Quelle autonomie stratégique pour la France ?

L’évolution des vingt dernières années

Depuis les années 1990 est amorcé un lent processus de démilitarisation de la France :

● Suppression de la conscription, voulue par le président Jacques Chirac et mise en œuvre par son Premier ministre, Lionel Jospin, donc affaiblissement du lien armée-Nation établi depuis Valmy.

● Désarmement nucléaire unilatéral important, avec :

○ le démantèlement de la composante terrestre (plateau d’Albion, système Hadès) ;

○ l’arrêt des sites d’expérimentation et de production d’armes nucléaires ;

○ l’abandon des essais au profit de la simulation, dont la mise en œuvre difficile fut progressivement surmontée.

● Réduction du format de nos armées de 54 000 soldats, ce qui représente 30 % de nos effectifs par rapport à 1990.

Enfin, participation croissante au commandement intégré de l’OTAN, ce qui risque de réduite la marge de manœuvre de notre siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Souvenons-nous de Madeleine Albright, Secrétaire d’État démocrate (l’équivalent de notre ministre des Affaires étrangères) lançant le projet d’un « Club de démocrates » destiné à terme à contourner l’exécutif de l’ONU, susceptible d’être bloqué par un veto russe, chinois… ou français.
En militant, dans la continuité, pour un élargissement tous azimuts de l’OTAN, Condoleezza Rice, Secrétaire d’État républicaine de George Bush fils, transforme cette organisation transatlantique en organisation globale concurrente de l’ONU.
Nous attendons les décisions que prendra le couple Obama-Clinton pour juger s’il y a continuité ou évolution de la position américaine sur cette question du contournement de l’ONU.

Parallèlement à cette redéfinition de notre place au Conseil de sécurité, se pose la question de l’affaiblissement de nos capacités nucléaires et de leur emploi.
   
 
Historique de la bombe atomique française

Dans les années 1960, en pleine guerre froide, la constitution de la « force de frappe » française correspondait à deux objectifs :

L’un politique : assurer la liberté d’action de la France et son « rang » dans le monde. La bombe était un moyen d’affirmer efficacement son autonomie de décision par rapport aux États-Unis.

L’autre militaire : défendre nos intérêts vitaux en faisant courir à tout agresseur potentiel des risques inacceptables, hors de proportion avec l’enjeu du conflit. C’était la dissuasion dite « du faible au fort ». Nous étions en pleine tension Est-Ouest, et même en première ligne.

    
Le contexte actuel

Aujourd’hui, qu’en est-il ?

Rappelons tout d’abord que les États-Unis et la Russie détiennent à eux seuls 96 % de l’arsenal nucléaire mondial. Tant qu’un désarmement général et complet ne sera pas sérieusement envisagé, l’arme nucléaire reste une nécessité.

Le paysage nucléaire a cependant évolué, avec l’apparition de nouveaux pays détenteurs de cette arme, comme l’Inde, le Pakistan, Israël et peut-être l’Iran.

Ce paysage a également évolué avec le couplage du nucléaire au spatial : c’est ce que l’on appelle le bouclier anti-missiles.

Il a évolué enfin parce que les États-Unis se dotent de moyens politico-militaires (notamment le bouclier anti-missiles) leur permettant de neutraliser l’action non seulement de leurs adversaires mais aussi de celle d’États non hostiles ne partageant pas leurs intérêts stratégiques.

Enfin, l’apparition du terrorisme de masse, non étatique, est un fait nouveau majeur. Le dissuader implique un usage différent des frappes nucléaires, réduites et très ciblées, disproportionnées par rapport aux moyens de l’adversaire : la dissuasion « du fort au fou ».
  
  
« La » question

Comment adapter notre outil de défense à cette nouvelle donne pour continuer à assurer, comme par le passé, notre autonomie stratégique, laquelle passe encore exclusivement par le nucléaire dans l’attente de nouveaux  systèmes d’armes ?

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de la traiter sous deux angles différents : les aspects et considérations techniques d’une part, la composante politique d’autre part.

La crédibilité de la dissuasion ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, la persévérance, l’obstination même.

Notre détermination à nous défendre demain se mesurera à l’aune de notre endurance à maintenir la garde, quoiqu’il arrive,  à un niveau de stricte suffisance quantitative, et à un niveau d’excellence qualitative. Ceci implique une modernisation constante de nos outils,avec la mise en place de missiles M51, de SNLE (sous-marins nucléaires lance-engins) de 4e génération, de missiles ASMP pour l’avion Rafale, de simulation numérique…

Ces options techniques nécessitent de développer ordinateurs massivement parallèles,  lasers mégajoule, logiciels de calcul, énergies dirigées, et de former des scientifiques de très très haut niveau. Ainsi la crédibilité de la menace est accrue par la diminution des dégâts collatéraux dus aux armes grossières, par l’emploi de charges kilotonniques (c’est-à-dire réduites), par la visée très précise sur les centres de décision adverses, fussent-ils non-étatiques et terroristes.

Les efforts financiers pour cette ambition sont-ils au rendez-vous ? Tout retard d’investissement réduira la crédibilité de notre frappe potentielle.

Sur le plan politique, cette crédibilité de notre outil de défense passe nécessairement par l’adhésion des Français à l’envie de se battre en cas d’agression. Certains tentent de la briser. Je pense aux ex-UDF Christine Boutin, Alain Mayaud, Michel Pinton à droite, Claude Cheysson à gauche qui déclarait à Strasbourg il y a quelque temps : « la fin de la guerre froide faisait que la dissuasion nucléaire de la France n’avait plus de sens. »

Il faut ajouter que l’Union européenne va devoir disposer d’instruments de souveraineté. Si elle arrive à définir la notion d’intérêts vitaux européens, la question de la « nucléarisation » de sa défense se posera. Déjà existe une ombre nucléaire portée britannique et française non négligeable dans le maintien de l’Europe comme espace de paix.

