entre citoyens (forte réduction des droits de succession, réduction de l’impôt sur la fortune, abaissement du seuil du bouclier fiscal, favorisant ainsi les contribuables les plus aisés…).<br />
<span>   </span><br />
Voila le tableau général. La quasi-totalité des billets que nous avons rédigés cette année, que ce soit dans le domaine de la politique, de l’économie, du social, du militaire, du religieux, de l’éducation, de la communication… sont «<code> </code>en phase<code> </code>» avec cette analyse et cette vision globale de l’évolution de nos sociétés.<br />
<span>   </span><br />
Où cela nous mènera-t-il<code> </code>? <strong>Quelles sont les perspectives pour 2010<code> </code>?</strong> Ce sera le sujet de notre billet du 4<code> </code>janvier.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
<span><span>©</span></span> <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Rachida&#8230; ou le mépris du peuple</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/19/rachida-ou-le-mepris-du-peuple/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/12/19/rachida-ou-le-mepris-du-peuple/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 20:00:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La récente « sortie » de Rachida Dati au Parlement européen, « piégée » par un micro indiscret alors qu&#8217;elle s&#8217;épanchait par téléphone sur les malheurs de sa condition de députée européenne, dépasse largement le cadre de l&#8217;anecdote.



 
Au fond, peu importe qu&#8217;elle ait été ou non réellement piégée, qu&#8217;elle ait cherché à monter en épingle un épisode pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La récente «<code> </code>sortie<code> </code>» de Rachida Dati au Parlement européen, «<code> </code>piégée<code> </code>» par un micro indiscret alors qu&#8217;elle s&#8217;épanchait par téléphone sur les malheurs de sa condition de députée européenne, dépasse largement le cadre de l&#8217;anecdote.</p>
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<param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/xbhzu6&amp;related=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="320" height="185"></embed><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xbhzu6_rachida-dati-la-boulette_news"></a></strong><em> <a href="http://www.dailymotion.com/Jeancullacensure"></a><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"></a></em><br />
Au fond, peu importe qu&#8217;elle ait été ou non réellement piégée, qu&#8217;elle ait cherché à monter en épingle un épisode pour elle banal de sa vie quotidienne ou que ce faux-pas serve ou non les intérêts de son maître Sarkozy qui, après l&#8217;avoir portée au pinacle, l&#8217;a «<code> </code>exilée<code> </code>» à Strasbourg. Derrière les faux-semblants, cherchons la réalité.<br />
<span>   </span><br />
Rappelons d&#8217;abord le contexte. Rachida Dati a été élue aux élections européennes de 2009 sur la liste UMP d&#8217;Île-de-France. Son «<code> </code>job<code> </code>» à Strasbourg est identique à celui des 750<code> </code>autres parlementaires européens. À ce titre, elle perçoit une indemnité mensuelle de 7<code> </code>700<code> </code>€, sans compter divers avantages du type indemnité de frais généraux, indemnité journalière, remboursement des frais de déplacement, une dotation pour rémunérer des assistants… au total largement plus de 30<code> </code>000<code> </code>€ par mois.<br />
<span>   </span><br />
C&#8217;est bien sûr là que le bât blesse. Quand on a une telle fonction à remplir, dans des conditions matérielles qui vous placent parmi les 0,1<code> </code>% de Français les plus fortunés, on bosse -<code> </code>c&#8217;est en tout cas ce qu&#8217;attendent ses électeurs<code> </code>- on ne joue pas la mijaurée parisienne, exaspérée par l&#8217;aspect peu glamour du job qu&#8217;elle a pourtant voulu et accepté. <strong>L&#8217;attitude de Rachida Dati traduit le mépris qu&#8217;elle porte à ses électeurs, au peuple et aux institutions qui lui ont permis d&#8217;accéder à ces fonctions, dont elle n&#8217;est manifestement pas digne.</strong><br />
<span>   </span><br />
Dans ces conditions, <strong>on peut à nouveau se poser la question de notre représentativité en termes plus larges</strong> et méditer la formule de Montesquieu<code> </code>: «<code> </code>Le suffrage par le sort est la nature de la démocratie, le suffrage par le choix est de celle de l’aristocratie<code> </code>» (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/2/">Une nouvelle approche démocratique</a></em>).<br />
<span>   </span><br />
Mais ne tirons pas trop sur Rachida Dati <em><span> </span>intuitu personae</em>. Elle est au fond très représentative d&#8217;<strong>une certaine manière de «<code> </code>faire de la politique<code> </code>» personnifiée par son mentor, Nicolas Sarkozy, pour lequel tout n&#8217;est que communication et mise en scène</strong>. Pour lui et ceux qui l&#8217;entourent, peu importe les résultats, seule compte la perception que les électeurs en auront, le décor de théâtre qu&#8217;ils «<code> </code>achèteront<code> </code>», l&#8217;image qu&#8217;ils auront du pouvoir. Quand on a été élevé à telle école, passer des heures à négocier un texte en commission en se confrontant aux points de vue grecs et irlandais, c&#8217;est de la science-fiction<code> </code>!<br />
<span>   </span><br />
Rachida Dati devrait pourtant savoir qu&#8217;<strong>aujourd&#8217;hui, c&#8217;est au niveau européen que se situe le pouvoir politique</strong>, que c&#8217;est là que se prennent les véritables décisions (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/">Poursuivre le chemin ou changer d’Europe</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/page/5/">Quatre enjeux pour l’Europe</a></em>), celles adoptées au niveau national n&#8217;étant que la traduction locale d&#8217;orientations qui concernent 500<code> </code>millions d&#8217;habitants. Même si les hommes et femmes politiques de chaque État font encore trop souvent «<code> </code>comme si<code> </code>»<code> </code>: comme si, au fond, ils détenaient beaucoup plus de pouvoir qu’ils n’en disposent en réalité.<br />
<span>   </span><br />
Mais surtout, <strong>les décisions politiques européennes sont le fruit d’un travail collectif et d’un compromis entre des intérêts ou des visions parfois totalement divergents</strong>. Pour être efficace dans un tel contexte, mieux vaut posséder de réelles capacités de leader –<code> </code>charisme, obstination, exemplarité, vision à long terme, capacité de convaincre<code> </code>– et savoir faire preuve d’opiniâtreté et de résistance lors de négociations, que d’avoir un ego surdimensionné qui aboutit à ne comprendre et à n’intégrer que sa seule vision dans une négociation.<br />
<span>   </span><br />
Le processus législatif européen est un travail de couturière, minutieux, patient, difficile, qui s&#8217;accommode mal des feux de la rampe et semble extravagant à une femme habituée à porter de la haute couture sans la payer.<br />
<span>   </span><br />
Fruits de la société du spectacle, uniquement soucieux de paraître, Rachida et les autres se comportent comme des enfants capricieux, totalement inadaptés à cet environnement politique en gestation. Immatures et narcissiques, au fond incapables de «<code> </code>penser la complexité<code> </code>», «<code> </code>penser collectif<code> </code>» et, tout simplement, de «<code> </code>penser demain<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
©<em> La Lettre du Lundi</em> 2009<span>   </span><br />
<strong>Autres billets sur le thème de l’Europe<code> </code>:</strong><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/">Sarkozy a changé l’Union européenne<code> </code>: pour le meilleur ou pour le pire<code> </code>?</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/2/">Le divorce européen</a></em><br />
<em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/page/4/">L’alternative stratégique</a></em><o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://lalettredulundi.fr/2009/12/19/rachida-ou-le-mepris-du-peuple/feed/</wfw:commentRss>
		</item>
		<item>
		<title>Restore Hope</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/13/restore-hope/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 16:54:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Point n&#8217;est besoin d&#8217;espérer pour entreprendre,
ni de réussir pour persévérer.

Charles le Téméraire (1433-1477)

   
Restore Hope. Redonner de l&#8217;espoir. Vous vous rappelez ? C&#8217;était le nom de l&#8217;opération américaine en Somalie en 1993. L&#8217;objectif était alors de stabiliser le pays, de « redonner de l&#8217;espoir » à une population épuisée par des années de guerre civile.
   [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 100pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt">Point n&#8217;est besoin d&#8217;espérer pour entreprendre,<br />
ni de réussir pour persévérer.<br />
</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 100pt; text-align: right" align="right"><span style="font-size: 9pt">Charles le Téméraire (1433-1477)<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 100pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt"></span></em></p>
<p><span>   </span><br />
Restore Hope. Redonner de l&#8217;espoir. Vous vous rappelez ? C&#8217;était le nom de l&#8217;opération américaine en Somalie en 1993. L&#8217;objectif était alors de stabiliser le pays, de «<code> </code>redonner de l&#8217;espoir<code> </code>» à une population épuisée par des années de guerre civile.<br />
<span>   </span><br />
Redonner de l&#8217;espoir, les Français en auraient également bien besoin, épuisés et désenchantés après 30<code> </code>mois de Sarkozy à l&#8217;Élysée, et autant à venir avant la prochaine élection présidentielle. Mais comment atteindre cet objectif, même dans la meilleure des configurations<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
La meilleure des configurations, c&#8217;est l&#8217;élection d&#8217;un autre candidat que Sarkozy en 2012, qu&#8217;il soit issu de la gauche (Aubry, Hollande, Royal&#8230;), du centre ou de la droite (Bayrou, de Villepin, Strauss-Kahn&#8230;). À ce stade, nous n&#8217;allons pas nous poser la question du «<code> </code>qui<code> </code>» mais surtout de la <strong>faisabilité de «<code> </code>redonner l&#8217;espoir<code> </code>»</strong> ainsi que de la méthode qui pourrait être employée pour y parvenir.<br />
<span>   </span><br />
Nous disposons pour cela d&#8217;un exemple outre-Atlantique<code> </code>: Obama. Après huit années Bush calamiteuses, <strong>il a été élu avec la promesse de redonner de l&#8217;espoir</strong> à une population confrontée à peu près aux mêmes problèmes structurels qu&#8217;en France.<br />
<span>   </span><br />
Avec quels résultats<code> </code>? Il faut reconnaître qu&#8217;ils sont <strong>très mitigés</strong><code> </code>: en Afghanistan, en Irak, à Guantánamo, rien n&#8217;a spectaculairement changé depuis les années Bush (la promesse de fermer rapidement Guantánamo n&#8217;a notamment pas été tenue et Obama engage de nouvelles troupes en Afghanistan). Quant à la réforme du système de santé américain, elle s&#8217;enlise dans des débats sans fin et une guerre de tranchées<code> </code>: sans trop se tromper, on peut prévoir qu&#8217;à terme la montagne accouchera d&#8217;une souris. Enfin, dans le domaine de la fiscalité, l&#8217;idéologie libérale selon laquelle il faut constamment baisser les impôts est devenue un dogme. Résultat<code> </code>: les écarts de fortune, le <em>gap</em> entre riches et pauvres, continuent d&#8217;augmenter sous l&#8217;administration Obama.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Pourquoi un tel désenchantement<code> </code>? Et la situation serait-elle </strong><strong>très différente en France si, d’aventure, une alternative à Sarkozy emportait l’Élysée en 2012<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Il faut être lucide. À moins d’un véritable bouleversement – une révolution en fait – dont les signes avant-coureurs sont aujourd’hui très faibles, la réponse la plus réaliste et la plus honnête que l’on puisse avancer aujourd’hui est «<code> </code><strong>Probablement pas</strong><code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
<strong>Trois raisons principales</strong> expliquent ce constat, pessimiste à première vue<code> </code>:<br />
<span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● En premier lieu, <strong>le pouvoir sans cesse croissant, ahurissant diront certains, pris par les lobbies dans la prise de décision publique</strong> (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/2/">De la contagion des mauvaises habitudes</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/10/04/au-royaume-du-danemark/">Au royaume du Danemark</a></em>). Comme le résume l’économiste américain Jeffrey Sachs dans un récent article, «<code> </code>La pression exercée dans les coulisses par les (grandes entreprises américaines) domine désormais toute négociation, dont le public est exclu<code> </code>».<br />
On pourrait en dire de même en France<code> </code>: les lobbies (automobile, armement, banques, bâtiment, nucléaire notamment…) ont enserré l’ensemble des «<code> </code>corps constitués<code> </code>» (gouvernement, Parlement, administrations centrales, mairies, conseils régionaux et généraux…) dans un réseau d’influence tellement efficace qu’il est aujourd’hui quasiment impossible de sortir de la toile d’araignée. <strong>La République est contrôlée par les très grandes entreprises.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● En second lieu, <strong>la quasi-totalité du personnel politique de «<code> </code>haut niveau<code> </code>»</strong> (gouvernement, Parlement, présidents d’assemblées régionales, leaders d’opposition…), <strong>qu’il soit de droite ou de gauche, est issue du même moule de pensée</strong>, fait partie de la même caste dirigeante, isolée du reste de la population.<br />
Attention ! Il ne s’agit pas là d’un discours stigmatisant les «<code> </code>tous pourris<code> </code>» et ayant pour objectif de discréditer l’ensemble du personnel politique, simplement la triste constatation d’une «<code> </code>congélation<code> </code>» de la vie et des idées politiques, d’une absence de pensée véritablement différente et novatrice parmi ce personnel politique dit de haut niveau.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt">● Enfin, <strong>le niveau des changements à entreprendre</strong>, véritablement «<code> </code>révolutionnaires<code> </code>», <strong>supposerait</strong> une coordination ou – mieux – <strong>une coopération à l’échelle mondiale</strong>. Et, à ce jour, seules les très grandes entreprises, expertes dans l’art du lobbying, disposent de cette capacité de coordination au niveau mondial. Les États, divisés, sont impuissants. Retour à la case départ.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt">Quels sont ces changements dont la France (mais pas elle seulement…) a besoin pour réduire l’écart sans cesse croissant entre riches et pauvres, entre communautés… bref pour redonner un sens au concept de « nation » abordé dans un récent billet (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/15/nation-et-identite-nationale/">Nation et identité nationale</a></em>)<code> </code>?</p>
<p>L’essentiel de la réponse, le cœur du dispositif, se résume en trois points, écho des trois raisons énoncées ci-dessus<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><strong>1. Un préalable<code> </code>: la réduction drastique de l’influence des lobbies.</strong> Si l&#8217;on souhaite que cette disposition ne reste pas un vœu pieux, il faut la graver dans le marbre, c&#8217;est-à-dire dans la Constitution<code> </code>: tout lobbying doit être purement et simplement interdit, et jugé inéligible tout candidat qui entretient des liens manifestes avec des groupes de pression constitués.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><strong>2. Une fiscalité radicalement différente.</strong> Imposer plus lourdement les gains du capital et la détention d&#8217;un patrimoine afin de réduire la pression fiscale sur les gains du travail, supprimer le bouclier fiscal et imposer fortement les gains élevés (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/22/trois-elements-de-diagnostic/">Trois éléments de diagnostic</a></em>). Mesures révolutionnaires<code> </code>? Peut-être aujourd&#8217;hui, mais classiques si on les remet en perspective<code> </code>: aux États-Unis, sous la présidence d’Eisenhower, peu suspect de sympathie à l’égard des doctrines marxistes, le taux d&#8217;imposition sur les revenus les plus élevés était de 91<code> </code>%…</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 42.55pt; text-indent: -7.1pt; line-height: 12pt"><strong>3. Un contrôle très serré des banques et des établissements financiers</strong>. La finance mondiale, avec ses jeux de spéculation et ses mouvements de capitaux sans aucun rapport avec l&#8217;économie réelle, se comporte aujourd&#8217;hui comme la cargaison non accrochée d&#8217;un bateau en pleine tempête, accentuant et aggravant les déséquilibres existants.<br />
Comme les États de l&#8217;Europe naissante avaient décidé, en 1950, de contrôler la production et la distribution de charbon et d&#8217;acier - matières alors stratégiques – en créant la CECA, les États de l&#8217;Europe de 2010 doivent contrôler les capitaux, dont l&#8217;emploi actuel, orienté vers la spéculation et non vers «<code> </code>l&#8217;économie réelle<code> </code>» (notamment le financement des entreprises), est dangereusement contre-productif.</p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt">Tout cela semble bien loin et surtout bien utopique dans les circonstances actuelles. C&#8217;est pourquoi le réalisme doit l&#8217;emporter<code> </code>: un changement de conducteur au sommet de l&#8217;État pourrait certes permettre d’ouvrir l&#8217;airbag un peu plus tôt et de réduire la gravité des blessures mais, pour éviter l&#8217;accident, cette condition ne sera pas suffisante.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 12pt"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© La Lettre du Lundi 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Afghanistan : des objectifs de plus en plus flous, des budgets de plus en plus fous</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/12/06/afghanistan-des-objectifs-de-plus-en-plus-flous-des-budgets-de-plus-en-plus-fous/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 21:09:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Des objectifs de plus en plus flous

Au début, il fallait capturer Ben Laden qui se cachait en Afghanistan. Et détruire Al-Qaïda. Tous deux responsables des attentats du 11 septembre 2001.
   
Puis il fallut combattre leurs complices, les Talibans.
Puis il fallut combattre le terrorisme en général, mais toujours en Afghanistan.
Puis il fallut instaurer la démocratie.
Puis il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><u>Des objectifs de plus en plus flous<br />
<span></span><br />
</u>Au début, il fallait capturer Ben Laden qui se cachait en Afghanistan. Et détruire Al-Qaïda. Tous deux responsables des attentats du 11 septembre 2001.<br />
<span>   </span></p>
<p>Puis il fallut combattre leurs complices, les Talibans.<br />
Puis il fallut combattre le terrorisme en général, mais toujours en Afghanistan.<br />
Puis il fallut instaurer la démocratie.<br />
Puis il fallut instaurer la démocratie au centre de Kaboul.<br />
Puis il fallut envisager d’explorer la possibilité de négocier avec les «<code> </code>bons<code> </code>» Talibans.<br />
Tout en envisageant d’étendre le conflit au Pakistan, partie prenante de longue date.<br />
<span>   </span><br />
<u>Des budgets de plus en plus fous</u></p>
<p>Et qui vont augmenter. Cela tombe bien, nous sommes en profonde récession…<br />
Après avoir résisté au mieux quelques mois à l’Establishment, le président Barack Obama se range à la décision d’augmenter son nombre de soldats pour une aussi noble cause.<br />
Et de donner l’ordre, OTAN oblige, à Nicolas Sarkozy de faire un effort supplémentaire de 1<code> </code>500<code> </code>soldats français.<br />
Ce qui portera notre contingent sur place à presque 5<code> </code>000<code> </code>hommes.<br />
Seule concession<code> </code>: ce sera après la conférence du 28<code> </code>janvier 2010 qui doit réunir le Président Hamid Karzaï et les pays présents sur place. Cette conférence sera bien maîtrisée<code> </code>: elle se déroulera à Londres.<br />
<span>   </span><br />
En plein marasmes social, économique et financier nous ne trouvons rien de mieux que de faire la guerre. Trois questions se posent d’évidence<code> </code>:</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> Combien cela coûte-il réellement<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> Quel est l’objectif réel à atteindre pour un tel investissement<code> </code>?</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> Quel est le calendrier<code> </code>?</p>
<p>Ne serait-il pas temps d’engager un débat démocratique sur le sujet<code> </code>?</p>
<p>Car, petit détail, c’est au nom de la démocratie que nous agissons de la sorte.<br />
<span>   </span><br />
Une guerre juste, disaient-ils à une époque…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
<p>Sur le même sujet :<br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/01/de-di%E1%BB%87n-bien-ph%E1%BB%A7-a-kaboul/">De Điện Biên Phủ à Kaboul</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/05/lafghanistan-tombeau-de-nos-ambitions-infondees/">L’Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/">Quelle autonomie stratégique pour la France ?</a><br />
<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/page/3/">OTAN : tout ce qu’on vous cache</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>OPA sur les religions</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/29/opa-sur-les-religions/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/11/29/opa-sur-les-religions/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 17:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2009/11/29/opa-sur-les-religions/</guid>
		<description><![CDATA[religion, christianisme, islam, judaïsme, laïcité]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dans la haute « Pyramide de la paix », tout en verre, au centre de la ville d’Astana, sa capitale, que le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, a invité début juillet<code> </code>2009 une quinzaine de délégations internationales représentant l’islam, le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, l’hindouisme, le shintoïsme et le zoroastrisme.<br />
<span>   </span><br />
Ce pays a des frontières communes avec la Russie, la Chine, les quatre petites républiques musulmanes d’Asie Centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan, Kirghizistan) et, à travers celles-ci, avec l’Iran et l’Afghanistan. Il est immense, cinq fois la France, peu peuplé, 15<code> </code>millions d’habitants mais surtout rassemble 130<code> </code>groupes ethniques (Russes, Kazakhs, Kirghizes, Ouzbeks, Tadjiks notamment) et, <em>last but not least</em>, 45<code> </code>confessions religieuses (47<code> </code>% de musulmans sunnites, 42<code> </code>% d’orthodoxes russes, 3<code> </code>% de catholiques, 1<code> </code>% de juifs, des protestants…), bref une mosaïque d’ethnies et de religions qui peut justifier, à elle seule, le souci de donner à chacune sa place afin de consolider la paix civile.<br />
<span>   </span><br />
Selon son biographe anglais, Jonathan Aitken, le président Nazarbaïev chercherait à fonder le Kazakhstan sur les principes de liberté et de tolérance religieuses, et à protéger le pays de tout extrémisme.<br />
<span>   </span><br />
Cette démarche est-elle sincère<code> </code>? Elle a, en tout cas, la constance comme caractéristique, puisque c’est la troisième rencontre de ce type, après celles de 2003 et 2006 organisées par le président kazakh.<br />
<span>   </span><br />
On peut aussi ne pas être insensible au niveau de responsabilité de certains participants<code> </code>: Shimon Peres, actuel président d’Israël, Medhi Mostafavi, conseiller du président iranien Ahmadinejad, le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, Yona Metzger, grand rabbin d’Israël, Adamakis Emmanuel, métropole grec-orthodoxe de France, le cheikh Abdullah Al-Turki, secrétaire général de la Ligue mondiale des musulmans, Marco Impagliazzo, président de la communauté catholique Sant’Egidio, communauté qui s’illustre souvent par ses démarches aidant les ennemis aujourd’hui en lutte à rechercher la paix entre eux.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, des personnes haut placées à l’intérieur de chaque religion ont-elles jugé utile de participer à ce forum. Il s’agit d’une reconnaissance de fait de l’importance qu’ils attachent à ces rencontres inter-religieuses, même avec des arrière-pensées non religieuses évidentes pour certains politiques, ce qui d’ailleurs ne doit pas être considéré négativement a priori.<br />
<span>   </span><br />
D’autres rencontres inter-religieuses du même type ont eu lieu dans plusieurs parties du monde. <strong>Comment interpréter cet intérêt des pouvoirs civils pour les institutions religieuses et la participation de celles-ci à ces rencontres officielles<code> </code>?</strong> S’agit-il seulement d’une instrumentalisation des religions par les gouvernants et d’une quête d’influence via les religions<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Quand George W.<code> </code>Bush disait sa prière avant chaque réunion à la Maison Blanche, quand il classait certains pays, avec l’appui des protestants fondamentalistes, dans «<code> </code>l’axe du mal<code> </code>», y avait-il autre chose qu’une tentative d’utiliser au profit de sa politique les croyances religieuses de certains de ses compatriotes<code> </code>? S’agit-il, pour les églises fondamentalistes, de renforcer leur audience auprès des peuples du monde entier, et, corrélativement, leurs ressources financières<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Quand Nicolas Sarkozy prononce au palais du Latran, à Rome, devant le pape Benoît<code> </code>XVI, un discours plaçant le curé au-dessus de l’instituteur, <strong>y a-t-il autre chose qu’une tentative de séduction de la partie de son électorat proche de l’Église catholique<code> </code>?</strong> S’agit-il, par exemple, d’un des innombrables chapitres de son incessant story-telling dans le but d’occuper l’actualité pour faire oublier aux Français leurs soucis quotidiens<code> </code>? Côté église catholique de France, on n’a pas remarqué de réactions fortes, favorables ou défavorables, à ce discours. Celle-ci est-elle gênée de cette promotion de ses clercs par le pouvoir<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Quand Vladimir Poutine soutient avec constance l’église orthodoxe russe comme, en son temps, Milosevic, l’église orthodoxe serbe, y a-t-il autre chose qu’une culture intensive d’une alliance de l’église et du pouvoir qui perdure depuis plusieurs siècles<code> </code>? S’agit-il, par exemple, de «<code> </code>tenir<code> </code>» aujourd’hui avec l’aide des popes, des peuples accablés de souffrance depuis la chute de l’URSS ou l’éclatement de l’ex-Yougoslavie<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
L’<strong>utilisation de la religion par le pouvoir civil</strong> ne date pas d’aujourd’hui. En France, le roi Charles<code> </code>IX et sa mère Catherine de Médicis sont réputés avoir ordonné le massacre des leaders protestants, le jour de la Saint Barthélémy, sous un prétexte religieux, en réalité pour se débarrasser d’adversaires dont le pouvoir financier et économique menaçait de plus en plus le pouvoir du roi. À l’inverse, Henri<code> </code>IV a, par son édit de Nantes, garanti le pouvoir des protestants pour obtenir leur appui au pouvoir royal. Et quand Louis<code> </code>XIV s’est senti assez sûr de lui, il a révoqué cet édit de Nantes afin de mieux contrôler les peuples du royaume avec l’aide de la seule église catholique. En Angleterre, le roi Henri<code> </code>VIII, excommunié par le Pape suite à son divorce, a créé une église anglicane autonome pour s’affranchir de l’autorité papale…<br />
<span>   </span><br />
Le <strong>retour du religieux</strong> que l’on observe depuis une trentaine d’année dans plusieurs pays du monde est un phénomène complexe.<br />
<span>   </span><br />
Il importe en premier lieu d’effectuer une distinction<code> </code>: dans les pays développés occidentaux et, dans une certaine mesure, en Amérique latine et en Afrique subsaharienne pour les fidèles des églises chrétiennes évangéliques, il s’agit d’une quête de «<code> </code>sens<code> </code>» ou de «<code> </code>valeurs<code> </code>» ou tout simplement de «<code> </code>dignité<code> </code>». Dans certains pays musulmans, il faut plutôt parler d’une prise de pouvoir sous le couvert de la religion (république islamiste d’Iran, mouvement palestinien Hamas, Talibans afghans et pakistanais, parti AKP en Turquie), face à un Occident «<code> </code>matérialiste et aux mœurs décadentes<code> </code>».<br />
<span>   </span><br />
En France, face à cette évolution multiforme, nous pouvons nous appuyer sur le <strong>concept de laïcité à la française</strong> qui, au fil des décennies, a perdu beaucoup de son contenu antireligieux d’origine pour parvenir à une tolérance et un respect mutuels entre croyants et athées ou agnostiques. Tolérance et respect mutuels que le président Sarkozy met à mal par ses discours comme celui du palais du Latran, affaiblissant l’unité de la nation française.<br />
<span>   </span><br />
Nous ne prétendons pas apporter une réponse tranchée aux questions posées ci-dessus ni détenir la seule et unique vérité. Ce qui nous paraît essentiel, c’est que les citoyens s’interrogent sur ces évolutions, que les opinions s’échangent afin d’éclairer ce phénomène politico-religieux qui influence en profondeur les relations internationales et les politiques des États.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Trois éléments de diagnostic</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/22/trois-elements-de-diagnostic/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Nov 2009 19:18:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2009/11/22/trois-elements-de-diagnostic/</guid>
		<description><![CDATA[Il en est des États comme des individus : à intervalles réguliers, il est sérieusement conseillé de vérifier un certain nombre de paramètres-clés afin de pouvoir établir un diagnostic sur leur état de santé.
   
