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Sarkozy a changé l’Union européenne : pour le meilleur ou pour le pire ?

Dimanche, janvier 25th, 2009

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« J’ai changé l’Europe. Mais l’Europe m’a changé » (discours de Nicolas Sarkozy au Parlement européen).

Il a changé l’Europe, c’est sûr, mais les apparences peuvent être trompeuses…

Le président Sarkozy, quand il était président du Conseil européen (le conseil des chefs d’État et de gouvernement), a incontestablement redonné une place à l’Union européenne au sein de la communauté des nations.

Règlement, imparfait certes, du conflit Russie-Géorgie, initiative inespérée des 27 pour enrayer la crise financière dans son volet bancaire, réunion du G20 le 15 novembre 2008, avec une suite prévue en avril 2009 pour tenter de réguler le système financier international, proposition des 27 d’un cessez-le-feu permanent à Gaza.

Mais qui ne voit le prix à payer pour l’Europe ?barroso.jpg

  • La Commission, un des trois piliers des institutions européennes, est réduite à un rôle de supplétif du Conseil européen, avec l’accord tacite du président Baroso qui cherche peut-être là le renouvellement de son mandat. On peut prévoir que cette situation va perdurer jusqu’à la désignation par les chefs d’État et de gouvernement du nouveau président de la Commission. Qui peut mesurer les conséquences de cet affaiblissement de la Commission ?
  • Le Conseil européen et, à l’intérieur de celui-ci, les représentants des grands États, a désormais la prééminence dans les prises de décisions européennes. Cela réduit considérablement l’influence des petits pays qui fait une des grandes originalités de l’Union européenne : le respect accordé au faible par le fort, si difficile à mettre en pratique mais si porteur de paix entre les nations.
    Les nations, dites petites n’auront-elles pas la tentation, pour exister politiquement au sein des 27, de mener des actions de résistance comme l’ont déjà fait la Pologne et l’Irlande ?
  • La place du Royaume-Uni a été renforcée par la réactivité de Gordon Brown face à la crise de liquidités des banques. Sarkozy a choisi, même si c’est pour la « bonne raison » d’enrayer la crise financière, de donner du poids au sein du Conseil européen au soutien le plus fidèle des États-Unis, dont on connaît l’opposition active à tout renforcement de la puissance de l’Union européenne. N’est-ce pas faire entrer le loup dans la bergerie ?
  • L’Allemagne a été méchamment bousculée (« la France y travaille, l’Allemagne y réfléchit » à propos du projet de grand plan européen de soutien aux entreprises). Elle supporte de plus en plus mal d’être humiliée publiquement et écartée au profit de la Grande-Bretagne. Or que peut l’Union européenne sans l’appui de l’Allemagne ?merkel_sarkozy.jpg
    Ce pays va entrer en 2009 en campagne électorale : était-ce le moment d’activer chez nos amis allemands leurs réflexes atlantistes quand ils ne sont plus sûrs de l’appui de leurs « amis » européens ?

Et voilà que le président Sarkozy, redevenu « simple » président de la République française, se rend au Moyen-Orient « pour y chercher les chemins de la paix ». Quelle coordination avec le nouveau président du Conseil européen, le Premier ministre tchèque Topolanek, et avec Javier Solana, représentant de l’Union pour la politique étrangère ?

Quelle crédibilité des Européens quand, au même moment s’activent sur place la troïka européenne (3 ministres des Affaires étrangères dont le français Bernard Kouchner) ET le Président de la République française ?

Chaque pays européen ne va-t-il pas désormais être tenté, comme l’a déjà fait l’Allemagne, d’y envoyer son représentant ? Quel résultat tangible sur la paix peut engendrer un tel aveu de désunion avec, en outre, un risque évident de cacophonie ?

Quand va cesser ce dynamitage de l’Union européenne ? Qui saura arrêter l’artificier ? Certainement pas Tony Blair qui espère être nommé Président de l’Union européenne, lorsque le traité de Lisbonne aura été ratifié par tous les États membres et qui aurait le soutien de Sarkozy pour cette ambition !

Autant de questions à se poser lorsque, le 7 juin, nous renouvellerons le Parlement européen.


Mardi
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