En se plaçant dans cette perspective à la fois française et européenne, on voit que, pour disposer encore demain d’une autonomie stratégique, nous devons :

assurer une montée en puissance d’une dissuasion conventionnelle, en élevant le seuil de nos capacités de projection et d’intervention, contrairement à ce qui est aujourd’hui décidé par l’Élysée ;

construire une défense européenne classique avec les grandes armées de l’Europe (Allemagne, Italie, Royaume-Uni…), nucléaire avec les Britanniques ;

renforcer la crédibilité de notre dissuasion nucléaire ;

soutenir la paix et le développement avec l’ONU, donc travailler à la non-prolifération nucléaire et à la diminution des arsenaux des deux plus grands pays nucléaires.

  
Pour conclure…

La question de fond est bien de savoir quelle autonomie stratégique l’on souhaite conserver à la France et à l’Europe de demain. Il serait suicidaire, après la suppression de la conscription, la diminution des capacités nucléaires, la suppression de 54 000 soldats, d’envisager la disparition de notre outil de souveraineté principal : l’arme nucléaire.

Il serait irresponsable et  totalement contraire aux intérêts de la France que, profitant de la crise sociale qui s’amplifie, d’un 1er mai chaud, Sarkozy décide en catimini de « larguer la bombe » sous prétexte d’austérité budgétaire et de la nécessité de faire des économies.

La France se retrouverait alors sous parapluie américain et sous la tutelle militaire de fait des Britanniques, seuls alliés jugés sérieux et crédibles par les États-Unis. La construction d’une défense européenne autonome serait ainsi enterrée et les décisions militaires importantes concernant l’Europe prises au Pentagone.

À six semaines, des élections européennes, il serait temps que des candidats mettent ce sujet « sur la table » afin d’éviter qu’une focalisation sur les questions économiques, sociales et financières ne soit un prétexte commode pour poursuivre des changements stratégiques que nous regretterons amèrement demain.
  
  
Gavroche
© La Lettre du Lundi 2009

4 Responses to “Quelle autonomie stratégique pour la France ?”

  1. stephane Says:

    Le jour des élections, j’irai à la pêche.

    Si les élections changeaient quelque chose, il y a longtemps qu’elles seraient interdites, disait Coluche.