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’état de santé démocratique de la France en relevant trois éléments susceptibles de nous aider à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il en est des États comme des individus : à intervalles réguliers, il est sérieusement conseillé de vérifier un certain nombre de paramètres-clés afin de pouvoir établir un diagnostic sur leur état de santé.<br />
<span>   </span><br />
Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’<strong>état de santé démocratique de la France</strong> en relevant trois éléments susceptibles de nous aider à poser un diagnostic<code> </code>:</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> la <strong>situation des libertés publiques</strong>. De quelles garanties le citoyen lambda dispose-t-il face à l’État et à toute la technostructure qui l’environne<code> </code>?</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> l’<strong>état de la corruption</strong>. La France (ses entreprises, ses élus, ses citoyens…) est-elle un pays corrompu si on la compare à ses principaux voisins<code> </code>?</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><span style="font-family: 'Wingdings 2'"><span></span></span> l’<strong>égalité économique entre citoyens</strong>. Il n’est de bonne République qu’entre citoyens ayant des niveaux de revenu et de fortune dont les disparités sont acceptées par le plus grand nombre. Où en sommes-nous sur ce plan<code> </code>?</p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 0cm; text-indent: 0cm"><strong><br />
<span>   </span><br />
<u>Libertés publiques</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Il y a quelques mois, nous avions analysé dans un billet hebdomadaire (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em>) le niveau de démocratie de notre système politique, avec un «<code> </code>zoom<code> </code>» tout particulier sur la question des libertés publiques. Quelle a été l’évolution depuis février<code> </code>2009<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
Inquiétante, pourrait-on dire. De la très controversée <strong>loi Hadopi</strong> à la récente déclaration du bâtonnier de Paris, Me Christian Charrière-Bournazel, qui estime que l’arrêt <em>Salduz c/ Turquie </em>rendu par la Cour européenne des droits de l’homme permet dès à présent aux avocats d’obtenir l’annulation des procédures judiciaires basées sur les déclarations d’un suspect faites en l’absence de son avocat, en passant par la <strong>future création d’un «<code> </code>Défenseur des droits<code> </code>»</strong> qui remplacerait le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants et la Commission nationale de déontologie de la sécurité, tout concourt à renforcer le «<code> </code>faisceau d’indices inquiétants<code> </code>» que nous avions décrit.<br />
<span>   </span><br />
En neuf mois, celui-ci s’est enrichi de nouveaux éléments, transformant de plus en plus la France en une «<code> </code><strong>démocratie sous contrôle</strong><code> </code>» plus proche d’un «<code> </code>modèle africain<code> </code>» que d’une social-démocratie scandinave.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Corruption<br />
</u></strong><br />
L’indice 2009 de perception de la corruption publié par l’ONG <em>Transparency International</em> place la <strong>France au 23<sup>e</sup> rang mondial</strong>, quelque part entre le Qatar et le Chili, loin derrière les «<code> </code>premiers de la classe<code> </code>» que sont la Nouvelle-Zélande, le Danemark ou Singapour, nettement derrière l’Allemagne, notre principal partenaire, qui se situe au 14<sup>e</sup> rang.</p>
<p>Comme le souligne l’organisation, «<code> </code><span>plusieurs annonces de réforme dans le domaine de la justice ne laissent pas d’inquiéter à l’étranger sur la volonté française de faire la lumière sur les dossiers politico-financiers de grande ampleur<code> </code>». L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dans une résolution adoptée le 30<code> </code>septembre 2009, a ainsi appelé la France à «<code> </code>revoir le projet de suppression des juges d’instruction<code> </code>» afin «<code> </code>d’éviter (de donner) l&#8217;impression que cette réforme vise à protéger la classe politique de tout contrôle judiciaire<code> </code>».</span></p>
<p>En d’autres termes, <strong>nos partenaires européens s’inquiètent de l’évolution de type «<code> </code>république bananière<code> </code>» qu’est en train de prendre la France sous prétexte de «<code> </code>rationaliser<code> </code>» sa justice.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Égalité économique entre citoyens</u></strong></p>
<p>Sur ce plan, l’ensemble des rapports publiés par l’INSEE délivre un message sans équivoque : <strong>lentement mais sûrement, les inégalités économiques s’accroissent, les écarts se creusent</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, en 10 ans, <strong>les 0,1<code> </code>% de salariés les mieux rémunérés</strong> (environ 13<code> </code>000<code> </code>personnes en France) <strong>ont vu leur salaire mensuel progresser de 28<code> </code>%</strong>, inflation déduite, soit un gain de 5<code> </code>426<code> </code>€ par mois (oui, par mois…) <strong>alors que 90<code> </code>% des salariés n’ont enregistré aucune progression significative</strong>.<br />
<span></span><span></span></p>
<p><span></span>Conséquence logique, en termes de niveau de vie, ce sont les 10<code> </code>% de Français ayant déjà le niveau de vie le plus élevé il y a 10<code> </code>ans qui ont vu celui-ci progresser le plus nettement. Et l’INSEE d’ajouter<code> </code>: «<code> </code>les personnes situées dans les groupes intermédiaires (en clair, les classes moyennes) ont pu avoir l’impression de se faire rattraper par le bas… et distancer par le haut.<code> </code>» En termes plus directs, ce phénomène a un nom<code> </code>: la <strong>stagnation-paupérisation des classes moyennes</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Enfin, cerise sur le gâteau, «<code> </code>le patrimoine est encore plus concentré que les niveaux de vie<code> </code>». En clair, si vous pouvez encore à peu près «<code> </code>vous en sortir<code> </code>» en voyant cependant doucement couler votre barque «<code> </code>salaire et niveau de vie<code> </code>», ne rêvez pas en ce qui concerne «<code> </code>la constitution d’un patrimoine<code> </code>» dont les banques vous rebattent les oreilles.<br />
<span>   </span><br />
Comme le dit l’INSEE dans son inimitable langage macro-économique, <strong>les «<code> </code>transferts intergénérationnels (héritages, donations…) … tendent à reproduire les inégalités<code> </code>»</strong> alors que, dans le même temps, Sarkozy nous annonce<code> </code>: «<code> </code>J’ai supprimé les droits de succession parce que je crois au travail et que je crois à la famille.<code> </code>» Cette suppression des droits de succession via la loi TEPA qu’il s’est empressé de faire voter à peine élu n’a en fait que favorisé la concentration du patrimoine et du capital.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Libertés publiques en déclin, corruption toujours aussi bien portante, inégalités économiques croissantes entre citoyens, <strong>le bilan à mi-mandat de Sarkozy est remarquable</strong>, au sens étymologique du terme. Sur un mode ironique, on pourrait lui dire<code> </code>: <strong>encore un effort</strong> (un second mandat par exemple) <strong>et la France ressemblera plus à un pays en voie de développement ou à la Russie de Poutine qu’au pays des Droits de l’Homme et du Citoyen</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Nation et identité nationale</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/15/nation-et-identite-nationale/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 16:58:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans son discours du 12 novembre à La-Chapelle-en-Vercors, le Prince a décidé de relancer le grand débat sur « l’identité nationale ». Excellente occasion de faire sérieusement le point sur cette question fondamentale.
Mais, au préalable, pourquoi utiliser le terme d’« identité nationale » et non de « nation » ? Ce choix sémantique n’est ni neutre, ni innocent. L’« identité » est propre à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans son discours du 12 novembre à La-Chapelle-en-Vercors, le Prince a décidé de relancer le grand débat sur «<code> </code>l’identité nationale<code> </code>». Excellente occasion de faire sérieusement le point sur cette question fondamentale.</p>
<p>Mais, au préalable, <strong>pourquoi utiliser le terme d’«<code> </code>identité nationale<code> </code>» et non de «<code> </code>nation<code> </code>»<code> </code>? Ce choix sémantique n’est ni neutre, ni innocent.</strong> L’«<code> </code>identité<code> </code>» est propre à chaque individu, alors que <strong>la nation forme un tout, incarne l’ensemble d’un corps social</strong>. Sous-entendu, alors qu’on ne choisit pas nécessairement d’appartenir à une nation (on en fait partie «<code> </code>naturellement<code> </code>» via ses origines familiales, son lieu de naissance, son histoire personnelle…), on doit faire individuellement le choix de son identité nationale, s’en montrer «<code> </code>digne<code> </code>» en quelque sorte.</p>
<p>Pour apporter des éléments à ce débat, une relecture de l’excellent ouvrage «<code> </code><em><a href="http://www.amazon.fr/Quest-ce-quune-nation-Ernest-Renan/dp/2842051785/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1258287449&amp;sr=1-2">Qu’est ce qu’une nation<span style="font-style: normal"><code> </code>?</span></a></em><code> </code>» d’Ernest Renan, s’imposait. Il fallait prendre aussi la peine d’écouter le <a href="http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&amp;cat_id=7&amp;press_id=3094&amp;lang=fr">discours prononcé par Sarkozy</a> le 12<code> </code>novembre 2009.</p>
<p>Entre le grand philosophe et le médiocre Prince, inculte, au cerveau étroit, dont le discours fut pourtant préparé par les meilleures plumes de l‘establishment élyséen, la différence de hauteur de vue, de maîtrise du sujet et de vision de l’avenir est saisissante.</p>
<p>Que nous dit Renan<code> </code>? C’est très clair. Qu’<strong>une nation</strong>, ce n’est ni une même origine raciale, ni une langue commune, ni une communauté d’intérêts, ni un prédéterminé géographique, mais d’une part <strong>«<code> </code>la possession en commun d’un riche legs de souvenirs<code> </code>»</strong>, d’autre part <strong>«<code> </code>le désir de vivre ensemble<code> </code>»</strong>.</p>
<p>Renan nous rappelle aussi qu’«<code> </code>avoir souffert ensemble<code> </code>» fait partie des souvenirs communs et que «<code> </code><strong>oui, la souffrance en commun unit plus que la joie</strong><code> </code>» car, pour constituer une nation, «<code> </code>les deuils valent mieux que les triomphes<code> </code>».</p>
<p>Visionnaire (le texte date de 1882), il ajoute enfin : <strong>«<code> </code>Les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera.<code> </code>»</strong></p>
<p><strong>Quand on a lu Renan, écouter Sarkozy donne simplement la nausée.</strong> D’un Président de la République responsable, d’un Président de la République digne de ce nom, on attendrait qu’il dise à peu près ceci<code> </code>:</p>
<p>«<code> </code><em>Vivent aujourd’hui sur le sol de France des Français originaires de nos anciens départements – l’Algérie -, de nos anciens protectorats ou colonies – l’Afrique subsaharienne. Avec ces Français, les Français d’origine métropolitaine ont des souvenirs communs parfois douloureux<code> </code>: domination, colonialisme, humiliations, guerres parfois. Ces souvenirs communs douloureux, nous devons les accepter, les reconnaître, les regarder en face, ensemble, sans les juger indéfiniment car il ne sert à rien de vouloir réécrire éternellement l’histoire, sans les nier non plus car occulter le passé ne les fera pas disparaître.</em></p>
<p><em>Une fois ces souvenirs douloureux mutuellement reconnus, posons-nous la question<code> </code>: voulons-nous vivre ensemble<code> </code>? Et, surtout, avons-nous un autre choix raisonnable que de répondre par l’affirmative<code> </code>?</em></p>
<p><em>Dans ce cas, acceptons l’autre tel qu’il est. Ne cherchons pas, d’un côté ou de l’autre, à imposer unilatéralement une culture ou un mode de vie, gommons les aspects qui indisposent le plus l’autre pour n’avoir en tête qu’un objectif<code> </code>: nous faisons partie d’une même nation et, dans quelques générations, rien ne devra pouvoir distinguer nos enfants.<code> </code>»</em></p>
<p>Dans cette optique, l’interdiction du port de la burka (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/11/08/la-burka-contre-la-dignite-humaine/">La burka contre la dignité humaine</a></em>) apparaît comme une conséquence logique, la mise en œuvre d’un souhait mutuel de gommer les aspects culturels qui indisposent le plus l’autre, la volonté commune de respect de la dignité humaine. Son interdiction est alors vue «<code> </code>positivement<code> </code>», non comme la répression ou l’opprobre à l’égard d’une «<code> </code>autre catégorie de Français<code> </code>».</p>
<p>Hélas ! <strong>Nous avons pour Président un être médiocre, aux courtes visées électoralistes, constamment à l’affut des électeurs et des thèmes nauséabonds du Front national.</strong></p>
<p>Pour Sarkozy, une nation est «<code> </code>un principe spirituel qui se nourrit de la noblesse des cœurs, de la beauté des âmes, de la fermeté des caractères<code> </code>». Belle phrase, mais lourde de conséquences<code> </code>: exit les faibles, les mous, les gens ordinaires en somme, ils ne «<code> </code>nourrissent<code> </code>» pas la nation, ils ne sont pas dignes d’en faire partie. Mettez cette phrase dans un autre contexte, on n’est plus très loin de <em>Mein Kampf</em>…</p>
<p>Après une longue tirade sur la grandeur de la culture française (particulièrement savoureuse de la part d’un homme qui conchie <em>La Princesse de Clèves</em>), Sarkozy mélange (volontairement) tout<code> </code>: «<code> </code>La France est un pays de tolérance et de respect<code> </code>» (on ne peut évidemment que souscrire à une telle affirmation) pour ajouter aussitôt<code> </code>: «<code> </code>on ne peut pas vouloir bénéficier de la Sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays<code> </code>» avant de continuer en dénonçant les «<code> </code>mauvais<code> </code>» Français, tenant des propos plus proches de ceux d’un chef de l’État français sous Vichy que d’un Président de la Cinquième République.</p>
<p>Et pourquoi y a-t-il de mauvais Français<code> </code>? Pourquoi la France va-t-elle mal<code> </code>? «<code> </code>D’où vient ce sentiment de désintégration civique et sociale<code> </code>?<code> </code>», nous demande le Prince…</p>
<p>«<code> </code>D’une forme de renoncement<code> </code>» répond-il<code> </code>: renoncement au travail, renoncement à l’autorité, etc. Bref, c’est uniquement la faute des individus, de certains individus, de certains «<code> </code>mauvais<code> </code>» Français qu’il montre du doigt, si la France va mal.</p>
<p><strong>Discours ignoble</strong> car, si le Prince n’allait pas chercher ses électeurs en jouant sur la haine et le rejet de l’autre, il saurait que la nation est plus grande que l’individu, que ce n’est pas en stigmatisant, en divisant arbitrairement les Français en «<code> </code>bons<code> </code>» et «<code> </code>mauvais<code> </code>», que l’on va renforcer la notion et le concept de nation.</p>
<p><strong>Discours indigne</strong> d’un Président de la République qui doit au contraire s’efforcer de rassembler l’ensemble des Français autour d’idées fortes et fédératrices et se comporter en Président de tous les Français, non en chef de clan ou de parti.</p>
<p><strong>Discours imbécile</strong> qui fait penser à ces analyses simplistes d’historiens des siècles passés qui expliquaient la chute de Rome par «<code> </code>le manque de grands hommes<code> </code>» et «<code> </code>la perte des valeurs morales<code> </code>».</p>
<p><strong>Discours mensonger</strong> lorsque Sarkozy ajoute<code> </code>: «<code> </code>J’ai supprimé les droits de succession parce que je crois au travail et que je crois à la famille.<code> </code>» Non, Sarkozy a (quasiment) supprimé les droits de succession (et de donation) pour permettre à la classe possédante de conserver et de transmettre les biens à ses héritiers sans aucune redistribution à l’État, donc à la collectivité, favorisant ainsi la concentration de la fortune.</p>
<p><strong>Discours provocateur et inquiétant</strong> quand Sarkozy conclut en disant<code> </code>: «<code> </code>Raison de plus pour ouvrir un débat qui va leur apprendre au fond ce qu’est l’identité nationale française.<code> </code>» Qui est ce «<code> </code>leur<code> </code>», si ce n’est les «<code> </code>mauvais<code> </code>» Français, d&#8217;origine douteuse, qu’il faut dénoncer, exclure, rejeter<code> </code>? À nouveau les relents de <em>Mein Kampf</em>… Un véritable Président aurait conclut en affirmant<code> </code>: «<code> </code><em>Raison de plus pour ouvrir un débat qui va nous permettre, tous ensemble, de définir ce que sera demain la nation française.</em><code> </code>»</p>
<p>Mais, pour tenir aujourd’hui un discours sur la nation qui réponde à celui de Renan prononcé il y a près de 130<code> </code>ans, encore faudrait-il qu’il y ait un Président de la République, et non un dangereux pitre, au sommet de l’État.</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		</item>
		<item>
		<title>La burka contre la dignité humaine</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/08/la-burka-contre-la-dignite-humaine/</link>
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		<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 20:16:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Après les plans de com’ Grenelle de l’environnement 1 et 2 pour chasser sur les terres écologiques, voila que revient sur le tapis la tarte à la crème de l’identité nationale, histoire de capter le vote du Front National à l’occasion des prochaines élections régionales. Avec toutes les confusions à la clef : identité, immigration, histoire, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après les plans de com’ Grenelle de l’environnement 1 et 2 pour chasser sur les terres écologiques, voila que revient sur le tapis la tarte à la crème de l’identité nationale, histoire de capter le vote du Front National à l’occasion des prochaines élections régionales. Avec toutes les confusions à la clef : identité, immigration, histoire, burka. Pour y voir plus clair, séparons chaque question et abordons aujourd’hui celle de la burka.<br />
<span>   </span><br />
Le recteur de la Grande mosquée de Paris<span>, </span>Dalil Boubakeur, déclarait le mercredi 28<code> </code>octobre que s’il fallait une loi sur le sujet, «<code> </code>ce serait une loi de sécurité publique<code> </code>», regrettant dans le même temps le retard pris pour traiter l’avancée du fondamentalisme religieux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>La question de l’interdiction éventuelle du port de la burka dans la rue touche aux fondements même de la République.<br />
<span>   </span><br />
</strong>Cette question n’est pas de même nature que le port de signes religieux à l’école ou dans les services publics qui contredisait directement la laïcité. Ici <strong>le débat porte sur l’idée que l’on se fait de la dignité des femmes</strong>, sachant que <strong>« le respect de la dignité humaine est une des composantes de l’ordre public ».<br />
<span>   </span><br />
</strong>Pourquoi sommes-nous aujourd’hui confrontés à une telle situation ?<br />
<span>   </span><br />
De discours, comme celui de Latran, en mise en cause de la loi de 1905, et en renoncements en tous genres sur le terrain de la promotion de la laïcité, les forces politiques ont une responsabilité réelle, à gauche comme à droite, les accords Lang-Cloupet troublant autant les esprits que les positions de Sarkozy.<br />
<span>   </span><br />
Physiquement et symboliquement, une burka rétrécit le regard, empêche la lumière de passer, supprime un visage humain identifiable, limite singulièrement la possibilité de dialogue. <strong>Peut-on vraiment faire librement le choix de se mettre dans un tel carcan<code> </code>?<br />
<span>   </span><br />
</strong>Les associations de défense des droits des femmes ont été auditionnées par la commission parlementaire mise en place pour traiter de cette question. Toutes ont souligné l’<strong>aspect dégradant d’une telle soumission et d’un tel enfermement</strong>. Ces points de vue et prises de position sont parfaitement compatibles avec le respect dû à la religion musulmane qui doit pouvoir vivre harmonieusement dans la société laïque française.<br />
<span>   </span><br />
La décision que prendra la France sera regardée par le monde entier<code> </code>: avant tout par l’immense majorité des musulmans qui refusent ce genre d’excès, mais aussi par ces millions de femmes en burka, battues, interdites d’école, de soins, de droits, qui espèrent un soutien international dans leur combat de tous les jours.<br />
<span>   </span><br />
Et puis, ne nous y trompons pas.<br />
<span>   </span><br />
La France des Lumières, des Droits de l’homme et du citoyen, celle de la laïcité et de l’égalité, est une France respectée du monde, pour peu qu’elle soit respectable dans la <strong>cohérence de ses décisions au regard des valeurs qu’elle a choisies</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Par cohérence avec ces valeurs, les radicalités, qu’elles soient politiques, sectaires ou religieuses, des fondamentalistes de tous bords, qui vectorisent autant de violence envers les individus et la collectivité, ne peuvent être tolérées plus longtemps, au risque de mettre en danger la cohérence et la pérennité de la société française.<br />
<span>   </span><br />
En conclusion, au nom de la dignité humaine, de son émancipation nécessaire, de l’égalité, de la laïcité, <strong>la burka doit être purement et simplement interdite en France</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi </em><span> </span>2009</p>
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		</item>
		<item>
		<title>De Điện Biên Phủ à Kaboul</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/11/01/de-di%e1%bb%87n-bien-ph%e1%bb%a7-a-kaboul/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 17:42:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Kaboul, mercredi 28 octobre : six employés de l’ONU meurent dans une attaque des Talibans. Ils préparaient le second tour des élections présidentielles, décidé après d’intenses négociations, dans un contexte de fraude estimée à 30 % des suffrages exprimés en faveur d’Hamid Karzaï. Deux heures plus tard, deux roquettes sont tirées contre les plus grands hôtels de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Kaboul, mercredi 28 octobre : six employés de l’ONU meurent dans une attaque des Talibans. Ils préparaient le second tour des élections présidentielles, décidé après d’intenses négociations, dans un contexte de fraude estimée à 30<code> </code>% des suffrages exprimés en faveur d’Hamid Karzaï. Deux heures plus tard, deux roquettes sont tirées contre les plus grands hôtels de la capitale.<br />
<span>   </span><br />
8 octobre 2009 : les Talibans attaquent à la voiture piégée l’ambassade d’Inde à Kaboul. 17<code> </code>morts, 80<code> </code>blessés. Le 7<code> </code>juillet 2008, la même ambassade avait déjà subi un terrible attentat qui avait coûté la vie à 58<code> </code>personnes, dont deux diplomates et deux soldats indiens.<br />
<span>   </span><span><span>   </span><br />
<strong>Au Pakistan voisin où le conflit s’étend, le bilan des attentats est encore plus lourd<code> </code></strong>: 100<code> </code>morts dans un attentat perpétré au bazar de Peshawar, 150<code> </code>morts les deux semaines précédentes. Le 10<code> </code>octobre 2009, à Islamabad, les mêmes Talibans ont effectué une nouvelle attaque contre le QG de l’armée, au cœur même d’un des secteurs les mieux sécurisés de la ville<code> </code>: 19<code> </code>morts.<br />
<span>   </span><br />
En résumé, <strong>nous sommes face à ce qu’il faut appeler un échec militaire</strong>, n’en déplaise au général Stanley Mc Chrystal, commandant en chef américain en Afghanistan, qui expliquait le mardi 29<code> </code>septembre au <em>Figaro</em> «<code> </code>Comment nous allons gagner en Afghanistan<code> </code>». En tout cas, certainement pas avec la collaboration du frère du Président Karzaï, trafiquant de drogue, recruté par la CIA il y a huit ans&#8230;<br />
<span>   </span><br />
En réalité, <strong>Barack Obama</strong> s’interroge sur la nécessité d’engager plus de troupes sur le théâtre afghan, donc il <strong>s&#8217;interroge sur l’opportunité de poursuivre cette guerre</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Cet échec militaire se double d’un échec politique.</strong><br />
<span>   </span><br />
En effet, <strong>les États Unis ne sont plus en mesure d’assumer leur tentative de domination sur l’exploitation et le transport du pétrole et du gaz d’Asie centrale et de la Caspienne vers l’Europe</strong>. Cette tentative, initiée </span><span>dans les années<code> </code>2000 via des pourparlers entre les différents protagonistes, a tourné court lors de </span><span>la rupture des négociations avec Leïla Helmes, nièce de l’ancien directeur de la CIA et représentante officielle du groupe Ben Laden aux États-Unis. Le différend portait principalement sur le pétrole de la Caspienne.<br />
<span>   </span><br />
La Russie, via Gazprom, a alors repris la main. Pour mieux comprendre cet épisode, rappelons quelques éléments d’histoire sur la politique russe dans la région.<br />
<span>   </span><br />
En 1979, la décision des Soviétiques de s’avancer vers le sud en envahissant l’Afghanistan afin d’éviter le contrôle de ce pays par les pays occidentaux, fut accélérée par deux événements qui s’étaient déroulés l’année précédente<code> </code>: à l’ouest, la création du serpent monétaire européen, qui réduisait de fait l’influence soviétique en Europe<code> </code>; à l’est, l’alliance Chine-Japon, qui fragilisait l’accès de l’URSS à l’océan pacifique.<br />
<span>   </span><br />
L’URSS quitte l’Afghanistan en 1988 avant de s’effondrer en<code> </code>1989. Les Talibans, soutenus par les Américains dans leur lutte de libération antisoviétique, prennent le pouvoir en<code> </code>2000 avec le soutien de ces derniers, satisfaits qu’un ordre, discutable certes, règne sur le pays.<br />
<span>   </span><br />
Les attentats du 11 septembre 2001 à New-York et Washington vont changer la donne<code> </code>: George Bush décide d’envahir l’Afghanistan, officiellement pour y chercher Ben Laden. <strong>En réalité, les USA et leurs alliés occidentaux, en mettant la main sur l’Afghanistan, voulaient contrôler toutes les voies régionales de transport de gaz et de pétrole vers le nord (Russie) et l’ouest, mais aussi vers la Chine et l’Inde.</strong><br />
<span>   </span><br />
…L’Inde qui joue également sa carte dans cette partie de poker régionale, ce qui explique pourquoi son ambassade est une cible permanente des Talibans et pourquoi le Pakistan est de plus en plus impliqué dans ces opérations.<br />
<span>   </span><br />
…Le Pakistan qui, dans les années 1990, a favorisé la conquête de Kaboul par les Talibans, pensant ainsi gagner en influence. Après le 11<code> </code>septembre 2001, Washington le contraint financièrement à lâcher son allié d’hier. Mais l’armée pakistanaise se garde bien de détruire totalement ce qu’elle considère comme des «<code> </code>actifs stratégiques<code> </code>», son objectif étant de créer un espace musulman capable de s’opposer à l’Inde sur tous les plans. Cette <strong>obsession de la menace indienne</strong> est grandissante, compte tenu de l’influence de l’Inde sur le théâtre afghan, allant jusqu’aux échanges de renseignements et aux activités paramilitaires. Cette influence augmentera d’un cran avec la présence aux affaires de Monsieur Abdullah Abdullah, arrivé juste derrière Hamid Karzaï au premier tour des élections présidentielles.<br />
<span>   </span><br />
Dans cet écheveau de complexité, la question simple que la France doit se poser est la suivante<code> </code>: <strong>avons-nous encore intérêt à rester dans cet épicentre de violence où ne comptent que les Russes, les Américains, les Indiens, les Pakistanais, sous le regard attentif des Chinois placés en embuscade<code> </code>?</strong><br />
<span>   </span><br />
Car si nous <strong>Européens</strong> sommes <strong>dépendants de la Russie sur le plan énergétique</strong>, il est non moins vrai que 80<code> </code>% des investissements en Russie sont européens.</span> <span>L’Union européenne doit donc s’entendre avec la  Russie.<br />
<span>   </span><br />
<strong>L’hypothèse de se dégager de cette dépendance à l’égard des Russes avec l’aide des États-Unis</strong></span><strong> en soutenant leur guerre en Afghanistan </strong><strong><span>a vécu<code> </code>: cette guerre <span>est</span> perdue.</span></strong><span> Dans ce contexte, pourquoi rester plus longtemps en Afghanistan, échec militaire, échec politique, tombeau de nos ambitions infondées (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/05/lafghanistan-tombeau-de-nos-ambitions-infondees/">L’Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</a></em>)<code> </code>? D’ailleurs, <strong>nous ne sommes déjà plus rien en Afghanistan<code> </code>: des cibles faciles, c’est tout.</strong><br />
<span>   </span><br />
Qu’est ce que cela signifie<code> </code>? Que la France, la France dans l’Europe, doit repenser sa stratégie sans oublier quelques règles simples<code> </code>: on a la politique de sa géographie et nos voisins immédiats s’appellent Turquie, Ukraine, Russie… Nous sommes irrévocablement liés, pour le meilleur et pour le pire, à ces voisins. Reste à définir les termes de cette union. Voilà la question.<br />
<span>   </span><br />
Mon dernier propos ira vers ceux pour qui tous ces stratagèmes se paient de leur vie<code> </code>: nos soldats. Nous rendons hommage à leur courage, leur discipline, leur efficacité. Ils travaillent dans un contexte d’autant plus difficile qu’ils demandent, avec leurs familles, que leurs efforts consentis correspondent à des choix inspirés de notre seul intérêt national.<br />
<span>   </span><br />
</span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Coitus interruptus</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/10/25/coitus-interruptus/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 16:56:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Coitus interruptus. Le jeune étudiant en droit de 23 ans qui devait prendre la présidence de l’EPAD début décembre (voir notre billet Le dauphin Jean) a finalement renoncé à briguer ce poste. Décryptage et perspectives…
   
En politique, le ridicule peut tuer, du moins blesser mortellement. Moquée partout dans le monde, soutenue seulement par un clan, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Coitus interruptus. Le jeune étudiant en droit de 23 ans qui devait prendre la présidence de l’EPAD début décembre (voir notre billet <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/10/11/le-dauphin-jean/">Le dauphin Jean</a></em>) a finalement renoncé à briguer ce poste. Décryptage et perspectives…<br />
<span>   </span><br />
En politique, le ridicule peut tuer, du moins blesser mortellement. Moquée partout dans le monde, soutenue seulement par un clan, condamnée unanimement à gauche et à droite, la volonté de Nicolas Sarkozy d’imposer son fils à la présidence de l’EPAD apparaissait de plus en plus comme le caprice du chef d’une république bananière. Les élus et les électeurs de droite, scandalisés par de telles méthodes, ne soutenaient plus le Prince « sur ce coup-là ». La presse internationale, notamment le<em> <a href="http://www.nytimes.com/aponline/2009/10/12/world/AP-EU-France-Sarkozys-Son.html?scp=5&amp;sq=jean%20sarkozy&amp;st=cse">New York Times</a></em>, se faisait l’écho de ces méthodes dignes d’un Ferdinand Marcos et relayait l’accusation de népotisme. Il fallait reculer, et vite !<br />
<span>   </span><br />
D’où le rétropédalage rapide mais parfaitement orchestré par le service communication de l’Élysée pour rattraper le vrai-faux pas du Prince. Un des aspects les plus intéressants de cette affaire, c’est que Sarkozy s’est tiré une balle dans le pied en essayant vaille que vaille d’imposer de force le fiston. <strong>Il a oublié que les Français conservateurs défendent des valeurs</strong> et que <strong>c’est au nom de ces valeurs qu’ils ne supportent plus ces abus</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Réjouissons-nous donc de ces réactions. Mais restons cependant lucides dans l’analyse. <strong>Que les folies et les outrances de Néron irritent et agacent les élus et les électeurs du « clan impérial » est une excellente nouvelle, mais les problèmes de fond et les tares du système demeurent</strong> (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em>, <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/page/5/">L’éternel recours au Prince</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/page/4/">Les illusions perdues</a></em>). <strong>Le système Sarkozy n’a pas pour autant abandonné le chemin emprunté depuis deux ans pour « flinguer la République »</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Ainsi, Jean Sarkozy est cependant membre de l’EPAD et, à 23 ans, inculte, ayant pour tout bagage d’être « fils de », il se positionne comme le futur patron d’un département dont le PIB approche des 100<code> </code>milliards d’euros. <strong>Sur le plan électoral, il va donc disposer, présidence de l’EPAD ou pas, du plus beau gâteau et du plus beau joujou que l’on puisse imaginer</strong> lorsque l’on veut réussir en politique avec une étiquette de droite.<br />
<span>   </span><br />
On peut également compter sur Papa pour vouloir pendre à un croc de boucher (le Prince est poète à ses heures…) tous ceux qui, sur ce coup-là, n’ont pas suffisamment soutenu la candidature de son rejeton.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Il faudra donc plus d’une victoire comme celle-ci pour que l’on puisse parler de véritable revers pour Nicolas Sarkozy</strong>. L’affaire Clearstream n’en prend que plus d’intérêt dans cette perspective. Au-delà des péripéties juridiques et sans se prononcer sur le fond de l’affaire, il est certain que la décision prise par les juges sera lourde de conséquences politiques : soit elle conforte la tendance de la droite libérale, atlantiste et anti-égalitariste représentée par le clan Sarkozy, soit elle remet en selle une opposition de droite colbertiste, de type gaulliste ou assimilé, qui a en tout cas intégré et accepté les principes de 1789.<br />
<span>   </span><br />
C’est donc bien dans ce contexte et, étape suivante, dans la perspective de 2012, que se situera la décision Clearstream. Notre souhaite de voir se <strong>mettre en place des convergences républicaines</strong> (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/">Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/">Pascal était républicain</a></em>) n’en prend que plus de relief : <strong>l’affaire de l’EPAD a bien montré la scission qui existe au niveau des valeurs entre deux conceptions de la politique et de la vie en société</strong>. C’est cette différence de visions radicalement différentes qui doit être soulignée, et pas les luttes de nains de jardin entre opposants anti-sarkozystes.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Une chimie sociale explosive</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Oct 2009 16:23:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est des corps chimiques qui, considérés isolément, sont « neutres » et n’engendrent pas de réactions particulières. Mélangez-les et vous obtenez un nouveau composé détonant, aux capacités explosives auparavant insoupçonnées.
Tentons le parallèle avec le plan social. Le premier corps chimique, c’est un ouvrage récemment paru, La peur du déclassement – Une sociologie des récessions, dans lequel [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est des corps chimiques qui, considérés isolément, sont « neutres » et n’engendrent pas de réactions particulières. Mélangez-les et vous obtenez un nouveau composé détonant, aux capacités explosives auparavant insoupçonnées.</p>
<p>Tentons le parallèle avec le plan social. Le premier corps chimique, c’est un ouvrage<a href="http://www.seuil.com/fiche-ouvrage.php?EAN=9782021002409" target="_blank"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/10/la-peur-du-declassement.thumbnail.jpg" title="la-peur-du-declassement.jpg" alt="la-peur-du-declassement.jpg" vspace="5" align="right" hspace="5" /></a> récemment paru, <em>La peur du déclassement – Une sociologie des récessions</em>, dans lequel l’auteur montre comment <strong>les Français sont obsédés par ce que l’on peut appeler « la peur de la perte »</strong> : peur de perdre son emploi, peur de perdre les avantages acquis, peur de voir ses enfants décrocher de l’école… en un mot, <strong>peur du déclassement social avec toutes les conséquences de « dégringolade » qu’il engendre</strong>.</p>
<p>De plus, ajoute l’auteur, « Depuis cinquante ans, les politiques publiques ont systématiquement privilégié la protection de ceux qui ont déjà un emploi plutôt que ceux qui n’en ont pas. Le résultat, c’est que <strong>la perte de statut est devenue un choc terrible : les individus peuvent tout perdre d’un coup. C’est une hantise</strong>, notamment pour les classes moyennes et supérieures ».</p>
<p align="left"><a href="http://www.grasset.fr/nouveautes/nouveau.htm" target="_blank"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/10/leffet-sablier.thumbnail.jpg" title="leffet-sablier.jpg" alt="leffet-sablier.jpg" vspace="5" align="right" hspace="5" /></a>Le second corps chimique est également un ouvrage, <em>L’effet sablier</em>. Dans ce livre, l’auteur démontre que <strong>la pyramide sociale a pris la forme d’un sablier</strong> <strong>,</strong><strong> avec un écrasement des classes moyennes au centre</strong>, un creusement de l’écart entre catégories sociales et et un accroissement des inégalités.</p>
<p>Quelles réflexions, quelles analyses tirer de ces deux études ?</p>
<p>Un élément de réflexion en premier lieu : <strong>les politiques de tous bords ont parfaitement « décodé » l’ensemble de ces éléments</strong>. Certains ont su en jouer à leur avantage, comme Jacques Chirac « découvrant » le concept de fracture sociale en 1995, et essayant « un peu » d’y remédier.<strong> D’autres, comme Nicolas Sarkozy, ont volontairement choisi de ne pas traiter le problème au fond</strong> (on laisse la situation s’aggraver, voire on amplifie l’écart entre catégories sociales en mettant en place des mesures fiscales favorables aux plus riches, comme le bouclier fiscal ou la loi TEPA) <strong>pour jouer uniquement sur la communication</strong>.</p>
<p>Dans ce second cas, <strong>le pouvoir met en place des techniques de manipulation mentale</strong>, l’objectif étant que chaque Français (notamment ceux qui appartiennent à la classe moyenne) se dise : « Si je me tiens à carreau, si je suis bien sage et que je soutiens l’ordre établi, tout devrait aller à peu près correctement pour moi. Je devrais arriver à maintenir ma situation sociale et tant pis pour les autres, ils n’ont qu’à faire comme moi. »</p>
<p>En conséquence, <strong>l’objectif actuel de la communication élyséenne est de fractionner, morceler, atomiser les corps sociaux</strong> pour que plus aucune notion de « classe » n’existe ou n’émerge, <strong>pour que les repères soient complètement faussés</strong> à coups d’exemples simplificateurs et démagogiques (un jeune du « 9.3 » qui entre à Sciences Po, un ancien Premier ministre que l’on traîne en justice), <strong>et surtout pour « faire croire que »</strong> : faire croire que l’on peut s’en sortir quelle que soit son origine sociale, faire croire qu’il suffit de travailler pour réussir, faire croire que la justice est identique pour les riches et les pauvres, faire croire que la qualité de l’éducation est la même pour tous, faire croire que si l’on reste un peu trop<span>  </span>longtemps au chômage c’est que l’on ne veut pas vraiment s’en sortir, faire croire que le statut d’auto-entrepreneur est la solution idéale pour les cadres de 50 ans qui sont virés de leur boîte…</p>
<p>Un élément d&#8217;analyse en second lieu : <strong>la caractéristique principale de la société française aujourd’hui, c’est qu’elle accumule des frustrations, du ressentiment, du mépris à l’égard de la classe dirigeante – de plus en plus personnifiée par « l’hyper-président » – qui a détruit les acquis de la période 1945-1975.</strong></p>
<p><strong>Le Prince multiplie donc les leurres de communication pour détourner ce ressentiment</strong>, cette quasi-haine, <strong>vers des boucs émissaires aussi variés que volatiles et interchangeables</strong> : immigrés, chômeurs de longue durée, fraudeurs aux Assedic, casseurs de « l’ultra-gauche » (nouveau mot de novlangue inventé par le ministère de la Vérité, place Beauveau), fonctionnaires (enseignants notamment), intellectuels, avec, pour faire bonne mesure, un député ou un ancien ministre que l’on sacrifie de temps à autre, comme on abandonne un vieil animal malade aux piranhas, afin d’épargner le reste du troupeau.</p>
<p><strong>La conclusion ?</strong> Disparition de la classe moyenne, peur du déclassement social, communication (lisez propagande) visant à modifier la perception de la réalité, <strong>on assiste à une tiers-mondisation « orwellienne » de la société française</strong>.</p>
<p>Face à ce sombre tableau, quels contre-feux, quels contre-pouvoirs ? Les partis politiques « traditionnels », les syndicats, les « corps constitués » sont aujourd’hui inaudibles, impuissants, dépassés par cette « radicalisation » de la conception de la vie en société, par cet effacement brutal des « Trente Glorieuses » qui avaient permis l’émergence d’une société plus apaisée, moins stratifiée, plus ouverte.</p>
<p><strong>Cette apathie ne sera pas éternelle.</strong> Il semble aujourd’hui de plus en plus probable que ces frustrations accumulées, faute de trouver une « satisfaction » politique, vont déboucher sur une explosion sociale et politique de grande ampleur. Nous avons en effet peut-être déjà dépassé le seuil du réparable, la réaction chimique explosive devenant alors inévitable.</p>
<p>Lundi<br />
© <em><span> </span>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Le dauphin Jean</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/10/11/le-dauphin-jean/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 Oct 2009 17:12:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le terrain avait été bien préparé : dès février 2009, L’Express titrait : « La dynastie Sarkozy. Comment le Président prépare son fils »… et comment on préparait déjà les Français à cette pitrerie, cette parodie de République mais cette réalité d’Ancien Régime : la dévolution héréditaire du pouvoir, ou plutôt sa transmission à l’intérieur d’une caste de plus en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le terrain avait été bien préparé : dès février 2009, <em>L’Express</em> titrait : « La dynastie Sarkozy. Comment le Président prépare son fils »… et comment on préparait déjà les Français à cette pitrerie, cette parodie de République mais cette réalité d’Ancien Régime : la dévolution héréditaire du pouvoir, ou plutôt sa <strong>transmission à l’intérieur d’une caste de plus en plus fermée</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Pour crédibiliser cette communication et lui donner plus de poids, les experts en la matière avaient trouvé l’argument-choc : le fils est mieux que le père ! Vous avez aimé Nicolas, vous adorerez Jean ! Ce dernier avait eu en effet l’habileté de déclarer : « Je n’ai pas hérité de toutes les tares de mon père » à la question d’un journaliste sur sa vie privée. Évitons l’ironie facile pour nous concentrer sur le message et les conséquences politiques d’une telle déclaration : <strong>l’objectif était de créer un capital de sympathie pour l’héritier, rendant « légitime », « crédible », « attendue », « espérée », « souhaitable »</strong> (merci de compléter la liste des adjectifs laudatifs) <strong>son ascension vers le pouvoir</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Il est maintenant temps de commencer à récolter les fruits de cette belle communication : <strong>le 4 décembre prochain, Jean Sarkozy sera élu président de de l&#8217;Établissement public d&#8217;aménagement du quartier d&#8217;affaires de la Défense (EPAD)</strong>, lequel EPAD sera très prochainement fusionné avec l&#8217;Établissement public d&#8217;aménagement Seine-Arche (Epasa), chargé d&#8217;urbaniser une partie de la ville de Nanterre ; rien n’est trop beau pour le fils du Prince.<br />
<span>   </span><br />
Le résultat ? À 23 ans, avec pour tout bagage un niveau de 2<sup>e</sup><code> </code>année de droit et après avoir hérité du siège de papa au Conseil général des Hauts-de-Seine,<strong> le dauphin Jean reçoit un formidable cadeau</strong>, un fromage extraordinaire, un outil d’influence et de pouvoir <strong>doublé d’une « pompe à fric » grand format</strong> pour qui a besoin de financer des (futures) campagnes électorales.<br />
<span>   </span><br />
Cet héritage digne des plus belles heures de l’Ancien Régime se déroule dans une indifférence totale du bon peuple : celui-ci est distrait par la grippe H1N1, l’augmentation du nombre d’accidents sur les routes, la victoire de l’équipe de France de foot sur les îles Féroé, la vie sexuelle du ministre de la Culture (relire notre billet sur <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/06/28/derriere-lecran-de-fumee/">l’écran de fumée</a> qui fonctionne à nouveau), bref les mille et une bêtises qui permettent d’oublier l’essentiel.<br />
<span>   </span><br />
Le phénomène est-il purement français ? Malheureusement non. Il s’est accentué ces dix dernières années, touchant essentiellement deux types de pays : d’une part les <strong>non-démocraties</strong> et les <strong>« faibles démocraties </strong>», d’autre part les <strong>démocraties en déclin</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Parmi les premières, aux prises de pouvoir violentes des années 1950-1980 a succédé le régime héréditaire ou, en tout cas, la préparation de l’opinon publique à la dévolution héréditaire ou familiale du pouvoir : <strong>Égypte</strong> (le fils d’Hosni Moubarak, Gamal, se prépare à succéder à son père), <strong>Lybie</strong> (bagarre de succession entre les deux fils de Khadafi, Seïf al-Islam et Al Mouatassem Billah), <strong>Maroc</strong> (là, c’est une monarchie héréditaire…), <strong>Sénégal</strong> (Abdoulaye Wade prépare son fils Karim à lui succéder), <strong>Togo</strong> (Faure Gnassingbé a pris la place de son père Eyadéma), <strong>Gabon</strong> (le fils Ali vient de succéder à « Papa Bongo » après une parodie d’élection), <strong>République démocratique du Congo</strong> (Joseph Kabila a remplacé son père Laurent), <strong>Guinée équatoriale</strong> (le fils Obiang est un dauphin potentiel)…<br />
<span>   </span><br />
Sur d’autres continents, mentionnons la <strong>Corée du Nord</strong> (Kim il-Jong le père, Kim il-Sung le fils, et maintenant Jong-un, le petit-fils, en lice pour la succession), le <strong>Pakistan</strong> (Benazir Bhutto était certes la principale figure de l’opposition mais c’est son fils et son mari qui lui succèdent…) et <strong>Cuba</strong> où Raúl a succédé à son frère Fidel. La liste est certainement incomplète, je vous laisse le soin d’y ajouter les chaînons manquants…<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dans les démocraties en déclin, deux exemples sont particulièrement révélateurs : ceux de la France et des États-Unis</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Nous venons d’évoquer le cas de la France. Aux États-Unis, Bush fils a succédé à Bush père et les Républicains commencent à miser sur Jeb, frère de « W » et ancien gouverneur de Californie. Du côté démocrate, Hillary Clinton a bien failli succéder à Bill&#8230;<br />
<span>   </span><br />
<strong>On ne peut s’empêcher de penser à la Rome impériale</strong> où le pouvoir – et le titre d’empereur – étaient l’apanage de quelques grandes familles. Comment cela a-t-il fini ? Mal, évidemment. Corruption, intrigues de cour, perte de l’identité, accroissement des inégalités… tous ces phénomènes, Rome y a été confrontée comme les démocraties en déclin les connaissent aujourd’hui.<br />
<span>   </span><br />
Alors, cette « aristocratisation » du pouvoir est-elle le signe avant-coureur d’un Moyen-Âge qui s’annonce ? La seule évocation d’une telle possibilité ne déclenche aujourd’hui que sourires amusés et regards condescendants. L’idée d’un « progrès perpétuel », <strong>la confusion entre innovations technologiques et progrès général de la société est en effet tellement ancrée qu’elle annihile souvent toute capacité d’analyse et d’anticipation</strong>. Là est l’erreur fatale, celle qui consiste à considérer comme définitivement acquises des victoires qui ne sont au fond qu’éphémères : <strong>dans l’histoire de l’humanité, aristocratie et monarchie se taillent la part du lion, la démocratie n’étant que trop rare et trop transitoire…</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<item>
		<title>Au royaume du Danemark</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/10/04/au-royaume-du-danemark/</link>
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		<pubDate>Sun, 04 Oct 2009 19:43:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le billet de cette semaine débute en forme de devinette. Voici un pays qui répond aux cinq caractéristiques suivantes :
1 - Le pouvoir est concentré dans les mains du chef de l’État et de ses conseillers. Le Premier ministre - car il y en existe un - exécute fidèlement les décisions prises au sommet, le Parlement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le billet de cette semaine débute en forme de devinette. Voici un pays qui répond aux cinq caractéristiques suivantes :<o:p></o:p></p>
<p>1 - <strong>Le pouvoir est concentré dans les mains du chef de l’État et de ses conseillers</strong>. Le Premier ministre - car il y en existe un - exécute fidèlement les décisions prises au sommet, le Parlement fait de la figuration, l’opposition est inexistante.</p>
<p>2 - <strong>La personne du chef de l’État et l’armée sont inviolables : aucune critique n’est tolérée</strong>. Dans ce contexte, la presse et, plus largement, les médias, font l’objet d’une « attention » particulière :</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● la presse indépendante pratique l’autocensure pour éviter des condamnations à de lourdes amendes ou l’interdiction de paraître ;</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● un journaliste a été interdit d’exercer pendant dix ans, d’autres ont choisi l’exil, cependant qu’une presse privée, possédée par de grands groupes industriels, sert de caisse de résonance à la politique du chef de l’État ;</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● un jeune homme, sans attache politique connue, qui avait créé sur Facebook le personnage du frère du chef de l’État, a été enlevé, tabassé, emprisonné… puis gracié par le chef de l’État suite aux protestations internationales en sa faveur ;</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 60pt; text-align: justify">● un livre très critique à l’égard du chef de l’État est interdit et n’est diffusé que sous le manteau. Toutefois, curieusement, son auteur se déplace encore librement dans son pays.</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="text-align: justify"> 3 - <strong>Le chef de l’État et ses proches sont les premiers entrepreneurs</strong>, les premiers banquiers, les premiers employeurs du pays.</p>
<p>4 - <strong>Les manifestations d’opposants sont réprimées</strong> et donnent lieu à des arrestations arbitraires.</p>
<p>5 - <strong>Les attentats</strong>, peu nombreux au demeurant, ou les tentatives d’attentats, <strong>sont largement médiatisés</strong>, façon sans le dire explicitement de justifier les contrôles de la population, des journaux, des radios.</p>
<p class="MsoBodyTextIndent" style="margin-left: 0cm; text-align: justify; text-indent: 0cm"> À la lecture de ces lignes, on ne peut que ressentir un certain malaise S’agit-il de la Birmanie ? De la Côte d’Ivoire ? De la Chine ? Non, cette description s’applique au Maroc et à son roi Mohammed<code> </code>VI. Mais le malaise a une autre origine, car on ne peut s’empêcher de penser également à la France et au chemin pris depuis deux ans, un chemin qui mène tout droit à un régime autoritaire comme celui du Maroc !</p>
<p>Nous avions déjà évoqué cette dérive du régime dans de précédents billets (voir notamment<a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/4/"> <em>Un faisceau d’indices inquiétants</em></a>), dérive que de récents événements ou déclarations ne font qu’accentuer. La déclaration de Sarkozy évoquant <a href="http://www.youtube.com/watch?v=F1IQdHBo3HI">les « coupables » de l’affaire Clearstream</a> ajoute une pierre à l’édifice, ne fait que renforcer le malaise.</p>
<p>Plus inquiétant, <strong>le phénomène ne touche pas seulement la France</strong>. En Italie, l’attitude ahurissante d’un Berlusconi qui n’hésite pas à porter plainte contre les médias qui critiquent son attitude et ses frasques sexuelles, a entraîné une réaction de la rue, une manifestation de ras-le-bol contre ces outrances et cette restriction des libertés publiques.</p>
<p>Car c’est bien de cela qu’il s’agit : <strong>peu à peu, insensiblement, par touches successives, la concentration des pouvoirs s’accroît dans un nombre toujours plus grand de régimes, restreignant d’autant la liberté des citoyens</strong> et amoindrissant chaque jour le « rôle tampon » des corps intermédiaires (assemblées locales, syndicats…). Certes, la France n’est pas le Maroc mais on a chaque jour un peu plus l’impression d’une similitude malsaine entre les deux régimes, d’un rapprochement des attitudes et des comportements.</p>
<p>Et le phénomène ne touche pas que ces deux pays : dans le monde entier, la médiatisation croissante, le simplisme généré par le flash d’infos de 30 secondes, la recherche de l’image ou de la déclaration-choc, sont autant d’éléments de communication qui renforcent, justifient et font passer pour « naturelle » une concentration toujours plus grande du pouvoir.</p>
<p>Qui en est le principal bénéficiaire ? Les lobbies bien sûr, qui ont parfaitement compris qu’il est plus facile, et surtout moins coûteux, de n’avoir à contrôler que la tête pour que le reste suive…</p>
<p>Discours gauchiste ? C’est pourtant celui que tient Jérôme Monod (ancien directeur du cabinet de Chirac à Matignon, ex-secrétaire général du RPR) lorqu’il déclare aux <em><a href="http://www.lesechos.fr/info/inter/300372111.htm">Échos</a></em> : « aujourd&#8217;hui, <strong>le pouvoir a rendu les armes</strong>. Il n&#8217;a plus la compétence, ou le courage nécessaire… <strong>Il est sous la pression des lobbies, des intérêts particuliers, d&#8217;entreprises menées par l&#8217;appât du gain</strong>. Les événements redonnent du sens à un vocable qui était autrefois l&#8217;apanage du Parti communiste : la financiarisation des entreprises. L&#8217;attention portée à la qualité des métiers, au bien commun des clients disparaît au détriment de quelques ratios financiers. <strong>L&#8217;économie n&#8217;intègre plus d&#8217;autres valeurs que la spéculation, le gain, l&#8217;accaparement. C&#8217;est la porte ouverte à la violence, la corruption, la mafia</strong>. »</p>
<p>Monod, Marx, même combat ? Pour en arriver là, il faut réellement, comme l’écrivait Shakespeare, qu’il y ait « quelque chose de pourri au royaume du Danemark ».</p>
<p>Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Balle au centre</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/09/20/balle-au-centre/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2009 17:26:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans des précédents billets (voir Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines et Pascal était républicain), nous avons abordé la question de la création d’une convergence républicaine afin d’offrir, en 2012, une alternative crédible et sérieuse à l’occasion des présidentielles.
Cette initiative a aussitôt déclenché une polémique : avec ou sans Bayrou, avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans des précédents billets (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/">Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</a> et <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/#comments">Pascal était républicain</a>), nous avons abordé la question de la création d’une convergence républicaine afin d’offrir, en 2012, une <strong>alternative crédible et sérieuse</strong> à l’occasion des présidentielles.</p>
<p>Cette initiative a aussitôt déclenché une polémique : avec ou sans Bayrou, avec ou sans le MoDem, et quid de Villepin et Dupont-Aignan ? Du recul et de l’analyse permettent, en toute sérénité, d’apporter des éléments de réponse.</p>
<p>Historiquement, le MoDem est l’héritier de l’UDF, représentation contemporaine de la droite orléaniste. Mais faire du MoDem l’héritier direct du parti de Guizot serait dangereusement réducteur.</p>
<p>Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, Bayrou a en effet choisi, et ce depuis plusieurs années, d’aller chasser sur les terres du radical-socialisme et du centre gauche laissées en jachère par le Parti socialiste. Ce changement de cap a eu deux conséquences :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: Webdings"><span>•</span></span> le MoDem s’est coupé de l’électorat orléaniste traditionnel, qui se reconnaît désormais dans le Nouveau Centre et l’Union centriste du tandem Arthuis-Morin ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><span style="font-family: Webdings"><span>•</span></span> le noyau dur « centre gauche » des électeurs du MoDem pèse 5 à 10 % des voix selon les scrutins (le score de l’élection présidentielle de 2007 faisant figure d’exception car Bayrou a alors élargi au maximum son « électorat naturel »).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><o:p></o:p></p>
<p>Plaçons-nous sur le terrain de l&#8217;efficacité tactique, sans nous dénaturer sur les débats de fond. <strong>Ces 5 à 10 % d’électeurs sont la clé du scrutin de 2012.</strong> Au second tour (dans l’hypothèse où Bayrou en est absent), si Sarkozy réussit à en séduire une partie significative ou à les pousser vers l’abstention, la partie est gagnée pour lui, haut la main. Un des aspects du pari républicain que nous évoquions, un pari dans le pari, c’est justement de rassembler au second tour, sur un même nom, les électeurs allant de Bayrou à Mélenchon, dans la discipline d&#8217;un front républicain</p>
<p>C’est bien sûr là toute la difficulté de l’exercice. Le caractère multiple d’un tel rassemblement le rend d’autant plus fragile. <strong>Fermer aujourd’hui la porte aux électeurs du MoDem dans une coalition républicaine élargie, c’est garantir à Sarkozy une réélection facile en 2012</strong> et mettre Copé (ou Bertrand) sur une trajectoire élyséenne pour 2017 et 2022 ! C’est mettre en place dès maintenant un processus d’auto-destruction de toute alternance.</p>
<p><strong>Le vrai challenge en 2012, c’est qu’un candidat se réclamant de l’alternance républicaine réunisse au premier tour un nombre suffisant de voix pour être crédible au second.</strong> Trois candidats « républicains » à 12-16 % des voix au premier tour, et c’est la défaite assurée au second tour. À moins de 25-30 % des voix pour un candidat républicain au premier tour, la « masse critique » n’aura pas été atteinte face à un Sarkozy qui se situera dans la tranche 35-40 %. Qui est donc le mieux placé pour atteindre un tel score ? Le reste n’est que mauvaise littérature et querelles picrocholines… Heureusement, il nous reste encore un peu de temps, seulement un peu&#8230;</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Pascal était républicain</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/09/13/pascal-etait-republicain/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Sep 2009 17:17:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.

