Balle au centre
Dans des précédents billets (voir Comment se débarrasser de la camarilla Sarko : osons les convergences républicaines et Pascal était républicain), nous avons abordé la question de la création d’une convergence républicaine afin d’offrir, en 2012, une alternative crédible et sérieuse à l’occasion des présidentielles.
Cette initiative a aussitôt déclenché une polémique : avec ou sans Bayrou, avec ou sans le MoDem, et quid de Villepin et Dupont-Aignan ? Du recul et de l’analyse permettent, en toute sérénité, d’apporter des éléments de réponse.
Historiquement, le MoDem est l’héritier de l’UDF, représentation contemporaine de la droite orléaniste. Mais faire du MoDem l’héritier direct du parti de Guizot serait dangereusement réducteur.
Dans sa stratégie de conquête du pouvoir, Bayrou a en effet choisi, et ce depuis plusieurs années, d’aller chasser sur les terres du radical-socialisme et du centre gauche laissées en jachère par le Parti socialiste. Ce changement de cap a eu deux conséquences :
• le MoDem s’est coupé de l’électorat orléaniste traditionnel, qui se reconnaît désormais dans le Nouveau Centre et l’Union centriste du tandem Arthuis-Morin ;
• le noyau dur « centre gauche » des électeurs du MoDem pèse 5 à 10 % des voix selon les scrutins (le score de l’élection présidentielle de 2007 faisant figure d’exception car Bayrou a alors élargi au maximum son « électorat naturel »).
Plaçons-nous sur le terrain de l’efficacité tactique, sans nous dénaturer sur les débats de fond. Ces 5 à 10 % d’électeurs sont la clé du scrutin de 2012. Au second tour (dans l’hypothèse où Bayrou en est absent), si Sarkozy réussit à en séduire une partie significative ou à les pousser vers l’abstention, la partie est gagnée pour lui, haut la main. Un des aspects du pari républicain que nous évoquions, un pari dans le pari, c’est justement de rassembler au second tour, sur un même nom, les électeurs allant de Bayrou à Mélenchon, dans la discipline d’un front républicain
C’est bien sûr là toute la difficulté de l’exercice. Le caractère multiple d’un tel rassemblement le rend d’autant plus fragile. Fermer aujourd’hui la porte aux électeurs du MoDem dans une coalition républicaine élargie, c’est garantir à Sarkozy une réélection facile en 2012 et mettre Copé (ou Bertrand) sur une trajectoire élyséenne pour 2017 et 2022 ! C’est mettre en place dès maintenant un processus d’auto-destruction de toute alternance.
Le vrai challenge en 2012, c’est qu’un candidat se réclamant de l’alternance républicaine réunisse au premier tour un nombre suffisant de voix pour être crédible au second. Trois candidats « républicains » à 12-16 % des voix au premier tour, et c’est la défaite assurée au second tour. À moins de 25-30 % des voix pour un candidat républicain au premier tour, la « masse critique » n’aura pas été atteinte face à un Sarkozy qui se situera dans la tranche 35-40 %. Qui est donc le mieux placé pour atteindre un tel score ? Le reste n’est que mauvaise littérature et querelles picrocholines… Heureusement, il nous reste encore un peu de temps, seulement un peu…
Lundi
© La Lettre du Lundi 2009
septembre 21st, 2009 at 21:38
Bayrou est de droite!S’il se rapproche du PS(qui,au fil du temps est devenu un gérant de l’économie de marché)c’est pour devenir président!Il n’y a que l’ambition qui l’intéresse,nous les petits,les sans grade,il s’en moque!
De plus Sarkozy va continuer à saborder tous les avantages sociaux ce qui va peut-etre provoquer une révolte ou pire une révolution à la 1789!(sinon nos ancetres vont se retourner dans leurs tombes!)
Alors Bayrou sera complètement dépassé s’il ne l’est déjà!