  2. Abramhs Says:

    Mardi 18 août 2009
    Stratégie de l’énergie nucléaire dans les relations internationales
    Soixante ans de dissuasion nucléaire controversée
    La dissuasion nucléaire, dans les relations internationales, est un terme qui désigne une stratégie visant à décourager toute possibilité d’action hostile de la part d’une puissance ennemie. Une stratégie de dissuasion réussie implique qu’on puisse mettre l’agresseur potentiel dans un certain état d’esprit.
    Avec elle, l’arme thermonucléaire qui connaît un saut qualitatif, la fusion nucléaire, permet d’atteindre des niveaux d’énergie sans commune mesure avec les intenses bombardements de la Seconde Guerre mondiale, y compris ceux d’Hiroshima et de Nagasaki. L’arme nucléaire la plus puissante jamais réalisée, la « Tsar Bomba », testée par les Soviétiques le 30 octobre 1961, dégage une énergie approchant l’équivalent de 60 mégatonnes de TNT. Avec une telle arme, il devient techniquement possible, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, de rayer de la carte un pays entier tel qu’Israël, la Belgique, le Danemark, ou de moindre importance, seulement avec une seule bombe. La Russie pourrait fabriquer de nos jours la bombe H, une arme nucléaire de plus de 100 mégatonnes de TNT pouvant rayer pour l’éternité l’Allemagne, la France et l’Angleterre à la fois, une dissuasion qui a fait frémir l’humanité pendant plus de soixante années. On le sait maintenant avec l’ouverture des archives soviétiques, le monde est passé tout près de la catastrophe nucléaire. C’est le moment de la prise de conscience des dangers de la guerre nucléaire, de l’inévitabilité de la détente, voire de la coexistence pacifique et de la nécessité de la maîtrise des armements. C’est également à la même époque que le statut de l’arme nucléaire comme instrument de dissuasion commence à être conforté avec la doctrine de riposte graduée. Alors, les Etats-Unis doivent mesurer les conséquences d’une attaque suicidaire israélienne sur le « bourbier nucléaire iranien », l’Iran maîtrise et manipule le nucléaire depuis 59 ans, bien avant les Français et les Russes, alors les Américains et les Juifs savent à qui ils ont à faire. Avant la date du soi-disant désarmement nucléaire en 1987, on était dans une logique de simple maîtrise des armements. Aujourd’hui, à l’exception notable de la Chine, toutes les puissances nucléaires officielles sont dans une phase de contraction ou de stabilisation de leurs armements nucléaires, mais personne ne sait ce qui se passe en douce. La rupture de l’émergence d’une vision nouvelle de l’arme nucléaire dans les années 1995-1996, a consacré l’idée de ce que l’on pourrait appeler une « exception nucléaire ». C’est l’époque de l’accession de l’ensemble des membres non nucléaires de l’ONU au TNP, de la prorogation du Traité pour une durée indéterminée, de la conclusion du TICE, et enfin de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la licité de l’emploi de l’arme nucléaire (qui a eu un impact politique non négligeable).
    C’est à partir de cette date que les signataires du TNP se sont scindés en deux groupes : l’EDAN et l’ENDAN, ces derniers n’auront pas droit à la dissuasion nucléaire pour se protéger, ni même à l’accès à la technologie nucléaire, ils doivent rentre compte aux premiers par le biais de l’AIEA. D’autres Etats, comme Israël, le Pakistan et l’Inde non signataires du traité de non-prolifération nucléaire, ont créé un groupe rebelle violant la réglementation internationale. Le TNP a été signé par tous les Etats du monde sauf l’Inde, le Pakistan et Israël qui, entre-temps, se sont dotés d’un arsenal nucléaire sans réaction significative des puissances nucléaires reconnues et des instances onusiennes. Il apparaît injuste de menacer l’Iran de sanctions plutôt que d’essayer de l’intégrer dans le concert des Etats œuvrant pour une plus grande stabilité dans cette région, qui en a grand besoin. Au moment où de nouvelles sanctions contre l’Iran sont envisagées par le Conseil de sécurité, les événements de ces dernières années sous le règne de Bush et de Sharon illustrent bien les paradoxes de cette lutte contre la prolifération nucléaire. Une attitude paradoxale des pays de l’EDAN qui laisse à désirer. Sarkozy, le premier opposant au programme nucléaire iranien, adopte l’arsenal nucléaire français aux nouveaux missiles, laboratoires d’essais de nouvelles armes, modernisation des sous-marins lance-engins, etc. La Russie qui n’a pas de position claire envers le nucléaire iranien pour des raisons économiques, vient d’annoncer, non seulement un effort de 145 milliards d’euros dans le domaine de la défense, mais aussi la construction de 50 nouveaux missiles intercontinentaux. Le Royaume-Uni estime aujourd’hui indispensable l’amélioration de sa force nucléaire. La Chine fait un effort considérable dans le domaine de la maîtrise de l’espace. Quant aux Etats-Unis, les leaderships de la campagne anti-iranienne et anti-musulmane, ils n’abandonnent pas le projet de faire de leur pays un « sanctuaire » et la pierre angulaire du néo-colonialisme, ce qui est un facteur déstabilisateur de la dissuasion. Aujourd’hui, ce qu’il est convenu d’appeler le « tabou nucléaire » se renforce de plus en plus. Soixante ans sans emploi de l’arme nucléaire, est un record, cela mérite d’être souligné et de s’assurer d’une « paix nucléaire », même si chaque Etat de la planète était doté de sa propre bombe nucléaire, l’évènement des 60 années mérite d’être fêté. Pour rappel, la tragédie d’Hiroshima a eu pour effet de nous immuniser contre la « phobie du nucléaire » pendant 60 ans, mais si les menaces d’Israël persistent, alors là le contrat d’assurance sera résilié et notre monde disparaîtra, y compris les Etats-Unis et Israël.
    Il est temps que ces derniers prennent conscience d’une éventuelle catastrophe nucléaire et de mesurer l’intensité et le potentiel de riposte iranien, une attaque suicidaire d’Israël sur l’Iran, telle qu’elle est conçue par le Pentagone, est à écarter définitivement, il se pourrait que les Etats-Unis soient pulvérisés bien avant qu’Israël ne lâche sa première bombe sur l’Iran, ces deux pays se sont fait trop d’ennemis. Sans doute aussi avons-nous eu de la chance, notamment en 1962. A moins qu’il ne faille y voir dans l’absence de conflit Est-Ouest l’intervention de la « Divine Providence » que Jean-Paul II mentionnait dans son testament. (L’Encyclique Pacem in Terris avait d’ailleurs été suscitée par la crise de Cuba.) Mais les faits sont là. L’arme nucléaire n’a pas été employée alors que les tentations n’ont pas manqué. Or, plus le temps passe, plus le tabou nucléaire se renforce. C’est une bonne nouvelle : contrairement à ce que l’on pouvait penser, les nouveaux détenteurs de l’arme nucléaire ont adopté une logique de dissuasion. L’évolution des rapports indo-pakistanais depuis la fin des années 