Léon Gambetta, 1877

Dans un récent billet (voir Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines), nous avons évoqué des pistes de travail pour restituer le pouvoir à la majorité des Français en 2012. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 140pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt">Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre.<br />
</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 140pt; text-align: right" align="right"><span style="font-size: 9pt">Léon Gambetta, 1877<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 140pt; text-align: right" align="right"><em><span style="font-size: 9pt"></span></em></p>
<p>Dans un récent billet (voir <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/"><em><span style="color: windowtext">Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</span></em></a>), nous avons évoqué des pistes de travail pour restituer le pouvoir à la majorité des Français en 2012. Vos réactions et interventions nous incitent aujourd’hui à poursuivre ensemble la réflexion.<br />
<span>   </span><br />
Le constat est clair : les forces politiques qui ne se reconnaissent pas dans les choix de la majorité actuelle sont bien trop divisées, trop désorganisées, pour pouvoir proposer aux Français en 2012 un changement de cap crédible en l’état actuel des choses. Est-ce irréversible ? C’est ce que nous allons examiner aujourd’hui.<br />
<span>   </span><br />
Mais d’abord, pourquoi sommes-nous tombés si bas ?<br />
<span>   </span><br />
Pour trois raisons principales, me semble-t-il : un déficit de la pensée, une fragilité de nombreux hommes politiques, une inadaptation des structures aux enjeux actuels.<br />
<span>   </span><br />
Historiquement <strong>le déficit de la pensée prend naissance dans l’effondrement des espérances marxistes et l’épuisement des socialistes après être passés aux responsabilités</strong>. Les intellectuels n’osent plus penser globalement, n’osent plus critiquer, n’osent plus parler, n’osent plus tout simplement penser. Tout au plus, ils servent des causes thématiques : plus de global, plus de local, de l’entre-deux, du communautaire, de l’identitaire.</p>
<p>Mais ni la planète, ni le citoyen, ni une autre société possible, ne sont des sujets abordés : la peur de se tromper, même partiellement, les paralyse. Et, pour les penseurs néo-conservateurs d’obédience américaine, 1789 n’est même plus le point de départ de l’émancipation de l’Homme, l’une de ses arborescences, socialiste et marxiste, ayant échouée !<br />
<span>   </span><br />
La <strong>fragilité des hommes</strong> accentue la désorientation. Pour une voiture de fonction, un passage à la télévision, une présidence de commission Théodule dont personne ne lira le rapport, tel ou tel ténor, âgé le plus souvent, passe des vrais combats d’hier à de stériles plans de com’ d’aujourd’hui. Tous rassemblés autour de rien. L’argent et tous ses faux-nez, l’illusion de pouvoir, l’apparat lié au pouvoir, tue la pensée qu’il achète.<br />
<span>   </span><br />
L’<strong>inadaptation des structures</strong> fait le reste. <strong>Elles ne résistent pas aux lobbies privés hostiles</strong> qui promeuvent de fausses solutions sur de vrais diagnostics. Par exemple, la nécessaire adaptation et modernisation des services publics ne doit pas systématiquement conduire à la vente par appartements de la propriété de l’État à des fonds privés, lesquels n’ont que faire d’investir dans les infrastructures, l&#8217;aménagement du territoire et la recherche fondamentale, ce qui mieux que tout prépare l’avenir. C&#8217;est pour cette raison que nous soutenons l&#8217;organisation d&#8217;un référendum sur le statut de La Poste le 3 octobre malgré la loi inique de juillet décidant de sa privatisation (voir ce <a href="http://www.appelpourlaposte.fr/" target="_blank">site</a>).</p>
<p><span></span>Ainsi, de mauvais plans de traitement achèvent le malade, trop atteint pour penser, trop affamé pour refuser le plat de lentilles. Soulignons à quel point la cinquième Constitution de la République, mille fois rapiécée, est à bout de souffle. <strong>Il nous faut rapidement écrire une nouvelle Constitution qui</strong>, notamment, <strong>encadre clairement l’activité des lobbies</strong>, dans un contexte démocratique.<br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions, bien sûr, décrypter plus avant tous ces tristes mécanismes, amplifiés par les techniques de barbouzes omniprésentes, mais n’y perdons pas trop de temps. L’urgence est ailleurs. Pour que cette situation ne soit pas irréversible, pour que 2012 devienne la victoire de la souveraineté populaire, comment faire ? Une seule réponse : dès maintenant, s’unir en travaillant.<br />
<span>   </span><br />
<strong>S’unir, cela veut dire se regrouper autour des valeurs républicaines sûres : solidarité, laïcité, universalisme, liberté, égalité, fraternité.</strong><br />
<span>   </span><br />
S’unir, cela veut dire s’ouvrir à la diversité des opinions, explorer toutes les pistes jusqu’aux plus audacieuses. Nous saluons ainsi l&#8217;ébauche de dialogue entre le MoDem, le Parti socialiste, certains communistes et les Verts.<br />
<span>   </span><br />
En travaillant, cela veut dire préparer immédiatement un <strong>programme de gouvernement d’union nationale centré sur quelques priorités claires pour une période transitoire de deux ans</strong>.<br />
<span>   </span><br />
En travaillant, cela veut dire élaborer la mise en œuvre de moyens de toute nature, sans oublier d’établir clairement un code de bonne conduite pour tous les engagés volontaires de cette aventure.<br />
<span>   </span><br />
<strong>À l’issue d’une période transitoire de deux ans, le Président nouvellement élu s’engagera à dissoudre la nouvelle assemblée</strong>, et ce pour trois raisons principales :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● La coalition sera formée sur la base de forces très disparates en volume, en idéologie, en dynamisme de propositions. Elle ne peut être soudée et solidaire sur un plan d’action collectif que sur un temps limité. Ce temps ne peut être ni trop court afin de pouvoir agir, ni trop long au risque de la division.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Deux ans exigent une action très soutenue et efficace : cela astreint à résultat les dirigeants du moment.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Enfin ce calendrier laisse la main à la seule souveraineté légitime : celle du peuple qui confirmera ou sanctionnera selon les résultats obtenus.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Au terme de ces deux ans, les Français, après dissolution de l’Assemblée nationale, jugeront le travail accompli, évalueront ce qui reste à faire, estimeront qui sont  les plus aptes à servir leurs intérêts. Ils éliront alors une nouvelle majorité parlementaire, avec une nouvelle classe de responsables, capables de travailler avec le Président élu.<br />
<span>   </span><br />
Nous pourrions prendre exemple sur le Conseil National de la Résistance pour dénommer, par analogie, cette initiative <strong>Conseil National de la Convergence Républicaine</strong> ou CNCR.<br />
<span>   </span><br />
Quelles en seraient les <strong>priorités</strong> ? Je soumets à examen quelques pistes dont les premières vont vers la nécessaire solidarité avec ceux dont l’emploi est détruit ou va l’être. <strong>La crise sociale se transforme en <em>carnage</em></strong> et l’explosion de violence sociale commence juste avec des actions d’un type nouveau comme le plasticage des usines que l’on ferme. Quand le peuple n’a plus rien à perdre, il ne lui reste que la violence pour se faire entendre. Voici donc ces pistes :<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● La réhabilitation des services publics.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Un plan de relance européen de grande envergure, centré sur les infrastructures.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● La libération des médias, la démocratisation de nos institutions, la sixième Constitution. On peut d’ores et déjà se demander : l’Assemblée de 2014 sera-t-elle constituante ? Ou la révision constitutionnelle doit-elle se faire dans le cadre de la Cinquième République ?<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Le renforcement du couple franco-allemand.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Le retrait de nos soldats de théâtre d’opérations très éloignés de nos intérêts nationaux.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Un projet ambitieux pour les Nations Unies et la paix dans le monde.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● Un traité mondial sur l’avenir de la planète.<o:p></o:p></p>
<p><strong><span>   </span><br />
</strong>Arrêtons-là, au risque de parodier Prévert. <strong>Cette proposition n’a de sens non dans son exhaustivité, mais dans sa capacité à être reprise, modifiée, amplifiée. Faisons le pari d’un Pascal républicain</strong><strong> </strong>croyant en l’esprit républicain de nos concitoyens. S’il existe, nous gagnerons en 2012 ; s’il n’existe plus, nous ne pouvons rien perdre de plus.<strong><br />
<span> </span></strong><span>  </span><br />
La dignité de ne pas se dénaturer est notre seule richesse.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<span>Gavroche<br />
© </span><em><span> </span>La Lettre du Lundi </em><span>2009</span></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>La faillite programmée du système éducatif</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/09/06/la-faillite-programmee-du-systeme-educatif/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Sep 2009 17:24:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le système éducatif français est aujourd&#8217;hui en situation de déclin accéléré. Le phénomène a été maintes fois décrit et analysé. Rappelons-en rapidement les symptômes :

Un niveau de formation initiale (maîtrise de la lecture, de l&#8217;écriture, des opérations mathématiques élémentaires) inférieur à celui qui existait il y a 20 ou 40 ans. Aujourd&#8217;hui, 15 % des élèves entrent en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le système éducatif français est aujourd&#8217;hui en situation de déclin accéléré. Le phénomène a été maintes fois décrit et analysé. Rappelons-en rapidement les<strong> symptômes</strong> :<o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="text-align: justify"><strong>Un niveau de formation initiale</strong> (maîtrise de la lecture, de l&#8217;écriture, des opérations mathématiques élémentaires) <strong>inférieur à celui qui existait il y a 20 ou 40 ans.</strong> Aujourd&#8217;hui, 15 % des élèves entrent en classe de 6<sup>e</sup> sans savoir lire ou écrire et 25 % (en sus des 15 %) « n’ont pas le      niveau » : l’échec est déjà programmé pour 40 % des élèves dès l’entrée en 6<sup>e</sup>.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Une ghettoïsation croissante.</strong> Il y a toujours eu des « bons » et des « mauvais » établissements mais l&#8217;écart entre eux ne cesse de croître,      aggravant un peu plus la fracture entre classes sociales.<o:p></o:p></li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Une dévalorisation des diplômes.</strong> Quand le pouvoir politique fixe l&#8217;objectif, certes louable, d&#8217;amener 80 % d&#8217;une tranche d&#8217;âge au bac sans, dans le même      temps, investir (en professeurs, locaux, etc.) pour atteindre cet objectif, le seul moyen pour masquer l&#8217;échec est alors de baisser le niveau du diplôme.<br />
Comme on a drogué le consommateur au crédit pour lui faire oublier que son pouvoir d&#8217;achat dégringolait, <strong>on a drogué élèves et parents d&#8217;élèves au diplôme (bidon) pour leur faire oublier qu&#8217;il ne débouchait plus sur un job digne de ce nom</strong> et ne permettait plus aucune ascension sociale : l&#8217;ascenseur social n&#8217;est pas en panne, il a tout simplement disparu.<o:p></o:p></li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Un corps professoral dévalorisé.</strong> Mal payés, peu considérés socialement, soumis à des pressions contradictoires entre hiérarchie et parents d&#8217;élèves, à des conflits de conscience entre éthique et obéissance aux ordres et instructions de leur administration, les enseignants sont à la dérive, conscients que le « système » mène leurs élèves à l&#8217;échec tout en essayant, à titre individuel et contre vents et marées, d&#8217;en sauver le      plus grand nombre.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Un <strong>enseignement supérieur</strong> où l&#8217;écart de niveau et la différenciation sociale s&#8217;accroissent inexorablement entre étudiant(e)s des filières « nobles » (prépas, grandes écoles, sciences po, ENA, médecine&#8230;)<span>  </span>et les autres (filières universitaires en sciences humaines, BTS&#8230;).<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">Pourquoi ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels phénomènes se sont combinés pour générer une telle dégringolade ?</p>
<p>Un premier élément est, selon nous, à la source de cette évolution : la <strong>tendance naturelle de tout corps social, y compris et surtout l&#8217;élite, à s&#8217;auto-reproduire</strong>. Lorsque des nouveaux entrants font leur entrée au sein des classes dirigeantes, ils acquièrent bien vite le réflexe qui consiste à fermer la porte, à verrouiller le système pour que seule la voie héréditaire permette le renouvellement.</p>
<p>La dernière fois que les cartes ont été rebattues, c&#8217;est à la Libération et dans les 20 ou 30 années qui ont suivies, à la fois pour des raisons politiques (collaboration d&#8217;une partie des classes dirigeantes de la Troisième République avec l&#8217;occupant, d&#8217;où nécessité de renouvellement) et économiques (la forte croissance économique des Trente Glorieuses a ouvert des possibilités d&#8217;ascension sociale).</p>
<p>Depuis les années 1970-1980, quelle que soit la majorité au pouvoir, le mouvement d&#8217;ossification a repris et les élèves de l&#8217;enseignement public en ont été les premières victimes : la nouvelle classe dirigeante, ayant assuré la perpétuation de son espèce via un réseau de « bonnes » écoles qui lui étaient <em>de facto</em> réservées, a laissé partie à vau-l’eau l&#8217;école de la République qui l&#8217;avait pourtant éduquée.</p>
<p>Un second élément explique cette dégénérescence : <strong>la taille et la complexité croissantes de ce système éducatif</strong>. Plus un système (entreprise, État ou tout type de groupement humain) est complexe, plus il consomme d&#8217;énergie (moyens humains et financiers) pour s&#8217;auto-entretenir, aux dépens de son objectif ou de sa finalité. C&#8217;est exactement le cas de l&#8217;Éducation nationale : sa complexité croissante nécessite de plus en plus de ressources pour « simplement » fonctionner. Les compétences sont mobilisées pour résoudre les « problèmes » internes du système (organisation, coordination, statuts, etc.), au détriment de sa mission qui est d&#8217;assurer un enseignement de qualité.</p>
<p>Pour toutes ces raisons, il serait puéril et simplificateur de condamner, selon ses préférences politiques, le ministre (incapable), les enseignants (laxistes), les élèves (fainéants) ou les parents d&#8217;élèves (irresponsables).</p>
<p>Alors, quelle(s) solution(s) face à un tel gâchis ? Nous ne prétendons pas apporter en quelques lignes la réponse face à une telle complexité mais pouvons néanmoins suggérer quelques pistes :<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Toute solution globale, ayant pour objectif de réformer l&#8217;ensemble du système, est vouée à l&#8217;échec.</strong> Comme l&#8217;ex-URSS et tous les systèmes complexes en déclin, l&#8217;Éducation nationale n&#8217;est plus globalement réformable. Croire le contraire relève de l&#8217;affirmation idéologique sans fondement sérieux, de la naïveté&#8230; ou du cynisme, si l&#8217;on souhaite que rien ne change.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify"><strong>Le recrutement et la formation des professeurs sont le premier maillon, le socle de toute réforme, avec un objectif qualitatif et non quantitatif</strong>. Attirer les meilleur(e)s, faire en sorte qu&#8217;une carrière professorale soit plus attractive qu&#8217;une carrière dans le privé, est une condition indispensable si l&#8217;on souhaite donner un deuxième souffle à l&#8217;école publique. L’exercice est évidemment extrêmement difficile car il bouleverse le sacro-saint      principe selon lequel il n’y a pas de mauvais profs.<br />
Comme l’eût dit Monsieur de la Palisse, introduire du qualitatif implique de juger effectivement de la qualité du travail des enseignants, de récompenser les meilleurs et de licencier les plus mauvais. Mission quasi-impossible…<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Toute réforme passera donc par la <strong>mise en place de structures parallèles</strong>, quasiment « dissidentes », qui sauront faire de cette marginalité un défi à relever, tout en étant      averties et conscientes du (fort) risque d&#8217;échec existant.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Le sommet n&#8217;étant      plus capable d&#8217;impulser le changement, <strong>c&#8217;est de la base que devra venir l&#8217;initiative, c&#8217;est-à-dire des parents d&#8217;élèves et des professeurs</strong>. Nombre de professeurs sont en effet prisonniers du schéma de guerre de tranchées qui les oppose à leur administration : revendications de salaire, statut et conditions de travail contre volonté de limiter les dépenses (dernier épisode en date : l’annonce de la suppression des IUFM)&#8230;<br />
Il faut sortir de ce blocage et des professeurs et parents d&#8217;élèves, conscients de la dégradation de l’école publique et victimes collatérales de cette situation qui mène leur progéniture à l&#8217;échec, sont assurément prêts à prendre l&#8217;initiative.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal" style="color: #00000a; text-align: justify">Enfin, dans le mode      d&#8217;apprentissage, il faudra <strong>sortir du traditionnel cours magistral 100 % présentiel pour imaginer d&#8217;autres formes d’acquisition des connaissances</strong> : enfants et      adolescents passent plus de temps une console de jeux entre les mains qu&#8217;à écouter leurs professeurs, sans parler de l&#8217;intérêt porté à la première activité ! Ce que l&#8217;on appelle aujourd&#8217;hui le ludo-éducatif devra donc prendre une part plus importante dans la formation. On ne reviendra pas à l’école de Jules Ferry et l’énergie déployée pour ressusciter les schémas culturels du passé l’est en pure perte : ce n’est pas le bon combat.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify">L’alternative à ces esquisses de propositions, c’est de prolonger la situation actuelle : un projet de réforme mal ficelé tous les deux ans, échouant trois fois sur quatre face à une mobilisation des enseignants et des élèves, et un ministre que l’on remplace.</p>
<p>Le bateau continuera alors – lentement – à couler et les symptômes décrits au début de ce billet à s’aggraver. Jusqu’où ? Seule la trouille fera réagir l’élite et les classes dirigeantes. Elles ont aujourd’hui la trouille de partager le pouvoir, elles pourraient avoir demain la trouille face à des masses non éduquées qui réclament, très brutalement, un partage du gâteau.</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi </em>2009<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le 14 juillet de la honte</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/07/18/le-14-juillet-de-la-honte/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Jul 2009 17:00:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« Une politique qui se borne
à brasser des rêves
les trompe tous »

 François Mitterrand

Les récentes « festivités » du 14 juillet nous permettent, une fois de plus, d’analyser la « communication » présidentielle, tant sur le fond que dans la forme… Décryptage.
   
