La burka contre la dignité humaine
Après les plans de com’ Grenelle de l’environnement 1 et 2 pour chasser sur les terres écologiques, voila que revient sur le tapis la tarte à la crème de l’identité nationale, histoire de capter le vote du Front National à l’occasion des prochaines élections régionales. Avec toutes les confusions à la clef : identité, immigration, histoire, burka. Pour y voir plus clair, séparons chaque question et abordons aujourd’hui celle de la burka.
Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, déclarait le mercredi 28 octobre que s’il fallait une loi sur le sujet, « ce serait une loi de sécurité publique », regrettant dans le même temps le retard pris pour traiter l’avancée du fondamentalisme religieux.
La question de l’interdiction éventuelle du port de la burka dans la rue touche aux fondements même de la République.
Cette question n’est pas de même nature que le port de signes religieux à l’école ou dans les services publics qui contredisait directement la laïcité. Ici le débat porte sur l’idée que l’on se fait de la dignité des femmes, sachant que « le respect de la dignité humaine est une des composantes de l’ordre public ».
Pourquoi sommes-nous aujourd’hui confrontés à une telle situation ?
De discours, comme celui de Latran, en mise en cause de la loi de 1905, et en renoncements en tous genres sur le terrain de la promotion de la laïcité, les forces politiques ont une responsabilité réelle, à gauche comme à droite, les accords Lang-Cloupet troublant autant les esprits que les positions de Sarkozy.
Physiquement et symboliquement, une burka rétrécit le regard, empêche la lumière de passer, supprime un visage humain identifiable, limite singulièrement la possibilité de dialogue. Peut-on vraiment faire librement le choix de se mettre dans un tel carcan ?
Les associations de défense des droits des femmes ont été auditionnées par la commission parlementaire mise en place pour traiter de cette question. Toutes ont souligné l’aspect dégradant d’une telle soumission et d’un tel enfermement. Ces points de vue et prises de position sont parfaitement compatibles avec le respect dû à la religion musulmane qui doit pouvoir vivre harmonieusement dans la société laïque française.
La décision que prendra la France sera regardée par le monde entier : avant tout par l’immense majorité des musulmans qui refusent ce genre d’excès, mais aussi par ces millions de femmes en burka, battues, interdites d’école, de soins, de droits, qui espèrent un soutien international dans leur combat de tous les jours.
Et puis, ne nous y trompons pas.
La France des Lumières, des Droits de l’homme et du citoyen, celle de la laïcité et de l’égalité, est une France respectée du monde, pour peu qu’elle soit respectable dans la cohérence de ses décisions au regard des valeurs qu’elle a choisies.
Par cohérence avec ces valeurs, les radicalités, qu’elles soient politiques, sectaires ou religieuses, des fondamentalistes de tous bords, qui vectorisent autant de violence envers les individus et la collectivité, ne peuvent être tolérées plus longtemps, au risque de mettre en danger la cohérence et la pérennité de la société française.
En conclusion, au nom de la dignité humaine, de son émancipation nécessaire, de l’égalité, de la laïcité, la burka doit être purement et simplement interdite en France.
Gavroche
© La Lettre du Lundi 2009