1980 est d’ailleurs parfaitement conforme à la théorie de la dissuasion ! C’est l’une des raisons pour lesquelles la dissuasion nucléaire a toujours été plus efficace que la bombe atomique elle-même et qu’il y a aujourd’hui un « affaiblissement du seuil nucléaire ». Contrairement à ce qui est régulièrement colporté, il n’y a pas d’évolution de la doctrine nucléaire juive vers une « doctrine d’emploi de l’arme nucléaire » contre le monde musulman, sans exclure l’Egypte et l’Arabie saoudite les deux principaux alliés de la cause israélite. Aucune déclaration, aucun texte officiel ne permet de dire que la doctrine américano-israélite a évolué dans ses fondements. En particulier, l’idée selon laquelle les Etats-Unis auraient désormais adopté une logique de « frappe préventive nucléaire » ne repose sur aucun fondement. (En revanche, la préemption a toujours fait partie des options américaines.) Quant aux soi-disant nouvelles armes nucléaires américaines, qui n’existent aujourd’hui qu’à l’état de projet, elles ne seront pas nécessairement de faible puissance, contrairement à ce que l’on a pu lire ici ou là, et surtout, elles sont destinées à une logique de dissuasion sans aucune efficacité. Mais c’est une forme de paradoxe : aux Etats-Unis, la peur du nucléaire reste intacte même si elle ne se présente pas de la même manière qu’au temps de la guerre froide, la population américaine sous tension du 11 septembre vit dans une appréhension continuelle et comme sous la menace d’un épouvantable ouragan, capable de se déchaîner à tout instant par une attaque nucléaire sur leur sol ou une attaque spectaculaire et conventionnelle, il sont devenus vulnérables, leur dissuasion de puissance n’a pas réussi. Et non sans raison, puisque l’armement est toujours prêt.
    Quand la dissuasion nucléaire perd son efficacité
    Qu’il y ait des hommes au monde pour prendre la responsabilité des massacres et des ruines sans nombre d’une guerre, cela peut paraître incroyable, pourtant, on est contraint de l’avouer, une surprise, un accident suffiraient à provoquer la conflagration. Encyclique Pacem in Terris, 11 avril 1963. En effet, la plus puissante bombe conventionnelle jamais testée, la fameuse Massive Ordnance Air Blast américaine (Mother of all bombs), est d’une énergie équivalente à la plus petite arme nucléaire jamais réalisée, c’était dans les années 1960, c’est-à-dire une énergie équivalente à 10-15 tonnes de TNT. Mais cette arme miniature (qui équipait notamment le mortier Davy Crockett, ainsi que les Special Atomic Demolition Munitions, « le nucléaire dans un sac à dos » n’est plus en service depuis longtemps et les armes nucléaires les plus petites en service aujourd’hui ont une énergie bien supérieure. Tout cet arsenal nucléaire a était testé sur les humains, aux Balkans, à Ghaza sur des bébés arabes, en Afghanistan, en Irak au Liban, en Afrique noire et partout là où il y a une revendication populaire. Cet armement est bel et bien entre les mains de groupes de résistance arabe (l’AIEA doute beaucoup sur cela). Le retour à la dissuasion par l’arme conventionnelle, la Russie vient de tester la plus puissante bombe conventionnelle de son arsenal et prétendument du monde, ce qui n’a pas laissé les Américains sans voix. Côté russe, on affirme que cette bombe thermobarique, ou à effet de souffle, est comparable à une bombe nucléaire et, surtout, serait quatre fois plus puissante que celle dont disposent les Etats-Unis. Signe de cette performance, la superbombe russe a été surnommée « Père de toutes les bombes », en référence à son homologue américaine, connue sous le sigle GBU-43/B MOAB, abréviation de Massive Ordnance Air Blast Bomb (MOAB), mais que l’on assimile aussi à « Mère de toutes les bombes » (Mother of all bombs) qui fut testée pour la première fois en mars 2003. En réponse à l’essai de la bombe russe, les Etats-Unis ont déclaré qu’ils en possèdent une pire, note la Komsomolskaïa Pravda. Le tabloïd rapporte les propos du général américain Thomas McInerney, ancien chef d’état-major en second de l’armée de l’air des Etats-Unis, tenus sur la chaîne Fox : « Nous avons une bombe de 14 tonnes plus destructrice que la bombe russe et capable de frapper n’importe quel bunker souterrain. » D’après le Moskovski Komsomolets, il s’agirait de la GBU-43 MOP (Massive Ordnance Penetrator), une version modifiée de la MOAB et dont deux essais ont été réalisés en 2004. Outre le fait d’être guidée par satellite, comme la MOAB, cette dernière bombe a une capacité de pénétration jusqu’à 30 m sous le niveau du sol, la même que celle utilisée par l’armée américaine pendant la guerre d’Irak, détruire des bunkers abritant des petits écoliers. Le général Thomas McInerney, qui dirige l’Iran Policy Comittee (Comité d’experts sur la politique à l’égard de l’Iran), s’exprimait sur les scénarios de frappes aériennes contre la République islamique, sans évaluer le risque en cas où il pourrait bombarder plus d’une centaine de sites abritant de grandes quantités d’uranium enrichi. Cela laisse à penser que l’on va combattre les armes nucléaires par des armes conventionnelles, pour déclencher une catastrophe. Alors si même le cycle du nucléaire militaire n’est pas complet, c’est ce bombardement qui va le compléter pour déclencher le « bourbier nucléaire iranien » engendrant la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps.
    La dissuasion nucléaire rendue incrédible et sans efficacité après la guerre froide, l’attaque israélite sur l’Iran créera la confusion dans un monde nucléarisé qui veut en finir avec les Etats-Unis et Israël. Avant même qu’Israël attaquera l’Iran, ce sont des dizaines de bombes atomiques qui se déverseront sur Israël, l’Occident et les Etats-Unis, ça se sera une guerre sans revendication où régnera la panique et la confusion. De toute façon, tout le monde profiterait de la confusion pour régler ses propres comptes, y compris les résistants arabes. Bref ! la dissuasion nucléaire vient de perdre sa crédibilité auprès des pays visés par les Etats-Unis et l’Occident, elle est devenue obsolète et d’aucune efficacité et c’est le conventionnel qui prendra le dessus. C’est le conventionnel qui a rattrapé par le haut le nucléaire, le spectre d’une attaque suicidaire israélite sur l’Iran s’éloigne, on se demande toujours pourquoi les Etats-Unis ne tolèrent pas leur « bébé Israël » de bombarder la Corée du Nord, le Pakistan ou l’Inde ? Grâce à Dieu, le conventionnel reprend le-dessus sur le nucléaire, c’est aussi une bonne nouvelle ravissante, car dès lors que l’on est dans une logique d’emploi, à effets équivalents, tout chef d’Etat préférera toujours le conventionnel au nucléaire. Alors pourquoi les Occidentaux continuent à faire du nucléaire iranien un sujet tabou, alors qu’il y a d’autres moyens de riposte beaucoup plus efficace et plus décisive qu’une bombe atomique, si ce n’est pas Israël qui