Cette communication ne se réduit bien sûr pas aux 5 (!) interviews-trottoir données par le chef de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial">« Une politique qui se borne<br />
à brasser des rêves<br />
les trompe tous »</span><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span><br />
<span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span></p>
<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"> François Mitterrand</span></p>
<p><o:p></o:p><br />
Les récentes « festivités » du 14 juillet nous permettent, une fois de plus, d’analyser la « communication » présidentielle, tant sur le fond que dans la forme… Décryptage.<br />
<span>   </span><br />
Cette communication ne se réduit bien sûr pas aux 5 (!) interviews-trottoir données par le chef de l’État et Madame. <strong>Dans la communication sarkozyste, rien, absolument rien, n’est laissé au hasard et à la spontanéité.</strong><br />
<span>   </span><br />
Finie donc l’interview « solennelle » du Président de la République. Il faut faire jeune, moderne, « peuple » même. Voici donc l’interview-trottoir, où Sarkozy répond aux questions (parfaitement calibrées car préparées par la cellule communication de l’Élysée) sur un ton qui se veut décontracté, un peu comme les champions que l’on interviewe au bord de la piste du stade olympique lorsqu’ils ont réalisé une bonne performance. Le parallèle n’est d’ailleurs pas anodin : <strong>nous sommes à une étape du Tour de France et on interviewe avec respect un maillot jaune auto-proclamé</strong>&#8230;<br />
<span>   </span><br />
Attardons-nous un peu sur le fond. Que nous dit le Prince ? Que tout va bien, qu’il a restructuré et modernisé l’armée, comme on le fait d’une entreprise, qu’on a acheté des camions neufs, du bon matériel et que tous ces braves militaires sauront bien s’en servir.<br />
<span>   </span><br />
S’en servir pour quoi au fait ? C’est là que le bât blesse : <strong>ce qu’il faut moderniser, ce n’est pas seulement le matériel, c’est avant tout et surtout la doctrine d’emploi</strong>. En d’autres termes, les bonnes questions (non posées par les journalistes), c’est « Tout ce matériel, pour quoi faire ? », « Quelle stratégie globale ? Régionale ? » « On fait quoi dans quel scénario ? », « Quelle politique en Afrique ? Au Moyen-Orient ? Dans quel but ? », « Avec qui ? », « Qui décide ? Le Pentagone ou le Parlement français ? »…<br />
<span>   </span><br />
<strong>En masquant ainsi les véritables enjeux, en ne faisant que de la com’</strong> en lieu et place de stratégie, pédagogie, réflexion, consultations véritablement démocratiques, <strong>Sarkozy dénature une fois de plus la fonction présidentielle et oublie une chose essentielle : le fondement de la République, ce sont les valeurs, pas le matériel.</strong><br />
<span>   </span><br />
L’enlèvement le même jour de deux agents de la DGSE à Mogadiscio met d’ailleurs en lumière l’<strong>indigence de la réflexion stratégique et militaire préparée à l’Élysée</strong>. Envoyer seulement deux agents, dont le professionnalisme est indubitable, à Mogadiscio pour aider à restructurer la garde présidentielle est à la fois ridicule et dérisoire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Ridicule par les moyens employés</strong> : on a envoyé deux agents à l’abattoir en leur donnant si peu de moyens dans un des pays les plus dangereux – sinon le plus dangereux – de la planète.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Dérisoire</strong> car c’est malheureusement le qualificatif que l’on peut attribuer à <strong>la politique étrangère de la France dans cette partie du monde</strong> : soit on y va avec de véritables moyens au service d’une vraie politique, soit on s’abstient de faire « dézinguer » deux agents pour des ordres imbéciles.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Autre grand moment de com’ de la stratégie sarkozyste : le concert « gratuit » de Johnny.</strong> 2 millions d’euros, dont 500 000 pour la vedette, résident suisse donc non imposable en France mais ravi d’empocher ainsi l’argent du ministère de la Culture. C’est le contribuable qui paie, pas le spectateur !</p>
<p>À ce niveau de bassesse et de racolage politique, sur fond de gaspillage des deniers publics, <strong>on touche carrément à l’indignité républicaine : un évadé fiscal, ami du Président de la République, qui perçoit un demi-million d’euros pour un seul concert le jour de la fête nationale…</strong> Une chose est sûre : <strong>avec Sarkozy, nous avons vraiment changé de régime ; nous sommes retombés sous Louis XVI</strong> et, derrière l’apparente jeunesse de Sarkozy, se cache une pensée archaïque, aussi liftée que les peaux de Line Renaud et d’Enrico Macias qui n’étaient pas non plus à leur place à la tribune présidentielle. On se croirait dans une émission de Drucker…<br />
<span>   </span><br />
Ah, oui ! J’oubliais : l’Élysée a fait des économies : 5 000 personnes seulement ont été invitées ! Sous les précédents mandats présidentiels nous étions à 2 000. Dans notre pays, <strong>les vraies économies sont imposées aux petits et aux sans-grades</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009<o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/07/12/comment-se-debarrasser-de-la-camarilla-sarko-osons-les-convergences-republicaines/</link>
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		<pubDate>Sun, 12 Jul 2009 16:44:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« Plutôt que d’attendre dans des conditions désastreuses les résultats de promesses qui ne se concrétiseront pas, plutôt que de guetter en vain, dans la détresse, le retour du travail, les galops de l’emploi, serait-il insensé de rendre décente, viable par d’autres voies, et aujourd’hui, la vie de ceux qui, en l’absence, bientôt radicale, du travail [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-left: 106.2pt; text-align: justify; line-height: 150%"><em><span style="font-size: 9pt">« Plutôt que d’attendre dans des conditions désastreuses les résultats de promesses qui ne se concrétiseront pas, plutôt que de guetter en vain, dans la détresse, le retour du travail, les galops de l’emploi, serait-il insensé de rendre décente, viable par d’autres voies, et <strong>aujourd’hui</strong>, la vie de ceux qui, en l’absence, bientôt radicale, du travail ou plutôt de l’emploi sont tenus pour déchus, pour exclus, pour superflus ?<br />
Il est à peine temps encore d’inclure ces vies, nos vies dans leur propre sens, leur sens véritable : celui, tout bête, de la vie, de sa dignité, de ses droits. Il est à peine temps de les soustraire au bon plaisir de ceux qui les bafouent. Serait-il insensé d’espérer enfin non pas un peu d’amour, si vague, si aisé à déclarer, si satisfait de soi, et qui s’autorise à user de tous les châtiments, mais l’audace d’un sentiment âpre, ingrat, d’une rigueur intraitable et qui se refuse à toute exception : le respect ? »</span></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right; line-height: 150%" align="right"><em><em><span style="font-size: 9pt"><o:p></o:p></span></em></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right; line-height: 150%" align="right"><em><strong><span style="font-size: 9pt">Viviane FORRESTER </span></strong><span style="font-size: 9pt"></span></em>(<span style="font-size: 9pt">L’horreur économique, 1997) </span><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%" align="center"><em><strong><em><o:p></o:p></em></strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%" align="center"><em><strong><em><o:p></o:p></em></strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: center; line-height: 150%" align="center"><em><strong><em><o:p></o:p></em></strong></em></p>
<p class="MsoNormal" style="line-height: 150%"><em> </em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%"><strong>Commençons par quatre constats que chacun peut effectuer :<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Premier constat : avec 100 000 chômeurs de plus chaque mois, et 5 personnes frappées collatéralement dans l’entourage de chaque chômeur, <strong>600 000 Français sont affaiblis économiquement chaque mois du fait d’une politique de l’emploi inefficace</strong>. Nous sommes bien loin du « travailler plus pour gagner plus »…<br />
Dans un an, c’est plus de 7 millions de Français qui seront atteints, si l’on ajoute le chômage induit. Pis, cette dégradation rapide se déroule dans un <strong>climat de mépris</strong> : pas de dialogue social, brutalité excessive de certaines forces de l’ordre, comportements indignes de Nicolas Sarkozy qui nous dit à tous « casse-toi pauv’ con », « si t’as pas une Rolex à 50 ans, t’as raté ta vie » et qui, en même temps, ose augmenter sa propre rémunération de 172 %.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Deuxième constat : <strong>la seule efficacité de Sarkozy réside dans ses opérations de barbouzes et ses basses œuvres d’infiltration</strong>, de déstabilisation, de manipulation des syndicats, des associations et des partis politiques, tous trop naïfs, trop divisés, trop exsangues, trop débauchés, formation de nouveau gouvernement après formation de nouveau gouvernement.<br />
Mais au fond, cela n’a aucune importance : les gouvernements sont devenus virtuels, tous les dossiers sérieux se traitant directement à l’Élysée.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: justify; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Troisième constat : si l’on tient compte des taux d’abstention croissants, malgré l’apparence des calculs en pourcentage, <strong>le niveau de popularité et de confiance de Nicolas Sarkozy est très faible en valeur absolue, de l’ordre de 20 %</strong>. Ni les plans de com’, ni les services d’ordre pléthoriques chargés d’assurer la claque au passage du Prince n’y pourront rien changer.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: justify; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Quatrième constat : compte tenu du nouveau dispositif constitutionnel amorcé par le passage au quinquennat, de l’inversion du calendrier électoral voulue par Lionel Jospin, enfin de cette nouvelle présidentialisation excessive au détriment du Parlement, <strong>une seule élection a en France un poids significatif : l’élection présidentielle</strong>.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%"><strong>Dans ces conditions, il nous faut trouver les voies et moyens pour, en 2012, restituer le pouvoir à 80% des Français.</strong></p>
<p>Une méthode doit être élaborée pour rassembler largement l’ensemble de l’électorat en surmontant quatre difficultés majeures et en tenant compte de quatre points d’appui forts.</p>
<p>Voyons successivement ces quatre difficultés et ces quatre points d’appui avant d’aborder « la bonne marche à pied ».</p>
<p><strong>Quatre difficultés :<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Première difficulté : de <strong>très grandes divergences idéologiques et d’analyses</strong> entre communistes, socialistes, écologistes, centristes, gaullistes et chrétiens-démocrates, que ce soit<span>  </span>sur le social, l’économie, l’Europe, l’OTAN, la politique étrangère…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Deuxième difficulté : <strong>la faiblesse des moyens de communication</strong>. Nicolas Sarkozy concentre entre ses mains tous les pouvoirs médiatiques, n’hésitant pas à terroriser les journalistes.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Troisième difficulté : <strong>un nombre important</strong>, beaucoup trop important, <strong>de personnalités politiques</strong>, souvent anciennes dans le « métier », <strong>qui jouent « perso »</strong>, de façon indigne, et sont capables à tout moment de négocier une trahison contre une prébende aussi pitoyable qu’insignifiante.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Quatrième difficulté : <strong>la disproportion des moyens financiers</strong>. Le lien lobbies – Sarkozy – appareil UMP fonctionne à plein et permet de financer des actions à la fois directes et indirectes pour morceler un peu plus chaque jour l’opposition et faire apparaître Sarkozy comme le seul choix possible.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 18pt; text-align: justify; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: justify; line-height: 150%"><strong>Quatre points d’appui méritent cependant d’être soulignés :<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Le sentiment partagé par l’immense majorité des Français que <strong>« cela ne pourra pas durer ainsi » sans un meilleur partage des richesses et des savoirs</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● La <strong>prise de conscience</strong>, la certitude croissante, que nos enfants et petits-enfants ne pourront pas survivre sur notre planète si l’on ne <strong>change</strong> pas <strong>radicalement nos comportements</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● La <strong>disqualification de</strong><strong> l’idéologie ultralibérale</strong> qui a pour unique but de veiller à ce que des profits insensés puissent augmenter sans fin et sans obstacles. Au-delà, l’amorce d’une réflexion sur ce que doit être demain notre système économique.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● La <strong>redécouverte du rôle indispensable de l’État</strong> et l’absence de débat idéologique autour de son rôle stratège et régulateur.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoBodyText">&nbsp;</p>
<p class="MsoBodyText">Afin de rétablir la démocratie, nous proposons une méthode en cinq étapes de reconquête du pouvoir en 2012 :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Première étape : <strong>rassembler</strong> le plus tôt possible, en un lieu symbolique, le plus grand nombre de représentants de ces 80 % de Français qui ne veulent plus d’un homme qui a été jusqu’à dégrader l’image et la fonction de Président de la République.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Deuxième étape : <strong>proposer</strong> pour 2012 que chacun mène sa campagne électorale sous sa propre bannière, tout en exprimant très clairement son engagement à se désister au second tour en faveur du candidat le mieux placé.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Troisième étape : <strong>envisager</strong> dès maintenant l’organisation du gouvernement de la République rétablie à l’issue de cette élection, proportionnellement aux résultats du premier tour.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Quatrième étape : <strong>prendre exemple</strong> sur le Conseil national de la résistance pour élaborer un programme d’urgence sur deux ans, indispensable au redressement de la Nation.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt; line-height: 150%">● Cinquième étape : <strong>prévoir</strong>, au terme de ces deux ans, la dissolution de l’Assemblée nationale pour que le Peuple français dégage alors une nouvelle majorité politique, ne jugeant les uns et les autres que sur l’efficacité de leur travail au cours de ces deux années écoulées.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Cette période servira ainsi de transition pour qu’une classe nouvelle de responsables politiques donne au Peuple français les gages nécessaires de zèle et de probité dans leur mission de protéger ses intérêts fondamentaux, sa Liberté et la Justice pour tous.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><em>© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009<o:p></o:p></em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Afghanistan, tombeau de nos ambitions infondées</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/07/05/lafghanistan-tombeau-de-nos-ambitions-infondees/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Jul 2009 17:19:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[
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Il est une entreprise non moins importante et plus difficile, c’est de confondre par une énergie constante [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><meta name="ProgId" content="Word.Document" /><meta name="Generator" content="Microsoft Word 11" /><meta name="Originator" content="Microsoft Word 11" /></p>
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<p style="margin-left: 100pt; text-align: right" class="MsoNormal" align="right"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial">Il est une entreprise non moins importante et plus difficile, c’est de confondre par une énergie constante les intrigues éternelles de tous les ennemis de notre liberté, et de faire triompher les principes sur lesquels doit s’asseoir la prospérité publique</span></p>
<p align="right"><strong><em>Robespierre</em></strong><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial"> </span></p>
<p>Nous avons tous en mémoire les soldats français morts dans une embuscade voici presque un an. Il y a quelques jours, trois soldats allemands ont été tués en patrouille près de Kunduz, comme trente-trois de leurs camarades précédemment.<br />
<span>   </span><br />
Combien de morts inutiles pour une guerre sans stratégie faudra-t-il pour retirer les soldats français de ce bourbier ? D’autant plus inutile que la moyenne d’âge de nos 3 000 soldats est de 23 ans : chaque jour, cette « sale guerre » leur inflige des traumatismes identiques à ceux que les soldats américains ont connu et connaissent encore, au retour du Vietnam ou d’Irak.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Vouloir une fois de plus imposer un pouvoir central désigné à Washington autour de Hamid Karzaï pour ensuite l’étendre à l’ensemble du pays est aujourd’hui un échec sur tous les plans.<br />
<span>   </span><br />
Échec militaire car aucune zone n’est contrôlée</strong> vraiment, y compris celle de Kaboul. Les ingénieurs militaires n’arrivent pas à sécuriser les routes d’approvisionnement, malgré la mise en œuvre de moyens de plus en plus sophistiqués et coûteux.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec militaire car le conflit s’élargit maintenant officiellement au Pakistan</strong>, obligeant les États-Unis à entrer dans un combat de haute intensité à <metricconverter productid="100 km" w:st="on">100 km</metricconverter> d’Islamabad. Il y a également <strong>élargissement au nord</strong> autour de la base américaine de Manas au Kirghizistan, cruciale au ravitaillement des troupes de l’OTAN, et récemment maintenue avec l’accord de Moscou moyennant 177 millions de dollars.<br />
<span>   </span><br />
Chaque perte dans la population locale stimule la combativité des guérilleros et permet le recrutement de nouveaux Talibans. À chaque bombardement, seule action militairement efficace, les nombreux morts parmi les civils renforcent le <strong>soutien de la population aux insurgés</strong>. 75 % de la population vit dans des villages de montagnes escarpées, sur un territoire grand comme la France.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec évident au plan de la lutte antiterroriste</strong> : <span>Al-Qā&#8217;ida</span> se réinstalle au Maghreb, rapprochant de l’Europe une menace terroriste qui augmente dans le monde.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec au plan de la lutte antidrogue</strong>, l’Afghanistan fournissant à ce jour 93 % de la cocaïne du monde entier.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec économique </strong>: pas de construction d’infrastructures, pas d’agriculture, pas d’industrie, pas d’écoles, pas d’armée, pas de police, pas d’artisanat. Comment un pays peut-il retrouver la paix lorsqu’il ne dispose pas de toutes ces nécessités de base ?<br />
<span>   </span><br />
<strong>Échec politique enfin.</strong> Quand, en octobre 2001, Kaboul tombe et les Talibans fuient, c’était la réponse aux attentats du 11 septembre et la volonté d’en finir avec <span>Al-Qā&#8217;ida</span> et Ben L<span>ā</span>den. Aujourd’hui Ben L<span>ā</span>den est vivant, <span>Al-Qā&#8217;ida</span> se porte de mieux en mieux et l’unité nationale afghane n’existe pas, et ne peut exister.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
À travers la réintégration dans l’OTAN (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/page/3/">OTAN : tout ce qu’on vous cache</a></em>), qui entraîne l’augmentation du contingent français en Afghanistan à la demande des Américains, <strong>notre pays est pris au piège d’un engrenage guerrier</strong> qui s’étend progressivement à l’est et au nord de l’Afghanistan. <strong>Il n’y a rien de pire que de lancer des opérations militaires d’envergure dans une véritable poudrière : en allumant la mèche à Kaboul, l’incendie se propagera à Téhéran, Bagdad, Damas, Beyrouth et Tel-Aviv.</strong> La France est rattrapée par les zones d’ombre de l’attentat de Karachi alors que l’Iran, le Liban, la Palestine, Israël sont eux-mêmes déstabilisés.<br />
<span>   </span><br />
On peut même s’interroger sur le lien qui pourrait exister entre le renforcement de notre présence en Afghanistan et la disparition, à quelques jours d’intervalle, de deux avions transportant des ressortissants français, l’un au-dessus de l’Atlantique, l’autre de l’Océan indien.<br />
<span>   </span><br />
Il est grand temps d’économiser nos hommes et notre argent, d’<strong>avoir le courage de décider enfin de partir d’Afghanistan</strong>. Le brigadier Mark Carleton-Smith, la plus haute autorité militaire britannique en Afghanistan, déclarait le 5 octobre 2008 au <em>Sunday Times</em> : « <a href="http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article4882597.ece">nous n’allons pas gagner la guerre en Afghanistan</a>. » Il y commande les troupes britanniques. Et le président Obama retire ses troupes d’Irak.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
En conclusion, <strong>il faut partir d’Afghanistan pour quatre raisons majeures :<br />
</strong><br />
● Tous ces morts français, civils et militaires, sont victimes d’une <strong>politique étrangère totalement incohérente</strong>, signée Nicolas Sarkozy, qui tourne le dos à toute notre histoire.<br />
● <strong>Nos intérêts</strong> historiques, économiques, politiques et culturels <strong>ne passent pas par l’Afghanistan</strong>.<br />
● Nous allons avoir besoin de toutes nos forces rassemblées pour <strong>faire face à un avenir proche d’hyper-violence</strong>. Assurer la sécurité du territoire, de la population et des sites stratégiques est aujourd’hui une priorité et nécessite la <strong>présence de tous nos soldats sur le sol national</strong>.<br />
● Il nous faut <strong>redéfinir une stratégie globale cohérente avant tout engagement de forces</strong>, c&#8217;est-à-dire :<br />
○ énoncer nos priorités : Europe, Afrique, Moyen-Orient, défense de nos intérêts fondamentaux, diplomatie d’influence, rayonnement culturel, francophonie ;<br />
○ définir par voie démocratique, c’est-à-dire au sein des commissions parlementaires concernées et du Parlement, qui sont nos alliés, nos partenaires, nos adversaires, nos ennemis.</p>
<p>À l&#8217;inverse, nous avançons actuellement sans vision globale claire, dans des actions non coordonnées, coûteuses en hommes, en argent et en lisibilité, sans parler de l’attitude arrogante de notre gouvernement à l’endroit de beaucoup de peuples et du mépris affiché par le chef de l&#8217;État à l&#8217;égard de chaque soldat.<br />
<span>   </span><br />
Pour arrêter ce gâchis, <strong>nous devons impérativement construire en 2012 une alternance politique de rassemblement</strong> de l’immense majorité de nos concitoyens, cohérente et exclusivement centrée sur les intérêts du peuple français, la prospérité publique et sur notre liberté d’action.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Derrière l&#8217;écran de fumée</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/06/28/derriere-lecran-de-fumee/</link>
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		<pubDate>Sun, 28 Jun 2009 17:39:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La mise en scène médiatique de la composition du nouveau gouvernement Fillon est, à plus d’un titre, extrêmement intéressante. La communication présidentielle, où strictement rien n’est laissé au hasard, où le contrôle est total, a en effet choisi de mettre en lumière certaines nominations et, à l’inverse, de passer quasiment sous silence d’autres acteurs de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mise en scène médiatique de la composition du nouveau gouvernement Fillon est, à plus d’un titre, extrêmement intéressante. La communication présidentielle, où strictement rien n’est laissé au hasard, où le contrôle est total, a en effet choisi de mettre en lumière certaines nominations et, à l’inverse, de passer quasiment sous silence d’autres acteurs de ce jeu de chaises musicales. Tout cela a une signification politique et nous éclaire sur les véritables priorités et intentions de Sarkozy. <strong>Décodage</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le leurre<br />
<span></span></u></strong><br />
Mitterrand à la culture ! <strong>Un Mitterrand au gouvernement !</strong> Plus de la moitié des commentaires liés au remaniement ont porté sur cet « événement ».<br />
<span>   </span><br />
Bien évidemment, c’est l’écran de fumée, ou plutôt le leurre, c’est-à-dire la proie que l’on poursuit alors que le « vrai » gibier est ailleurs. La culture ? Sarkozy s’en fout ! Ou plutôt, comme tous les incultes, il la méprise, n’y voit aucun intérêt et pense qu’il faut la contrôler, la faire ainsi entrer dans son système de pensée, où tout doit procéder de Lui, de son unique volonté.<br />
<span>   </span><br />
Conséquence logique, Sarkozy se « paye » un joueur prestigieux dans le mercato politico-médiatique, il s’achète un Mitterrand comme un club de foot se paye un Ronaldo. <strong>Le but ? Fixer l’attention des médias et du peuple sur ce transfert, faire en sorte que les commentaires</strong> (pour, contre, au fond peu importe) <strong>se déchaînent sur ce non-événement qu’est la nomination d’un bouffon du roi</strong>. Pendant ce temps-là, on va s’occuper des choses sérieuses.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’homme de main<br />
<span></span></u></strong><br />
Les choses sérieuses ? Parlons-en. Hortefeux à l’Intérieur, <strong>Hortefeux ministre des flics et surtout des élections, du redécoupage électoral ainsi que des services secrets</strong>, Hortefeux qui a maintenant trois ans pour préparer la réélection triomphale de son « patron » en 2012.<br />
<span>   </span><br />
Sans scrupules, ne s’embarrassant pas de légalité, efficace et cynique, ce nouveau Fouché n’aura que quelques dizaines de mètres à parcourir pour un tête-à-tête avec son boss. Avec la nomination de son homme de main place Beauveau, Sarkozy est désormais certain d’avoir une police, des services secrets et un appareil d’État (préfets, etc.) parfaitement à sa botte. Nous sommes là dans la <strong>grande tradition du Second Empire</strong>, où le résultat des élections présentait à peu près autant d’incertitudes que l’heure du lever du soleil.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le traître<br />
<span></span></u></strong><br />
Après l’efficacité électorale, <strong>le coup politique : achever Bayrou</strong>, le seul qui pouvait se montrer un petit peu menaçant en 2012. La recette a été des plus classiques. « Cet homme-là, on l’achète avec un maroquin », disait Mitterrand de Le Pen. Sarkozy peut en dire autant de Michel Mercier, sénateur du Rhône et trésorier du MoDem. Trésorier, c’est-à-dire parfaitement au courant de l’état réel des finances de ce parti et de ses « capacités de frappe » liées à ses ressources financières.<br />
<span>   </span><br />
Très beau coup politique que vient de réussir Badinguet : achever par une frappe au portefeuille un Bayrou déjà sonné par son échec aux Européennes. <strong>Le tarif est convenable : un sous-ministère aux choux farcis</strong> (officiellement « Espace rural et Aménagement du territoire »), <strong>le prix de la vanité</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Le nettoyeur<br />
<span></span></u></strong><br />
Revenons à des choses un peu plus sérieuses. <strong>L’éducation. Là, il y a un vrai projet à mettre en œuvre : réaliser des économies massives sur le budget de l’État</strong>, quitte au passage à flinguer l’école républicaine et à laisser le privé s’emparer des plus beaux morceaux. Bien sûr, on communiquera à tout va sur l’école de la deuxième chance et autres fadaises pour faire passer la pilule, en ne mettant jamais les moyens à disposition et les promesses en œuvre.<br />
<span>   </span><br />
Pour cette noble mission, <strong>Luc Chatel</strong> est le candidat idéal : formé chez L’Oréal, donc à l’école de la recherche de la rentabilité maximum et de « l’efficacité managériale », « <strong>il plaît à Sarkozy car ce n’est pas un intellectuel</strong> », déclare Gérard Longuet, sénateur UMP.<br />
<span>   </span><br />
Sa « feuille de route » est claire : « sortir » chaque année 10 à 15 000 fonctionnaires (enseignants et personnel administratif) de l’Éducation nationale pour laisser peu à peu le privé prendre la relève…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>L’enchanteur</u></strong><br />
<span>   </span><br />
<em>Last but not least</em>, la question du « Travail, Relations sociales, Famille et Solidarité ». <strong>Qui va se coltiner les syndicats et, surtout, fragiliser un peu plus le système de retraite par répartition</strong> afin de laisser les banques et compagnies d’assurance prospérer sur le « gras », c’est-à-dire les revenus les plus élevés, en leur proposant des retraites par capitalisation ? <strong>Xavier Darcos</strong> aura ce privilège.<br />
<span>   </span><br />
Dans ce secteur, le poids des lobbies et groupes de pression est considérable et il va falloir jouer très fin pour d’un côté donner des cacahuètes aux syndicats, de l’autre satisfaire l’appétit des lobbies qui soutiendront Sarkozy en 2012.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Voilà. La troupe est au complet, la pièce de théâtre peut commencer. Un grand absent cependant. Résumons-le en deux lignes : « une vraie volonté démocratique et républicaine visant à mieux répartir les richesses, restaurer la cohésion sociale et affirmer le rôle de la France dans le monde. » Mais ça, c’est le travail d’un vrai gouvernement, pas d’hommes de main aux ordres du <em>capo di tutti capi</em>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009<o:p></o:p></p>
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		<title>Social : la bombe sale</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Jun 2009 16:51:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La récente demande de la société British Airways à ses salariés – travailler gratuitement pendant un mois au prétexte de sauver l’entreprise – n’est que la partie la plus spectaculaire et la plus visible d’un iceberg d’un genre très particulier, d’un nouvel objectif que se sont fixé certaines entreprises – notamment les plus grandes – [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">La récente demande de la société British Airways à ses salariés – travailler gratuitement pendant un mois au prétexte de sauver l’entreprise – n’est que la partie la plus spectaculaire et la plus visible d’un iceberg d’un genre très particulier, d’un <strong>nouvel objectif que se sont fixé certaines entreprises – notamment les plus grandes – en prenant prétexte de la « crise »</strong> : casser complètement les règles du jeu dans le rapport avec ses salariés et ses fournisseurs, <strong>prendre un avantage proprement ahurissant en termes de pouvoir et de rapport de forces</strong>. C’est ainsi une nouvelle donne politique qui se met en place, où le pouvoir des dirigeants des TGE (très grandes entreprises) va aller croissant, laminant les individus d’abord, les États ensuite.<br />
<span>   </span><br />
Nous avons déjà analysé des aspects de ce phénomène dans de précédents billets (voir notamment <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/24/leffet-pervers/">L’effet pervers</a> </em>mais aussi <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/3/">Laura, 27 ans, Bac + 5, emploi précaire assuré</a></em>) mais ce qui est désormais frappant, c’est son accélération.<br />
<span>   </span><br />
On observe depuis quelques semaines, quelques mois à peine, l’émergence d’un nouveau type de « relations » entre entreprises et salariés d’une part, entreprises et fournisseurs d’autre part. Dans tous les cas, le tableau est le même : l’entreprise est saine, elle ne souffre pas de manière flagrante de la « crise » mais elle « redoute une baisse d’activité », comme disent les spécialistes. Ce message est distillé dans toute l’entreprise via rumeurs, bruits de couloirs, etc.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Attendrir la viande</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Plus efficace encore, le bon plan de com’ consiste à faire circuler simultanément <strong>deux types de messages</strong> :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● un message officiel destiné à l’ensemble du personnel annonçant que tout va bien, que l’entreprise a anticipé une éventuelle baisse d’activité, que le secteur d’activité est moins affecté que le reste de l’économie, etc. ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● des messages officieux laissant entendre que la situation est plus grave que prévue, qu’il va falloir prendre des mesures exceptionnelles, que de très gros risques pèsent sur l’entreprise, etc.</p>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<p><strong>Objectif de cette double communication : « attendrir la viande », préparer psychologiquement les collaborateurs à n’importe quel type de mesures, les déboussoler, faire en sorte qu’ils s’approprient, qu’ils intériorisent, un discours sur la « crise » déconnecté des réalités</strong> de l’entreprise, de ses résultats réels, d’une vision aussi objective que possible de la situation.<br />
<span> </span><span>  </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Frapper</u></strong><br />
<span>   </span><br />
Une fois la préparation psychologique effectuée, les frappes vont pouvoir commencer.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Première frappe</strong> : la direction demande aux managers, directeurs de business units, responsables de département (appelez-les comme vous voulez) de <strong>réduire immédiatement la masse salariale de leur unité</strong> de 15, 20, 25 % (rayez les mentions inutiles…) tout en maintenant le niveau de chiffre d’affaires. Les moyens ? Aux managers de se débrouiller, c’est leur problème : non-renouvellement des CDD, remplacés par des « stagiaires » non payés, renégociation du salaire des CDI (« tu gardes ton job si tu acceptes de renoncer à ton variable » ou « « on variabilise une grande partie de ton fixe », selon les cas), licenciement négocié pour démarrer une carrière d’« auto-entrepreneur », <strong>tous les moyens sont bons</strong>. Le droit du travail ? On s’en fout, on est sortis du cadre, « c’est la méga-crise, coco ».<br />
<span>   </span><br />
<strong>C’est bien évidemment à ce moment que la phase de préparation psychologique porte ses fruits</strong> : le salarié est lui-même convaincu que, renoncer cette année à ses primes, c’est le seul moyen de sauver son emploi et son entreprise. Son cadre habituel de références a disparu, il n’y a plus de garde-fous, il est prêt à sauter dans le vide avec son PDG, c’est-à-dire à renoncer à un ou deux mois de salaire. La seule différence, c’est que son PDG peut, lui, continuer à très bien vivre avec six mois de salaire par an seulement.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Seconde frappe : les fournisseurs.</strong> Tous : petits et grands, produits et services. Ici, la frappe est <strong>infiniment plus brutale</strong> : on ne va pas se contenter de 15 ou 20 % de baisse. Non, on ose 50, 60 %, <strong>on demande l’impensable</strong>. Et celui qui le demande a une motivation en béton : il vient d’accepter de rogner sa rémunération pour sauver sa boîte ! Ce n’est donc pas un c… de fournisseur qui va se mettre en travers de ce noble objectif. De victime, le salarié est devenu bourreau et il est prêt à manier la gégène avec l’ardeur du néophyte.<br />
<span>   </span><br />
On assiste donc à des demandes surréalistes, du type : « Je n’ai pas de budget pour tel projet mais il faut le réaliser. Pouvez-vous le faire pour un montant symbolique ? » Variez les propos selon la culture d’entreprise et le mode d’organisation mais le principe reste le même : <strong>il n’y a plus de cadre de référence, je vous pressure psychologiquement pour que vous acceptiez l’absurde, tous les verrous ont sauté</strong>. « Et puis, vous n’avez qu’à appliquer la même méthode à vos salariés et fournisseurs. »<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Une « bombe sale » sociale</u></strong></p>
<p>Le résultat ? Le <strong>développement d’une violence psychologique et sociale inouïe</strong>, qui peut s’apparenter à celle des sectes, et dont l’unique but est de maintenir coûte que coûte le niveau des bénéfices et la concentration du capital dans les mains d’un nombre de plus en plus restreint de personnes.<br />
<span>   </span><br />
Traduit en termes militaires, <strong>l’utilisation de tels procédés dans la relation sociale, la mise en œuvre planifiée d’une telle violence, d’une pression aussi insoutenable sur les individus, correspond à l’emploi d’une « bombe sale sociale »</strong>, comme on utiliserait une « bombe sale » nucléaire dans un conflit militaire au départ classique.<br />
<span>   </span><br />
Ce choix volontaire d’<strong>hyper-violence sociale</strong> va se traduire en maladies, suicides, divorces et violences physiques diverses pour ceux qui en sont les victimes. Quelle sera la réaction des populations face à cette escalade ? Terreur, abattement, ou réaction tout aussi violente (les « prises d’otages » de patrons ne seraient alors que d’aimables hors d’œuvre), ou encore volonté de passer à un autre type de société « dénucléarisée socialement » ? La réponse nous appartient…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Bétonner ou nourrir</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/06/14/betonner-ou-nourrir/</link>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 19:47:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris 2030. Lancée à grand renfort de publicité il y a deux mois, l’opération « Paris 2030 » est aujourd’hui totalement retombée dans l’indifférence. Le plan de com’ qui visait à promouvoir cette opération a atteint son objectif : faire accepter et avaliser sans vote par la population francilienne, plus d’un an avant les élections régionales, un « schéma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Paris 2030. Lancée à grand renfort de publicité il y a deux mois, l’opération « <strong>Paris 2030</strong> » est aujourd’hui totalement retombée dans l’indifférence. Le plan de com’ qui visait à promouvoir cette opération a atteint son <strong>objectif : faire accepter et avaliser sans vote par la population francilienne, plus d’un an avant les élections régionales, un « schéma directeur » permettant de couler tranquillement du béton pendant les 20 prochaines années</strong>.<br />
<span>   </span><br />
C’est donc le moment de remettre ce projet dans une perspective globale, plus large et plus vaste que le court-termisme qui consiste à dire : « vite, vite, il faut construire, creuser des tunnels, bâtir des villes nouvelles sinon la région parisienne sera invivable dans 20 ans. » Prenons donc du recul et <strong>remettons les choses en perspective</strong>.<br />
<span>   </span><br />
Depuis l’origine d’une civilisation basée sur l’agriculture – on pourrait presque dire depuis de début de la civilisation tout court – la fonction première de la terre, c’est de nourrir ceux qui la cultivent ou y travaillent.<br />
<span>   </span><br />
Dans cette optique, avec une superficie de 55 millions d’hectares, dont 28 millions en surface agricole utile, comprenant 18 millions d’hectares de terres labourables, la France dispose d’un fantastique potentiel.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Chaque année, l’urbanisation sous toutes ses formes</strong> (habitat, routes, zones industrielles, commerciales…) <strong>absorbe plus de <st1:metricconverter productid="60ﾠ000 hectares" w:st="on">60 000 hectares</st1:metricconverter></strong>. Ce phénomène serait relativement mineur s’il n’affectait pas en priorité la périphérie des grandes villes qui, à l’image de Paris, se sont implantées au cœur des régions agricoles les plus fertiles. Ce qui est donc en jeu, c’est la <strong>stérilisation définitive des meilleures terres agricoles</strong> qu’entraîne une urbanisation anarchique.<br />
<span>   </span><br />
Imaginons une notation de 1 à 10 des terrains agricoles de la France en fonction de leur potentiel de production alimentaire. On s’aperçoit que la note moyenne des terres urbanisées est supérieure à 5 sur l’ensemble du territoire et de l’ordre de 6 à 7 dans le Bassin parisien.<br />
<span>   </span><br />
Grosso modo, dans une hypothèse d’autarcie alimentaire, <strong>chaque hectare de terre du Bassin parisien permet de nourrir 4,6 personnes</strong> alors que la moyenne chute à 2,2 habitants par hectare si l’on considère l’ensemble de la surface agricole utile du pays.<br />
<span>   </span><br />
Au rythme actuel d’urbanisation, <strong>plus de 2 millions d’hectares de terre cultivable de qualité vont disparaître en France d’ici 2050, soit un « manque à nourrir » de 5 à 6 millions d’habitants</strong>. Si, parallèlement, on considère les perspectives de croissance de la population française à cette échéance (environ 70 millions d’habitants), on observe une baisse rapide des capacités de production alimentaire.<br />
<span>   </span><br />
<strong>Au niveau mondial</strong>, cette situation se répète dans de très nombreux pays : l’urbanisation croissante et anarchique se développe en priorité sur les terres les plus fertiles. Si on ajoute à cela d’une part la pression du lobby des <strong>biocarburants</strong> qui vise à transformer un maximum de surfaces cultivables en « puits de pétrole agricoles », d’autre part le <strong>pillage des océans</strong> qui, s’il se poursuit au rythme actuel, fera de la pêche en mer un loisir au même titre que la chasse aux alentours des années 2050, c’est un <strong>manque à nourrir de plusieurs centaines de millions d’habitants</strong> que nous sommes en train de créer.<br />
<span>   </span><br />
Alors que faire pour relever ce défi alimentaire qui s’annonce comme l’un des enjeux majeurs de ce siècle ? À l’échelle de notre pays, concrètement et modestement, <strong>plusieurs pistes</strong> peuvent être explorées :</p>
<p><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Faire pression sur les décideurs nationaux et élus locaux pour que cesse le bétonnage des meilleures terres agricoles. <strong>C’est dans les zones au faible potentiel agronomique</strong>, et en occupant le moins de surface au sol possible (priorité à la densification urbaine) <strong>que doivent s’implanter les villes nouvelles</strong>.<br />
Une suggestion en ce sens : ne peut-on bâtir des villes nouvelles sur des terrains peu fertiles se trouvant à proximité de grands axes ferroviaires ou routiers existants ? Dans une société où, sur le plan professionnel, le mail est devenu la principale forme de communication, la visioconférence est banalisée, etc. il n’y a aucun intérêt stratégique à implanter un « pôle nouvelles technologies » sur des terres de première qualité situées à moins d’une heure de la tour Eiffel !</p>
<p><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Développer fortement, c’est-à-dire doubler ou tripler, la surface des jardins familiaux, notamment par le biais d’une fiscalité locale incitative : un hectare de ces jardins permet de subvenir aux besoins en légumes de 40 familles de 4 personnes…<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Mieux répartir les productions en fonction du type de terrain : par exemple, éviter la production de viande bovine dans les zones céréalières.</p>
<p><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Arrêter de détruire à grands frais, en application d’un « principe de précaution » assez discutable, un tonnage impressionnant de farines de viande, source de protéines pour l’alimentation des porcs, volailles ou poissons.<o:p><br />
</o:p></p>
<p>À plus long terme, 2050 et au-delà, il est probable que ces mesures ne seront pas suffisantes pour concilier croissance de la population, contraintes écologiques et besoins alimentaires. Quelle sera alors la solution ? Très probablement une <strong>modification radicale de l’habitat</strong>, sous la forme de « méga-tours », de « villes-tours » qui, en occupant une surface au sol relativement faible sur une très grande hauteur, présenteront l’avantage majeur d’être « écologiques » : auto-suffisance en énergie, recyclage intégral des déchets, préservation de l’espace environnant, réduction des transports individuels, etc.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mais dès aujourd’hui, le changement prévisible d’échelle des problèmes de ressources alimentaires et énergétiques exige un <strong>changement d’échelle dans nos réflexions, nos modes d’analyse et de prise de décisions</strong> ainsi qu’un abandon de nos égoïsmes suicidaires.<br />
<span>   </span><br />
Il nous faut imaginer une nouvelle gouvernance démocratique qui répondra aux nécessités d’une nouvelle ville, au milieu d’une nouvelle campagne, dans une France aux contours modifiés par la montée des eaux liée au réchauffement climatique, au sein d’une Europe en paix.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;alternative stratégique</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/06/07/lalternative-strategique/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Jun 2009 17:10:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le constat est d&#8217;une banalité affligeante : le grand gagnant des élections européennes, c&#8217;est l&#8217;abstention. 58 % en France,  64 % aux Pays-Bas, pour culminer à 75 % en République tchèque, le meilleur élève de la classe étant Malte avec - seulement, pourrait-on dire - 21 % d&#8217;abstention (tous résultats à confirmer). La moyenne européenne reflète cette triste réalité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Le constat est d&#8217;une banalité affligeante :<strong> le grand gagnant des élections européennes, c&#8217;est l&#8217;abstention</strong>. 58<code> </code>% en France,  64<code> </code>% aux Pays-Bas, pour culminer à 75<code> </code>% en République tchèque, le meilleur élève de la classe étant Malte avec - seulement, pourrait-on dire - 21<code> </code>% d&#8217;abstention (tous résultats à confirmer). La moyenne européenne reflète cette triste réalité : plus d&#8217;un Européen sur deux ne s&#8217;est pas déplacé à l&#8217;occasion de cette consultation électorale qui - qu&#8217;il le veuille ou non - engage son avenir.</p>
<p class="MsoNormal">Les raisons de cette indifférence, de ce désamour ? Nous avons essayé de les analyser (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/page/2/">Le divorce européen</a></em>), montrant que, malgré l&#8217;importance des enjeux (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/03/quatre-enjeux-pour-leurope/">Quatre enjeux pour l’Europe</a></em>) et l&#8217;importance « objective » des décisions prises par le Parlement européen (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/05/31/poursuivre-le-chemin-ou-changer-deurope/">Poursuivre le chemin ou changer d’Europe ?</a></em>), les éléments purement rationnels ne suffisent pas à susciter l&#8217;adhésion et l&#8217;enthousiasme.</p>
<p>Cet écart entre l&#8217;importance des décisions prises au niveau européen - notamment sur le plan économique - et l&#8217;attitude désabusée et indifférente des électeurs emporte une conséquence majeure : <strong>aujourd&#8217;hui, sans soutien populaire, sans volonté politique émanant du peuple, l&#8217;Europe politique à 27 est en état de coma dépassé</strong>. <strong>Pour asseoir la légalité européenne, il n&#8217;existe pas de légitimité populaire solide.</strong> Prétendre le contraire relève de la méthode Coué, de l&#8217;aveuglement, mais pas d&#8217;une analyse politique qui prend en compte un élément déterminant : la volonté des peuples.</p>
<p>Que nous enseigne cet échec ? Deux éléments essentiels.</p>
<p>Premier enseignement : « Le pouvoir vient d&#8217;en haut, la confiance vient d&#8217;en bas » disait cyniquement Sieyès. <strong>Avec l&#8217;Europe, la confiance n&#8217;est jamais venue, avant tout parce que cette Europe-là a été perçue comme un instrument au service des plus forts, un pouvoir d’en haut et rien d’autre, un outil contrôlé et manipulé par une élite qui en a tiré, à son seul profit, avantages et privilèges</strong>.</p>
<p>Toute construction politique déconnectée du « pays réel », considérée comme fonctionnant au profit de quelques-uns, imposée et subie plutôt qu&#8217;expliquée et argumentée, est vouée à l&#8217;échec. <strong>Il faut qu&#8217;une décision politique entraîne une évolution positive, rapidement perceptible et identifiable dans la vie de tous les jours pour que la confiance se crée</strong>, pour que les citoyens deviennent un élément moteur et non un frein.</p>
<p>Second enseignement : Babel fait peur, indiffère ou agace. 27<code> </code>pays, 23<code> </code>langues, les Européens ne se reconnaissent pas, ne se « projettent » pas, ne font pas confiance à un ensemble aussi disparate, insaisissable, aux contours que l&#8217;on ne perçoit pas. <strong>La grenouille européenne a voulu se faire aussi grosse que le bœuf américain, dans un contexte politique et culturel totalement différent.</strong></p>
<p>Alors, quelle solution pour peser encore au XXI<sup>e</sup> et au XXII<sup>e</sup> siècle, pour jouer encore en première division avec les États-Unis, la Chine, l&#8217;Inde, le Brésil et la Russie ?</p>
<p>Pour répondre à cette question, procédons par étapes.</p>
<p><strong>Premier constat</strong> : aujourd&#8217;hui, en Europe et, <em>a fortiori</em>, dans le monde, <strong>le poids de la France est très relatif</strong>. La France est une grande nation européenne mais elle ne peut ni contraindre ses partenaires communautaires à l&#8217;action contre leur gré, ni opposer un veto crédible et durable à une décision commune des 26 autres.</p>
<p><strong>Second constat : l&#8217;Allemagne est à peu près dans la même situation.</strong> Je dis bien « à peu près » car l&#8217;Allemagne est beaucoup plus solide et crédible que la France sur le plan économique. Par contre, comparée à celle de la France, son agriculture est faible (<em>grosso modo</em> les 2/3 de la production française) et, surtout, son poids diplomatique et militaire est inférieur à celui de la France : elle ne dispose ni de l&#8217;arme nucléaire, ni d&#8217;un siège permanent au Conseil de sécurité.</p>
<p>Alliées, ou plutôt parfaitement coordonnées, unies, <strong>soudées l&#8217;une à l&#8217;autre, l&#8217;Allemagne et la France disposent d&#8217;un poids considérable : troisième économie mondiale, </strong>devant l’Inde et le Japon, <strong>exportatrices dans les domaines industriel et agro-alimentaire, arme nucléaire, siège permanent au Conseil de sécurité, zones d&#8217;influence complémentaires</strong> (Europe de l&#8217;Est pour l&#8217;Allemagne, portions du bassin méditerranéen et de l&#8217;Afrique pour la France). <strong>En politique, 1 + 1 ne font pas 2 mais 3 ou 4 quand on sait utiliser l&#8217;effet de levier.</strong></p>
<p>Alors, l&#8217;axe franco-allemand ou plutôt <strong>l&#8217;union franco-allemande</strong> ? Oui, bien sûr, c&#8217;<strong>est le seul chemin crédible et raisonnable pour ces deux pays s&#8217;ils souhaitent encore jouer un rôle, disposer d&#8217;une certaine autonomie de décision et être capables d&#8217;initiatives politiques crédibles dans les 50 prochaines années</strong>.</p>
<p>Mais, pour que cette initiative s&#8217;enclenche et réussisse, encore faut-il éviter de tomber dans les pièges et écueils de la construction européenne à 27, décrits ci-dessus. Ne répétons pas à deux les erreurs que nous avons faites à 27.</p>
<p>De plus, pour mettre en place cette stratégie d’influence pacifique, encore faut-il une vraie volonté politique d’un vrai chef d’État français… c’est aujourd’hui loin d’être le cas.</p>
<p>Concrètement, que faire ? C&#8217;est ce que nous allons, très modestement, tenter d&#8217;explorer dans les prochains mois, au fil d’une série de billets hebdomadaires consacrés à ce thème : des pistes de réflexion, des propositions concrètes opérationnelles, auxquelles nous vous convions à contribuer. Notre souhait est de lancer le débat, d&#8217;ouvrir un chemin, de <strong>penser les conditions d&#8217;une « sortie par le haut » de l&#8217;impasse politique dans laquelle nous nous trouvons</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<o:p></o:p><br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Poursuivre le chemin ou changer d&#8217;Europe ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/05/31/poursuivre-le-chemin-ou-changer-deurope/</link>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2009 17:05:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Les citoyens qui prévoient de s’abstenir lors de l’élection, le 7 juin, des députés européens, prennent le risque que l’Europe leur apporte moins que ce qu’ils espèrent (travail, sécurité, progrès) et plus que ce qu’ils craignent (précarité, insécurité, régression).
Savent-ils précisément ce dont l’Europe leur fait déjà bénéficier ? À leur attention, nous avons rassemblé ci-dessous une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Les citoyens qui prévoient de s’abstenir lors de l’élection, le 7 juin, des députés européens, prennent le <strong>risque que l’Europe leur apporte moins que ce qu’ils espèrent</strong> (travail, sécurité, progrès) <strong>et plus que ce qu’ils craignent</strong> (précarité, insécurité, régression).</p>
<p>Savent-ils précisément ce dont l’Europe leur fait déjà bénéficier ? À leur attention, <strong>nous avons rassemblé ci-dessous une quarantaine de mesures d’origine communautaire</strong>. À eux de décider, en votant en connaissance de cause pour telle ou telle liste, s’il vaut mieux <strong>continuer dans le sens de ces mesures ou s’il faut modifier les politiques européennes et dans quel sens</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Ce que nous n’aurions pas si les « lois » européennes n’existaient pas<span></span><br />
<span></span><br />
</u>1 - Travail, Études, Formation<br />
<u><o:p></o:p></u></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• La reconnaissance des diplômes français dans les autres pays de l’Union, les bourses Marie Curie pour les chercheurs, une coordination des systèmes de Sécurité sociale, le portail Eures, qui facilitent la recherche et l’exercice d’un travail dans l’un des 26 autres pays de l’Union européenne.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Les bourses Erasmus, bien connues des étudiants, pour effectuer une année d<s></s>&#8216;études supérieures dans l’un des 31 pays participants.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le financement de projets de formation professionnelle tout au long de la vie (programme Léonard de Vinci).</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>2- Environnement, Santé, Sécurité<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le réseau Natura 2000 des zones de conservation ou de protection spéciale, lesquelles permettent de conserver ou, si nécessaire, de restaurer 200 types d’habitat et 800 espèces animales vulnérables dans leur aire de répartition naturelle.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• L’interdiction des pétroliers à simple coque et des dégazages en mer, les contrôles de sécurité dans les ports européens, les systèmes de surveillance aérienne et par satellite du trafic maritime.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Les pots d’échappement catalytiques (obligatoires sur les voitures neuves depuis 1991) qui ont réduit de 95 % depuis 20 ans les émissions de gaz toxiques par les voitures neuves.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Une réduction des émissions de CO<sub>2</sub> par les installations industrielles, par la fixation en 2005 de seuils autorisés et la possibilité, pour les entreprises qui investissent dans la réduction des émissions, de vendre leur excès de crédit et d’en tirer profit. Prochaine étape : l’aviation civile.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Les mesures de prévention des déchets, comme les taxes sur les emballages non recyclables.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Un approvisionnement alimentaire stable grâce à la politique agricole commune (on l’a oublié : ce n’était pas le cas en 1958, lors de sa mise en place).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Un approvisionnement alimentaire plus sûr grâce à la traçabilité obligatoire de tous les produits et ingrédients, y compris ceux importés de pays hors UE.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Un service d’échange d’informations rapide (Rapex) qui permet d’avertir au plus vite l’ensemble des consommateurs en cas de problème sur un produit dans une région et de lancer une procédure de retrait du produit, le cas échéant.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• L’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques (Reach) qui vise à protéger les êtres humains des substances chimiques potentiellement dangereuses, tout en protégeant la compétitivité de l’industrie chimique européenne.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Une police européenne (Europol) qui aide les polices de tous les États membres de l’UE dans leur lutte contre le trafic de drogues, l’immigration illégale, le terrorisme, le trafic d’êtres humains, la contrefaçon et le blanchiment d’argent.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le 116000, tout nouveau numéro d’appel d’urgence en cas de disparition d’enfant.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>3- Voyages, Communications, Télévision, Culture<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le 112, numéro d’appel d’urgence vers les services de secours, unique et gratuit en Europe.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• La carte européenne d’assurance maladie, qui simplifie l’accès aux soins médicaux dans un autre pays européen et, selon le pays, permet la gratuité ou facilite le remboursement au retour.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• En dehors de l’UE, la protection des consulats ou ambassades de tous les États membres de l’UE pour tous les détenteurs de passeports européens.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• En cas de vol retardé ou annulé, l’obligation faite à toute compagnie aérienne d’assurer aux passagers un autre moyen de transport et l’hébergement si le retard inclut une nuit.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le passeport européen pour les animaux de compagnie, délivré par les vétérinaires.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• La liberté de circuler sans visa dans les 27 pays de l’UE et sans passeport dans les pays, plus nombreux, de l’espace Schengen.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• La même monnaie pour les 322 millions d’habitants des 16 pays de la zone euro.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• La liste noire des compagnies aériennes mondiales peu fiables.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• <st1:personname productid="La norme GSM" w:st="on">La norme GSM</st1:personname> unifiant les communications par téléphone portable.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Les fonds Media qui soutiennent les projets de rédaction de scénario, la promotion de films, d’événements et de festivals, la distribution de films européens hors de leur pays d’origine en Europe et dans le monde entier, la formation de comédiens.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>4- Économie, Énergie<o:p></o:p></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><o:p> </o:p>• La convention sur le brevet européen (CBE) qui permet de protéger une invention par une seule et même procédure dans l’ensemble des pays européens.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le Fonds européen d’investissement (FEI) qui finance les grands projets d’infrastructures et, par des garanties accordées aux banques, permet aux PME des technologies de l’information et de la communication et des sciences de la vie d’accéder au capital-risque.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le Fonds européen de développement régional (Feder) qui soutient les entreprises locales, le Fonds de cohésion qui sert à financer les infrastructures de transport et les initiatives environnementales dans les régions européennes les moins favorisées.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Le projet de fusion nucléaire ITER qui, s’il aboutit, sera une étape décisive pour créer une énergie durable quasiment illimitée (comme celle du soleil), capable d’alimenter toute <st1:personname productid="la plan￨te. La Chine" w:st="on">la  planète. La Chine</st1:personname>, la Corée du Sud, l’Inde, le Japon, la Russie se sont joints à l’Europe pour ce projet prévu pour durer 35 ans et financé à 50 % par les pays européens.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Ce qui manque encore cruellement, par exemple<br />
</u></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Un horaire hebdomadaire de travail inférieur à 48 heures, niveau que le Parlement européen a déjà eu du mal à imposer à ceux qui voulaient le porter à 65 heures !</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Un contrôle beaucoup plus strict des pratiques des industriels et des commerçants de l’agroalimentaire, notamment l’obligation d’afficher en gros caractères le prix au kilo ou au litre, ainsi que l’origine géographique du produit.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• La réduction du dumping fiscal (plancher identique dans tous les pays européens de l’impôt sur les bénéfices des sociétés) ou social (plancher identique pour le salaire minimum), afin de réduire l’intérêt des délocalisations.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Une coordination des politiques économiques, en commençant par les 16 pays de la zone euro, afin de rendre plus efficaces les plans de relance, gagner points de croissance et emplois.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Une baisse progressive et concertée de la valeur de l’euro, mesure protectionniste pour nous remettre à égalité avec les Chinois et les Américains qui pratiquent ce type de protectionnisme depuis des années. Cette mesure éviterait par exemple à Airbus de délocaliser aux USA ou en Chine la fabrication d’éléments de ses avions (sauf lorsque cette délocalisation conduit des compagnies américaines ou chinoises à acheter des avions européens).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">• Une interdiction des liens financiers entre industries dépendant des commandes de l’État et médias de masse (chaînes privées de télévision et presse écrite) afin de sauvegarder la pluralité de l’information.</p>
<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Cette liste est loin d’être exhaustive ! Vous voyez qu’il y a un véritable enjeu, lors de ces élections européennes, à envoyer au Parlement de Strasbourg des députés qui orienteront les politiques de l’Union européenne <strong><u>dans le sens que vous souhaitez</u></strong>. Chaque électeur, quelle que soit son opinion politique, porte une responsabilité qu’il ne doit en aucun cas laisser aux autres.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;effet pervers</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/05/24/leffet-pervers/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/05/24/leffet-pervers/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 24 May 2009 16:57:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’heure où l’on débat des rémunérations et bonus des dirigeants, notamment de ceux dont les entreprises ont reçu des aides étatiques, un consensus semble se faire jour : oui aux rémunérations élevées et aux bonus des dirigeants si ceux-ci ont « bien » dirigé l’entreprise dont ils ont la charge, si celle-ci dégage des bénéfices et n’a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">À l’heure où l’on débat des rémunérations et bonus des dirigeants, notamment de ceux dont les entreprises ont reçu des aides étatiques, un consensus semble se faire jour : oui aux rémunérations élevées et aux bonus des dirigeants si ceux-ci ont « bien » dirigé l’entreprise dont ils ont la charge, si celle-ci dégage des bénéfices et n’a pas (trop) obtenu d’aides de l’État.</p>
<p>Mais ce consensus comporte un effet pervers majeur : comment obtient-on aujourd’hui un tel résultat ?</p>
<p>Compte tenu de l’atonie de la demande (schématiquement, « il n’y a plus d’argent »), le moyen privilégié reste la <strong>réduction des coûts, notamment de la masse salariale</strong>, en variabilisant les dépenses.</p>
<p><strong>Variabiliser, pour l’entreprise, cela veut dire précariser pour celui qui est l’objet – ou plutôt la victime – de cette variabilisation.</strong> Deux exemples illustrent cette précarisation.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Délocalisation à l’étranger<br />
</u></strong><br />
C’est un grand classique, un poncif, mais ça marche toujours. Délocaliser à l’étranger, notamment dans les dictatures à bas salaires, permet de réduire ses coûts en appliquant une recette très simple : <strong>on peut toujours trouver un esclave moins cher sur la planète</strong>.</p>
<p>Le résultat au niveau local ? Une « révolution industrielle » de type XIX<sup>e</sup> siècle européen, où des masses de paysans sont incitées <em>manu militari</em> à quitter leurs terres pour venir travailler 10 à 14<code> </code>heures par jour dans des usines ne respectant aucune norme de type occidental (que ce soit en matière de droit du travail, d’hygiène, de sécurité ou d’environnement) avant de retourner dans leur bidonville.</p>
<p><strong>Premier effet pervers de la bonne gestion qui vaudra bonus aux dirigeants et dividendes aux actionnaires : une casse sur le plan humain dans les pays où se développe la délocalisation.</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong><u>Auto-entreprenariat<o:p></o:p></u></strong></p>
<p class="MsoNormal"> Au niveau local – en France – la recette pour réduire les coûts va être plus subtile : recours tous azimuts à la sous-traitance et à « l’auto-entreprenariat », ce dernier étant particulièrement à la mode et encouragé par nos gouvernants.</p>
<p>De quoi s’agit-il ? Très simple. Au lieu de licencier « sec » un collaborateur, on lui propose de quitter l’entreprise avec un pécule et de s’installer comme « auto-entrepreneur », « consultant », l’entreprise devenant son premier client. <strong>La méthode est principalement utilisée pour se débarrasser à petites doses du personnel d’encadrement, notamment des « vieux cadres »</strong> (40 ans et plus), afin de les remplacer par du personnel plus jeune, donc moins cher et plus « malléable ».</p>
<p>Cette méthode présente, <strong>pour l’entreprise et le gouvernement, un double avantage</strong> :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● L’entreprise variabilise le coût lié à un poste et met cet « auto-entrepreneur » en concurrence sur le marché avec d’autres « auto-entrepreneurs ». Une étude marketing à réaliser ? Les « auto-entrepreneurs » vont se retrouver en concurrence, parfois entre anciens collègues, et celui qui sera finalement retenu acceptera, après une négociation symbolique, le prix que lui offrira l’entreprise, toujours nettement inférieur à celui d’une réalisation en interne.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● Le viré n’apparaît pas dans les statistiques du chômage : il est « auto-entrepreneur », « créateur d’entreprise » et sa démarche permet à différents ministres de pavoiser devant la presse et sur leurs sites Internet : <a href="http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/entreprises_852/simplifier_gestion_creation_entreprise_1311/succes_statut_auto_entrepreneur_62255.html">Lagarde</a>, <a href="http://www.premier-ministre.gouv.fr/chantiers/entreprises_852/simplifier_gestion_creation_entreprise_1311/quelque_120_000_auto_63111.html">Novelli</a>, ils sont tous ravis !</p>
<p class="MsoNormal">Au-delà de ces auto-satisfécits d’apparatchiks, la réalité est – bien évidemment – infiniment moins souriante, cette méthode de « dégraissage en douceur » ayant deux effets principaux :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● une <strong>augmentation de la concentration des richesses</strong> : plus il y a de chômage, plus les auto-entrepreneurs seront nombreux, plus le tarif de leurs prestation sera diminué (il en sera de même pour les sous-traitants), d’où de meilleures marges pour l’entreprise qui profite de cette situation, des bonus plus importants pour les dirigeants, des dividendes plus élevés pour les actionnaires et un <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/01/page/3/">coefficient de Gini</a> qui va régulièrement augmenter ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt">● la <strong>création d’un « sous-prolétariat intellectuel »</strong> : des consultants totalement précarisés, corvéables à merci (« il me faut ça pour lundi matin »), dont le taux effectif de rémunération horaire ne dépasse guère le SMIC, voire y est inférieur.<br />
<strong>L’effet véritablement pervers, c’est que les apparences sociales sont sauves pour « l’auto-entrepreneur »</strong> : il n’est pas chômeur, pas marginalisé, mais son compte bancaire est dans le rouge, sa vie familiale et sociale déstructurée, complètement dépendante du bon vouloir de ses employeurs d’un jour, sa possibilité de déterminer son avenir nulle.<br />
Sous couvert ou prétexte de liberté, <strong>il en a fait perdu toute maîtrise de son destin</strong>. Seul, isolé, souvent déprimé, <strong>il n’est plus qu’un pion économique</strong>, ne pouvant compter ni sur l’aide d’un syndicat, ni sur une quelconque solidarité de corps.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Pour avoir ainsi passé des centaines et des centaines d’êtres humains au broyeur, le dirigeant de la grande entreprise sera félicité (bonne gestion, variabilisation des coûts, excellente maîtrise des dépenses…) et percevra l’intégralité de ses bonus et stock-options.</p>
<p>Une fois de plus (une fois de trop ?), l’argent public – notre argent, celui de tous les citoyens – devra venir à la rescousse de ces « auto-entrepreneurs » au bout du rouleau, pallier les tares d’un système qui aboutit à n’enrichir qu’une minorité au détriment de la collectivité, à favoriser la croissance d’un <strong><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/05/les-illusions-perdues/">système ploutocratique</a> qui, prenant prétexte de la crise actuelle, renforce son emprise économique et son pouvoir de destruction systématique d’un équilibre social péniblement bâti</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le point de basculement</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/05/17/le-point-de-basculement/</link>
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		<pubDate>Sun, 17 May 2009 16:54:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque les historiens de la seconde moitié du XXIe siècle analyseront, avec le recul nécessaire, l’évolution des rapports de force internationaux dans les 10 ou 15 premières années de ce siècle, ils essaieront de déterminer le point de basculement, le moment où les États-Unis ont cédé à la Chine le leadership mondial.
Parmi les signaux qui permettront [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque les historiens de la seconde moitié du XXI<sup>e</sup> siècle analyseront, avec le recul nécessaire, l’évolution des rapports de force internationaux dans les 10 ou 15 premières années de ce siècle, ils essaieront de <strong>déterminer le point de basculement, le moment où les États-Unis ont cédé à la Chine le leadership mondial</strong>.</p>
<p>Parmi les signaux qui permettront de déterminer ce point de basculement, il est un élément qui ne trompe pas : alors que l’État américain s’endette au-delà du raisonnable pour soutenir ses banques et son économie (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/29/le-jour-ou-le-dollar-seffondrera/">Le jour où le dollar s’effondrera</a></em>), <strong>la Chine profite des circonstances pour atteindre deux objectifs : </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● <strong>sécuriser ses approvisionnements énergétiques</strong>.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● <strong>renforcer ses capacités technologiques</strong>.</p>
<p class="MsoNormal">Quelle est la stratégie employée pour atteindre ces objectifs ? Découvrons-là ensemble. Elle met en scène deux types d’acteurs qui respectent, pour le moment, une règle cardinale.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Premier acteur : les sociétés chinoises</strong></p>
<p>Elles multiplient en ce moment les investissements à l’étranger dans le domaine énergétique ou technologique. Deux exemples, la liste ci-dessous étant bien sûr très loin d’être exhaustive.</p>
<p>Le 12 février, le groupe d’État <strong>Chinalco a déboursé 19,5<code> </code>milliards de dollars pour augmenter à 18 % sa participation dans la société anglo-australienne Rio Tinto, deuxième groupe minier au monde</strong>. C’est à ce jour l’investissement chinois le plus important dans une société occidentale.</p>
<p>Le 19 février, China Development Bank a accordé un <strong>prêt de 10<code> </code>milliards de dollars au groupe pétrolier brésilien Petrobras</strong>. Parallèlement à ce prêt, Petrobras s’est engagé à livrer un minimum de 100 000 barils de pétrole à China Petroleum &amp; Chemical Corp.</p>
<p>Comme on le voit, ce type de « deal » permet de sécuriser les approvisionnements énergétiques chinois, les formules utilisées (prises de participation majoritaires ou minoritaires, prêts garantis par des approvisionnements) étant très variées. <strong>Des accords de ce genre ont également été conclus en Russie, au Venezuela… et en Iran.</strong> Ils auront bien sûr des répercussions sur la politique étrangère chinoise, dont le soutien explicite ou implicite à tel ou tel pays s’expliquera par l’existence de tels accords.</p>
<p>Et dans le secteur technologique ? L’exemple est à nos portes : <strong>pour 3<code> </code>millions d’euros </strong>(seulement, pourrait-on dire…)<strong>, la société chinoise Weichai Power vient de s&#8217;offrir le français Moteurs Baudouin</strong>, société spécialisée dans les moteurs diesel et groupes de propulsion destinés à des applications marines ou terrestres.</p>
<p>Cerise sur le gâteau, Moteurs Baudouin est un fournisseur de la Marine nationale (propulsion de vedettes et de remorqueurs) et de l’Armée de terre (notamment du moteur de l’AMX-10RC, engin blindé de reconnaissance, dont quelques exemplaires sont utilisés en Afghanistan). <strong>Une société désormais contrôlée par les Chinois est donc un fournisseur attitré de la Défense nationale…</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Second acteur : l’État chinois</strong></p>
<p>L’État chinois utilise ses énormes réserves de liquidités pour prêter à des pays qu’il souhaite faire entrer dans sa zone d’influence.</p>
<p>Ainsi, dans <strong>le domaine pétrolier</strong>, en sus du prêt de 10 milliards de dollars à Petrobras mentionné ci-dessus, il a prêté (directement ou indirectement, par l’intermédiaire de banques qu’il contrôle), <strong>35<code> </code>autres milliards en moins de deux mois, de février à avril 2009</strong> : 25 milliards à la Russie, 4 au Venezuela, 1 à l’Angola et 5 au Kazakhstan. Tous ces accords sont du type « prêt contre pétrole » (ou contre gaz) et permettent aux Chinois de sécuriser leur approvisionnement énergétique.</p>
<p>Cette stratégie pétrolière chinoise contraste bien évidemment avec les options prises par les Américains, notamment en Irak : la guerre dans ce pays a déjà coûté près de 800 milliards de dollars, pour une sécurisation des approvisionnements en pétrole irakien bien aléatoire.</p>
<p>En janvier, Pékin a prêté <strong>34 milliards de dollars à la République démocratique du Congo</strong>, dont le sous-sol regorge de minéraux. Deux ans auparavant, la banque chinoise Exim avait déjà prêté 8,5<code> </code>milliards de dollars à la RDC pour réaliser des travaux d’infrastructure dans le secteur minier, prêt partiellement remboursable en titres miniers. Compte tenu des montants en jeu et de la piètre qualité de la gestion des finances publiques dans ce pays, on peut parler d’une <strong>véritable mainmise chinoise sur les ressources minières de l’ex-Zaïre</strong>.</p>
<p>Plus anecdotique mais significatif d’une stratégie tous azimuts, le gouvernement serbe a annoncé fin avril qu’il négociait un prêt de 200<code> </code>millions de dollars avec la Chine afin de construire un pont sur le Danube.</p>
<p>Beaucoup moins anecdotique et très significatif d’une stratégie impériale, la Chine s’est lancée dans une <strong>aventure infiniment plus ambitieuse</strong> qui lui permettra, entre autres, de sécuriser ses approvisionnements énergétiques pour plusieurs siècles : <strong>la conquête de la lune, que le gouvernement chinois a officiellement programmée pour 2024 !</strong></p>
<p><strong>Objectif affiché : extraire du sol lunaire de l’helium 3</strong> qui, utilisé dans des centrales nucléaires à fusion contrôlée, permettrait de produire des quantités considérables d’énergie, sans aucun résidu radioactif. Ouyang Zihuan, responsable du projet, estime qu’il existe 1 à 5 millions de tonnes d’helium 3 sur la lune et que les besoins de la Chine sont de l’ordre de 10 tonnes par an…<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Une règle cardinale</strong></p>
<p>Elle est extrêmement simple : <strong>ne pas provoquer directement les États-Unis</strong>. Pas de prise de contrôle spectaculaire d’une société américaine. <strong>La stratégie chinoise est celle du joueur de go</strong> : encercler l’adversaire, l’étouffer sans jamais le provoquer ni chercher la confrontation directe.</p>
<p>Deux raisons sous-tendent cette stratégie :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● d’une part les Chinois n’ont pas oublié l’échec subi en 2005, quand ils essayèrent en vain de racheter la compagnie pétrolière américaine Unocal, se heurtant à l’opposition politique de Washington ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● d’autre part , compte tenu de l’état du système financier mondial et de la situation du dollar, investir aujourd’hui aux États-Unis présente un risque majeur. Autant laisser le château de cartes s’écrouler (quitte à l’aider un peu…) pour ramasser ensuite à vil prix les meilleurs morceaux dans la panique générale.</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>En guise de conclusion</strong></p>
<p>Il y a 26 siècles, le fameux général chinois Sun Tzu énonçait que « <strong>la meilleure stratégie est celle qui permet d’atteindre ses objectifs sans avoir à se battre</strong> ». Les dirigeants chinois du XXI<sup>e</sup> siècle ont parfaitement retenu la leçon. Quant à la France et à l’Europe, nains politiques alors que leur puissance économique leur permettrait encore de peser sur les affaires du monde, on aimerait qu’ils fassent leur la citation du philosophe Gaston Berger pour qui « <strong>regarder l’avenir le bouleverse</strong> ».</p>
<p>Regarder l’avenir, pour les Français et les Européens, pourrait se traduire par deux types d’actions :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● sur le plan économique, la <strong>mise en place d’un protectionnisme européen</strong> : le libre-échange ne profite aujourd’hui qu’aux sociétés chinoises d’une part, aux très grandes entreprises occidentales d’autre part, toutes deux championnes du lobbying…<br />
Mais pour les petites entreprises européennes, les salariés européens, il signifie concurrence déloyale ou destruction d’emplois. Notre position sur ce point est donc claire : <strong>nous n’avons pas à financer la croissance chinoise ou à renforcer la concentration des pouvoirs au profit des actionnaires des TGE</strong> (très grandes entreprises).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● sur le plan stratégique, apprenons à jouer au go, ou plutôt <strong>redécouvrons les « alliances de revers » : c’est de la Russie et surtout de l’Inde que la France et l’Europe doivent se rapprocher</strong>. Cette dernière présente de surcroît deux avantages : d’une part c’est une démocratie, d’autre part nous n’avons pas avec ce pays de contentieux ou de point de tension structurel (type fourniture de gaz ou de pétrole).<br />
Hélas, en janvier 2008, notre omniprésident, qui se targue d’avoir une vision politique à long terme, expédie en 39<code> </code>heures une visite d’État en Inde qui devait initialement durer 5 jours, absence de Carla (pas encore Mme Sarkozy) oblige… ou quand la comtesse de Castiglione mène Badinguet par le bout du nez…</p>
<p class="MsoNormal"><span>   </span><span>   </span><br />
Lundi<br />
© 2009 <em>La Lettre du Lundi</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Démolisseurs, prédateurs et fossoyeurs de la démocratie</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/05/10/demolisseurs-predateurs-et-fossoyeurs-de-la-democratie/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/05/10/demolisseurs-predateurs-et-fossoyeurs-de-la-democratie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 May 2009 16:54:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous croyez encore vivre en démocratie ? Alors, ouvrez les yeux ! Notre république est véritablement en danger !
La France est entre les mains d’un clan de démolisseurs, de prédateurs et de fossoyeurs de la démocratie. Le terme vous semble fort, excessif ? Jugez-en vous-même.


