Sarkozy… ou Ubu roi
Obsédé par sa volonté de démanteler l’État, Nicolas Sarkozy et son gouvernement accumulent les incompétences et les erreurs, domaine par domaine.
Insultant pour la France républicaine, ce faux débat pétainiste sur l’identité nationale, à la veille d’élections régionales perdues d’avance, et qui échoue dans la fange de propos anti-musulmans. Nous avons même la sensation que, dans cette affaire, le Président projette sur le pays son mal-être personnel et ses propres problèmes d’identité non résolus (voir notre billet Nation et identité nationale).
Incompétente, cette gestion à la petite semaine d’une crise grave qui conduit à doubler le déficit public en un an, le tout en favorisant les plus riches et les très grandes entreprises au détriment des plus faibles (voir 2010 : le temps des perspectives).
Suicidaire de faire la guerre en Afghanistan dans un tel contexte de difficultés sociales. Guerre dont on ignore tout des objectifs stratégiques, de la durée et surtout du coût réel, facteur important d’aggravation du déficit public. Un nouveau seuil a été franchi avec le kidnapping de journalistes français, rappelant une évolution de la situation que nous avons connue au Liban et qui déboucha sur un départ… (voir Afghanistan : des objectifs de plus en plus flous, des budgets de plus en plus fous).
Absurde la gestion de la grippe H1N1 : dans un premier temps, les réquisitions de personnels dans les hôpitaux déstabilisent les services hospitaliers, déjà en manque de moyens, pour garnir des centres de vaccination montés à la va-vite. L’armée, réquisitionnée, ne comprend elle-même pas le rôle qu’elle y joue. Dans un second temps, on réintègre au dispositif, en toute hâte et impréparation, les médecins généralistes qu’on avait initialement exclus !
Pis : à un moment où, une fois de plus, on met en avant un soi-disant trou de la Sécurité sociale pour justifier l’arrêt du remboursement de certains médicaments, où l’égalité des soins ne fait que reculer pour laisser la place aux assurances privées, où Xavier Darcos veut tuer la médecine du travail, on apprend que Roselyne Bachelot a acheté 79 millions de doses vaccinales en trop sur pression des lobbies pharmaceutiques ! Le trou noir de la Sécurité sociale, c’est en fait Roselyne Bachelot elle-même.
Significatif de réduire l’enseignement de l’histoire au lycée, alors que le courage politique exigerait une tout autre audace pour remettre à flots l’instruction publique. Mais il est vrai que l’histoire enseigne notamment jusqu’où peut aller le « mur de l’argent » contre les intérêts du peuple (voir La faillite programmée du système éducatif).
Ridicule un Bercy qui se fait prendre la main dans le sac en train de voler des fichiers bancaires suisses.
Ah oui ! J’oubliais : inadmissible pour un Président de la République digne de ce nom d’assister à un dîner en l’honneur de généreux donateurs de l’UMP, en présence du ministre du Budget, lui-même trésorier du mouvement. Ce mélange des genres relève de la république bananière. On croit rêver quand on se rappelle que le général de Gaulle voulait un Président au-dessus des partis dans le cadre de la cinquième Constitution de la République…
Dans ce contexte difficile, le mouvement syndical a su construire des actions coordonnées et cohérentes durant tout le premier semestre 2009. Mais, faute de relais politiques solides, l’essai n’a pas été transformé.
Arrivent les régionales : peu ou prou leurs résultats confirmeront le rapport de forces entre le pouvoir central et le pays réel. Toute réforme territoriale apparaîtra alors d’évidence comme un charcutage électoral aux fins d’endiguer l’effondrement de l’assise politique de ce régime. On peut donc espérer que l’après-mars verra naître une nouvelle dynamique politique dans laquelle s’inscrira nécessairement la construction de l’espérance d’une autre politique, plus respectueuse de l’intérêt national, de la démocratie, et des Français.
Gavroche
© La Lettre du Lundi 2010