prolonge le sursis de la dissuasion nucléaire pour sa survie au milieu des Arabes s’autorégulariser à l’échelle planétaire, le sujet iranien est autre que le nucléaire. La stratégie nucléaire est une « langue morte ». En matière de dissuasion nucléaire, tous les concepts ont été formulés avant 1975. Avant même Hiroshima, l’essentiel était dit. Les physiciens américains – au premier rang desquels Joseph Rotblat, qui fut le seul à quitter le projet « Manhattan » – avaient déjà conceptualisé l’idée de la dissuasion nucléaire dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Et les débats de 1944-1945 sur l’emploi de l’arme future avaient déjà fait apparaître les principaux éléments (dissuasion, démonstration, coercition…) et les principaux débats (faut-il délibérément cibler les populations civiles ?) Rien de nouveau n’est apparu après le milieu des années 1970. En outre, hormis le cas extrême d’un affrontement militaire total entre deux puissances nucléaires majeures, les crises de demain ne se prêteront guère à la mise en œuvre des grilles conceptuelles développées au cours de la guerre froide. Ainsi peut-on dire que si l’arme nucléaire est moderne, parce qu’elle continue à empêcher la guerre entre deux de ses détenteurs, la stratégie nucléaire en revanche est une « langue morte », alors que la fin du conflit Est-Ouest a permis la redécouverte des guerres de manœuvre et de bouclier nucléaire, la stratégie conventionnelle est aujourd’hui redevenue une « langue vivante ». Nous voyons les crises iraniennes et nord-coréennes comme l’avant-garde d’une nouvelle vague de prolifération nucléaire, qui cherchent à affirmer leur identité nationale mais aussi à se prémunir contre la supériorité militaire occidentale et de ses agressions. Le nucléaire rend les nations libres, pour le meilleur et le pire. Mais l’ordre international est contesté par l’arme nucléaire. Cela a été le cas dès les origines. L’ONU est une organisation prénucléaire, la Charte de l’ONU est un document prénucléaire. C’est une coïncidence si les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont aussi les cinq puissances nucléaires au sens du TNP. L’ordre actuel est aujourd’hui contesté et rejeté par l’opinion publique internationale. D’abord, la notion de puissance nucléaire a volé en éclats en 1998 avec les essais indien et pakistanais qui révélaient au grand jour une capacité acquise une dizaine d’années auparavant. Ensuite, des pays non nucléaires revendiquent un statut de membre permanent au conseil.
    Enfin, certains (l’Inde) ont espéré que leur statut nucléaire leur ouvrirait les portes du Conseil. Et ce sont les Etats de l’Edan qui, au nom d’un TNP qu’ils ne respectent pas, refusent aux autres Etats du monde l’accès au nucléaire civil et militaire et même dans le cas de l’Iran, l’accès à la maîtrise du processus complet d’enrichissement de l’uranium à des fins civiles parce que celle-ci lui permettrait d’avoir accès facilement au nucléaire militaire. Plus paradoxale encore est l’attitude des membres du club nucléaire vis-à-vis des trois Etats rebelles l’Inde, le Pakistan et Israël qui ne veulent plus signer le TNP, parce qu’ils deviennent dissuasifs et sont dotés d’un arsenal nucléaire. Les Etats-Unis viennent de signer un accord avec l’Inde qui prévoit une dissociation entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire de cet Etat. En fait, l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) contrôlera le nucléaire civil suivant les règles du TNP, ce qui permettra à l’Inde de satisfaire à terme ses immenses besoins énergétiques civils, mais l’Inde gardera son autonomie vis-à-vis du nucléaire militaire c’est-à-dire son indépendance dans le développement des bombes atomiques. S’inscrire dans le réseau mondial nucléaire civil permet à l’Inde d’acquérir de l’uranium sur le « marché » et à quelques grands pays fournisseurs d’uranium enrichi notamment : Israël, les Etats-Unis, le Canada, la France et la Russie, et bien d’autres non répertoriés par l’AIEA de profiter de quelques contrats intéressants (centrales nucléaires, etc.) sans oublier quelques juteux contrats d’armements classiques. Notons que quelques spécialistes indiens de la dissuasion n’étaient pas très partisans de cet accord qui freine, d’après eux, l’accès de l’Inde à une « dissuasion minimale crédible ». Il est bon de souligner ici que l’accès à celle-ci signifie essentiellement « capacité de contre-frappe » c’est-à-dire capacité de riposter à un agresseur en lui infligeant des pertes intolérables. Cela est bien autre chose que de disposer de quelques armes nucléaires et exige un effort considérable et de longue haleine non seulement dans le domaine des armes mais aussi dans les domaines des vecteurs et de la maîtrise de l’espace. Inutile d’évoquer le cas israélien. Aucun membre du club nucléaire n’a jamais critiqué l’accès d’Israël au rang de puissance nucléaire, pour de nombreuses raisons d’ailleurs. Le Pakistan pose plus de problèmes pour le club, mais comme il est devenu un allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme international, il est aujourd’hui considéré comme un acteur « responsable » dans le concert des puissances nucléaires. Voilà pourtant un Etat qui non seulement n’a pas signé le TNP est en outre le seul, connu à ce jour, à avoir fait commerce de technologies nucléaires avec… la Corée du Nord ! Et voilà que le Premier ministre pakistanais qui estime, bien entendu, que l’Iran ne désirait pas posséder d’armes nucléaires à l’avenir. Il pense quand même qu’une action militaire contre l’Iran serait catastrophique pour la région et il prône le dialogue entre les parties, comme si le Pakistan avait des leçons de sagesse et retenue à donner aux autres comme Israël. Et c’est ainsi que ces trois Etats nucléaires entourant l’Iran bénéficient eux de l’amicale compréhension, si ce n’est l’appui total des membres du club nucléaire départagés sur la question iranienne. L’avenir de l’arme nucléaire se joue en Asie et au Moyen-Orient. C’est là que se trouvent les arsenaux nucléaires incontrôlables en puissance et en nombre (Israël possède plus de 300 têtes nucléaires) ainsi que les principaux risques de prolifération et les risques d’emploi (Israël un Etat rebelle au TNP, menace l’Iran signataire du TNP), c’est dans ces pays qu’on peut s’approvisionner en produit nucléaire à bon prix, sans embêtement. La prolifération nucléaire est assuré par la vulgarisation des armes nucléaires sans risque d’être utilisées, quant à la dissuasion elle a tendance à disparaitre. D’autres armes sont beaucoup plus destructives que le nucléaire et qui font peur. Le nucléaire n’a plus le monopole de dissuasion, bien qu’aucune technologie envisageable aujourd’hui n’ait les mêmes effets physiques et psychologiques. Conclusion L’arme nucléaire reste le monopole des Etats, quant à la dissuasion elle deviendra la propriété du terrorisme.