Qu’ont-ils déjà démoli ?

● Le Code du travail : la loi L 2008-789 du 20 août 2008 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous croyez encore vivre en démocratie ? Alors, ouvrez les yeux ! Notre république est véritablement en danger !</p>
<p>La France est entre les mains d’un clan de démolisseurs, de prédateurs et de fossoyeurs de la démocratie. <strong>Le terme vous semble fort, excessif ? Jugez-en vous-même.</strong><s><br />
<span></span><br />
<span></span><br />
</s><strong>Qu’ont-ils déjà démoli ?<br />
</strong></p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● <strong>Le Code du travail</strong> : </strong>la loi L 2008-789 du 20 août 2008 portant « Rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail » permet désormais à toute entreprise, par un simple accord d’entreprise signé par un syndicat représentant « au moins 30 % » des voix aux élections professionnelles, contre 50 % auparavant, de modifier le plafond d’heures supplémentaires autorisées.<strong><br />
</strong>Imaginez ce que cela peut donner dans une petite ou moyenne entreprise, où l’employeur a les moyens de faire pression sur le représentant syndical<span>, ou dans une entreprise en difficulté, quand la négociation s’effectue sous la menace de licenciements !</span></p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● <strong>L’image de la France à l’étranger</strong> </strong>: le mépris <span>affiché par Sarkozy vis-à-vis de nos partenaires européens, de notre allié allemand en particulier, l’humiliation infligée par Khadafi lors de sa visite à Paris, le bradage de l’indépendance de la France via sa soumission à l’OTAN, tout</span> cela affaiblit dangereusement l’image de la France, donc sa capacité à peser sur les affaires du monde.</p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● <strong>Plus grave encore, la confiance, détruite par le mensonge</strong>, <strong>et ce dans tous les domaines</strong> :</strong></p>
<p style="margin-left: 90pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>○ <strong>social </strong></strong>: le gouvernement, contrairement à ses promesses (Xavier Bertrand, ministre du Travail, le 24 janvier 2008, en réponse à une question du député Antoine Dupont : « Je crois que chacun aura à cœur de respecter l’autonomie des partenaires sociaux, car cela recouvre aussi le respect de l’accord qu’ils ont signé. »), a trompé les syndicats de salariés.<strong><br />
</strong>Quatre mois après la signature de l’accord patronat-syndicats du 11 janvier 2008 sur la Modernisation du marché du travail, accord déjà négocié sous la menace gouvernementale d’une loi plus dure, la majorité UMP a voté la loi de « Modernisation du marché du travail » du 25 juin 2008. Or, celle-ci va au-delà de l’accord du 11 janvier, notamment sur l’allongement de la période d’essai, la rupture conventionnelle (séparation de gré à gré où le salarié se retrouve seul face à son employeur) et la création du contrat de mission.</p>
<p style="margin-left: 90pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>○ <strong>institutionnel</strong></strong><span> : alors qu’une réforme constitutionnelle a été votée pour augmenter les pouvoirs du Parlement, celui-ci est aujourd’hui « aux ordres », considéré comme « moins que rien » par un Président dont le style de gouvernement s’apparente à celui d’un Poutine ou d’un Berlusconi.</span>○ défense nationale<span> : alors que celle-ci est bradée (voir articles <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/15/otan-tout-ce-quon-vous-cache/"><span style="color: windowtext">OTAN : tout ce qu’on vous cache</span></a></em> et <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/26/quelle-autonomie-strategique-pour-la-france/"><span style="color: windowtext">Quelle autonomie stratégique pour la France ?</span></a></em>), le discours officiel reste celui d’une défense nationale puissante, indépendante et totalement souveraine.</span></p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong><br />
Qu’ont-ils déjà pris ?</strong></strong></p>
<p><strong><strong>L’idéologie inspirée des conservateurs américains qui guide l’équipe Sarkozy repose sur une idée simple : s’appuyer sur les plus riches en renforçant les inégalités et en ruinant l’économie publique afin de la transférer au privé. </strong>Trois exemples<span> illustrent parfaitement cette stratégie :</span></strong></p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● <strong>Cadeaux fiscaux aux plus riches des Français</strong></strong> (le fameux « bouclier fiscal »), avec l’alibi que cela va favoriser la croissance. Quelqu’un a-t-il vu la croissance s’améliorer depuis juillet 2007, date de cette trop fameuse loi TEPA ?</p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● <strong>Privation de publicité pour les chaînes publiques de télévision</strong>.<br />
</strong><span>Objectif : enrichir les chaînes privées TF1 (Bouygues), Direct8 (Bolloré), Gulli (Lagardère) et supprimer le seul média de communication télévisuelle critique à l’égard du pouvoir<strong>.</strong></span></p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><span></span><strong>● <strong>Cadeaux, par milliards d’euros, aux banques</strong>, </strong>sans exiger de leur part un engagement contrôlable à ouvrir le robinet des prêts, ni<span> à céder </span>des sièges pour l’État à leur conseil d’administration pour les contrôler.<strong><strong><br />
</strong></strong><span>Objectif : affaiblir l’État qui devra demain privatiser certaines de ses fonctions régaliennes (copiant ainsi l’administration Bush qui, en Irak, a choisi de sous-traiter à des milices privées un nombre croissant de missions, pour le plus grand profit des dirigeants et actionnaires des sociétés sous-traitantes). </span><span>Retrouvera-t-on demain Sarkozy au conseil d’administration d’une société qui aura profité de cette grande braderie ?</span></p>
<p class="MsoBodyTextIndent"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><strong>Fossoyeurs de la démocratie</strong></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong>Le mot fossoyeur vous paraît exagéré ? Voyez ci-dessous quelques exemples que vous compléterez vous-même :</strong></p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● Le chef de l’État nomme<span> désormais </span>le Président de la télévision publique et de la radio publique</strong>. Où <span>est </span>l’indépendance de ces média ?</p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● Les députés de la majorité, malgré les apparences, sont aux ordres. </strong>Voyez la récente reprise en mains de ceux-ci, priés d’être bien présents pour adopter en deuxième lecture (le projet avait été rejeté en première lecture) la loi Hadopi « favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet ».<br />
Les ministres eux-mêmes sont prestement rappelés à l’ordre en cas de parole jugée trop libre (rappelez-vous du cas de Madame Kosiusko-Morizet fin 2008).</p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong>● Les media de masse sont entre des mains amies du pouvoir : </strong>Bouygues, Bolloré, Lagardère, déjà cités pour les chaînes de télévision privée, Dassault (<em>Le Figaro</em>), Bolloré (<em>Direct Matin</em> et <em>Direct Soir</em>) pour la presse écrite.</p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong><strong>● Fait moins connu, le nombre annuel de personnes placées en garde à vue a doublé depuis 2003</strong></strong>, année de nomination de Nicolas <span>Sarkozy au ministère de l’Intérieur. La sécurité publique a-t-elle pour autant progressé ? Ou </span><strong><strong><strong>le but</strong></strong></strong><span> (inavoué) </span><strong><strong><strong>est-il que chaque citoyen, craignant d’être gardé à vue pour un motif futile, s’auto-censure et limite lui-même sa liberté ?</strong><span></span></strong></strong></p>
<p style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt" class="MsoNormal"><strong><strong><strong>● </strong>Julien Coupat est en garde à vue depuis 6 mois avec</strong></strong>, selon ses avocats, <strong><strong>comme seule « preuve » à charge contre lui, un livre dont il est l’auteur ! </strong></strong>On peut ne pas approuver les idées défendues dans ce livre. Il reste que, <strong><strong>dans la France de 2009, on peut être emprisonné pour ses idées.</strong></strong></p>
<p><span></span><br />
<span></span><br />
Si vous êtes conscient de la régression démocratique qui se joue sous nos yeux et soucieux du rang de la France en Europe et dans le monde, cette « majorité silencieuse » va devoir s’éveiller avant qu’il ne soit trop tard !</p>
<p><span>Trop tard ? </span>À l’occasion d’un débordement de violence plus dramatique, motivé par les licenciements et les salaires ou bonus scandaleux de certains dirigeants, voire provoqué délibérément (<span>rappelez-vous </span>le retard remarqué du gouvernement à réagir aux manifestations en Guadeloupe et à celles des enseignants-chercheurs), le pouvoir en place <span>pourrait décider de faire</span> voter par ses parlementaires aux ordres un régime d’exception, de type état d’urgence et gouvernement par ordonnances, où les libertés individuelles n’auront plus droit de cité.</p>
<p>Faire l’autruche face à un tel risque et, après des années d’intimidation, se taire et se résigner, c’est ce que souhaiteraient Sarkozy et les lobbyistes qui l’entourent<span>. Mais ce serait aussi collaborer avec ces fossoyeurs, ces prédateurs et ces démolisseurs de la démocratie !<br />
</span><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi </em>2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Quatre enjeux pour l&#8217;Europe</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/05/03/quatre-enjeux-pour-leurope/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/05/03/quatre-enjeux-pour-leurope/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 03 May 2009 17:02:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[À cinq semaines des élections européennes, la campagne n’a pas véritablement démarré. On perçoit l’impuissance et le manque d’intérêt des partis à mobiliser sur ce thème, peu porteur électoralement et dans lequel les Français ne se « projettent » pas. Tous – élus et électeurs – font semblant de croire que les décisions se prennent encore à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">À cinq semaines des élections européennes, la campagne n’a pas véritablement démarré. On perçoit l’impuissance et le manque d’intérêt des partis à mobiliser sur ce thème, peu porteur électoralement et dans lequel les Français ne se « projettent » pas. Tous – élus et électeurs – font semblant de croire que les décisions se prennent encore à Paris alors qu’un nombre croissant de pouvoirs ont été, en parfaite connaissance de cause et en toute lucidité, transférés à Bruxelles et Strasbourg.</p>
<p>Cet « évitement » d’une réalité est d’autant plus préjudiciable que l’Europe – les États européens et l’Union européenne – affrontent une crise dont seuls les premiers signes sont déjà perceptibles. De plus, <strong>nous allons être confrontés dès demain </strong>– a fortiori dans les cinq prochaines années –<strong> à quatre dossiers particulièrement difficiles auxquels l’absence de réponse, au niveau européen, sera préjudiciable aux États membres</strong>. Quels sont ces dossiers ?<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Premier dossier : l’écroulement du système dollar<br />
</strong><br />
1 mois, 6 mois, 2 ans ? Peu importe, sa fin est déjà programmée (voir article <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/29/le-jour-ou-le-dollar-seffondrera/">Le jour où le dollar s’efffondrera</a></em>). Ce qui ne l’est pas, c’est la position que prendront les Européens lors de cette crise et la façon dont ils vont la préparer. Schématiquement, <strong>l’Union européenne et les États européens disposent de deux options</strong> :</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● <strong>soit ils soutiennent jusqu’au bout le système dollar</strong>, cherchant à le rafistoler jusqu’à la corde et soutenant l’Administration américaine (laquelle a, notamment dans cette optique, déjà placé ses « pions » en Europe : Brown, Sarkozy, Berlusconi…) ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-align: justify; text-indent: -9pt">● <strong>soit ils « larguent » le dollar</strong> et bâtissent une position commune avec des pays comme la Chine et le Brésil qui imaginent déjà l’après-dollar : DTS, panier de monnaies, nouvelle devise internationale, rôle du FMI… tout est à définir.</p>
<p class="MsoNormal"> Plus le temps passe, plus il est urgent que les politiques européens se préparent à choisir entre l’une ou l’autre option, plus il est <strong>nécessaire que les citoyens européens soient conscients des enjeux en cause</strong>.</p>
<p>À cette occasion, un réexamen de la situation du franc CFA, indexé sur l’euro, serait judicieux, tant pour notre crédibilité que pour actualiser et moderniser les relations avec le continent africain.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Deuxième dossier : le protectionnisme européen</strong></p>
<p>Face aux turbulences économiques actuelles et à venir, à l’anarchie qui risque fort de régner bientôt dans le domaine monétaire, une question essentielle : <strong>l’Europe doit-elle ou non mettre en place des barrières pour se protéger ?</strong> (voir article <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/15/le-divorce-europeen/">Le divorce européen</a></em>)</p>
<p>Les raisons qui peuvent y pousser ? Combattre le dumping économique, réduire le nombre de délocalisations, <strong>préserver et améliorer ce qui caractérise encore les États européens :</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><strong>• des services publics dignes de ce nom</strong> (enfin, pas tous, mais si on les compare aux services publics chinois, américains ou brésiliens, ce sont des modèles !) ;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin-left: 45pt; text-indent: -9pt"><strong>• un modèle démocratique qui s’efforce de « tenir la route »</strong> face à une nouvelle puissance mondiale, la Chine, dictature sans aucune tradition démocratique, qui se comporte déjà comme une puissance impérialiste « classique » à l’extérieur, notamment en Afrique – corruption des élites locales, pillage des matières premières – comme à l’intérieur – exploitation sans vergogne de la paysannerie chinoise transformée en sous-prolétariat urbain…</p>
<p><span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Troisième dossier : la défense européenne</strong></p>
<p><strong>Va-t-on – ou plutôt veut-on – la mettre en place ou l’OTAN en tiendra-t-il lieu ?</strong> (voir article <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/15/otan-tout-ce-quon-vous-cache/">OTAN : tout ce qu’on vous cache</a></em>) Quid de l’arme nucléaire ? (voir article <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/04/26/quelle-autonomie-strategique-pour-la-france/">Quelle autonomie stratégique pour la France ?</a></em>) Nous avons déjà abordé ces questions dans les deux articles précités mais, très concrètement, la question se pose en ces termes : <strong>qui, en Europe, a aujourd’hui le courage politique de porter ce dossier ?</strong><br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>Quatrième dossier : l’élargissement et la construction politique</strong></p>
<p>Les deux vont de pair : <strong>plus on élargit, moins la construction politique est possible</strong>. <strong>Depuis 20 ans, le débat a été insidieusement tranché en faveur de l’élargissement</strong>, l’objectif affiché des Britanniques (influence américaine oblige…) étant de faire de l’Union européenne une vaste zone de libre-échange sans réelle consistance politique.</p>
<p>Avec le repli programmé de l’empire américain, <strong>l’Union européenne peut-elle se contenter d’être un géant économique, la première puissance économique de la planète, et un nain politique ?</strong> Est-ce d’ailleurs l’intérêt actuel des États-Unis ? Face à la Chine, puissance montante qui va, par étapes, les dépouiller de leur rôle de leader mondial, ils ont peut-être, pour la première fois depuis 1945, plus besoin de véritables alliés que de vassaux.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
En marge de ces différents dossiers, il en existe un cinquième : l’axe franco-allemand, ou plutôt <strong>l’union franco-allemande</strong>. En termes de PIB (l’indicateur qui reflète classiquement la puissance économique), <strong>l’Allemagne et la France, prises conjointement, constituent la troisième puissance économique de la planète</strong>, derrière les États-Unis et la Chine, mais devant l’Inde et le Japon. Une politique totalement concertée permettrait à ces deux pays de jouer un véritable rôle de grande puissance.</p>
<p><strong>C’est dans les périodes de crise, de trouble, de transition, que les cartes peuvent être rebattues et des initiatives fortes entreprises.</strong> C’est donc maintenant qu’un engagement fort en faveur de l’union franco-allemande, dont les modalités restent à préciser, devrait être entrepris.</p>
<p>Il est malheureusement à craindre que le locataire actuel de l’Élysée n’ait ni l’envergure ni la maturité psychologique suffisante pour entreprendre un tel chantier : une telle ambition suppose en effet de savoir donner pour bâtir un avenir commun, d’être prêt à échanger, négocier, concéder, non de vouloir à tout prix imposer son point de vue et être au premier rang sur la photo.</p>
<p><span></span>Paul Claudel disait qu’« En Allemagne, les médiocrités s’additionnent. En France, les supériorités se neutralisent ». On pourrait ajouter qu’en France les médiocres se croient souvent supérieurs.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi </em>2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Quelle autonomie stratégique pour la France ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/04/26/quelle-autonomie-strategique-pour-la-france/</link>
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		<pubDate>Sun, 26 Apr 2009 17:57:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[L’évolution des vingt dernières années
Depuis les années 1990 est amorcé un lent processus de démilitarisation de la France :

● Suppression de la conscription, voulue par le président Jacques Chirac et mise en œuvre par son Premier ministre, Lionel Jospin, donc affaiblissement du lien armée-Nation établi depuis Valmy.
● Désarmement nucléaire unilatéral important, avec :
○ le démantèlement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’évolution des vingt dernières années</strong></p>
<p>Depuis les années 1990 est amorcé un <strong>lent processus de démilitarisation de la France :<br />
</strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● Suppression de la conscription</strong>, voulue par le président Jacques Chirac et mise en œuvre par son Premier ministre, Lionel Jospin, donc affaiblissement du lien armée-Nation établi depuis Valmy.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 36pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● Désarmement nucléaire unilatéral</strong> important, avec :</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 81pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal">○ le démantèlement de la composante terrestre (plateau d’Albion, système Hadès) ;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 81pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal">○ l’arrêt des sites d’expérimentation et de production d’armes nucléaires ;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 81pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal">○ l’abandon des essais au profit de la simulation, dont la mise en œuvre difficile fut progressivement surmontée.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● Réduction du format de nos armées</strong> de 54 000 soldats, ce qui représente 30 % de nos effectifs par rapport à 1990.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● </strong>Enfin, <strong>participation croissante au commandement intégré de l’OTAN</strong>, ce qui risque de réduite la marge de manœuvre de notre siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.<br />
Souvenons-nous de Madeleine Albright, Secrétaire d’État démocrate (l’équivalent de notre ministre des Affaires étrangères) lançant le projet d’un « Club de démocrates » destiné à terme à contourner l’exécutif de l’ONU, susceptible d’être bloqué par un veto russe, chinois… ou français.<br />
En militant, dans la continuité, pour un élargissement tous azimuts de l’OTAN, Condoleezza Rice, Secrétaire d’État républicaine de George Bush fils, transforme cette organisation transatlantique en organisation globale concurrente de l’ONU.<br />
Nous attendons les décisions que prendra le couple Obama-Clinton pour juger s’il y a continuité ou évolution de la position américaine sur cette question du contournement de l’ONU.</p>
<p>Parallèlement à cette redéfinition de notre place au Conseil de sécurité, se pose la question de l’affaiblissement de nos capacités nucléaires et de leur emploi.<br />
<span>    </span><br />
<span>  </span><br />
<strong>Historique de la bombe atomique française</strong></p>
<p>Dans les années 1960, en pleine guerre froide, la constitution de la « force de frappe » française correspondait à<strong> deux objectifs :</strong></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● </strong>L’un <strong>politique</strong> : assurer la liberté d’action de la France et son «<code> </code>rang » dans le monde. La bombe était un moyen d’affirmer efficacement son autonomie de décision par rapport aux États-Unis.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● </strong>L’autre <strong>militaire</strong> : défendre nos intérêts vitaux en faisant courir à tout agresseur potentiel des risques inacceptables, hors de proportion avec l’enjeu du conflit. C’était la dissuasion dite « du faible au fort ». Nous étions en pleine tension Est-Ouest, et même en première ligne.</p>
<p><strong><span>    </span><br />
Le contexte actuel</strong></p>
<p>Aujourd’hui, qu’en est-il ?</p>
<p>Rappelons tout d’abord que <strong>les États-Unis et la Russie détiennent à eux seuls 96 % de l’arsenal nucléaire mondial.</strong> Tant qu’un désarmement général et complet ne sera pas sérieusement envisagé, l’arme nucléaire reste une nécessité.</p>
<p>Le paysage nucléaire a cependant évolué, avec l’apparition de <strong>nouveaux pays détenteurs de cette arme</strong>, comme l’Inde, le Pakistan, Israël et peut-être l’Iran.</p>
<p>Ce paysage a également évolué avec le couplage du nucléaire au spatial : c’est ce que l’on appelle le bouclier anti-missiles.</p>
<p>Il a évolué enfin parce que les États-Unis se dotent de moyens politico-militaires (notamment le bouclier anti-missiles) leur permettant de neutraliser l’action non seulement de leurs adversaires mais aussi de celle d’États non hostiles ne partageant pas leurs intérêts stratégiques.</p>
<p>Enfin, l’apparition du terrorisme de masse, non étatique, est un fait nouveau majeur. Le dissuader implique un usage différent des frappes nucléaires, réduites et très ciblées, disproportionnées par rapport aux moyens de l’adversaire : la<strong> dissuasion « du fort au fou »</strong>.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
<strong>« La » question</strong></p>
<p><strong>Comment adapter notre outil de défense à cette nouvelle donne pour continuer à assurer</strong>, comme par le passé, <strong>notre autonomie stratégique,</strong> laquelle passe encore exclusivement par le nucléaire dans l’attente de nouveaux  systèmes d’armes ?</p>
<p>Pour répondre à cette question, il est nécessaire de la traiter sous <strong>deux angles différents : les aspects et considérations techniques d’une part, la composante politique d’autre part.</strong></p>
<p>La crédibilité de la dissuasion ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, la persévérance, l’obstination même.</p>
<p>Notre détermination à nous défendre demain se mesurera à l’aune de notre endurance à maintenir la garde, quoiqu’il arrive,  à un niveau de <strong>stricte suffisance quantitative</strong>, et à un niveau d’<strong>excellence qualitative</strong>. Ceci implique une modernisation constante de nos outils,avec la mise en place de missiles M51, de SNLE (sous-marins nucléaires lance-engins) de 4<sup>e</sup> génération, de missiles ASMP pour l’avion Rafale, de simulation numérique…</p>
<p>Ces options techniques nécessitent de développer ordinateurs massivement parallèles,  lasers mégajoule, logiciels de calcul, énergies dirigées, et de former des scientifiques de très très haut niveau. Ainsi la crédibilité de la menace est accrue par la diminution des dégâts collatéraux dus aux armes grossières, par l’emploi de charges kilotonniques (c’est-à-dire réduites), par la visée très précise sur les centres de décision adverses, fussent-ils non-étatiques et terroristes.</p>
<p>Les efforts financiers pour cette ambition sont-ils au rendez-vous ? Tout retard d’investissement réduira la crédibilité de notre frappe potentielle.</p>
<p>Sur le plan politique, cette <strong>crédibilité de notre outil de défense passe nécessairement par l’adhésion des Français à l’envie de se battre en cas d’agression. </strong>Certains tentent de la briser. Je pense aux ex-UDF Christine Boutin, Alain Mayaud, Michel Pinton à droite, Claude Cheysson à gauche qui déclarait à Strasbourg il y a quelque temps : « la fin de la guerre froide faisait que la dissuasion nucléaire de la France n’avait plus de sens. »</p>
<p>Il faut ajouter que l’<strong>Union européenne</strong> va devoir disposer d’instruments de souveraineté. Si elle arrive à définir la notion d’intérêts vitaux européens, <strong>la question de la « nucléarisation » de sa défense se posera.</strong> Déjà existe une ombre nucléaire portée britannique et française non négligeable dans le maintien de l’Europe comme espace de paix.</p>
<p>En se plaçant dans cette perspective à la fois française et européenne, on voit que, pour disposer encore demain d’une autonomie stratégique, nous devons :</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● </strong>assurer une <strong>montée en puissance d’une dissuasion conventionnelle</strong>, en élevant le seuil de nos capacités de projection et d’intervention, contrairement à ce qui est aujourd’hui décidé par l’Élysée ;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● </strong>construire une <strong>défense européenne classique avec les grandes armées de l’Europe</strong> (Allemagne, Italie, Royaume-Uni…), <strong>nucléaire avec les Britanniques</strong> ;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● </strong>renforcer la crédibilité de notre dissuasion nucléaire ;</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 0pt 45pt; text-indent: -9pt; text-align: justify" class="MsoNormal"><strong>● </strong><strong>soutenir la paix et le développement avec l’ONU</strong>, donc travailler à la non-prolifération nucléaire et à la diminution des arsenaux des deux plus grands pays nucléaires.</p>
<p><strong><span>   </span><span></span></strong><br />
<strong><span></span></strong><strong>Pour conclure…</strong></p>
<p>La question de fond est bien de savoir quelle autonomie stratégique l’on souhaite conserver à la France et à l’Europe de demain. <strong>Il serait suicidaire</strong>, après la suppression de la conscription, la diminution des capacités nucléaires, la suppression de 54 000 soldats, <strong>d’envisager la disparition de notre outil de souveraineté principal : l’arme nucléaire</strong>.</p>
<p><strong>Il serait irresponsable</strong> et  totalement contraire aux intérêts de la France <strong>que</strong>, profitant de la crise sociale qui s’amplifie, d’un 1<sup>er</sup> mai chaud, <strong>Sarkozy décide en catimini de « larguer la bombe » sous prétexte d’austérité budgétaire et de la nécessité de faire des économies</strong>.</p>
<p>La France se retrouverait alors sous parapluie américain et sous la tutelle militaire de fait des Britanniques, seuls alliés jugés sérieux et crédibles par les États-Unis. La construction d’une défense européenne autonome serait ainsi enterrée et <strong>les décisions militaires importantes concernant l’Europe prises au Pentagone</strong>.</p>
<p>À six semaines, des élections européennes, il serait temps que des candidats mettent ce sujet « sur la table » afin d’éviter qu’une focalisation sur les questions économiques, sociales et financières ne soit un prétexte commode pour poursuivre des changements stratégiques que nous regretterons amèrement demain.<br />
<span>   </span><br />
<span>   </span><br />
Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une nouvelle approche démocratique</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/04/19/une-nouvelle-approche-democratique/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/04/19/une-nouvelle-approche-democratique/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2009 16:51:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ;
le suffrage par le choix est de celle de l&#8217;aristocratie.
Le sort est une façon d&#8217;élire qui n&#8217;afflige personne ;
il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie

Montesquieu, De l&#8217;Esprit des Lois

Depuis la Révolution française, la démocratie, c’est le vote. Les luttes pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial">Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ;<br />
le suffrage par le choix est de celle de l&#8217;aristocratie.<br />
Le sort est une façon d&#8217;élire qui n&#8217;afflige personne ;<br />
il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie</span><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span><br />
<span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span></p>
<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial">Montesquieu, <em>De l&#8217;Esprit des Lois</em><br />
</span></p>
<p>Depuis la Révolution française, la démocratie, c’est le vote. Les luttes pour instituer le suffrage universel – en opposition au suffrage censitaire – puis le suffrage universel masculin <strong>et</strong> féminin, étaient indissociables de l’idée de progression et d’instauration d’une véritable démocratie.</p>
<p>Ce combat a changé de dimension. Aujourd’hui, pour avoir une chance raisonnable d’être élu, il faut disposer de moyens financiers et médiatiques considérables, d’équipes entièrement dédiées à la réussite de leur candidat. Conséquence : lorsqu’il réussit, le nouvel élu devra renvoyer l’ascenseur à ceux qui lui ont mis le pied à l’étrier. Il sera alors entièrement dépendant des lobbies qui ont financé et soutenu son élection. On peut trouver ce schéma simplificateur, il n’en résume pas moins l’état actuel de notre système politique :<span style="color: red"> </span><strong>les puissances financières ont dévoyé le processus démocratique</strong>.</p>
<p>Face à cette dérive du système démocratique, on peut se demander si, au début du XXI<sup>e</sup> siècle, l’exercice de la démocratie passe encore nécessairement par le vote. Ou plutôt, <strong>la démocratie se réduit-elle au vote, la démocratie est-elle obligatoirement issue du vote ?</strong></p>
<p>Si l’on prend un peu de recul<span>  </span>pour relire les auteurs et penseurs qui ont imaginé, conceptualisé, l’idée de démocratie, notamment Aristote et Montesquieu, on voit que le tirage au sort, utilisé à Athènes il y a 2<code> </code>500 ans pour désigner certains magistrats, peut constituer une alternative, ou plutôt un complément très crédible, au système électif.</p>
<p>En effet, si l’on estime que tous les citoyens sont égaux, <strong>pourquoi ne pas s’en remettre au sort pour désigner une partie de la représentation nationale ?</strong></p>
<p>Dans une première étape, <strong>on pourrait imaginer que 10 à 20<code> </code>% des représentants des assemblées</strong> (Parlement européen, Assemblée nationale, conseils régionaux, généraux, municipaux) <strong>soient tirés au sort</strong>. Après tout, ce système fonctionne déjà en France pour les jurys de cours d’assises, dont la totalité des membres sont tirés au sort sur des listes établies à partir des listes électorales. Dans les pays anglo-saxons, nombre de procès portant sur une branche du droit appelée <em>Common Law</em> peuvent également se dérouler et être tranchés par des jurés tirés au sort.</p>
<p>Appliqués aux décisions politiques, quels seraient les principaux avantages d’un tel système ? On peut en lister quatre :</p>
<p style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: Symbol">·<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">         </span></span><strong>Le tirage au sort atténue la rupture entre gouvernants et gouvernés, et contribue à « déprofessionaliser » la politique.</strong> Il apporte ainsi un élément de réponse au principal reproche que font aujourd’hui les citoyens aux hommes (et femmes) politiques : trop distants, trop lointains, incapables de comprendre les problèmes et la vie quotidienne du « pays réel », trop préoccupés par leur carrière et leur ambition, au détriment du bien public et du service des citoyens.</p>
<p style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: Symbol">·<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">         </span></span><strong>Le tirage au sort fait entrer un air neuf, une vision nouvelle de la politique dans les assemblées. </strong>Désignés par le sort, ces parlementaires d’un nouveau genre seront beaucoup plus libres de leurs actions que des élus :</p>
<p style="margin-left: 72pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: 'Courier New'">o<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">       </span></span>soit ils ne comptent pas faire carrière en politique et, dans ce cas, ils diront et voteront « ce qu’ils pensent », sans souci des combinaisons d’appareils ;</p>
<p style="margin-left: 72pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: 'Courier New'">o<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">       </span></span>soit cette première expérience leur donne envie de poursuivre leur carrière politique par la voie de l’élection. Dans cette hypothèse, leur « valeur ajoutée » résidera dans l’apport d’idées nouvelles, dans une attitude différente et novatrice lors de leur premier mandat, pas dans la soumission aux consignes de vote de tel ou tel parti.</p>
<p style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: Symbol">·<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">         </span></span><strong>Le tirage au sort permet de mieux témoigner de la réalité des travaux d’une assemblée auprès des citoyens</strong> : les médias vont s’attacher à suivre les choix, réflexions, comportements et, bien sûr, faux pas, de ces parlementaires désignés par le sort. Ceux-ci pourront expliquer, via des blogs, des ouvrages, des reportages, les choix auxquels ils sont confrontés, dans des termes compréhensibles par tous, avec des phrases et des expressions non contrôlées par les services de com’ des différents partis. La spontanéité y gagnera, le lien entre le peuple et ses représentants en sortira renforcé.</p>
<p style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: Symbol">·<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">         </span></span><strong>Ces « tirés au sort » seront certainement assidus et soucieux de s’acquitter au mieux de leur tâche. </strong>L’enthousiasme et l’ardeur du néophyte s’émoussent souvent avec le temps, qui génère alors cynisme et indifférence. Avec des « tirés au sort », pas de cumul des mandats et sans doute une assiduité plus grande aux séances, une volonté de participer aux travaux, de s’investir dans ce qui sera peut être pour certains l’expérience de leur vie.</p>
<p style="text-align: left" class="MsoBodyText2">Ce système de tirage au sort peut bien sûr faire l’objet de plusieurs critiques. Listons celles qui apparaissent en tête de liste :</p>
<p style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: Symbol">·<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">         </span></span><strong>« Ils n’y connaissent rien, ils n’ont pas la compétence pour le poste. » </strong>Et nos hommes politiques élus, ont-ils tous la compétence pour la fonction qu’ils occupent, à commencer par le premier d’entre eux ? Parmi les tirés au sort, il y aura évidemment des personnes manifestement incompétentes ou inaptes à prendre certaines décisions, mais sans doute pas plus que parmi les politiciens professionnels.<br />
Le niveau d&#8217;éducation de l’ensemble de la population est aujourd’hui suffisamment élevé pour qu’une forte majorité des tirés au sort puissent exercer leurs fonctions de façon tout à fait satisfaisante. Et, s’ils ne comprennent pas la nature des débats, ils demanderont des explications : la véritable nature de la démocratie, c’est de rendre compréhensibles par tous les décisions prises au nom du peuple, pas de les noyer sous des arguties juridiques ou techniques.</p>
<p style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: Symbol">·<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">         </span></span><strong>« Ils se laisseront corrompre. »</strong> Même remarque que précédemment : pas plus que les politiciens professionnels, qui sont trop souvent les jouets de tel ou tel lobby.<br />
Dernier exemple spectaculaire d’une grande victoire du lobby agro-alimentaire : la directive européenne de 2007, applicable en France depuis le 11 avril 2009, qui autorise les fabricants à commercialiser leurs produits dans le format qu’ils souhaitent (des paquets de pâtes de 240 gr. ou des bouteilles de lait de 950 ml, par exemple).<br />
Le simple bon sens que possède tout citoyen permet de comprendre que ce n’est qu’un attrape-nigaud pour le consommateur qui verra les quantités diminuer par paquet alors que le prix restera identique. Les élus ont-ils joué dans cette affaire leur rôle de protection du consommateur ? Ou ont-ils cédé aux sirènes d’un lobby particulièrement actif ?</p>
<p style="margin-left: 36pt; text-indent: -18pt" class="MsoBodyText2"><span style="font-family: Symbol">·<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">         </span></span><strong>« Cela menace l’équilibre politique sorti des urnes, donc la volonté populaire. »</strong> Deux objections permettent de réfuter cet argument : d’une part il serait bien surprenant que 10 à 20<code> </code>% des membres tirés au sort d’une assemblée la fassent constamment pencher dans un sens contraire à la majorité des 80 % restants (ces 10 à 20 % reflèteront vraisemblablement, ou à peu près, les tendances politiques de la totalité du corps électoral) ; d’autre part la volonté populaire, c’est celle qu’expriment ses représentants.<br />
Aujourd’hui, lorsque les députés votent une loi qui, selon les sondages, déplaît à 60 ou 70 % des Français, les révoque-t-on pour autant ? Non, car on estime qu’ils représentent la nation et n’ont pas de mandat impératif. Il doit en être de même pour des parlementaires tirés au sort : il n’y a aucune raison de leur appliquer un traitement différent.</p>
<p>En définitive, il n’existe pas d’argument suffisamment fort et sérieux pour s’opposer à une proposition de ce type. <strong>Le véritable blocage est celui des élites et pouvoirs en place qui ne souhaitent pas lâcher leur fauteuil, difficilement acquis, « pour un type qui a gagné à la loterie »</strong>…</p>
<p>Il y a plus de 25 siècles, le législateur Solon, à qui l&#8217;on demandait « Quel est le meilleur système politique ? », répondait : « Pour quel pays, pour quel peuple, pour quelle époque ? » <strong>En France et aujourd’hui, le tirage au sort d’une partie des représentants des assemblées permettrait d’améliorer le système politique et de donner un nouveau souffle à la démocratie.</strong></p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Puissance du peuple, puissance des émotions</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/04/12/puissance-du-peuple-puissance-des-emotions/</link>
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		<pubDate>Sun, 12 Apr 2009 16:59:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsqu’une émotion, une idée, une volonté ou un état d’esprit sont largement partagés dans la population d’un pays, d’une région, le peuple peut faire bouger les lignes de façon inattendue.
Plusieurs exemples récents illustrent combien les émotions ou idées, la volonté ou l’état d’esprit peuvent, une fois traduits en mots, révéler une extraordinaire puissance :


Les   [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’une émotion, une idée, une volonté ou un état d’esprit sont largement partagés dans la population d’un pays, d’une région, le peuple peut faire bouger les lignes de façon inattendue.</p>
<p>Plusieurs exemples récents <span>illustrent <strong>combien les émotions ou idées, la volonté ou l’état d’esprit peuvent, une fois traduits en mots, révéler une extraordinaire puissance</strong> :<o:p></o:p></span></p>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Les      mouvements en <strong>Guadeloupe et Martinique</strong> montrent comment les      manifestations populaires sans violence (à l’exception des inadmissibles      pressions sur les commerçants pour qu’ils ferment boutique) peuvent      déboucher sur des changements, malgré l’opposition des possédants locaux      et de leurs représentants, malgré l’attentisme, voire la connivence avec      ces derniers, des pouvoirs publics locaux et du gouvernement      métropolitain.<br />
Il s’agit bien de manifestations populaires, qui ne se limitent pas aux      forces du collectif LKP qui les a préparées et conduites. Songeons qu’au      plus fort de ces mouvements, des milliers de personnes étaient dans la rue      en Guadeloupe et en Martinique (selon la police). À l’échelle de la      métropole, les mêmes pourcentages de la population correspondraient à des      millions de personnes !<br />
Pourquoi ce soutien populaire exceptionnel ? <strong>Le slogan « La      Guadeloupe est à nous » était profondément en phase avec l’état      d’esprit de la population</strong>, excédée par l’emprise de quelques-uns sur      l’économie de l’île et les abus de position dominante de ces      derniers : <strong>il traduisait un profond désir d’être respecté</strong>.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Le      gouvernement français n’en finit pas de « détricoter » son <strong>projet      de loi LRU sur la réforme des universités</strong>, sous la pression des      manifestations de rue et d’occupation des universités par des <strong>enseignants-chercheurs</strong>      et des étudiants. Notons la puissance de l’outil internet utilisé par les      premiers pour populariser et coordonner leur mouvement. Qu’est-ce qui a      enflammé les enseignants-chercheurs ? Le mépris affiché par Nicolas      Sarkozy à leur égard dans son discours du 22 janvier 2009 : la <a href="http://fr.truveo.com/Discours-Sarkozy-22-Janvier-2009/id/2291946373"><span style="color: windowtext">vidéo de ce discours</span></a> continue à      circuler sur internet, entretenant <strong>la colère</strong> de cette population.<em><o:p></o:p></em></li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal"><strong>Les      lycéens</strong>. Le ministre Xavier Darcos a, en janvier 2009, reporté d’un an      son projet de réforme du lycée. Là aussi, ce sont les manifestations de      rue qui lui ont fait prendre la décision de sonner la retraite sur ce      projet. Qu’est-ce qui a poussé les lycéens dans la rue ? Sans doute      la tentative du ministre de passer en force, comme il avait réussi à le      faire pour sa réforme des RASED (réseaux d’aide aux élèves en difficulté)      dans le primaire, a heurté le <strong>besoin des lycéens d’être écoutés</strong>. Plus      profondément, <strong>la peur de ne trouver</strong> à la fin de leurs études <strong>que      des emplois mal payés</strong> a été réactivée par la crise qui secoue le monde      entier.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Enfin,      les deux manifestations organisées par <strong>les syndicats de salariés</strong> en      France le 29 janvier et le 19 mars 2009 sur les thèmes du      pouvoir d’achat et de l’emploi vont-elles suffire à changer la politique      du gouvernement sur ces deux points ?<br />
Cela n’est pas certain, faute d’un sentiment commun suffisamment fort pour      contrer l’incessant « story-telling » (c’est-à-dire la politique      de communication consistant à mettre en scène chaque jour un événement,      heureux ou tragique, pour distraire les citoyens des difficultés de leur      vie quotidienne) de Nicolas Sarkozy, de ses conseillers et ministres pour      faire oublier aux Français les vrais problèmes.<br />
Rendez-vous le 1<sup>er</sup> mai 2009 quand, pour la première fois depuis la      Libération, huit organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, FO, CFTC,CGT,      FSU, Solidaires, UNSA) vont manifester ensemble.</li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<p>Si l’on regarde maintenant vers <strong>les pays étrangers</strong>, souvenez-vous de la « révolution de velours » en <strong>Géorgie</strong> et de « la révolution orange » en <strong>Ukraine</strong> , toutes deux motivées par <strong>la peur</strong> du grand voisin russe : elles ont réussi à chasser les gouvernements pro-russe de ces deux pays de l’ex-Union Soviétique. Peut-être est-ce ce qui est en train de se produire cette semaine en <strong>Moldavie</strong>. En <strong>Italie</strong>,<strong> </strong>d’immenses manifestations, engendrées par <strong>la</strong> <strong>colère </strong>devant l’impunité de « la pieuvre », furent organisées en soutien des magistrats italiens engagés dans le combat contre la mafia. Curieusement (!), on assiste ces derniers mois à l’arrestation de chefs mafieux<span>  </span>recherchés depuis des décennies.</p>
<p>En <strong>Argentine </strong>les défilés des mères de disparus sous la dictature ont contribué à l’arrestation du capitaine Ortiz, organisateur des tortures dans les locaux de l’École Supérieure de Mécanique de la capitale.</p>
<p>En <strong>Espagne</strong> les manifestations monstres contre l’ETA exprimant <strong>la peur</strong> des attentats de l’organisation terroriste basque ont obligé le gouvernement socialiste de Zapatero à stopper sa politique de la main tendue et à renforcer la coopération policière avec la France : les arrestations en France de membres espagnols de l’ETA se multiplient ces derniers mois. Le « problème » ETA n’est pas résolu, mais les lignes ont bougé, y compris dans les partis politiques de la région autonome basque qui ont récemment pris leurs distances avec l’organisation terroriste.</p>
<p><strong>Quelle émotion, quelle idée, quelle volonté mobilisera le peuple français demain et après-demain ?<br />
</strong><br />
La colère suscitée par les annonces à répétition de l’attribution aux patrons de grandes entreprises françaises de stock-options, bonus et autres parachutes dorés extravagants, sera-t-elle calmée par le décret du 31 mars interdisant ceux-ci dans les entreprises aidées par l’État ?</p>
<p>Dans la recherche des mots à proposer pour donner corps à un désir mal formulé de bouleverser l’état du pays, les blogs peuvent peut-être permettre de déceler des « signaux faibles » de ce qui pourrait enflammer les foules. <strong>Quel est le signal faible, ou le signal tout court, que véhiculent aujourd’hui les blogs ?</strong></p>
<p>Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Les illusions perdues</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/04/05/les-illusions-perdues/</link>
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		<pubDate>Sun, 05 Apr 2009 18:11:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;appelle ploutocratie un état de société où la richesse
est le nerf principal des choses, où l&#8217;on ne peut rien faire
sans être riche, où l&#8217;objet principal de l&#8217;ambition est de
devenir riche,où la capacité et la moralité s&#8217;évaluent
généralement… par la fortune… »

 Ernest Renan

Fin du capitalisme, renouveau du rôle de l’État, retour des théories keynésiennes, new New Deal… [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial">J&#8217;appelle ploutocratie un état de société où la richesse<br />
est le nerf principal des choses, où l&#8217;on ne peut rien faire<br />
sans être riche, où l&#8217;objet principal de l&#8217;ambition est de<br />
devenir riche,où la capacité et la moralité s&#8217;évaluent<br />
généralement… par la fortune… »</span><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span><br />
<span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"></span></p>
<p align="right"><span style="font-size: 9pt; font-family: Arial"> Ernest Renan</span></p>
<p><o:p></o:p><br />
Fin du capitalisme, renouveau du rôle de l’État, retour des théories keynésiennes, <em>new New Deal</em>… les superlatifs ne manquent pas pour célébrer (le plus souvent) ou regretter (parfois) le retour en force de l’État dans les affaires économiques. On envisage et prépare parfois – même aux États-Unis, patrie du capitalisme – la nationalisation des banques, le contrôle ou la taxation à un taux maximum des rémunérations les plus élevées. Certains commentateurs vont jusqu’à envier la France de disposer d’un secteur public aussi important, capable d’amortir l’onde de choc de la crise.</p>
<p>Refonder le capitalisme ? C’est la tendance à la mode. Mais il ne faut pas s’y tromper et analyser les réalités, au-delà des plans de com’ qui nous promettent un monde meilleur et une moralisation économique.</p>
<p><u>Retour aux réalités</u></p>
<p>Deux éléments relativisent totalement ces promesses de lendemains qui chantent : d’une part <strong>les détenteurs du pouvoir économique n’ont aucune envie que le capitalisme soit « refondé » ou contrôlé</strong>, d’autre part <strong>l’État</strong> – c’est-à-dire nous – <strong>pourrait bien sortir considérablement affaibli de la crise actuelle</strong>.</p>
<p>Que signifie au juste « refonder le capitalisme » ? Que le système fonctionnerait désormais sur des bases plus « morales », plus contraignantes juridiquement, plus claires et plus lisibles ? Soyons lucides : quelques annonces et effets de manche destinés à amuser la galerie (on morigène publiquement les patrons des banques, on crie haut et fort contre les paradis fiscaux…) ne masquent pas le fait qu’aucune mesure fiscale (vis-à-vis des Français les plus riches) ou législative (à l’égard des entreprises qui ont abusé des bonus et parachutes dorés) véritablement contraignante n’a été mise en place.</p>
<p>Il fallait s’y attendre, et ce pour une raison bien simple : <strong>l’influence des lobbies au sein des appareils d’État est aujourd’hui telle que la mise en place d’une mesure divergente de leurs intérêts</strong> (même pas contraire, simplement divergente !) <strong>est inenvisageable</strong>.</p>
<p>La « refondation du capitalisme » pourrait en fait générer des effets exactement inverses à ceux annoncés aujourd’hui : recours toujours plus grand à la sous-traitance, externalisation massive qui évite à la TGE (très grande entreprise) les contraintes du droit du travail ou les conflits sociaux tout en lui permettant, crise ou pas crise, de maintenir son bénéfice, justifiant ainsi les bonus et avantages de ses dirigeants ainsi que les dividendes de ses actionnaires. <strong>C’est la rémunération du capital qui sortira renforcée de la crise, pas celle du travail</strong>.</p>
<p><u>Des effets pervers</u></p>
<p><u></u>Renforcement de la puissance étatique ? C’est plutôt le contraire qui pourrait arriver. Alors que les TGE vont rester bénéficiaires, les États (c’est-à-dire nous, les citoyens) vont s’endetter considérablement pour maintenir leurs banques à flot, soutenir l’activité de tel ou tel secteur en difficulté (automobile, par exemple), accorder des compléments de revenus et aides diverses aux plus démunis afin de leur permettre de mieux surmonter le choc des licenciements et réductions d’activité.</p>
<p>Le résultat ? <strong>Un endettement public – donc un endettement de l’ensemble des citoyens – qui va aller croissant</strong>. Sans aller jusqu’à la situation des États-Unis où l’endettement public a pris des proportions considérables, voire suicidaires, l’état de la France a de quoi préoccuper :<o:p></o:p></p>
<ul>
<li>La dette publique (État uniquement) <strong>est passée de 20 % du PIB      en 1980 à près de 70 % aujourd’hui</strong>.<o:p></o:p></li>
<li>La dette de l’État est aujourd’hui supérieure à      1 300 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent environ      1 100 milliards provenant de la Sécurité sociale, des provisions      liées aux retraites des fonctionnaires, etc.<o:p></o:p></li>
<li><strong>Le remboursement du capital et des intérêts de      la dette constitue aujourd’hui le premier poste de dépenses du budget de      l’État</strong>.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p><o:p></o:p></p>
<p><u>En guise de conclusion</u></p>
<p><u></u>Dans 5 ans, 10 ans, les TGE, stars du Dow Jones, du CAC ou du Footsie, auront continué à accumuler bénéfices et parts de marché. De nouvelles fusions et acquisitions auront eu lieu, renforçant l’écart de puissance et de moyens entre les TGE et les autres acteurs économiques.</p>
<p>À l’inverse, les États seront encore plus endettés, donc affaiblis. <strong>Le rapport de force entre puissance publique et puissance économique privée</strong>, qui voyait déjà la seconde se renforcer constamment avant la crise,<strong> jouera de plus en plus en faveur du privé</strong> : les multinationales seront surpuissantes, les États affaiblis.</p>
<p>La conséquence de cette nouvelle donne est malheureusement aisée à imaginer : Wall Street (ou son équivalent : Shanghaï, Hong-Kong, Mumbaï…) règlera encore un peu plus la marche du monde, en fonction d’un seul critère, la rentabilité financière. Or le veau d’or s’accommode mal des idées de démocratie, partage des richesses, progrès social et bien commun… le « contrat social » qui unit les hommes n’est pas un objectif mais une contrainte pour un conseil d’administration. Qui s’opposera alors au règne et à la violence de la ploutocratie ?</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le jour où le dollar s&#8217;effondrera</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/03/29/le-jour-ou-le-dollar-seffondrera/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 17:16:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2009/03/29/le-jour-ou-le-dollar-seffondrera/</guid>
		<description><![CDATA[Après la crise financière qui a pris naissance à la fin du mandat de George W. Bush, nous pourrions bien assister à un événement aux conséquences infiniment plus graves : la dégringolade du dollar qui se produira durant la présidence de Barack Obama.
Un endettement colossal
Les États-Unis ont aujourd&#8217;hui accumulé une dette publique (celle de l&#8217;État fédéral) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après la crise financière qui a pris naissance à la fin du mandat de George W. Bush, nous pourrions bien assister à un événement aux conséquences infiniment plus graves : la dégringolade du dollar qui se produira durant la présidence de Barack Obama.</p>
<p><strong><u>Un endettement colossal</u></strong></p>
<p>Les États-Unis ont aujourd&#8217;hui accumulé une dette publique (celle de l&#8217;État fédéral) d&#8217;environ 10 800 milliards de dollars, soit 36 000 dollars par habitant, nouveaux-nés et vieillards inclus. À cette dette publique s&#8217;ajoute une dette « non publique » de 50 000 milliards de dollars environ, soit 166 000 dollars par habitant. Au total, <strong>chaque citoyen américain est endetté de plus de 200<code> </code>000 dollars </strong>!</p>
<p><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/03/usa-manufactures-debt.jpg" alt="usa-manufactures-debt.jpg" /></p>
<p>En comparaison, la dette publique française, pourtant élevée, est de 1 250 milliards d&#8217;euros, soit 19 000 euros par habitant. Quel que soit le périmètre des dettes que l’on compare, <strong>un Américain doit supporter un niveau de dette infiniment plus élevé qu&#8217;un Français</strong>.</p>
<p>Cerise sur le gâteau,<strong> le plan de relance d&#8217;Obama</strong> (environ 800<code> </code>milliards de dollars), prévu pour éviter une récession de type «<code> </code>classique », <strong>va accentuer le phénomène</strong> car il prévoit d&#8217;une part une relance par l&#8217;investissement (donc financée par l&#8217;endettement), d&#8217;autre part des réductions d&#8217;impôt (lobbying républicain oblige), ce qui réduira d&#8217;autant les recettes fiscales.</p>
<p>Les budgets prévisionnels de l’équipe Obama ne prévoient d’ailleurs <strong>aucun retour à l’équilibre dans les six prochaines années</strong>. En 2015, si tout va bien (!), le budget fédéral sera en déficit de plus de 500 milliards de dollars par an (voir graphique ci-dessous).</p>
<p><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/03/dollar-budget-2010.JPG" alt="dollar-budget-2010.JPG" /></p>
<p><strong><u>On a cassé le thermomètre<br />
</u></strong><br />
Mais d&#8217;où vient tout cet argent ? C&#8217;est là que tout se gâte : il est certes détenu par les prêteurs (Chine en tête) mais ce gonflement de la dette entraîne l&#8217;augmentation corrélative de la masse monétaire. En d&#8217;autres termes,<strong> le volume de dollars dans le monde augmente alors que le pays qui émet cette monnaie est en récession</strong>, produit moins de richesses et s&#8217;endette chaque jour un peu plus.</p>
<p>Dans quelles proportions le volume de dollars en circulation augmente-t-il ? Impossible de le savoir avec précision. <strong>Depuis mars 2006, la Réserve fédérale américaine ne publie plus un indicateur économique, appelé M3, qui permet de mesurer la masse totale de dollars en circulation</strong> : pièces et billets bien sûr, mais aussi et surtout dépôts sur les comptes, dépôts à terme, créances négociables, etc. La Réserve fédérale continue de calculer M3 mais ne le communique plus… en d’autres termes, seuls quelques initiés connaissent le véritable état de santé du malade…</p>
<p>Qu&#8217;est-ce qui détermine la valeur d&#8217;une monnaie ? Autrefois les réserves d&#8217;or de sa banque centrale mais aujourd’hui celle-ci est uniquement basée sur la perception du dynamisme et de la solidité de l’appareil économique du pays d’émission. Or celui des États-Unis se détériore alors que le volume de dollars en circulation augmente. Cherchez l&#8217;erreur, ou plutôt le déséquilibre fatal.</p>
<p><strong><u>Des signes avant-coureurs</u></strong></p>
<p>Mois après mois, <strong>les éléments constitutifs d&#8217;une catastrophe se mettent en place</strong>. Plusieurs événements récents constituent autant de signaux d’alarme :<o:p></o:p></p>
<ul>
<li>En novembre 2008, face à l’augmentation massive du chômage en Chine, le gouvernement chinois annonce un plan de relance de 590 milliards de dollars, principalement axé sur une politique de grands travaux, et annonce qu’il est prêt à dépenser beaucoup plus si nécessaire. En effet, le nombre de chômeurs croissant à grande vitesse et les manifestations se multipliant, le gouvernement chinois pourrait sauter le pas et instaurer des prestations sociales pour calmer les tensions. Conséquence : <strong>chaque dollar dépensé en Chine pour soutenir l’économie et acheter la paix sociale ne pourra être utilisé pour se procurer des bons du Trésor américains</strong>.</li>
<li>En février 2009, Hillary Clinton, à peine promue secrétaire d’État (c’est-à-dire ministre des Affaires étrangères) se rend à Pékin avec pour principal objectif de s’assurer que les Chinois vont continuer, comme par le passé, à souscrire des bons du Trésor américains.</li>
<li>Le 13 mars, Wen Jiabao, Premier ministre chinois, déclare que, compte tenu des montants astronomiques que les Chinois ont prêté aux Américains (de l’ordre de 2 000 milliards de dollars, soit 2 <a href="http://www.pagetutor.com/trillion/index.html">trillions</a>), <strong>la sécurité des avoirs chinois aux États-Unis est source d’inquiétude pour Pékin</strong>. Il demande au gouvernement américain de respecter ses engagements et de garantir la sécurité des avoirs chinois aux États-Unis…<o:p></o:p></li>
<li>Le 19 mars, la Réserve fédérale américaine annonce qu’elle va acheter pour 300 milliards de bons du Trésor américain. Qu’est ce que cela signifie ? Schématiquement, que <strong>l’État américain se prête à lui-même en créant 300 milliards de dollars</strong>, très certainement parce que les Chinois ont refusé de souscrire à une émission. Conséquence immédiate : le dollar chute face à l’euro, passant en quelques heures de 0,77 € à 0,73 € pour un dollar.<o:p></o:p></li>
<li>Le 23 mars, Zhou Xiaochuan, Président de la Banque centrale chinoise, publie un <a href="http://www.pbc.gov.cn/english/detail.asp?col=6500&amp;id=178">article</a> sur le site de son institution. Il y affirme que la crise nécessite une réforme audacieuse de l’actuel système monétaire international et plaide pour la mise en place d’une monnaie de réserve internationale, contrôlée par le FMI. <strong>Les Chinois plaident donc ouvertement pour la fin du règne du dollar et souhaitent une transition en douceur entre le système actuel et une monnaie de réserve supranationale</strong>. Une telle proposition est bien sûr <a href="http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/03/25/AR2009032503476.html">politiquement inacceptable à Washington</a>.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="western" style="margin-bottom: 0.0001pt"> <strong><u>Le jour où tout dérapera<br />
</u></strong><br />
Comme toujours en pareil cas, un événement mineur (une déclaration intempestive ou des bons du Trésor américain qui trouvent difficilement preneurs, par exemple) déclenchera un mouvement de panique, exactement comme pour la crise des subprimes. La croyance bien établie selon laquelle les Chinois soutiendront éternellement le cours du dollar pour maintenir leur flux exportateur vers les États-Unis n&#8217;aura fait que masquer une évidence : <strong>on ne peut pas vivre éternellement à crédit en faisant marcher la planche à billets</strong>. Un jour, plus personne ne vous prête ni ne veut de votre monnaie. À ce moment-là, le dollar s&#8217;effondrera, précipitant les États-Unis dans l&#8217;hyperinflation et le chaos.</p>
<p><strong><u>Le règne du privé<br />
</u></strong><br />
À quoi assistera-t-on alors ? Une faillite de l&#8217;État fédéral ? L&#8217;hypothèse, qui pouvait sembler absurde avant la crise financière, ne l&#8217;est plus tout à fait aujourd&#8217;hui : certains États, notamment la <a href="http://rawstory.com/news/2008/California_goes_broke_halts_3.5_billion_0202.html">Californie</a>, sont déjà au bord du gouffre.</p>
<p>Dans ce scénario, on doit considérer la possibilité que des entreprises privées émettent alors des moyens de paiement, créent un « dollar bis » et établissent ainsi leur toute-puissance, reléguant loin derrière les prérogatives de l&#8217;État fédéral. On atteindrait alors le stade (peut-être) ultime du capitalisme, la <strong>quasi-disparition de l&#8217;État</strong> et la privatisation totale d&#8217;un pays.</p>
<p><strong><u>Tensions internationales<br />
</u></strong><br />
Et sur le plan politique ? Quelles seraient les conséquences d&#8217;une telle crise ?</p>
<p>Au plan externe, les Américains auront besoin de trouver des coupables : Chinois, Russes, Arabes, Européens&#8230; on peut s&#8217;attendre à une <strong>escalade des tensions internationales</strong>, aux soubresauts violents d&#8217;un empire qui ne se résigne pas à perdre sa suprématie internationale et joue alors sa dernière carte, la puissance militaire, pour conserver son rang.</p>
<p><strong><u>Montée de l’irrationalité<br />
</u></strong><br />
<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/03/ingodwetrust_s3.thumbnail.jpg" title="ingodwetrust_s3.jpg" alt="ingodwetrust_s3.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />Au plan interne, la chute du dollar, c&#8217;est la marque de Satan. Le billet vert, sur lequel est inscrit <em>In God We Trust</em>, est le ciment de la société américaine. Sa chute constituera un symbole dont l&#8217;interprétation dérapera dans l&#8217;irrationnel : dans un pays où les sectes fondamentalistes et les bigots de tout poil ont acquis une influence déterminante, ce sera le signal de l&#8217;Apocalypse.</p>
<p><strong>Montée de l&#8217;irrationalité, xénophobie et sentiments religieux extrêmes</strong> seront alors les nouveaux piliers de la politique américaine. Dans cette optique, le parti républicain, revenu au pouvoir et complètement contrôlé par son aile droite ultra-religieuse (le règne de Bush III !), pourrait se transformer en parti théocratique.</p>
<p><strong><u>Vers une tiers-mondisation des États-Unis ?<br />
</u></strong><br />
Déclin abyssal du rôle de l&#8217;État au profit des opérateurs privés, privatisation de ses fonctions tutélaires (armée, justice, etc.), privatisation de villes, voire d&#8217;États, on risque alors d&#8217;assister à une <strong>tiers-mondisation de la société américaine</strong>, avec un accroissement sans précédent des inégalités.</p>
<p>Corollaire de cette tiers-mondisation, on peut s’attendre à une <strong>montée fantastique de la violence, notamment dans les grands centres urbains</strong>. Seule solution pour les Américains qui ne voudront pas vivre dans cette jungle : « mettre les chariots en cercle », comme au temps de la conquête de l’Ouest, c’est-à-dire rejoindre des « communautés » qui protègeront leurs membres.</p>
<p><strong>La nature de ces communautés pourrait être très variée</strong>, depuis le groupe ultra-religieux qui prêche la fin des temps, jusqu’à la société – ou le groupe de sociétés – qui garde ses employés (en fait quasi-prisonniers) derrière de hauts murs entourés de barbelés, à l’abri desquels on leur assure emploi et sécurité, à la condition implicite de renoncer totalement à leurs libertés et droits civiques : on n’est bien sûr plus en démocratie mais dans un système de type féodal ou moyennageux où un nouveau seigneur règne sur une armée de serfs en échange de la protection qu’il leur consent.</p>
<p>En conclusion, les remèdes « classiques » mis en œuvre pour traiter le mal à court terme (la crise économique et financière) pourraient bien être le déclencheur d&#8217;une pathologie infiniment plus grave&#8230; ou quand le médicament devient poison.</p>
<p>Lundi<o:p></o:p></p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0.0001pt">© <em>La Lettre du Lundi</em><o:p></o:p></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Crise : jusqu&#8217;où désespérer ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/03/22/crise-jusquou-desesperer/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Mar 2009 18:19:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est la « cata » partout
À la fin de ce premier trimestre 2009, de quelque côté que l’on se tourne, on ne voit que catastrophes à venir ou déjà survenues, dans le monde et en France. Vous compléterez vous-même cette liste, malheureusement non exhaustive :
1. Dans le monde :