    Par Y. Merabet

  3. Abrahms Says:

    Stratégie militaire iranienne
    La Cinquième Flotte se rétracte devant la puissance des missiles iraniens Par : Y. Mérabet
    L’Iran dispose d’une quantité de missiles de croisières amplement suffisante pour anéantir en grande partie, voire totalement, la Cinquième Flotte, qui se trouve à portée des lanceurs de missiles mobiles iraniens, stratégiquement installés tout au long de ses cotes montagneuses qui dominent le Golfe Persique. Par cette nouvelle ‘donne’ la Russie et les Etats-Unis sont arrivés à un accord du démantèlement du bouclier antimissile devant être installé en Europe de l’Est.

    L’administration Américaine minimise délibérément la vulnérabilité de sa flotte à la technologie avancée de l’Iran en matière de missiles, lesquels ont été achetés à la Russie dès le début du conflit et actuellement fabriqués en série sur le sol iranien, l’aide de la Chine et de la Corée du Nord complète la réussite de ce programme de défense. Les plus sophistiqués de ces missiles iraniens sont les « Sunburn » et les « Yakhonts », correspondants respectivement au Shahab-4 et au Shahab-5. Ce sont des missiles contre lesquels les vaisseaux de guerre américains, devant eux ils fondent comme du beurre, car ils n’ont pas de parade efficace, avertissent tous les grands experts militaires du monde. Les néoconservateurs américains provoquent délibérément des représailles de riposte iraniennes négligeant aux conséquences dramatiques contre une intervention armée US ; ils veulent sacrifier la totalité de la Cinquième flotte. Cela risque d’aboutir à un nouveau Pearl Harbor, qui créerait l’environnement politique idoine en vue d’une guerre totale contre l’Iran et d’actions armées s’étendant à l’ensemble de la région du Golfe Persique. Toutes les bases militaires opérationnelles américaines se trouvent dans les pays arabes domestiqués par les américains et le sionisme. La cinquième flotte dont on vient de parler a son QG dans le petit Etat de Bahreïn, situé face à l’Iran, dans le Golf Persique à une parfaite portée des missiles air-mer iraniennes. La base de la cinquième flotte, au Bahreïn, n’est qu’à 150 miles marins de la côte iranienne, et elle serait elle-même facile à la portée d’une nouvelle génération de missiles air-mer iraniens. Par ailleurs, n’importe quel bâtiment de la Navy, dans le terrain d’opération confiné du Golfe Persique, aurait des difficultés à manœuvrer et se trouverait à faible distance de la côte rocheuse et en dents de scie de l’Iran, tout au long du Golfe Persique, jusqu’à la Mer d’Arabie. Cinq porte-avions et six portes-hélicos patrouillant dans les eaux du Golf Persique et de l’Océan indien seront mobilisés dans le cas ou les Etats-Unis persistent sur leur erreur pour envahir l’Iran, reste à comprendre que toute cette armada américaine massée dans la région, n’est qu’une forme d’intimidation connue et une ‘dissuasion périmée’ qui risquent de mettre définitivement fin au mythe de la suprématie militaire des Etats-Unis, engagée déjà dans son déclin. La Russie n’accepterait jamais que l’armée américaine camperait ses frontières, dans le but d’envahir plus tard la le reste du monde, dont la Russie blanche, ferait partie dans la prochaine étape. Le projet de bouclier antimissile imaginé sous la présidence de George Bush prévoyait l’implantation de missiles d’interception en Pologne et d’une station radar en République tchèque dans le but d’intercepter en cas de guerre les missiles Russes et éventuellement ceux iraniens. L’éventualité d’une présence militaire américaine accrue dans une zone que la Russie considère comme faisant partie de sa sphère d’influence avait soulevé l’hostilité farouche de Moscou pour se dégénérer encore une fois en guerre froide. La Russie membre du conseil de sécurité et deuxième puissance militaire mondiale, reste éternellement méfiante à l’égard du des américains, d’Israël, de l’Union européennes et surtout de certains pays arabes égarés, alliés au sionisme et sous domination américaine comme: l’Egypte, l’Arabie Saoudite et le Maroc, elle est seul en mesure de prendre des décisions fermes pour épargner la région du Moyen-Orient du pire. L’Iran pays musulman par excellence, deuxième puissance militaire et économique du Moyen-Orient, doit aussi se porter garante de l’unité du monde musulman et de son Islam et protéger la région de la convoitise des croisés; cet engagement lui a valu qu’il soit mis dans l’œil du cyclone. L’Iran a était discrètement surarmé par la Russie et la Chine faire face aux éventuelles attaques américaines et/ou européennes. L’Iran a commencé à acheter de la technologie militaire à la Russie peu après que celle-ci se soit rétractée, en 2000, du Gore-Chernomyrdin Protocol (Protocole Gore-Chernomyrdin), lequel limitait les ventes d’équipement militaire par la Russie à l’Iran. À la suite de quoi, la Russie se mit à vendre à l’Iran de la technologie militaire susceptible d’être utilisée dans n’importe quel conflit avec les États-Unis, notamment des systèmes de défense anti-aérienne et des missiles sol-mer, équipements dans lesquels la Russie s’était spécialisée précisément afin de contrebalancer l’écrasante supériorité maritime des États-Unis. Des usines de production de missiles ont été construites par les Chinois et les Russes spécialement pour faire face à une longue guerre contre les Etats-Unis et leurs alliés. L’Iran produit en série, le missile SS-N-22, dit « Sunburn », atteint la vitesse de mach 2,5, soit 1 500 miles/heure. Il utilise la technologie furtive et sa portée atteint les 130 miles. Il véhicule une tête explosive conventionnelle de 750 livres, capable de détruire la plupart des bâtiments de guerre, ce missile a était amélioré par les iraniens pour recevoir une tète nucléaire. Plus préoccupant encore est le SSN-X-26 de fabrication russe, dit « Yakhont ». C’est un missile de croisière d’une portée de 185 miles, qui rend tous les bâtiments de l’US Navy présents dans le Golfe Persique vulnérables. Plus grave : les Yakhonts ont été mis au point spécifiquement pour être utilisés contre des porte-avions, et ils ont été vendus par la Russie aux pays amis fidèles à la politique russe. Plus encore, les missiles Yakhont et Sunburn sont conçus pour esquiver les radars de surveillance Aegis, actuellement équipant les bâtiments de l’US Navy, grâce à leur technologie furtive et à leurs manœuvres en vol à très basse altitude, qui épousent les aspérités du terrain. Dans leur approche terminale, ces missiles adoptent des trajectoires d’esquive qui leur permettent d’échapper aux tirs anti-missiles terre-mer. Si importante est la menace représentée par les Sunburn, les Yakhonts et d’autres missiles mis au point par la Russie et vendus par elle à la Chine, à l’Iran et à d’autres pays. Tout cela, fait mal au cœur Israël et Benyamin voyant la menace de sa sécurité s’élargissant à tous les horizons commencent à avoir la fièvre et reproche à poutine la vente de ces armes à ses ennemis jurés. Une bonne nouvelle pour les pays en guerre avec Israël et les Etats-Unis ; le service de testage des armes du Pentagone a pris la décision, cette année, de cesser la production de tous les nouveaux types de porte-avions tant qu’une défense anti-missile efficace n’aurait pas été mise au point. A présent les Etats-Unis sont dans l’incapacité d’envahir l’Iran ni par mer, ni par air, si une attaque contre l’Iran devait intervenir, elle entrainement assurément la destruction sa marine de guerre, la destruction de l’USS entreprise fleuron de la Navy US Force entrainera la mort de 5000 hommes qui servent ce navire de soutien et le reste des forces navales. Des pertes ultérieurs en termes de croiseurs par mer faire la guerre à l’Iran et doivent se retirer par la petite porte des négociations. Quant aux pertes ultérieures en termes de croiseurs de soutien et d’autres forces navales appartenant à la Cinquième Flotte dans le Golfe Persique, elles seraient catastrophiques. Les Etats-Unis veulent éviter une catastrophe similaire à Perl Harbor, ou l’attaque par missiles de croisières iraniens rééditerait la même catastrophe qui a envoyé au fond de l’océan cinq bâtiments, la destruction de 188 avions et la mort de 2 333 soldats américains ce qui a entrainé très rapidement la déclaration d’une guerre totale contre le Japon par le Congrès des Etats-Unis. Les Etats-Unis n’ont plus de moyens financiers et le soutient des Nations-Unis pour faire face à une éventuelle déclaration de guerre entre les deux pays. Une déclaration d’une guerre totale contre l’Iran par le Congrès US entraînerait une campagne de bombardements intensifs sans l’intervention de l’US Navy et une grave aventure qui mènera à la débâcle de l’armée américaine, comme au Viêt-Nam et n’entraîner aucun changement dans la région, bien au contraire elle renforcera la solidarité entre les pays du monde musulman. Le plan d’attaque de l’Iran par les États-Unis sous les mandats Bush prévoyait de sacrifier la Cinquième flotte afin de justifier une réplique nucléaire. Il ne s’agit pas là d’un scénario hypothétique, mais d’une option discutée au sein de l’état-major interarmes US. Selon les informations, recueillis auprès de la presse américaine spécialisée, l’amiral William Fallon a fait savoir que si un tel ordre d’attaquer l’Iran était donné, il refuserait de le suivre et présenterait sa démission, ainsi que celle de l’ensemble de l’état-major du Centcom. C’est pour une résistance des officiers supérieurs de la Navy et de l’Army qui ont empêché les néoconservateurs et l’Air Force de lancer ces opérations suicidaires. Des jeux stratégiques mis au point par le Pentagone devaient servir à tester une série de nouveaux concepts opérationnels, recours à un ensemble d’attaques asymétriques, à des stratégies utilisant des navires civils maquillés afin de lancer des offensives, des avions sans pilote , des avions pour des attaques kamikazes , et des missiles de croisière Silkworm, c’est la quasi-totalité de la Cinquième Flotte qui s’est retrouvée par le fond et par le piège . Les simulations ont révélé à quel point des stratégies asymétriques étaient susceptibles de tirer profit de la vulnérabilité de la Cinquième Flotte face à des missiles de croisière terre-mer, en particulier dans les eaux confinées du Golfe Persique. Des fuites rapportées par la presse libre américaine font état de fait de ce qui suit : Prenant une décision éminemment discutable, le Pentagone choisit, tout simplement, de « remettre à flot » la Cinquième Flotte afin de poursuivre l’exercice, qui aboutit, au final, à la défaite du pays du Golfe Persique fictif choisi. Les résultats de ce test amenèrent le lieutenant général Paul Van Riper, commandant de l’État du Golfe mythique, à qualifier les résultats officiels de cet exercice de « slogans creux ». Au cours d’une interview télévisée réalisée peu après, le général Riper a déclaré : « les concepts