Le      Zimbabwe s’enfonce dans l’hyperinflation, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><u>C’est la « cata » partout</u></strong></p>
<p><strong><u></u></strong>À la fin de ce premier trimestre 2009, de quelque côté que l’on se tourne, on ne voit que catastrophes à venir ou déjà survenues, dans le monde et en France. Vous compléterez vous-même cette liste, malheureusement non exhaustive :</p>
<p><u>1. Dans le monde :</u><br />
<o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Le      Zimbabwe s’enfonce dans l’hyperinflation, la Somalie dans la guerre des      clans, la République démocratique du Congo dans ses guerres internes sur      fond d’exploitation des richesses du sous-sol au profit de quelques-uns,      soutenus par certains pays voisins, Madagascar est menacé par un début de      guerre civile, laquelle se termine au Sri Lanka avec des massacres des      civils tamouls.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">En      Russie, les manifestations se font jour contre la politique du gouvernement      Poutine.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal"> <u>2. En Europe et en France :</u><br />
<o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Les      émeutes en Grèce, les grèves générales aux Antilles françaises sont      révélatrices du climat social très tendu dans ces pays de l’Union      européenne.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Des      petits <strong>États</strong> comme l’Islande, la Hongrie et bientôt peut-être la      Lettonie sont en état de <strong>cessation de paiement</strong>, ce qui entraîne des      conséquences dramatiques pour leurs habitants.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Les      mises en chantier de bâtiments en Espagne et en France ont sévèrement      chuté, d’où des répercussions graves sur l’emploi des travailleurs      nationaux et étrangers, légaux ou illégaux, dans ces deux pays.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Les      plans de licenciements se multiplient en France, à la City de Londres, en      Chine…<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Dans      les usines françaises d’automobiles, les mises en chômage partiel de      plusieurs semaines sont de plus en plus fréquentes, avec de lourdes      conséquences financières et morales pour leurs salariés et sous-traitants.      <strong>Renault s’apprête à mettre tous ses salariés, pas seulement ceux des      usines, en chômage partiel à 4/5<sup>e</sup></strong>.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">En      France, en janvier 2009, on enregistre <strong>90 200 demandeurs d’emploi      de plus en catégorie 1, la pire hausse depuis quinze ans</strong>. Record battu      aussi en Allemagne.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Enfin, la baisse de 47 % de la bourse de Paris en 2008, l’immense escroquerie du fond Madoff, les énormes pertes des Banques Populaires, de la Caisse d’Épargne, de la banque Dexia, la quasi-faillite aux États-Unis de<s>s</s> deux grands constructeurs automobiles et de l’assureur AIG, la faillite de la banque américaine Lehman Brothers qui a déclenché la crise mondiale, assombrissent encore un peu plus le tableau.<o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal"><strong><u><o:p></o:p></u></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><u>Des raisons d’espérer<o:p></o:p></u></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><u><o:p></o:p></u></strong></p>
<p class="MsoNormal">Heureusement, il reste quelques raisons d’espérer. Tout n’est pas noir. Au choix, et vous<span>  </span>compléterez aussi cette liste :<br />
<o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">En      novembre 2008, la première réunion des pays du G20 à Washington a ouvert      la voie d’une concertation mondiale, premiers pas certes balbutiants vers      un gouvernement économique mondial. Lors de sa deuxième réunion à Londres,      le 1<sup>er</sup> avril 2009, des décisions visant à faire disparaître      progressivement les paradis fiscaux pourraient être prises.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Les      premières mesures européennes coordonnées, à grand mal, pour enrayer la      crise financière montrent déjà, à défaut de leur efficacité, du moins la      capacité des dirigeants européens à renoncer pour partie à leur      nationalisme et même, pour certains, à réviser leurs propres dogmes      économiques.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoBodyText"><span style="color: windowtext">Mais<strong> c’est principalement l’attitude des citoyens, des opinions publiques, qui donnent des raisons d’espérer</strong>. Quelques exemples, mineurs en apparence, mais significatifs d’une évolution de comportement :<br />
<o:p></o:p></span></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Après      la tempête qui a ravagé le sud-ouest français, les comportements      solidaires entre voisins ont marqué les esprits.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Malgré      la crise financière et économique, les promesses de dons au téléthon 2008 ont presque atteint le niveau de l’année précédente. Quant à celles du sidaction 2009, elles ont dépassé le niveau de 2008 ; l’altruisme      et la générosité sont bien vivants.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Les      opinions publiques s’expriment de plus en plus via internet sur des sites      contributifs tels Mediapart, Rue 89, Wikipedia ou le tout nouveau média      social lancé par le MoDem, contournant le monopole des journaux et      télévisions contrôlés par les alliés des pouvoirs en place. Les mouvements      de résistance civique disposent désormais d’un canal d’expression,      complétant heureusement les seules manifestations de rue.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><strong><u><o:p></o:p></u></strong></p>
<p class="MsoNormal"><strong><u>Les conditions d’un changement durable</u></strong></p>
<p><strong><u></u></strong>Pour un nombre croissant d’habitants de la planète, il est clair que l’argent ne peut être l’unique moteur du développement humain, l’alpha et l’oméga d’une civilisation. En ce sens, Mohamed Yunus, le promoteur bangladais du microcrédit, prix Nobel de la Paix à ce titre, énonce une condition :<strong> le capitalisme doit désormais se fonder sur deux moteurs de l’activité humaine, l’argent et l’altruisme, et pas seulement sur le seul premier</strong>. En pratique, il s’agit de trouver le moyen d’attribuer une valeur aux comportements altruistes des entreprises et aux comportements bénévoles des particuliers.</p>
<p>Cette nouvelle approche suppose une évolution des attitudes autour de 4 axes principaux.</p>
<p>1- <u>Renoncer aux idoles qui nous rassurent faussement </u>:<br />
<o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Le      marché, réputé omniscient, autorégulé, agissant toujours pour le bien de      tous.<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Le      leader qui détient la vérité et donne sens à notre vivre-ensemble (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/03/01/leternel-recours-au-prince/"><span style="color: windowtext">L’éternel recours au Prince</span></a></em>).<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">L’espoir      mis, pour surmonter les difficultés, dans un gouvernement autoritaire      plutôt que dans la pratique démocratique. L’exemple des années 1930      devrait nous alerter.<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<p>2- <u>Retrouver le sens du collectif</u></p>
<p><u></u>Cette redécouverte implique de <strong>réintroduire du droit, des règles, des normes</strong>, là où nos sociétés ont sciemment supprimé une à une toutes les réglementations depuis trente ans, sous prétexte que chaque entrave au « laissez-faire » était un frein à la croissance. Or, inventer des règles, cela suppose des discussions, des compromis, du donnant-donnant pour le bien de tous, un sens du collectif que beaucoup d’entre nous ont à réapprendre.</p>
<p>3- <u>Installer des contre-pouvoirs</u></p>
<p><u></u>En France, cela suppose de renoncer au monopole législatif d’une majorité aux ordres du pouvoir exécutif, en imposant un <strong>ordre inversé des élections présidentielles et législatives</strong> et, pour ces dernières, un <strong>mode de scrutin comportant une part de proportionnelle</strong>, afin de laisser plus de place aux différentes sensibilités dans l’opinion. Les contre-pouvoirs sont indispensables pour trouver des solutions justes et durables : par exemple, des lois qui inciteraient les actionnaires à privilégier les investissements solidaires ou socialement responsables.</p>
<p>4- <u>Adopter de nouveaux modes de consommation</u></p>
<p><u></u>Depuis 30 ans, le fait d’inonder les classes moyennes de produits de consommation à relativement bas prix tout en les incitant à s’endetter plus pour consommer plus a rendu supportable le chômage de masse (déguisé partiellement en travail précaire) et l’augmentation trop lente du pouvoir d’achat des ménages n’ayant pas accès aux rendements du capital.</p>
<p>Il n’en sera plus de même dans les années à venir. À nous de consentir à ce qu’une certaine sobriété de la consommation soit valorisée et vécue positivement. À nous d’orienter notre pouvoir de consommation vers ce qui est socialement et écologiquement durable. À nous, enfin, de nous rendre attentifs aux plus fragiles, qui seront les plus immédiatement et les plus durement touchés par la crise.</p>
<p>Alors, désespérer jusqu’où ? C’est à chaque citoyen d’en décider. L’espoir est affaire personnelle, il est entre les mains des individus, non des institutions, des partis politiques ou des gouvernants. Il ne tombe pas d’en haut. Il ne faut pas l’attendre des autres mais le chercher en soi. Chacune, chacun a la responsabilité de se prendre en mains et de construire, avec d’autres bien sûr, son avenir. Le monde des « sans » (sans travail, sans logement, sans santé, sans liberté, sans éducation) n’attendra plus longtemps !</p>
<p>Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>OTAN : tout ce qu&#8217;on vous cache</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 17:54:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Les 3 et 4 avril, au cours du sommet de l’OTAN à Kehl-Strasbourg, la France va officialiser son retour dans le commandement intégré de l’Alliance atlantique. Elle l’avait quitté en 1966, sur décision du général de Gaulle.
Celui-ci voulait alors confirmer au monde entier l’indépendance politique de la France, garder les mains et la parole libres. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les 3 et 4 avril, au cours du sommet de l’OTAN à Kehl-Strasbourg, la France va officialiser son retour dans le commandement intégré de l’Alliance atlantique. Elle l’avait quitté en 1966,<span> sur décision du général de Gaulle.</span></p>
<p>Celui-ci voulait alors confirmer au monde entier l’indépendance politique de la France, garder les mains et la parole libres.<em> </em>C’était déjà le sens de la reconnaissance de la Chine communiste, de sa proposition de neutralisation de l’Indochine et, en 1964, de son voyage triomphal en Amérique latine considérée par les Américains comme leur chasse gardée.</p>
<p>Le Général voulait également protéger notre pays d’une décision stratégique de l’OTAN qui n’irait pas dans le sens des intérêts politiques ou économiques de notre nation.</p>
<p>Sa volonté était donc, d’une part, de conserver la capacité d’influence française dans le monde, d’autre part, de protéger notre pays d’opérations militaires qu’il n’approuverait pas.</p>
<p>Depuis 1995, la France a amorcé un retour progressif dans l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord au point de contribuer, dans des proportions importantes, au financement et à la mise à disposition de forces militaires. Ce retour s’est toutefois effectué, et c’était la difficulté, sans participer véritablement aux prises de décisions stratégiques de l’Organisation.</p>
<p>En rejoignant le commandement intégré, la France semble obtenir deux commandements : ceux de Lisbonne et de Norfolk. Ce dernier est le lieu de la conceptualisation de la future OTAN, de la « transformation », comme disent les militaires concernés. Cette hypothèse comporte toutefois <strong>plusieurs inconnues</strong> :</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Première inconnue : <strong>avons-nous la garantie de piloter cette « transformation » ?</strong></li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Deuxième inconnue :<strong> dans l’affirmative, sommes-nous en situation de peser sur les futures décisions politiques et stratégiques ?</strong><br />
L’OTAN a déjà entamé un triple élargissement sur lequel nous n’avons aucune prise :<br />
<span>            </span>– élargissement fonctionnel, avec l’adjonction de nouvelles missions coûteuses, comme l’Afghanistan ;<br />
<span>            </span>– élargissement géographique, avec l’admission de nouveaux États européens et, peut-être, de l’Australie, de la Nouvelle Zélande, du Japon et de la Corée du Sud ;<br />
<span>            </span>– élargissement politico-militaire, par exemple quand elle sert de cadre à la réouverture du dialogue entre Moscou et Washington.<br />
Ce triple élargissement pose la <strong>question de la place de l’ONU dans le monde</strong>. Est-il réversible ou même amendable ? Autrement dit, l’Alliance restera-t-elle atlantique ou sera-t-elle élargie au reste du monde ? <strong>L’OTAN servira-t-elle à se débarrasser des votes du Conseil de Sécurité ?</strong> Si tel était le cas, cela modifierait très notoirement la place de la France et de l’Europe dans ce dispositif.</li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Troisième inconnue : <strong>le développement de l’OTAN est-il compatible avec la construction d’une défense européenne ?</strong><br />
<span>Après</span> l’effondrement du mur de Berlin, <span>l’Europe a créé</span> l’euro et <span>lancé </span>la PESC (Politique étrangère et de sécurité commune). Ces nouveaux outils confortent la construction européenne et constituent les éléments qui permettent de bâtir une « Europe-puissance ».<br />
La réintégration de l’OTAN aidera-t-elle, comme il est dit, la poursuite de cette construction de défense européenne ou bien l’annulera-t-elle, sachant que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne y sont hostiles ?</li>
</ul>
<p>Dans ces différents domaines, la France a quatre axes de travail :</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">1 - le maintien <span>de sa force de dissuasion<em> </em></span>à un niveau de crédibilité suffisant ;</li>
<li class="MsoNormal">2 - son <span>siège </span>au conseil de sécurité de l’ONU ;</li>
<li class="MsoNormal">3 - la construction européenne ;</li>
<li class="MsoNormal">4 - sa participation à l’OTAN.</li>
</ul>
<p>À ces quatre axes de travail correspondent quatre budgets. Sommes-nous certains que ce quatrième budget ne cannibalisera pas les trois autres ? La question budgétaire, ou plutôt <strong>le « siphonage » budgétaire que pourrait entraîner la réintégration à l’OTAN, constitue donc une quatrième inconnue</strong>.</p>
<p>Sur le plan politique, cette décision de réintégration place <em>de facto</em> la France « dans la roue » des États-Unis, et ce en pleine crise financière, économique et sociale qui privera, peut-être, à terme, ce grand pays des moyens d’assurer le leadership de l’Alliance. Dans cette hypothèse tout à fait plausible, qu’adviendra-t-il de tous ces efforts ? Nous sommes en train de monter dans un avion qui pourrait perdre son pilote <span>peu après le </span>décollage !</p>
<p>En conclusion, ce qui est à craindre <span>de<em> </em>cette réintégration par la France du commandement intégré de l’OTAN<em>, </em></span>c’est une dislocation de l’Europe, une marginalisation de l’ONU, une « dissolution-banalisation » de la France et des Français dans un ensemble anglo-américain. Voilà le triste bilan d’une décision prise sans consultation ni débat démocratique par un homme qui butine de sujet en sujet avec son image pour seule préoccupation personnelle.</p>
<p>Nous préférons croire que l’histoire de la France ne s’écrit pas avec un plan de com’, mais en prenant le temps du dialogue et de la pédagogie pour que tout un peuple adhère à une question aussi fondamentale.</p>
<p>Face à un tel enjeu, Nicolas Sarkozy a préféré présenter sa décision le 11 mars devant la Fondation de la recherche stratégique avant de demander au Parlement d’en débattre <em>a posteriori</em> le 17 mars. En d’autres termes, cela s’appelle fouler aux pieds la représentation nationale et sa propre majorité.</p>
<p>Gavroche<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Iran, futur allié des États-Unis et d&#8217;Israël ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/03/08/liran-futur-allie-des-etats-unis-et-disrael/</link>
		<comments>http://lalettredulundi.fr/2009/03/08/liran-futur-allie-des-etats-unis-et-disrael/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2009 17:24:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lalettredulundi.fr/2009/03/08/liran-futur-allie-des-etats-unis-et-disrael/</guid>
		<description><![CDATA[La République Islamique d’Iran intervient indirectement depuis trois décennies dans de très nombreux conflits au Liban, en Palestine, en Turquie, en Arabie Saoudite, en Jordanie, en Syrie, en Égypte, aux Émirats. Ces interventions prennent place sur fond de rivalité historique entre la Perse et le monde arabe qui l’entoure ; elles sont marquées, bien sûr, par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La République Islamique d’Iran intervient indirectement depuis trois décennies dans de très nombreux conflits</strong> au Liban, en Palestine, en Turquie, en Arabie Saoudite, en Jordanie, en Syrie, en Égypte, aux Émirats. Ces interventions prennent place sur fond de rivalité historique entre la Perse et le monde arabe qui l’entoure ; elles sont marquées, bien sûr, par l’opposition, historique elle aussi, entre musulmans chiites et musulmans sunnites. <strong>Comment cette situation peut-elle évoluer après l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis et la formation probable du gouvernement de Benyamin Netanyahu, très marqué à droite, en Israël ?</strong></p>
<p>Commençons par rappeler quelques données historiques de ces interventions iraniennes et des relations irano-américaines.</p>
<p><strong>Les Gardiens de la Révolution</strong>, la « Garde Révolutionnaire », sont un bras armé, au sens propre du terme, de l’Iran, indépendants de l’armée et du Président, rattachés directement à l’Imam Khomeini puis à son successeur l’Imam Khamenei. Il s’agit d’une <strong>véritable armée</strong> qui a joué un rôle très important avec ses jeunes kamikazes (chez les chiites, le sacrifice est un acte valorisé) dans la guerre contre l’Irak (1980-1988), arrêtée après le constat par les généraux iraniens qu’ils n’avaient pas les moyens en armements pour la gagner.</p>
<p>Pendant cette guerre, la fourniture par certains pays occidentaux à l’Irak d’armements sophistiqués, alors que l’Iran était sous embargo occidental, ainsi que le silence occidental sur l’utilisation par l’Irak d’armes chimiques interdites, a engendré chez les dirigeants iraniens un profond ressentiment à l’égard des États-Unis et de leurs alliés.<strong> L’embargo occidental est toujours en vigueur. Sa suppression pourrait servir de monnaie d’échange dans le grand marchandage Iran-pays occidentaux que l’élection de Barack Obama rend envisageable.</strong></p>
<p><a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/03/procheorient-iran-03-01-2.jpg" title="procheorient-iran-03-01-2.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/03/carte-moyen-orient-2.GIF" title="carte-moyen-orient-2.GIF" alt="carte-moyen-orient-2.GIF" vspace="10" align="middle" border="10" hspace="10" /></a></p>
<p>En 1982, lorsque Israël a envahi le Liban, l’Imam Khomeini, plutôt que d’intervenir directement dans les combats, a ordonné à la Garde Révolutionnaire d’aider les chiites libanais (les Iraniens sont majoritairement chiites) en assistant le Hezbollah dans le recrutement et l’entraînement de ses soldats. Cette assistance a débouché sur un succès militaire : Israël a dû quitter le Liban en 2000. De surcroît, <strong>les Iraniens ont durablement étendu leur influence sur le Hezbollah libanais et ses « filiales » syrienne, irakienne et jordanienne</strong>.</p>
<p>En utilisant les mêmes méthodes (assistance technique, aide financière et fourniture d’armements sans intervention directe visible), les Gardiens de la Révolution ont développé le <strong>Hamas</strong> et le <strong>Djihad islamique</strong> (pourtant sunnites tous les deux) en Palestine, eux-mêmes initialement suscités par les Frères musulmans (sunnites) égyptiens. Ils ont soutenu le <strong>PKK kurde</strong> en Turquie et en Irak, sans doute pour mieux le contrôler et éviter une contagion de sécession des Kurdes iraniens.</p>
<p>En Irak, après la défaite de Saddam Hussein par la coalition occidentale, ils ont soutenu puissamment les milices chiites de l’<strong>Armée du Mahdi</strong>, dont le chef est aujourd’hui réfugié en Iran, sous influence iranienne par conséquent. Dans le petit émirat de Bahrein, l’emprise iranienne sur la population majoritairement chiite est patente, le chef de l’État ne conservant son pouvoir que grâce à la proximité protectrice de l’armée saoudienne.</p>
<p><strong>Tous ces mouvements de résistance menacent les pouvoirs en place de pays alliés des États-Unis</strong> <strong>: Égypte, Arabie Saoudite, Jordanie, Turquie, Israël, Émirats</strong>. La situation en Syrie est moins bien connue publiquement sur ce plan.</p>
<p>D’un autre côté, la <strong>volonté attribuée à l’Iran de se doter d’un armement nucléaire</strong> inquiète tous ses voisins et les pays déjà détenteurs de ces armements. L’Iran affirme ne préparer qu’un<span>  </span>nucléaire civil. Mais la construction avérée de milliers de centrifugeuses lui permettrait de fabriquer de l’uranium enrichi, dont le seul usage est militaire. La partie de cache-cache avec l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) se poursuit depuis une dizaine d’années. <strong>Le renoncement par l’Iran à l’armement<span>  </span>nucléaire ou sa mise sous contrôle international concomittament à celui d’Israël serait une autre monnaie d’échange.</strong></p>
<p>Dans ce climat d’opposition frontale, <strong>à deux reprises au moins depuis 1982, l’Iran a collaboré avec les Américains</strong> :</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Une première fois dans les années 1980 au Liban, occupé par Israël. L’Iran a accepté d’user de son influence sur le Hezbollah pour faire libérer des otages américains, en échange d’une promesse d’un geste américain en retour. Ce geste ne serait jamais venu, augmentant le ressentiment iranien contre les USA ;</li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Une seconde fois, au début des années 2000, en Afghanistan, alors entièrement occupé par les talibans afghans sauf la vallée du Panchir tenue par l’Alliance du Nord du commandant Massoud. Après l’assassinat de Massoud, Iraniens et Américains ont aidé l’Alliance du Nord a reconquérir la capitale Kaboul et à chasser (provisoirement !) les talibans du pays.</li>
</ul>
<p><strong>Le Président Obama, l’Imam Khamenei, le futur Président de l’Iran, le futur Premier ministre israélien peuvent-ils en 2009 trouver un terrain d’entente ?</strong> Dans cette hypothèse, celui-ci pourrait comporter plusieurs axes :</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal"><strong>Fin de l’embargo occidental</strong> (qui empêche notamment la maintenance des avions civils iraniens et gène l’Iran dans la modernisation de ses installations pétrolières) <strong>en échange du renoncement de l’Iran à l’armement nucléaire, simultanément avec Israël</strong> (mais quid du Pakistan et de l’Inde, puissances nucléaires de cette région ?) ;</li>
<li class="MsoNormal"><strong>Reconnaissance d’une place de grande puissance pour l’Iran</strong> (un siège permanent dans un organisme international ou, solution plus radicale, gouvernance confiée à l’Iran de la partie de l’Irak qu’il contrôle de fait) <strong>contre renoncement iranien</strong> (contrôlé par qui ?) <strong>à armer les mouvements révolutionnaires</strong> ;</li>
<li class="MsoNormal"><strong>Nouvelle coopération militaire</strong> entre les États-Unis et l’Iran pour chasser définitivement les talibans d’Afghanistan et du Pakistan ;</li>
<li class="MsoNormal"><strong>Alliance secrète</strong> entre l&#8217;Iran, les États-Unis et Israël. L&#8217;Iran y gagnerait en puissance face aux Arabes, ennemis historiques de la Perse. Israël se protègerait du risque iranien et n&#8217;aurait à gérer que les menaces des pays arabes. Les États-Unis trouveraient là un renfort pour résoudre le péril taliban en Afghanistan.</li>
</ul>
<p>N’est-il pas temps pour les Occidentaux de regarder l’Iran comme une des solutions aux problèmes que pose la République islamique à ses voisins et au monde, en associant les Iraniens à la recherche de solutions ? Le président Obama aura-t-il cette audace et cette puissance ?</p>
<p>Mardi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
<p>Sources : débats radio et TV (janvier et février 2009) ; Robert Baer, <em>Iran, l’irrésistible ascension </em>; BBC et France 3, <em>L’Iran et l’Occident : un État marginalisé (1982-2001)</em>, <em>Le défi nucléaire (2001-2008)</em></p>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;éternel recours au Prince</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Mar 2009 18:04:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[La pièce a été jouée mille fois, ad nauseam. Mais, sous la présidence Sarkozy, elle est devenue caricature avec, à chaque fois, un scénario identique :
•       Acte 1 : une crise (Guadeloupe, enseignants, paysans, ostréiculteurs…), en général déclenchée soit par un projet de loi mal ficelé, soit par la misère économique ;
•        Acte 2 : un ministre qui commence à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La pièce a été jouée mille fois, <em>ad nauseam</em>. Mais, sous la présidence Sarkozy, elle est devenue caricature avec, à chaque fois, un scénario identique :</p>
<p style="margin-left: 39pt; text-indent: -18pt" class="MsoNormal"><span style="font-family: Symbol">•<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">       </span></span><strong>Acte 1 : une crise</strong> (Guadeloupe, enseignants, paysans, ostréiculteurs…), en général déclenchée soit par un projet de loi mal ficelé, soit par la misère économique ;</p>
<p style="margin-left: 39pt; text-indent: -18pt" class="MsoNormal"><span style="font-family: Symbol">•<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">        </span></span><strong>Acte 2 : un ministre qui commence à négocier et</strong>, quoi qu’il fasse, <strong>se grille peu à peu</strong> dans cette négociation (à ce moment-là, son Premier ministre et le chef de l’État le houspillent : « Tiens bon, ne cède rien, on te soutient à mort ! ») ;</p>
<p style="margin-left: 39pt; text-indent: -18pt" class="MsoNormal"><span style="font-family: Symbol">•<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 7pt; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal">        </span></span><strong>Acte 3 : un désaveu plus ou moins direct du ministre par le Président qui choisit alors de le court-circuiter</strong> : réception à l’Élysée des représentants des manifestants, nomination d’un médiateur ou d’une commission, retrait ou édulcoration du projet de loi contesté, « enveloppe budgétaire » et hop, c’est reparti jusqu’à la prochaine crise.</p>
<p>S’ajoute à cela le fait que, de plus en plus fréquemment, ce ne sont pas les représentants des « corps constitués » des protestataires qui sont en première ligne de la négociation mais les responsables « spontanés » de ces mêmes protestataires.</p>
<p>Schématiquement, après que les voies « normales » de la négociation aient échoué, l’accord ou l’arrangement final ne s’effectuent qu’entre la tête de l’État et les représentants des manifestants, contestataires, protestataires…</p>
<p>Tout au long de cette affaire, la majorité des commentaires porte alors sur le fait de savoir « comment Sarkozy va gérer la crise », quel préfet ou ministre il révoquera au passage, quel lapin il sortira de son chapeau. Bref, <strong>tout s’articule et se cristallise autour des faits, gestes et décisions du Prince</strong>.</p>
<p>Une belle leçon de démocratie ? Non, tout le contraire. Une belle leçon d’absolutisme ou de dictature. Au sens premier du terme, le dictateur, c’est le magistrat romain auquel, compte tenu de circonstances exceptionnelles qui menacent la République, on attribue tous les pouvoirs mais pour une durée limitée.</p>
<p>Le problème, c’est que <strong>ces circonstances exceptionnelles sont désormais permanentes</strong>. Pour quelles raisons ?</p>
<p>Avant tout parce que la concentration des pouvoirs à l’Élysée et dans la personne du Président a aujourd’hui atteint un tel degré que tout « manifestant » sait parfaitement que c’est là que se prendra la décision finale. Alors, à quoi bon négocier avec des loufiats ?</p>
<p>Quand le chef de l’État s’essuie les pieds sur ses ministres, leur décoche mille petites phrases assassines et désobligeantes, fustige les magistrats, houspille les députés, viole les dispositions légales (voir la récente nomination de François Pérol), révoque les préfets comme des valets et conchie les élus locaux (par exemple, en leur annonçant par voie de presse la suppression de la taxe professionnelle, source majeure de financement des collectivités locales), il ne faut pas s’étonner que les Français, à leur tour, considèrent comme moins que rien les lois et les corps intermédiaires : l’exemple vient d’en-haut et <strong>le message implicite qu’essaie de faire passer le Prince aux Français</strong> (« tous des cons, sauf vous et moi ») <strong>joue sur les instincts et les ressorts les plus primitifs du comportement humain</strong>.</p>
<p>Nicolas Sarkozy est, de loin, le Président le moins cultivé, le plus égocentrique et le plus infantile de la Cinquième République. Conséquence tragique, ses traits de caractère deviennent, plus ou moins consciemment, une norme de référence, voire un exemple à suivre pour l’ensemble de ses concitoyens. D’où le dédain affiché vis-à-vis des revendications « intellectuelles » (enseignants, chercheurs, étudiants…), la violence des réactions et la forme émeutière que prennent parfois les manifestations et, surtout, le <strong>caractère d’un « caïdat » que prend la Cinquième République</strong>. <strong>Tout se règle avec le chef, le <em>capo del capo</em>, entouré de ses hommes de main</strong> (G6, G7, les conseillers…)<strong>, loin des « autres », lesquels sont des « cons » qui « n’ont rien compris »</strong>.</p>
<p>On ne grandit ni la fonction de Président ni la République à diriger cette dernière comme le ferait un gang qui met un quartier en coupe réglée. La France n’est ni une cour d’école ni le Chicago des années 30, elle mérite évidemment mieux que cela.</p>
<p>La « fausse bonne solution » serait de se contenter de remplacer un mauvais Prince par un bon : en plaçant tous nos espoirs dans un homme (ou une femme) « providentiel », nous contribuerions à renforcer le caractère bonaparto-monarchiste du pouvoir en France et à rester éternellement mineurs, au sens où l&#8217;entend Kant, pour lequel « <strong>la minorité, c&#8217;est l&#8217;impuissance à se servir de sa raison sans être guidé par autrui</strong> ». Tout aujourd&#8217;hui y concourt : les médias bien sûr mais aussi les institutions. Depuis que le mandat présidentiel a été porté à cinq ans, la cohabitation est <em>de facto</em> devenue impossible, consacrant ainsi la toute-puissance du Président.</p>
<p>Des critiques de cette évolution ? On en entend bien sûr du côté de la gauche, de François Bayrou, mais aussi, fait plus intéressant, de la part de députés et sénateurs UMP, conscients de la <strong>dérive du régime vers une parodie de démocratie</strong>.</p>
<p>Mais <strong>la véritable riposte vient aujourd&#8217;hui des citoyens, et notamment de la blogosphère</strong>. C&#8217;est là que naissent les nouvelles idées, que germe une approche politique véritablement différente et innovatrice. Par de nombreux aspects, <strong>l&#8217;activité de la  blogosphère de 2009 s&#8217;apparente à celle des salons, sociétés et loges des années 1780</strong>. Les Lumières sont là, plus dans les allées du pouvoir.</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</p>
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		<title>Une « conscience de gauche » au Palais&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 17:24:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« La conscience de gauche de Sarkozy » : quand un grand hebdomadaire français, propriété du groupe Artemis appartenant à la famille Pinault, affiche un tel titre sur tous les kiosques de France, on quitte le domaine de la vie privée et du people pour entrer de plain-pied dans la politique. Dans cette campagne de communication, le fond [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« La conscience de gauche de Sarkozy » : quand un grand hebdomadaire français, propriété du groupe Artemis appartenant à la famille Pinault, affiche un tel titre sur tous les kiosques de France, on quitte le domaine de la vie privée et du people pour entrer de plain-pied dans la politique. Dans cette campagne de communication, le fond de l’article n’a qu’une importance secondaire, au sens étymologique du terme : ce qui compte, c’est que sur des milliers de kiosques à journaux s’étale l’affiche, passe le message et rentre dans la tête des Français que le Président a bien une conscience de gauche.</p>
<p><strong>Que nous vend cette campagne de communication ?</strong> Comment la décoder ? Quels enseignements en tirer ? Quelques semaines après son lancement, voici la lecture que l’on peut en tirer « à froid », le message qu’elle cherche à faire passer :</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">Le      Président s’est, grâce à son épouse, ouvert à de nouveaux horizons et a      désormais une conscience politique de gauche, une ouverture aux idées nouvelles,      la capacité de comprendre le « peuple qui souffre », etc. <strong>Le      premier objectif de cette campagne est donc de nous faire croire que      Sarkozy est de plus en plus « complet »</strong>, que sans renier les      idées (et l’électorat !) qui l’ont porté à l’Élysée, il a désormais      la capacité, dans son immense sagesse et sa clairvoyance suprême, de      s’ouvrir à de nouveaux horizons qu’il va intégrer à sa politique.</li>
<li class="MsoNormal">Deuxième      partie du message : <strong>la gauche étant à l’Élysée, pourquoi      voulez-vous qu’elle soit ailleurs ?</strong> Pourquoi une opposition en      dehors du Palais alors que celui-ci en possède déjà une, la mieux placée      pour avoir l’oreille du Président ? C’est au Palais que tout se joue      et la Première dame est la meilleure représentante des pauvres et des      opprimés. N’est-elle pas d’ailleurs « ambassadrice mondiale pour la      protection des mères et des enfants contre le sida » ?</li>
</ul>
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">On assiste là au <strong>mélange détonant d’une communication politique XXI<sup>e</sup> siècle à la Big Brother</strong> (le Président est tout) <strong>bâtie sur les ruines de la tradition monarchique française</strong> où le roi est l’ensemble des Français, le corps social français dans son ensemble.</p>
<p>Cette entourloupe de communication présente un <strong>avantage majeur</strong> : concentrer l’attention des Français sur un détail de la vie de la Cour, <strong>résumer et symboliser la vie de la France à travers la relation entre le Président et son épouse</strong>. Si une femme de gauche a trouvé le bonheur avec un homme de droite, il peut – il doit – en être de même pour la France : le peuple de gauche peut être heureux avec un homme de droite à la tête du pays. Puisque l’exemple vient d’en haut, la sérénité de la relation conjugale doit être transposée à l’ensemble des Français : une fois de plus, on retrouve ici la <strong>volonté de transposer à la vie politique d’une République le schéma culturel d’une monarchie absolue</strong>…</p>
<p>Monarchie absolue ou plutôt « Petit père des peuples du XXI<sup>e</sup> siècle », cette conception du pouvoir est révélatrice de la régression démocratique qui touche les institutions, les médias et, plus généralement, le fonctionnement global du pouvoir politique (voir <em><a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/01/un-faisceau-dindices-inquietants/">Un faisceau d’indices inquiétants</a></em>). On peut cependant craindre que cette dérive supplémentaire ne suscite ni réprobation, ni protestation, et ce pour deux raisons principales :</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal">d’une part, <strong>la tendance monarchique le dispute sans cesse en France à l’idéal républicain</strong>, d’où la relative facilité avec laquelle des régimes comme l’Empire ou l’État français ont pu s’installer, en profitant généralement d’un consensus populaire en période de trouble. Nicolas Sarkozy sait parfaitement jouer de cette corde, attisant d’abord les tensions pour se poser ensuite en recours, et emploie sans vergogne son épouse dans ce dispositif où il doit apparaître comme le Sauveur Suprême capable de réconcilier les Français ;</li>
<li class="MsoNormal">d’autre part la peopolisation de la vie politique constitue un terrain extrêmement favorable pour ce genre de communication. <strong>La « société du spectacle »</strong>, modèle culturel dominant qui lobotomise les Français depuis 20 ou 30 ans,<strong> ne se nourrit pas de raisonnements et d’arguments mais d’images et de concepts très simplistes</strong> : les bons, les mauvais, les gentils, les méchants… Carla Sarkozy sert ici de contre-feu jouant le rôle du gentil face à un méchant Sarkozy, et tous de se dire : « Nous devons la soutenir, elle va le pousser à prendre telle ou telle décision. » C’est exactement ce qu’attendent le Président et ses experts en communication : que la pièce de théâtre ne se joue qu’entre les quatre murs de l’Élysée, le Peuple « souverain » n’étant alors plus que simple spectateur.</li>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</ul>
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		<title>Le divorce européen</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Feb 2009 17:55:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[J – 111 jours : dans moins de 4 mois se dérouleront les prochaines élections européennes. L’enjeu ? Le renouvellement des 785 députés européens, au sein d’un Parlement aujourd’hui dominé par la droite, sous la bannière Parti populaire européen. Lors des dernières élections en 2004, les électeurs français avaient envoyé à l’Assemblée 78 députés, dont 31 socialistes, 17 UMP, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/02/drapeau-europeen.thumbnail.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" />J – 111 jours : dans moins de 4 mois se dérouleront les prochaines élections européennes. L’enjeu ? Le renouvellement des 785 députés européens, au sein d’un Parlement aujourd’hui dominé par la droite, sous la bannière Parti populaire européen. Lors des dernières élections en 2004, les électeurs français avaient envoyé à l’Assemblée 78 députés, dont 31 socialistes, 17 UMP, 11 UDF…</p>
<p>Depuis cette date, le non au Traité constitutionnel européen a constitué un désaveu cinglant à la manière dont l’Europe se construit. Nos gouvernants, montrant le peu de cas qu’ils font du suffrage universel, ont fait approuver par députés et sénateurs le traité de Lisbonne, renforçant un peu plus la cassure entre institutions européennes et citoyens européens.</p>
<p><strong>Ce divorce entre l’Europe et ses citoyens a pour origine deux raisons essentielles.</strong></p>
<p>En premier lieu, <strong>les citoyens européens, et notamment les citoyens français, perçoivent l’Europe comme un outil de destruction des institutions sociales, des services publics et des « amortisseurs sociaux » mis en place au plan national</strong> : dérégulation et ouverture à la concurrence des transports, de la poste, des télécommunications, de la protection sociale. Dans quel but ? Au profit de qui ? La protection des consommateurs ? Personne n’y croit, et ce pour d’excellentes raisons : mises en place sous l’influence des lobbies qui gravitent autour de la Commission et des autres institutions européennes, ces « restructurations » n’ont profité qu’à des multinationales qui se sont partagées les morceaux d’un excellent gâteau.</p>
<p>Les notions de service public, de recherche de l’intérêt général, ont été sacrifiées au profit d’un présupposé, d’un dogme, d’une nouvelle religion mercantiliste : la loi du marché et les vertus supposées du libre-échange. Et même si les faits sont têtus (par exemple, chaque fois que les marchés de l’énergie ont été ouverts à la concurrence, on a assisté à une augmentation des prix pour le consommateur, une moindre sécurité des approvisionnements, une dégradation des outils de production), les Trissotin continuent à mettre en œuvre des recettes qui ne fonctionnent pas.</p>
<p><strong>Ce que les citoyens européens appellent de leurs vœux, ce n’est pas un n<sup>ième</sup> opérateur privé dans tel ou tel secteur, venant s’ajouter à ceux déjà existants, mais un véritable service public européen</strong>, au service des consommateurs et non des entreprises. Choquant, non ? Oui, car contraire au mantra qu’on nous serine depuis des années, selon lequel le « marché » doit être concurrentiel et libre-échangiste. Non, si on est véritablement démocrate et que la démocratie consiste à écouter la voix des citoyens, à se conformer à leurs décisions, non à essayer de les contourner.</p>
<p><strong>Seconde raison de défiance exprimée par les citoyens européens : l’Europe est incapable de les protéger contre la concurrence et les menaces économiques extérieures.</strong> Quel « modèle social européen » peut-on mettre en place lorsque les entreprises européennes choisissent de délocaliser leur production dans des dictatures à bas salaires, lorsque ces pays (Chine en tête) <a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/02/china_brickslaves.jpg" title="china_brickslaves.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/02/china_brickslaves.thumbnail.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" /></a>inondent tous les secteurs du marché (y compris la haute technologie) de produits fabriqués par des demi-esclaves, soumis à un des systèmes politiques le plus brutal et totalitaire de la planète ? Idéologie d’une « libre » concurrence non adaptée aux véritables besoins, idéologie d’un « libre » échange ayant pour principale résultante l’appauvrissement des salariés européens, telles sont les raisons de la défiance que suscitent aujourd’hui les institutions européennes.</p>
<p>S’ajoute à cela l’<strong>attitude pitoyable des femmes et hommes politiques nationaux, qui choisissent systématiquement de se défausser sur l’Europe dès qu’une décision impopulaire doit être prise</strong>. Tout est « la faute à l’Europe », devenue le bouc émissaire et le repoussoir politique des petits princes locaux.</p>
<p>Si l’on prend la peine d’écouter les citoyens et de traduire en propositions concrètes leurs aspirations politiques, une piste se dégage : <strong>la nécessité de mettre en place un protectionnisme européen</strong>. Nous parions aujourd’hui que <strong>c’est autour de ce thème que se structurera la campagne pour les élections européennes</strong>. Dans cette affaire, les séparations classiques entre droite et gauche vont se brouiller, au profit de nouveaux clivages politiques.</p>
<p><strong>Le risque, c’est de confondre protectionnisme européen et repli sur soi</strong>, de jeter le bébé avec l’eau du bain, de jouer les nationalismes contre l’Europe alors qu’il s’agit, pour le bien de cette même Europe, d’adopter une nouvelle vision politique et économique.</p>
<p><strong>La condition du succès pour mettre en place cette nouvelle politique économique, c’est l’axe franco-allemand.</strong> Protectionnisme européen et service public à l’européenne ne pourront se dessiner que si Paris et Berlin s’accordent sur la marche à suivre, face à un Royaume-Uni, vassal des États-Unis, qui pèsera de tout son poids en faveur du libre-échange et saura rallier à lui les pays de l’ex-Europe de l’Est. Un beau challenge en perspective…</p>
<p>Lundi</p>
<p><span style="font-size: 11pt; font-family: Arial">© <em>La Lettre du Lundi</em> 2009</span></p>
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		<item>
		<title>Laura, 27 ans, Bac + 5, emploi précaire assuré</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Feb 2009 17:33:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Elle s’appelle Laura. Après un Bac L brillamment obtenu, elle a choisi de poursuivre ses études en classe préparatoire : Hypokhâgne et Khâgne, « la voie royale » lui disaient ses professeurs. N’ayant pas réussi à intégrer Normale Sup, elle a poursuivi ses études par un Master de lettres (Bac +5) puis, pour compléter sa formation théorique par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Elle s’appelle Laura. Après un Bac L brillamment obtenu, elle a choisi de poursuivre ses études en classe préparatoire : Hypokhâgne et Khâgne, « la voie royale » lui disaient ses professeurs. N’ayant pas réussi à intégrer Normale Sup, elle a poursuivi ses études par un Master de lettres (Bac +5) puis, pour compléter sa formation théorique par un diplôme plus « opérationnel », plus « proche des besoins des entreprises », elle a décroché à 24 ans un Master d’édition.</p>
<p>En résumé, un très bon parcours d’études supérieures, à l’issue duquel Laura devrait raisonnablement espérer un « job » à la hauteur de ses compétences et du niveau de sa formation.</p>
<p><a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/02/laura-27-ans.jpg" title="laura-27-ans.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/02/laura-27-ans.thumbnail.jpg" title="laura-27-ans.jpg" alt="laura-27-ans.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" /></a>C’est là que tout se gâte : depuis 3 ans, l’univers professionnel de Laura se compose d’une succession de stages ou de CDD rémunérés entre 1 400 et 1 700 € bruts par mois. Son espoir ? Intégrer en CDI une maison d’édition ou un groupe de presse. Ses chances de réussite ? Faibles ou très faibles si elle souhaite obtenir un salaire mensuel brut de l’ordre de 2 000 €, plus sérieuses si elle accepte de se contenter de 1 400 à 1 500 € mensuels.</p>
<p>Certains diront que Laura n’est pas à plaindre, que des centaines de milliers de jeunes sont confrontés à des difficultés bien plus grandes, n’ont aucune chance de décrocher un job digne de ce nom, qu’à 20 ans tout espoir sérieux d’une vie sociale « normale » a pour eux totalement disparu. Alors, où est le problème ?</p>
<p>Avant de répondre à cette question, il faut savoir qu’aujourd’hui, des Laura, il en existe des dizaines et des dizaines de milliers : une population de 25 à 35 ans, urbaine, possédant un niveau d’études supérieures qui s’échelonne de Bac + 3 à Bac + 5 ou 6, souvent féminine (58 % des étudiants de l’enseignement supérieur sont des étudiantes…).</p>
<p>On assiste donc à l’émergence, ou plutôt à la <strong>croissance, d’une nouvelle catégorie sociale : les diplômés</strong> (on pourrait presque dire « sur-diplômés ») <strong>précaires et sous-payés</strong>. Si l’on excepte les formations les plus renommées, du type ENA ou HEC, où les admis sont de plus en plus souvent les enfants de ceux issus de la même école, on observe qu’<strong>un nombre croissant de jeunes – ou un peu moins jeunes – diplômé(e)s ne trouvent plus dans les entreprises débouchés et salaires correspondant à leur niveau de formation</strong>.</p>
<p>Une des raisons principales de cette précarité est la « nouvelle approche » du travail exigée par les actionnaires des entreprises, notamment les plus importantes. Pour toute activité existante, pour tout nouveau projet, le mot d’ordre est toujours le même : <strong>la variable « salaires » fera toujours l’objet de la compression la plus forte</strong>, en utilisant toute la panolie des ressources possibles (stages, sous-traitance à l’étranger, CDD, etc.). Les véritables investissements sont réservés aux postes hors salaires : immobilier, développements informatiques et logiciels, machines, éventuellement études.</p>
<p><strong>Dans tous les cas, l’entreprise cherchera à ne pas embaucher ou à restreindre l’emploi existant pour atteindre ses objectifs et améliorer ses bénéfices</strong>. <strong>Les sociétés ont aujourd’hui totalement renoncé à investir dans leurs salariés, devenus une variable d’ajustement corvéable à merci</strong>. Et le phénomène touche tous les postes, à l’exception d’une poignée de cadres dirigeants. Il est particulièrement visible parmi la population des jeunes diplômés.</p>
<p>Cette nouvelle donne représente une <strong>rupture totale avec le shéma qui prévalait depuis 50 ans</strong> : les diplômés constituaient la « réserve » de futurs dirigeants et devaient être intégrés, via le salaire, le titre, la fonction, dans le groupe des classes moyennes supérieures, à la fois pour constituer un groupe de soutien aux classes dirigeantes et, pour ceux qui étaient issus des classes populaires ou moyennes inférieures, servir d’exemple et de relais auprès de ces mêmes classes, élément indispensable de la paix sociale.</p>
<p>Ce shéma est aujourd’hui brisé : quel que soit son diplôme, <strong>le diplômé restera dans la classe sociale dont il est issu</strong>, le peu de considération professionnelle dont il est l’objet (que ce soit du point de vue du salaire, de la fonction ou des perspectives) ne lui permettant d’envisager aucune progression sociale déterminante. C’est le <strong>retour à l’Ancien Régime</strong> <strong>où la classe sociale de destination est déterminée par la naissance, non par le mérite ou la compétence</strong>.</p>
<p>Cette situation est évidemment éminemment explosive et <strong>les classes dirigeantes</strong>, aujourd’hui dans un shéma autarcique de reproduction, <strong>font tout pour masquer le phénomène, en minorer ou en relativiser les effets</strong> : on ouvre quelques classes prépas aux enfants des banlieues défavorisées et autres attrape-nigauds surmédiatisés en espérant que l’arbre cachera la forêt. Ce faisant, ces mêmes classes dirigeantes essaient d’établir un lien direct, un essai de connivence, avec les classes sociales les plus défavorisées, en éliminant les classes moyennes du processus. On cite donc en exemple quelques « réussites de l’immigration » à Sciences Po pour faire croire qu’une possibilité d’ascension sociale existe encore, en « jouant » les enfants des banlieues contre ceux des classes moyennes : diviser pour mieux régner…</p>
<p>Traduit en termes politiques, l’absence de débouchés pour Laura se traduit par une <strong>frustration croissante des classes moyennes, traditionnels soutiens de la droite ou d’une gauche modérée</strong>. À ce jour, la seule manifestation visible de frustration des « Laura » s’est exprimée à travers le bulletin de vote : cet électorat jeune, urbain, diplômé et précarisé, a fait basculer ou a conforté à gauche un nombre croissant de villes lors des dernières élections municipales. Mais demain ? La précarisation accélérée des Laura, conséquence de la crise économique et sociale qui aura lieu en 2009, sera-t-elle le détonateur d’une crise politique ?</p>
<p>Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi</em></p>
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		<title>Un faisceau d&#8217;indices inquiétants</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Feb 2009 18:07:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans un domaine un peu rébarbatif, le droit administratif, il existe une méthode, dite du « faisceau d’indices », utilisée par les tribunaux pour déterminer le caractère public ou non d’un établissement. Quel rapport avec l’analyse politique, me direz-vous ?
Nous allons utiliser la même méthode pour juger du caractère démocratique ou non de notre système politique aujourd’hui. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Dans un domaine un peu rébarbatif, le droit administratif, il existe une méthode, dite du « faisceau d’indices », utilisée par les tribunaux pour déterminer le caractère public ou non d’un établissement. Quel rapport avec l’analyse politique, me direz-vous ?</font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Nous allons utiliser la même méthode pour juger du caractère démocratique ou non de notre système politique aujourd’hui. Le postulat de départ est le suivant : <strong>un indice, considéré seul, ne fournit qu’une présomption incertaine et susceptible de contestation. C’est la multiplication et l’accumulation d’indices concordants qui permettent de démontrer qu’une véritable tendance existe</strong>.</font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Dans cette analyse, nous allons voir que, étudiés individuellement, <strong>ces indices</strong> ne semblent pas représenter un risque sérieux pour la démocratie et peuvent souvent trouver une justification opérationnelle, en général basée sur « l’efficacité », même si celle-ci donne déjà lieu à moult débats. <strong>Considérés en bloc</strong>, ils <strong>constituent le faisceau de présomptions d’une menace grave contre la démocratie</strong>.</font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Voici donc une liste, non exhaustive bien sûr (vous pourrez la compléter…), un pot-pourri inquiétant de ces indices. Cette liste, un peu longue, est classée en 4 grandes rubriques : fonctionnement des institutions, médias, enseignement et social, libertés publiques (justice et police).<br />
</font></font></p>
<p class="western" style="margin-bottom: 0in"> <font face="Arial, sans-serif"><font size="2"><u><strong>Fonctionnement des institutions</strong></u></font></font></p>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>accentuation 	du phénomène de cour au mépris des institutions 	républicaines </strong>(explication officielle : efficacité). 	Premier ministre marginalisé au profit d’une cour (G4, 	5, 6 ou 7 selon le bon vouloir du prince) de ministres dévots 	et de conseillers du Président, <strong>le pouvoir se concentre et 	« s’absolutise »</strong>, par souci d’efficacité 	diront certains.</font></font><br />
<font size="2"><font face="Arial, sans-serif"> </font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">On peut bien entendu rappeler la célèbre 	citation de Lord Acton selon laquelle « si le pouvoir 	corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument » mais 	aussi et surtout celle de Nietzsche : « Toute forme 	d’absolu relève de la pathologie. »</font></font></li>
</ul>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>contrôle 	et mise sous le boisseau de l’opposition parlementaire 	(encore) existante </strong>(explication officielle : efficacité 	du travail parlementaire, l’opposition faisant de 	l’obstruction) : encadrement de plus en plus fort du 	droit d’amendement (« l’affaire » 	du 21 janvier à l’Assemblée), mise en cause 	orchestrée par l’Élysée de personnalités 	politiques d’opposition (« l’affaire » 	Julien Dray).<br />
</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Dans ce second cas, Tracfin, cellule française 	de lutte antiblanchiment, est utilisée pour « flinguer » 	médiatiquement un membre de l’opposition, sans préjuger 	de l’affaire au fond.</font></font></li>
</ul>
<p class="western" style="margin-bottom: 0in"> <font face="Arial, sans-serif"><font size="2"><u><strong>Médias</strong></u></font></font></p>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>concentration 	des médias d’information </strong>(explication officielle : 	il faut des groupes de presse puissants capables de jouer un rôle 	de premier plan au niveau international) : Hachette/Lagardère, 	TF1/Bouygues, <em>Le Monde</em>/Bolloré… et un Sarkozy 	familier et « frère » de ces trois patrons, qui 	n’hésite pas à faire limoger le directeur de la 	rédaction de <em>Paris Match</em>, coupable d’avoir 	laissé paraître un reportage déplaisant au 	prince.</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><br />
Plus les médias se concentrent, au profit des amis 	du Président, moins les critiques fusent : <strong>il n’y 	a plus aujourd’hui de grand média populaire critique du 	pouvoir</strong>. Seuls les « intellectuels » qui surfent sur 	le Web ont accès, comme les lecteurs de <em>La Lettre du 	Lundi</em>, à des analyses véritablement critiques des 	décisions de l’exécutif.</font></font></li>
</ul>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>fin 	de la publicité sur les chaînes du service public et 	nomination de leur président par l’Élysée 	</strong>(explication officielle : améliorer la qualité 	des programmes, mettre fin à l’hypocrisie quant à 	la dépendance du président de France Télévisions 	vis-à-vis du pouvoir politique). En réalité, on 	met sous complète tutelle financière et politique un 	système d’information beaucoup plus critique du pouvoir 	que ne le sont les chaînes privées.</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong><br />
En cas de 	« dérapage » </strong>(au cas où les 	journalistes n’obéiraient pas à leur patron 	nommé par le pouvoir), <strong>il suffira de fermer le robinet 	financier </strong>sous prétexte de rationalisation, nécessité 	budgétaire, redéploiement des crédits, 	équilibre budgétaire, etc. (peu importe le prétexte 	officiel, celui-ci est déjà prêt à être 	mis en œuvre au cas où…).</font></font></li>
</ul>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>menaces 	et pressions sur les journalistes </strong>(explication officielle : 	défense des droits des citoyens) : patron de <em>Libération 	</em>gardé à vue pour un prétexte futile, 	contrôle complet de la presse encadrée et tenue à 	distance lors des déplacements de Sarkozy… autant de 	méthodes qui font plus penser à la Russie de Poutine 	qu’à une démocratie occidentale ouverte et 	soucieuse de favoriser la diversité d’opinions.</font></font></li>
</ul>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>presse 	laudative de l’omni-président : </strong><em>Le Point </em>compare 	ainsi Sarkozy à Bonaparte, jouant sur l’inconscient 	collectif favorable au « petit caporal », où 	Bonaparte est le « gentil » et Napoléon le « méchant ».</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><br />
Dans cette bataille de la communication, 	chaque panneau d’affichage payé par un groupe de presse 	contribue à faire de Sarkozy une figure charismatique, 	héritière et continuatrice des grands moments de 	l’histoire de France.</font></font></li>
</ul>
<p class="western" style="margin-bottom: 0in"><strong><u><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Enseignement et social</font></font></u></strong></p>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>destructuration 	du service public de l’enseignement </strong>(explication 	officielle : tout va très bien, le niveau monte) en lui 	donnant de moins en moins de moyens, en le « parcellisant » 	via la semestrialisation des enseignements, la ghettoïsation 	des élèves, c’est-à-dire en proposant une 	culture en miettes, ou plutôt des miettes de culture.</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><br />
Résultat 	: <strong>pas de réflexion globale, de vue d’ensemble</strong>, 	l’enseignement étant entièrement tourné 	vers le parcellaire (objectif officiel : efficacité, 	adaptation au « marché du travail »), 	la formation d’ilotes ou d’epsilons, comme dans <em>Le 	meilleur des mondes</em>.</font></font></li>
</ul>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>volonté 	systématique de diviser les catégories sociales</strong>, 	professeurs contre parents d’élèves, 	fonctionnaires contre salariés du privé… 	(explication officielle : abolition des privilèges). 	C’est la communautarisation de la société, une 	volonté manifeste d’aller vers une société 	« à l’américaine » où 	les rapports sociaux ne sont plus régis que par la force, où 	l’intérêt général est celui du 	groupe social dominant.</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><br />
Or, <strong>une démocratie, c’est 	la volonté de vivre ensemble en partageant des objectifs et 	une espérance</strong>. Dans le cas contraire, on n’a plus 	une démocratie mais la domination des plus forts par les plus 	faibles : en clair, les riches dominent les pauvres, c’est le 	régime ploutocratique.</font></font></li>
</ul>
<p class="western" style="margin-bottom: 0in"><font face="Arial, sans-serif"><font size="2"><u><strong>Libertés publiques (police et justice)</strong></u></font></font></p>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>fusion 	police-gendarmerie </strong>(explication officielle : souci 	d’efficacité). Placée sous l&#8217;autorité du 	ministre de l&#8217;Intérieur, <strong>la police est</strong>, depuis que les 	syndicats républicains ont été méticuleusement 	démantelés, <strong>devenue un instrument du pouvoir 	politique</strong>.</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><br />
Ce n’est pas le cas de la gendarmerie, de 	tradition républicaine et plus soucieuse de défendre 	l’intérêt supérieur de la nation que les 	intérêts du pouvoir en place. <strong>En plaçant</strong>, 	pour des raisons « d’efficacité », <strong>la 	gendarmerie sous le contrôle du ministre de l’Intérieur, 	Sarkozy a volontairement rompu l’équilibre des pouvoirs 	répressifs au profit d’une entité qu’il 	dirige directement</strong>.</font></font></li>
</ul>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>multiplication 	des fichiers visant à contrôler la population 	</strong>(explication officielle : prévention et répression 	de la délinquance) : EDVIGE, EDVIRSP, STIC, JUDEX, CRISTINA, 	FNAEG, FAED, FPR, SALVAC, ELOI, FAED… la liste est loin 	d’être exhaustive. Difficile de passer au travers des 	mailles aussi serrées des fichiers du ministère de 	l’Intérieur ou de certains organismes 	militaires.</font></font><font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><br />
Résultat : un « flicage » 	accru des citoyens dont <strong>même les faits et gestes licites et 	constitutionnellement protégés </strong>(droit de grève, 	adhésion à une association ou à un parti 	politique…) <strong>font aujourd’hui l’objet d’un 	contrôle policier</strong>.</font></font></li>
</ul>
<ul>
<li> <font size="2"><font face="Arial, sans-serif"><strong>disparition 	du juge d’instruction, enquêtes sous contrôle du 	parquet </strong>(explication officielle : efficacité). En 	clair, le garde des Sceaux et l’exécutif pourront 	étouffer encore plus facilement qu’aujourd’hui 	les affaires politico-financières délicates…</font></font></li>
</ul>
<p class="western" style="margin-bottom: 0in"><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Cette liste est malheureusement loin d’être exhaustive. Médias sous contrôle, contre-pouvoirs institutionnels effacés, justice aux ordres de l’exécutif, enseignement produisant massivement des epsilons et non des citoyens doués de pouvoir critique, opposition parlementaire muselée et déstabilisée, <strong>le faisceau d’indices inquiétants est bien présent, démontrant que nous sommes en marche vers une « démocratie sous contrôle », un régime autoritaire et oligarchique qui n’aura bientôt plus de république que le nom</strong>.</font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Arial, sans-serif">Lundi<br />
© <em>La Lettre du Lundi </em>2009</font></font><code></code><code></code> <a href="http://lalettredulundi.fr/2009/02/01/un-faisceau-dindices-inquietants/#more-15" class="more-link">(more&#8230;)</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sarkozy a changé l&#8217;Union européenne : pour le meilleur ou pour le pire ?</title>
		<link>http://lalettredulundi.fr/2009/01/25/sarkozy-a-change-lunion-europeenne-pour-le-meilleur-ou-pour-le-pire/</link>
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		<pubDate>Sun, 25 Jan 2009 17:50:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« J’ai changé l’Europe. Mais l’Europe m’a changé » (discours de Nicolas Sarkozy au Parlement européen).
Il a changé l’Europe, c’est sûr, mais les apparences peuvent être trompeuses…
Le président Sarkozy, quand il était président du Conseil européen (le conseil des chefs d’État et de gouvernement), a incontestablement redonné une place à l’Union européenne au sein de la communauté [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« J’ai changé l’Europe. Mais l’Europe m’a changé » (discours de Nicolas Sarkozy au Parlement européen).</p>
<p>Il a changé l’Europe, c’est sûr, mais les apparences peuvent être trompeuses…</p>
<p><strong>Le président Sarkozy</strong>, quand il était président du Conseil européen (le conseil des chefs d’État et de gouvernement), <strong>a incontestablement redonné une place à l’Union européenne au sein de la communauté des nations</strong>.</p>
<p>Règlement, imparfait certes, du conflit Russie-Géorgie, initiative inespérée des 27 pour enrayer la crise financière dans son volet bancaire, réunion du G20 le 15 novembre 2008, avec une suite prévue en avril 2009 pour tenter de réguler le système financier international, proposition des 27 d’un cessez-le-feu permanent à Gaza.</p>
<p>Mais qui ne voit le <strong>prix à payer pour l’Europe</strong> ?<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/01/barroso.thumbnail.jpg" title="barroso.jpg" alt="barroso.jpg" vspace="10" align="right" hspace="10" /><br />
<o:p></o:p></p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal"><strong>La      Commission</strong>, un des trois piliers des institutions      européennes, <strong>est </strong><strong>réduite à un rôle de supplétif du Conseil européen</strong>,      avec l’accord tacite du président Baroso qui cherche peut-être là le      renouvellement de son mandat. On peut prévoir que cette situation va      perdurer jusqu’à la désignation par les chefs d’État et de gouvernement du      nouveau président de la Commission. Qui peut mesurer les conséquences de      cet affaiblissement de la Commission ?<br />
<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">Le      Conseil européen et, à l’intérieur de celui-ci, les <strong>représentants des      grands États</strong>, a désormais la <strong>prééminence dans les prises de      décisions européennes</strong>. Cela réduit considérablement l’influence des      petits pays qui fait une des grandes originalités de l’Union      européenne : le respect accordé au faible par le fort, si difficile à      mettre en pratique mais si porteur de paix entre les nations.<br />
Les nations, dites petites n’auront-elles pas la tentation, pour exister      politiquement au sein des 27, de mener des <strong>actions de résistance</strong>      comme l’ont déjà fait la Pologne et l’Irlande ?<br />
<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal">La      place du Royaume-Uni a été renforcée par la réactivité de Gordon Brown      face à la crise de liquidités des banques. <strong>Sarkozy a choisi</strong>, même      si c’est pour la « bonne raison » d’enrayer la crise financière,      <strong>de donner du poids au sein du Conseil européen au soutien le plus      fidèle des États-Unis</strong>, dont on connaît l’opposition active à tout      renforcement de la puissance de l’Union européenne. N’est-ce pas faire      entrer le loup dans la bergerie ?<br />
<o:p></o:p></li>
<li class="MsoNormal"><strong>L’Allemagne</strong> a      été méchamment bousculée (« la France y travaille, l’Allemagne y      réfléchit » à propos du projet de grand plan européen de soutien aux      entreprises). Elle <strong>supporte de plus en plus mal d’être humiliée      publiquement et écartée au profit de la Grande-Bretagne</strong>. Or que peut      l’Union européenne sans l’appui de l’Allemagne ?<img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/01/merkel_sarkozy.thumbnail.jpg" title="merkel_sarkozy.jpg" alt="merkel_sarkozy.jpg" vspace="10" width="150" align="right" height="75" hspace="10" /><br />
Ce pays va entrer en 2009 en campagne électorale : était-ce le moment      d’activer chez nos amis allemands leurs réflexes atlantistes quand ils ne      sont plus sûrs de l’appui de leurs « amis » européens ?<o:p></o:p></li>
</ul>
<p class="MsoNormal"> <o:p></o:p></p>
<p class="MsoNormal">Et voilà que le président Sarkozy, redevenu « simple » président de la République française, se rend au Moyen-Orient « pour y chercher les chemins de la paix ». Quelle coordination avec le nouveau président du Conseil européen, le Premier ministre tchèque Topolanek, et avec Javier Solana, représentant de l’Union pour la politique étrangère ?</p>
<p>Quelle <strong>crédibilité des Européens</strong> quand, au même moment s’activent sur place la troïka européenne (3 ministres des Affaires étrangères dont le français Bernard Kouchner) ET le Président de la République française ?</p>
<p>Chaque pays européen ne va-t-il pas désormais être tenté, comme l’a déjà fait l’Allemagne, d’y envoyer son représentant ? <strong>Quel résultat tangible sur la paix peut engendrer un tel aveu de désunion avec, en outre, un risque évident de cacophonie ?</strong></p>
<p><strong>Quand va cesser ce dynamitage de l’Union européenne ?</strong> Qui saura arrêter l’artificier ? Certainement pas Tony Blair qui espère être nommé Président de l’Union européenne, lorsque le traité de Lisbonne aura été ratifié par tous les États membres et qui aurait le soutien de Sarkozy pour cette ambition !</p>
<p>Autant de questions à se poser lorsque, le 7 juin, nous renouvellerons le Parlement européen.<br />
<o:p></o:p></p>
<p><s><br />
</s>Mardi<br />
© 2009 <em>La Lettre du Lundi</em></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>De la contagion des mauvaises habitudes</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jan 2009 18:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Il existe un parallèle troublant entre les méthodes employées pour gérer un nombre croissant d’entreprises, notamment les plus grandes, et celles utilisées pour gouverner nos affaires et institutions publiques.
Premier élément de convergence. Tous les salariés du secteur privé le savent : priorité est aujourd’hui donnée au rendement financier à court terme, fût-ce au détriment de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il existe un parallèle troublant entre les méthodes employées pour gérer un nombre croissant d’entreprises, notamment les plus grandes, et celles utilisées pour gouverner nos affaires et institutions publiques.</p>
<p><strong>Premier élément de convergence</strong>. Tous les salariés du secteur privé le savent : <strong>priorité est aujourd’hui donnée au rendement financier à court terme</strong>, fût-ce au détriment de la stratégie et de l’intérêt à long terme de l’entreprise. La dictature des résultats du <em>next quarter</em>, pour reprendre une phraséologie chère aux adeptes de l’<em>american way of business</em>, est désormais la règle.</p>
<p>Quel rapport avec les affaires publiques ? <strong>L’obsession du court terme se traduit dans le monde politique par un pilotage à vue, au gré des sondages</strong> : un chien mort une vieille dame, vite on légifère ! Un détenu récemment libéré commet un crime, vite une n<sup>ième</sup> loi pour punir la récidive… La conséquence de cette frénésie ? Une législation anarchique et non coordonnée, une recherche du spectaculaire au détriment de l’essentiel, de l’accessoire au lieu du principal, du démagogique en lieu et place d’une action à long terme, véritablement utile.</p>
<p><strong>Deuxième élément de convergence :</strong> <strong>la volonté des dirigeants d’entreprises de satisfaire à tout prix et en premier lieu l’actionnaire</strong>. En clair, le fonds de pension américain ou l’investisseur saoudien qui, faisant totalement fi de l’intérêt à long terme de l’entreprise, n’a qu’une idée en tête : revendre au meilleur prix et le plus vite possible la société dont il a, totalement ou partiellement, le contrôle. La méthode ? Restructurations, délocalisations, dégraissages… chacun pourra compléter la liste que l’on ne connaît que trop bien.</p>
<p align="left"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/01/manuel-de-lobbying.thumbnail.gif" title="Manuel de lobbying" alt="Manuel de lobbying" vspace="10" align="right" hspace="12" /><strong>Dans la sphère publique, la cause véritable des « restructurations » a une autre source : </strong><strong>le pouvoir des lobbies</strong>. L’affaire de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques au profit de la société d’un ami du Président n’est que la partie la plus visible de l’iceberg : dans tous les secteurs d’activité, dans tous les ministères, <strong>cherchez quel lobby se cache derrière chaque décision</strong>. Parmi eux, une mention spéciale au lobby du BTP, particulièrement actif et « dynamique » !</p>
<p><strong>Troisième élément de convergence entre les méthodes du privé et celles du politique : la « communication » et l’« enfumage » du consommateur/citoyen.</strong></p>
<p>Dans le privé, la recette est aujourd’hui classique : le marketing « survend » la qualité du service ou du produit. <strong>Plus le service est mauvais, plus le produit est médiocre, plus la communication doit affirmer et marteler le contraire</strong>, en « enfumant » le consommateur. Cerise sur le gâteau, le consommateur va payer deux fois le fait d’être tombé dans le panneau : une première fois en achetant un produit ou un service qui ne vaut pas son prix, une seconde fois en vérifiant par téléphone, auprès d’un « service consommateurs », au tarif de 0,18 € par minute, qu’il s’est effectivement fait gruger.</p>
<p><strong>Même chose en politique : mentez sans vergogne sur les effets de votre politique en appliquant le vieil adage « plus c’est gros, mieux ça passe »</strong>. Supprimez la pub sur les chaînes publiques et affirmez que c’est pour améliorer la qualité des programmes. Faites voter la loi TEPA qui favorise les rentiers et les 1 % de Français les plus riches et annoncez qu’elle favorisera le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat ! Autorisez le travail le dimanche et déclarez que c’est pour le plus grand bien des travailleurs…</p>
<p>Il est un dernier parallèle entre privé et politique que nous ne ferons qu’esquisser dans cette présente <strong><em>Lettre du Lundi</em></strong>, réservant des développements plus substantiels pour de prochains billets : celui du krach. Poussés à l’extrême, les symptômes que nous avons décrits ci-dessus ont abouti à des catastrophes dans les secteurs de la finance et de l’immobilier, catastrophes que seule l’intervention étatique a pu tempérer. Mais que se passera-t-il le jour où l’État lui-même sera en faillite ?<meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8" /><meta name="ProgId" content="Word.Document" /><meta name="Generator" content="Microsoft Word 9" /><meta name="Originator" content="Microsoft Word 9" /></p>
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<p class="MsoNormal"> Lundi</p>
<p>© 2009 <em>La Lettre du Lundi</em></p>
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		<title>Connaissez-vous Gini ?</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Jan 2009 18:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Billet hebdomadaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Connaissez-vous Gini ? La célèbre boisson gazeuse ? Celle qui nous propose des spots publicitaires torrides ? Non, je voulais parler du coefficient de Gini.
Le coefficient de Gini permet de mesurer les inégalités de revenus à l’intérieur d’une population donnée. Son calcul est basé sur l’écart entre les revenus dans la population considérée : sur une échelle de 0 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal">Connaissez-vous Gini ? La célèbre boisson gazeuse ? Celle qui nous propose des spots publicitaires torrides ? Non, je voulais parler du coefficient de Gini.</p>
<p><strong>Le coefficient de Gini permet de mesurer les inégalités de revenus à l’intérieur d’une population donnée.</strong> Son calcul est basé sur l’écart entre les revenus dans la population considérée : sur une échelle de 0 à 1, plus le chiffre est élevé, plus les inégalités de revenus sont fortes. De façon purement théorique, si le coefficient de Gini est égal à 0, l’ensemble de la population dispose de revenus strictement identiques ; à l’opposé, s’il est égal à 1, un seul individu concentre l’ensemble des revenus de la population.</p>
<p>Grâce à ce coefficient, on peut notamment comparer les inégalités de revenus entre pays mais aussi, à l’intérieur d’un même pays, mesurer l’évolution des inégalités de revenus dans le temps.</p>
<p>Si l’on observe en premier lieu les écarts entre pays, on s’aperçoit que ceux où le coefficient de Gini est le plus bas (en général inférieur à 0,27), donc où les <strong>inégalités de revenus sont les plus faibles, sont le Danemark, la Finlande, la Suède, la </strong><strong>Norvège et le Japon</strong>. À l’inverse, on observe les inégalités de revenus les plus fortes (indice proche de ou supérieur à 60) en Sierra Leone, à Haïti, au Lesotho, en Namibie…</p>
<p>Quid des grands États développés ou en cours de développement ? Les différences y sont significatives et traduisent le choix politique de société qui y a été effectué :</p>
<blockquote>
<ul>
<li>Allemagne : 0,283</li>
<li>Canada : 0,326</li>
<li>France : 0,327</li>
<li>Espagne : 0,347</li>
<li>Australie : 0,352</li>
<li>Italie : 0,360</li>
<li>Royaume-Uni : 0,360</li>
<li>Inde : 0,368</li>
<li>Russie : 0,399</li>
<li>États-Unis : 0,408</li>
<li>Mexique : 0,461</li>
<li>Chine : 0,469</li>
<li>Brésil : 0,570</li>
</ul>
</blockquote>
<p class="MsoNormal">&nbsp;</p>
<p class="MsoNormal"><a href="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/01/connaissez-vous-gini-1.jpg" title="connaissez-vous-gini-1.jpg"><img src="http://lalettredulundi.fr/__oneclick_uploads/2009/01/connaissez-vous-gini-1.thumbnail.jpg" title="connaissez-vous-gini-1.jpg" alt="connaissez-vous-gini-1.jpg" align="right" border="10" hspace="10" /></a><strong>Le modèle anglo-saxon</strong> (Australie, Royaume-Uni, États-Unis) <strong>génère </strong><strong>donc</strong><strong> plus d’inégalités de revenus qu’un modèle nord-européen</strong> (Allemagne, Danemark, Suède…), la France, l’Italie et l’Espagne tenant une position médiane entre ces deux profils. Parmi les pays en cours de développement rapide, il est intéressant de constater que, <strong>malgré son système de castes, l’inégalités de revenus est moindre en Inde qu’en Russie ou en Chine</strong>. Dans ces derniers pays, il est clair que l’expansion économique des 10 dernières années n’a profité qu’à une minorité qui a accaparé l’essentiel de la richesse produite.</p>
<p>Il est tout aussi intéressant d’étudier l’<strong>évolution des inégalités dans les différents groupes de pays depuis une quarantaine d’années</strong>. Que constate-t-on ?</p>
<p><strong>Dans le groupe anglo-saxon</strong>, après avoir été stables durant la période 1960-1980, <strong>les inégalités de revenus se sont accrues depuis 1980</strong> (années Reagan, années Thatcher). La politique libérale (<em>conservative</em> selon la dénomination anglo-saxonne) a clairement avantagé les plus riches, accroissant les écarts et les inégalités de revenus.</p>
<p><strong>Dans le groupe nord-européen, le coefficient est relativement stable</strong> depuis une quarantaine d’années, la social-démocratie à la scandinave ayant manifestement amorti le choc des inégalités qui s’est développé dans le monde anglo-saxon.</p>
<p><strong>En France, Italie et Espagne</strong>, après avoir décru durant la période 1960-2000, <strong>on observe globalement</strong> une remontée du coefficient (notamment en Italie), donc <strong>une augmentation des inégalités, depuis le début du XXI<sup>e</sup> siècle</strong>. L’influence du modèle anglo-saxon est patente et, <strong>dans un pays comme la France, il est certain que la loi TEPA qu’a fait voter Nicolas Sarkozy durant l’été 2007 va accentuer le phénomène</strong> : en réduisant l’impôt sur les successions, en favorisant les donations, elle avantage les Français les plus fortunés et contribue donc à concentrer la richesse.</p>
<p>Quant aux pays en développement rapide, l’analyse fait apparaître que la Chine et la Russie ont vu leur coefficient augmenter de manière spectaculaire ces 15 dernières années ; celui de l’Inde a également augmenté mais dans des proportions infiniment plus faibles.</p>
<p>Quelle analyse politique tirer de tous ces éléments ? Trois points essentiels :</p>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal"><strong>Le      « libéralisme » économique, présenté depuis une trentaine      d’années comme LA solution pour accroître les revenus de tous, n’a en fait      profité qu’aux plus fortunés. </strong>Ce n’est que dans les pays où le système      de répartition des richesses est le plus performant (démocraties      scandinaves notamment) que les inégalités de revenus ne se sont pas      creusées.<strong><o:p></o:p></strong></li>
</ul>
<ul style="margin-top: 0cm" type="disc">
<li class="MsoNormal"><strong>Ces      inégalités de revenus ont avant tout favorisé les revenus du capital.</strong>      En clair, ceux qui possèdent des valeurs mobilières (actions, obligations)      ou immobilières ont vu leurs revenus augmenter. <strong>On ne devient pas riche      en travaillant</strong>.<strong><o:p></o:p></strong></li>
</ul>
<ul>
<li><strong>L’accroissement des inégalités, qui trouve sa source dans le modèle économique « libéral » anglo-saxon, est un danger majeur pour la démocratie </strong>: quand les inégalités s’accroissent, que la classe moyenne est laminée, <strong>les seuls moyens de maintenir l’ordre social sont d’une part le « bourrage de crâne »</strong> (en langage moderne, communication sur la « bonne gouvernance »), <strong>d’autre part la répression</strong> (contrôle de la presse, incluant l’assassinat de journalistes comme en Russie, ou les pressions permanentes, comme en France), <strong>enfin la volonté systématique de diviser les corps sociaux existants</strong> (salariés et retraités du privé contre ceux du public, parents d’élèves contre professeurs, juges contre associations de victimes, habitants des banlieues « correctes » contre ceux de banlieues « à problèmes »…) pour éviter que la majorité des citoyens ne pose la question qui dérange : à qui profite mon travail ?</li>
</ul>
<p>Lundi</p>
<p class="MsoNormal">© 2009 <em>La Lettre du Lundi<o:p></o:p></em></p>
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