en cours de test par le commandement ne s’étant pas révélé à la hauteur, le commandement s’est mis à réécrire le scénario de l’exerce à sa façon, afin de démontrer la validité de leurs concepts hypothétiques du départ. C’est là-dessus que porte essentiellement ma plainte. » Au début 2006, les néoconservateurs du Pentagone travaillant fidèles à l’administration Bush ont commencé à faire une promotion vigoureuse d’une nouvelle guerre contre l’Iran, en raison de la menace alléguée censée qu’est nucléaire est parfaitement légal et qu’il respecte le traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP). Depuis 2004, l’administration Bush cite des données provenant de ses services de renseignement selon lesquelles l’Iran serait en train de mettre au point des armes atomiques, et qu’il ne faut en aucun cas laisser ce pays y accéder. Bush a contraint les services de renseignement et l’AIEA à fournir de faux rapport sur l’évolution du nucléaire iranien, pour pouvoir motiver son agression. Un rapport bourré d’ambigüité fut présenté par Bush aux congrès sur le plus gros du développement nucléaire de l’Iran, disant qui aurait été mené à bien dans des usines souterraines construites à une profondeur de 70 pieds, avec des dalles de béton armé qui les protègent contre toute attaque par les armes conventionnelles connues. Quant à la protection des sites nucléaire elle sensée être protégée de nouveau par des missiles SS 330 (ou S 300) fournis par la Russie et peuvent-être fabriqués dans les usines iraniennes. A la base des déclarations des responsables iraniens, la portée du missile iranien Shahab-3 est d’environ, 3000 Km, in repérable par le système radar du bouclier antimissile européen, utilisable pour la défensive et l’offensive et dont l’Iran soit en mesure d’en produire des centaines. Un nouveau pas a était franchi par l’Iran avec les tests du Shahab-4, d’une porté de 5000 Km, ce missile est également capable de “frapper différentes cibles en même temps, alors que l’Iran est réputé disposer seulement au stade du Shahab-3, produit par centaines. Revenons au bluff américain sur la protection des installations nucléaires iraniennes, un succube qui a amené l’administration Bush à prétendre, que des armes nucléaires tactiques devraient être utilisées afin d’éliminer les installations nucléaires iraniennes. Cela occasionna une controverse enflammée entre des néoconservateurs de premier rang comme Dick Cheney et Donald Rumsfeld, et les chefs des états-majors réunis, qui restèrent catégoriquement opposés à cette éventualité, ces derniers connaissent bien la capacité de riposte de l’Iran et les conséquences qui s’en suivent. Le Pentagone s’est défendu de céder aux exigences russes, et les deux parties se sont assuré avec un accord secret a été conclu entre les deux parties rassurant Obama de ne pas vendre la technologie de missiles à longue portée aux iraniens nuisibles à la sécurité européenne. La sécurité des Etats-Unis sera également renforcée, a-t-il assuré Obama par cette phrase ; “Le meilleur moyen d’améliorer notre sécurité et la sécurité de nos alliés de manière responsable, c’est de déployer un système de défense antimissile qui réponde mieux aux menaces auxquelles nous faisons face et qui utilise des technologies éprouvées que nous paierons le juste prix”, a-t-il expliqué. Le chef de la minorité républicaine de la Chambre des représentants, John Boehner, a exhorté “le président à revoir cette mauvaise décision, à se ranger aux côtés des alliés des Etats-Unis, et à faire ce qui convient pour la sécurité des Américains”. M. Boehner a estimé que la décision de l’administration “renforce la Russie et l’Iran au détriment des alliés des Etats-Unis en Europe”. Le jour commence à se lever sur le faux problème du nucléaire iranien et prend l’allure de la ‘ Crise de Cuba’ ou l’ex Union Soviétique utilisa la Havane pour résoudre ses différents avec Washington, la Russie vient de démanteler le bouclier anti-missile et améliorer ses relations avec les Etats-Unis, peut-être sur le dos des iraniens? Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen s’est prononcé vendredi le 11/sept./2009 pour relier “le moment venu” les systèmes de défense antimissile des Etats-Unis, de l’Otan et de la Russie. “Nos pays et nos armées vont toutes devenir de plus en plus vulnérables à des attaques de missiles et l’intérêt fondamental de l’Otan et de la Russie est d’explorer la possibilité de relier, le moment venu, les systèmes de défense antimissile des Etats-Unis, de l’Otan et de la Russie.” Les loups ne se mangent pas entre eux !

    Conclusion
    Les tensions américaines secondées par celles européennes, exercées sur l’Iran mènent à une escalade avec les autres puissances majeures, comme la Russie et la Chine, qui ont fourni à l’Iran des systèmes d’armes sophistiquées susceptibles d’être utilisées contre les avant-postes militaires américains. L’administration américaine a caché à l’opinion publique états-unienne la gravité de la vulnérabilité de la Cinquième Flotte, ainsi que la manière dont elle risquerait d’être prise au piège et détruite, dans le cas d’un conflit de grande ampleur avec l’Iran. L’accord tacite du démantèlement du bouclier antimissile, n’est qu’un camouflet sur les graves erreurs commises par l’administration de Georges Bush pendants ses deux mandats.
    Journaliste indépendant
    Déposé à la presse le 16/09/2009

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